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L’église de Ramsau, la mine de sel de Berchtesgaden, l’Almbachklamm et Hallein

Nous sommes réveillés – comme d’habitude dans cette zimmer – vers 6h30, à cause de la lumière et du bruit.

Nous commençons par la visite de l’église de Ramsau.

Elle est mondialement connue grâce aux fabriquants de puzzle allemands 😉

Voici donc nos versions à AàG et à moi, on s’est amusé à prendre un cadrage proche des puzzles (les voitures en plus, pour ma version !)

L’intérieur est classique, et plutôt sobre pour la région.

Sous un autre angle de vue, cela donne :

Nous partons visiter la mine de sel de Berchtesgaden (salzbergwerk). C’est une grosse machinerie touristique sans âme, dont l’entrée est plutôt chère pour ce que c’est. Disons-le tout de go : cette visite nous a fort déçus et déplu.

On nous impose le port de vêtements (qui n’ont aucune fonction sécuritaire) dont nous ne voulions pas, on monte par groupes de +/- 50 sur des petits trains, cheese pour la photo de groupe et ensuite on pénètre enfin dans les galeries aseptisées. Elles sont éclairées par des euh, « leds artistiques », dirons-nous. Bref, on ne verra pas grand-chose de la mine.

Tout est minuté, les explications sont données au pas de course car le groupe suivant est déjà en approche. On n’a même pas le temps de lire correctement les panneaux ni de voir toutes les photos exposées. Faut bien avaler les 4000 visiteurs par jour ! Il y a une salle style « didactique interactive » mais, avec tellement de personnes dans le groupe, on ne voit in fine quasiment aucun des modules proposés (tous ne fonctionnent d’ailleurs plus).

Le seul moment sympa est l’arrivée dans la belle grande « salle cathédrale » (17m de haut) et la descente qu’on y fait sur des tobbogans en bois très pentus. AàG avait repéré l’endroit de la descente où une photo automatique était prise (avec le flash on ne pouvait pas la louper), alors il a préparé sa plus belle grimace… Je peux vous dire qu’à la sortie, la photo était très remarquée parmi les centaines alignées 😆

On arrive ensuite au lac salé souterrain qu’on va traverser sur une barge. Nous avons le droit de l’admirer un bref moment avec une lumière qui la met en valeur, puis terminé : ici aussi le dingue de show laser a frappé. Durant la traversée, plutôt qu’un bel éclairage permettant de distinguer la salle et le lac proprement dits, nous ne verrons que des éclairs zigzaguants et des formes géométriques partant dans tous les sens ! Horrible et décevant « son & lumière » !

Quand je lis qu’ils ont payé 8,4 millions d’euros en 2007 pour cet aménagement de merde de 650 malheureux mètres de galerie… 😯
No comment !

Nous pique-niquons le long d’un chemin en compagnie de corneilles et mettons ensuite le cap sur l’Almbachklamm.

Le parking y est difficile mais gratuit (je le précise car c’est exceptionnel !).

Cette gorge est plus longue que la précédente, mais le débit de la rivière est plutôt réduit et il y a pas mal de monde (même si sur les photos on s’arrange généralement pour attendre un creux 🙂 ).

L’eau a comme toujours une belle transparence légèrement turquoise.

Je n’ai pas pu choisir entre la version aérienne (celle d’AàG) et la version aquatique (la mienne) :

Certains passages sont creusés dans la roche.

Ces belles vasques donneraient envie de s’y baigner si l’eau n’était si froide (on y a trempé les pieds, si si !)

Cascade après cascade nous remontons l’Almbach

Pour ceux qui préfèrent l’option douche plutôt que baignoire :

Sur la fin le chemin devient horizontal.

Sur le retour, nous descendrons au pied d’une passerelle.

Vues du dessous :

Le lieu en inspire certains 😉

Silence, on creuse !

Une splendide chute d’eau dont on ne voyait pas le sommet :

Spéciale dédicace 😛

Nous partons à présent de l’autre côté de la frontière, à Hallein en Autriche. La ville ne nous a pas semblée fort entretenue, il y a des bars à djeuns et sinon pas grand chose.


La rivière Salzach

Il y a exactement le même bordel au niveau mine de sel, ça semble être la même société qui a commis les deux projets.

Près de la frontière nous nous arrêterons à un restaurant pour demander s’ils ont du sacher torte. La réponse est qu’ils n’en ont pas mais qu’ils ont un gâteau au chocolat qui y ressemble, juste que ce n’est pas la recette originale… Tu parles ! C’était immangeable et aucun goût de chocolat ! 👿

Nous ferons une petite promenade digestive près de l’église de Ramsau et hop, au dodo !

Deux jours de voyage, incluant une pause à Imst (Rosengartenschlucht)

Nous partons le dernier samedi d’août, et dans chaque pays traversé il y a beaucoup de travaux sur les routes. Nous devrons également nous farcir plusieurs embouteillages en Allemagne.

Une chambre avait été réservée pour la nuit au Gästehaus Almrausch dans le petit village autrichien de Nassereith, mais lorsque nous arrivons il y a une lettre scotchée sur la porte extérieure avec mon nom dessus. Quelques lignes en allemand nous apprennent qu’ils nous ont réservé une chambre au bed & breakfast Maria, juste à côté ! En fait ils ont préféré relouer notre chambre à des touristes restant plus qu’une seule nuit… Je trouve cela fort de café car déjà, quand on reste seulement une ou deux nuits chez eux, ils augmentent sérieusement le prix de la nuitée ! Et ils n’ont même pas la politesse de nous l’apprendre en face…

Quand on va sonner à côté, la dame nous explique, également en allemand, qu’elle affiche complet. On lui montre la lettre de l’autre gästehaus disant que c’est réservé pour nous chez elle… Elle est embêtée, apparemment elle avait pourtant expliqué à la 1ère logeuse que ce n’était pas possible ! Ou alors elle a également reloué à d’autres gens ? Dans tous les cas, on se retrouve sans logement, on n’a pas encore soupé et la nuit tombe. On n’a pas d’autres adresses sous la main, étant donné que c’était réservé (pour une fois qu’on est organisé !)…

La dame va donner un coup de fil et essaie gentiment de dépatouiller les choses pour nous… Un type arrive en grosse voiture et va droit au but : il a encore une chambre libre pour cette nuit, c’est 30 euros par personne, est-ce que ça nous intéresse oui ou non. C’est plus cher et il ne nous inspire ni confiance ni sympathie mais bon, c’est pas comme si on avait beaucoup d’autres choix.

On le suit en voiture jusqu’à l’autre bout du village, il tient un grand hôtel s’appelant Seeblick. Tout un car d’Allemands y est descendu. Nous mangeons par facilité au restaurant de l’hôtel, la cuisine est correcte et le prix aussi. On fait ensuite une courte promenade dans le village, il y a beaucoup de chats et un assez joli lac.

La chambre n’est pas terrible, surtout la salle de bain. Ca ne vaut pas le prix demandé. Une bonne rénovation serait nécessaire, même pour les couloirs ! Jusqu’à tard, on entendra à l’étage du dessous toutes les chaises et tables qui sont remises à leur place suite au souper du bus. Un bruit de machinerie (ventilation ?) nous empêchera de dormir jusque 4h du matin. Bref, la joie.

Le lendemain matin, nous petit-déjeunons en compagnie d’une horde de chamois d’Allemands. Les fenêtres de la salle donnent sur une énorme paroi rocheuse dominant le village. Nous y verrons plusieurs chamois.

Nous filons vers Imst pour achever la promenade du Jardin des Roses (Rosengarten) entamée un soir quelques années plus tôt…

Cette gorge perd indéniablement de son charme avec la surfréquentation due à un dimanche ensoleillé pendant les vacances scolaires. Il y a notamment des troupeaux entiers d’adolescents beuglant qu’on laisse passer. Difficile de prendre des photos vierges de monde… mais pas impossible.

Le chemin est souvent constitué de passerelles en bois, il y a des ponts, des tunnels, c’est très ludique.

Arrivés en haut, nous nous laissons séduire par un panneau « Blaue Grotte« … il s’agit en fait d’une petite mine de plomb argentifère. Elle aurait déjà été exploitée au temps des Romains, qui en auraient tiré la galène par exploitation au feu.

