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Forcella de Medesc (Fanes)

C’est notre dernière journée dans la région de Badia / La Villa. Nous allons monter au milieu des deux montagnes visibles depuis notre logement (voir photo ci-dessous), au col noté sur notre carte Forcela de Medesc (alt. 2533m). Nous rejoindrons ainsi le parc naturel de Fanes par l’autre côté que Pederü.

Les routes étant fermées à la circulation, cette randonnée commence sur les hauteurs du village Rüdefëria, au milieu des prairies. La dénivelée pour arriver au col sera en gros de 1000m. Ca n’en a pas du tout l’air, comme ça !

La première partie commence agréablement par de la forêt, on est seul. C’est dimanche, il est encore tôt, tout est calme. Tout ? Non, il y a quelques Gauloises Italiennes qui résistent… une mère et sa fille discutent en criant car elles progressent à quelques dizaines de mètres l’une de l’autre (on les a entendues bien avant de les voir), sans oublier qu’elles ont des coups de fil hyper importants à passer avec des interlocuteurs ayant la pile de leur sonotone manifestement à plat – quel malheur que les ondes gsm arrivent jusqu’ici. On ne risque pas de voir même l’ombre d’un oiseau.

A un moment je n’y tiens plus, même si je ne sais pas parler italien je me lance et lui dis gentiment : per favore, parla più piano… Elle commence par répondre qu’on doit faire demi-tour, sans doute a-t-elle cru que je lui demandais le chemin de San Cassiano. Quand elle comprend ce que je lui ai vraiment demandé, elle se tait brusquement, se retourne et continue sa route à grandes enjambées. Désolée si je t’ai vexée demoiselle, mais ton niveau sonore était vraiment insupportable 😐

Tout en cheminant, nous devisons sur les hôpitaux italiens qui doivent sans nul doute donner une tape sur les oreilles – et non sur les fesses – des nouveaux-nés, ce qui explique les nombreux problèmes auditifs que présente la population par la suite. :mrgreen:

Le sentier n°12 débouche sur un large torrent à sec. Des cairns et des balisages rouge & blanc permettent de ne pas perdre son chemin dans cet immense lit de pierres blanches.

A partir d’ici les choses sérieuses commencent, au niveau des pentes. Voici la première partie de la montée, dont le début zigzague dans la fin de la végétation – la photo a été prise au retour :

Et voici ci-dessous la seconde partie de la montée, bien pire car le sentier de randonnée est davantage pentu et n’est plus que cailloux qui roulent. J’en ai bien bavé, l’impression de courir dans du sable sous un soleil brûlant. Ca me ralentit tellement qu’un grand groupe de randonneurs nous rejoint.

Sur la fin, on ne sait plus trop où est le passage, s’il y en a un. On se retrouve dans des pentes raides à utiliser ses mains autant que ses pieds. Quelqu’un parvenu au sommet essaie de guider quelques jeunes qui sont dans une mauvaise passe « No, follow your yellow friend ! » Euh, yellow je veux bien mais je suis pas leur friend hein ! 😆

L’arrivée au sommet, enfin ! Qu’est-ce que mes mollets tirent !

La plupart des autres randonneurs poursuivent vers le Piz Lavarella (alt. 3055m). On est un peu inquiet pour certains qui ne semblaient pas avoir le niveau ni la préparation nécessaire pour un trois mille…

Nous voici donc à nouveau sur le plateau de Fanes, sur le même sentier n°12, mais emprunté dans l’autre sens…

Toujours aussi minéral et désolé, mais avec une ambiance nettement différente sous le soleil. Nous le préférions sous un ciel d’orage.

Nous pique-niquons à la croisée des chemins. On hésite sur la voie à suivre : soit continuer le sentier 12 jusqu’au à l’endroit où nous nous étions interrompus la fois passée, soit suivre le 12B « Ju dla Crusc ». L’idéal serait d’aller jusque là et ensuite de reprendre le 7 puis le 12 pour faire une boucle mais cela semble trop long pour être réalisable.

Il y a également un sentier qui redescend directement depuis Ju dla Crusc, mais il y a une partie indiquée comme via ferrata sur notre carte. Par ailleurs, ce chemin ne rattrape pas notre route à l’étage inférieur à moins d’un très long détour. A nouveau irréalisable.

On commencera tout de même par le sentier 12B vers Ju dla Crusc mais c’est ça passe dans des rochers tout du long, ça devient rapidement mauvais au niveau de mes chevilles… donc à un moment on redescend à travers tout pour rattraper le n°12.

Ca descend puis ça serpente au milieu de nulle part, au fond de la cuvette minérale de Fanes.

Une petite pause paresseuse (une fois n’est pas coutume) pour faire ses griffes sur les rochers ensoleillés…

De temps en temps on entend des blocs qui tombent. Difficile de les détecter du regard par contre, les cailloux c’est pas ce qui manque :

On est presque surpris de tomber sur une zone herbeuse ! Du vert, ici ?

Je ne suis pas très motivée à continuer la balade dans ces landes de pierres, et AàG regrette le climat pluvieux qui donnait son charme aux lieux à notre précédente visite. Nous demi-tourisons donc et remontons au col.

J’angoisse d’avance en pensant à la descente qui nous attend… Et effectivement mes fesses s’en souviennent ! C’est là que je regrette mes moqueries sur les bâtons de marche et que j’assommerais bien un(e) touriste pour lui piquer les siens 😆

Le plus dur est derrière nous, en fait c’était moins pire que prévu, faut avouer. Le sol est à nouveau solide sous nos pieds et nous discernons déjà en bas le serpent de la rivière à sec.

Nous repassons la rivière et retrouvons les arbres. Il fait encore plus chaud à cette altitude (vers 2000m), nous recherchons l’ombre.

Comme nous avons encore du temps devant nous, nous quittons le sentier 12 pour prendre la variante 12A : un chemin plus ou moins de niveau qui va nous faire longer le pied du Sas dla Crusc (c’est-à-dire Sass del Croce… c’est pas évident une carte en ladin !).

On a du mal à imaginer que le sentier 7 descendant de Ju dla Crusc est quelque part au milieu de cette barre rocheuse :

A nouveau le point info tatoué sur mon front fonctionne, et nous renseignons deux ados se croyant sur le chemin de San Cassiano. Je ne sais d’ailleurs pas comment ils ont fait pour se tromper, les panneaux en bois sont très explicites.

Nous arrivons à l’embranchement avec le sentier 15, qui va nous ramener gentiment vers notre n°12 attitré à travers une zone nommée « Pra de Medesc » sur notre carte.

Les zones humides sont aménagées avec de petites passerelles en rondins de bois, à peine surélevées. C’est pratique et cela a un certain charme.

La fin du sentier, dans les bois, redevient plus pentue. Nous parvenons à la croix qui marque les dernières centaines de mètres du n°15.

Et dire que nous étions là-haut…

AàG me met au défi de parvenir à photographier l’herbe. La couleur verte parsemée de fleurs est magnifique, et la « texture » est difficile à rendre mais… le résultat n’est déjà pas si mal, je trouve 😉

On est quand même bien fatigués en arrivant à la voiture. J’hallucine de voir que mes jambes, exposées une douzaine de minutes au soleil lors de notre pause là-haut, ont pris un coup de soleil !

Le fameux rosissement des montagnes avec le soleil couchant :

Passo Gardena : forcella Cier et forcella de Crespeina

Ce matin, en route vers Corvara ! Le but est d’atteindre Passo Gardena (alt. 2121m) alias Grödner Joch en allemand ou encore Jëuf de Frea en ladin. Ce n’est pas très loin de notre chambre d’hôtes à La Villa / Stern / La Ila – c’est un peu contraignant les régions trilingues 🙂

En ce premier samedi de septembre, le col est complètement embouteillé, nous roulons au pas ! Serait-ce la proximité du très touristique Val Gardena qui engendre tant de files ? Une fois parvenus laborieusement au sommet, c’est pour se retrouver dans un chaos de manœuvres et de parkings (payants bien sûr).

Nous fuyons les voitures et les bus, et commençons à descendre l’autre versant. Quelques lacets plus loin, une place nous tend les bras sur le bord de la route. Rien n’interdit le stationnement, c’est gratuit et c’est désert : parfait ! Seul bémol : AàG se rend compte qu’il a oublié son appareil photo au logement…

Un sentier permet de court-circuiter le large chemin non revêtu qui mène à l’auberge au pied du Gran Cier. Comme un téléphérique y mène également depuis Colfosco, il y a beaucoup de monde. On espère que la foule va se disperser parmi les différents GR, et que la suite sera plus « aérée »…

La montée au forcella Cier (Danter les Pizes, alt. 2469m) est pénible. C’est en file indienne, on est serré comme dans un couloir de métro, les gens sont chiants bruyants et le moindre rocher ou buisson est parsemé, ô joies de la nature, de PQ.

C’est une constante ici, et cela nous fait ironiser au sujet du nombre faramineux de toilettes indiquées sur les autoroutes allemandes… :mrgreen:

Dans les zones d’ombre, il reste encore de la neige tombée cette nuit.
Derrière le col de Cier, une grande vallée verte s’ouvre devant nous.

Je demande à AàG si c’est bien le sentier n°12 pour nous, il grogne un acquiescement (la foule le rend ours, c’est ainsi – pardon Moukmouk). Ca tombe bien, il n’y a quasi personne qui s’engage dedans !

Je suis, moi aussi, un peu ourse ce matin. Je dévale les pentes avec ardeur, pressée de me retrouver seule et de me refaire une sérénité.

Après une demi-heure à ce rythme soutenu, on a déjà avalé un bon dénivelée (je sais que c’est un nom féminin, mais… je bloque !). AàG me rejoint et m’annonce : ça descend beaucoup trop, c’est de la forêt devant nous et une ville au loin, c’est pas normal. Il sort la carte de son sac et on l’examine.

