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Bande-son : King Crimson – I Talk to The Wind

Les lacs de Néouvielle et le barrage de Cap de Long

Nous voici donc de retour en France. Nous avons décidé d’aller dans la réserve naturelle du Néouvielle, dont nous avions vu de magnifiques photos enneigées chez nos logeurs.

La Route des Lacs (D929) est longue. Le tronçon final (D177) est fermé à la montée à partir de 9h30. Nous nous garons à près de 2150m d’altitude sur le parking payant, déjà bien plein de bagnoles.

A vrai dire je suis surprise qu’ils appellent cela une réserve naturelle car il y a beaucoup de gens en train de pêcher, de cueillir des myrtilles, d’arracher (mycélium compris 😦 ) des champignons, etc. Cela nous énerve.

Un panneau annonce que les chiens, même en laisse, ne sont pas autorisés (il y a une « garderie » apparemment). Sauf que ce n’est absolument pas respecté, là non plus !

Il y a énormément d’arbres morts 😦

Le temps est nuageux, le paysage extrêmement minéral, et les chemins deviennent rapidement mal balisés – mais attention, il ne faut pas sortir des sentiers !! Ah ah !

Le niveau du lac de barrage d’Aubert est très bas. Des travaux d’étanchéité sont en cours et on entend au loin les pelleteuses s’activer sur la digue.

Ça nous insupporte de nous retrouver soudain au milieu de plein de personnes… en plus des Français 😛 Ce serait moins pire des Espagnols, au moins je ne comprendrais pas ce qu’ils disent !

Ce petit accès de sauvagerie nous pousse à nous éloigner des lacs et prendre de la hauteur.

Bref avec tout cela je suis de mauvais pelage, comme dit AàG ! En plus le chemin n’est pas facilement marchable car plein de pierres mobiles. Pas idéal pour mes chevilles. Quand il traverse des pierriers stabilisés (artificiellement) ça va bien.

Oui AàG a droit à une nouvelle tête à chaque fois, mais moi je suis un chat et je le reste ! 🙂

On passe de l’autre côté du col et tout de suite il y a nettement moins de monde, ouf.

Par contre ça reste un gros tas de cailloux, au propre comme au figuré !

C’est peut-être parce que la journée a mal commencé mais le paysage ne me séduit pas… je le trouve monotone et inintéressant.

En revoyant les photos deux ans plus tard je reconnais que c’est un peu sévère, mais c’est le ressenti que j’ai noté ce soir-là.

Dans la descente nous perdons le sentier en suivant des cairns trompeurs. C’est particulièrement galère pour progresser car, avec les buissons rampants, on ne voit pas les cailloux sur lesquels on pose les pieds. Mes chevilles me donnent des « avertissements ».

Je ne sors quasiment pas mon appareil photo, je suis totalement déprimée.

AàG propose de « couper » hors piste vers le col de Madamète ou de rebrousser chemin vers le col de l’Hourquette d’Aubert.

Fatiguée, je tombe plusieurs fois sur ce mauvais terrain. Je parviens même à m’étaler gracieusement, presque au ralenti, sur les buis !

Bref il est grand temps de faire une pause, ce que nous ferons au bord du lac Nère.

Ce coin n’est pas trop mal, avec tous ses laquets.

Cette langue de terre qui s’enfonce dans l’eau du lac d’Estagnol est esthétique.

Nous poursuivons notre marche arrière et remontons au col (alt. 2498m).

Nous faisons un petit détour par le lac d’Aumar, longé par le GR 10 et bien plus sympa que son voisin – et encore on a eu de la chance, le lac d’Aubert s’est retrouvé totalement vide quelques semaines plus tard.

Il y a moins de touristes que ce matin et l’endroit me plaît nettement plus. Au moins il y a un peu de vert !

C’est presque bucolique même si la faune et la flore de cette réserve nous auront paru fort mis à mal.

Nous redescendons ensuite au lac d’Orédon, 6 km plus bas.

Un cheval vient d’aller y boire une bonne lampée.

Ici aussi le niveau est bas, c’est logique car il est alimenté par le lac de Cap de Long auquel le lac d’Aubert sert de réserve. Enfin si j’ai bien compris !

On s’amuse des empreintes d’oiseau délicatement imprimées dans la boue.

Nous reprenons ensuite la D929 jusqu’au bout : le lac de Cap de Long, 2e plus grande retenue des Pyrénées françaises.

Son alimentation est un sacré bazar !

Il est arrivé un « petit » souci au chemin qui le borde… La taille des véhicules vous donne l’échelle de l’effondrement.

Vue sur le lac d’Orédon en contrebas:

C’est la fin de la journée, on se promène tranquillement sur le barrage. La première partie de la digue n’est pas haute, on s’amuse à descendre jusqu’au tunnel (qui sert surtout de toilette manifestement).

La seconde partie est bien plus vertigineuse.

Ci-dessus une autre vue sur l’effondrement. C’est tombé à gros grains.

Nous roulons jusqu’à Saint-Larry-Soulan, le gros bourg du coin. On y découvre en flânant un carillon de 12 cloches coulées sur place par Paccard, fondeur à Annecy.

Les deux anciennes cloches en airain exposées sous le carillon ont été mises à jour lors de la construction d’immeubles. Elles avaient été enterrées à 1m50 pour les protéger de la destruction.

La petite fait 300kg et date de la fin 13e – début 14e siècle. Elle porte la poétique inscription Jésus de Nazareth, je suis la voix qui invite à la fête.

La plus grosse fait 500kg et porte la date de 1507 ainsi qu’une inscription plus longue mais moins joyeuse.

Comme les bons restos sont fermés et que nous n’avons pas envie d’aller dans un snack, nous rejoignons Aragnouet pour dîner au sympathique « relais de Néouvielle ». Sa décoration est originale, jusqu’aux assiettes posées sur des vinyles !

