Une voiture s’arrête à ma hauteur hier :
– Madame !
– Oui ?
– Bonjour. Nous cherchons la salle omnisport.
– Ah ! Euh je suis désolée, je n’habite ici que depuis un an et…
– Et vous n’avez pas encore commencé le sport ? 😀
– Voilà !!

J’aime bien quand une demande de chemin se finit en grand éclat de rire de part et d’autre 🙂

Bande-son : Nirvana – The Man Who Sold The World

Quelques photos en noir et blanc de la manif, trouvées sur ce site :

« On veut bien être sympa mais là, c’est chiant »

J’ai bien aimé le panneau Sorry for the inconvenience we are trying to save the world (« désolé pour le dérangement, nous essayons de sauver le monde »)

Vous remarquerez que, s’il y avait des familles, des retraités, des étudiants et des gens sortant du boulot en costard-cravate, il y en avait aussi qui buvaient des bières ou portaient des dreadlocks 😉

Avant que la police ne se poste comme gardien du mur…

Imaginez le dialogue suivant :

citoyens – Nous nous opposons à la signature de ces traités surréalistes et anti-démocratiques.
dirigeants – Ok. Et si on passe outre votre avis, vous faites quoi ?
citoyens – Bah, rien. On a été 3,3 millions à signer la pétition, ça suffit non ?

Attendez-vous que d’autres se bougent pour défendre vos droits ? C’est l’affaire de chacun et seul le nombre fait force !
Ce n’est hélas pas la rationalité des arguments qui importe dans ce débat, c’est le pouvoir de l’argent versus la mobilisation citoyenne.

Nous étions 9 000 selon la police, 15 000 selon les organisateurs. Pourquoi si peu alors que cela concerne tout le monde et que les enjeux sont vitaux ?

Quand j’explique le traité autour de moi, beaucoup de gens tombent des nues. Seul 1 Belge sur 3 connaît le TTIP selon un sondage 😯
Les médias n’ont pas beaucoup informé sur les tenants et les aboutissants de ces accords négociés dans l’opacité. De plus un ministre allemand a prétendu que les négociations avaient échoués, dormez en paix braves gens… tu parles Charles Sigmar !

Une fois qu’ils savent, les gens sont révoltés, ce qui est bien. Sauf qu’ils ne sortent pas de leur passivité. Soit ils ont piscine (ou poney), soit ils se persuadent du bien pratique « de toute façon ça ne sert à rien ».
Jusqu’où faudra-t-il que les dirigeants poussent le bouchon avant que les citoyens ne se réveillent ? Souvenez-vous de la fable de la grenouille, n’attendez pas d’être cuit.

Il y a également une stigmatisation des « manifestants » dans la presse. Or ce n’est pas une race de gens à part ! Ce sont des citoyens qui s’expriment. C’est votre collègue, votre voisin, votre enfant.
Ils ne sont pas différents de vous. Ce ne sont ni des casseurs, ni des délinquants. Nul besoin d’être radical ou d’être militant pour montrer son désaccord par sa simple présence. Nul besoin de gueuler ou de faire éclater des pétards.

Juste être là. Et clapper dans les mains si vous le souhaitez 😉

Je n’ai pas le temps. Je travaille. Je suis fatiguée. Je n’aime pas la foule. Je ne supporte pas le bruit. Les dérapages me font peur. Je ne veux pas être fichée. Et vous savez quoi ? Il y en avait plein d’autres comme moi dans cette manif ! ^^

Au départ je ne connaissais personne qui y allait, finalement on était une petite dizaine. La manif s’est très bien passée. Une ambiance festive et bon enfant, des participants de tous âges (même en poussette 🙂 ) et de toutes sensibilités – « blocs » présents : démocratie et solidarité, écologie, agriculture et alimentation, communes hors TTIP, droits sociaux et services publics, etc.

La plupart marchaient, certains avaient un vélo, d’autres moins valides participaient en chaise roulante. J’avais pris des bouchons d’oreille mais ils n’ont pas été vraiment nécessaires, le niveau sonore est resté acceptable.