Une étroite galerie de 35m de long part de la salle d’entrée, mais il aurait fallu le maillot de bain pour la visiter ! Un petit ruisseau fait cascade pour rejoindre la gorge et entre en partie dans la mine.

Nous allons jusqu’à Arzl im Pitztal dans l’espoir de trouver un coin tranquille pour le pic-nic de midi, mais les routes sont toutes envahies de motards. C’est donc dans un bruit incessant et stressant que nous mangeons dare-dare avant de reprendre notre chemin.

A peine la frontière italienne passée, nous tombons sur un embouteillage de presque 10km. Cette portion d’autoroute, constituée quasi exclusivement de viaducs et de tunnels, est à péage… et c’est la station du péage qui provoque ces files.

Nous arrivons finalement à notre destination, au sud de Badia : un village nommé « La Villa » en italien, « La Illa » en ladin et « Stern » en allemand. On pose les bagages et on va se détendre le long de la rivière Gadera et ses prairies si vertes.

Ce soir-là il y a une fête au village et plein de gens sont en habits folkloriques. Il y a un ensemble musical local qui joue même bien, si si. Nous irons manger un peu à l’écart, par besoin de calme.


Imst est surnommée « la ville des fontaines » (il y en a 40).

Vendredi 15 septembre 2006 – Mines de sel

Après une bonne nuit chez la famille Rettenbacher (et un super petit déjeuner), nous partons pour Hallstatt la romantique. C’est une toute petite ville coincée entre son lac et un versant escarpé de la montagne (Dachstein). La partie ancienne est un village piéton construit sur la pente. On y accède par un tunnel routier sur le bord duquel se trouvent répartis quelques parkings. De là une série d’escaliers mène sur la « grand-place ». La première chose que nous voyons est donc un ensemble de toits, dont la plupart sont constitués de bardeaux de bois (le lien est pour Patriarch 😉 ). Deux personnes travaillent sur le toit supérieur, les voyez-vous ?

Le temps n’est pas au beau fixe et l’eau est très agitée sur le grand lac. Les vagues sont rapides et impressionnantes, les canards sont ballottés dans tous les sens, on se demande comment ils ne sont pas malades… pour un peu ils feraient des bonds ! Dans ces conditions, ce n’est pas facile de leur donner du pain – car cette fois-ci, j’ai prévu le stock, non mais oh ! Ils peinent sérieusement à attraper les morceaux ^^

Une de nos premières rencontres dans le village est un chat qui se fait mettre à la porte d’une boucherie 🙂 Lui et son petit copain (trop timide pour être pris en photo !) appartiennent à la maison voisine, qui a d’ailleurs construit dans son jardin une étroite passerelle en bois qui s’élève le long des réserves de bois, fait un coude et monte ensuite jusqu’à la fenêtre du premier étage !

Au coin de la place, un restaurant recycle ses machines à café d’une façon originale…

Nous visitons ensuite une église protestante néo-romane sur laquelle se trouve un panneau assez surprenant, que nous avons déjà vu à de multiples reprises au cours de notre séjour. Il y est écrit en allemand, anglais, français et russe que ce bâtiment est un bien culturel et qu’il est sous la protection de la Convention de La Haye en cas de conflit armé !

Nous montons ensuite à l’église catholique « Katholische Pfarrkirche » par des chemins étroits et un peu raides, fréquentés qui plus est par d’étranges personnages :

L’église est entourée d’un cimetière décoré très esthétiquement.

Il y a énormément de sculptures sur bois.

Vu le manque de terrains disponibles, les bornes de pierre délimitant les tombes doivent être enlevées pour pouvoir descendre un cercueil.

Le cimetière était d’ailleurs tellement exigu que très vite il s’est retrouvé plein. Un ossuaire a donc été aménagé dans la St Michaelskapelle. Vers 1600, on a commencé à y transférer les vieux ossements (principalement crânes, tibias et fémurs).

Ce petit ossuaire paroissial accueille ainsi près de 2000 crânes, dont environ 600 ont été peints avec le nom, la date de décès et une guirlande de végétaux caractérisant symboliquement le défunt : rose, laurier, lierre ou chêne.

Ces peintures sont faites avec beaucoup de respect pour le mort et correspondent en quelques sortes à des prières.

Actuellement, seuls les habitants qui le mentionnent explicitement rejoindront l’ossuaire, et seulement après 10 ou 20 ans d’inhumation.

En-dessous de l’église devait se trouver un autre ossuaire, ou du moins c’est ce qu’on en a déduit, car les dalles composant le sol comportent une tête de mort en relief et on voit dans la falaise des aérations qui laissent à penser que la crypte s’enfonce profondément. Un vitrail a été relégué dans le premier niveau sous l’église :

Je n’ai malheureusement pas d’autre photo de l’intérieur de l’église, il y avait trop de gens et pas assez de lumière.

J’aimais beaucoup sa porte d’entrée, très travaillée. Le sens du détail se retrouve jusque dans le robinet du cimetière !

L’élévation de l’église nous offre une très belle vue sur le village et le lac, ainsi que sur le temple protestant. A noter que leurs cloches ne sont pas synchronisées 😉

On s’enfile de petits chemins au hasard, et ici où là un détail attire mon œil sur les façades…

…et notamment une inscription « 20 C+M+B 06 » tracée à la craie sur presque toutes les portes d’entrée. Nous l’avons vue un peu partout en Autriche sans savoir ce que cela signifiait jusqu’à présent. C’est en fait le signe que le curé a béni cette maison. L’inscription comporte l’année de la bénédiction et le C+M+B signifie Christus Mansionem Benedicat : que le Christ bénisse cette maison.

On remonte à la voiture pour pique-niquer, il y a énormément de vent. S’ensuit une grande séance de nourrissage de toutes les bêtes à plumes que nous croisons : les plongeurs fuligules, colverts, cygnes… et même des moinouilles !

On achète pas mal de souvenirs en sel gemme, cela nous vaut un trajet supplémentaire vers la voiture car c’est lourd et volumineux. Je commence à en avoir ma claque de tous ces escaliers, mes mollets ont deux semaines difficiles derrière eux et ils sentent le retour à l’écurie qui approche !

L’après-midi sera consacrée au chemin des mines, le Soleleitungsweg. Il y a le funiculaire de Salzberg qui permet d’accéder directement à la mine touristique, mais cela ne nous intéresse pas. Sur l’IGN (affichée dans la rue !), il y a d’ailleurs une belle mine indiquée sur le « chemin des radins » (traduction : chemin qui boycotte un téléphérique). Mes mollets grommellent un peu mais c’est parti mon kiki, 600m de dénivelé dans la forêt.

Ce n’est pas désagréable quoi qu’un peu monotone. On croise régulièrement des pipelines de saumure, dont certains ne sont plus que des vestiges en triste état. Nous arrivons à une grosse maison abandonnée, dont la cave comportait un atelier et une petite forge. Ce bâtiment est lié à la mine Franz Jozef, dont l’entrée monumentale se trouve de l’autre côté du sentier. Quel dommage qu’on ne puisse pas la visiter !

Nous dépassons l’arrivée du funiculaire, à partir d’ici c’est une route revêtue de bitume. Dans la forêt nous repérons des vestiges (treuil, borne pour délimiter les concessions…) Nous passons devant la mine-musée Salzbergwerk : Kaiserin Christina Stollen. Là aussi, l’entrée donne bien envie, mais les tralalas touristiques ne nous tentent vraiment pas.

Nous poursuivons le chemin, sur lequel nous rencontrons de nombreuses entrées de mines, certaines semblent liées au musée, d’autres semblent gérées par le groupe Salinen Austria, que ce soit pour du pompage, de la ventilation ou de l’extraction nous n’en savons rien… Il est mignon son petit « chapeau » vous ne trouvez pas ?

La route est de plus en plus raide. Vient un tronçon comme je n’en ai jamais vu, une pente pareille c’est de la démence !!! Je ne sais pas combien de pourcentages cela faisait, mais ça doit être plus que limite pour les voitures. On n’en croyait pas nos yeux (par contre on en a cru nos mollets).