Sur notre carte, il y avait l’autre partie du sentier n°12 qui continuait tout droit. Mais sur les panneaux, il ne s’appelait pas 12 ! Il était fléché comme étant le sentier n°2. C’est celui que la foule empruntait, il restait à peu près de niveau avant de rejoindre un autre col. Et merde…

Après 1h de remontée, nous sommes à peu près revenus au point de départ. Sur la fin, un raccourci nous permet de couper pour ne faire qu’un côté du triangle. On pique-nique là, dans le vent froid, avant de s’attaquer à la brève mais pentue montée au 2ème col : forcella de Crespeina (alt. 2528m).

En fait on aurait dû venir directement du sentier de gauche, en bas des marches :

On pourrait descendre directement sur le plateau, l’altipiano de Crespe, et voir le lac de Crespeina (alt. 2374m). C’est l’Alta Via Dolomiti, le fameux sentier 2.

On préfère prendre la variante, qui part à niveau et nous fait rejoindre les crêtes, via Sas Ciampac (alt. 2672m) et on passe ensuite au large de Sas Ciampei (alt. 2654m).

On retrouve un paysage un peu similaire au plateau de Fanes.
Cet espèce de « volcan », ci-dessous, nous a intrigués.

Sur ces pentes caillouteuses exposées au soleil, la température est parfois élevée. Je décide de mettre en pratique une méthode de refroidissement crânien radicale et innovante.

Effet secondaire appréciable : sachez que mettre de la neige sur votre tête, ça fait rire un AàG. Bon, il a moins ri quand c’était sur la sienne après :mrgreen:

Notre chemin nous offre une vue plongeante sur le Lech de Crespeina, qui a un niveau assez bas – comme tous les lacs que nous avons vus jusqu’ici dans les Dolomites.

Ce qui est bien, avec notre heure et demie de délai involontaire, c’est que nous ne sommes plus dans la vague de randonneurs. On en croise par-ci par-là quelques uns, bien sûr, mais de manière tout à fait supportable. Non nous ne sommes pas complètement asociaux 😉

Depuis Sas Ciampac, nous avons un beau point de vue sur la vallée et notamment la ville de Colfosco. Ce n’est d’ailleurs pas que visuel mais aussi auditif : on a droit du Dire Straits à fond de balle !! 😆

Ca vient d’une des maisons en contre-bas et le son nous parvient comme si c’était à côté. La magie de l’acoustique…

On ne se lasse pas du panorama, je mitraille au niveau photos… ‘scusez-moi, c’est compulsif ^^

Ce cairn est, si mes souvenirs sont bons, au sommet du Sas Ciampac…

Continuons à tourner…

Et hop, finissons le 360° en retournant sur Colfosco :

Le chemin se poursuit de manière moins évidente, car au milieu d’un chaos de roches fragmentées. Heureusement les balises sont bien marquées à intervalles réguliers. Je ne me tordrai même pas les chevilles, admirez la performance !

Les photos suivantes se passent de commentaires ♥ (oui je mets des piti cœurs sur mon blog si je veux, d’abord).

Les roches prennent une teinte rouge orange, vers le Sas Ciampei. Un peu de fer ?

Le sentier oblique au fur et à mesure pour rejoindre le n°2, mais c’est très long. On finit d’ailleurs par couper la pointe du fuseau.

Nous voilà enfin revenus sur l’Alta Via Dolomiti, il n’y a plus qu’à finir cette longue boucle à présent. Avec ça et le petit « divertissement » de ce matin, je commence à sentir la fatigue poindre le bout de son nez.

L’Alta Via ne va pas au lac, mais se contente de passer au loin. AàG ira jusqu’à l’eau, moi j’en profite pour poser les fesses sur un caillou et enlever mes chaussures… rah c’que ça fait du bien d’avoir les petons à l’air !!

L’après-midi est fort avancée, ne passent plus que des randonneurs chargés de gros sac à dos, qui dormiront cette nuit à un refuge visible au loin (probablement Utia Puez).

Après un instant de frayeur (où est passé Charlie AàG ?), on remonte le forcella Crespeina puis le forcella Cier. Là nous attend toute la longue descente jusqu’à l’auberge, fermée à cette heure. Reste à rejoindre la route, puis la voiture. Je finis en miettes.

On soupe à Corvara, les pizze étaient bonnes mais la compagnie un peu moins : à la table voisine un enfant joue avec un jeu électronique très sonore, le genre de jingle répétitif tapant sur les nerfs.

Cette pizzeria est manifestement réputée car lorsque nous sortons de là il y a file dehors. J’ai les dents qui claquent et les muscles qui rouspètent, heureusement nous ne sommes pas garés loin… Je ferai d’étranges rêves cette nuit-là.

19 septembre 2008 – Château de Fénis, fort de Bard et ruines de Monjovet

Ce matin il pleut à verse. On va chercher de quoi faire le petit-déjeuner et le pique-nique dans une épicerie plus haut dans le village, et au retour je nous ferai une belle frayeur dans un lacet : la route est tellement lisse que je fais un petit aquaplannage… heureusement personne ne venait en face.

Vu la météo, nous faisons une journée « culture » (si l’on peut dire). Nous partons tout d’abord visiter le château de Fénis. Aux abords du parking se trouve cette eau canalisée, avec un beau courant.

Tout comme au château de Sarriod de la Tour, nous ne sommes que quatre touristes pour la visite – obligatoirement – guidée…

Et tout comme au château de Sarriod de la Tour, le tour est « chronométré ». Nous avons droit à pile une demi-heure, soit… le temps d’entrevoir les pièces que nous traversons ! Ok j’exagère, mais ça laisse vraiment un goût de trop peu.

Ce château médiéval n’est pas bâti sur un nid d’aigle mais au sommet d’une douce pente herbeuse. Pour le côté défensif, on repassera !

Il possède plusieurs tours rondes et carrées, et ses remparts crénelés sont magnifiques. En voici une vue aérienne pour mieux comprendre son architecture.

La famille De Challant a vu sa fortune décroître et, de ventes en héritages, ce superbe château a fini par ne plus avoir le minimum d’entretien requis et a même été jusqu’à servir de… ferme. Imaginer le bétail piétinant les précieux planchers est ahurissant.

C’était une ruine quand l’état italien l’a racheté fin 19ème siècle : planchers et plafonds effondrés ou en voie de l’être, les toits n’en parlons pas, quant aux murs d’enceinte et à la tour d’entrée, ils étaient déjà en partie écroulés…

La restauration fut longue. Ce lieu abrite aujourd’hui le musée des meubles valdôtains à travers les époques.

Le temps étant pourri, les photos le sont aussi.

Les photos à l’intérieur n’étaient malheureusement pas autorisées. Il y a une cour intérieure (cortile interno) bordée d’une galerie couverte au premier étage à laquelle on accède par un majestueux escalier (ici en plus grand et moins net). Sur chaque mur de la galerie sont peints des sages et des philosophes. Et voici la vue qu’on a depuis l’escalier.

Cette tourelle dépassant des remparts est le pigeonnier.

L’historique complet du château est disponible sur ce site (en français).

Nous pique-niquons à la faveur d’une large éclaircie dans un espace de jeux et de verdure proche du parking. Ensuite, direction le fort de Bard (forte di Bard) qui fait sa pub tellement partout que je croyais qu’il était bien plus proche !

Cet imposant fort du 19e siècle abrite en son sommet un vaste et tout récent Musée des Alpes. On y monte par le biais de trois ascenseurs à vue panoramique.

Il fait un peu brumeux et le temps n’est guère propice aux photos, nous commençons donc par la visite des nombreuses salles du musée. Il était assez complet et intéressant, nous avons seulement déploré le nombre faramineux d’écrans ainsi que le niveau sonore des animations qui nous a fait ressortir de là avec un certain mal de tête.

Les entrées de chaque bâtiment sont assez majestueuses. Dans les anciennes écuries avait lieu une exposition de peintures mais nous étions un peu saturés après le musée, nous avons préféré rester au grand air et aller à la découverte du fort.


Vue imprenable sur le bourg et la vallée

C’est à peu près vers ce moment-là que nous nous rendons compte que la visite des différents niveaux du fort est libre, le ticket d’entrée ne concernait que le musée. Ce n’était pas très clairement présenté.

Mis à part une petite galerie avec quelques commerces, il n’y a pas grand chose. D’autres sections muséales sont présentes mais nous n’y avons pas accès (elles sont en cours d’aménagement je pense).

Ce tunnel souterrain, ou plutôt couvert, servait à relier les différents étages du fort sans mouvement visible de l’extérieur. Malheureusement nous n’avons pas pu y aller car il était fermé par une grille. On peut distinguer ce tunnel sur la toute première photo du fort, sur la gauche.

Nous profitons de l’architecture, puisqu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. C’est dommage d’avoir à ce point gommé l’aspect militaire, l’usage premier de ces lieux.

Nous descendons petit à petit, le village se rapproche.

Nous voici arrivés aux portes du bas :

Parmi ces maisons, une seule a opté pour l’ardoise espagnole, saurez-vous trouver laquelle ? 😛
(NB : je plaisante, ceci n’est pas de l’ardoise bien sûr)

Le vieux village est très intéressant, peut-être plus que les fortifications… Les maisons sont bien plus anciennes que le fort (rasé et reconstruit dans sa version actuelle au XIXème).

Régulièrement, des panneaux explicatifs attirent notre attention sur tel ou tel détail remarquable.

Ceci achève la visite de Bard. Nous sommes en milieu d’après-midi, il nous reste encore le temps de découvrir les environs. Après examen de la carte, nous repérons les ruines du château de Saint-Germain (Monjovet).

En voici le plan pour ne pas vous perdre :

Un panneau touristique nous renseigne : Au Moyen-Age, les châteaux de St-Germain et de Chenal furent construits sur les hauteurs qui dominaient respectivement le défilé de la Doire Baltée et l’ancienne route principale : ils permettaient de contrôler la circulation et de prélever les péages.