On a démarré un peu après 17h et cela s’est fini vers 19h30 par le dégonflage de deux chevaux de Troie géants devant le siège de la Commission, en chantant Do you hear the people sing?, des autocollants STOP TTIP collés aux paumes des mains.

On avait reçu les paroles, je ne connaissais pas l’air, qu’importe ! 😉

Il n’y a eu aucun débordement recensé par la police. Je ne sais pas si les manifestants ont recensé des débordements de la police ? Pour ma part je n’en ai pas vu.
J’ai juste été étonnée qu’ils interviennent pour empêcher les personnes quittant la manif de mettre symboliquement leur petit autocollant « stop ttip » sur le mur portant le nom de la commission européenne (photo).

Certains ont continué par une Nuit Debout sur place, afin d’accueillir dans le bruit les négociateurs ce matin.

Regardez les nouvelles, même dans la presse dominante qui est loin d’être libre :

Depuis 1985, la Belgique perd en moyenne 43 fermes par semaine (le pays a perdu 63% de ses exploitations entre 1980 et 2010).

Août est le 16e mois consécutif de record de chaleur pour la planète. Pour l’instant 2016 se situe 1°C au-dessus de la moyenne du 20e siècle. Le précédent record pour la même période datait de… 2015.

Pendant ce temps les multinationales forment des monstres toujours plus gros (Bayer et Monsanto, DuPont et Dow, Syngenta et ChemChina, etc.), ils sont plus puissants que certains États.

Si le CETA est signé demain, c’en est fini de la souveraineté de nos pays, déjà mise à mal par certaines règles de l’UE. Les entreprises pourront assigner les États devant des tribunaux « privés » pour les obliger à payer des sommes faramineuses ou à annuler les normes environnementales ou sociales qui pourraient restreindre leurs profits !

Ceci n’est pas un épouvantail agité pour faire peur, cela se produit déjà ailleurs (exemples).

Nul besoin d’attendre la signature du TTIP pour que les entreprises américaines en profitent également, il leur suffit d’avoir une filiale au Canada.

Pour ceux qui veulent aller plus loin dans la compréhension de ces traités, le web est votre ami 😉 Notamment cette étude indépendante (américaine) sur les conséquences économiques et sociales du CETA.
Par exemple la perte de 310 000 emplois d’ici 2023 : 200 000 dans l’UE, 30 000 au Canada et 80 000 dans le reste du monde. La France et l’Italie seraient particulièrement touchées, également en termes de baisse de croissance.

Informez-vous, informez autour de vous, exprimez-vous, agissez !
Sans cela, une démocratie ne vit pas.

Les témoignages recueillis et validés par la Ligue des Droits de l’Homme sont hallucinants (lien sous l’image).

J’espère bien ne pas en rapporter un de la manif de demain !

banksy-frisk

C’est terrifiant que cela puisse se passer ainsi, et ne croyez pas être à l’abri.
Il y a plein de témoignages de personnes qui n’avaient rien à se reprocher, et pour qui tout a soudain basculé dans le cauchemar.

D’où l’importance en tant que citoyen de veiller attentivement aux interventions policières que nous pouvons croiser, plutôt que de passer rapidement notre chemin en regardant ailleurs.

Un regard extérieur peut changer les façons de procéder. On trouve également sur cette page un lien vers un guide pratique pour filmer la police en France.

Si vous voulez que les multinationales décident des normes sociales et environnementales des pays
Si vous voulez la mort de l’agriculture familiale
Si vous voulez que les lobbies aient les pleins pouvoirs
Si vous voulez baisser les normes européennes
Si vous voulez la fin des appellations d’origine protégée
Si vous voulez l’essor des sables bitumineux, du fracking, des OGM, etc.

Alors ne venez pas ce 20 septembre à Bruxelles.

D’autres vidéos très bien faites en bas de cette page.

