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Bande-son : Iggy Pop – The Passenger

Ça fait du bien de déconnecter quelques jours ! Je suis sûre que la fermothérapie a beaucoup d’avenir 🙂

Mode d’emploi :

– planter sa tente dans un lieu bucolique

– mise en jambe : attraper un frelon avec un bocal à confiture en slalomant entre 8 ruches


(il a été libéré après photo, c’était pour l’identifier avec certitude)

– brosser un fauve

– se faire de nouveaux amis patibulaires mais presque

– manger des légumes trop bons (n’étant pas cruelle, je ne vous évoquerai pas la linzertorte aux framboises)

– tenter d’imiter les poses du Maître yogi

– trouver un langage commun (= celui de l’estomac et des câlins)

– changer de point de vue

– apprendre les stratégies gagnantes

– regarder les fleurs et écouter pousser les légumes

– avoir l’œil

– admirer le ballet des nuages

– s’ancrer

MERCI

Bande-son : Passenger – Let Her Go

Ayé, c’est fini ! Terminée, la rocambolesque corvée de la piqûre de venin d’abeille sur le parking de l’hôpital ! 😀

Mon taux d’allergène est repassé sous la barre fatidique des 0.1 je-ne-sais-plus-quelle-unité. Mon nouvel allergologue (le précédent ayant pris sa retraite) me conseillait initialement de continuer.

Il a changé d’avis pour me « vendre » une autre désensibilisation – on ne peut pas en faire plusieurs en même temps – laquelle sera à la fois plus fréquente et moins contraignante puisqu’il s’agit de comprimés sublinguaux à prendre quotidiennement contre les pollens de graminées.

Heureusement ce n’est que 4 mois par an, pendant 3 ans. A 92 euros la boîte de 30 comprimés… j’espère qu’il a une commission !

Les vieux voisins du fond du jardin vont partir en « maison de repos et de soins ». Ça me fend le cœur pour eux de savoir qu’ils vont devoir quitter cette maison et ce jardin qu’ils aiment tant, et passer ce dernier chapitre de leur vie entre les murs étrangers d’une institution. Oh ils seront mieux lotis que la plupart, avec un petit appartement indépendant dans une résidence-services… mais rien ne sera plus pareil. J’aurais souhaité qu’ils puissent adapter leur maison, plutôt que devoir s’adapter eux.

Ça m’inquiète également pour nous, car ce voisinage discret, cultivé, amical était hautement appréciable et apprécié. Je pressens que les futurs propriétaires ne seront pas du même bois.

En regardant les maisons à vendre, nous sommes tombés par hasard sur une annonce concernant la maison de notre autre voisine ! Bon, nous n’avons aucun contact avec elle et ne sommes pas mécontents de savoir que son très bruyant chien va partir, mais ça fait drôle quand même. Et là encore, une inconnue concernant les futurs voisins.

Même la ruche est désertée, je crois bien qu’il n’y a plus qu’une poignée d’abeilles dedans. Bien que hier soir il se soit passé un épisode assez étrange, avec beaucoup de remue-ménage et des abeilles nerveuses envahissant jusqu’à l’intérieur de la maison. C’est la fin de la miellée, d’ailleurs je fais du bee-sitting avec les ruches de notre amie apicoleuse car elles manquent de réserves… peut-être que notre ruche s’est faite piller malgré le limiteur d’entrée ? (auquel cas je me demande si ce sont nos survivantes qui résistaient aux envahisseuses, ou bien deux colonies étrangères qui se battaient pour le pactole)

Il ne nous reste plus qu’à partir nous aussi !

Bande-son : Neil Halstead – High, Low, and In-Between

Bah oui, comme je suis une grande sensible, je me désensibilise 😛


Faut pas croire que ce soit facile et inné de butiner

Ça va être un brin longuet mais je récapitule la saga pour les allergiques en recherche d’informations :

Suite au petit incident (+/- 40 piqûres) que j’ai eu lors de mon premier enruchement fin mai 2011, j’ai fait une réaction « généralisée » mais extrêmement légère et retardée de plusieurs heures – tension, température, sensation de malaise, un poil d’oppression à la respiration durant un moment (peut-être psychosomatique ?) – rien de spectaculaire. Même pas mal ! mais qu’est-ce que ça chatouille…


J’t’aurai, étamine de ta mère !