Les vicissitudes de l’histoire des familles nobles et les changements de propriétaires firent que la Maison de Savoie en vint à contrôler tout d’abord le château de Chenal puis, à partir de 1295, celui de Saint-Germain, sous le prétexte que les seigneurs locaux maltraitaient les voyageurs et exigeaient d’eux le paiement de sommes abusives.

Au XIVe siècle, les deux châteaux furent donnés en fief à la famille de Challant. Le château de Saint-Germain resta en sa possession jusqu’en 1438, lorsque François de Challant le vendit à la Maison de Savoie, qui en fit une forteresse et y installa une garnison jusqu’en 1661, date à laquelle Charles-Emmanuel II fit démanteler l’ouvrage.

Aujourd’hui, l’on peut encore reconnaître, à l’intérieur de la double enceinte, le corps de logis de la garnison et l’habitation destinée au gouverneur de la forteresse, ainsi qu’une citerne.


La place réservée aux gentes dames pour qu’elles aient de la lumière pour leurs travaux d’aiguille et autres ouvrages.

La tour carrée fut vraisemblablement érigée sur un construction qui existait déjà au XIe siècle.

Les grands bastions de la place centrale et les structures destinées à l’installation d’armes à feu remontent quant à elles à la première moitié du XVIe siècle.

Au pied du rocher s’élève l’église paroissiale de St-Germain, avec son portique construit en 1879 que soutiennent deux colonnes de pierre. Le clocher du XVe siècle, qui constitue la partie la plus ancienne de la construction, se dresse du côté Sud. L’église actuelle remonte à la fin du XVIIe siècle et a été consacrée en 1704.

Aujourd’hui le château achève paisiblement son existence.

La végétation prend timidement d’assaut les hautes murailles de pierre.

D’ailleurs certains endroits étaient inaccessibles à cause des épineux.

La grande tour carrée était assez impressionnante, de l’extérieur comme de l’intérieur…

…de même que la vue sur la vallée !

Certains détails de construction (linteaux, appareillements, etc.) étaient remarquables.

Nous avons beaucoup aimé nous promener sur ce site désert, si paisible sous le soleil de cette fin d’après-midi.

Je me demande toujours s’il vaut mieux que de tels lieux croulent tranquillement et poétiquement…

…ou si une perfusion ne serait pas souhaitable. Ne pas restaurer « à la Fénis » mais empêcher des effondrements supplémentaires.

Cela permettrait au moins de le rouvrir aux visites. De ne pas tourner la page complètement sur la riche histoire de ces lieux.

Garder une fenêtre sur le passé.

Sans nul doute ce fut ma visite préférée de la journée.

18 septembre 2008 – La vallée du bout du monde

La nuit chez Sergio Laffranc ne fut pas terrible. On n’avait pas remarqué lors de notre court passage pour déposer les bagages qu’en plus d’être minuscule et vieillot, ce n’était pas des plus propres… sans parler de la salle de bain où c’est tout juste si on a osé se doucher.

Le petit déjeuner est servi par la même dame que la veille, dans une salle qui pue la cigarette. La logeuse est prise de quintes de toux impressionnantes – juste au-dessus des casseroles chauffant l’eau et le lait, miam. De toute façon le café est imbuvable et le reste est à l’avenant. Je lui dis qu’on s’en va et que je vais lui régler le prix de cette nuit. On avait dit au départ qu’on resterait probablement quatre nuits, mais elle n’a pas eu l’air surprise de notre départ anticipé et n’a posé aucune question !

On examine la liste des autres logements à Aymavilles, le choix commence à être restreint. On décide d’aller voir une chambre d’hôte en plein centre ville (frazione Chef-lieu) : le Clair de Lune. Nous y allons à pied et nous voyons passer en voiture un des serveurs de La Pinèta, qui nous reconnaît et nous fait signe 🙂
On passe sous une charmante voûte et la maison se situe en retrait de la route, au calme, ce qui apaise nos craintes. Le logement s’accède par une petite porte latérale. La chambre est assez basse de plafond mais grande et propre. Notre logeuse est Angela Luna, elle est très sympathique. Nous négocions un peu le prix et posons nos valises. On voit qu’Angela aime beaucoup l’art de la décoration car où que l’on tourne son regard on découvre de nouvelles choses, même après plusieurs jours ! (aperçu photographique du côté le moins décoré tout en bas ^^ )

Il est temps de partir pour la vallée du bout du monde, que nous avait conseillée Michelino devant notre déception de n’avoir pas encore vu de bouquetins mâles ! Et effectivement, on n’est même pas encore tout à fait à destination que soudain je ralentis. En contrebas, près de la rivière, un vieux bouquetin des Alpes prend son petit déjeuner (le 2ème sans doute, car il est 9h :mrgreen: ), peinard juste à côté des jardins (si pas dans un jardin !) Une voiture arrive derrière nous et le monsieur sort également son appareil photo ^^

Nous trouvons le chemin et commençons l’ascension dans la forêt. Le coin est riche en faune, ainsi que nous l’avait dit Michelino, car là aussi on fera rapidement des rencontres : principalement des chamois mais aussi des volatiles (un grimpereau et une mésange huppée floue en arrière plan).

Vu le maigre petit-déjeuner de ce matin, nous pique-niquons bien avant midi, près de l’arbre aux oiseaux. La montée continue ensuite paisiblement, et les arbres se clairsèment au fur et à mesure.

Après cette petite chapelle et le refuge ci-dessous, la vallée suspendue s’ouvre et le chemin ne monte plus beaucoup. Nous avons dû faire quelque chose comme 800m de dénivelée depuis la voiture.

Nous ne croiserons qu’un seul humain de toute la journée, et encore je me demande si ce n’était pas le monsieur qui tient le refuge…

Les marmottes sont très timides mais on les comprend ! Il y a manifestement des carnivores dans le coin.

Nous suivons la rivière et voyons dans la vallée des petits points. Des troupeaux de petits points. Des troupeaux qui bougent !

Ils ne sont pas en formation compacte, ils sont détendus et broutent tranquillou. On a beaucoup de mal à traverser la rivière « à sec » pour pouvoir les rejoindre, les pierres sont soit trop distantes, soit trop glissantes, soit trop instables, soit les trois à la fois !

On ne sait plus où donner de la tête, on essaie de les approcher le plus possible sans se faire remarquer mais ces satanées marmottes donnent l’alarme :mrgreen:

Les troupeaux sont mixtes. Chamois et bouquetins, ces derniers en nombre plus restreint. Leurs cornes sont impressionnantes. Chez un adulte elles peuvent atteindre 1m et peser jusqu’à 3 kg chacune ! Et malgré cet handicap pour son équilibre, il peut se déplacer rapidement et avec agilité quand il y a nécessité.

C’est trapu comme bestiole ! Leur joli piercing à l’oreille permet de les identifier et de suivre leurs mouvements dans les vallées.

Il y a facilement trois ou quatre bouquetins, on est tellement heureux de les voir qu’on les mitraille ^^
Dixit AàG : « Regarde, ils sont tellement gras et musclés qu’on voit leurs veines comme Arnold Schwarzenegger ! » 😆

Tout au bout de la vallée se trouvent les ruines de quelques maisons d’altitude. Là encore, nous trouvons des morceaux de squelettes éparpillés… le tout bien nettoyé !

Le toit de pierres est encore en bon état, mais ce n’est pas le cas de tout le bâtiment…

Un bouquetin que nous n’avions pas encore remarqué se prélasse dans la caillasse.

Il ne bouge pas et nous observe, flegmatique, manifestement pas trop inquiet. Mais à un moment, nous avons tout de même dû franchir une ligne rouge invisible car il s’est levé et s’est éloigné avec lenteur et dignité.

Petit à petit nous revenons au début de la vallée, de l’autre côté de la rivière.

Les chamois sont contents de notre départ, ils sont plus anxieux et plus vifs.

Nous aurons quelques difficultés à retraverser la rivière (zones un peu marécageuses) mais rien de bien méchant.

Nous repassons le refuge, puis la chapelle…

Tout au long de la descente, nous croiserons encore beaucoup de chamois. Comme le sentier serpente et que nous sommes relativement silencieux, nous nous retrouvons plusieurs fois à une dizaine de mètres seulement de distance… Sur la plupart des photos, ils ont encore des brins d’herbe qui dépassent de leur gueule ^^

Je n’avais jamais entendu le cri du chamois, mais là, du fait de les « surprendre » ainsi, on y a eu droit plusieurs fois !! Tellement ils étaient outrés de notre « invasion » sur leur territoire ! C’est très surprenant, je n’aurais jamais cru qu’ils émettaient un son pareil. Cela ressemble vaguement à un feulement de chat mais en plus « chuinté ». Un peu comme un sifflet !

Sur la route, nous avons été piégés par un panneau « restaurant »… il était en fait situé à plus de 7km de là, au bout d’une route montant vers nulle part… et c’était chiuso, bien sûr. Finalement nous irons manger une simple pizza et hop, retour au Clair de Lune.

17 septembre 2008 – Châtel-Argent et les cascades de Lillaz

Ce matin la logeuse Elena est là, donc on n’a pas droit à la confiture d’abricots maison de la Mamma. Il n’y a même plus de chocolat, snif. De toute façon c’est notre dernier jour à la Casa Buillet. Normalement nous devrions quitter la région pour aller du côté de Breuil-Cervinia… mais le Gran Paradiso agit tel un aimant et nous décidons de passer les derniers jours de nos vacances ici. Seulement nous aimerions trouver un meilleur logement (et surtout un meilleur petit-déjeuner).

Nous partons à Villeneuve sous un beau ciel bleu, nous avons rendez-vous avec le Moyen-Age en personne.
Un large chemin piéton pavé monte aux ruines du château qui siège sur le rocher : Châtel-Argent. Nous allons d’abord voir l’église voisine et son cimetière, où se trouve notamment la tombe d’Emile Chanoux, résistant antifasciste et fervent défenseur de l’identité valdôtaine.

Il est encore tôt et les lieux sont déserts. Le soleil et la tranquillité sont des conditions parfaites pour visiter ce castello.
Au départ il n’y avait qu’une tour aux murs épais. L’aspect actuel du château date des 12ème et 13ème siècles mais il y eut probablement une fortification de cette position stratégique dès l’époque romaine.


