Bande-son : Asaf Avidan – Reckoning song

Je reprise de vieilles chaussettes pleines de trous partout. Un amas de failles béantes reliées par quelques fils maintenant un semblant d’ensemble. Je suspecte une projection – je ne vois rien d’autre pour expliquer mon acharnement à les réparer.

Je n’ai aucune énergie, aucune concentration, rien d’étonnant vu que je dois dormir une moyenne de 5 à 6h par nuit depuis l’été dernier, et encore moins ces dernières semaines. Je fais un peu l’ours mais parfois malgré tout je sors, je vis, je ris même. Et puis quand je me retrouve seule, souvent en voiture, les larmes déferlent soudain.

L’appétit me joue des tours, je bouffe n’importe quoi et reprends les kg que j’avais si facilement perdus ces dernières années. Un collègue appelle cela « manger son chagrin ». Je crois plutôt que je ne trouve plus rien qui me nourrisse.

Bref je crois qu’il serait temps de mettre un grand coup de pied au fond de l’étang pour remonter. Sauf qu’avec toute cette vase, je ne sais pas très bien où est le fond. Si ça se trouve ce n’est pas un étang mais une fosse septique.

Alors les livres…

N’oubliez pas : ce dimanche 2 décembre, c’est la marche pour le climat !

Dernières lectures, que je vous présente dans le cadre du défi de Melle Ambre.

Indignez-vous ! – de Stéphane Hessel
Une collègue me l’a prêté. Eh non, je ne l’avais pas encore lu ! Très court, très percutant, très inspirant… je le conseille à tout le monde.

07. emprunté à un·e ami·e
12. de moins de 100 pages
32. avec une couverture moche
37. qui donne envie de (écrire, voyager, ..) – faire bouger les choses
40. interdit dans un pays – je ne sais pas si c’est une interdiction au sens propre mais apparemment Israël, Russie et quelques autres sont (ou étaient) hostiles à ce que l’ouvrage soit traduit et vendu chez eux
43. aucune image sur la couverture
56. le titre est une phrase (sujet, verbe, ..)
66. l’auteur n’est plus en vie

Le pavillon des enfants fous – de Valérie Valère
L’histoire autobiographique de l’auteure, internée 4 mois durant son adolescence pour anorexie.
Un livre lucide, dur, atypique, interpellant, sans faux-semblant. Fort et sensible à la fois.

14. paru votre année de naissance
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
47. auteur complètement inconnu de tous
54. l’histoire se déroule en France
55. avec un visage sur la couverture
66. l’auteur n’est plus en vie – morte à 21 ans
68. publié au XXe siècle

C’était pourtant l’été – Maeve Binchy
Un tout autre genre pour ce roman qui parle de l’amitié, l’Irlande et l’Angleterre, la religion, la folie, l’alcoolisme, les femmes battues… mais non sans humour et légèreté. Les personnages sont attachants mais la fin un peu trop brusque et accommodante.
Wiki dit « Maeve Binchy est un écrivain de la condition féminine dans la tradition de Jane Austen. Ses romans ont pour sujet des problèmes traditionnels auxquels les femmes sont confrontées : mariage, divorce, liaisons amoureuses tumultueuses, avortement, escroqueries, endettement. Son originalité consiste à les décrire dans le contexte de l’Irlande du XXe siècle. »

04. de plus de 600 pages – 604 exactement 😉
27. avec un personnage féministe
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
39. qui se déroule dans un pays que vous souhaitez visiter
46. par un auteur d’une nationalité autre que française, américaine, anglaise ou japonaise
47. auteur complètement inconnu de tous – bon ok, presque tous les auteurs sont inconnus pour moi ^^
56. le titre est une phrase (sujet, verbe, ..)
65. la couverture est une peinture (connue ou non)
66. l’auteur n’est plus en vie
67. une plante sur la couverture
71. le titre est énigmatique
80. la couverture n’a rien à voir avec le sujet
90. l’histoire fait voyager

Tout est fatal – de Stephen King

Que dire ? Je crois que je vieillis 😦

03. déjà lu (le relire) – c’était pas fait exprès mais au fil du bouquin je me suis rendue compte que je l’avais probablement déjà lu…
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
56. le titre est une phrase (sujet, verbe, ..)
71. le titre est énigmatique

Mémoire morte – de Donald Westlake

La quête de sa mémoire et de lui-même. Un sujet intéressant. Une quête qui ne peut mener à rien. Juste à un écho qui sonne faux.
Qu’est-ce qui fait notre identité, finalement ? A quoi ça tient ?
Il manque quelque chose dans la façon de traiter ce sujet, mais je ne saurais dire quoi exactement…