La ballade continue plusieurs heures, toujours en mode « montée ». D’après l’IGN on est à présent 1100 mètres au-dessus du niveau du lac. Les entrées de mine deviennent de plus en plus espacées, on fatigue et on se lasse. Je me demande si toutes ces entrées sont reliées de l’intérieur, si cela ne forme qu’un seul réseau ou pas…

Nous faisons le trajet du retour sous la pluie, du coup on s’autorise un thé avec une sacher torte dans un restaurant le long du lac. Une fois l’estomac plein, le moral va déjà mieux même si on est toujours trempé comme une soupe !

On reprend la voiture vers Abtenau, où nous prendrons notre repas au Gasthof Post. Tout se passe bien si ce n’est que… ils sont en train de fêter bruyamment un anniversaire de mariage (les noces d’or je crois) !! Woulalah l’ambiance de bal musette autrichien, on s’en serait voulu de rater ça 😀

Vous vous souvenez de la gentille dame qui nous logeait à Golling ? (je suis justement en plein à ce moment-là dans mon récit…)

Eh ben aujourd’hui, grosse surprise dans la boîte aux lettres : une carte de voeux de sa part où elle nous souhaite viel Glück und Gesundheit für das neue Jahr ! oO (Quand je vous disais qu’elle était supra-gentille !!)

Du coup je crois bien qu’on va lui envoyer la photo de son chou sur le vélo (*) ! Chacun son tour d’halluciner 🙂

(*) Je me suis rendu compte que je ne l’avais pas encore mise, celle-là… je vous la montrerai ce soir 😉

Jeudi 14 septembre 2006 – Salzburg, le bagne

Aujourd’hui il est prévu de visiter la ville de Salzburg. J’y vais un peu à reculons, je n’aime pas trop les villes et après avoir vu Vienne il y a quelques années, j’ai l’impression que celle-ci ne peut m’apparaître que fade…

La nuit au Gästehaus Rettenbacher se passe bien, et la logeuse est aux petits soins pour nous pendant que nous dévorons ses confitures maison et les petits pains qu’elle nous réchauffe au four, mmmmh ! Bien qu’elle ne parle quasiment pas anglais, nous parvenons à échanger un peu et elle nous donne une astuce pour aller moins cher en bus jusqu’à Salzbourg.

Finalement, au vu des horaires, nous n’utiliserons pas cette astuce et nous irons en voiture jusqu’à Rehhof. On se gare dans une petite rue tranquille et on rejoint ensuite l’arrêt de bus. Nous n’avons pas longtemps à attendre et le PostBus nous emmène directement jusqu’à la Mirabellplatz.

Cela donne une étrange impression, ces gros boulevards, cette circulation… tout un stress latent que je me prends en plein. J’avais oublié tout cela au creux des montagnes. Ca ne me manquait pas :-s

Nous gagnons rapidement la vieille ville (plus ou moins) piétonne. Il y a énormément de touristes, notamment asiatiques. Tout le monde se bouscule sans faire le moins du monde attention aux autres, l’ambiance est oppressante. Dans les rues commerçantes, remplies d’enseigne en fer forgé, les prix sont abominablement élevés. Ce n’est pas ici que nous trouverons des souvenirs à ramener…

Au détour d’un coin de rue, la petite musique de nuit de Mozart nous tombe dans l’oreille. Un groupe russe composé de trois balalaïkas et un accordéon (!) interprète plusieurs grands succès « classiques ». Malgré l’exotisme des instruments par rapport aux compositions d’origine, leurs adaptations sont superbes. Ils jouent avec talent et passion, et nous leur achetons un CD pour les encourager.

Nous ne savions pas que la mort nous attendait au tournant…

Les églises sont présentes en nombre. Nous en visitons quelques unes mais j’ai eu la flemme de noter les noms. Je suis nulle en vocabulaire religieux alors ne m’en voulez pas si je confonds certains termes… Je sais que nous avons vu la cathédrale (Dom) et sa crypte (sans intérêt).

La symbolique de la décoration fait très souvent référence à notre sort final commun…

Ce style peut paraître morbide ou de mauvais goût, mais la philosophie sous-jacente est somme toute assez saine, la mort ne doit pas être un tabou.

Il y a également des peintures plus « classiques » et les célèbres chérubins chers à Juliette – poutiniii !!

Nous avons également visité la basilique St Pierre, aussi appelée l’abbatiale bénédictine, dont la décoration de style « rococo » ne m’a pas tellement plu.

Par contre sa grille en fer forgé était magnifique.

Je ne sais plus si c’est dans l’église franciscaine ou celle des capucins que nous avons vu des imitations de nuages particulièrement kitsch ? Nous avons raté le tombeau de Paracelse, qui se trouve près de l’église St Sébastien… enfin on l’a peut-être vu, mais sans « tilter ».

Les plafonds et coupoles sont particulièrement somptueux. Le contraste est parfois saisissant avec les lustres « modernes ».

Encore une autre, que je suis incapable de nommer…

…avec des nichées de petits « poutinis » dans tous les coins ^^

Ce que j’aime, ce sont les endroits un peu plus sobres… où on peut encore parfois admirer les anciennes peintures qui couvraient les colonnes.

On décide de faire un repas de gâteaux (je sais c’est honteux) et nous refranchissons la rivière Salzach en quête d’un Sacher Torte. Nous passons devant la maison de Mozart sans nous y arrêter. Il n’aimait pas Salzbourg et je le comprends de plus en plus.

Sur le boulevard, de petits salons de dégustation offrent des pâtisseries. Nous en avisons une qui possède quelques minuscules tables dehors, dont une est encore libre, par chance. Ca fera l’affaire ! Nous nous y installons et je m’apprête à aller commander au comptoir quand deux gars qui fument comme des pompiers (la cigarette me rend malade) s’approchent. Le premier me cause en autrichien alors évidemment je ne comprends pas. Il me montre une chaise, j’interprète cela comme une demande de nous l’emprunter et j’acquiesce. Les deux gars s’installent ! Tout de suite nous réagissons en leur disant que nous ne partions pas, que nous utilisons cette table. Entre deux bouffées de cigarette, il me crache agressivement que nous sommes deux, ils sont deux, la table a quatre chaises et donc ils y restent. Devant cette logique imparable et vu l’apparence pas très nette des gars, nous levons le camp après avoir montré assez clairement notre désapprobation, ce qui nous vaut (ce que je suppose être) quelques insultes en prime ! Je précise que la table avait à peine la surface nécessaire pour poser deux tasses de café et deux sous-tasses.

Dans une « konditorei » un peu plus loin, nous nous rendons directement à l’intérieur pour choisir. Le couloir entre le comptoir et les tables est étroit. Nous hésitons sur le choix car il n’y a pas de sachertorte. Une serveuse passe en trombe et me bouscule tellement violemment que j’en tombe presque. Pas un geste, pas un regard, pas une excuse… c’est « normal », quoi. Nous fuyons immédiatement les lieux, furieux. C’est quoi cette ville de malpolis ? Deux semaines dans les villages de montagne et nous serions déjà inadaptés aux villes ?!

Nous marcherons longuement sans trouver notre bonheur. Finalement, le salon de thé d’un hôtel fera l’affaire. Les gâteaux ne sont pas exceptionnels (ce n’est que de l’air) mais ils sont tout à fait comestibles et, cerise sur le gâteau, les serveurs et serveuses sont polis et presque souriants. Ca nous change.

Nous allons ensuite nous promener sur d’anciennes fortifications verdoyantes qui donnent un beau point de vue sur le centre ancien. Le chemin monte alors du coup il y a moins de touristes, ça nous permet de respirer un peu.

Nous passons devant un musée contemporain sur le porche duquel un prototype de voiture est exhibé à grand renfort de bimbos exposant leurs seins et leurs fesses. Le tableau forme un tel stéréotype que ça me donne envie de vomir. Heureusement nous n’avons avalé que de l’air ce midi !

Nous jetons subrepticement nos trognons de pomme dans la forêt, c’est très mal et nous en rions beaucoup. Nous sommes vraiment des vandales ! [Si vous ne comprenez pas c’est normal, c’est simplement qu’un voyageur ayant jeté son restant de pomme dans la montagne s’était fait copieusement engueuler et l’avait relaté dans son carnet de voyage.]

Après une rencontre fortuite avec un chat dans une clairière, nous redescendons vers la vieille ville (aldstadt) par un bel escalier couvert. Un impressionnant orgue noirci est incrusté dans la paroi d’un bâtiment, à l’extérieur. La photo ne donne rien alors je ne vous l’ai pas mise.