J’ai même failli ne pas investiguer et continuer comme si de rien n’était, c’est plus par acquis de conscience qu’autre chose que je l’ai signalé à mon allergologue à l’occasion d’un contrôle annuel, quelques mois plus tard. La prise de sang a révélé une allergie au venin d’abeille, j’étais à 9,22 U/ml (au lieu de < 0,10). Et meeerde.

Bon en réalité j'ai été chanceuse. Un choc anaphylactique est complètement imprévisible : même si on a déjà eu 1000 piqûres sans aucun problème, ça peut être la 1001ème… En fait, selon la fréquence et les doses qu'on reçoit, on peut aussi bien se "vacciner", que devenir allergique ! Heureusement le corps commence souvent par un "avertissement", qui est la réaction locale.


Ceci est un avertissement

Mon allergologue ne m’a jamais demandé d’arrêter l’apiculture (ne pas aller au devant d’échecs certains, c’est une bonne stratégie 😛 ), mais au vu des résultats de mes analyses sanguines il a lourdement insisté pour que je me « vaccine ». La désensibilisation au venin d’abeille est une de celles qui marche le mieux, avec 90% de réussite.

A contre-cœur j’ai fait taire ma mauvaise foi et me suis résolue à suivre son conseil et écouter le signal de mon corps. J’ai pris rendez-vous avec le service des soins intensifs pour lancer la cure en novembre 2011. Le protocole se déroule sur deux journées (par le passé c’était même 3, argh). Ils injectent en sous-cutanée (par exemple dans les épaules), chaque heure, une dose de moins en moins diluée de venin, en surveillant en permanence le cœur, la tension et l’oxygène dans le sang. La capacité pulmonaire est également testée après chaque injection – mais j’ai de gros doutes sur le gadget qui leur a permis de mesurer ça 😆


Ouais j’ai perdu une antenne, j’suis trop une warrior et d’abord j’te tire la langue

Ensuite, toutes les 4 à 6 semaines (max. 8 semaines d’écart), on réalise à l’hôpital une injection d’entretien (un « rappel ») qui correspond à la dernière dose reçue lors du lancement, équivalent à 3 piqûres d’abeille. On attend 1/2h sur place après, pour surveiller une éventuelle réaction.

Selon ce que j’ai compris, à la fin du processus (qui dure minimum 3 ans), on ne devient pas « risque zéro » face au choc anaphylactique, on revient simplement au même risque que tout le monde face à une piqûre d’abeille.

D’ici à ce que ma désensibilisation soit achevée, j’ai en permanence avec moi une seringue auto-injectable d’adrénaline (épinéphrine) au cas où. J’ai encore jamais dû me la jouer façon Pulp Fiction, rassurez-vous. Je prends aussi un antihistaminique quasiment tous les matins pour mes autres allergies.

Et là, Dieu dit « Que les emmerdes soient », et les emmerdes furent.


Tournée générale de gnons

Mon premier rappel a eu lieu dans ce même hôpital, à la consultation de mon allergologue. Jetons un voile pudique sur tout le bordel que ça a été avant d’arriver à poser le pied dans son bureau. Il m’a fait l’injection et m’a prié de patienter les 30 minutes réglementaires dans le couloir. Je me surveille donc moi-même ! Au bout d’un quart d’heure il est revenu et m’a dit que je pouvais partir. Je n’ai rien objecté, ça m’arrangeait bien pour attraper mon train, sinon j’aurais dû poireauter une demi-heure à la gare et j’étais déjà suffisamment gavée.

Avec les trajets, les formalités, son retard, etc. ça m’a pris 1/2 journée complète… pour moins d’une demi-heure utile ! J’avais les nerfs à fleur de peau ce jour-là, et les larmes au bord des cils. Je manque de temps pour plein de choses alors le voir gaspillé ainsi, ça m’a rendue malade. De même que l’idée de perdre 10 demi-jours de congé par an juste pour ça. Oui je suis radine avec mes jours de congé, farpaitement, j’en ai BESOIN c’est vital. Bref je me suis dit qu’il fallait que je trouve une alternative moins chronophage et si possible plus respectueuse de l’humain que cette machinerie monstrueuse dans laquelle je m’étais sentie si mal.


