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Point de vue d’Oxia sur les gorges de Vikos

Je suis assez attachée au principe « un jour de vacances = une note » mais là, après des heures passées à trier, j’ai bien dû m’avouer que c’était impossible… c’est clairement le jour où on a pris le plus de photos du séjour !

J’ai donc dû me résoudre à couper la poire en trois (pas en deux car la partie centrale n’est pas scissible).


Vue d’Ano Pedina depuis la fenêtre de la salle de bain

Le fond orageux qui avait commencé à se manifester hier soir a duré toute la nuit et est encore présent.

Parfois nous entendons le tonnerre au loin, on dirait que l’orage tourne d’une vallée à une autre sans parvenir à décider sur laquelle il va se déverser !

Nous retraversons Monodendri et la forêt de pierres (le nom n’est pas de moi, c’est indiqué « stone forest » sur les panneaux).

Un petit arrêt « panorama » en chemin…

Nous nous garons au bout de la route d’Oxia et empruntons le sentier empierré.

On arrive sur une plateforme rocheuse avec une vue plongeante sur les gorges.

Une iconostase est entourée de pierres avec des inscriptions.

On voit bien, serpentant entre les flancs boisés, les galets blancs du lit de la rivière à sec.

Difficile de réaliser qu’on surplombe environ 900 mètres de vide…

J’ai bien aimé faire des tas de macros sur des plantes séchées mais alors ne me demandez pas leur nom ^^’

On se dit que notre chemin de la veille doit passer juste en-dessous.

Il ne s’agit pas qu’un petit rigolo lance un caillou du haut de la falaise « pour voir », gloups !

Par exemple le même genre de petits rigolos qui se sont amusés à taguer la roche le long du chemin 🙄

La vue est plus majestueuse et impressionnante en vrai, c’est sûr…

Voici la fameuse vallée latérale qui nous avait fait attendre, hier.

Les couleurs évoluent rapidement avec l’arrivée du soleil.

Euh oui on a un peu mitraillé ! Vous commencez à comprendre la difficulté du tri ? :mrgreen:

Je ne sais pas identifier ce que c’est là non plus, mais j’ai trouvé ça très esthétique !

C’est pas tout ça mais il nous faut décoller de ce paysage hypnotisant ! On a une longue journée qui nous attend.

Bon allez, juste une dernière pour la route…

Nos vacances débutent un soir au Bout du Monde.

Évidemment, nous aurons réussi à nous égarer au seul malheureux croisement qu’il y avait ! Qu’à cela ne tienne, cela nous donnera l’idée de la promenade du lendemain…

Après avoir trouvé non sans peine la chambre d’hôtes que nous avions réservée (il y en a plein dans le village et il n’y a pas d’adresses), nous partons explorer les environs.

Quel bonheur de se dérouiller les pattes après les heures de conduite (la conclusion étant : bon on va y aller mollo les premiers jours hein !)

Nous pique-niquons sur un muret au bord d’une minuscule route montant dans les vignobles, pensant y être tranquilles… que nenni ! Quelle circulation ! Ce doit être un raccourci pour les travailleurs qui rentrent au village.

A noter que ce sont les vignes situées à l’extrémité du pays beaunois. Après, fini, le vin !

Le village en lui-même se compose de… la rue principale.

Les bâtisses sont souvent anciennes (17ème siècle), en pierres, avec des triangles de décharge au-dessus des ouvertures.

Voyez-vous le chat dans la porte ci-dessous ? 😉
(cliquez pour agrandir, on voit mieux)

Le lendemain matin, nous partons explorer le cirque du Bout du Monde, alias la reculée de Vauchignon, en suivant le sentier « JMB » – pour Jean-Marc Boivin (faut naître en Bourgogne pour s’appeler comme ça). Ce sont les falaises où il s’entraînait à l’escalade dans son jeune âge.

Bon le fléchage n’est pas toujours très clair !

Nous montons dans « une forêt de ravin où poussent érables, tilleuls et frênes qui ont recolonisé le site après une longue période de pâturages » (merci le panneau explicatif).

Une bien jolie vue panoramique s’offre à nous du haut des falaises calcaires.

Au-dessus s’étend un plateau constitué de cultures, de pelouses et de forêts (chênes et charmes). Il n’y a personne, c’est paisible (et plat, enfin ! :mrgreen: ).

Au détour du chemin, un drôle de totem ! Cet arbre sculpté représente St Omer. Mais si, mais si, faites un effort : on voit deux yeux protubérants, un petit nez rouge, une large bouche droite… Un bouquet de fleurs et un crucifix complètent le tableau.

Sur le carton il est écrit « Je suis le bon Saint-Omer, fait un souhait il sera éxaucé » avec les fautes d’orthographe soulignées.

AàG, dont l’anonymat est préservé grâce à une tête de wombat à museau velu du nord, a donc fait un souhait.

Aussitôt exaucé ! Trop fort, St Omer !

Le chemin longe le bord des falaises, aussi AàG n’était-il guère rassuré quand il a vu sur quoi on marchait réellement :

Elles n’étaient pas partout en devers, mais quand le bord était en pente allant en s’accentuant jusqu’à la verticale ce n’en était pas moins impressionnant.

La diversité de formes et de couleurs que la nature a donné aux fleurs m’étonnera toujours…

Nous replongeons ensuite dans la forêt et croisons un joggeur solitaire. Rien qui ne vienne déranger ces lieux. La lumière de ce milieu de matinée est particulièrement belle.

Ou peut-être est-ce parce que nous sommes en vacances que tout nous semble beau ?

Même les mousses envahissant les branches et les troncs… toutes ces nuances de vert nous ont tant manqué ! Cela nous repose les yeux et l’esprit.

Nous parvenons à la source de la Cusanne (aussi écrit Cussanne, Cuzanne, Cosanne, Cozanne…), au lieu-dit fontaine de l’Essort :

Un large chemin nous ramène ensuite au pied du cirque du Bout du Monde. Une belle pelouse précède la cascade du Cul de Menevault. Du haut nous ne l’avons pas vraiment vue, la marche était trop haute et glissante que pour s’approcher du bord.

AàG vous donne aimablement l’échelle. Cela fait une quarantaine de mètres de haut et on a eu de la chance, car elle est parfois à sec.

« Les concrétions calcaires déposées par le ruissellement de la cascade constituent une véritable petite tufière. Une flore fragile et adaptée, à base de mousses, se développe sur ces dépôts. » (dixit toujours le même seul et unique panneau)

Une jeune fille sort d’une yourte avec une guitare, l’ambiance est tellement sereine que même le chien n’aboie pas.

Nous partons ensuite à l’autre bout du cirque pour voir la grotte de la Tournée, surnommée non sans raison « le creux de l’oreille ». Elle offre une belle résurgence (peu visible sur la photo).

Nous revenons par la route, au niveau du parking un fou rire : nous n’avions jamais vu de panneau « sens interdit » aussi grand… (et pourtant ça semble toujours insuffisant !)

Samedi 16 septembre 2006 – Etape en Allemagne

C’est le grand jour, celui du départ. Etant donné la fatigue engendrée par la route, nous avons décidé de faire une étape en Allemagne et d’en profiter pour visiter « Ulmer Münster ». (désolée pour la distorsion, c’est un panoramique recomposé)

AàG tenait à cette visite car la cathédrale d’Ulm possède le plus haut clocher du monde, à plus de 160 mètres. Je ne vous dis pas le nombre de marches qu’il faut se taper… il y en aurait 768, mais j’avoue que je n’ai pas compté pour vérifier ! Bref, encore une durée journée pour messieurs les mollets 😉

Première difficulté : s’y retrouver dans cette p*** de ville de m*** !!! Grmbl, excusez-moi, la logique de la signalisation allemande nous a quelques fois échappée.

Seconde difficulté : ne pas se faire étouffer par les dizaines de touristes qui foncent comme des bœufs en demandant ironiquement « vous habitez ici ? » dès qu’on a le malheur de s’arrêter cinq secondes pour admirer la vue par une meurtrière.