Nous visitons une église et nous y recroisons la même mendiante que ce matin. Il s’agit d’une jeune fille (habillée bien plus richement que nous !) qui va « chercher le client » à l’intérieur même des églises, ne terminant son flot de paroles que lorsque sa proie (généralement une vieille dame qui était en train de se recueillir) a cédé. Je suis outrée par ce procédé. Dans la première église, elle avait fini par se faire repérer et une religieuse l’avait raccompagnée jusqu’à la porte d’un air très mécontent. La soi-disant mendiante, nullement intimidée, a retrouvé une de ses copines qui l’attendait dehors et toutes deux se sont immédiatement fondues dans la foule. Cette fois-ci même scénario, je vois bien que la dame à qui elle s’en est prise n’arrive pas à s’en défaire. Dans une vaine tentative d’intimidation, je m’approche en fusillant du regard la pseudo-mendiante. L’effrontée me reconnaît et soutient mon regard tout en continuant sa litanie destinée à la dame. Celle-ci n’est pas dupe mais cède pour avoir la paix… c’est vraiment crapuleux.

Un peu plus loin, un couple de japonais fait un tour de calèche en costume de jeunes mariés. Ils passent, radieux, devant les affreuses pubs géantes prétextant la présence d’échafaudages pour défigurer le Dom (cathédrale)… cfr. 4 photos plus haut. Cette ville est étourdissante. Je n’ai pas du tout aimé m’y balader. Pour parler crûment et partialement, Salzburg me donne l’impression d’une ville de bourgeois complexés de ne pas être des aristos, et voulant de ce fait péter plus haut que son c..locher. (Enfin, ses clochers.)

Nous terminons nos visites touristiques par le Petersfriedhof (cimetière St-Pierre), endroit à peine moins mouvementé. La décoration des sépultures et la richesse de leurs symboliques sont impressionnantes.

Une sculpture qui m’a spécialement attirée :

Nous ne résistons pas à l’annonce de « catacombes » mais il s’agit tout juste de quelques petites galeries creusées dans la falaise.

Malgré tout l’endroit est agréable. Comme l’entrée est payante, il y a moins de touristes et l’ambiance est un peu plus adaptée aux lieux.

Suit un moment de calme et de silence dans le Mirabell Garten, un jardin public possédant une jolie fontaine et où nous mangeons une viennoiserie qui ne mérite pas son nom. Dernière quête : trouver le bon arrêt de bus pour rentrer à la pension. En effet, vu les travaux à la place Mirabelle, l’arrêt est déplacé. C’est assez épique de comprendre les instructions en allemand pour se rendre au bon endroit… mais nous sommes motivés à relever le défi ! 😉

Rentrés à bon port, il est temps de songer au souper. Au centre de Golling, nous hésitons un moment puis rentrons dans un restaurant possédant à l’arrière un jardin assez sympathique. Malheureusement le serveur l’est beaucoup moins (une porte de prison serait plus aimable), et le menu se révèle quasiment immangeable. Le pire repas que nous ayons eu pendant ces vacances. De plus on a failli partir sans payer tellement il nous a fait attendre longtemps après l’addition. Disons que ça clôture en beauté cette journée de merde.

Pour conclure, petit clin d’oeil aux pigeons salzbourgeois 😉

Mercredi 13 septembre 2006 – La féerie d’un monde glacé

Deuxième et dernière nuit à Haus Sonne, que nous ne sommes pas fâchés de quitter. Une fois n’est pas coutume, nous avons des voisins de chambre. La mégère ne vient même pas nous dire bonjour ce matin pendant le petit déjeuner, il faudra attendre que l’autre couple descende pour qu’elle daigne faire une apparition. Là, elle accourt, tout sourire pour eux… parce que eux, ce sont des gens civilisés : c’est-à-dire que ce ne sont pas des petits jeunes, et qu’ils parlent allemand. Juste avant de partir, on pose le pied sur le balcon en bois pour être sûr de n’y avoir rien oublié : un gros craquement inquiétant entraîne un grand bond en arrière de notre part. Pfff, ce n’est décidément pas un endroit accueillant !

Nous quittons définitivement Kaprun et prenons la route dans l’intention de nous arrêter au sud de Salzburg. Il y a énormément de travaux sur les routes, et les embouteillages qui vont avec aussi. Arrivés à Golling, nous nous garons vaille que vaille dans le centre humain surcirculé et nous allons au point d’information touristique. La dame nous conseille une pension, nous comprenons vite qu’elle est tenue par une de ses amies… car on a demandé un endroit calme, et celle désignée se trouve entre le chemin de fer et l’autoroute !

On feuillette le guide et on retient deux pensions. La dame nous propose de téléphoner pour voir s’il y a de la place et réserver tout de suite, nous préférons nous rendre sur place. Nous sommes devenus un peu méfiants suite aux deux derniers logements… Nous choisissons une zimmer bien au calme, dans une impasse au milieu des champs, mais suffisamment près du centre pour pouvoir aller y manger à pied le soir. Il s’agit de la Gästehaus Rettenbacher : les chambres sont tout à fait correctes et la dame qui nous accueille (en allemand) est la gentillesse personnifiée, rien de moins !

Nous ne tardons pas à repartir vers Werfen car la visite d’aujourd’hui promet des monts et merveilles : Eisriesenwelt, la plus grande grotte de glace du monde s’il faut en croire leur prospectus. Le système s’étend sur 40 km, mais seul 1 km est aménagé pour les touristes.

On y accède par une route de montagne qui, après 5 km, débouche sur les parkings. De là un sentier pédestre rejoint en moins de 20 minutes une petite cabine téléphérique qui va à toute vitesse nous amener quelques centaines de mètres plus haut. C’est extrêmement raide mais je pense qu’il existe toujours l’ancien sentier de randonnée pour y accéder. Vu la chaleur et l’heure à laquelle nous sommes arrivés, nous n’hésitons même pas…

En haut du téléphérique se trouve un restaurant panoramique et la suite du chemin, qui est souvent couvert pour éviter les éboulis. A cette altitude, la température est déjà plus supportable. Un quart d’heure plus tard, nous voilà à l’entrée de la grotte, qui se réduit à un passage à taille humaine au fond du gigantesque porche.

Aucune plaque de neige à l’horizon, on a du mal à croire qu’il va y avoir de la glace là-dedans… Les guides, qui passent plusieurs fois par jour de 0°C à 30°C, se reposent sur la couverture en béton du chemin, ils cuisent littéralement en plein soleil. Nous préférons attendre à l’ombre le prochain tour guidé !

On nous distribue des lampes à main, surprise : ce sont des lampes à carbure de calcium ! Quand le guide ouvre la porte, un tel courant d’air en sort que toutes les flammes sont soufflées. Je suis contente d’avoir emmené ma tri-leds en plus.

La visite dure environ 1h15 mais le grand nombre de marches nous évite la transformation en glaçon 🙂

Le guide donne les explications en allemand et en anglais, mais j’ai souvent du mal à comprendre car il parle vite et son accent autrichien me déroute. On comprend en gros que l’air froid arrive par une autre ouverture de la grotte, située bien plus haut dans la montagne.

Pour mieux nous montrer certaines « sculptures » de glace, il s’éclaire avec un fil de magnésium.

C’est magnifique à voir mais difficile à prendre en photo. Il faut faire des poses longues mais le plancher en bois tremble beaucoup avec tous les gens qui se déplacent dessus. Nous serions volontiers restés là quelques heures de plus ! Hélas, on ne peut pas refaire un tour de carrousel ^^

L’après-midi touche à sa fin mais la lumière nous permet encore une visite : le canyon de Lammer (Lammerklamm) près de Scheffau.

Ce n’était pas vilain, mais c’est vraiment tout petit, et cher pour ce que c’est. J’ai largement préféré le chemin vers le jardin des roses, à Imst !

Pour les photos, la lumière n’était plus assez généreuse alors ça ne donne pas grand-chose.

D’après des panneaux, il y aurait moyen de faire du rafting dessus, ça doit être nettement plus intéressant que la promenade.