Bon fini de rire, j’vous laisse j’ai du pollen à récolter

Mon allergologue, compréhensif, m’a dit : pas de souci, du moment que vous le faites en milieu hospitalier et pas dans un cabinet privé car il faut être proche des urgences. J’ai répondu OK, ça ne me semblait pas être une condition difficile à respecter. Ah ah, naïve que j’étais !

J’ai téléphoné à l’hôpital près de chez moi pour voir s’ils pouvaient me faire cette injection en « hôpital de jour ». Ma requête était manifestement exotique car mon interlocutrice ne savait pas trop quoi me répondre, m’a dit que je devais au préalable prendre rendez-vous avec un allergologue chez eux. J’ai été tout miel en répondant que c’était inutile car j’avais déjà un protocole établi par mon docteur et je ne voulais pas en changer en cours de traitement… mais apparemment ils avaient besoin d’avoir un référant interne afin de porter la responsabilité de l’acte. Soit ! Sauf que rapidement il est apparu que, même ainsi, cela n’allait pas être possible car figurez-vous que les injections sous-cutanées n’ont pas de code pour la compta… elles ne sont donc pas facturables… résultat : désolée du coup on ne peut pas le faire

Selon elle, il fallait impérativement que je prenne un rendez-vous chez le docteur à chaque fois. Pourquoi diable surcharger les consultations des spécialistes avec ce genre d’acte ? Sans parler de la sécurité sociale… j’ai trouvé ça assez révoltant, illogique et irrespectueux. Ensuite j’ai un peu perdu cela de vue, puis j’ai attrapé une bonne grosse grippe durant quinze jours.


Timide

J’ai pris mon courage à deux mains et me suis rendue à l’entrée des urgences pour leur demander si je pouvais me faire l’injection là. L’ambulancier a été un peu surpris et a dit « oh bah oui pas de problème ! » puis il a réfléchi – erreur funeste – et ajouté « mais allez voir si vous ne pouvez pas plutôt le faire dans la salle d’attente plutôt qu’ici dans le couloir, ce sera plus confortable pour vous et plus pratique pour nous si on doit vous évacuer sur une civière« .

J’ai donc été reposer ma question à l’accueil des urgences, et une fois encore la guichetière ne savait pas trop quoi faire ni comment réagir. Elle a fini par me dire, pas trop à l’aise, « d’accord mais je vais quand même prendre note de votre identité et du produit ainsi s’il y a un souci tout sera déjà encodé« . Nickel, ça me va ! J’étais tellement soulagée d’avoir enfin trouvé une solution… ô joie et allégresse ! Sauf qu’à ce moment-là, une doctoresse est passée, et l’autre en a profité pour lui refiler la patate chaude.


L’intruse

Le verdict est tombé : « pas question, si vous faites ça ici c’est notre responsabilité alors on le fait dans les règles de l’art, vous attendez votre tour et on va dans un box monitoré« . Je lui ai expliqué que j’avais déjà passé deux jours sous monitoring pour lancer la cure et que ce n’était plus nécessaire de sortir l’artillerie lourde, ce n’était qu’un petit entretien, vous savez, comme chez le garagiste. Autant pisser dans un violon (et pour une fille c’est vachement difficile). « Mais enfin pourquoi n’allez-vous pas à l’hôpital de jour ? » Ah ah ! Je lui ai expliqué la fin de non-recevoir surréaliste que j’avais reçue suite à l’impossibilité de facturer, elle a halluciné… mais n’a pas revu sa position pour autant.

Je n’ai pas voulu accepter son deal : c’est abusif, mon cas n’a rien d’urgent et ne justifie en aucun cas d’encombrer la liste d’attente des urgences, d’occuper un lit et de prendre inutilement le précieux temps des médecins urgentistes. Sans compter que je n’ai nulle envie d’attendre 3h là. Désemparée pour ne pas dire désespérée de me retrouver face à des murs partout, je lui ai dit combien j’avais la sensation d’être entre le marteau et l’enclume, avec personne qui n’osait prendre la responsabilité de ces rappels, et que j’allais finir par devoir me piquer sur leur parking ! (je ne pensais pas si bien dire) Elle m’a répondu paisiblement que là ce ne serait pas de leur responsabilité.