Au premier plan, la chapelle Ste Colombe, fermée pour travaux


La porte d’entrée se trouvait en hauteur… plus facile à défendre, mais moins pratique pour les chats 😛

Le nom de « châtel-argent » vient du fait qu’on y battait la monnaie pour la Maison de Savoie.

Remarquez le chemin de ronde pentu, dont les pierres forment un escalier qui suit la pente de la colline et les créneaux des murailles.

La tour fait 9 mètres de diamètre à l’extérieur et 5.5 mètres à l’intérieur. L’épaisseur des murs est donc de 1,75m. Sa hauteur est de 15m.

Le site est pour l’instant en travaux, mais ils semblent être arrêtés. La chapelle Sainte-Colombe est complètement inaccessible avec ses échafaudages.
Nous profitons de l’échelle pour examiner l’intérieur de la tour, qui a bien entendu perdu ses planchers.

Bien que fort abîmées par le temps, les ruines de Châtel-Argent restent impressionnantes. Ci-dessous on distingue encore le chemin de ronde suspendu.

Nous allons poser nos bagages à notre nouveau logement, toujours à Aymavilles. Il s’agit du 14 frazione La Cleyraz, chez Sergio Laffranc. Les prix raisonnables et le coin isolé nous ont attirés. C’est une vieille dame puant le tabac qui nous accueille et nous montre une minuscule chambre vieillotte où le lit tient à peine. La salle de bain est du même acabit. Mais bon, ce n’est que pour dormir, et il n’y a heureusement pas d’odeur de cigarette dans la chambre. On ne va quand même pas passer la journée à chercher une autre chambre d’hôte. Et puis attention, il y a « vue sur le château », madame !!

Nous faisons quelques courses et mangeons dans le parc qui jouxte le cimetière. Il y a des tables de pic-nic, des moineaux, du soleil… Après cela, nous nous engageons sur la route de Cogne. Nous passons devant la cascade de la rivière Nomenon, qui nous fait toujours rire.
Plus loin, un lieu en contre-bas de la voirie avait éveillé notre curiosité en passant précédemment. Pas facile de se garer entre les lacets et les tunnels, avec les voitures qui foncent… cette fois-ci sera la bonne.

Ils dérivent une partie du torrent Grand Eyvia, je ne sais pas à quelles fins (hydroélectricité ?).

Le courant est vif, il ne s’agit pas de laisser échapper le cache de l’objectif ! Les flots impétueux et glacés ont une magnifique nuance turquoise…

On suit le flot canalisé jusqu’à un tunnel-pont, ensuite il passe en aérien et il ne nous est plus possible de le longer. Il s’engouffre sous un plancher de bois et disparaît sous la route. Je suppose qu’il se transforme en conduite forcée.

C’est un peu frustrant. Nous continuons ensuite vers Cogne, que nous dépassons pour rejoindre Lillaz (alt. 1617m) et ses célèbres cascades. Ils ont transformé le chemin qui s’y rend en un intéressant parcours géologique. Ils ont dressé là une bonne quantité de roches de natures différentes avec les explications s’y référant. Vraiment une bonne idée, je trouve !

Nous parvenons au pied de la première cascade et commençons à photographier. C’est une maigre chute.
Comme si un bus venait de débarquer, nous voyons une foule arriver… nous remontons vite la rivière vers la 2ème cascade, histoire de pouvoir prendre quelques vues avant que cela ne devienne impossible.

Cette seconde chute est beaucoup plus esthétique et possède un beau bassin. La couleur de l’eau a toujours ce fascinant bleu-vert. C’est vraiment très attirant… Mais n’écoutez pas cette sirène, la température aurait tôt fait de vous dégriser !


Vue plongeante (du haut vers le bas, donc)

Nous avons eu de la chance avec les autres touristes, ils ne sont pas montés. Il faut dire que le chemin des cascades possède, plus haut, une toute petite portion de chemin inaccessible aux personnes moins valides. Quelques fers à béton plantés dans la roche permettent de monter une « grande marche ». Mais ce n’est pas cela qui les a arrêtés, la pente de la montée initiale a suffit à les décourager.

Nous irons paresser un peu au pied de cette dernière grande cascade, allongés sur les immenses rochers verts, pieds nus. Après quelques ricochets, nous redescendrons. Le désœuvrement est un art que nous ne possédons décidément pas (sauf au bureau bien sûr 😛 ).

Nous voulions acheter des souvenirs à Cogne, mais tout est chiuso (fermé). Les magasins sont encore en pause de midi, ils ne rouvriront pour la plupart que vers 15h. Nous n’allons pas rester à attendre les bras croisés. Nous décidons de monter vers le musée minier alpin, installé sur l’ancien carreau de la mine. Ils exploitaient le fer dans ces montagnes.

Malheureusement là aussi nous trouverons porte close, et pas que pour le temps du repas ou de la sieste : le musée est temporairement fermé pour travaux. Du coup nous irons faire une petite balade dans la montagne en prenant un chemin de randonnée au hasard !

Le soir, nous irons manger au restaurant La Pinèta sur la route d’Ozein. Ils commencent à bien connaître nos têtes… Ensuite nous irons rejoindre notre « bed and breakfast », fraz. La Cleyraz. C’est pire que je ne le pensais : je n’avais pas mes lunettes tout à l’heure, en visitant. L’endroit se révèle sale en plus d’être petit et vétuste. Rien que prendre une douche est déjà un supplice. La nuit fut pénible.

La photo ci-dessous montre du gratte-cul (gratacul ou rosa canina), fruit de l’églantier (rosier sauvage). Son petit nom scientifique est cynorrhodon. On en fait de la confiture 🙂

16 septembre 2008 – La traversée Sella-Herbetet

Aujourd’hui je pense que c’est notre plus belle randonnée du séjour. Elle nous avait été conseillé par notre logeur Walter Seguin du Village à Morgex et je l’en remercie !
Nous avons bien failli ne pas la faire : j’ai eu du mal à convaincre AàG qui pensait, au vu de la carte, que c’était trop dur pour des grabataires sédentaires comme nous (traduisez : comme moi).

Nous allons en voiture jusque Cogne puis Valnontey (alt. 1666m) où l’on se gare. Nous voilà aux portes du Gran Paradiso. Le chemin commence le long d’une prairie couverte de givre. Comme il est encore suffisamment tôt, deux chamois s’en donnent à cœur joie pour bouloter et préparer l’hiver. Le sifflement des marmottes nous empêche de les approcher discrètement.

Le sentier monte dans la forêt encore sombre et froide. Nous sommes suivis et précédés par d’autres randonneurs, qui vont le plus souvent par paires. Je remarquerai des lunettes par terre… par chance j’ai pu retrouver leur propriétaire.

Nous ne sommes pas habitués à une telle « promiscuité » qui réduit nos chances d’observer la faune de ces lieux. Et en effet, de toute la montée, même après la forêt, nous ne verrons pas grand monde. Quelques chamois au loin, seulement. AàG peste ferme.

Lorsque nous parvenons à cette ruine, les mollets commencent déjà à bien tirer (me concernant !). Au-delà, la pente s’accentue et le soleil devient brûlant. Par endroits, le sol est encore boueux des pluies de l’avant-veille, quand il ne s’agit pas d’une source qui prend ses aises.

Il n’y a plus qu’un couple et un photographe solitaire. Les autres ont soit abandonné, soit pris beaucoup de retard. Le sentier devient horizontal et même légèrement descendant, tandis que nous nous enfonçons dans un ravin abritant un torrent. Le photographe a installé son trépied là et fait toute une séance sophistiquée…

Nous passons le pont et remontons la côte jusqu’à rejoindre un autre chemin bien tracé, arrivant à l’horizontale en suivant le flanc de la montagne. Nous arrivons ensuite au pied d’une pente particulièrement forte. Un sacré morceau ! Là, le chemin n’est plus qu’un zigzag, ou plutôt de multiples zigzags car il n’y a plus vraiment « un » sentier : les passages répétés ont créé des pseudo-sentiers dans tous les sens. Je m’arrête à chaque pas ou presque, en espérant que ce soit le tronçon le plus difficile de la balade !!

En haut, c’est le Grand Lauson (Gran Loson). Il n’est pas aisé de reprendre ses marques pour retrouver le bon chemin. Nous trouvons quelques balisages près d’un petit pont et décidons de remonter la rivière. C’est le repère le plus fiable, le refuge ne se trouve pas trop loin du cours d’eau sur la carte.

Dans le bassin du Lauson, il nous arrivera de ne plus vraiment savoir si nous sommes sur un sentier ou sur une coulée créée par des animaux. Avec le relief, il est plus difficile que prévu de nous rendre compte si nous sommes à la hauteur du refuge, encore en aval ou déjà en amont. Non sans douter, nous finirons par remonter le flanc du talweg, avec un certain bonheur puisque nous trouvons un large chemin menant au refuge juste un peu plus loin.


Rifugio Vittorio Sella

Le refuge Victor Sella (alt. 2588m) est constitué en partie par l’ancienne maison de chasse du roi Victor-Emmanuel II (Vittorio Emmanuele II) – celui grâce à qui les derniers bouquetins furent protégés in extremis de l’extinction.

Nous avons réussi notre premier pari, l’ascension de plus de 900m de dénivelée en 2h30. Nous avons mérité notre pique-nique, même s’il est encore un peu tôt pour dîner. Commençons donc par le sacro-saint chocolat chaud !

Nous nous asseyons dehors et profitons du magnifique panorama. Plusieurs marmottes prennent également le soleil et nous observons avec tendresse ces boules de poils profiter de ces derniers jours d’été.