Faut dire que les escaliers taillés en colimaçon dans la pierre ne sont pas larges du tout. On ne peut y évoluer qu’à une seule personne de front. Enfin, normalement. Mais le touriste moyen, il n’en a rien à foutre de t’écraser la gueule sur la paroi voire de te marcher dessus en te crevant un œil au passage. Du moment qu’il puisse passer. Lui.

Un étroit couloir à un étage intermédiaire permet d’admirer fugacement les cloches. On arrive ensuite à une terrasse un peu plus large. Tout est balisé et grillagé de partout, c’est un peu dommage.

Les gargouilles sont nombreuses. A en voir certaines, on se dit qu’il y en a qui ne devaient pas porter leur belle-mère dans leur cœur ^^

Vient ensuite la plus haute terrasse, au centre de laquelle un escalier encore plus étroit permet de rejoindre le sommet.

Au « terminus », une minuscule plateforme annulaire sur laquelle on est serré comme des petits pois permet d’admirer les toits de la ville à plus de 160 mètres de hauteur.

Pas grand-chose d’autre malheureusement vu l’espèce de brume (chaleur, pollution ?)… mais bon c’est déjà pas mal !

J’ai énormément de mal à gérer cette foule, si ça continue je vais péter un plomb alors je descends à toute allure, laissant AàG se débrouiller pour ses photos (moi je n’ai même pas pris d’appareil, j’étais trop sur les nerfs !).

Autant dire que je ne suis pas dans un état d’esprit très zen pour la visite de l’intérieur de la cathédrale. De plus un « surveillant » nous fait le reproche d’utiliser un pied photo (car il fait fort sombre et nous devons poser quelques secondes). Il nous dit que c’est interdit, qu’il faut utiliser le flash. Alors là, c’est bien la plus grosse connerie entendue sur la journée !! Dans tous les lieux visités, on demande toujours de ne pas utiliser le flash, qui abîme les peintures, etc. oO
Bref, on n’en voit pas la moitié qu’on ressort déjà de là, trop énervés pour avoir envie de continuer.

On s’enfile la rue commerçante piétonne jusqu’au parking souterrain et, après une halte boulangeriesque, nous partons en quête de Das original Schoko Müsli (mit feiner Schokolade) von Kölln !!

Nous prenons pour ce faire des nationales, c’est plus court en distance mais plus long en temps – quoi que ! car il y avait en permanence des travaux sur l’autoroute. Dans la plupart des villages traversés, ils n’ont de la marque Kölln que des flocons d’avoine. Certains ont aussi du Müsli, mais tous sauf celui que je cherche ! Au fur et à mesure qu’on s’enfonce vers Stuttgart, les régions deviennent de plus en plus pauvres et on ne rencontre plus que des hard discounts.

Après je ne sais combien de supermarchés et mini-markets en tous genre visités (peut-être une douzaine ??), le découragement atteint son apogée. Il commence à se faire tard, les magasins ferment tôt ici et nous devons petit à petit songer à un hébergement. Nous passons à hauteur d’un bled quand nous voyons l’enseigne d’une chaîne de magasins où il y avait généralement du Muesli-mais-pas-au-chocolat. Bon allez, c’est le magasin de la dernière chance ! Dans une tentative désespérée, nous sortons de la nationale pour essayer de rejoindre l’enseigne. AàG me dit : si tu en trouves, tu en prends au moins 30kg hein. Et tu donnes 10% au dieu des écureuils. Nan, je lui donne un flocon d’avoine par paquet :-p

Miracle ! Alleluïa ! Il y a des boîtes de Choco-Mu ! Je vois déjà trois paquets de 2 kg ! Je ne savais même pas que ça existait, les paquets de 2 kg, je n’avais jamais vu des boîtes de plus de 750g oO AàG pousse le vice à aller demander à un employé s’il ne leur reste pas d’autres boîtes en stock, mais non… On va chercher un cadd*e que l’on remplit avec tout le Choco-Mu du rayon. La caissière doit halluciner en nous voyant arriver, on en a plus de 10 kg ^^

On essaie ensuite de trouver une chambre. Pas évident du tout, la première maison est pleine et nous en conseille une autre, qui réclame un prix absolument dingue : un truc du style 70 euros la nuit (sans petit déjeuner) alors qu’elle a l’air d’un confort très moyen et en plus elle est coincée entre la grand route et le chemin de fer ! Calme assuré…

Nous allons dans un village voisin, Plochingen, mais là aussi les prix sont plus élevés que dans les pires zones touristiques autrichiennes ! Serait-ce dû à la proximité de Stuttgart ? Nous entrons dans un restaurant qui tient quelques petites chambres, c’est déjà un peu plus raisonnable mais toujours trop pour nous. Le patron, sympa et compréhensif, nous indique les deux autres logements à proximité et nous dit qu’on peut toujours revenir chez lui si on ne trouve rien d’autre.

On se rend à l’hôtel qui est tout proche, mais rien qu’à voir ses trois étoiles on se doute déjà que ce ne sera pas pour nous. On s’en voudrait de ne pas essayer, surtout qu’il a l’air complètement vide. A la réception on nous annonce un tarif de 80 euros la nuit, sans petit déjeuner. Je me mets à rire, je ne peux pas m’en empêcher car je nous imagine déjà passer la nuit dans la voiture, tandis qu’AàG décline l’offre. L’employé de l’accueil nous dit alors qu’il peut descendre à 70 euros, nous le remercions pour son geste mais cela reste en dehors de notre budget.

L’autre hébergement indiqué semble compliqué à atteindre et nous n’avons pas envie de reprendre la voiture pour nous perdre dans la nuit. Nous finissons donc par retourner à l’auberge, où le gentil patron a également pitié de la jeunesse et nous fera une petite diminution de prix ! Pour l’en remercier, nous soupons chez lui, c’est ce qui s’appelle une situation « win-win » je suppose… Ce sera tout de même la nuit la plus chère de notre séjour.

Tôt le lendemain, nous repartons vers notre Belgitude sous une pluie battante et, mis à part un monumental plantage dans les autoroutes à Karlsruhe (qui nous contraint à naviguer à la boussole !!), le trajet du retour se passe sans encombre.

Un moment comique lorsque nous arrivons au tronçon autoroutier qui traverse la forêt des kilomètres durant, avec quelques aires de repos très espacées et complètement vides mises à part deux ou trois tables de pique-nique. Nous sommes en train de manger peinards quand tout un car de touristes s’arrête. Que viennent-ils faire dans un coin aussi paumé ? D’habitude, un bus, ça s’arrête dans les grandes aires avec station service, restaurant et tout le toutim… Nous comprenons quand nous voyons plein de papys et de mamys qui descendent du car et se ruent sur le moindre buisson 😀 Il y en a même qui vont dans la maigre plate-bande qui sépare l’aire de repos de l’autoroute et exposent vaillamment leurs fesses à tous les automobilistes de passage ^^

Je peine un peu à trouver la motivation pour écrire le dernier chapitre de ce carnet de vacances… alors voici de quoi patienter un jour ou deux !

Jeudi 14 septembre 2006 – Salzburg, le bagne

Aujourd’hui il est prévu de visiter la ville de Salzburg. J’y vais un peu à reculons, je n’aime pas trop les villes et après avoir vu Vienne il y a quelques années, j’ai l’impression que celle-ci ne peut m’apparaître que fade…

La nuit au Gästehaus Rettenbacher se passe bien, et la logeuse est aux petits soins pour nous pendant que nous dévorons ses confitures maison et les petits pains qu’elle nous réchauffe au four, mmmmh ! Bien qu’elle ne parle quasiment pas anglais, nous parvenons à échanger un peu et elle nous donne une astuce pour aller moins cher en bus jusqu’à Salzbourg.

Finalement, au vu des horaires, nous n’utiliserons pas cette astuce et nous irons en voiture jusqu’à Rehhof. On se gare dans une petite rue tranquille et on rejoint ensuite l’arrêt de bus. Nous n’avons pas longtemps à attendre et le PostBus nous emmène directement jusqu’à la Mirabellplatz.