Le délai des 8 semaines expirait et, faute de mieux, je me suis retrouvée dans le cabinet de mon généraliste :-s Je lui ai demandé comment il réagirait si je faisais un choc suite à l’injection : je ferais le 112 pour appeler une ambulance. Hum, je n’étais pas à mon aise, surtout qu’il est un peu bègue alors sous le coup de l’émotion, passer l’appel… je préfère pas savoir ce que ça donnerait. Il est très gentil et voulait bien continuer, il le faisait déjà avec d’autres personnes, mais ça contrevenait aux recommandations qui m’avaient été faites et par prudence je n’ai pas voulu continuer ainsi.


Gare au vertige

Et voilà comment, depuis deux ans et demi, je me retrouve sur ce parking avec AàG. Finalement il faut reconnaître que c’est très pratique : pas de rendez-vous à prendre, pas de temps perdu… mais ça reste un pis-aller et je suis amère de la façon dont on a été réduit à cette solution. Du coup je me console en profitant éhontément du meilleur glacier du Belgikistan. Bah quoi ? Le froid c’est bon pour la douleur.

Quand je m’injecte le venin ça chauffe et gonfle pendant plusieurs jours, même si maintenant je commence à voir la différence. Après seulement 5 rappels, ma prise de sang s’était déjà spectaculairement améliorée. Après un an et demi mon taux sanguin d’allergènes avait chuté de manière tellement drastique que mon allergologue a demandé au labo s’il n’y avait pas une erreur.

Curieusement les résultats de cette année ont de nouveau augmenté, je me demande si ce n’est pas à cause de la piqûre que j’ai eue dans le cou dernièrement. La première « vraie » piqûre depuis l’accident… Le venin en poudre n’aurait-il pas tout à fait les mêmes caractéristiques que celui tout frais tout chaud sortant du dard de mes fifilles ?


Conciliabule : et tu te rends compte, là elle me dit que bzz bzzz…

Vous aurez compris que ce qui est le plus pénible pour moi dans la désensibilisation, ce ne sont pas les piqûres… c’est le corps médical.
Tous à se mettre la ceinture et les bretelles jusqu’à ce que le patient finisse par s’étrangler dedans ! Sans oublier l’argent qui est le nerf de la guerre.


J’suis pas très nette mais mignonne

Toutes les 6 semaines en moyenne, je me rends consciencieusement à l’hôpital. Le banc en bois situé en face du parking, entre les admissions et les urgences, est très confortable. Quand il est déjà pris, il ne nous reste plus qu’à nous asseoir sur la bordure en béton du trottoir. C’est tout de suite plus glauque.

Là, je sors la seringue et les flacons, fais mon petit mélange entre le solvant (albumine) et le venin d’abeille en poudre. Ensuite je m’injecte tranquillou tout ça dans le haut du bras, sous le regard des passants.

AàG me dit toujours « on va se payer les flics »… mais rien, nada, que dalle. Pas une seule remarque ou question. Parfois juste des conversations qui s’interrompent, le temps de passer.

Ensuite nous devons attendre la demi-heure fatidique pour éliminer tout risque de choc anaphylactique.

Il s’en passe des choses sur un parking d’hôpital. Faut pas croire. Même quand le glacier n’est pas là.

Par exemple cette personne qui va jusqu’à l’automate situé un peu plus loin. On la voit introduire son ticket de parking, attendre qu’il ressorte… tambouriner de plus en plus violemment sur la machine… (je comprends mieux pourquoi elle est blindée ‘_’) Jusqu’à ce qu’un autre usager arrive : « Elle ne va pas ? Attendez, je regarde. Ah mais elle vous demande juste d’introduire l’argent en fait ! »

Ou encore ces deux personnes qui traversent la rue en essayant de se rappeler dans quelle rangée elles étaient garées. « Non mais regarde, ici c’est B, nous c’est plus loin ! »
Alors certes les allées du parking sont repérées par des lettres, mais le « B » en question était… la signalisation de la borne incendie.