Nous mangeons à Golling, le repas n’est pas génial : à chaque bouchée, j’ai l’impression de croquer à pleines dents dans une gousse d’ail… Bon j’aime beaucoup l’ail, c’est pas ça, mais… quand même ! oO’

Nous rentrons à la nuit tombée et soudain, une sirène stridente retentit longuement, à trois reprises. Je suis surprise, c’est la première fois que j’entends « pour de vrai » une sirène d’alerte dans une ville. Ca déclenche une poussée d’adrénaline et des émotions en pagaille, je me surprends à chercher des yeux les bombardiers, et on se sent bien démuni pour trouver une cachette… Apparemment ce soir là il y a eu un grave accident car nous verrons passer un nombre incroyable de véhicules d’intervention (pompier, police, ambulance, etc.) en direction de l’autoroute. C’est impressionnant toutes ces lumières bleues au loin, mais nous n’en saurons pas plus.

Mardi 12 septembre 2006 – C’est encore loin Grand Schtroumf ?

A Haus Sonne, la nuit est meilleure que la précédente même si nos hébergeurs se lèvent à 6h30 à grand renfort de portes claquées. Le petit déjeuner n’est pas terrible, on n’a droit qu’à un petit pot de confiture et de la charcuterie. (Bon ok après Gerlos tout paraît minable, mais quand même !!) La dame nous entend mais ne se montre pas, elle ne viendra dire bonjour que cinq minutes plus tard, pour nous demander si on veut des œufs (ouiiii !) Ensuite elle ferme la porte de la petite pièce (alliant le vieux et le kitsch), ça donne vraiment l’impression qu’elle referme la porte du caveau sur nous… brrr ! En fait c’est pour ne pas qu’on ait vue sur l’escalier car pendant notre petit-déjeuner, elle va refaire la chambre. Je n’apprécie pas du tout, ça donne l’impression d’être indésirable… on n’est pas là de toute la journée, est-ce que ça revient à dix minutes ??

On part rapidement vers le massif du Großvenediger, ce fameux circuit des trois lacs que nous n’avions pas pu faire plus tôt car c’est un peu décentré, sur la route de Matrei… Nous passons un très long tunnel (à péage, bien sûr), et nous arrivons enfin à la Matreier Tauernhaus, le lieu de départ de la randonnée (parking payant, re-bien sûr).

Le guide vert Michelin mentionne 45 minutes de montée avec la remontée mécanique Venedigerblick. Ouais ben m’sieur Michelin faudrait peut-être aller voir sur place plutôt que de zieuter uniquement les IGN parce que le télésiège, ça fait belle lurette qu’il n’existe plus !! On voit encore vaguement les trouées qui permettaient son passage dans la forêt, mais sinon il n’en reste rien. Grrr !

On hésite, le moral un peu bas… Bon ben c’est pas tout ça, on n’est pas venu jusqu’ici pour rien, moi je veux les voir ces trois lacs. Allez zou, en marche : il ne s’agit pas de traîner car on va devoir se farcir quelques centaines de mètres de dénivelé en plus que prévu ! On traverse la prairie des vaches et on emprunte un mignon chemin qui a la bonne idée de rester à l’ombre des sapins.

La montée est fatigante (nooon, sans blague ?), je m’arrête –trop– souvent. Elle devient harassante quand on atteint la limite de la forêt. Devant nous se trouvent à présent uniquement des zones en plein soleil, et la chaleur est difficile à supporter. Il n’y a quasi personne et tout a l’air à l’abandon ici. Les panneaux ne sont pas entretenus, quand ils ne sont pas carrément cassés et posés dans l’herbe. Nous parvenons enfin au sommet théorique du télésiège… photo souvenir en l’honneur de monsieur Michelin, je ne vous la montre pas car ça n’a aucun intérêt.

Il y a encore du chemin avant d’arriver au premier lac ! Un moment de flottement car deux sentiers se présentent… nous consultons l’IGN, aucun n’a le numéro qu’il nous faut. Bon tant pis, la boussole les départagera bien. Une autre remontée mécanique est à l’abandon un peu plus loin. Les couleurs sont belles malgré l’écrasant soleil, et on aperçoit des chèvres au loin. Une dernière montée encore un peu plus raide et enfin on voit le bout du chemin. On a bien souffert, il faut le mériter le Grünen See… mais son magnifique vert transparent nous console !

Nous pique-niquons sur les rochers au bord du lac (oui, encore un concombre si vous voulez savoir !). Après avoir contemplé le lac tout notre soûl, nous repartons vers le second lac – plus haut, oui, comment avez-vous deviné ?

Nous croisons un troupeau de moutons un peu craintifs, notamment deux jeunes dont la génitrice n’est pas rassurée ^^

Il y a un gros bourru qui bêle comme une jeune fille – enfin je me comprends

Un dernier coup d’oeil au lac vert à travers ce panoramique. Le Schwarzen See n’est pas trop loin heureusement. Ses eaux donnent effectivement un aspect noir, sans doute à cause d’algues colonisant les cailloux du fond.

Pendant une petite pause bien méritée, nous entendons soudain un gros bruit au loin. L’œil cherche un peu puis localise : c’est une avalanche de gros blocs de roche – très impressionnant !!

Bon alors là, je n’ai pas su choisir, vous préférez cette photo en horizontale ou en verticale ?? La belle cascade qui se trouve sur ces photos, eh bien nous devons la remonter :

Nous croisons un randonneur solitaire qui redescend… ça vous donnera une échelle !

Le dernier lac (mais pas la dernière montée !) est le Grauen See. J’attribue ses eaux grisâtres au reflet du cirque de caillasses environnant.

Nous examinons la carte : on a le choix entre faire marche arrière ou prendre le sommet et revenir par la vallée voisine. J’aurais bien envie de revoir le lac vert, le plus majestueux des trois, mais le reste est assez monotone alors autant prendre une nouvelle voie.

Une petite séance de ricochet pour AàG, et nous voilà repartis ! La montée finale est assez chaotique dans les éboulis, heureusement les repères rouge et blanc sont bien marqués. Nous nous dirigeons vers le refuge St Pöltner.

Arrivée au col, non sans joie !

On tombe sur un délicieux tapis de mousse qui nous fera enlever nos chaussures… mais vous ne verrez pas de photos podophiles ici.

Le sentier longe la crête, nous le quitterons assez rapidement dans un hors piste assez douteux, qui n’effraiera pas que les marmottes.

Fourbus mais entiers, nous retrouvons notre chemin dans le creux de la vallée. Il s’agit d’une vallée suspendue très longue et très morne, parcourue par d’immondes pylônes grésillants. On enclenche la marche automatique, le moral s’en prend un coup.

Au bout de la vallée, nous ne voyons pas l’embranchement attendu. Nous voilà donc condamnés à prendre le sentier qui retourne vers le sommet du télésiège abandonné ! C’est très long mais c’est presque horizontal, c’est toujours ça de pris :-/

La fatigue nous fait divaguer sur des considérations très profondes comme « alle zimmer mit balkon, alle weg mit bouse » (ici toutes les chambres ont leur balcon, et tous les chemins leur bouse ^^).

Arrivés à la station, nous avons encore toute la descente à nous farcir, c’est décourageant. Je ne sens plus mes pieds quand j’arrive enfin à la voiture… Cette randonnée fait approximativement 1200 mètres de dénivelé, soit 6 cuillères de nutella. Je ne sais pas combien de kilomètres nous avons fait aujourd’hui, d’ailleurs je ne suis pas sûre de vouloir le savoir !!

Après avoir parcouru quelques centaines de mètres en voiture, je pose une question anodine à AàG : t’as mis où tes chaussures de rando ? Euh… je ne les trouve pas, elles ont dû rester sur le parking ^^ Fou rire et retour à la case départ, retrouvailles émouvantes avec lesdites chaussures puis triple vérification parce qu’avec la fatigue on ne sait jamais, on a peut-être oublié d’autres choses (notre tête par exemple) !