Cela donne une étrange impression, ces gros boulevards, cette circulation… tout un stress latent que je me prends en plein. J’avais oublié tout cela au creux des montagnes. Ca ne me manquait pas :-s

Nous gagnons rapidement la vieille ville (plus ou moins) piétonne. Il y a énormément de touristes, notamment asiatiques. Tout le monde se bouscule sans faire le moins du monde attention aux autres, l’ambiance est oppressante. Dans les rues commerçantes, remplies d’enseigne en fer forgé, les prix sont abominablement élevés. Ce n’est pas ici que nous trouverons des souvenirs à ramener…

Au détour d’un coin de rue, la petite musique de nuit de Mozart nous tombe dans l’oreille. Un groupe russe composé de trois balalaïkas et un accordéon (!) interprète plusieurs grands succès « classiques ». Malgré l’exotisme des instruments par rapport aux compositions d’origine, leurs adaptations sont superbes. Ils jouent avec talent et passion, et nous leur achetons un CD pour les encourager.

Nous ne savions pas que la mort nous attendait au tournant…

Les églises sont présentes en nombre. Nous en visitons quelques unes mais j’ai eu la flemme de noter les noms. Je suis nulle en vocabulaire religieux alors ne m’en voulez pas si je confonds certains termes… Je sais que nous avons vu la cathédrale (Dom) et sa crypte (sans intérêt).

La symbolique de la décoration fait très souvent référence à notre sort final commun…

Ce style peut paraître morbide ou de mauvais goût, mais la philosophie sous-jacente est somme toute assez saine, la mort ne doit pas être un tabou.

Il y a également des peintures plus « classiques » et les célèbres chérubins chers à Juliette – poutiniii !!

Nous avons également visité la basilique St Pierre, aussi appelée l’abbatiale bénédictine, dont la décoration de style « rococo » ne m’a pas tellement plu.

Par contre sa grille en fer forgé était magnifique.

Je ne sais plus si c’est dans l’église franciscaine ou celle des capucins que nous avons vu des imitations de nuages particulièrement kitsch ? Nous avons raté le tombeau de Paracelse, qui se trouve près de l’église St Sébastien… enfin on l’a peut-être vu, mais sans « tilter ».

Les plafonds et coupoles sont particulièrement somptueux. Le contraste est parfois saisissant avec les lustres « modernes ».

Encore une autre, que je suis incapable de nommer…

…avec des nichées de petits « poutinis » dans tous les coins ^^

Ce que j’aime, ce sont les endroits un peu plus sobres… où on peut encore parfois admirer les anciennes peintures qui couvraient les colonnes.

On décide de faire un repas de gâteaux (je sais c’est honteux) et nous refranchissons la rivière Salzach en quête d’un Sacher Torte. Nous passons devant la maison de Mozart sans nous y arrêter. Il n’aimait pas Salzbourg et je le comprends de plus en plus.

Sur le boulevard, de petits salons de dégustation offrent des pâtisseries. Nous en avisons une qui possède quelques minuscules tables dehors, dont une est encore libre, par chance. Ca fera l’affaire ! Nous nous y installons et je m’apprête à aller commander au comptoir quand deux gars qui fument comme des pompiers (la cigarette me rend malade) s’approchent. Le premier me cause en autrichien alors évidemment je ne comprends pas. Il me montre une chaise, j’interprète cela comme une demande de nous l’emprunter et j’acquiesce. Les deux gars s’installent ! Tout de suite nous réagissons en leur disant que nous ne partions pas, que nous utilisons cette table. Entre deux bouffées de cigarette, il me crache agressivement que nous sommes deux, ils sont deux, la table a quatre chaises et donc ils y restent. Devant cette logique imparable et vu l’apparence pas très nette des gars, nous levons le camp après avoir montré assez clairement notre désapprobation, ce qui nous vaut (ce que je suppose être) quelques insultes en prime ! Je précise que la table avait à peine la surface nécessaire pour poser deux tasses de café et deux sous-tasses.

Dans une « konditorei » un peu plus loin, nous nous rendons directement à l’intérieur pour choisir. Le couloir entre le comptoir et les tables est étroit. Nous hésitons sur le choix car il n’y a pas de sachertorte. Une serveuse passe en trombe et me bouscule tellement violemment que j’en tombe presque. Pas un geste, pas un regard, pas une excuse… c’est « normal », quoi. Nous fuyons immédiatement les lieux, furieux. C’est quoi cette ville de malpolis ? Deux semaines dans les villages de montagne et nous serions déjà inadaptés aux villes ?!

Nous marcherons longuement sans trouver notre bonheur. Finalement, le salon de thé d’un hôtel fera l’affaire. Les gâteaux ne sont pas exceptionnels (ce n’est que de l’air) mais ils sont tout à fait comestibles et, cerise sur le gâteau, les serveurs et serveuses sont polis et presque souriants. Ca nous change.

Nous allons ensuite nous promener sur d’anciennes fortifications verdoyantes qui donnent un beau point de vue sur le centre ancien. Le chemin monte alors du coup il y a moins de touristes, ça nous permet de respirer un peu.

Nous passons devant un musée contemporain sur le porche duquel un prototype de voiture est exhibé à grand renfort de bimbos exposant leurs seins et leurs fesses. Le tableau forme un tel stéréotype que ça me donne envie de vomir. Heureusement nous n’avons avalé que de l’air ce midi !

Nous jetons subrepticement nos trognons de pomme dans la forêt, c’est très mal et nous en rions beaucoup. Nous sommes vraiment des vandales ! [Si vous ne comprenez pas c’est normal, c’est simplement qu’un voyageur ayant jeté son restant de pomme dans la montagne s’était fait copieusement engueuler et l’avait relaté dans son carnet de voyage.]

Après une rencontre fortuite avec un chat dans une clairière, nous redescendons vers la vieille ville (aldstadt) par un bel escalier couvert. Un impressionnant orgue noirci est incrusté dans la paroi d’un bâtiment, à l’extérieur. La photo ne donne rien alors je ne vous l’ai pas mise.

Nous visitons une église et nous y recroisons la même mendiante que ce matin. Il s’agit d’une jeune fille (habillée bien plus richement que nous !) qui va « chercher le client » à l’intérieur même des églises, ne terminant son flot de paroles que lorsque sa proie (généralement une vieille dame qui était en train de se recueillir) a cédé. Je suis outrée par ce procédé. Dans la première église, elle avait fini par se faire repérer et une religieuse l’avait raccompagnée jusqu’à la porte d’un air très mécontent. La soi-disant mendiante, nullement intimidée, a retrouvé une de ses copines qui l’attendait dehors et toutes deux se sont immédiatement fondues dans la foule. Cette fois-ci même scénario, je vois bien que la dame à qui elle s’en est prise n’arrive pas à s’en défaire. Dans une vaine tentative d’intimidation, je m’approche en fusillant du regard la pseudo-mendiante. L’effrontée me reconnaît et soutient mon regard tout en continuant sa litanie destinée à la dame. Celle-ci n’est pas dupe mais cède pour avoir la paix… c’est vraiment crapuleux.

Un peu plus loin, un couple de japonais fait un tour de calèche en costume de jeunes mariés. Ils passent, radieux, devant les affreuses pubs géantes prétextant la présence d’échafaudages pour défigurer le Dom (cathédrale)… cfr. 4 photos plus haut. Cette ville est étourdissante. Je n’ai pas du tout aimé m’y balader. Pour parler crûment et partialement, Salzburg me donne l’impression d’une ville de bourgeois complexés de ne pas être des aristos, et voulant de ce fait péter plus haut que son c..locher. (Enfin, ses clochers.)

Nous terminons nos visites touristiques par le Petersfriedhof (cimetière St-Pierre), endroit à peine moins mouvementé. La décoration des sépultures et la richesse de leurs symboliques sont impressionnantes.