Plusieurs personnes de la chambre d’hôte y viendront également, ainsi que la logeuse. Les plats nous réjouissent les papilles et nous découvrons la délicieuse frênette (cidre de frêne) dont nous ramènerons deux bouteilles 🙂

Au moment de quitter, le restaurateur nous hèle « Hep, vous n’allez pas partir comme ça ! » Ah ? Allez zou, il nous sert un petit génépi local ! J’y tremperai juste les lèvres, trop fort pour moi et puis je conduis… AàG se dévouera 😉

Bande-son : Carlos Gardel – Volver

Lacs Bachimaña et Bramatuero

Cette nuit fut encore assez bruyante. Ce doit être la norme espagnole mais nous n’y sommes guère habitués !

Ce matin à la boulangerie le grizzli m’a souri quand on a voulu reprendre un morceau du bon gâteau au noix et noisettes de la veille 🙂

Nous allons randonner côté espagnol aujourd’hui, dans la Valle de Tena et plus précisément aux Baños de Panticosa (Bains de Panticosa, altitude 1637m). On se gare à côté de l’ibón (lac) de los Baños. Ici toutes les rues ont le même nom : Calle Balneario ! On se pose des questions quant à la localisation du départ du (bon) sentier.

Nous croisons deux gars qui cherchent sans succès de l’eau, le comble dans une station thermale ! Il faut dire que cette station balnéaire est assez étrange, on dirait qu’elle est à la fois à moitié abandonnée et à moitié en construction. Un peu glauque mais ce n’est pas pour nous déplaire 🙂

Nous montons à l’ombre des arbres et trouvons le mirador del Salto del Pino (belvédère du Saut du Pin) sur le village et la haute cascade logiquement appelée Cascada del Pino 😉

Tandis que la chaleur nous accable déjà, un lézard profite du soleil.

Les cascades se succèdent, c’est un chemin agréable le long du río Caldarés.

Les plantes sèchent, nous aussi !

Car oui, là c’est terminé, l’ombre chérie…

Ce pont est à hauteur d’un embranchement de sentiers. Il permet une éventuelle variante pour le retour.

Depuis le départ la pente est gentille et maintenant le sentier sillonne presque à plat…

…sauf que là ça va changer puisqu’on arrive dans le fond d’un cirque rocheux !

Ci-dessus la cascada del Fraile.

Vue sur le vallon parcouru :

Il y a donc inévitablement un raidillon final pour atteindre le refuge. En plein cagnard de midi, on déguste !

Nous sommes au Embalse de Bachimaña Bajo, le réservoir du Bachimaña inférieur. Il est équipé d’une jolie petite vanne manuelle.

Nous n’irons pas voir le nouveau refuge de 2012 (alt. 2177m), qui ressemble trop à un hôtel à notre goût, et préférons continuer le GR11.

Le barrage et son déversoir de trop-plein ont fière allure.

Nous arrivons au Embalse de Bachimaña Alto – dois-je vous traduire ? 😉

Le lac supérieur est énorme… il est presque écrasant, dans son écrin minéral.

Comme d’habitude les ambiances rendues par nos deux appareils sont contrastées :

Avez-vous vu la cabane en pierres au milieu de ces photos ? 😉

Ici on la distingue un peu mieux :

Le niveau de l’eau est manifestement plus bas que par le passé, découvrant des rochers que la végétation n’a pas encore colonisés.

Le GR suit la rive à bonne hauteur et nous sommes toujours en quête désespérée de notre Saint Graal : de l’ombre pour pique-niquer. On cuit !

Nous trouverons finalement une micro-zone ombragée entre deux rochers et en ferons notre affaire. On ne peut pas être trop exigeant dans les parages ! C’est pas grave, nous avons des tomato rosa pour nous consoler 🙂

Nous devons quitter le GR11 et avons quelques problèmes pour trouver l’autre chemin, qu’on avait pourtant bien aperçu de loin. Nous suivons quelques cairns, comme le signalaient les descriptifs, puis plus rien… oups !

Après la traversée de ce ruisseau nous retrouverons le bon sentier.

Les éclaboussures de ces mini-chutes nous apportent une appréciable fraîcheur. Bon ok j’avoue, j’ai carrément immergé l’espèce de bandana qui m’évite l’insolation crânienne ^^

On avait déjà repéré à distance que des filets d’eau détrempaient ce flanc de montagne…

…car la végétation y est soudain luxuriante, fleurs et mousse à gogo !

Enfin « mousse » est un terme impropre. Quelqu’un sait ce que c’est ?

Pour les fleurs mauves et roses je pense identifier :
– casque-de-Jupiter (aconit napel)
– adénostyle à feuilles d’alliaire

Reprenons le chemin !

J’aime ces gros rochers lissés et arrondis :

Au loin le parcours de l’affluent suivant se devine au vert soutenu de ses rives… ok et à la cascade aussi, je vous l’accorde ! 😉

Regard en arrière sur le Bachimaña et son îlot central.

Notre objectif est enfin visible : la fine barre rosée horizontale est le barrage de l’ibón de Bramatuero Bajo (alt. 2300m). Cliquez pour agrandir si vous ne la voyez pas 😉

On aperçoit en contrebas l’ancienne cabane-refuge de Bachimaña, un bel abri en pierres.

Et nous voici enfin au pied du barrage du lac Bramatuero inférieur !

Rha, une étendue d’eau fraîche ! Bonheur !

Je m’allonge de tout mon long sur la margelle pour tremper bras, jambes, cheveux… c’est presque douloureux tellement c’est froid !