Puis bien sûr il y a ce couple de drogués sur le banc. Avec la tarée, seringue à la main, qui demande à l’autre de faire le bruit des vagues. Et lui qui le fait 🙂

Non je ne vous invite pas à un suicide collectif, simplement je me fais du mouron. Samedi dernier, on est retourné chez notre « voisine » apicoleuse en herbe et on a transporté la ruche à son emplacement définitif, dans notre jardin. La colonie nous a paru d’un calme surnaturel – cela dit, lors de l’enruchement c’était le cas aussi : ces filles sont beaucoup trop gentilles 😯

Zubida, arrête la fumette, t’es trop peace and love ! (*)

Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait pas un chat gardien au trou de vol. Sur aucune des ruches.
C’est quoi ce bordel, déjà plus personne qui bosse ? et c’est entrée libre ?
Bon ok il était 21h passées, mais il faisait encore clair et pas si froid que ça !

L’apicoleuse nous a rassurés : dans l’après-midi il y avait de l’activité visible. Ouf. De toute façon on ne pouvait pas ouvrir la nôtre juste avant le transfert, alors alea jacta est.


La confiote, un faux nectar…


…mais un vrai régal !

On a roulé-porté la brouette jusqu’à la voiture, sans un seul bzzz de mécontentement. Je donne un coup sec sur le bois, normalement un bourdonnement bref et fort doit y répondre… je n’entends rien.

Euh dites, en fait, on transporte une ruche vide, là, non ??

Le lendemain matin, on libère la planche d’envol, une abeille s’envole tandis qu’une autre vient inspecter.
Hey cool, on a au moins deux abeilles !!
Enfin une… car la butineuse qui est partie sans se réorienter va sans doute retourner à sa précédente maison.

Je mets un obstacle devant le trou de vol pour les forcer à reprendre leurs repères. On est à 3km de l’autre rucher, c’est la limite théorique pour se soucier ou non de cela. Au pire, tout ou partie des butineuses iront renforcer les ruches de l’apicoleuse voisine… mais vu la faiblesse apparente de la colonie, j’aimerais autant éviter !!


Admirez la taille de guêpe…

Je n’ose pas ouvrir la ruche car elles viennent de subir le stress du déménagement et il ne fait pas assez chaud à mon goût. J’installe par contre le nourrisseur avec un demi-litre de sirop de stimulation 50-50 (moitié sucre, moitié eau) encore tiède. J’en fais dégouliner un peu sur les rayons, distribution gratuite, dépêchez-vous, il y en aura pas pour tout le monde ! Même pour les fourmis.


Abeille tombée dans la potion magique…

Dans l’après-midi, je pars chez l’apicoleuse pour contrôler sa colonie et transférer dans une ruche les cadres d’une 2e colonie qu’elle a pu récupérer et qui est encore en ruchette (6 cadres). Comme nous sommes toutes deux assez inexpérimentées, le faire ensemble nous permet de s’entraider, confronter nos points de vues et nos souvenirs des cours. Ce qui n’est pas du luxe et n’empêche pas de faire des bêtises.

Nous inspectons méthodiquement chaque cadre, trouvons la reine (facile, elle est marquée 😀 ), il y a du couvain sur deux cadres, peu de réserves, ça me conforte dans ma décision de nourrir car en ce moment il n’y a pas grand chose à récolter. Je pense même qu’il aurait fallu le faire beaucoup plus tôt, sans doute une erreur d’appréciation de la part de l’apicoleuse. Et je n’aurais pas dû introduire dès le départ un cadre vierge au milieu du nid de couvain, erreur d’appréciation de ma part.
On apprend… en espérant que les filles n’en pâtissent pas trop :-/


Abeilles, fourmis, guêpes… et pourquoi pas moi ? dit la mouche.

Dans la ruchette, qui a une toute autre provenance, les filles sont un peu plus vives et ont davantage construit les cadres cirés. Sur la fin, on abandonnera la recherche de la reine (non marquée) car elles commencent décidément à trouver le temps long. Or voir un nuage se former ainsi autour de nous, y a rien à faire, ça me rappelle de mauvais souvenirs et me rend un peu nerveuse…

De toute façon, il y a du couvain donc une reine est bien présente – et si par malheur elle venait de clamser, les ouvrières pourront faire un élevage de sauveté pour en générer une nouvelle.


Vue générale de l’orgie


Je suis tellement poisseuse que je ne peux plus voler !