Une sculpture qui m’a spécialement attirée :

Nous ne résistons pas à l’annonce de « catacombes » mais il s’agit tout juste de quelques petites galeries creusées dans la falaise.

Malgré tout l’endroit est agréable. Comme l’entrée est payante, il y a moins de touristes et l’ambiance est un peu plus adaptée aux lieux.

Suit un moment de calme et de silence dans le Mirabell Garten, un jardin public possédant une jolie fontaine et où nous mangeons une viennoiserie qui ne mérite pas son nom. Dernière quête : trouver le bon arrêt de bus pour rentrer à la pension. En effet, vu les travaux à la place Mirabelle, l’arrêt est déplacé. C’est assez épique de comprendre les instructions en allemand pour se rendre au bon endroit… mais nous sommes motivés à relever le défi ! 😉

Rentrés à bon port, il est temps de songer au souper. Au centre de Golling, nous hésitons un moment puis rentrons dans un restaurant possédant à l’arrière un jardin assez sympathique. Malheureusement le serveur l’est beaucoup moins (une porte de prison serait plus aimable), et le menu se révèle quasiment immangeable. Le pire repas que nous ayons eu pendant ces vacances. De plus on a failli partir sans payer tellement il nous a fait attendre longtemps après l’addition. Disons que ça clôture en beauté cette journée de merde.

Pour conclure, petit clin d’oeil aux pigeons salzbourgeois 😉

Lundi 11 septembre 2006 – La photo que tout le monde attendait

(Enfin quand je dis tout le monde, c’est surtout Ido et le Nabot !)
Mais tout d’abord, le fameux épisode du petit déjeuner à la frühstückspension Häuslhof de Kaprun :

A l’heure mentionnée pour le petit déjeuner, nous descendons dans la salle dédiée, qui se trouve quasi en face de la porte de la logeuse. On l’entend vaquer à ses occupations mais personne ne vient. Sur la table se trouvent déjà 4 petits pains pas frais et une assiette de charcuterie qui suinte, je ne sais pas depuis combien de temps elle est ainsi mise à la disposition des mouches mais le morceau de beurre est déjà tout mou. Avec cela, nous avons droit à UNE mini-confiture par personne… cette fois c’est sûr, nous n’allons pas grossir. Quels radins dans cette pension.

Je fais le trajet une deuxième fois (j’avais oublié quelque chose dans la chambre) et je descends l’escalier le moins discrètement possible. On parle ensuite assez fort. Toujours personne. Bon c’est pas tout ça mais on a des choses à faire aujourd’hui, alors je vais chercher la carafe de jus d’orange derrière le comptoir et je nous sers. Il est infect, mais alors à un point que je n’avais jamais rencontré : je ne parviens même pas à boire plus que deux gorgées !

Interlude : quelques photos de nature pour s’apaiser ^^

Toujours derrière le comptoir, j’avais aperçu une cafetière avec un reste de vieux café tenu au chaud. Là encore, je nous sers. C’est… buvable. AàG teste le saucisson de jambon, mais il est immonde. Ayant repéré les réserves de confiote sur une étagère, je puise allègrement dedans pour faire passer le pain. Oh dites donc le pactole, y avait même des mini-nutella cachés dans le tas !!

Nous avons presque fini de déjeuner quand la logeuse daigne enfin se soucier de nous. Elle nous dit bonjour du bout des lèvres et demande si on veut du café, je réponds froidement « We have. » Elle insiste pour la forme en nous demandant si on n’en veut pas « du frais »… Ben tiens, c’est un peu tard pour y penser, alors je lui répète en articulant sèchement « We have. »

Cette personne nous fait payer le prix fort pour un service plus que minable et une nuit bruyante, or le rôle de gentille pigeonne ne me convient guère. On remonte dans la chambre, on fait nos bagages et on s’en va. Quand je vais lui remettre le prix convenu sans mot dire, elle ne montre pas un seul signe de surprise et ne nous demande pas pourquoi on part déjà (on lui avait dit la veille qu’on resterait au minimum deux nuits, sans doute trois). C’est dommage, j’aurais bien voulu qu’elle nous demande où on allait à présent. Juste pour le plaisir de pouvoir lui répondre « Kaprun ».

Interlude bis : quelques photos de nature pour s’apaiser

On trouve le point central d’information touristique, plus complet que celui de la veille. Quelques « zimmers » situées dans des endroits a priori calmes sont moins chères, on décide d’aller voir leurs abords avant de choisir. Nous voulons expédier cela assez rapidement pour ne pas que le programme d’aujourd’hui en souffre trop. Le premier logement est une ferme située tout en haut d’une série de lacets, au milieu des pâtures, mais… juste à côté d’une antenne GSM. Nous nous apprêtons à aller sonner à la porte quand je remarque un chat famélique et craintif sur le seuil. Je ne veux pas loger chez des gens qui ne nourrissent pas leur chat. Nous repartons.

A mi-chemin des lacets se trouve la maison « Haus Sonne ». La vieille dame ne nous laisse pas rentrer chez elle avant qu’on ne lui dise combien de nuits on resterait. Or elle ne comprend rien à mon mauvais allemand ni à notre langage des signes. Elle finit par demander en anglais mais… elle ne comprend pas la réponse !! Finalement elle nous fait voir les chambres, la première qu’elle nous montre est relativement récente et ensoleillée mais donne sur la façade principale, on entend fort les camions qui passent sur la nationale en contrebas. Nous parvenons (par miracle) à lui faire comprendre et elle nous montre une chambre sur le côté, vieillotte mais plus calme. On lui fait signe que c’est ok.

On revient avec les bagages, elle nous tend la clé… de la première chambre ! On lui dit qu’on veut la numéro 3. Elle fait signe que non, elle ne comprend pas. On insiste, elle finit par capter et nous donner la bonne clé. Rha je sens que la communication va être pénible dites donc… Voilà-t’y pas qu’elle nous dit que son mari va reculer la voiture pour qu’on puisse ranger la nôtre sur le côté de la maison. Euh non mais on n’est pas en vacances pour passer la journée dans la chambre, hein, on s’en va, là !!

La journée peut enfin commencer. Nous allons au Kitzsteinhorn : 3 cabines téléphériques successives nous emmènent jusqu’à la Gipfelstation (3029 m). Là-haut, ça skie ferme !

Après avoir apprécié les superbes vues qui s’offrent à nous, nous empruntons le « panorama tunnel ». Il s’agit d’un tunnel piéton creusé dans la roche, qui descend jusqu’à un point de vue inférieur. De là on peut se promener dans la neige sur un sentier balisé le long des pistes.

Beaucoup de regards convergent vers un point bien précis… Je crois que ça se passe de commentaires ! En plus ils sont restés là longtemps et elle a fini encore moins habillée que ça… elle est bonne pour une pneumonie.

Ce qui est particulièrement marquant, c’est qu’il y a beaucoup de touristes musulmans en cet endroit et, pendant que les femmes voilées, couvertes des pieds à la tête, admirent les montagnes… devinez vers où se tourne le regard de leurs maris :-/


Reconnaissez-vous les deux lacs de barrage de Kaprun ?

On pique-nique sur un rocher, certains me regardent bizarrement… bah quoi, vous n’avez jamais vu quelqu’un éplucher un concombre ?

Ah oui j’avais oublié de vous dire : leurs panneaux de signalisation des dangers sont très imagés, on a beaucoup aimé ^^

On remonte ensuite avec le « shuttle », une petite cabine sur rail qui navette entre la station et les pistes.

Le téléphérique nous descend à la station inférieure, hors neige.

Il me reste un peu de pain alors les chevaux s’en régalent, enfin un surtout qui est tellement gourmand qu’il viendrait bien fouiller lui-même mon sac pour être sûr que je n’aie rien oublié !

On se promène un peu, on s’arrête à hauteur d’une jolie cascade et là, miracle : marmotte à babord !! Parce qu’il faut quand même préciser que dans ces Alpes autrichiennes, nous n’aurons pas vu grand monde au niveau de la faune comme telle (sorry private joke inside).