Comme ces photos compromettantes le montrent, AàG n’est pas en reste 😉

On contemple le panorama, les pieds dans l’eau…

…et on n’a aucune envie de repartir tellement on est bien.

Il faut cependant bien se décider à un moment ! Nous n’avons plus le courage temps de rejoindre le Bramatuero Alto. Ça promettait d’être beau et on était curieux de voir la drôle de « tente en bois » mais la chaleur nous a liquéfiés.

S’il y a une prochaine fois, je tenterais bien la boucle des Pics d’Enfer ❤ (rando d’un autre calibre !)

Nous redescendons voir le vieux refuge et tentons l’aventure de longer le lac par son côté Est, histoire de varier les plaisirs.

Au début, tout va bien ! Des cairns marquent un semblant d’itinéraire. Puis plus rien… mais ça ne passe pas trop mal au ras de l’eau. De toute façon, il serait difficile de se perdre 😉

Par la suite les choses se compliquent car il y a une barre rocheuse à franchir ! Nous y entrapercevrons quelques chamois. Par chance un câble a été installé pour aider le passage. Si vous agrandissez la photo ci-dessous, vous le distinguerez (horizontal en haut, descendant sur la droite).

Les rochers dessinent des racines d’arbre 🙂

Suivant la suggestion d’elPadawan, l’anonymat d’AàG sera cette fois préservé grâce à un ours des Pyrénées – je n’ai pas dû trop retoucher l’image :mrgreen:

Ça crache plus que ce midi !

Nous longeons le Bachimaña Bajo par le côté Est également, là il n’y a aucun souci de cheminement.

Au niveau du pont on hésite à prendre une alternative dont le nom nous fait rire (camino por los machos, sentier muletier ?) mais selon AàG ça remonte et ça rallonge, or il est tard et nous sommes ‘crevettes’.

Le chemin de retour est tranquille bien qu’assez fatigant car tapissé de grosses pierres qui roulent sous les pieds. A 19h nous sommes de retour aux Bains et sacrifions un melon en guise d’apéro.

Nous mangerons un repas simple, gras bon et pas cher à l’Hostal Centro de Sallent de Gállego… et en dessert nous nous installons confortablement sur la place pour déguster le ‘pastis‘ (non, pas l’alcool !) de Mahie 🙂

Bande-son : Juliette – Fina Estampa

Lac d’Artouste et refuge d’Arrémoulit

Vous souvenez-vous de la centrale électrique d’Artouste photographiée hier soir ? Aujourd’hui nous allons monter à la source, si je puis dire 😉

Excepté une bagarre de chats, cette nuit fut calme. Nous profitons de la fraîcheur matinale pour rendre visite à Fermín Arrudi Urieta, el gigante aragonés.

La commune de Sallent de Gállego lui rend hommage à travers une statue représentant ce géant de 2m29, qui était également musicien (multi-instruments) autodidacte.

Afin de préserver son anonymat, AàG est représenté (à son grand désarroi) en Christophe Colomb.

En sortant de la boulangerie, je dis à AàG : maintenant nous avons la preuve de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ! 😆

Nous nous rendons ensuite en France, à Fabrèges dans la vallée d’Ossau. De là part la télécabine de la Sagette qui nous emmènera sans effort de 1240m jusqu’à 1930m d’altitude.


Spéciale dédicace 😉

A la gare de la Sagette, on monte ensuite dans le « petit train d’Artouste ». Cette ligne à voie étroite (500mm d’écartement) compte parmi les plus hautes d’Europe avec une altitude maximale de 1940m.

Elle commence par le « tunnel de l’Ours », d’une longueur de 375m.

Avant d’être reconverti en train touristique, ce chemin de fer a servi à la construction et l’entretien du barrage d’Artouste. Plus d’info ici.

La ligne serpente pas mal ! Les rayons de courbure imposent une vitesse réduite et il nous faudra presque 1h pour parcourir les ~10km de voie ferrée.

Il n’y a aucune route dans la vallée du Soussouéou (y a-t-il besoin de préciser que j’adore ce nom ? 😀 ).

Oh, des resquilleurs ! Nous les regardons avec envie, nous avions longuement hésité à faire de même (ce qui est strictement interdit patati patata) vu l’allergie d’AàG aux trains touristiques…

Finalement nous nous sommes dit que l’aller/retour à pied prendrait trop de temps, nous empêchant d’aller beaucoup plus loin que le lac.

Depuis le terminus, un large chemin avec des marches permet de franchir les 90m de dénivelée restant pour rejoindre le lac d’Artouste, qui flirte avec les 2000m d’altitude.

A gauche, on entraperçoit le barrage :

Comme d’hab, le rendu des couleurs est très différent entre nos deux APN…

Les touristes sont un liquide. Si si, ils prennent la forme des lieux dans lesquels on les déverse !

Comme la foule ce n’est pas notre truc, nous préférons reporter notre visite du barrage à ce soir et commencer directement à s’éloigner en longeant la berge du lac.

Au loin, en haut, au chaud, un troupeau. Tout près, en bas, au frais, des têtards.

Nous marchons plein sud et le soleil cogne déjà bien.

Cette avancée de roches me fait penser à une grosse patte de fauve :

Le miroitement est hypnotisant.

Au bout du lac, des vaches paissent en toute liberté.

Fini le plat, il est l’heure de monter !

Au croisement nous prenons la direction sud-est. Nous ferons une boucle et reviendrons par l’autre côté.

Le refuge est en vue, tout en haut à droite :

Il subsiste quelques névés à hauteur des lacs d’Arrémoulit.

Le refuge d’Arrémoulit (ou « d’Arrémoulie » comme il est écrit sur la plaque du Club Alpin Français) se situe à 2305m.

Je pense que le dortoir est trop petit car une grande tente est dressée dehors et le téléphone n’arrête pas de sonner pour des réservations.