Rendez-vous mardi à partir de 16h30 à Arts-Loi !

edit> Des départs collectifs sont organisés d’un peu partout en Belgique et il y a même des bus qui partiront d’Aix-la-Chapelle et Cologne.

Bande-son : Joe Hisaichi – The Rain (Kikujiro)

Le circo de Barrosa depuis l’Hospital de Parzán

Ce matin c’est le départ définitif de Broto. Nous devons rectifier la facture de l’hôtel car ils avaient oublié de nous compter le petit-déjeuner du premier jour. En fait c’est pas faux que c’était mieux de l’oublier, celui-là🙂

Nous prenons une très longue et petite route vers Bielsa. Après quelques courses, nous pique-niquons en bord de route à un jet de pierre de la frontière française. Le nombre de camions sur cet axe est simplement insupportable…

Depuis le lieu-dit « Hôpital de Parzán » (hospice de Bielsa, dont il ne resterait qu’un mur), nous allons rejoindre le cirque de Barroude (circo de Barrosa).

Au début du chemin se trouvent des vestiges d’installations minières sur lesquels nous reviendrons en fin de journée – le jardinage me démange trop:mrgreen:

On y voit notamment des haldes ainsi que la station inférieure d’un télé-benne magnifiquement rouillé, datant du début du 20e siècle. Il descendait le minerai (plomb argentifère principalement) depuis les mines du pic Liena.

Il est surnommé « Câble Luisa » car il part des mines Luisa (alt. 2430m). Il rejoint la laverie (alt. 1460m) via une station d’angle (alt. 1860m).

Un second câble aérien, le Transpyrénéen (el Transpirenaico), permettait de relier les laveries (alt. 1450m) au Pont du Moudang (alt. 1120m) via le port de Salcorz (alt. 2464m) ! En tout il faisait 10 km…

Hélas, la longueur principale se trouvait côté français, où tout a été vulgairement ferraillé en 1968 ! Les choses n’ont pas changé aujourd’hui : la France n’a toujours aucun égard envers son patrimoine minier, qu’elle cherche plutôt à cacher ou détruire 👿

Plus de détails sur ce câble transporteur ici et .

Le chemin des mines (camino de las pardas) nous tente énormément, il s’agit du chemin muletier construit avant la mise en place du funiculaire. Chaque benne permettait de transporter 300 kg de minerai, donc de remplacer 2 ou 3 mulets. Autant dire que c’était une revolución !

Malheureusement, avec cette matinée consacrée au trajet, il ne nous reste qu’une après-midi en Espagne… trop court pour envisager cette promenade.

Je ne m’y connais pas trop en champignons, cela semble une amanite tue-mouche qui a perdu ses verrues blanches ? En tous cas je n’aimerais pas être à la place de cette mouche…

En suivant le chemin nous croisons différentes amenées d’eau, à ciel ouvert façon rigole ou en conduite plus ou moins forcée. Du temps de la mine, cette eau servait pour la laverie et la centrale hydro-électrique.

Le canal de dérivation nous intrigue, avec sa voûte maçonnée et son parcours qui serpente. Il a été restauré en 2011.

La couleur donne envie, la température nettement moins, même si le soleil tape😉 A côté de la vanne à guillotine se trouve le trop-plein permettant un débordement localisé.

Nous continuons à longer le río Barrosa en direction du cirque.

Les lieux sont boisés, l’eau vive cascade entre les rochers…

Ce n’est pas impressionnant mais simplement charmant !

Petit à petit la vue sur le cirque se dégage, tandis que le sentier (PR-HU 187) devient moins marqué. L’herbe le recouvre mais des cairns sont présents et il serait de toute façon difficile de se perdre.

Une crassulacée (sedum ?) :

Ca, dit AàG, c’est quelque chose qui a envie de se faire passer pour une orchidée mais qui est cheap 😆
Petite linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium) ??

Le ciel se couvre. Au loin il reste une plaque de neige.

Le panorama se dévoile sans effort, à la portée de tous. Un site très complet (je crois qu’on peut même dire exhaustif, oui oui c’est à ce point😉 ) est dédié au cirque de Barrosa.