Un chat géant a fait ses griffes sur cette montagne dans un lointain passé…

Je m’approche, la marmotte prend peur et se cache dans son terrier. Quelques minutes de patience et hop, la revoilà en train de se chauffer au soleil sur son rocher. Ce petit jeu se répète plusieurs fois et je dois finir à plat ventre pour prendre ce pauvre cliché avec le zoom à fond… pfff !

Ah non pardon c’était pas celle-là 😀 La voici :

Nous reprenons le téléphérique, le hasard fait que, sur les centaines de cabine qui tournent, nous tombons sur la même qu’à l’aller. On la reconnaît car on a euh, disons « aménagé » son bandeau de pub dans un élégant auto-collage façon pâte feuilletée 🙂

L’après-midi n’est pas encore tout à fait finie aussi nous nous rendons à Zell am See.

Il s’agit d’une grosse bourgade qui possède deux centres et se trouve le long d’un très grand lac. Ce dernier est magnifique… et ses occupants aussi, jugez plutôt !

Canards et moinouilles, cygnes et fripouilles… Malheureusement, je n’ai plus de pain et c’est une très grave situation pour moi. Tant de becs qui quémandent et rien à leur donner !! Argh 😦


Heureusement tout le monde n’a pas mon étourderie !

Il y a des canards noirs aux yeux jaune orangé qui nous épatent par leurs longues apnées. Ils plongent sous l’eau pour fouiller le fond du lac avec leur bec. Impressionnant. Je pense que ce sont des fuligules (morillon ?). Une photo plus reconnaissable de la bestiole se trouve ici. En cours de nettoyage, cela donne :

Une autre espèce en plein lavage ;-p

Nous nous promenons également un peu en ville mais l’ambiance est trop bourgeoise à notre goût.

Nous préférons nous écarter et aller manger à Piesendorf. Un repas sans prétention mais tout à fait correct, avec une shoko banan-torte en dessert. Une colonie d’enfants débarque peu après mais ils sont (relativement 😉 ) sages !

Dimanche 10 septembre 2006 – Les lacs de barrage de Kaprun

C’est à regret que nous quittons ce matin le nid douillet de la pension Zillertal pour migrer vers notre troisième étape : la bourgade de Kaprun, dans le massif du Hohe Tauern. A cet instant bien précis, nous ne savons pas encore à quel point nous avons raison d’avoir des regrets !

Nous trouvons assez facilement un point info, équipé du même écran tactile qu’à Gerlos mais en plus sommaire. Nous choisissons la frühstückspension Häuslhof qui se trouve en B7, mais aucune carte ne nous permet de localiser ce fameux B7 !! Nous partons au hasard après avoir imprimé les informations sur la pension – car oui, il y a une imprimante intégrée en dessous de l’écran tactile, et elle n’était même pas à court de papier !

Par chance nous trouvons rapidement, mais l’accueil est pour le moins déroutant, pour ne pas dire impoli, ce qui est assez surprenant dans le Tyrol autrichien. On nous conduit au premier étage, dans une pièce donnant sur le côté. La chambre est vieillotte mais acceptable : nous nous installons car après tout c’est juste pour quelques nuits, pas pour se marier avec la logeuse ! Bon tout de même, on commence déjà un peu à regretter Gerlos, où la chambre était superbe en plus d’avoir une logeuse super sympa et d’être moins chère qu’ici…

Dès 11h30 nous partons à l’assaut des lacs superposés de barrage qui font la réputation de Kaprun. Deux de ces lacs sont accessibles aux visiteurs.

En chemin, nous croisons bien sûr des « free cows », mais également une fête dédiée aux vaches qui se retrouvent, les malheureuses, à devoir parader dans leur pré avec d’encombrantes coiffes sur le crâne !! Ainsi donc, cette tradition survit encore en dehors des cartes postales ! Nous ne nous sommes pas arrêtés pour prendre des photos car le planning était assez serré et l’intérêt somme toute limité.

Après quelques lacets en forêt, nous remarquons un parking à plusieurs étages, qui se cache derrière un rideau d’arbres. Les touristes sont obligés d’y laisser leurs véhicules car les lacs ne sont pas accessibles de cette manière. Assez surpris, nous montons dans le bus dédié à la visite. A cette heure il y a peu de gens. Il nous emmène, à travers d’imposants tunnels creusés dans la roche, jusqu’au plus large funiculaire d’Europe.

Nous y entrons et l’engin commence à gravir une sacrée pente, qui ne cesse de s’accentuer ! Des rails guident la progression, et un gros câble nous tire sans bruit ni à-coups vers le sommet. C’est vraiment impressionnant. Au total il fait 820 m de long, pour un dénivelé de 430 m.

A l’arrivée, un autre bus nous prend en charge. A côté du rétroviseur, une photo illustre la manière dont le bus est monté jusque là : de la même façon que nous !!

De nouveaux tunnels s’enchaînent. Des travaux souterrains ont lieu, aussi certaines zones sont animées par des chantiers. Le premier lac de barrage (Stausee Wasserfallboden), apparaît très vite, il se trouve à environ 1670 m d’altitude. Assez curieusement, il est désert. Le bus n’y fait d’ailleurs pas arrêt et continue sa longue montée entrecoupée de passages dans la montagne. Les tunnels sont à sens unique et leur entrée n’est pas très large, mais l’habitude donne aux conducteurs beaucoup d’aisance.

Nous arrivons au lac supérieur, le Stausee Mooserboden, qui se trouve à un peu plus de 2000 m d’altitude. Il y a beaucoup plus de monde en haut, mais nous n’en souffrons pas car l’espace ne manque pas sur ces gigantesques barrages de béton. Je parle au pluriel car le barrage supérieur est double : il est constitué de deux arcs en béton séparés par un « îlot » rocheux.

La vue est magnifique, chaque centimètre carré de montagne mériterait d’être pris en photo !

C’est splendide avec à l’avant-plan le turquoise de l’eau, même si son niveau n’est pas au plus haut, et à l’arrière plan la majesté des glaciers qui aliment le lac.

L’intermède rocheux peut être franchi de trois manières différentes : par une petite route extérieure, par un souterrain, ou par son sommet. A l’aller nous empruntons le souterrain, qui excite notre curiosité. S’il n’y a en fait rien de spécial à voir, il y règne par contre une fraîcheur très appréciable !

Au bout de la seconde moitié de barrage, nous regardons par curiosité les randonnées proposées mais les temps de parcours nous montrent qu’il ne faut pas y compter (jamais moins de 5-6h si je me souviens bien). Tant pis, nous nous contentons de dix petites minutes de « hors piste » et nous rebroussons chemin.

Nous aurions bien aimé visiter les installations de la centrale hydroélectrique mais cela n’avait pas l’air possible.

Nous passons cette fois-ci par le sommet du Höhenburg, pour profiter de la vue – qui se mérite, car ça grimpe quand même bien, surtout qu’on est le lendemain de la veille !!

Toujours depuis le sommet, la vue de l’autre côté :

Les bus qui redescendent sont bondés, on se demande un peu comment indiquer au chauffeur notre souhait de s’arrêter au second barrage car cela ne semble décidément pas prévu au programme. Le barrage inférieur se trouvant juste avant l’entrée un très long tunnel, c’est assez « tendu » car s’il s’y engage, c’est perdu. Nous quittons nos sièges peu avant, mais le chauffeur ne semble pas parler un seul mot d’anglais donc à la guerre comme à la guerre, AàG lui lance un « HALT ! » qui produit le saisissement général en plus de l’effet désiré ^^


Le lac inférieur vu du haut

Il n’y a pas un chat sur ce barrage (ce qui est bien dommage soit dit en passant), il n’est en fait pas aménagé pour le tourisme. Tant mieux !


Le barrage supérieur vu du bas, et un zoom ci-dessous

Nous prenons tout notre temps pour le parcourir en entier. La technologie (enfin, c’est un bien grand mot) du « trop-plein » est différente de celle utilisée pour le lac supérieur.