On s’arrête dans un petit village (Stuhlfelden) pour souper. On entre dans le premier établissement venu (surtout, marcher le moins possible !!). Il y a des gens bizarres qui nous parlent dans la première salle (un café enfumé), on dirait qu’ils ont un peu trop bu. L’arrière-salle est dédiée au restaurant mais il n’y a personne. Aucun client, aucun serveur, rien. Rien que des trophées de chasse accrochés aux murs. On s’assied et on attend un peu mais « je ne le sens pas » alors nous nous levons et partons vite avant que quelqu’un n’arrive

Le moral finira cependant au beau fixe car nous tombons par le plus grand hasard sur THE restaurant de notre séjour. Il s’agit du Gasthof Flatscher, c’est tellement bon que nous nous empiffrons : entrée, plat, dessert… la totale !! On regrette presque de n’avoir plus faim, on aurait bien testé toute la carte ^^ En plus ils étaient super sympas…

Rentrée difficile (car nous sommes crevés) à la pension inhospitalière. La « mégère » comme nous l’appellerons dorénavant s’est permis de jeter notre petite bouteille d’eau. Du coup, vu les robinets très bas, nous ne pouvons plus remplir nos gourdes. Quelle mêle-tout, c’est d’un énervant ! Ce détail se rajoute à une précédente impression qu’elle avait farfouillé dans mes affaires… Vivement qu’on parte de là.

Lundi 11 septembre 2006 – La photo que tout le monde attendait

(Enfin quand je dis tout le monde, c’est surtout Ido et le Nabot !)
Mais tout d’abord, le fameux épisode du petit déjeuner à la frühstückspension Häuslhof de Kaprun :

A l’heure mentionnée pour le petit déjeuner, nous descendons dans la salle dédiée, qui se trouve quasi en face de la porte de la logeuse. On l’entend vaquer à ses occupations mais personne ne vient. Sur la table se trouvent déjà 4 petits pains pas frais et une assiette de charcuterie qui suinte, je ne sais pas depuis combien de temps elle est ainsi mise à la disposition des mouches mais le morceau de beurre est déjà tout mou. Avec cela, nous avons droit à UNE mini-confiture par personne… cette fois c’est sûr, nous n’allons pas grossir. Quels radins dans cette pension.

Je fais le trajet une deuxième fois (j’avais oublié quelque chose dans la chambre) et je descends l’escalier le moins discrètement possible. On parle ensuite assez fort. Toujours personne. Bon c’est pas tout ça mais on a des choses à faire aujourd’hui, alors je vais chercher la carafe de jus d’orange derrière le comptoir et je nous sers. Il est infect, mais alors à un point que je n’avais jamais rencontré : je ne parviens même pas à boire plus que deux gorgées !

Interlude : quelques photos de nature pour s’apaiser ^^

Toujours derrière le comptoir, j’avais aperçu une cafetière avec un reste de vieux café tenu au chaud. Là encore, je nous sers. C’est… buvable. AàG teste le saucisson de jambon, mais il est immonde. Ayant repéré les réserves de confiote sur une étagère, je puise allègrement dedans pour faire passer le pain. Oh dites donc le pactole, y avait même des mini-nutella cachés dans le tas !!

Nous avons presque fini de déjeuner quand la logeuse daigne enfin se soucier de nous. Elle nous dit bonjour du bout des lèvres et demande si on veut du café, je réponds froidement « We have. » Elle insiste pour la forme en nous demandant si on n’en veut pas « du frais »… Ben tiens, c’est un peu tard pour y penser, alors je lui répète en articulant sèchement « We have. »

Cette personne nous fait payer le prix fort pour un service plus que minable et une nuit bruyante, or le rôle de gentille pigeonne ne me convient guère. On remonte dans la chambre, on fait nos bagages et on s’en va. Quand je vais lui remettre le prix convenu sans mot dire, elle ne montre pas un seul signe de surprise et ne nous demande pas pourquoi on part déjà (on lui avait dit la veille qu’on resterait au minimum deux nuits, sans doute trois). C’est dommage, j’aurais bien voulu qu’elle nous demande où on allait à présent. Juste pour le plaisir de pouvoir lui répondre « Kaprun ».

Interlude bis : quelques photos de nature pour s’apaiser

On trouve le point central d’information touristique, plus complet que celui de la veille. Quelques « zimmers » situées dans des endroits a priori calmes sont moins chères, on décide d’aller voir leurs abords avant de choisir. Nous voulons expédier cela assez rapidement pour ne pas que le programme d’aujourd’hui en souffre trop. Le premier logement est une ferme située tout en haut d’une série de lacets, au milieu des pâtures, mais… juste à côté d’une antenne GSM. Nous nous apprêtons à aller sonner à la porte quand je remarque un chat famélique et craintif sur le seuil. Je ne veux pas loger chez des gens qui ne nourrissent pas leur chat. Nous repartons.

A mi-chemin des lacets se trouve la maison « Haus Sonne ». La vieille dame ne nous laisse pas rentrer chez elle avant qu’on ne lui dise combien de nuits on resterait. Or elle ne comprend rien à mon mauvais allemand ni à notre langage des signes. Elle finit par demander en anglais mais… elle ne comprend pas la réponse !! Finalement elle nous fait voir les chambres, la première qu’elle nous montre est relativement récente et ensoleillée mais donne sur la façade principale, on entend fort les camions qui passent sur la nationale en contrebas. Nous parvenons (par miracle) à lui faire comprendre et elle nous montre une chambre sur le côté, vieillotte mais plus calme. On lui fait signe que c’est ok.

On revient avec les bagages, elle nous tend la clé… de la première chambre ! On lui dit qu’on veut la numéro 3. Elle fait signe que non, elle ne comprend pas. On insiste, elle finit par capter et nous donner la bonne clé. Rha je sens que la communication va être pénible dites donc… Voilà-t’y pas qu’elle nous dit que son mari va reculer la voiture pour qu’on puisse ranger la nôtre sur le côté de la maison. Euh non mais on n’est pas en vacances pour passer la journée dans la chambre, hein, on s’en va, là !!

La journée peut enfin commencer. Nous allons au Kitzsteinhorn : 3 cabines téléphériques successives nous emmènent jusqu’à la Gipfelstation (3029 m). Là-haut, ça skie ferme !

Après avoir apprécié les superbes vues qui s’offrent à nous, nous empruntons le « panorama tunnel ». Il s’agit d’un tunnel piéton creusé dans la roche, qui descend jusqu’à un point de vue inférieur. De là on peut se promener dans la neige sur un sentier balisé le long des pistes.

Beaucoup de regards convergent vers un point bien précis… Je crois que ça se passe de commentaires ! En plus ils sont restés là longtemps et elle a fini encore moins habillée que ça… elle est bonne pour une pneumonie.

Ce qui est particulièrement marquant, c’est qu’il y a beaucoup de touristes musulmans en cet endroit et, pendant que les femmes voilées, couvertes des pieds à la tête, admirent les montagnes… devinez vers où se tourne le regard de leurs maris :-/


Reconnaissez-vous les deux lacs de barrage de Kaprun ?

On pique-nique sur un rocher, certains me regardent bizarrement… bah quoi, vous n’avez jamais vu quelqu’un éplucher un concombre ?

Ah oui j’avais oublié de vous dire : leurs panneaux de signalisation des dangers sont très imagés, on a beaucoup aimé ^^

On remonte ensuite avec le « shuttle », une petite cabine sur rail qui navette entre la station et les pistes.

Le téléphérique nous descend à la station inférieure, hors neige.

Il me reste un peu de pain alors les chevaux s’en régalent, enfin un surtout qui est tellement gourmand qu’il viendrait bien fouiller lui-même mon sac pour être sûr que je n’aie rien oublié !

On se promène un peu, on s’arrête à hauteur d’une jolie cascade et là, miracle : marmotte à babord !! Parce qu’il faut quand même préciser que dans ces Alpes autrichiennes, nous n’aurons pas vu grand monde au niveau de la faune comme telle (sorry private joke inside).

Un chat géant a fait ses griffes sur cette montagne dans un lointain passé…

Je m’approche, la marmotte prend peur et se cache dans son terrier. Quelques minutes de patience et hop, la revoilà en train de se chauffer au soleil sur son rocher. Ce petit jeu se répète plusieurs fois et je dois finir à plat ventre pour prendre ce pauvre cliché avec le zoom à fond… pfff !

Ah non pardon c’était pas celle-là 😀 La voici :

Nous reprenons le téléphérique, le hasard fait que, sur les centaines de cabine qui tournent, nous tombons sur la même qu’à l’aller. On la reconnaît car on a euh, disons « aménagé » son bandeau de pub dans un élégant auto-collage façon pâte feuilletée 🙂

L’après-midi n’est pas encore tout à fait finie aussi nous nous rendons à Zell am See.