De notre banc, nous apercevons un troupeau de chamois de l’autre côté de la rivière. Malheureusement ils s’enfuient devant quelqu’un de trop « entreprenant », comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

Tout en pique-niquant, nous nous interrogeons sur la suite de notre programme. Est-il raisonnable de faire la traversée de l’Herbetet ? Ou faut-il faire une simple promenade aux alentours et redescendre par la même voie ?
Pour une fois, curieusement, c’est plutôt AàG qui est frileux. Mais je suis têtue… Renseignements pris auprès des très sympathiques tenanciers du refuge, je parviens à le convaincre : c’est long, certes (5h annoncées en théorie) mais il est encore tôt et il y a peu de dénivelée supplémentaire (de l’ordre de 300m) – je ne parle pas des descentes bien sûr.

En route, donc ! Vers 13h, nous empruntons le petit pont en bois où commence la traversée. Le chemin monte en douceur, c’est parfait pour notre étape de digestion. Dans l’herbe, un peu plus loin, quelqu’un fait la sieste au soleil 🙂

Nous arrivons à un beau point de vue. Ci-dessus on distingue, en bas à gauche, le chemin à flanc de montagne que nous avons rejoint après la traversée du torrent sous le feu du photographe.

Nous avons vue sur le lac du Lauson qui reflète les sommets voisins. Des cairns assez évolués et esthétiques ont été bâtis le long du chemin. Cet endroit est particulièrement agréable…

Vous voudrez bien m’excuser pour le nombre déraisonnable de photos, mais…

…j’ai vraiment eu du mal à faire le tri !

Entre les cairns se cache un petit AàG, saurez-vous le retrouver ?

La photo ci-dessous est un peu surexposée, mais l’idée du balisage indiquant les sommets me plaisait beaucoup. Sur la 2ème photo, vous pouvez voir le sentier que nous allons emprunter (Delf, ferme les yeux, c’est peut-être un peu vertigineux).

Pour une fois, il s’agit d’un sentier « EE » (à prononcer en ricanant « hé hé »). Jusque là nous n’avions emprunté que des sentiers « E » (et même quelques « T »). Cette signalétique indique la difficulté du parcours : T signifie « à la portée de n’importe quel touriste qui ne soit pas en slash (et encore, ça peut s’arranger)« , E signifie « pas de difficultés techniques particulières pour des randonneurs moyens« , EE signifie « présence de quelques passages plus délicats, pour randonneurs chevronnés« . Il y a une dernière catégorie qui est « EEA » et que nous n’avons jamais testée faute des équipements nécessaires (crampons, etc.)

Voici ci-dessous un exemple de tronçon justifiant la notation globale « EE ». En fait rien de bien méchant !

Les glaciers en face nous font de l’oeil, AàG n’arrête pas de mitrailler la glace et ses fissures, craquements, crevasses qui laissent entrevoir les forces herculéennes à l’oeuvre.

Un peu plus loin devant nous se trouve un randonneur solitaire que nous n’avions pas encore vu. Sa présence me rassure, elle me conforte dans l’idée que cette traversée est faisable en s’y engageant à cette heure-ci. Et ce, sans avancer à une allure inhumaine.

Nous nous arrêtons fréquemment pour observer l’une ou l’autre plante, chercher des yeux des bouquetins (nous n’en avons pas encore vu de tout notre séjour), admirer le paysage…

Nous traversons un grand pierrier chaotique et arrivons dans une zone restée à l’ombre. Remarquez les stalactites de glace qui pendent des rochers !

Et soudain qui voilà ?

Quelques chamois gambadent dans les rochers en-dessous de nous… et au-dessus aussi ! AàG avait peur que la présence de quelqu’un qui nous précède les fasse fuir ou se cacher, mais Michelino (ainsi ai-je baptisé le randonneur) est vraiment très discret.

Tout contents de cette rencontre, nous rejoignons la plateforme donnant cette merveilleuse vue panoramique. On a l’impression de boire les montagnes et que l’air pur pénètre dans chacun de nos pores. Je comprends pourquoi un ancien directeur (le premier directeur ?) du parc national a tenu à être enterré ici… une plaque commémorative nous l’apprend sur un énorme bloc de roc.

Le vieux monsieur qui marchait devant nous s’est également arrêté sur ce plateau, en contemplation. Je lie connaissance avec lui, il me parle de cet ancien directeur (dont j’ai oublié le nom) qui trouvait que c’était le plus bel endroit au monde et qui, pour cette raison, a tenu à être inhumé ici.
Ensuite il nous nomme chaque sommet visible en face, chaque glacier… ce qui eut le don de finir d’apprivoiser AàG 😛

Nous lui disons notre déception de n’avoir pas encore vu le moindre bouquetin et il nous apprendra, à notre grande surprise, que nous en avons vus !! Il s’agissait d’une femelle qui broutait un peu sous le chemin, et nous l’avions prise pour un chamois (!) Les mâles, on ne peut évidemment pas s’y tromper, avec leurs cornes immenses.

Ce n’est pas la première fois qu’il fait cette traversée, d’ailleurs j’ai l’impression qu’il passe sa retraite à vadrouiller dans le parc, comme une sorte de garde bénévole. En tous cas cela le maintient dans une excellente forme physique !

Régulièrement nous nous recroisons à l’occasion d’arrêts sur ce long chemin. J’en profite pour lui demander où sont les loups en ce moment. Il me répond qu’ils ont été aperçus dernièrement du côté de Valgrisenche.

Il m’explique aussi pourquoi il est vain de chercher des marmottes sur ces pentes : le terrain ne s’y prête pas, il est beaucoup trop dur. Elles doivent creuser des terriers très profonds (entre 8 et 20m) pour hiberner.

Nous arrivons au Casolari dell’ Herbetet (Maisons de l’Herbetet), à 2435m d’altitude. Ces bâtiments ne sont pas/plus habités, sauf sans doute par des bergers de passage. Une source bien fraîche nous y désaltère.

La descente s’amorce et sera très longue. Je commence à fatiguer. Les genoux et les chevilles encaissent. De temps à autre, nous repérons un chamois au loin. Parfois plus près. Ci-dessous, une femelle bouquetin.

Nous ferons très peu d’autres photos le long de cette interminable descente. Nous finissons par arriver à l’extrémité du torrent Valnontey. Michelino est à présent assez loin derrière nous. Il nous reste plusieurs kilomètres (de l’ordre de 6-7km si je me souviens bien) à parcourir dans les bois le long du cours d’eau pour rejoindre l’endroit où est garée la voiture.

A mi-chemin, nous traversons le minuscule village de Valmianaz (Valmiana). J’ai mal aux pieds, je commencer à sérieusement traîner la patte. Soudain, sous les arbres au bord du chemin, je vois un chien arriver. Non, pas un chien, un renard !
Nous nous immobilisons. Lui comme nous.

Est-ce parce que le soir descend qu’il vient ainsi se montrer ? Lentement, je progresse vers AàG pour essayer de prendre l’appareil photo qui a été rangé dans le sac à dos. Je m’attends à ce que le bruit du sac qui s’ouvre fasse fuir l’animal mais au contraire, cela semble beaucoup l’intéresser !!

Je comprends que monsieur a faim et comme justement ce midi je n’ai pas mangé tout mon pic-nic, monsieur a droit à un bout de fromage (de la fontina bien sûr). Il apprécie.
Malheureusement pour les photos, la lumière a déjà fort baissé, ce n’est plus très net.

C’est pas tous les jours qu’un renard vient me manger dans la main… Il prend délicatement dans sa gueule les morceaux que je lui présente du bout des doigts, accroupie par terre. Il est cependant craintif et, si je fais mine de me redresser un peu ou de changer de position, il s’éloigne aussitôt.

A un moment il s’empare de la croûte et s’en va vers la forêt. On le regarde s’éloigner, pensant la magie terminée : sans doute va-t-il (ou elle) apporter cela à ses jeunes. Mais à notre stupeur il creuse un trou au pied d’un arbre, enterre son butin et revient vers nous.

Je n’ai plus que du pain à lui présenter. Il mange la mie mais chipote un peu plus pour la croûte, qu’il happe à nouveau dans sa gueule pour aller l’enterrer.

Il se dirige ensuite vers notre sac à dos posé par terre un peu plus loin, et l’inspecte sous toutes les coutures, sans doute pour être sûr qu’on ne lui cache plus rien de comestible ^^

On lui fait nos adieux sans gestes brusques, à cet adorable racketteur de grand chemin. On s’est bien fait avoir, si ça se trouve il fait son numéro d’affamé à tous les touristes qui passent… mais comment résister ?

Nous continuons notre route, le renard nous suit un peu puis finit par abandonner. Un peu plus loin, nous verrons un deuxième renard à une dizaine de mètres du chemin, mais il ne viendra pas vers nous. Nous n’essayerons pas de l’approcher non plus.

Lors d’une pause, nous reverrons Michelino. Lui n’a pas besoin de s’arrêter, il ne semble même pas fatigué. Je suis contente de l’avoir vu, ainsi je suis sûre qu’il n’a pas eu de souci dans la descente. Un mauvais pas est vite arrivé, et comme il randonne seul…

Il sera 19h lorsque nous arriverons à la voiture, épuisés. Nous aurons mis 6h au lieu de 5h, avec toutes nos pauses (photos et autres).
Nous irons manger un riso di Cogne (riz de Cogne) au restaurant La Pinèta, sur la route entre Cogne et Aymaville. On nous avait parlé d’une soupe mais c’est en fait plus une « bouillie » au niveau de la texture. Du riz, du bouillon, de la fontina à foison et des morceaux de « pain noir »… le tout mélangé dans un saladier et servi très chaud. C’est assez gras et salé mais pas désagréable. Ce plat est meilleur de goût que d’apparence et cela nous change de la pasta et des pizze.
Notre logeuse nous a expliqué que la région de Cogne est la seule du val d’Aoste à avoir du riz dans ses spécialités, car ils commerçaient avec le Piémont voisin.