En hauteur se trouve une galerie souterraine grillagée, d’où sort une belle cascade. Notre curiosité est mise à mal car impossible d’aller voir ce dont il s’agit !

Nous pourrions attendre qu’un bus passe et lui faire signe en espérant qu’il parvienne à s’arrêter avant d’entrer dans le tunnel, mais nous choisissons d’emprunter le petit sentier aérien qui longe la montagne.

Une fois la plate-forme du funiculaire rejointe, il nous faut attendre l’arrivée d’un bus. Durant ce temps, nous voyons un véhicule de chantier qui monte jusqu’à nous par le funi, c’est assez comique ! Il y a une route qui atterrit dessus plus bas, mais elle ne doit être utilisée que pour les bus (qui « dépasseraient » des installations à l’arrivée).

Comme le site ferme ses portes à 17h, il nous reste un peu de temps avant le souper. Nous nous trouvons un banc au bord de la rivière pour écrire des cartes postales (et le compte-rendu bien sûr !). Le soleil disparaît, l’air commence à se rafraîchir, il est temps de quitter la place pour une périlleuse mission, j’ai nommé : remplir nos estomacs.

Les restaurants sont tellement chers (ou peu avenants) qu’après avoir parcouru tout ceux du centre ville, on se retrouve devant une pizza et un spaghetti… dans une drôle de décoration, ambiance simili-mexicaine avec des murs roses !

De retour à la pension, une bonne nuit de repos ne fera pas mal. A Gerlos les volets en bois étaient fictifs, ici ils sont réels mais trop grands pour la fenêtre donc ils ne ferment pas ! Nous nous rendons compte qu’encore une fois nous sommes la seule chambre occupée. Parfait, ça va être calme ? Tu parles ! Un gosse crie non-stop dans les escaliers et les couloirs du rez-de-chaussée depuis 20h30. A 21h30 je descends en chemise de nuit jusqu’à la porte de la logeuse, qui est grande ouverte. De mon ton le plus aimable (celui où on peut entendre des petites fleurs dedans) je lui signifie, en articulant bien, que « we would like to sleep ». Elle commence à me dire que sa maman n’est pas là et patati patata. Ce n’est pas mon problème et je n’ai pas envie de rentrer dans son jeu (de ce fait je me retiens de lui dire que, parents absents ou pas, à son âge, il devrait dormir depuis longtemps), je lui demande d’au moins fermer la porte, ce qu’elle fait.

Malgré cela, on l’entend encore jusqu’aux environs de 22h. En pleine nuit, des germanophones complètement ivres passent dans la rue en chantant à tue-tête. Leur pitoyable cinéma sonore dure un bon bout de temps, j’ai du mal à me rendormir par la suite. Et à 7h20, le gosse recommence. Alors un conseil d’ami, ne logez pas à la pension Häuslhof !!! (et pis vous n’avez pas encore eu droit au récit du petit déjeuner… la cerise sur le gâteau !!)

Jeudi 07 septembre 2006 – Hintertux

La nuit fut très bonne et nous nous rendons compte que, comme lors de la majorité du séjour, notre chambre est la seule occupée. Le petit déjeuner est royal, avec un buffet complet rien que pour nous : yaourt, salade de fruits, quatre sortes de céréales, plateau de charcuteries, fromage, confitures, miel, nutella (sans commentaire svp), différents petits pains et deux tranches de cake marbré chocolat en guise de dessert. Hmmm, je sens que nous allons rester ici !! Par chance notre sympathique logeuse, Mme Hauser, parle (bien) anglais et nous avons donc forcément plus d’échanges possibles avec elle – ne serait-ce que pour lui demander de mettre les ice-packs dans son surgélateur, ben ça aide. Franchement la « pension Zillertal » est une adresse à recommander pour ceux qui passent du côté de Gerlos… ce fut notre meilleur logement en Autriche (et pas le plus cher !).

Le ventre bien lesté, nous prenons la longue route qui mène à HinterTux, dans la Zillertal Arena. En chemin, AàG vole quelques photos à travers la vitre de la voiture : un train à voie étroite longe le fond de la vallée à nos côtés. Et puis il faut aussi immortaliser le deuxième type de clocher local : il y a les grands maigres pointus (qui m’ont paru les plus répandus) et il y a ceux-ci, mes préférés, les petits gros à bulbe :

Partout dans le Tyrol, nous serons littéralement hypnotisés par le vert. Les pelouses et prairies ont un vert intense, lumineux, comme nous avons rarement vu ailleurs ! Il s’en dégage une impression de douceur et de bien-être qui donne irrémédiablement envie de cesser toute activité pour aller se rouler dedans ^^

Nous empruntons trois téléphériques successifs pour arriver au sommet. Et ça ne se bouscule pas : dans les trois cabines, nous serons seuls ! Malheureusement les vitres sont souvent trop rayées (par les skis) que pour faire des prises de vue correctes…

Arrivés tout en haut, à 3200m, nous sommes un peu surpris ! En fait il y a énormément de skieurs et surfeurs qui s’entraînent sur les pistes enneigées. Il y a deux versants de montagne skiables en cette saison (cela forme un « V »), et le domaine semble propice à l’apprentissage. Plein de groupes d’enfants s’en donnent à cœur joie en « short de ski » – ‘scusez mon manque de vocabulaire, je ne skie pas en été, ni en hiver d’ailleurs ^^

La terrasse (avec art moderne of course) est assez petite, mais nous mettrons quand même looooongtemps à en faire le tour… Les plus sagaces d’entre vous devineront pourquoi 😉

Je ne peux pas mettre le panoramique tel quel dans une note, aussi je vous demande de bien vouloir cliquer sur CE LIEN pour faire un tour de manège !

On marche un peu dans la neige, là où les piétons sont autorisés, mais c’est une zone assez restreinte. Deux mannequins sont en train de poser pour des photos de mode, c’est assez ridicule… enfin nous verrons pire plus loin dans le séjour ^^

Quand nous entamons son ascension, le sommet est devenu désert… c’est assez vertigineux : on marche dans un chaos de blocs sur le sommet d’une crête, à peu près à hauteur du téléphérique, et des plaques de glace s’amusent à nous compliquer la tâche. C’est là qu’on prie pour que les blocs ne jouent pas au mikado et qu’il n’y ait pas de gros coup de vent. Je m’arrêterai un peu avant la fin par manque de confiance en moi et en mes chevilles : je suis une spécialiste du roulé-boulé en bas des pentes à cause de mes ligaments trop longs (i.e. je me tords souvent les chevilles).

Nous remontons sur la terrasse pour pique-niquer – ah purée ces escaliers, je n’ai plus aucun souffle à cette altitude !! C’est déjà l’afflux de mômes galopant dans tous les sens, ça met de l’animation (les remontées mécaniques s’arrêtent en début d’après-midi). Nous mangeons à notre aise sur un banc, en dégustant le panorama autant que nos tartines.

Il va sans dire que nous ne serons pas seuls dans la cabine du téléphérique pour la redescente !! Des files énormes se sont formées, et ça ne sert à rien d’attendre car il en arrive toujours plus de partout. Quelle contraste avec la sérénité des montagnes : ça se bouscule dans tous les sens, ça parle très fort en slovène, bouloulou vivement qu’on sorte de là !

On descend étape par étape, en faisait de petites pauses aux stations intermédiaires du téléphériques…

…mais les domaines de ski sont trop décharnés pour être intéressants en terme de randonnées.

Un peu plus loin cependant nous repérons une « route » qui zèbre un glacier, nous en profitons pour aller l’examiner de plus près. D’autres touristes s’y rendent également. ll faut faire attention aux chutes de pierre et aux crevasses.

Des gens s’y entraînent à l’escalade, c’est la première fois que j’observe la technique utilisée pour grimper des murs de glace.

Nous ne sommes qu’en milieu d’après-midi, aussi nous partons faire le début de la promenade vers le refuge de Berlin (près de Ginzling si je ne confonds pas).