31. qui vous a fait pleurer
32. avec une couverture moche
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
66. l’auteur n’est plus en vie
84. un personnage a un handicap
95. a été publié après la mort de l’auteur – écrit dans les années 1960 et publié en 2010

Diloy le chemineau – de la comtesse de Ségur « née Rostopchine » 😉

Quand j’ai vu ce livre tout abîmé, recouvert de papier avec de grosses pommes rouges, un petit goût d’enfance s’est invité… Pas grand chose à en dire, c’est du Ségur habituel pétri des bons sentiments de l’époque sur la religion et les classes sociales. Disons que ça fait passer un trajet en train de grand matin quand on n’a pas envie de trop solliciter ses neurones !

29. lu en une journée
34. le livre est abimé (interdiction de l’abimer soi-même !)
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
42. les premières lignes sont un dialogue
43. aucune image sur la couverture – du moins c’est ce que je soupçonne
54. l’histoire se déroule en France
66. l’auteur n’est plus en vie

Dans le train, un matin tôt. Le contrôleur (je ne me ferai jamais au vocable « accompagnateur ») lit les puces des passagers. Enfin pas – encore – directement des passagers, on se comprend.

C’est un rigolo plein d’énergie qui appelle chaque personne « jeune homme » ou « mademoiselle » avec du soleil dans la voix. Son regard réveille notre humanité.
Quel contraste alors que, souvent, on est juste conforté dans l’impression d’être l’incarnation d’une statistique de fréquentation.

Par son seul passage, cet homme vous transforme tout un wagon de navetteurs moroses et égocentrés en humains souriants et complices. Si c’est pas aussi fort que de changer l’eau en vin, hein ?

Il prend la carte que je lui tends, la scanne et s’exclame « Joyeux anniversaire en retard ! » avant de rajouter d’un ton de connivence « oui à la SNCB on a l’habitude comme vous savez »
J’ai mis deux secondes à comprendre sa blague (je n’avais pas encore pris de thé) mais j’en ris encore ^^

Il y a deux sortes de gens.

Il y a ceux qui vivent, jouent et meurent.

Et il y a ceux qui ne font jamais rien d’autre que se tenir en équilibre sur l’arête de la vie.

Il y a les acteurs.
Et il y a les funambules.

extrait de Neige – de Maxence Fermine.
Court roman que j’ai trouvé oublié ou abandonné dans le train un soir, et que je vais ensuite passer à une collègue. J’ai beaucoup apprécié la poésie de certaines images. Moins l’histoire en elle-même.

Il remplit les défis suivants :
06. le titre contient 1 mot
12. de moins de 100 pages
25. se déroule en Asie
28. avec un élément (eau, feu, ..) sur la couverture – la neige… non ?
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
43. aucune image sur la couverture
47. auteur complètement inconnu de tous – inconnu de l’inculte que je suis en tous cas
68. publié au XXe siècle
70. le titre contient une couleur – d’une éclatante blancheur
74. un livre que vous allez offrir
84. un personnage a un handicap
85. la première phrase est improbable (étonnante, ne veut rien dire, magnifique de poésie,..) – la première phrase est un haïku
90. l’histoire fait voyager

Suite de l’exploitation de la boîte à livres du quartier et du défi lecture.

Celle qui savait tout – de Ruth Rendell
27. avec un personnage féministe (par certains côtés…)
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
71. le titre est énigmatique
80. la couverture n’a rien à voir avec le sujet
96. choisi uniquement pour son titre
97. le personnage principal est une personne âgée

Le titre m’a plu et il y avait un petit mot de Stephen King vantant les qualités de l’auteure. Bah soit il n’a pas lu ce bouquin, soit il devient gâteux, mais franchement ce n’était pas une bonne pioche. Le rythme initial est plutôt bousculé, ensuite on tombe dans une léthargie profonde pendant 300 pages pour finir sur deux petits rebondissements qui n’en sont pas vraiment, le tout avec un passage glauque sur la sexualité d’une gamine de 12 ans.

Mémé – de Philippe Torreton
06. le titre contient 1 mot
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
37. qui donne envie de (écrire, voyager, ..) – de mieux profiter de sa grand-mère et de vivre plus simplement
38. de 1,6 cm d’épaisseur
43. aucune image sur la couverture
52. avec une bonne critique littéraire
54. l’histoire se déroule en France
97. le personnage principal est une personne âgée

Un portrait émouvant, simple et même humble, de Mémé et son univers… Avec un curieux mélange de bon sens campagnard et de poésie, Torreton interroge aussi nos rapports aux gens et aux objets, l’évolution du monde. Un livre non dénué de dureté, une tendresse râpeuse comme une langue de vache.
Une lecture qui m’a touchée davantage que je ne saurais dire.