15 septembre 2008 – Valsavarenche et le Nivolet

Nous sommes à présent seuls dans la chambre d’hôtes, et ce matin c’est la rentrée scolaire en Italie. La logeuse a accompagné sa fillette a l’école, et c’est donc en compagnie de sa Mamma (qui habite le premier étage de la maison) que nous prenons le petit déjeuner. Elle ne parle quasi pas français et notre italien est encore pire, mais elle aime trop bavarder pour se laisser arrêter par de tels obstacles. C’est un sacré personnage et, tout de suite, les petits déjeuners prennent une ambiance plus colorée !

Comme la veille, le petit déjeuner n’a rien de « fait maison » : pain de mie industriel, mini-confitures industrielles, biscuits industriels, viennoiseries industrielles… tout est sous plastique, rien n’a de goût. On n’a même plus, comme la veille, quelques morceaux de vieux -mais vrai- pain grillé 😦 Heureusement la Mamma sauve l’affaire ! Après avoir jeté l’anathème sur nos mini-confiottes, elle nous sort du frigo son onctueuse confiture maison d’abricots (faite avec très peu de sucre car elle est diabétique). Mais chut, il ne faut rien dire à sa fille 😉

Nous partons pour Valsavarenche dans l’intention d’aller voir les lacs du Nivolet. Une journée « cool »… enfin normalement. La route nous semble très longue, il faut dire que cette vallée est particulièrement allongée.

Il est passé 8h30 quand nous arrivons à Pont (alt. 1953m), un peu perplexes : la route que nous espérions prendre est fermée à la circulation automobile. Plus loin, la route est ouverte, c’est juste cette portion-ci qui coince. Pour atteindre le col du Nivolet en voiture depuis Aymaville, il nous faudrait faire un détour colossal (160km au lieu de 40km).

Moment de discussion. Bilan : on est quand même là pour randonner, pas pour rouler ! Il est encore suffisamment tôt pour espérer faire l’aller-retour pendant les heures de jour. On ne verra sans doute pas tous les lacs, mais bon… Allez, en route ! Un bon 600m de dénivelée nous attend, et pas mal de kilomètres aussi.

On s’apprête à traverser la rivière sur le large pont que tous les randonneurs empruntent, quand on se rend compte que pour nous, ce n’est pas par là. C’est le tout petit sentier qui part derrière l’auberge. Tant mieux, ici il n’y a personne ! Ca monte bien, mais c’est pas désagréable. Des panneaux nous annoncent les règles à respecter dans le parc du Grand Paradis (Parco Nazionale Gran Paradiso).

Une bonne heure plus tard, on atteint une sorte de petit plateau sur lequel on croise un troupeau de vaches en sens opposé. J’aimerais bien voir comment elles vont négocier ça (la première partie de la descente, ce sont des blocs de roches) mais elles doivent avoir l’habitude. On attend sagement qu’elles défilent en écoutant leur incroyable orchestre de cloches…

Les paysages sont splendides, le beau temps est de la partie… ça nous donnerait presque envie de s’asseoir, rester là toute la journée rien que pour admirer l’oeuvre de la nature. Mais en dépit du ciel bleu, il ne fait chaud que tant que l’on est en mouvement ! Il reste encore un peu de neige à cette altitude.

Après un petit col, nous voilà à devoir traverser une grande cuvette un brin marécageuse.

Juste au moment où nous avons une hésitation sur le sentier à suivre, un vacher passe par là et nous confirme la bonne voie. C’est une chance. A partir de maintenant nous ne verrons plus un humain jusqu’à destination.

Durant 2h nous parcourrons le fond d’une longue vallée suspendue. C’est plat, morne et monotone, cela semble ne jamais devoir finir. La « dora del Nivolè » se divise en de multiples petites rivières qui serpentent dans ce vallon, le rendant assez humide. Souvent notre chemin était envahi par l’eau.

Nous pique-niquons sur des rochers : pain, tomates et fontina, comme souvent. Il y a du soleil mais le vent me glace les os. Nous repartons assez rapidement pour nous réchauffer en marchant.

Soudain, quelques bâtiments rompent la monotonie. Des cris aigus nous apprennent que nous sommes repérés. Mais nous avons tout de même la permission de les admirer de loin. Enfin !
Jeu : cherchez la marmotte dans les deux photos ci-dessous 😛

Nous laissons le village des marmottes derrière nous et parvenons à un pont de bois. Un second est visible un peu plus loin. La civilisation se rapprocherait-elle ? 😉

Nous arrivons à un 2ème village abandonné, composé de bien plus de bâtiments que le précédent, mais inaccessible à cause de la rivière.

Le chemin s’élargit et nous rencontrons d’autres animaux (non je ne parle pas d’AàG 😛 )

Un troupeau de moutons blancs et noirs paisse paisiblement… certains ont des cloches à leur cou, j’ai l’impression (fausse ??) que ça doit être fort lourd pour eux.

Ils essaient de paraître indifférents mais notre présence les inquiète tout de même un peu, surtout dans les parages des jeunes.

Un 4×4 se gare dans le chemin au-dessus (la fameuse route fermée) et un type en sort avec ses chiens. Cela nous énerve étonne qu’ils n’aient pas de laisse, nous sommes toujours dans le parc national. Bon allez, au revoir les moutons.

Le chemin s’élargit encore et rejoint les pylônes et la route du col. En face de nous, une belle pente propice aux marmottes. Et en effet, ça siffle de partout à notre arrivée !

Alors je me suis lancée dans les pentes enneigées pour vous présenter Renato et Géraldine :

Seule Géraldine a bien voulu, avec beaucoup de patience, que je l’approche davantage :

Il semble que le printemps, à la sortie de l’hibernation, soit beaucoup plus propice à l’approche des marmottes. A l’automne, elles font leurs provisions de fourrage et sont plus farouches.

Voici le panorama qui s’ouvre soudain devant nous…

Ca et la neige qui craque sous nos chaussures, il n’en faut pas beaucoup plus pour nous transformer en gamins !

Après avoir été voir les lacs du Nivolet (laghi del Nivolet) nous allons prendre le traditionnel chocolat chaud au refuge de Savoie. Il nous a paru bien moins accueillant que les autres refuges, est-ce dû à la proximité de la route ?

Nous nous penchons sur la carte pour examiner l’accès aux autres lacs. Nous hésitons beaucoup mais étant donné l’heure qu’il est et le long chemin de retour qui nous attend, il est malheureusement plus raisonnable de repartir sans aller jusque là. C’est l’inconvénient du mois de septembre, l’obscurité tombe vite et en montagne c’est encore pis…

Comme d’habitude, nous essayons de ne pas reprendre exactement le même chemin au retour qu’à l’aller. Nous allons emprunter la « route » fermée afin de rester en hauteur et sur l’autre flanc.

Ce papillon-là devait avoir bien froid… Un peu plus loin, une drôle de rencontre nous attendait. Il a déboulé en face de nous, sans nous voir. On devait être contre le vent. J’ai cru au départ que c’était un des chiens entraperçus plus tôt. Il s’est arrêté en nous voyant, comme s’il nous jaugeait du regard, puis a dirigé toute son attention vers le fond de la vallée. Il est resté encore quelques instants, nous jetant un oeil de temps à autre, pas très inquiet… puis s’est mis à trottiner sur la pente, vers le fond de la vallée suspendue.

Peut-être était-ce ça qui l’intéressait ?

Nous sommes descendus à notre tour, un peu plus loin, à un endroit d’où un sentier partait. Nous avons été jusqu’au village abandonné remarqué à l’aller, nous l’avons visité. Ensuite nous avons essayé de traverser la rivière pour reprendre le sentier. J’ai trouvé un ancien gué mais il n’était plus praticable, AàG était déjà plus loin en train de suivre la rivière.

Nous nous étions dit qu’au pire, on suivrait l’eau jusqu’aux deux ponts de bois. Malheureusement il y a tellement de bras de rivières dans ce vallon… On a marché un bout de temps dans ces prairies humides et pleines de bosses, on n’a jamais trouvé d’endroit franchissable à sec.

A un endroit moins pire que les autres, AàG a sauté dans l’eau puis sur la berge. Mes chaussures prenant l’eau de toute part (comme je venais de le tester plus tôt dans la journée avec la neige), j’ai préféré les enlever et passer pieds nus. L’eau était glaciale et les cailloux aïe ouille… le temps de traverser, je ne sentais plus mes pieds. Oui il y a des photos et non vous ne les verrez pas :-p

L’impressionnante arrivée des nuages du soir :

Après cet épisode hautement aglaglaïsant, nous avons poursuivi notre marche et fini par retrouver la cuvette marécageuse. Derrière celle-ci, ma zone préférée, le petit plateau perdu au milieu de nulle part… là encore, une surprise nous attendait. Deux surprises, plus exactement, mais nous n’en avons photographié qu’une !

Les chamois suivent le rythme de la lumière, ils montent et descendent avec le soleil.

Il nous reste la dernière ligne droite, la grande descente. Tout du long, on remarquera des traces de sang sur les rochers, à intervalles réguliers. Probablement une vache blessée…

Il est fort tard lorsque nous revenons à la voiture. Le temps de rejoindre Villeneuve et de trouver un restaurant ouvert, il est déjà 21h. A cette heure-ci, la cuisine est fermée (comprendre : on ne fait que des pizzas). C’est une toute petite salle comprenant plus de locaux que de touristes, et d’autres arriveront encore bien après nous. C’était particulièrement bon marché mais le service aura été particulièrement peu aimable aussi !

Quand nous rentrons au logement, crevés, les petits chats glissent entre nos pieds et se faufilent dans l’escalier… L’un est parti vers la cave, l’autre vers les étages, et nous voilà à essayer de les rattraper à tâtons sans réveiller toute la maisonnée. Ils auront leur poignée de croquettes à défaut de la chaleur de la maison, puisque celle-ci leur est interdite…

14 septembre 2008 – Le barrage de Valgrisenche et le refuge Bezzi

La nuit fut bonne grâce à l’extrême discrétion des occupants de l’autre chambre. Le petit déjeuner fut un peu piteux (pas de pain frais, et quasi pas de pain tout court en fait), mais étant donné que la logeuse était revenue la veille de vacances on se dit qu’elle a fait avec ce qu’elle avait sous la main…

Le temps est maussade mais sec, nous partons pour Valgrisenche que notre logeuse nous décrit comme étant (par ce temps) une vallée grise et dépressive, parfaite pour abriter un loup-garou. Ma foi, ça ne nous dérange pas !