En chemin, une petite photo prise spécialement pour Moukmouk :

Nous prenons la voiture et il commence à pleuviner peu avant d’arriver à destination. Nous nous heurtons encore une fois à un parking payant, alors nous allons nous garer plus loin, le long de la route, par pur esprit de contradiction… C’est la drache, on attend plus d’1/2h dans la voiture dans l’espoir que ça s’arrête.

On sort à la faveur d’une micro-éclaircie mais l’averse retombe de plus belle alors on s’abrite sous une grosse roche qui est déjà squattée par deux gars qui s’exercent dessus (enfin, dessous !) à l’escalade.

Finalement on se remet en route, ce n’est pas une pluie vicieuse qui va nous empêcher de nous promener, non mais ! Le pont qui débute la promenade est recouvert de plusieurs centimètres d’eau qui peine à s’évacuer, il faut le passer en équilibre sur la bordure de sa balustrade ^^

Le large chemin que nous empruntons se perd dans la forêt, la brume s’accroche dans les arbres c’est esthétique. La pluie finit par diminuer, mais nous sommes de toute façon déjà trempés. Jusqu’à 18h, elle tombera par intermittence.

Nous longeons une petite ferme, puis une fromagerie, où un vieux monsieur nous hèle. Il commence à nous parler en français ! Il n’a plus toute sa tête mais il sait quand même très bien où il veut en venir : qu’on achète son fromage !! On lui dit qu’on passera au retour.

Le sentier n’est pas très pentu ni sauvage, ce doit être seulement plus loin que ça commence à devenir intéressant… Tant pis, il se fait tard et nous rebroussons chemin, sans oublier d’effectuer l’arrêt promis pour le bergkäse (littéralement « fromage de montagne »). Il n’a pas beaucoup de goût mais qu’est-ce qu’il pue !!

La pluie a ravivé le vert, pourtant déjà intense, des prairies. C’est reposant. Apparemment il n’a plu que dans cette vallée, les autres sont sèches (grmbl !).

Nous allons manger à Zell am Ziller, où quelques jeunes à mobylette s’amusent à faire le tour du pâté de maison toute la soirée… Il faut savoir que dans la plupart des villages traversés nous avons croisé un Saint Panneau annonçant la Bonne Nouvelle : la circulation des vélomoteurs est interdite entre 22h et 6h. Un petit chat vient nous rendre visite mais malheureusement pour lui nous avons déjà fini nos assiettes, il n’aura pas grand-chose à se mettre sous la dent…

Mardi 05 septembre 2006 – Zugspitze & Eibsee

La nuit se passe très mal : je ne me sens pas bien, j’ai chaud et mal au ventre… arriva ce qui devait arriver : en plein milieu de la nuit, je galope vers la toilette pour réétudier plus en détail le menu de la veille. Heureusement que nous n’avons plus de voisins de chambre, se faire réveiller par quelqu’un qui vomi c’est pas glop… Le matin, fatiguée, je me fais un tout petit déjeuner histoire de ne pas partir le ventre vide. Autant dire que ça contraste avec les matins précédents ^^

En route vers le Zugspitze : le téléphérique du Pitztal nous a posé un lapin mais celui-ci, on ne le laissera pas se défiler ! Il va y avoir énormément de photos pour cette journée, c’est « la pire » du séjour je crois à ce point de vue… impossible de faire un tri plus sélectif !

Le sommet du Zugspitze a la particularité d’être à cheval entre l’Autriche et l’Allemagne (son téléphérique jumeau part de Garmisch-Partenkirchen). Le prix de la montée est salé, mais il faut avouer que ça en vaut la peine : la cabine nous emmène à près de 3000m, et comme nous avons de la chance nous serons au-dessus de la mer de nuages !

La montée est vertigineuse, involontairement on ne peut s’empêcher d’examiner les câbles avec quelque anxiété ^^ Heureusement mon déjeuner a décidé de rester en place !

Le paysage de sapins se décharne progressivement avec l’altitude, la rocaille et bientôt la neige nous tendent les bras…

Nous sentons la température fraîchir et voilà les 6°C annoncés dans la vallée qui se manifestent. Le temps est cependant idéalement ensoleillé.

Je m’amuse à nourrir les craves, qui sont tout sauf timides. Ces oiseaux sont tellement habitués aux touristes qu’ils viennent presque piquer le bout de pain dans nos mains avant qu’on le lance…

Je suis admirative quant à leur façon de rattraper au vol la moindre miette, leur vol reste d’une précision extrême malgré les fortes bourrasques de vent. Ce ne sont pas les seuls à résister au vent d’ailleurs !

Nous passons de longs moments à explorer toutes les terrasses du refuge d’altitude, qui se partage lui aussi entre l’Allemagne et l’Autriche.

Chaque orientation donne lieu à un mitraillage photographique conséquent ;-p

Nous sortons ensuite pour escalader le véritable sommet du Zugspitze, qui se trouve juste à côté.

Le décor est impressionnant car aucun sommet n’est plus haut que nous. Des randonneurs sont en train de manger leurs sandwiches à côté de drapeaux tibétains, sentiment d’irréalité…

Nous ne faisons pas de grande promenade car le moindre pas est essoufflant à cette hauteur, et puis je suis toujours un peu patraque de cette nuit. En fait les environs sont assez mornes (trop minéral).

Le refuge en lui-même illustre parfaitement la différence entre ses deux pays. Du côté autrichien se trouvent des œuvres d’art moderne (très présent partout où nous sommes allés dans le Tyrol) tandis que du côté allemand, la terrasse est envahie de tables recouvertes de saucisses et de bières ^^

Après s’être largement rassasié les yeux, nous redescendons dans la vallée en début d’après-midi, avec une idée derrière la tête. Vu de là-haut, un certain lac nous a beaucoup tenté et je voudrais y passer ma « convalescence »… mais d’abord, rassasions notre estomac !

J’ai repéré un banc libre dans une prairie, à l’ombre d’un sapin se trouvant quasi en dessous du départ du téléphérique. Nous pique-niquons tranquillement et une sorte de gros moustique nous accompagne : il « mange » une vieille tranche de pain (jetée pour les oiseaux) pendant toute la durée de notre repas !

On remarque un technicien qui vaque à ses occupations sur le dessus d’une cabine, on pense à une intervention ponctuelle… et soudain la cabine part, avec le gars sur son toit ! Ebahis, on se demande si c’est normal… mais oui, ça en a bien l’air ! Le téléphérique s’arrête lorsque le technicien arrive à hauteur du premier pylône (qui est très loin en fait), le gars descend dessus et la cabine repart sans lui.

Le Eibsee est du côté allemand, il nous faut donc faire tout le tour de la montagne en voiture. « Vue du ciel », la couleur de ce lac m’avait attirée comme un aimant. Tiendra-t’il ses promesses au sol ? Je vous laisse en juger…

La route qui y mène est un cul-de-sac. Arrivés au bout, une voiture est arrêtée et discute avec un piéton bizarre. Je déboîte pour passer à côté, mais le piéton décidément antipathique m’arrête et me demande :
« parking ? »
« euh ?! yes »
« 2,50 euros »
« ah ! no ! »

Je trouve ça un peu crapuleux de devoir payer pour passer trois petites heures au bord du lac, si ça se trouve ce gars s’est improvisé caissier de parking et n’a aucune autorité pour ce faire. J’ai donc fait un beau demi-tour (même pas crapuleux) et je suis partie me garer plus loin. Beaucoup plus loin car, bien sûr, tous les bords de route sont interdits au stationnement, sans qu’une raison valable ne transparaisse. Pur hasard !

Enfin bref, après ce petit accès de mauvaise humeur, nous parvenons enfin au bord du lac… dont le merveilleux bleu-vert transparent nous fait oublier illico presto l’affreux jojo !!