Nous arrivons en vue du refuge (cabane de Barrosa, alt. 1745m).

Il est gardé, mais le gardien est timide 😉

Des têtes de schtroumfs qui ont déteint :

L’aconit anthore est très toxique.

Nous flânons là un instant, profitant du lieu. Il n’y a pas un chat. Ah si, moi 😉

L’après-midi est trop avancée que pour monter à l’assaut du pico de Barrosa ou ses confrères. Le port de Barrosa est à 2534 mètres d’altitude.

Nous rebroussons chemin. Les cairns ne sont pas toujours en bon état.

Les marquages sont parfois usés. Je me suis demandée si ce visage en mousse était l’œuvre de la nature ou d’un plaisantin, je penche pour cette seconde option🙂

Certains blocs sont monumentaux.

Ce scarabée bousier a dû me trouver un peu trop pressante avec mon appareil photo, il a préféré prendre son envol.

A la recherche de l’arche perdue ! Il s’agirait en fait de la station inférieure du câble aérien des mines Mallo Ruego.

Un ancien canal (glissière) dévale la pente, interrompu seulement par le chemin.

Cette conduite forcée (modernisée) rejoint une petite centrale électrique massacrée il y a quelques années, j’y reviendrai plus loin.

J’élague un peu les branches qui poussent n’importe où dans la structure parce que ça me fait mal au cœur de voir ces vestiges dans cet état.

Nous allons ensuite à la rencontre des ruines des installations minières (plan).


Pour la légende, voir lien sous la photo

Il y avait là beaucoup de bâtiments : logements des mineurs, cantine, atelier, magasin, transformateur, écurie, scierie, laboratoires,…

Sur ce plan incliné se trouve le système de mise en tension du câble, juste sous la station inférieure du Câble Luisa.

Des arbres poussent dans la molette.

Cet abreuvoir est daté de 1924. L’exploitation minière proprement dite cesse en 1928 à cause de la chute des cours de l’argent et du plomb.

Oh mais qui revoilà ? C’est mon copain !

Sur ma jambe une mouche se délecte d’une petite blessure, j’en profite pour la photographier. Grâce à AàG vous échappez au résultat – il trouve ça vraiment trop gore.

Le siège de la Société des Mines de Parzán, où logeaient le directeur et ses ingénieurs, est toujours debout. C’est la Casa Bosar, du nom du sous-directeur Jacob Bosshard. Elle est bien reconnaissable grâce à son œil-de-bœuf.

Nous n’irons pas voir la centrale hydroélectrique, je vous conseille ce site qui présente notamment deux vidéos en bas de page, réalisées avant… la remise en fonction, à gros frais, de la centrale !! 😯

Les anciennes installations, qui étaient toujours en place, ont donc été détruites 😦 👿

Nous retournons sur le chemin du haut, des micro-géologues s’affairent dans les verses. Nous rejoignons l’ancien pont (puen de Tartico) qu’on devine ci-dessus dans la végétation.

Nous reprenons la voiture et passons la frontière française. Nous ne serons pas trop dépaysés en arrivant à la chambre d’hôtes, elle aussi proche d’une centrale hydro-électrique :

Les conduites forcées ont une autre taille !

Ce qui nous choque est le bruit. Il y a une rangée de maisons de l’autre côté de la rue, presque tous les volets sont clos. Je n’imagine pas qu’on puisse habiter là.

Photo d’époque et propagande actuelle :

Vu le peu d’alternatives, nous prendrons l’option « table d’hôtes » et n’aurons pas à le regretter même si se retrouver soudain en nombreuse compagnie (7 autres touristes, en plus du couple de logeurs) est toujours un peu violent quand on sort des montagnes.