Le barrage de Beauregard (diga di Beauregard) fut construit dans les années ’50, sa particularité est… d’être aux deux tiers vide ! L’ancien village fut englouti, la vallée inondée, et tout cela pour rien ou presque.

A noter que ce niveau minimum suffit malgré tout à faire fonctionner la centrale hydroélectrique. Des travaux sont en cours, ils espèrent pouvoir remonter le niveau du lac de Beauregard (alimenté par la Dora di Valgrisenche).

Un chemin de promenade descend là où devrait se trouver l’eau. Il mène à une énorme canalisation souterraine (une seconde conduite forcée ?) qui réverbère les sons d’étrange façon. Le sentier se poursuit le long du lac et puis soudain nous tombons sur une zone où le terrain s’est effondré, et le chemin avec. On poursuit encore un peu mais bientôt le demi-tour s’imposera.

Nous reprenons la voiture et tentons la route Est. Elle est conforme à mes souvenirs c’est-à-dire étroite et en très mauvais état ! Par contre il y a une nouveauté, c’est que la route se retrouve barrée. En fait ils n’autorisent le premier tronçon que parce qu’il mène au départ d’une route qui remonte le flanc de la vallée.

Nous re-demi-tourisons donc pour emprunter la route Ouest. Arrivés à Plan Rocher, nous descendons les lacets vers le village de Surier, ou plutôt ce qu’il en reste.

Une course de montagne a lieu aujourd’hui, nous voyons passer de temps à autre un courageux concurrent avec un dossard. Nous nous garons avec difficulté, il y a énormément de voitures. Aussitôt le comité d’accueil arrive…

Le village, maintenant, c’est chez eux ! Ils n’hésitent pas à passer le museau à travers la fenêtre d’une voiture et à réveiller ainsi son occupant.

L’accès aux maisons abandonnées est assez gadoueux car une source transforme les anciens passages en autant de ruisseaux.

Une maison est fermée, son rez-de-chaussée abrite l’étable du ténor Monsieur l’Ane, qui n’a manifestement pas droit à la liberté de gambader (et il proteste vigoureusement). Il n’y a que Madame l’Anesse et ses deux petits ânons qui sont venus nous dire bonjour.

Entre temps, la météo ne s’est pas améliorée… Nous pique-niquons dans la voiture pour s’abriter du froid et du vent (et de l’appétit sans borne des ânes !!).
Irons-nous dans la montagne ? Ou à Uselères ?

Finalement c’est la montagne qui l’emporte. Un large chemin remonte la Dora di Valgrisenche jusqu’au rifugio Mario Bezzi (alt. 2284m). Cela nous fait une dénivelée de 500m pour une durée annoncée de 2h, tout à fait dans nos cordes pour cette après-midi.

C’est ce chemin que les participants à la course descendent, avant de remonter sur l’autre versant.
Seuls ou en groupe, courant ou marchant, équipés façon high-tech ou lambda, les concurrents défilent…

Enjambant la rivière, un tunnel de glace subsiste, piteux témoin d’une grandeur passée. Etant donné que je suis déjà frigorifiée, la traversée du tunnel ne me tente pas. Mais AàG n’y résiste évidemment pas !

A mi-parcours, la vallée devient plus encaissée et le large chemin carrossable fait place à un petit sentier de randonnée plus dans nos goûts. Un petit téléphérique à matériel permet de desservir le refuge à partir de ce point.

Nous avons la surprise de reconnaître en un des coureurs notre précédent logeur, le sympathique Walter Seguin ! Nous discutons un peu, il nous apprend que le départ de la course se fait non pas « en troupeau » mais dans un large créneau horaire, au choix de chacun.

Nous arrivons à hauteur de la neige et le refuge Bezzi est en vue, toujours dans les nuages.

Après un bon chocolat chaud bien épais, nous sommes revigorés. Je joue pendant un bout de temps avec Leïla, un vieux persan habitant au refuge et ne dédaignant pas sortir mettre ses pattes dans la neige !

D’ici s’ouvrent de nombreuses randonnées plus sérieuses, mais nous n’avons plus assez de temps pour nous y engager aujourd’hui, il faudra revenir…

Nous traversons le petit torrent en amont du refuge, pour retourner via l’autre flanc du vallon. Ici, impossible de se perdre, il suffit de suivre le câble du téléphérique ! Et à l’aller, nous avions repéré l’autre pont permettant le croisement… ouf, pas de mésaventure en vue !

Je soupçonne la gentille dame du refuge d’avoir mis dans mon chocolat chaud autre chose que du lait… C’est la première fois que je descends un sentier de rando en courant comme une chèvre ! (avec mes chevilles, oui oui, les mêmes, je n’en ai pas changé depuis…)

AàG a beaucoup ri, sauf qu’il a quand même fait plusieurs tentatives -infructueuses- pour m’arrêter, par peur que l’épisode breton ne se reproduise… mais je savais que rien ne pouvait m’arriver, je me sentais super bien, top confiance en moi et mes petons ! 😀 (c’est dingue comme un choco chaud peut faire de l’effet, vous en conviendrez !)


Alpe Sasse de Ponton m. 2047 s.l.m.

Ci-dessus quelques bâtisses servant actuellement aux bergers (j’imagine).
L’abréviation « slm » signifie Sul Livello del Mare.

Ensuite nous avons repris la voiture pour rejoindre le pied du barrage. Malheureusement, les étages les plus intrigants (photos ci-dessus) sont interdits d’accès… seule la promenade grillagée est possible. Elle donne accès à des voies d’escalade :

Nous tournons un peu à la recherche d’un restaurant mais nous ne trouvons rien, nous repartons donc vers Aymavilles.

Au passage, nous nous arrêterons pour regarder (de loin) la centrale hydroélectrique de Champagne (Centrale di Champagni 1), du côté de Villeneuve. Ce monument industriel de la « Belle Epoque » a été construit en 1921. La centrale n°2 est plus récente et d’architecture plus moderne.

Malheureusement il est trop tard pour les visites… on doit se contenter de regarder à travers les grilles.

A Villeneuve se trouvent quelques reliefs d’anciens haut-fourneaux :

Nous retournons manger au même endroit que la veille (pas d’autre opportunité valable sur notre route) et hop… au dodo !

13 septembre 2008 – Château Sarriod de la Tour, pré Saint-Ours et aqueduc romain de Pont d’Aël

Après cette série de lacs, passons à autre chose ! Nous quittons – sous la pluie – le ‘Village’, Morgex et Courmayeur pour la région de Cogne et son splendide parc national : le bien-nommé Grand Paradis (Parco Nazionale Gran Paradiso).

Aujourd’hui est une journée de transition, nous devons établir notre nouveau « camp de base ». Comme nous comptons rayonner un peu, nous préférons ne pas loger à Cogne même car c’est tout au fond d’une longue vallée… nous espérons plutôt trouver un logement du côté d’Aymavilles ou Saint-Pierre. Malheureusement pour nous, beaucoup de logeurs semblent être tout juste partis en vacances ou en week-end.

Le château de St-Pierre et sa curieuse église accolée ont attiré notre curiosité mais seule l’église est ouverte en ce moment. Dommage car le château possède une magnifique porte !

En face, un monument aux morts de la guerre 15-18 (et non pas 14-18 !) écrit en français.

Pour se consoler de la fermeture du château St-Pierre, nous décidons d’aller visiter celui de Sarriod de la Tour, qui se trouve juste en face. Il est entouré d’un verger de pommiers. Le temps est toujours aussi maussade, rendant la prise de photos difficile.

C’est une visite guidée au pas de course, pourtant nous sommes très peu nombreux (il y a juste un autre couple). En une demi-heure il faut avoir fait le tour, c’est dommage… nous n’avons même pas le temps de lire tous les panneaux explicatifs. Enfin, le guide a la gentillesse de nous dire quelques mots en français à chaque salle. Les photos étaient interdites à l’intérieur.

Nous pique-niquons presque au sec, entre deux averses. Ce n’est pas plus mal qu’il pleuve pendant les journées de transition, et qu’on ait du meilleur temps pour randonner !

Nous allons jusqu’à Cogne, faire connaissance avec le village. Nous commençons par l’église puis enchaînons avec de petites ruelles étroites et désertes bordées de vieilles maisons. C’est assez plaisant, partout de petits détails sur les façades ou les fontaines accrochent notre attention.

Les rues principales, composées de magasins, nous plaisent moins. Il n’y a pas foule car à cette heure-ci les commerces sont encore fermés (au moins jusqu’à 14h, parfois 15h). Curieusement, la plupart des cartes postales sont à faire peur.

Se promener dans le Pré-Saint-Ours sous la bruine n’est pas fort enthousiasmant. Du coup, nous ne nous y attardons pas et partons vers Pondel, aussi appelé Pont-d’Aël, et son pont-aqueduc romain. C’est une petite route en cul-de-sac qui n’est pas pire que les autres, malgré une flopée de panneaux alarmants à son entrée.


Au-dessus de la clé de voûte : inscription latine datant de l’an 3 après J-C et mentionnant Caius Avillius Caimus.

La gorge étroite et profonde du torrent (torrente Grand Eyvia) est impressionnante. Nous sommes perchés presque à 60m au-dessus de l’eau. Les petites pierres arrondies faisant parapet ont été rajoutées bien plus tard, quand le passage des personnes a commencé à se faire en surface.


Vue plongeante

Il y a de nombreuses explications sur ce lieu, j’avoue ne pas avoir tout retenu. Les archéologues ne sont pas certains de l’utilisation de cet aqueduc : différentes hypothèses se sont succédées. La plus probable est que cet ouvrage romain servait à la fois au transport de l’eau (en surface, à découvert) et au passage des gens (en souterrain, un tunnel couvert d’environ 1m de large). Les pierres du canal à découvert étaient parfaitement jointes et imperméables.

