Dimanche 10 septembre 2006 – Les lacs de barrage de Kaprun

C’est à regret que nous quittons ce matin le nid douillet de la pension Zillertal pour migrer vers notre troisième étape : la bourgade de Kaprun, dans le massif du Hohe Tauern. A cet instant bien précis, nous ne savons pas encore à quel point nous avons raison d’avoir des regrets !

Nous trouvons assez facilement un point info, équipé du même écran tactile qu’à Gerlos mais en plus sommaire. Nous choisissons la frühstückspension Häuslhof qui se trouve en B7, mais aucune carte ne nous permet de localiser ce fameux B7 !! Nous partons au hasard après avoir imprimé les informations sur la pension – car oui, il y a une imprimante intégrée en dessous de l’écran tactile, et elle n’était même pas à court de papier !

Par chance nous trouvons rapidement, mais l’accueil est pour le moins déroutant, pour ne pas dire impoli, ce qui est assez surprenant dans le Tyrol autrichien. On nous conduit au premier étage, dans une pièce donnant sur le côté. La chambre est vieillotte mais acceptable : nous nous installons car après tout c’est juste pour quelques nuits, pas pour se marier avec la logeuse ! Bon tout de même, on commence déjà un peu à regretter Gerlos, où la chambre était superbe en plus d’avoir une logeuse super sympa et d’être moins chère qu’ici…

Dès 11h30 nous partons à l’assaut des lacs superposés de barrage qui font la réputation de Kaprun. Deux de ces lacs sont accessibles aux visiteurs.

En chemin, nous croisons bien sûr des « free cows », mais également une fête dédiée aux vaches qui se retrouvent, les malheureuses, à devoir parader dans leur pré avec d’encombrantes coiffes sur le crâne !! Ainsi donc, cette tradition survit encore en dehors des cartes postales ! Nous ne nous sommes pas arrêtés pour prendre des photos car le planning était assez serré et l’intérêt somme toute limité.

Après quelques lacets en forêt, nous remarquons un parking à plusieurs étages, qui se cache derrière un rideau d’arbres. Les touristes sont obligés d’y laisser leurs véhicules car les lacs ne sont pas accessibles de cette manière. Assez surpris, nous montons dans le bus dédié à la visite. A cette heure il y a peu de gens. Il nous emmène, à travers d’imposants tunnels creusés dans la roche, jusqu’au plus large funiculaire d’Europe.

Nous y entrons et l’engin commence à gravir une sacrée pente, qui ne cesse de s’accentuer ! Des rails guident la progression, et un gros câble nous tire sans bruit ni à-coups vers le sommet. C’est vraiment impressionnant. Au total il fait 820 m de long, pour un dénivelé de 430 m.

A l’arrivée, un autre bus nous prend en charge. A côté du rétroviseur, une photo illustre la manière dont le bus est monté jusque là : de la même façon que nous !!

De nouveaux tunnels s’enchaînent. Des travaux souterrains ont lieu, aussi certaines zones sont animées par des chantiers. Le premier lac de barrage (Stausee Wasserfallboden), apparaît très vite, il se trouve à environ 1670 m d’altitude. Assez curieusement, il est désert. Le bus n’y fait d’ailleurs pas arrêt et continue sa longue montée entrecoupée de passages dans la montagne. Les tunnels sont à sens unique et leur entrée n’est pas très large, mais l’habitude donne aux conducteurs beaucoup d’aisance.

Nous arrivons au lac supérieur, le Stausee Mooserboden, qui se trouve à un peu plus de 2000 m d’altitude. Il y a beaucoup plus de monde en haut, mais nous n’en souffrons pas car l’espace ne manque pas sur ces gigantesques barrages de béton. Je parle au pluriel car le barrage supérieur est double : il est constitué de deux arcs en béton séparés par un « îlot » rocheux.

La vue est magnifique, chaque centimètre carré de montagne mériterait d’être pris en photo !

C’est splendide avec à l’avant-plan le turquoise de l’eau, même si son niveau n’est pas au plus haut, et à l’arrière plan la majesté des glaciers qui aliment le lac.

L’intermède rocheux peut être franchi de trois manières différentes : par une petite route extérieure, par un souterrain, ou par son sommet. A l’aller nous empruntons le souterrain, qui excite notre curiosité. S’il n’y a en fait rien de spécial à voir, il y règne par contre une fraîcheur très appréciable !