Le nourrisseur n’a pas un franc succès, il y a seulement quelques abeilles dedans… Chaque jour je fais couler un peu de sirop sur le dessus des cadres et là elles s’en occupent mais j’ignore si elles se disent « Ouaiiiis, du sucre, miam ! » ou plutôt « Ah ça y est, elle vient encore tout nous saloper, faut qu’on nettoie ! »

Les températures restant relativement fraîches, je n’ose pas sortir les cadres car elles semblent déjà peu nombreuses pour maintenir le couvain à 35°C. En espérant qu’il y ait du couvain, bien sûr ! Il y a très peu de butineuses, mais je vois rentrer des pelotes de pollen ce qui est bon signe.


Attends, je vais te lécher !

En regardant par dessus, je vois grosso modo deux cadres remplis d’abeilles, les autres ça n’a pas l’air très peuplé… c’est vraiment peu, mais je ne vais pas leur faire subir un stress supplémentaire en les redéménageant en ruchette.

J’espère que la reine n’a pas été mal fécondée, et que c’est simplement la faiblesse initiale de la colonie, le manque de nourriture et l’erreur du cadre vierge qui ont limité sa ponte.


Bien dégagé derrière les oreilles ?

(*) Bon ben je crois que Zubida m’a écoutée et a arrêté le bédo : pour une fois que j’y allais sans vareuse, je me suis fait piquer ! 🙄 Au cou en plus… heureusement que ma désensilibation est déjà bien avancée (bon si vous ne me lisez plus, inquiétez-vous :mrgreen: ) L’air de rien, ça fait un mal de chien… et une abeille en moins 😥

Pendant ce temps-là, dans le jardin, le printemps s’est invité et la parure des arbres fait écran à la maison des voisins-du-fond-du-jardin.

Il n’y a pas que les pommiers qui fleurissent.

Nous avons évité de tondre cette partie du jardin où foisonnent les myosotis véroniques petit-chêne. Ca a permis à un gros bombus de se régaler avec 🙂

C’est assez acrobatique !

Quel beau proboscis ❤
(argh je me demande si ce n’est pas une tique, sur la feuille à côté…)

On dirait que ce pauvre bourdon n’a plus de métatarse à sa patte postérieure.

Ces fleurs sont décidément trop petites et trop légères, c’est un coup à se retrouver carrément sur le dos !

Le gardien veille :

Vendredi nous avons été chercher une nouvelle colonie d’abeilles 🙂 Ce sont des buckfast – pas par choix, mais on est quand même rudement content de les avoir après un an d’abstinence ! Leur doux bourdonnement et leur odeur si particulière nous manquaient.

Nous ne l’avons pas ramenée chez nous mais bien chez une voisine apicoleuse, à quelques kilomètres (c’était plus facile à gérer pour les semaines à venir). Elle aussi ramenait une colonie. Dimanche nous nous sommes occupées ensemble des deux ruches et c’était bien sympathique. Les filles ont été magnanimes avec les débutantes maladroites que nous sommes : aucune piqûre à déplorer !

Elles étaient en ruchette (6 cadres) car pas encore très nombreuses, nous les avons enruchées sur 9 cadres pour qu’elles soient plus à l’aise. J’ai même aperçu Sa Majesté Zubida III et son marquage vert.

J’ai pris le risque de glisser au milieu du couvain un cadre vierge (ciré seulement sur la moitié de la hauteur, un essai). Espérons que les températures ne chutent pas, sinon elles vont peut-être avoir du mal à garder les larves à 35°C… j’espère ne pas avoir mis la charrue avant les bœufs.

Dans un mois, si tout se passe bien, nous ferons le déménagement final 🙂

L’art de chercher sans trop trouver déplaire… Consternant.
On nous prend vraiment pour des canards sauvages.

Déclin des abeilles : les mots qui fâchent
Extraits de : LE MONDE | 13.04.2014 – Stéphane Foucart

C’est une étude fascinante qu’a rendue publique, le 7 avril, la Commission européenne. Conçue par Bruxelles (NdDDC : bon sang arrêtez de dire « Bruxelles » en lieu et place d’Union ou Commission Européenne, c’est insultant !) et conduite par un laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses), cette enquête a essentiellement consisté à mesurer la mortalité des abeilles (…) dans 17 pays européens.

Mais le plus intéressant n’est pas le résultat obtenu. Le plus intéressant est le résultat qui n’a pas été obtenu.