La Horde du Contrevent – d’Alain Damasio
Une magnifique découverte qui me vient cette fois d’un copain. La Horde remonte le vent pour en trouver l’origine et découvrir toutes ses formes, dans un monde imaginaire complet et cohérent comme je les aime, avec un quotidien basé sur l’éolien. De l’aventure, de l’humour, du suspense, de l’imagination, de l’amour, de la philosophie, de la technique…

Ce livre répond aux défis suivants :
04. de plus de 600 pages
07. emprunté à un·e ami·e
37. qui donne envie de (écrire, voyager, ..) d’être plus à l’écoute du vent
59. impossible à poser
71. le titre est énigmatique
81. qui allie plusieurs genres (policier, sf, fantastique, anticipation,..)
82. le monde est imaginaire
85. la première phrase est improbable (étonnante, ne veut rien dire, magnifique de poésie,..)
100. qui donne envie de lire tout l’auteur

Citation :
La monotonie n’existe pas. Elle n’est qu’un symptôme de la fatigue. Le divers, n’importe qui peut le rencontrer à chacun de ses pas, pour peu qu’il en ait la force et l’acuité.

Dans l’indifférence générale, souriez, vous êtes filmés !
Extrait de La Libre.

Comme en Chine, la Belgique a adopté une loi permettant de filmer les citoyens dans leur quotidien et d’exploiter ces images. Un caillou dans la chaussure.

Une chronique de Michel Claise, juge d’instruction.

(…)

Tout commence en 2014. Le Conseil des affaires de l’Etat de la République populaire de Chine publie un document destiné à sensibiliser la société à l’intégrité et à la crédibilité du citoyen, un moyen de parfaire l’économie socialiste de marché. (…) En 2017, à Shanghai, une application de reconnaissance faciale est programmée dans la mégapole, surveillant le comportement des citoyens pour leur octroyer une cote. 170 millions de caméras de vidéosurveillance sont ensuite installées dans toute la Chine, le chiffre prévu en 2020 devant atteindre 400 millions.

Dans certaines villes, l’identité des piétons qui traversent hors des passages autorisés est affichée sur des écrans géants jusqu’au payement de l’amende. De plus, tant que la somme n’est pas acquittée, le citoyen peut se voir refuser l’accès au transport, en train comme en avion. De là à penser que la vraie volonté du pouvoir de Pékin est d’instaurer un système de contrôle policier absolu qui ne se contentera pas de poursuivre uniquement le comportement délinquant de rue…

En tout cas, cela fonctionne, parce que plusieurs millions de Chinois se seraient déjà vus privés de leur droit à voyager. Heureusement, cela se passe loin de chez nous, souffleront, rassurés, les habitants de Belgique, tout émoustillés par la performance de l’équipe des Diables Rouges.

Eh bien non ! Chez nous, dans une indifférence relativement générale, la loi du 21 mars 2018 modifiant la loi sur la Fonction de police a été adoptée, ajoutant au cadre un article portant comme titre : « l’installation et l’utilisation de caméras de manière visible par les services de police ». La loi vise (…) toutes les caméras du Royaume où qu’elles se situent.

De plus, les policiers pourront installer à leur guise toute caméra fixe ou mobile, sans passer par une quelconque autorisation judiciaire. Mais avec l’autorisation du propriétaire des lieux privés, quand même. (…)

(…)

(…) Pratiquement, cela veut dire qu’il n’existe aucune vérification sur l’utilisation des données. De plus, bouleversant le passé, le pouvoir judiciaire est écarté non seulement de l’opportunité mais aussi du contrôle de l’utilisation du big data. Il s’agit bien, comme en Chine, de filmer les citoyens dans leur quotidien en permettant non seulement la captation d’images mais aussi leur exploitation, l’ensemble des données nationales étant collectées par un même service de renseignement.

(…) Cette atteinte gravissime à la vie privée avec toutes les dérives possibles s’ajoute à la liste des dernières décisions gouvernementales qui réduisent le pouvoir du monde judiciaire en le transformant en fonction, soumis de plus en plus à la mainmise de l’exécutif. On vous répondra que c’est pour le bien de tous en ces périodes troublées, que l’Etat agit avec ses citoyens comme un grand frère. Comment dit-on, en anglais, « Grand Frère » ?