Peu après 22h je tente de me laver. En fait ce n’est pas une douche, c’est un vaisseau spatial ! Au bout de 2 minutes, je trouve la lumière – enfin les lumières. Je vois bien l’option radio ou téléphone, mais où est donc la commande pour l’eau ? 😆 Heureusement, même si je n’ai pas de doctorat, je finirai par trouver ^^

Le changement climatique pourrait faire disparaître la moitié des cultures de café en 30 ans, avec le risque d’une éradication complète avant la fin de ce siècle. L’impact se fait d’ores et déjà ressentir aujourd’hui, à travers une augmentation du coût.

« Les consommateurs vont devoir faire face à une baisse des stocks, un impact sur le goût et les arômes, ainsi que sur les prix« , selon le Climate Institute. Mais l’effet principal sera évidemment pour les agriculteurs locaux qui en vivent (120 millions de personnes dépendent du commerce du café)…

A noter que l’impact du changement climatique sur la production de cacao est similaire. Alors si vous ne faites pas un geste pour préserver la planète, faites-le au moins pour continuer à profiter de votre café et votre chocolat… quoi, c’est de l’argument imparable ça, non ?? 🙄

Ce week-end j’entends AàG annoncer, hilare : « Le stagiaire de la météo a encore frappé ! »
Car chacun sait que les coquilles sont toujours dues aux stagiaires😉

irm

Nous sommes sauvés, le temps est de retour ! …même celui des cerises ? (ça c’est pour couper l’herbe sous le pied du Padawan)

Bande-son : The Two – Sky

Oto et le village de montagne abandonné d’Ayerbe de Broto

Ce matin, pas de réveil ! Le luxe ! C’est quand même les vacances😉

On se réveille vers 8h20 et on petit-déjeune dans la chambre. On flâne dans Broto, on achète quelques souvenirs, on admire l’église fortifiée dédiée à San Pedro. On a besoin de timbres et le « tabaco » est fermé, du coup on se rend au bureau de poste qui est ouvert… 1/4h par jour !😀

On prend soin de revenir à l’heure (dite) d’ouverture, pour se rendre compte… qu’ils n’ont pas de timbres pour l’UE. J’en voudrais un pour l’Argentine, la guichetière me demande à combien sont ceux-là. Euh ben j’en sais rien moi ?:mrgreen:

Nous roulons sur la piste après le camping d’Oto, au début pas de souci ça secoue juste un peu. Nous longeons le río Ara qui, sur ce tronçon morne et désolé, ressemble plus à une gravière à ciel ouvert qu’autre chose.

Les ornières remplies d’eau se succèdent et s’aggravent, finissant par nous mettre le doute : ne serait-il pas plus raisonnable de continuer à pied ? Si !!

L’endroit où quitter la piste pour emprunter le sentier muletier PR-HU-117 est très bien indiqué, peu avant le barranco la Guega.

Nous allons monter dans les bois. C’est tout de suite un environnement plus agréable🙂 Les buis commencent à jaunir.


Mégère ou Satyre ?

Les couleurs de la zygène de la bruyère mettent en garde contre sa toxicité : elle sécrète des alcaloïdes et du cyanure. Si vous avez un petit creux, mangez plutôt des mûres😛

La taille de la végétation diminue avec l’altitude et nous apercevons les ruines de terrasses annonciatrices du village d’Ayerbe de Broto, situé à près de 1200m d’altitude.

Nous arrivons par le haut d’une terrasse, un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur en pierres sèches permet d’accéder au niveau des maisons.

Le clocher nous étonne avec sa pièce rapportée. Seules quelques pierres, dont les deux linteaux, font la jonction entre la tour et son annexe.

Nous commençons par visiter la casa O Yerno, qui possède encore une magnifique cheminée aragonaise. De l’intérieur on peut voir que son « chapeau » est fêlé.

Nous passons par la porte verte, soigneusement ficelée pour éviter l’entrée d’animaux. Une mâchoire nous accueille.

Il y a tout d’abord l’âtre et le coin cuisine avec l’évier, la casserole, le four. L’intérieur est tellement sombre que ce n’est qu’au retour qu’on découvrira, sur les photos, qu’il y a des gravures sur une pierre du mur.