Nous pique-niquons en alternant l’ombre et le soleil, ayant trop froid dans l’une et brûlant dans l’autre ! Le chocolat chaud n’est pas bon et les toilettes folkloriques nous font regretter les pipi-nature :mrgreen:

J’aime bien l’aménagement qu’ils ont fait pour le débordement.

Ici on aperçoit la tente-dortoir dressée à côté du refuge :

Nous hésitons à faire demi-tour ou à monter vers le lac d’Arrious. En effet, emprunter le passage d’Orteig nous permettrait de faire une boucle… seulement cette section escarpée est notée comme étant réservée à des randonneurs expérimentés.

Le gardien du refuge nous confirme qu’il ne faut pas avoir le vertige, mais qu’il ne faut pas de matériel.

Nous décidons d’aller en juger par nous-mêmes. Au pire on devrait avoir le temps de faire demi-tour… enfin on l’espère, car l’heure de départ du dernier petit train est 17h15.

Sinon il faudra qu’on se tape les 10km à pattes, et qu’on redescende sous le téléphérique à la lampe frontale. Y a pas mort d’homme, mais si on peut éviter ce serait mieux !


Lac et refuge d’Arrémoulit


Lac d’Artouste

On approche du passage découvert par Jacques Orteig en 1883. Ce raccourci à flanc de paroi rocheuse permet de rejoindre le refuge d’Arrémoulit depuis le col d’Arrious sans redescendre jusqu’au lac d’Artouste.

La vue est impressionnante…

Élargi et équipé d’une main-courante, le passage d’Orteig ne pose aucune difficulté. On avait entendu des personnes évoquer des passages à franchir « assis » (pour ne pas basculer dans le vide), je n’ai rien vu de tel !

Si la roche était mouillée ou s’il y avait du brouillard, ce serait autre chose.

Le sentier descend ensuite au lac d’Arrious.

Intrigué par le chenal, AàG va explorer le petit tunnel creusé derrière le batardeau.

C’est une prise d’eau qui donne sur le flanc droit ci-dessus. Ainsi le débordement du lac d’Arrious alimente le lac d’Artouste.

Sur la gauche se trouve le pic du lac d’Arrious, à ne pas confondre avec le pic d’Arrious.

Nous croisons des randonneurs flamands avec qui j’échange quelques mots.

Nous allons à présent redescendre au lac d’Artouste.

En face, le chemin parcouru ce matin :

Au niveau timing on a de la marge, on peut se permettre de mitrailler 😉

Je n’aurai pas photographié tellement de fleurs, aujourd’hui… je me rattraperai les prochains jours 😉

On retrouve nos copines qui n’ont pas beaucoup bougé !

Prenons le temps de nous promener sur le barrage, puisque nous ne l’avons pas fait tout à l’heure. Il n’y a plus personne à présent, c’est parfait.

Au loin nous voyons un petit train partir.

Texte du panneau explicatif : Le barrage d’Artouste est un ouvrage entièrement maçonné avec des moëllons de granit extraits des carrières souterraines situées sous vos pieds, et taillés sur place.
Les blocs étaient amenés par quatre téléphériques appelés « Blondins », jusqu’aux ouvriers qui montaient ainsi mètre par mètre cet ouvrage digne des bâtisseurs de pyramide !!

Nous rejoignons la gare. Vu l’affluence, ils doivent affréter deux trains. Le premier part blindé, le second quasi vide. Devinez lequel on a pris ? :mrgreen:

A plusieurs reprises ils appellent un groupe de 3 campeurs qui aurait dû rentrer ce soir-là. Malgré le retard avec lequel nous sommes partis, ils manquent toujours à l’appel…

Cette fois, c’est moi qui monte côté vide. Chacun son tour !

Le trajet s’effectue plus rapidement qu’à l’aller.

Nous croisons des télécabines « Val Thorens », c’est rigolo. Espérons que ce soit de la seconde main de bonne qualité ! ^^

A 18h30 nous sommes revenus au parking. Un hélicoptère n’arrête pas de faire des allers-retours.

Nous roulons jusqu’au col du Pourtalet. Il y a là un supermercado où nous achetons de quoi pique-niquer : gazpacho, tortilla…

Nous nous promenons ensuite dans les environs mais le brouillard et surtout les aboiements furieux de chiens de berger nous feront faire demi-tour.

Ce n’est pas le genre d’avertissement qu’il faut prendre à la légère si on tient à ses mollets !

Retour au bercail et tartinade d’aloe vera :mrgreen:

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

Bande-son : Lhasa de Sela – La Frontera

Ibones de Anayet

Après un trajet sans encombre et une très sympathique (mais trop courte !) visite à la Casa Mahie, nous finissons par arriver aux Pyrénées. Sur le bord de la route, un étrange panneau « bains de secours » me laissera perplexe…

Nous montons les lacets dans le brouillard, à la nuit tombante. Dès la frontière espagnole, les nuages se dissipent. Après avoir récupéré la clé carte de notre chambre, nous pique-niquons tardivement sur un banc de la place (du parking, devrais-je dire !).

Nous sommes samedi soir et nous aurons bien du mal à dormir, le bruit durera jusque 3h du matin… et à 6h10, réveil en fanfare par coups de klaxons. Dur dur !

Après le petit déjeuner, nous partons à la barrière d’Anayet (Corral de las Mulas, 1630m). Le parking est petit et déjà bien plein !

A partir de là, la route est barrée et nous devons monter à pied jusqu’à la station de ski (1800m). Je n’aime pas marcher sur le bitume, et encore moins en montagne, alors ces 2 km m’ont paru longs.

Là commence enfin le sentier. Après l’horrible paysage mutilé par les remontées mécaniques, la montagne s’offre sans fard.