Ces derniers temps j’ai lu pas mal de bouquins, toujours issus de la boîte à livres du quartier. Je vous en parle dans le cadre du défi lecture.

Contes à aimer Contes à s’aimer de Jacques Salomé.
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
31. qui vous a fait pleurer

Ces petits contes ne se lisent pas d’une traite, on en découvre quelques uns et on les laisse nous pénétrer. Tous ne sont pas transcendants mais tous sont touchants. Comme le dit la 4e de couverture : Les contes pour aider à guérir, à grandir. Des mots qui enveloppent, qui caressent. Des associations qui illuminent et apaisent.

Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates – de Mary Ann Shaffer & Annie Barrows.
05. écrit par un duo d’auteurs
09. au titre abracadabrant
18. épistolaire
21. qui vous a surpris (agréablement ou non)
27. avec un personnage féministe
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)

Une bonne surprise, écriture énergique pleine d’humour et de fraîcheur malgré le contexte de la guerre. Léger sans être superficiel, un plaisir à lire.

Sorry – de Zoran Druenkar.
06. le titre contient 1 mot
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
47. auteur complètement inconnu de tous
83. sélectionné pour un Prix (finaliste ou non) : prix des lecteurs sélection 2012

Le résumé m’avait paru original, finalement on se retrouve avec un roman sans rythme, d’une inutile violence, avec des incohérences et des invraisemblances qui sont une insulte aux lecteurs, sans parler des fautes de français dans la traduction. Ironie du sort, ce livre comportant des scènes de tortures et viols d’enfants était dans une boîte à livres en face d’une petite école… et quand j’y suis retournée, un 2e exemplaire était apparu dedans.

Pars vite et reviens tard – de Fred Vargas.
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
71. le titre est énigmatique
96. choisi uniquement pour son titre

J’avais déjà entendu le nom de cette auteure mais ne connaissais absolument pas son œuvre, c’était l’occasion. Rien d’exceptionnel mais original, bien construit et prenant, si je recroise un autre bouquin de Vargas j’approfondirai.

Le Matou – d’Yves Beauchemin.
01. avec un animal pour personnage
04. de plus de 600 pages : 602 exactement 🙂
15. choisi uniquement pour sa couverture : vieille photo d’un gamin portant un chat
21. qui vous a surpris (agréablement ou non)
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
39. qui se déroule dans un pays que vous souhaitez visiter
55. avec un visage sur la couverture
62. un animal dans le titre
68. publié au XXe siècle
83. sélectionné pour un Prix (finaliste ou non) : prix du livre de l’été 1982

Un livre beaucoup plus dur que je n’aurais cru, où le matou n’est pas forcément celui qu’on croit. Des personnages attachants et vlimeux auxquels l’auteur ne fait pas de cadeaux, un récit coloré et ponctué d’expressions québecoises. Au final un petit goût de trop peu car on aurait aimé avoir l’explication de certaines choses.

Le cheval à bascule – d’Agatha Christie.
34. le livre est abimé
35. un livre trouvé (dans la rue, dans une boite à livres, ..)
42. les premières lignes sont un dialogue
50. le premier chapitre est ennuyeux : si seulement ce n’était que le 1er…
66. l’auteur n’est plus en vie
67. une plante sur la couverture
68. publié au XXe siècle
97. le personnage principal est une personne âgée

En trouvant ça dans la boîte à livres, je me suis dit « tiens, pourquoi pas, ça fait longtemps ! » J’ai été hyper déçue. L’intrigue de ce bouquin pourrait tenir en 20 pages or il en fait 250. Ce n’est que du remplissage et de constants rappels d’épisodes précédents (histoires des Beresford, que je ne connais pas). De plus l’auteure fait miroiter des tenants et aboutissants complexes mais au final n’en dit pas grand chose. C’est lent, c’est plat, c’est poussiéreux et sans relief.

Alors celle-là, je pense que même Lilou ne l’avait jamais faite.

Moineau s’est approché alors que j’étais immobile en train de faire un exercice sur un tapis de sol, et sans hésiter il m’a fait un marquage urinaire… dans les cheveux et sur la joue 😯

S’en est suivi une course-poursuite dans le salon pendant plusieurs minutes, Moineau feulant et moi criant « buiten ! », avant qu’il ne daigne sortir.

Je crois qu’il est urgent que j’apprenne quelques jurons en néerlandais parce que juste « il wil dat niet ! nooit meer ! » c’était un peu faible.

Qu’est-ce qui lui passe donc par la tiesse ?? 😦

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