Il s’agit d’une grosse bourgade qui possède deux centres et se trouve le long d’un très grand lac. Ce dernier est magnifique… et ses occupants aussi, jugez plutôt !

Canards et moinouilles, cygnes et fripouilles… Malheureusement, je n’ai plus de pain et c’est une très grave situation pour moi. Tant de becs qui quémandent et rien à leur donner !! Argh 😦


Heureusement tout le monde n’a pas mon étourderie !

Il y a des canards noirs aux yeux jaune orangé qui nous épatent par leurs longues apnées. Ils plongent sous l’eau pour fouiller le fond du lac avec leur bec. Impressionnant. Je pense que ce sont des fuligules (morillon ?). Une photo plus reconnaissable de la bestiole se trouve ici. En cours de nettoyage, cela donne :

Une autre espèce en plein lavage ;-p

Nous nous promenons également un peu en ville mais l’ambiance est trop bourgeoise à notre goût.

Nous préférons nous écarter et aller manger à Piesendorf. Un repas sans prétention mais tout à fait correct, avec une shoko banan-torte en dessert. Une colonie d’enfants débarque peu après mais ils sont (relativement 😉 ) sages !

Dimanche 10 septembre 2006 – Les lacs de barrage de Kaprun

C’est à regret que nous quittons ce matin le nid douillet de la pension Zillertal pour migrer vers notre troisième étape : la bourgade de Kaprun, dans le massif du Hohe Tauern. A cet instant bien précis, nous ne savons pas encore à quel point nous avons raison d’avoir des regrets !

Nous trouvons assez facilement un point info, équipé du même écran tactile qu’à Gerlos mais en plus sommaire. Nous choisissons la frühstückspension Häuslhof qui se trouve en B7, mais aucune carte ne nous permet de localiser ce fameux B7 !! Nous partons au hasard après avoir imprimé les informations sur la pension – car oui, il y a une imprimante intégrée en dessous de l’écran tactile, et elle n’était même pas à court de papier !

Par chance nous trouvons rapidement, mais l’accueil est pour le moins déroutant, pour ne pas dire impoli, ce qui est assez surprenant dans le Tyrol autrichien. On nous conduit au premier étage, dans une pièce donnant sur le côté. La chambre est vieillotte mais acceptable : nous nous installons car après tout c’est juste pour quelques nuits, pas pour se marier avec la logeuse ! Bon tout de même, on commence déjà un peu à regretter Gerlos, où la chambre était superbe en plus d’avoir une logeuse super sympa et d’être moins chère qu’ici…

Dès 11h30 nous partons à l’assaut des lacs superposés de barrage qui font la réputation de Kaprun. Deux de ces lacs sont accessibles aux visiteurs.

En chemin, nous croisons bien sûr des « free cows », mais également une fête dédiée aux vaches qui se retrouvent, les malheureuses, à devoir parader dans leur pré avec d’encombrantes coiffes sur le crâne !! Ainsi donc, cette tradition survit encore en dehors des cartes postales ! Nous ne nous sommes pas arrêtés pour prendre des photos car le planning était assez serré et l’intérêt somme toute limité.

Après quelques lacets en forêt, nous remarquons un parking à plusieurs étages, qui se cache derrière un rideau d’arbres. Les touristes sont obligés d’y laisser leurs véhicules car les lacs ne sont pas accessibles de cette manière. Assez surpris, nous montons dans le bus dédié à la visite. A cette heure il y a peu de gens. Il nous emmène, à travers d’imposants tunnels creusés dans la roche, jusqu’au plus large funiculaire d’Europe.

Nous y entrons et l’engin commence à gravir une sacrée pente, qui ne cesse de s’accentuer ! Des rails guident la progression, et un gros câble nous tire sans bruit ni à-coups vers le sommet. C’est vraiment impressionnant. Au total il fait 820 m de long, pour un dénivelé de 430 m.

A l’arrivée, un autre bus nous prend en charge. A côté du rétroviseur, une photo illustre la manière dont le bus est monté jusque là : de la même façon que nous !!

De nouveaux tunnels s’enchaînent. Des travaux souterrains ont lieu, aussi certaines zones sont animées par des chantiers. Le premier lac de barrage (Stausee Wasserfallboden), apparaît très vite, il se trouve à environ 1670 m d’altitude. Assez curieusement, il est désert. Le bus n’y fait d’ailleurs pas arrêt et continue sa longue montée entrecoupée de passages dans la montagne. Les tunnels sont à sens unique et leur entrée n’est pas très large, mais l’habitude donne aux conducteurs beaucoup d’aisance.

Nous arrivons au lac supérieur, le Stausee Mooserboden, qui se trouve à un peu plus de 2000 m d’altitude. Il y a beaucoup plus de monde en haut, mais nous n’en souffrons pas car l’espace ne manque pas sur ces gigantesques barrages de béton. Je parle au pluriel car le barrage supérieur est double : il est constitué de deux arcs en béton séparés par un « îlot » rocheux.

La vue est magnifique, chaque centimètre carré de montagne mériterait d’être pris en photo !

C’est splendide avec à l’avant-plan le turquoise de l’eau, même si son niveau n’est pas au plus haut, et à l’arrière plan la majesté des glaciers qui aliment le lac.

L’intermède rocheux peut être franchi de trois manières différentes : par une petite route extérieure, par un souterrain, ou par son sommet. A l’aller nous empruntons le souterrain, qui excite notre curiosité. S’il n’y a en fait rien de spécial à voir, il y règne par contre une fraîcheur très appréciable !

Au bout de la seconde moitié de barrage, nous regardons par curiosité les randonnées proposées mais les temps de parcours nous montrent qu’il ne faut pas y compter (jamais moins de 5-6h si je me souviens bien). Tant pis, nous nous contentons de dix petites minutes de « hors piste » et nous rebroussons chemin.

Nous aurions bien aimé visiter les installations de la centrale hydroélectrique mais cela n’avait pas l’air possible.

Nous passons cette fois-ci par le sommet du Höhenburg, pour profiter de la vue – qui se mérite, car ça grimpe quand même bien, surtout qu’on est le lendemain de la veille !!

Toujours depuis le sommet, la vue de l’autre côté :

Les bus qui redescendent sont bondés, on se demande un peu comment indiquer au chauffeur notre souhait de s’arrêter au second barrage car cela ne semble décidément pas prévu au programme. Le barrage inférieur se trouvant juste avant l’entrée un très long tunnel, c’est assez « tendu » car s’il s’y engage, c’est perdu. Nous quittons nos sièges peu avant, mais le chauffeur ne semble pas parler un seul mot d’anglais donc à la guerre comme à la guerre, AàG lui lance un « HALT ! » qui produit le saisissement général en plus de l’effet désiré ^^


Le lac inférieur vu du haut

Il n’y a pas un chat sur ce barrage (ce qui est bien dommage soit dit en passant), il n’est en fait pas aménagé pour le tourisme. Tant mieux !


Le barrage supérieur vu du bas, et un zoom ci-dessous

Nous prenons tout notre temps pour le parcourir en entier. La technologie (enfin, c’est un bien grand mot) du « trop-plein » est différente de celle utilisée pour le lac supérieur.

En hauteur se trouve une galerie souterraine grillagée, d’où sort une belle cascade. Notre curiosité est mise à mal car impossible d’aller voir ce dont il s’agit !

Nous pourrions attendre qu’un bus passe et lui faire signe en espérant qu’il parvienne à s’arrêter avant d’entrer dans le tunnel, mais nous choisissons d’emprunter le petit sentier aérien qui longe la montagne.

Une fois la plate-forme du funiculaire rejointe, il nous faut attendre l’arrivée d’un bus. Durant ce temps, nous voyons un véhicule de chantier qui monte jusqu’à nous par le funi, c’est assez comique ! Il y a une route qui atterrit dessus plus bas, mais elle ne doit être utilisée que pour les bus (qui « dépasseraient » des installations à l’arrivée).

Comme le site ferme ses portes à 17h, il nous reste un peu de temps avant le souper. Nous nous trouvons un banc au bord de la rivière pour écrire des cartes postales (et le compte-rendu bien sûr !). Le soleil disparaît, l’air commence à se rafraîchir, il est temps de quitter la place pour une périlleuse mission, j’ai nommé : remplir nos estomacs.