Au bout de la seconde moitié de barrage, nous regardons par curiosité les randonnées proposées mais les temps de parcours nous montrent qu’il ne faut pas y compter (jamais moins de 5-6h si je me souviens bien). Tant pis, nous nous contentons de dix petites minutes de « hors piste » et nous rebroussons chemin.

Nous aurions bien aimé visiter les installations de la centrale hydroélectrique mais cela n’avait pas l’air possible.

Nous passons cette fois-ci par le sommet du Höhenburg, pour profiter de la vue – qui se mérite, car ça grimpe quand même bien, surtout qu’on est le lendemain de la veille !!

Toujours depuis le sommet, la vue de l’autre côté :

Les bus qui redescendent sont bondés, on se demande un peu comment indiquer au chauffeur notre souhait de s’arrêter au second barrage car cela ne semble décidément pas prévu au programme. Le barrage inférieur se trouvant juste avant l’entrée un très long tunnel, c’est assez « tendu » car s’il s’y engage, c’est perdu. Nous quittons nos sièges peu avant, mais le chauffeur ne semble pas parler un seul mot d’anglais donc à la guerre comme à la guerre, AàG lui lance un « HALT ! » qui produit le saisissement général en plus de l’effet désiré ^^


Le lac inférieur vu du haut

Il n’y a pas un chat sur ce barrage (ce qui est bien dommage soit dit en passant), il n’est en fait pas aménagé pour le tourisme. Tant mieux !


Le barrage supérieur vu du bas, et un zoom ci-dessous

Nous prenons tout notre temps pour le parcourir en entier. La technologie (enfin, c’est un bien grand mot) du « trop-plein » est différente de celle utilisée pour le lac supérieur.

En hauteur se trouve une galerie souterraine grillagée, d’où sort une belle cascade. Notre curiosité est mise à mal car impossible d’aller voir ce dont il s’agit !

Nous pourrions attendre qu’un bus passe et lui faire signe en espérant qu’il parvienne à s’arrêter avant d’entrer dans le tunnel, mais nous choisissons d’emprunter le petit sentier aérien qui longe la montagne.

Une fois la plate-forme du funiculaire rejointe, il nous faut attendre l’arrivée d’un bus. Durant ce temps, nous voyons un véhicule de chantier qui monte jusqu’à nous par le funi, c’est assez comique ! Il y a une route qui atterrit dessus plus bas, mais elle ne doit être utilisée que pour les bus (qui « dépasseraient » des installations à l’arrivée).

Comme le site ferme ses portes à 17h, il nous reste un peu de temps avant le souper. Nous nous trouvons un banc au bord de la rivière pour écrire des cartes postales (et le compte-rendu bien sûr !). Le soleil disparaît, l’air commence à se rafraîchir, il est temps de quitter la place pour une périlleuse mission, j’ai nommé : remplir nos estomacs.

Les restaurants sont tellement chers (ou peu avenants) qu’après avoir parcouru tout ceux du centre ville, on se retrouve devant une pizza et un spaghetti… dans une drôle de décoration, ambiance simili-mexicaine avec des murs roses !

De retour à la pension, une bonne nuit de repos ne fera pas mal. A Gerlos les volets en bois étaient fictifs, ici ils sont réels mais trop grands pour la fenêtre donc ils ne ferment pas ! Nous nous rendons compte qu’encore une fois nous sommes la seule chambre occupée. Parfait, ça va être calme ? Tu parles ! Un gosse crie non-stop dans les escaliers et les couloirs du rez-de-chaussée depuis 20h30. A 21h30 je descends en chemise de nuit jusqu’à la porte de la logeuse, qui est grande ouverte. De mon ton le plus aimable (celui où on peut entendre des petites fleurs dedans) je lui signifie, en articulant bien, que « we would like to sleep ». Elle commence à me dire que sa maman n’est pas là et patati patata. Ce n’est pas mon problème et je n’ai pas envie de rentrer dans son jeu (de ce fait je me retiens de lui dire que, parents absents ou pas, à son âge, il devrait dormir depuis longtemps), je lui demande d’au moins fermer la porte, ce qu’elle fait.

Malgré cela, on l’entend encore jusqu’aux environs de 22h. En pleine nuit, des germanophones complètement ivres passent dans la rue en chantant à tue-tête. Leur pitoyable cinéma sonore dure un bon bout de temps, j’ai du mal à me rendormir par la suite. Et à 7h20, le gosse recommence. Alors un conseil d’ami, ne logez pas à la pension Häuslhof !!! (et pis vous n’avez pas encore eu droit au récit du petit déjeuner… la cerise sur le gâteau !!)