Au vu de quelques trous révélateurs, on se rend vite compte qu’il ne faut pas se fier au beau dallage, qu’il soit en carrelages ou en lauzes… Quand il n’y a plus de plancher, c’est moins dangereux🙂

Les murs, portes et poutres sont peints en vert, rouge-brun, jaune ocre et toujours ce fameux bleu cobalt.

Des restes de matériel de camping sont présents : un sac de couchage, une bouteille de gaz…

Au grenier, on peut voir un panier en osier tressé contenant encore d’anciennes bouteilles en verre ainsi que le passage de la cheminée, près de laquelle un bouquet de plantes sèche depuis plus de 40 ans.

Cette cave voûtée, rez-de-jardin si je puis dire, était l’étable. On y accède par l’extérieur, après avoir involontairement fait fuir un serpent.

La pièce d’habitation profitait-elle de la chaleur animale malgré le lourd plancher de lauzes ?

Certaines ouvertures de portes et fenêtres sont biseautées :

Les buissons de ronces ont envahi les lieux et rendent quelques fois la progression douloureuse voire impossible. On leur pardonne car elles produisent des mûres énormes qui font le bonheur stomacal d’AàG !

Outre la flore on observera également des mouches à cul doré poilu (non on n’avait pas bu).

Quelqu’un identifie-t-il cette espèce de plante grasse formant de jolies fleurs roses ?

Ceci nous a assez intrigués car il ne tient qu’avec un coin de bois. Était-ce donc un axe destiné à tourner ? Après avoir imaginé mille et un dispositifs, ce devait en fait être… une simple croix dont le haut est brisé !:mrgreen: La réalité manque parfois cruellement d’originalité.

En face, une belle vue sur le village d’Asín de Broto.

Joli linteau portant l’inscription gravée : M. AÑO. 1856. P.

La casa Cadena et l’école sont en ruines. Un étage est encore partiellement accessible (réservé aux casse-cous). Des bouteilles reposent sur une étagère s’effritant comme les cloisons et planchers encore présents.

Allons voir du côté de l’église (iglesia de la Natividad de la Virgen), bâtiment imposant dont la construction a commencé en 1765.


AÑO 1779

La nef ne possède plus qu’un moignon de toit, peut-être déjà effondré à ce jour. La clé de voûte du dernier arc ne tient plus qu’à un fil et les chapelles latérales sont dévastées.

On y voit encore, en rouge, le confessionnal.

L’autel, où l’on devine l’inscription peinte JHS, a perdu sa statue mais pas sa couronne de fleurs.

Il reste quelques décorations qui n’ont pas encore été complètement abîmées.

Les fonts baptismaux, avec une belle tête sculptée.

Ce lieu a certainement moins de valeur patrimoniale qu’une église mozarabe comme celle d’Otal, mais ça fend le cœur de le voir dans un état pareil…

La chatière est un peu petite😉


AJURIA N°1 VITORIA

Nous sommes ignares et cette machine nous aura, là aussi, fait travailler l’imagination ^^ C’est une vanneuse permettant de trier le grain des impuretés.

La rue principale est pleine de panicauts… un bonheur pour mes jambes nues !

Selon O Zoque, le village a compté jusque 16 maisons et 91 habitants en 1857. Ils n’étaient plus que 43 en 1960. Le village s’est dépeuplé en 1973.

De nombreuses maisons ont été rehaussées, comme celle-ci.

Sa toiture a la particularité d’avoir un pan sans lauzes, elles semblent avoir été démontées.

Ici aussi on retrouve les fers à cheval inclus dans les maçonneries ou entre les pierres sèches, ainsi que les structures en buis pour les toits (sauf exception comme ci-dessous).

La fenêtre de ce bâtiment a été condamnée pour le rehausser.

S’il vous prenait l’envie de vous asseoir là, pensez à regarder au-dessus de votre tête…

Près d’une sorte de herse rotative nous trouvons la vanneuse n°3, en pleine forme :

Surprise, cette maison est soigneusement rénovée et sa porte verrouillée ! (ceci est un zeugma😛 )

Ce doit être appréciable de venir dans cet ermitage lorsqu’on en a marre de la civilisation… je me demande où aller chercher l’eau par contre ? Faut-il descendre jusqu’au barranco San Pedro ?