C’est très sympa de pouvoir encore accéder à ce souterrain, même si l’une des sorties est à présent bouchée par la ruine d’une maison. En examinant les pierres de l’entrée, on s’aperçoit qu’il y avait une porte à chaque extrémité. Il existe également un autre niveau accessible, mais celui-là est sans fenêtre et nécessite une petite lampe (heureusement j’ai toujours ça sur moi – oui je sais, les sacs de fille c’est terrible).
Le tunnel va encore assez loin avant d’être bouché, j’étais surprise. Deux horribles photos au flash :

De l’autre côté du pont s’ouvrent deux sentiers de promenade, nous décidons d’en suivre un au hasard. Il est presque à plat, longeant des myriades de petites terrasses aménagées avec des murets en pierres. La plupart sont à présent à l’abandon. Nous tomberons sur une curieuse inscription gravée, portant la date de 1834 ainsi que des initiales qui ne nous parlent pas.


1834 f.P.A.D ??

La gorge du torrent, très verdoyante, et le hameau de Pondel dans le fond.

J’ai trouvé ce panneau tout mignon 🙂


Il est interdit de cueillir les papillons !

Le sentier se prolongeant indéfiniment, nous décidons à un moment de demi-touriser pour poursuivre la recherche d’un logement (recherche avortée ce matin cause personne de présent).

Une petite sélection de portes du hameau de Pondel, la plupart sur d’anciennes maisons ou étables abandonnées.

Au revoir Pont-d’Aël, ce fut un plaisir de te visiter !

Nous finissons, après maintes péripéties, par trouver une chambre d’hôtes à la Casa Buillet, frazione Vercellod. Nous avons un mauvais pressentiment au niveau de l’insonorisation de la maison, mais nous n’avons pas trop le choix. Il y a aussi la chatte et les deux chatons… manifestement ils ne stérilisent pas, ne nourrissent pas, etc. Heureusement j’avais des croquettes dans la voiture :mrgreen:

Le château d’Aymavilles, juste à côté, n’est pas accessible au public :

Nous soupons dans un hôtel-restaurant proche. Arrivant aux toilettes, je suis très embêtée de savoir si je suis une « signore » ou une « signori ». Nul indice ne me laisse deviner lequel est masculin et lequel est féminin !! La serveuse, qui ne parlait pas un mot de français, a ouvert de grands yeux mais a fini par comprendre et me dire que j’étais une « signore » 😆

12 septembre 2008 – Lac du Verney, lac d’Arpy et col de la Croix

Ce matin nous allons voir le logeur pour lui demander si l’on peut passer une nuit supplémentaire au ‘Village’. La chambre d’hôte est réservée pour ce week-end, mais par chance ce vendredi soir nous pouvons encore rester. Nous discutons un peu avec lui des randonnées à faire dans les environs et aussi vers le parc du Grand Paradis, notre prochaine destination. Il est de bon conseil, étant lui-même adepte de ‘courses’ en montagne !

Aujourd’hui, c’est une journée relax. Bon ok on avait dit la même chose hier 😛 Mais là, vraiment, on va essayer de s’y tenir ! Preuve de notre bonne volonté, le premier but de la journée sera le lac de Verney (lago Verney).

Ce lac se situe à 2088m, un peu en contrebas du col du Petit St-Bernard qui fait frontière avec la France. Il est presque au bord de la route… le dénivelée aurait été parfaitement négligeable s’il ne nous était pas venu à l’esprit d’escalader une pente pour voir ce qui se cachait en haut. Bon ce n’était pas une super idée, ça a un peu fini en escalade et la descente était casse-gueule :mrgreen:

Nous songeons d’abord à faire une randonnée dans le coin mais il fait trop glacial et venteux. Nous nous contenterons d’un tour du lac, ce qui nous prendra déjà un certain temps. Les chemins sont boueux et défoncés, parfois nous devons contourner des zones marécageuses. Au moins il n’y a pas moyen de nous perdre, ici !

Du côté français, tout est dans les nuages… il y a quelques ruines romaines au sommet du col.

Les petits points que nous avions vus au loin sur la pente se révèlent être des vaches. Eh bien l’air de rien, c’est impressionnant tout un troupeau de vaches qui se dirige sur vous en trottinant allègrement ! Et elles sont habiles sur les pentes, contrairement à ce qu’on pourrait croire…

Certaines viennent nous renifler (voire voudraient bien nous léchouiller), d’autres nous contournent nerveusement. Les vachers et leurs chiens guident le troupeau. Le joyeux tintement de dizaines de cloches résonne puis s’éloigne doucement…

Un nuage dissident a passé la frontière italienne :

Nous redescendons pour dîner à des températures un peu plus clémentes. Il n’y a pas énormément d’endroits propices. Dans un lacet, on trouvera une table de pique-nique et deux bancs constitués de troncs d’arbre taillés. Il faut faire gaffe aux champignons mais il y a moyen de s’asseoir… en contrebas coule un petit ruisseau. On entend au loin le grésillement de la ligne haute tension.

Il va falloir décider du programme de cette après-midi. Le logeur nous avait parlé d’un lac pas très loin de Morgex, dans lequel on pouvait voir se refléter le Mont-Blanc… une promenade facile… allons, c’est adjugé !

Le départ du chemin se trouve au niveau du col Saint-Charles (Colle San Carlo, 1971m) et une belle promenade presque à niveau se poursuit dans la forêt jusqu’au fameux lac d’Arpy (2066m). Un dénivelée inférieur à 100m, c’est vraiment une journée repos !

Il fait fort chaud et c’est un plaisir de marcher à l’ombre des arbres. C’est plat, ça nous change ! Ci-dessous, quelques jeux de reflets dans des flaques d’eau…

Sur les pancartes, ils disent « site idyllique ». Eh bien je dois vous avouer quelque chose : ce n’est pas du tout exagéré !!

L’été, ce doit être plein de monde. Un lac d’une eau transparente (certes glacée mais après tout elle reflète les neiges éternelles du Mont-Blanc), de belles étendues herbeuses s’allongeant paresseusement à côté de lui, le tout dans un écrin de montagnes… à couper le souffle.

Il y avait une demi-douzaine de personnes profitant paisiblement du lieu. Le pont en bois était rigolo : il était littéralement cassé en deux. On en voit une moitié ci-dessous (au fond), l’autre partie est symétrique…

Malheureusement nous ne parviendrons pas à capturer le reflet du Mont-Blanc, l’eau n’était pas assez lisse à cause du vent !

Un panneau d’information mentionne l’existence de tritons alpestres (ou tritons alpins ? je ne sais pas comment on dit) dans les parages. Mais nous aurons beau les appeler par leur petit nom, nous n’en verrons aucun.

Par contre, nous rencontrons d’autres hôtes lacustres… qui n’étaient pas spécialement enchantés de faire connaissance avec AàG 🙂

Après un traditionnel tour du lac, nous avons encore la moitié de l’après-midi devant nous. Nous avons bien essayé de nous asseoir et de ne rien faire, mais c’est terriblement difficile, même avec un panorama hypnotisant comme celui-là (cliquez sur le lien pour voir la photo panoramique).

Après une demi-heure de contemplation béate et immobile, nous remettons les chaussures et décidons de poursuivre jusqu’au col de la Croix (Colle della Croce, 2381m). Un bon 300m de dénivelée, ce n’est quand même pas la mer à boire… le sentier que nous allons prendre est visible à l’arrière-plan sur la photo ci-dessus.

Finalement la montée ne sera pas si aisée que ça, la fatigue des jours précédents s’est accumulée dans les mollets et, au fur et à mesure que nous montons, un fort vent semble vouloir nous repousser.
Peu avant le col, nous arrivons aux premières ruines de forteresses militaires.

Au col de la Croix nous découvrons d’autres fortifications ainsi que ce splendide panorama de montagnes couronnées de nuages (cliquez pour voir la photo panoramique).

On mitraille, en bons touristes que nous sommes…

Un sentier monte vers des ruines mieux conservées, que nous visiterons en claquant des dents car le vent est toujours aussi fort et de plus en plus froid (l’après-midi est déjà bien avancée).

Deux touristes arrivent par un autre chemin, dérangeant notre solitude (ouais, on a des fantasmes d’être seuls au monde de temps en temps).

L’heure tourne, il est temps de songer au retour. De toute façon la luminosité a commencé à baisser, la séance photo est terminée. Nous redescendons au col.
Deux photos au cadrage presque semblable mais donnant malgré tout une ambiance différente :

Le grand muret barrant toute la largeur du col est particulièrement impressionnant.

Nous allons prendre un autre chemin pour rentrer, et ainsi faire une grande boucle jusqu’au plan de Buillet. Il n’y a que la toute fin du sentier qui sera commune avec l’aller.
Ce sentier nous étonne, il reste presque à l’horizontale pendant un temps incroyablement long ! Nous nous demandons s’il finira par descendre, si nous ne nous sommes pas trompés… Nous allons revoir « par le haut » le lac et le trajet effectué.

Le retour nous paraîtra beaucoup plus long que l’aller. L’avantage de rester aussi près de la crête est que nous avons encore de la lumière. Il est presque 19h30 quand nous arrivons au parking, fatigués mais contents de notre journée « de repos » (450 à 500m de dénivelée en tout).

Juste en face de l’hôtel Genzianella se trouvent les ruines d’un autre édifice militaire. Le bâtiment est invisitable mais son architecture extérieure est intéressante. Il reste tout juste assez de lumière pour en prendre ces quelques photos souvenirs…


Carabinieri Reali

Nous irons manger dans un petit restaurant local à côté de l’église de Morgex. C’est vendredi soir et il y a beaucoup de gens (pas des touristes !). C’était bon (surtout le dessert n’est-ce pas AàG ? 😛 ) et nous avons payé un prix très démocratique. Nous avons regretté de ne découvrir cet endroit que le dernier soir… car demain nous quittons la région de Courmayeur pour nous rendre du côté de Cogne.

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