C’est la vue de ce lac qui me donnera envie d’enfin toucher l’appareil photo, car jusque là c’est AàG qui a quasi tout fait…

On commence par une promenade le long de l’eau, sur un petit sentier forestier très agréable. L’ombre est la bienvenue, il fait toujours étouffant.

Nous trouvons une zone à peu près déserte et nous nous y installons pour faire trempette. C’était très exactement là :

L’eau est un peu froide, c’est toujours un mauvais moment à passer que de devoir se mouiller petit à petit… mais une fois qu’on y est, rhââ que c’est gai !

Il fait bon et c’est un plaisir de nager un peu, même si c’est en T-shirt ^^ Plus loin, des pédalos et des petits voiliers font les foufous, l’ambiance est propice à la détente…

Quelques canards se font un plaisir, que dis-je, un devoir ! de finir nos restes de pain.

Après la baignade nous laissons le soleil nous sécher sur les rochers, j’en profite pour noter quelques éléments du compte-rendu avant de tout oublier.

Nous passerons une fin d’après-midi très agréable au bord de ce lac, qui nous rappelle notre journée à Plitvice la Merveilleuse.

C’est à regret que nous quittons le lac, dont les yeux peinent à se détacher. Nous allons souper à Arzl im Pitztal, un repas assez quelconque mais qui nous permet de découvrir les « germknödel ». Nous avions entraperçu ce dessert sur des tables du refuge et son aspect très étrange avait immanquablement titillé notre curiosté de chat ! Ce n’était pas très bon, en fait… une pâte « crue » (??) fourrée aux pruneaux et saupoudrée de graines de pavot, le tout nageant dans de la crème vanille. Très lourd et pas très goûteux.

Dimanche 03 septembre 2006 – Journée maussade au Kaunertal

Réveil abrupt à 6h30 par les cloches de l’église qui sonnent longuement et nous rappellent que l’Autriche est fort catholique… On ne peut s’empêcher de penser aux mosquées qui nous offraient elles aussi gracieusement le service de réveil en Turquie. Le balcon nous offrirait une belle vue si seulement le ciel n’était pas complètement voilé.

A 8h on descend voir Irma Gundolf, notre logeuse, car on ne sait pas où se trouve la pièce du petit-déjeuner. Comme je ne parle pas l’allemand, je comprends un mot sur dix (grâce à mes notions de néerlandais) alors ça donne des situations rigolotes : elle m’a dit que c’était en bas et j’ai compris le mot « recht » que je traduis par « droite ». On descend l’escalier et on se trouve dans un petit hall où se trouvent cinq portes dont une, entrouverte, d’où sort de la musique (une autre chambre ?). On hésite : la porte qui est à droite est bizarre, il en sort un bruit de… chaudière ! On jette un coup d’œil à celle de gauche, en vitré dépoli, c’est une toilette ! Hum, va-t-on rester debout dans ce hall jusqu’à ce qu’elle arrive ? Bon allez, on pousse un peu la porte déjà entrebâillée… oui c’est bien là ! Ouf ! Comme en français, « droite » et (tout) « droit » doivent être très proches ^^


Le trop-plein du lac de barrage du Kaunertal

Cette entraînante musique tyrolienne qu’on entendait, c’est la télévision. Ils ont une chaîne où passent, en boucle, tout plein de webcams rotatives avec les conditions météo du moment (aucune prévision pour la journée par contre !). C’est rigolo quand la caméra se trouve au niveau des nuages (écran blanc), ou quand une vache traverse son champ (celui de la caméra hein)…

Pour ceux qui se posaient la question : oui, Irma est très gentille ! Le petit déjeuner est copieux : confitures, charcuteries, fromages, œuf à la coque… on s’empiffre joyeusement. Les allemands de la chambre voisine descendent à leur tour, le mari d’abord. Il n’arrête pas de souffler lourdement « hummpfff » et on l’entend ensuite émettre des lents et graves « po po pom », à la façon du tuba (?) qui rythme la musique de la tv. Sa femme arrive ensuite, elle son truc c’est de chantonner dans les aigus. Ce duo durera tout le repas ! Ca nous a beaucoup inspiré pendant ce séjour, on les a souvent imités pour rire 🙂 Malheureusement c’est leur dernière nuit là, on ne les reverra plus !

La route à péage qui mène au Kaunertal est impressionnante :

Cette route panoramique se compose d’environ 30 lacets (« kehre »), donne de beaux points de vue sur le lac de retenue et le glacier, et atteint finalement 2750 mètres. De là des télésièges montent normalement jusqu’à près de 3200m (ce domaine est skiable en été) mais vu le mauvais temps, ils ne fonctionnent pas. Peu importe, nous sommes déjà à la hauteur des neiges éternelles !

Nous visitons d’abord un curieux tunnel de glace, équipé de cordes pour les touristes. C’est tout petit mais… on est quand même à l’intérieur d’un « glacier » (je ne sais pas si le terme correspond tout à fait) ! En certains points la glace est extrêmement transparente, à d’autres endroits brille une attirante lumière bleutée. L’excursion est rapide, nous revenons ensuite vers le refuge d’altitude pour entamer une promenade de l’autre côté.

Je suis complètement essoufflée à cause du changement brutal d’altitude (je vis à quelque chose comme 60-70m) et par les pentes (ah plat pays…). Mode de vie trop sédentaire, ça se ressent :-s

Je marche lentement tandis que AàG court comme un cabri pour me narguer ! « Non mais quel salaud ce salaud ! » On va jusqu’au « triangle » des frontières : l’Italie nous tend les bras, la Suisse également, et l’Autriche nous tend un banc (bénie soit-elle !!).

Quel dommage que le temps ne soit pas de la partie, il fait froid, pluvieux, tout paraît morne et triste… minéral.

On entend d’impressionnants grondements d’avalanche sur l’autre versant, même si on ne parvient pas toujours à repérer l’endroit exact :

Il faut dire que le ciel est tout blanc et les nuages s’infiltrent de plus en plus malgré le barrage des pics.

Pic-nic dans le refuge où des tables sont aménagées pour ce faire. Avec de belles toilettes propres et gratuites, comme quasiment partout dans le Tyrol ! On fait une partie de radeau sur l’étang du refuge, il faut se tirer avec une corde et on se marre comme deux gamins…

On descend un peu la route pour faire le tour du Weißsee, un beau petit lac dont les couleurs sont injustement rendues par l’appareil photo.

Vous voyez la fourmi (ci-dessous) ? Qu’on ne vienne plus dire que je ne mets pas de photo de moi sur mon blog :-p

On redescend encore d’un cran pour arriver au départ du sentier vers le glacier Gepatschferner. La randonnée est bien plus longue qu’on ne le pensait, et au final il faut descendre dans la petite vallée pour remonter l’autre versant. Un glacier, ça se mérite !!

La langue de glace est impressionnante (mais très sale), seulement je n’en profite pas tellement : j’ai froid et je suis crevée rien qu’à penser au chemin du retour qui nous attend.

L’air de rien il se fait tard, l’obscurité tombe vite en montagne et la couverture nuageuse nous prive déjà de pas mal de luminosité. Pour un premier jour, le programme était un peu trop ambitieux !

AàG portera mon sac pour revenir jusqu’au véhicule, je suis épuisée… qu’est-ce que j’étais contente en la voyant enfin, au loin, sur le parking !! Il n’y a plus personne, nous sommes les derniers… Dis, tu crois qu’ils ferment la vallée à quelle heure ? (mauvais souvenir d’Ihlara !!) Heureusement le péage est désert mais ouvert, il doit l’être toute la nuit (avis à ceux qui veulent économiser 20 euros 😉 )

Nous décidons de souper à Prutz, il s’agit d’un pélerinage suite à un souvenir familial marquant que je me refuse absolument à vous révéler :-p

Les nuages et la pluie nous accompagnent toujours, nous entrons au Post Hotel où nous serons très bien servi. On est tous les deux cassés par la fatigue… La serveuse, après avoir vu nos difficultés à décrypter le menu, nous tendra charitablement une carte en anglais – merci à elle !

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