La nature est généreuse 🙂

J’ai été très étonnée de découvrir à quel point les paysages étaient verts !

Je m’attendais à une végétation malingre, à un manque d’eau généralisé, d’autant plus côté sud… mais regardez-moi cette herbe ! 😀

Nous avons choisi une randonnée facile pour se mettre en jambes après cette année sédentaire journée et demi en voiture.

Nous nous dérouillons les muscles en remontant tranquillement le ruisseau.

Le seul contre-temps est le nombre d’arrêts photo :mrgreen:

Nous repérons déjà le départ de la variante par laquelle nous descendrons tout à l’heure :

Des terrains rouges apparaissent, contrastant fortement avec les rochers gris du pico Anayet (2545m).

Après 2h30 de marche à un rythme très cool, nous sommes au niveau des Ibones (lacs) d’Anayet, à 2230m d’altitude. Le pic du Midi d’Ossau s’y mire.

Avant l’eau se trouve un pâturage parcouru de multiples petits méandres.

Avec toujours ce contraste étonnant de couleurs…

Oh qui voilà ? Une sangsue !

Bon, finalement, je n’ai plus envie de nager 😆

Tiens mais qu’est-ce donc que ces points au loin ?

Quel plaisir de voir un troupeau de chevaux en liberté 🙂

On distingue la silhouette d’un randonneur sur la crête du Vertice d’Anayet (2559m). Il a encore du chemin avant d’atteindre le chapeau de basalte.

Une mer de nuages progresse côté français tandis que le ciel reste parfaitement dégagé côté espagnol.

De nombreux grimpeurs sont en train d’escalader cette paroi. L’Anayet est une ancienne cheminée volcanique jumelle de l’Ossau.

Après avoir baguenaudé et s’être empli du panorama, nous trouvons une micro-zone d’ombre pour pique-niquer. Le soleil tape fort !

Nous entamons ensuite la montée jusqu’au Cuello de Anayet (2404m).

Les marquages du GR sont discrets mais bien présents.

C’est dur de monter après le repas :mrgreen:

Voici le plateau d’où l’on vient :

De l’autre côté du col, surprise, un névé !

La France est toujours dans la purée de pois…

Impressionnant plissement ! 😯

Voici le chemin que nous avons pris :

Et voici le chemin grimpant au pic d’Anayet. Il comporte notamment, sur la fin, une cheminée de 20 mètres qui « ne présente pas de difficultés » mais est « réservée aux randonneurs expérimentés »… euh, qu’en comprendre ??

N’étant pas spécialement des montagnards aguerris, nous nous sommes abstenus.

Nous avons hésité à monter au Vertice (ci-dessus) qui est moins esthétique mais ne présente pas de difficulté…

C’est alors qu’une flemme terrible s’abattit, et nous décrétâmes en chœur que le panorama ne serait pas plus beau là-haut ! :mrgreen:

C’est vrai quoi, et puis il y avait bien trop de fleurs à photographier pour avoir le temps de continuer la grimpette 😆

En bref, 800 mètres de dénivelée c’était assez pour ce premier jour de marche.

La colonisation par les nuées se poursuit à vive allure et déborde même la frontière.

C’était hypnotisant de regarder l’ombre des nuages passer sur ces doux reliefs herbeux jonchés de rocs.

Nous voici à nouveau au pied du col.

Durant notre absence, nos copains les chevaux se sont dispersés sur le plateau.

Certains portent une clarine autour du cou.

C’est une belle après-midi et, sans que ce soit le métro, il y a pas mal de gens. Certains ont planté la tente.

Allez, venez, on va tous se rouler dans la poussière !

Celui-là m’aura fait peur, il était couché bizarrement et si parfaitement immobile que j’ai d’abord cru qu’il était mort ! Ah ces touristes, on ne peut même plus roupiller en paix…

Nous entamons le chemin du retour, qui ne suit pas la rivière et reste beaucoup plus en hauteur.

Sur la photo ci-dessus on voit bien les deux sentiers. A l’aller nous étions passés à droite de la colline centrale, tandis qu’au retour nous allons vers la Glera de Anayet.

Dans la mousse, je croise une sauterelle femelle et son impressionnant (mais inoffensif) oviscapte.

Mon premier lézard du séjour 🙂

Au loin nous apercevons les toits d’ardoise du village de Formigal.

Après la cabane, le chemin continue puis finit par se perdre.

Nous arrivons finalement au-dessus de la station de ski, alors on coupe à travers tout en mode sanglier !

Nous sommes de retour à la voiture peu avant 17h.

C’est long d’attendre 20h quand on a faim (n’est-ce pas Lilou ?). Nous finirons par manger une étrange pizza avec de la fausse mozzarella. Ça pèse sur l’estomac mais nous ne serons pas malades !

Les trois lacs (Taubensee, Chiemsee, Thumsee) et la saline de Bad Reichenhall

6h30, nous voilà réveillés comme à l’accoutumée par Pavarotti – oui, parce que je crois que le veau de la prairie voisine est sa réincarnation.

Je ne comprenais pas pourquoi il venait toujours beugler sous nos fenêtres alors qu’il avait toute la prairie pour lui.

Jusqu’au moment où j’ai surpris un morceau de pomme voler jusqu’à lui depuis la fenêtre d’une autre chambre. Ah ben c’est malin !

Nous avons 1h de route à faire ce matin puisque nous allons jusqu’au Chiemsee, un lac immense situé plus au nord. C’est la « mer bavaroise », il fait 80 km² (apparemment il était trois fois plus grand au siècle dernier).

Sur le trajet, nous faisons un arrêt au Taubensee qu’AàG avait repéré sur la carte.

Sur le terrain, on n’en voit quasiment rien car il est dans les bois, entouré de grillages, et semble envahi de roseaux.