Pourquoi ? Simplement parce que le protocole choisi visait à restreindre la recherche des causes des mortalités observées aux uniques pathogènes naturels (…)

Nous ne saurons donc pas quels résidus de pesticides se trouvaient dans les colonies les plus touchées. Et ce, alors même que des travaux académiques toujours plus nombreux montrent les effets délétères des nouvelles générations de pesticides et des mélanges de substances actives sur la survie des abeilles et des pollinisateurs.

(…)

(…) lisons les trente pages du rapport rendu public : le mot « pesticide » n’y figure pas. Le mot « insecticide » non plus, pas même une litote aussi bénigne que « produit phytosanitaire ».

On cherche, en vain, les mots « agriculture », « pratiques agricoles »… On se frotte les yeux. C’est un peu comme si une étude épidémiologique sur les causes du cancer du poumon avait non seulement omis de questionner les participants sur leur consommation de tabac mais que, de surcroît, les mots « cigarette » ou « tabagisme » aient été exclus de son compte rendu.

(…)

Cette pudeur sémantique rappelle celle des vieilles études financées par les cigarettiers américains, qui attribuaient d’abord le cancer du poumon à la pollution atmosphérique, au radon, aux prédispositions génétiques et, éventuellement, au… « mode de vie » – c’est-à-dire à la cigarette.

Que la science se pratique dans un contexte où il n’est pas possible d’énoncer un fait aussi trivial que le caractère nocif des insecticides pour les insectes devrait nous porter à une profonde inquiétude. Pas forcément pour les abeilles mais, surtout, pour ce que cela dit de notre société.

Les députés européens ont choisi le camp de la Commission européenne : la présence de pollen OGM dans le miel ne devra pas être mentionnée sur les étiquettes.

En effet, le pollen est un « constituant naturel » du miel selon le texte adopté par le parlement. Si les eurodéputés avaient défini le pollen comme « ingrédient » du miel (option retenue par la cour de justice européenne et soutenue par la commission environnement), les apiculteurs auraient dû signaler la présence d’OGM à partir du seuil de 0,9% dans le pollen.

Il faut savoir qu’il y a maximum 0,5% (poids) de pollen dans le miel… la nuance est donc très importante, puisque même si 100% du pollen contenu dans le miel est OGM, le miel reste sous la barre fatidique des 0,9% et ne nécessite pas d’étiquetage particulier. Abracadabra !

Ce vote satisfait pleinement les lobbies et notamment celui des producteurs d’Amérique Latine, pays grands amateurs de cultures OGM qui fournissent 20% du miel consommé en Europe (soit la moitié des importations).

Que dites-vous ? La traçabilité ? La protection des consommateurs ? Allons allons, pas de gros mots !

Imposer une traçabilité maximale « irréaliste » aurait au contraire créé un « dommage collatéral » aux apiculteurs, selon la rapporteur Julie Girling (UK).

« C’est mère-nature qui dit que le pollen est un constituant du miel« , dit le commissaire européen à la santé Tonio Borg. Bizarre que les Verts ne soient pas en phase avec Mère Nature !

Le dossier doit désormais être soumis aux gouvernements avec qui le Parlement entamera des discussions pour un arbitrage final. Mme Girling s’est prévalu du soutien de la plupart des 28…

Source : Le Soir – 15/01/2014

Edit> Pour les Belgikistanais, voici une pétition contre l’utilisation de round-up sur les champs en fleurs.

La pollution et la destruction de notre environnement, ainsi que l’épuisement des ressources naturelles progressent rapidement et sans retenue. On appelle écocide la destruction partielle ou totale des écosystèmes.

Toute vie sur terre, notre coexistence pacifique et notre bien-être dépendent d’écosystèmes : la nature fournit toutes les ressources nécessaires. Nous devrions apprécier et protéger cette générosité.

C’est pourquoi nous demandons que les crimes contre la nature soient reconnus comme écocide. Nous voulons que l’Écocide devienne un crime pour lequel des sociétés et des personnes puissent être jugées responsables selon le droit pénal et le principe de la responsabilité supérieure.

Vous pouvez nous aider à rendre cela possible !

Je vous encourage vivement à signer cette pétition et à la diffuser largement.
Elle est destinée à tous les Européens et est accessible en différentes langues.
Le délai est très court (j’ignore pourquoi) et elle n’a pas encore beaucoup circulé.

Prenez le temps de faire défiler quelques photos et de le lire leur légende…

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