Les restaurants sont tellement chers (ou peu avenants) qu’après avoir parcouru tout ceux du centre ville, on se retrouve devant une pizza et un spaghetti… dans une drôle de décoration, ambiance simili-mexicaine avec des murs roses !

De retour à la pension, une bonne nuit de repos ne fera pas mal. A Gerlos les volets en bois étaient fictifs, ici ils sont réels mais trop grands pour la fenêtre donc ils ne ferment pas ! Nous nous rendons compte qu’encore une fois nous sommes la seule chambre occupée. Parfait, ça va être calme ? Tu parles ! Un gosse crie non-stop dans les escaliers et les couloirs du rez-de-chaussée depuis 20h30. A 21h30 je descends en chemise de nuit jusqu’à la porte de la logeuse, qui est grande ouverte. De mon ton le plus aimable (celui où on peut entendre des petites fleurs dedans) je lui signifie, en articulant bien, que « we would like to sleep ». Elle commence à me dire que sa maman n’est pas là et patati patata. Ce n’est pas mon problème et je n’ai pas envie de rentrer dans son jeu (de ce fait je me retiens de lui dire que, parents absents ou pas, à son âge, il devrait dormir depuis longtemps), je lui demande d’au moins fermer la porte, ce qu’elle fait.

Malgré cela, on l’entend encore jusqu’aux environs de 22h. En pleine nuit, des germanophones complètement ivres passent dans la rue en chantant à tue-tête. Leur pitoyable cinéma sonore dure un bon bout de temps, j’ai du mal à me rendormir par la suite. Et à 7h20, le gosse recommence. Alors un conseil d’ami, ne logez pas à la pension Häuslhof !!! (et pis vous n’avez pas encore eu droit au récit du petit déjeuner… la cerise sur le gâteau !!)

Samedi 09 septembre 2006 – Changement de programme

Les paris sont ouverts : aurons-nous encore un petit pain au pavot de plus ce matin pour déjeuner ? Bingo ! Et voyant qu’encore une fois nous les avons tous achevés, notre logeuse nous précise qu’elle peut nous en apporter d’autres si nous le désirons… (Non mais contrairement aux apparences, nous ne sommes pas des ogres, hein !!) Nos discussions avec elle se prolongent chaque matin davantage, nous échangeons nos points de vue sur des sujets très variés, depuis les randonnées jusqu’à la vie quotidienne des tyroliens sans oublier les élections politiques qui approchent ou encore les relations entre l’Autriche et le Tibet !

Nous comptions faire le circuit dit des trois lacs (drei seen) dans le massif du GrossVenediger. Seulement, impossible de trouver des informations dessus auprès des centres touristiques locaux, et notre carte IGN ne couvre pas cette zone. Nous nous rendrons compte que c’est beaucoup plus loin que nous le pensions… du coup nous improvisons et dès que nous voyons une vallée qui semble sympathique (ce n’est pas ce qui manque), nous nous y engageons. Il s’agit du village d’Hollersbach.


La vache décapitée

Un plan schématique nous montre les départs de promenades, malheureusement il n’y a pas d’échelle et peu d’altitudes sont indiquées. Nous choisissons au hasard, d’après les temps de parcours estimés, la Edelweiß Hütte comme première destination – et si possible les cascades tout au fond de la vallée. Deux chemins mènent au refuge, nous voudrions prendre celui qui longe la rivière.

Un large sentier carrossable monte vers un étang de retenue et continue dans la forêt. Son ombre nous permet d’avancer à un bon rythme (je m’étonne moi-même !) mais les parties ensoleillées sont épouvantables. Nous ferons le mauvais choix à un croisement : un sentier descend, cela nous semble suspect, nous continuons celui qui monte… Du coup nous ne longerons pas le torrent à l’aller, ouin.

Après une longue ascension, nous entamons à présent la descente. La forêt est monotone mais nous la quittons à regret car le soleil nous cuit littéralement. AàG fait un essai pieds nus pour éviter le bain de jus de chaussettes mais ce n’est pas très concluant à cause de tous les petits cailloux. A la moindre cabane, au moindre arbre, nous nous arrêtons dans la miette d’ombre disponible…

Nous appellerons cette vallée « la vallée du désastre » car partout des grands pans de forêt se font décimer. Ces immenses zones éventrées dans la montagne font peine à voir… Des stocks impressionnants de troncs attendent le camion qui viendra les chercher. Les bords de la rivière sont complètement chamboulés à cause de ça, ils manipulent les berges comme ça les arrange pour leur industrie de coupe de bois… Je n’avais jamais vu de « téléphérique » à troncs d’arbre auparavant.

Nous pique-niquons au bord de l’eau, manifestement un endroit très passant… pour les vaches ! Il faut dire que le choix de l’emplacement est très restreint puisque conditionné par la présence de l’ombre protectrice.

Nous suivons notre route, égayée par quelques fermes clairsemées, et nous arrivons enfin à la Edelweiß Hütte.


Le vis-à-vis de la Edelweiss Hütte

Nous n’y ferons pas d’arrêt, il est encore suffisamment tôt pour espérer arriver au bout de la vallée où il y avait une sorte de lac d’après le plan sommaire. Disons que ce n’était pas très clair, alors autant aller y voir nous-mêmes !

C’est long, long, long… le soleil nous brûle, nous aveugle, nous déshydrate. La randonnée plaisante se transforme petit à petit en enfer. A ce sommet-là, je te dis qu’on verra le lac. Ah tiens, non. Bon, après cet arbre tout là-bas alors. Non plus. Bon, disons après ce lacet-là. Toujours pas.

Il y a de plus en plus de camionnettes qui passent (transport de gens et de matériel) en nous laissant une merveilleuse odeur de gaz d’échappement, sans oublier toute la poussière qu’elles soulèvent. Aller en montagne pour se faire emmerder par des camionnettes, non mais franchement !!

Nous croisons un randonneur qui revient du bout de la vallée, il nous dit que dans 1/4h nous serons au « lac » mais qu’il est en fait tout petit. Et les cascades sont à une demi-heure du lac. C’est une bonne nouvelle car nous n’en pouvons plus.

Quand nous y arrivons, fou rire nerveux, le lac est quasi à sec et ressemble plus à un marécage qu’autre chose. Tout ça pour ça, ben dis donc, j’espère que les cascades seront mieux.

Nous poursuivons le chemin pendant un moment, puis nous abandonnerons. Nous voyons les cascades de là où nous sommes, nous ne les verrons pas mieux en allant jusqu’au bout du chemin, en plus elles sont en contre-jour. Aucun intérêt, et il se fait tard quand on pense à la longueur du trajet qu’il nous faut refaire…

Le paysage n’est ponctué que par les tâches de couleurs des vaches. La chaleur n’a pas abandonné la bataille et c’est avec soulagement que nous observons l’ombre qui progressivement envahit la vallée. Quel bonheur lorsque nous atteignons une portion de route ombragée !!

Nous empruntons le sentier qui longe le torrent pour fuir le défilé de camionnettes qui se poursuit. Enfin un véritable sentier de randonnée, qui n’est pas plus large que nos deux pieds et serpente agréablement le long de l’eau ! C’est en fait la partie la plus intéressante de la promenade que nous ferons là, malheureusement au pas de course car l’ombre progresse plus vite que nous. Donc pas de photo.

Naïvement on espérait que le chemin de la rivière serait plus plat, mais le fond de la vallée devient parfois tellement encaissé que le sentier doit s’échapper en hauteur pour redescendre ensuite flirter avec l’eau, un vrai yoyo. La fatigue me fait trébucher. Qu’est-ce que c’est long, je ne parviendrai jamais à rejoindre cette putain de voiture avant la nuit… Surtout ne pas s’arrêter, sinon je n’arriverai plus à repartir. Si je me couche là, en travers du sentier, je m’endors. (Dis, tu crois qu’on est encore sur la bonne route ?)

La galère se termine enfin, nous reconnaissons l’embranchement de ce matin puis finalement l’étang du départ. Il était temps nous sommes exténués. Nous partons manger à Wald. Les pieds douloureux, nous avons peine à marcher jusqu’au restaurant !! Pour se consoler du repas très moyen qu’on nous a servi, nous achevons la soirée par un dessert au Jägerhof de Gerlos.

D’après la carte que nous consulterons le lendemain, la randonnée d’aujourd’hui faisait 800m de dénivelé mais surtout… 28km !!

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