Au Chiemsee, la volaille nous attend de palme ferme.
(Au fait saviez-vous que la foulque macroule avait non pas des pattes palmées mais des doigts palmés ?)

Nous longerons le bord Est (Chieming, etc.) ce qui n’était peut-être pas le choix le plus judicieux.

L’eau est belle et même plutôt chaude.

Tout est hyper réglementé par contre. Le nombre de panneaux… Et à chaque fois que nous changeons d’endroit, il faut repayer le parking.

Comme on « picore » à la recherche d’un lieu qui nous plaise particulièrement, c’est un peu saoulant à la fin (surtout car on doit payer d’entrée de jeu, sans savoir combien de temps nous y resterons effectivement).

J’ai eu l’occasion de philosopher avec une cane solitaire. Elle semblait intriguée par quelque chose (non je n’avais pas de pain !) et s’est rapprochée de moi.

Finalement elle s’est installée là comme dans l’attente d’une bonne histoire.

La coutume du Maibaum (arbre de mai) est encore fort présente en Bavière.

Une fois érigé, il semble qu’ils le laissent en place plusieurs années – il faut bien rentabiliser l’effort déployé pour lever ce gigantesque mât !

Nous avons repéré une plage sympathique près du port pour pique-niquer mais son accès est payant et il se trouve qu’il y a une chouette plaine de jeu devant. C’est donc là que nous mangerons, au grand bonheur d’AàG !

Le Chiemsee ne nous passionne pas, peut-être la côte ouest est-elle plus séduisante mais nous ne nous acharnerons pas et renoncerons à aller sur les – très touristiques – îles.

Nous entamons plutôt le trajet du retour, sur lequel nous avons prévu de faire plusieurs pauses.

La première est un charmant petit lac : le Thumsee. Enfin « petit », il fait tout de même 1 km de long 😉

Nous l’avons trouvé bien plus plaisant que le Chiemsee et, certainement, la nature aux alentours y était pour beaucoup.

Regardez-moi cette eau émeraude avec le rayon de soleil sur les nénuphars et le vieil escalier plongeant dans le lac… *soupir de béatitude* 🙂

Nous en ferons le tour en flânant tranquillement.

Ce petit point dans l’eau ci-dessus n’est pas un canard mais une tête. Il y a des baigneurs, oui ! C’est un endroit très populaire l’été.

On nous apprend que l’eau est à 19°C. Pas si mal pour la région.


Autre genre de baigneur 🙂

Il y a toute une zone de « plage » avec bronzette sur la pelouse publique et trempette dans le lac.

AàG se risquera à la baignade mais je ne peux pas vous montrer de photo, c’est trop compromettant 😛

Vers 16h nous quittons le lac en direction de Bad Reichenhall, grand centre de production de sel pendant des siècles.

Le sel extrait de la mine de Berchtesgaden arrivait jusqu’ici par un antique « pipeline » de saumure (Soleleitung), malgré l’éloignement et le dénivelé.

Les bâtiments des anciennes salines (Alte Saline) sont aujourd’hui en partie reconvertis.

Les bâtiments datent de 1834, ils ont souffert mais possèdent toujours cette élégance propre à leur architecture soignée.

Il est surprenant de voir ici des toitures en tuiles vernissées.

Vous avouerez que ça a quand même une autre gueule que les bâtiments industriels modernes !

Il est malheureusement trop tard pour visiter les installations techniques, c’est frustrant mais nous aurons l’occasion de voir à travers une petite vitre les pompes à saumure qui tournent encore…

Les roues (13m de diamètre) occupent toute la salle et on peut entendre (ressentir même) leur bruit sourd et rythmé, animé périodiquement par une sorte de clochette.

C’est super qu’ils aient conservé cela en état de marche !

Nous ferons un petit tour en ville, où il y a notamment de belles façades peintes.

Nous prendrons la voiture jusqu’au barrage sur la Saalach. Les environs sont pleins de débris de bois et de toutes sortes, il a dû y avoir des débordements récemment ?! Une pluie fine se met à tomber, nous retournons à Ramsau où nous trouvons un restaurant ouvert mais complet. Un couple âgé accepte très aimablement de partager sa table avec nous. La compagnie fut sympathique et le repas délicieux.

Alors que la nuit est déjà tombée, nous ferons une promenade digestive ludique car il y a une plaine de jeux avec des installations originales (vis sans fin, etc.) Les lampadaires abritent des populations d’araignées mutantes d’une taille incroyable 😯

La soirée est, comme souvent dans ce logement, assez animée et bruyante (leur salon est sous notre chambre). Mais les logeurs sont respectueux car ils ont toujours arrêté le bruit à une heure relativement décente, merci à eux !

Randonnée au Rubihorn

La nuit fut assez bonne malgré un peu de bruit, et le petit déjeuner fut tout simplement *royal*… sans hésiter le meilleur du séjour ! Cela ne contribuera pas peu à la décision de rester une nuit supplémentaire 😉 Pour achever de nous mettre de bonne humeur, dehors un chat roux nous accueille avec force roulades. Nous avions gardé un peu de beurre et de salami pour l’écaille de tortue mais elle ne s’est pas montrée, cela a donc fait le bonheur du peu farouche rouquin !

Nous partons à Reichenbach, notre point de départ pour une randonnée au Rubihorn (carte de l’itinéraire téléchargeable en pdf), un sommet approchant les 2000m dans les Alpes d’Allgäu. C’est une petite promenade (5,2 km) mais avec un bon dénivelé, surtout pour un premier « dérouillage » (+1125m/-53m). Court mais raide, donc !

