C’était tellement incongru, que mon esprit a zappé. Simplement zappé, avec une facilité déconcertante.
Mes oreilles ont entendu la mélodie et inventé d’autres paroles.

Qu’est-ce que ce sera, la vie sans eux, au retour !

Mon cerveau s’est bien dit que quelque chose clochait, mais j’étais accroupie sur le trottoir, concentrée sur le jeune chat devant la porte, et n’espérais qu’une chose : que cette vieille dame flanquée de deux chiens remuants s’éloigne.

Je n’ai même pas répondu : je pensais qu’elle s’adressait, en voisine, à la propriétaire du chat.

Soudain la phrase originale s’est frayé un chemin jusqu’à ma conscience. Je me suis tournée vers elle, décontenancée. Trop tard, elle était repartie.

Il faudra bien vous laver les pieds, au retour !

J’en suis restée bouche bée et par la suite m’est venue comme une indignation.

Qu’aurais-je pu répondre ? Oui maman ?
Lui expliquer le bien-être et le sentiment de liberté que procure la marche pieds nus ? Comme cela me détend quand je marche dans l’herbe, comme cela me vivifie quand je marche dans l’eau, comme cela me fait sentir princesse au petit pois quand je marche sur un gravillon…

Ce que les racines et la terre battue des sentiers massent, ce n’est pas ma voûte plantaire. N’allez pas croire cela. Ce que les racines et la terre battue des sentiers massent, ce sont les circonvolutions de mon cerveau.
Et elles en ressortent tout assouplies et détendues. Juste ce qu’il me fallait en ce jour.

Un soir, au cours de yoga. Nous sommes tous allongés, les yeux fermés, en train de faire apanasana, la posture du Vent – ça ne s’invente pas.

Soudain, j’entends juste à ma droite un pet sonore et prolongé. Pas juste un coup de trompette, non non, plusieurs notes. Ma première réaction est de réprimer mon fou rire et de penser « oups, la pauvre ! » 😀 (ma seconde réaction est naturellement « pourvu que personne ne croie que c’est moi »)

Tout le monde fait comme si de rien n’était. La prof demande d’inspirer profondément et franchement je ne sais pas ce que ma voisine avait mangé mais ce n’était définitivement pas une bonne idée :-s

Sur le reste de la séance, il y en aura encore deux. Je n’en peux plus. Dans la phase de relaxation, la prof demande « détendez tous vos muscles » et je suis presque prise de panique. Non ! Surtout pas ! Ne vous relâchez pas, pitié

Les semaines suivantes, ce genre de détente gazeuse se reproduira régulièrement. Ça ne semble pas gêner ma voisine. Alors certes, ça peut arriver, personne n’est à l’abri, mais ça m’arrangerait qu’elle se retienne car, à force, ça m’empêche de me concentrer et de me détendre. J’ai sans doute peur de la contagion !

J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

J’y ai gagné, c’est indéniable.
De la confiance. De la joie de vivre. Des années.

J’y ai perdu, c’est indéniable.
De la confiance. De la joie de vivre. Des années.

Je viens de lire un commentaire qui disait « Qu’il est long le temps de dénouer les liens qui peuvent l’être. Et celui de reconnaître ceux qui ne le peuvent »
J’attends toujours. En réalité j’ai l’impression que la clepsydre s’est bloquée. Le temps ne s’écoule plus. Je fais du sur-place et c’est frustrant.

Je regarde par la fenêtre la tempête faire rage. Je ne sais même pas comment prononcer son nom, Ciara.
Les arbres se tordent et vacillent, l’abreuvoir à oiseaux est tombé, la niche des chats s’est renversée et en partie cassée. Ce n’est qu’un début, les vents vont forcir. Il ne pleut même pas encore.

Je sirote une tisane de gingembre en regardant les chats endormis sur le divan. Je me sentirais davantage à ma place dehors dans la tourmente. Dans cette tempête qui m’en rappelle une autre. Une autre qui ne s’est jamais calmée.

Comment peut-on avoir si peu de contrôle sur ce qu’il se passe sous son propre crâne ?

Yes, the planet got destroyed. But for a beautiful moment in time we created a lot of value for shareholders.

Miss Van Daele est en pleine forme. Elle marche toujours un peu la tête penchée depuis son accident mais ça ne semble pas la gêner. Elle a SA place dans le divan, où elle roupille toute la journée quand je suis là. Avant d’aller dormir je dis « Miss, Bimini, dehors » et zou tout le monde arrive à la porte en courant.

Ok la bonne éducation ne marche pas toujours, surtout quand il gèle dehors ! Il arrive maintenant régulièrement que la ‘sauvage’ Miss me dise :
– non s’il te plaîîîîît je veux rester sur le fauteuiiiil
– tu vas pas me réveiller cette nuit pour sortir hein ?
– non promiiiiis
– tu utiliseras la litière si besoin ?
– ouiiiii

Un vrai chat de salon. Par contre elle est toujours craintive face aux gens (faut dire aussi qu’ils ont des mains, quelle idée !!), demande à sortir dès qu’une voix estrangère se fait entendre… Pour se faire comprendre, elle soulève le paillasson avec ses griffes et le laisse retomber. Flap flap flap.

Elle aime bien rouler au soleil, jouer, se laisse un peu caresser et ronronne beaucoup, mais faut pas la papouiller des heures non plus hein. Les genoux, c’est NON. Quant à la prendre ou lui mettre une pipette, ah ah !! 👿

Au niveau des autres félins de la maison, elle veut se frotter à tout le monde… ce qui n’est pas forcément du goût de tout le monde… Elle s’entend bien avec Bimini, Moineau ne la considère pas dangereuse – il semble se dire « ma pauvre t’as pas toutes les frites dans le même paquet » – et Madame Kennedy lui a gentiment fait comprendre qu’elles n’étaient pas de la même portée.