Nous nous asseyons là, le banc est tout confort et son toit nous protège de quelques gouttes de pluie pendant notre maigre pique-nique : du pain, rien que du pain… le reste a été oublié dans la voiture.

Qu’importe, cela vaut tous les festins puisque nous assistons à un ballet de rouge-queues, d’hirondelles et même de vautours ! C’est dans ces moments-là qu’on se sent vraiment appartenir à un tout❤

Je profite de ce spectacle, de cette pause, et prends également le temps d’écrire quelques cartes postales pendant qu’AàG part enregistrer la vie des lieux.

Borda de era qui se fait coloniser par un roncier.

Au-dessus du linteau il est gravé AÑO DE 1872, avec le N à l’envers comme souvent.

La cahute ci-dessous donne une bonne opportunité de voir la structure du plancher.

C’est comme un puzzle où il manquerait des pièces…

C’est pas toujours évident d’accès:mrgreen:

Ci-dessus il y a deux techniques différentes, la partie haute du toit est « classique » avec des branches de buis alignées parallèlement, et la partie basse est comme tissée. C’est en parfait état.

Dans une cour de ferme nous ferons de sympathiques découvertes, comme ce beau linteau gisant au sol et affichant modestement « ano 1779 » (à moins que ce ne soit 1772 ?).

Là c’est moins évident à voir mais la protection épineuse m’a gardée à distance et… j’ai pas un gros zoom, moi😉 Il y a une croix gravée avec un Golgotha au-dessus de la fenêtre et des espèces de volutes en-dessous.

Ici c’est curieux, seule la première moitié de la pierre a été gravée. Ont-ils mal géré l’espace ou voulaient-ils garder de la place pour une suite ?

ano 1664
iesus maria
iosef

J’ai adoré ce tapis moussu. A l’époque on avait presque le même à la maison:mrgreen:

Une ruelle pleine de charme. De toute façon c’est obligé, quand il y a de la mousse, il y a du charme😉

Une croix plus élaborée, qui s’évase en forme de cœur, sur le linteau d’une porte remurée (Casa Antón ?). Je ne l’ai à nouveau photographiée que de loin, mais AàG a finalement bravé les ronces pour la prendre correctement !

L’intérieur ne tient pas les promesses de la façade.

Il y a quand même l’impressionnant foyer avec le départ de la cheminée.

Nous rebroussons petit à petit chemin, l’heure du départ a sonné.

Évidemment on découvre au passage tel ou tel détail qui nous avait échappé, comme cette fleur sculptée ou cet arbre n’ayant pas trouvé meilleur endroit pour pousser !

Et puis la lumière a changé alors ça donne envie de refaire des photos… hum hum.

Ce qui est amusant ici c’est qu’il reste les feuilles du buis. (Si vous trouvez que je suis très « toiture » en ce moment, ne vous inquiétez pas, c’est normal😆 )

Bon allez il faut bien s’arracher…

Nous sommes de retour à la voiture vers 19h.

Sur la route nous visitons Oto, qui est un magnifique petit village.

On y retrouve les même éléments typiques : chimeneas cilíndricas et dates gravées.


ANO 1766

La tour de l’église nous a paru un peu délabrée. Il y a une date ANO 1624 sur un coin.

Je dois dire qu’à partir de là j’ai été assez dissipée. Nan, pas parce qu’il y a une épée phalique gravée tsss. Figurez-vous qu’il y avait *plein* de chats affamés.

Et, si vous avez bien suivi, nous avions donc la garniture du pique-nique qui traînait dans la voiture… bref cela a fait quelques heureux !😀

L’une des cloches déposées devant le porche date de 1843 (Santa Barbara, encore elle) et l’autre de 1948.

Retour à Broto et repas à La Tea pour la quatrième et dernière fois…

Florilège de dessins trouvés sur le web.

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