Le temps n’est malheureusement pas au beau fixe, mais nous espérons que les nuages vont se lever. Bien que le parking soit un peu perdu au milieu de nulle part, il est payant et un vieux monsieur est présent pour vérifier que chacun ait son ticket, il veille à échanger les billets si besoin !

Nous y arrivons entre 9h15 et 9h30, c’est la mauvaise heure car beaucoup de monde part dans les mêmes eaux. Nous longeons la rivière Gaisalpbach et ses multiples chutes (la plupart aménagées).

Une route goudronnée (réservée aux véhicules autorisés) fait un large détour et permet d’atteindre le Untere Richtersalpe mais nous allons plutôt emprunter le Tobelweg, petit sentier qui coupe au plus court en continuant à longer la rivière.

Après un tronçon d’escaliers en caillebotis et une section plus raide, on suit une conduite forcée et on rejoint finalement la fin de la route qui dessert deux bâtiments (refuges et/ou restaurants, on n’a pas été voir de plus près).

Le sentier entre dans une grande pâture où nous avons pu faire connaissance avec les vaches locales, aux oreilles délicatement fourrées. Si si, on dirait presque des pantoufles, ça avait l’air tout doux !

Les nuages bouchent toujours l’horizon et rendent les couleurs tristes et ternes.

Après un passage bien boueux, le chemin quitte la pâture et entre dans la forêt. Voici un cairn pour le moins original 🙂

Après la forêt c’est une zone de rochers qui nous attend, avec des passages raides équipés de câbles pour s’aider.

C’est un peu avant 11h30 que nous arriverons au lac Gaisalpsee. Au gré du passage des nuages, nous sommes parfois dans le brouillard le plus complet !

On fait une pause et on mange un « dix heures », histoire de tenir jusqu’au sommet.

AàG grogne que « c’est le métro » et il y a effectivement pas mal de gens, dont beaucoup arrivent en sens inverse. On suppose qu’ils sont montés en téléphérique et qu’ils effectuent une boucle à pied pour redescendre.

Nous avons été surpris de constater que certaines sonnailles étaient de vraies petites cloches plutôt que les habituelles clarines de section ovale, davantage trapues et bombées.

Quelque part, heureusement qu’il n’y a pas de soleil, car déjà sans cela la montée donne bien chaud !

Mais tout de même, là c’est un peu exagéré… cette rando réputée pour ses beaux panoramas ne nous laissera pas un souvenir impérissable vu les conditions météo !

Finalement nous aurions peut-être mieux fait de quitter la région d’Oberstdorf ce matin, comme initialement prévu…

Le sommet est en vue, enfin quand je parle de vue… et il commence même à pleuviner 🙄

Sous la croix il y a une boîte métallique avec un stylo-bille et un livre, nous y trouverons des petits mots dans toutes les langues et des dessins. Nous y laisserons une surprise pour les suivants ^^

Il est 13h, les estomacs grondent mais AàG ne veut pas manger ici, trop venteux et puis trop de va-et-vient : « rhaaa, et voilà, encore un métro ! non mais regarde-moi ça ! ». Oui c’est toujours difficile psychologiquement pour AàG de se rendre compte que la montagne n’est pas à lui seul 😛

Nous suivons au hasard un sentier barré (on ne s’en rendra compte qu’au retour, on est lent à comprendre) accédant à un point de vue complètement envahi par la végétation, qui se révélera être un vrai petit coin de paradis ! Il s’y trouve un banc fixé à un rocher (mais les attaches ne tiennent plus très bien) et muni d’une boîte aux lettres. La clé pend à une cordelette, et lorsqu’on ouvre la boîte aux lettres on y trouve à nouveau un livre qui témoigne des passages et de l’histoire du lieu 🙂

A la redescente on ne croise plus personne si ce n’est quelques écureuils qui jouent avec élégance à Tarzan dans les pins. L’un d’eux se laissera admirer d’assez près 🙂

Manifestement les gens qui sont montés en même temps que nous ce matin effectuaient une traversée, sans doute rejoignaient-ils le haut du téléphérique.

Toutes les traces des bâtons de marche… la fréquentation de ce site a vraiment traumatisé AàG.

Nous redescendons à notre aise et arrivons à la voiture vers 17h. On va jusqu’à la « klamm » de Tiefenbach mais c’est touristiquisé à mort. Pour résumer, disons qu’il est trop tard pour visiter et trop tôt pour frauder 😆

Nous retournons à Oberstdorf pour voir le saut à ski, car hier durant notre recherche de logement AàG y a vu des skieurs s’entraîner… mais ce soir il n’y a personne au tremplin de Schattenberg (Schattenbergschanze).

Cela dit, même vides, ces installations sont impressionnantes avec leurs 90m et 120m de haut !

Le centre piéton d’Oberstdorf possède des choses aussi charmantes que ces pots de fleurs et des choses aussi horrifiantes que ces plaques d’égout publicitaires 😯

Jusqu’où ira cet envahissement ? Nous mettrons un point d’honneur à ne pas fréquenter ces établissements !

Et en parlant marketing, cette enseigne nous a bien fait rire 😆

Un peu plus loin nous trouverons un excellent et sympathique petit restaurant familial où nous achèverons notre soirée, bien fatigués de notre journée.

L’oracle de Dodoni, la ville de Ioannina et l’arrivée dans les Zagori (Ano Pedina)

Je ne sais pas si c’est parce qu’on quitte une région vraiment merdique ou si c’est parce qu’on s’habitue aux routes grecques, mais à partir de maintenant nous ne nous perdrons plus une seule fois 🙂

On a juste eu un peu de mal à trouver l’entrée du site archéologique de Dodoni (en) (Δωδώνη, aussi appelé Dodona), car on s’est laissé abuser par un énorme panneau en anglais annonçant un « centre d’accueil des visiteurs ». Ben c’était pas du tout là qu’il fallait aller, et en plus ce fameux centre était fermé !