De la difficulté de prendre en photo les chats noirs !

…qui date d’il y a quelques années 🙂

Moineau a dû ruiner à peu près tous les meubles et rideaux du salon, toutes les portes, les vestes des ami·e·s, le pantalon de ma filleule, des sacs et j’en passe. Quand je l’ai menacé de chemische castratie il s’est tenu à carreau pendant quelques mois, mais par malchance la véto m’a dit au téléphone que sur un chat castré ça n’avait aucun effet et, même si c’était en français, je pense qu’il l’a compris 👿

Alors je barricade, je mets des obstacles autour des meubles encore épargnés, je laisse les portes fermées, je guette les trois gouttes au sol annonciatrices d’un forfait 30 ou 40cm plus haut… c’est assez usant.

Mise à part cette envie d’exclusivité un peu trop démonstrative, c’est un chat attachant, très vif, qui aime jouer et rouler au soleil. Bimini le stresse toujours beaucoup : dès qu’il fait mine de s’approcher (façon Sainte-Nitouche 🙄 ), le Moineau feule. Et quand ça monte dans les tours, Moineau en chie littéralement de trouille… Je ne peux jamais les laisser ensemble dans la maison en mon absence 😦

Cependant il arrive qu’ils dorment ensemble sur le fauteuil – mais pas au même étage hein, ne rêvons pas.

Moineau joue à chat perché. Sur le tas de bois, sur le fauteuil, sur mes épaules… Ma cuisse droite est couverte de petits coups de griffes car c’est toujours par là qu’il monte : ses pattes arrières étant en X, il n’est pas très adroit au saut et s’aide comme il peut.

Contrairement à Madame Kennedy, qui donne rarement d’avertissement avant un soudain ras-le-bol musclé, Moineau prévient beaucoup… et attaque toujours « pour de faux ». Juste histoire de faire sentir que, s’il n’a plus de kloten, il a encore des tanden !

PS : si quelqu’un a une astuce pour éliminer les traces de marquage sur des meubles en pin naturel (non vernis), je suis preneuse :mrgreen:

Non je ne me suis pas fait de shampooing à l’isobétadine ^^ C’est juste que le post précédent m’a fait prendre conscience que je n’avais plus parlé de mes chats ici depuis longtemps. Bien trop longtemps.

Alors commençons par des nouvelles de Madame Kennedy ! Elle se porte à merveille. Elle fait toujours un peu bande à part, préférant rester dans « sa » pièce et ne pas côtoyer le bas peuple, mais elle vient à présent plus souvent dans le salon.

Elle demande chaque jour à sortir, même si généralement ça ne dure pas plus de 5 minutes chrono… et non, hélas, elle n’en profite pas pour faire ses besoins dehors ! C’est même plutôt l’inverse, elle rentre exprès pour utiliser la litière 😯 C’est la seule à faire cela (ouf).

Certaines fois, pour d’inexplicables raisons, elle fait pipi devant sa caisse. [Je ne sais pas pourquoi on dit « un pipi de chat » car, mazette, elle c’est le Niagara !] Ce n’est pas une question de propreté car, sans rien changer, elle retourne ensuite dedans. Mystère… heureusement ça reste rare.

Malgré son tour de taille respectable, ce n’est pas une chatte gourmande, que du contraire. A son arrivée, elle ne mangeait QUE des croquettes. Lui proposer un aliment dont elle n’a pas l’habitude, n’a aucun succès. Malgré cette méfiance elle a fini petit à petit par se laisser tenter par la nourriture humide des autres. Régulièrement je la surprends ainsi à spolier Moineau, qui n’ose rien dire 😀

Madame Kennedy ne vient jamais sur les genoux (elle se met juste à côté) et ne supporte pas qu’on fasse la moindre tentative pour la prendre. Elle a son caractère mais c’est un amour de chat, elle ronronne comme une folle, adore les câlins, joue comme une chatonne… si elle pouvait un peu moins ronfler la nuit, ce serait parfait 😉

Je n’ai rien vu venir.

La seconde d’avant, j’étais en train de plaisanter (*). La seconde d’après, je n’étais déjà plus là.
Partie…
Où ? Quelque part dans les limbes, un endroit où on ne souffre pas.
Un pays des songes, sans les songes.

Je trouve fascinant ce trou noir dont on ne voit pas le bord arriver.
Je le guettais pourtant.

Au retour, on a le temps d’apprécier une partie du chemin.
Mais toujours il nous échappe, cet instant où tout bascule. Où la conscience se perd ou revient.

« Vous prenez quelque chose pour dormir ? »
Parfois de la mélatonine, avais-je répondu.
« Je viens de vous injecter 1m³ de mélatonine »
J’ai failli répondre que je n’avais de place que pour 5-6 litres… mais non, finalement, j’ai bien accusé réception du mètre cube !

(*) sur les soins post-opératoires à base de tiramisu, si si (y en a encore qui vont croire que j’écris sous morphine)

Commentaires récents

Valérie de haute Sav… dans Croyez-moi, c’est le…
dieudeschats dans Croyez-moi, c’est le…
lynxxe dans Croyez-moi, c’est le…
radenec dans Croyez-moi, c’est le…
dieudeschats dans Croyez-moi, c’est le…

Archives

Conditions d’utilisation

Vous pouvez utiliser les textes et photos de ce site à condition que vous en citiez/linkiez la source et que l'usage ne soit pas dégradant.
Aucune utilisation à des fins publicitaires (i.e. commerciales, politiques, etc.) n'est autorisée.
Si vous souhaitez utiliser une photo à des fins privées (fond d'écran, etc.) : servez-vous, c'est fait pour !!

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.