J’espère ne pas écrire de bêtises en essayant de résumer l’histoire de ce lieu, parce qu’ON me lit et je voudrais pas me ramasser un coup de patte si je m’emmêle un peu les pinceaux :mrgreen:

L’oracle de Dodone (fr) est probablement le plus ancien oracle de Grèce. Les archéologues ont retrouvé des traces datant de l’époque préhistorique. Il semble que dès le 3e millénaire avant Jésus-Christ, Gaia (ou ‘Dias’ ou ‘Dione’) était vénérée sur ce site. A partir du 2e millénaire av. J.-C., le culte de son pendant masculin, j’ai nommé Zeus, fit son apparition. Ils formaient un couple divin.

La légende, rapportée par Hérodote, est la suivante : « Les prêtresses des Dodonéens rapportent qu’il s’envola de Thèbes en Égypte deux colombes noires ; que l’une alla en Libye, et l’autre chez eux ; que celle-ci, s’étant perchée sur un chêne, articula d’une voix humaine que les destins voulaient qu’on établît en cet endroit un oracle de Zeus ; que les Dodonéens, regardant cela comme un ordre des dieux, l’exécutèrent ensuite. Ils racontent aussi que la colombe qui s’envola en Libye commanda aux Libyens d’établir l’oracle d’Ammon, qui est aussi un oracle de Jupiter. »

Ainsi au départ ce sont des prêtresses, les péléiades, qui servaient Zeus et la déesse-mère Dione. Elles interprétaient le bruissement des feuilles du chêne sacré, ainsi que le vol et les cris des oiseaux qui y nichaient. Vers le 8e siècle avant J.-C., elles sont rejointes par des divinateurs. On entoure l’arbre d’une rangée de trépieds portant des chaudrons en bronze. Lorsqu’on frappait l’un d’eux, le son se propageait aux autres par contact et c’est ce bruit qui était interprété.

Plus tard on compliqua encore les choses : une statue de bronze portant des chaînes était placée près d’un chaudron. Le vent, toujours présent sur ce site, agitait les chaînes contre le chaudron. A partir du 6e siècle ACN, les questions (souvent des demandes de conseils) furent soumises par écrit sur des tablettes de plomb. Les réponses, quant à elles, étaient généralement orales (pas folles les guêpes :mrgreen: ).

Malgré sa réputation grandissante, jusqu’à la fin du 5e siècle av. J.-C. il n’y eut pas de temple, le culte se déroulait en plein air. Au 4e siècle ACN un modeste temple apparaît et une enceinte maçonnée protège le chêne. Ce sanctuaire forme le téménos ou « maison sacrée » (la Hiéra Oikia).

Au fur et à mesure le site se développe et devient fortifié. Pyrrhus, roi des Molosses, aida à le développer. Plusieurs temples furent bâti : Héraclès, Thémis, Aphrodite…

…mais également des structures civiles (bouleutérion, prytanée, stade, théâtre…) car Dodoni n’était pas qu’un centre religieux mais également politique et culturel. Une vraie ville !

Des recherches archéologiques et des travaux de restauration sont toujours en cours. On leur a bien envié leurs parasols car il faisait mourant de chaud, on naviguait d’ombre en ombre pour tenter de survivre !

Le théâtre est impressionnant. Restauré vers 1960, c’est un des plus grands de Grèce. Il pouvait contenir 17.000 spectateurs.

Sur la toute première photo de cette note, on peut identifier assez clairement le dernier tiers de sièges rajoutés ultérieurement. Comme la colline n’était pas assez large, un grand mur de soutènement dut être construit :

J’aurais aimé monter mais malheureusement l’accès au théâtre n’était pas autorisé. Non loin, on peut encore deviner l’emplacement du stade et de ses gradins mais je n’en ai pas de photo correcte.

En 167 av. J.-C. les Romains détruisent le sanctuaire. La maison sacrée est réparée et l’oracle continue encore plusieurs siècles mais souffre de plus en plus de l’essor de l’oracle de Delphes (situé plus près d’Athènes).

Le coup de grâce fut donné au 4e siècle après J.-C. : suite à l’interdiction des cultes païens formulée par Théodose Ier, le dernier empereur romain, le chêne sacré fut abattu !

Une basilique chrétienne fut bien sûr construite sur le site : rien ne se perd, tout se récupère ! Mais bien mal acquis ne profite jamais : le site, souffrant des raids des barbares et des tremblements de terre, fut finalement abandonné peu après le 6e siècle PCN.

Pour plus d’informations sur Dodone, je vous conseille cette page, ainsi que cette autre sur les objets découverts.

Je dois vous avouer que, sur ce site antique béni des dieux, nous fûmes pris d’une soudaine inspiration mystique. AàG tomba en pâmoison devant un mirabellier sacré et je rendis des oracles en interprétant le bruit résultant de la mastication de ces fruits sacrés. Si si !

La route vers Ιωάννινα (Ioannina pour ceux qui ne suivent pas, rho !), capitale de l’Épire, devient de plus en plus chargée en véhicules et il y a des travaux. Nous nous arrêtons dans un supermarché pour acheter de quoi pique-niquer… sauf qu’en fait c’était un magasin de bricolage 😆 Une fois notre erreur rectifiée, nous cherchons un coin tranquille et à l’ombre pour manger. Nous ne trouverons d’autre emplacement que l’arrière sale et glauque d’un entrepôt.

Le centre-ville est un désastre au niveau de la circulation, tout est embouteillé, pour ne pas dire paralysé. Une file ininterrompue de voitures est stationnée le long de la route malgré les innombrables panneaux d’interdiction de stationnement… ce doit être normal ? Je ne compte plus les voitures garées en double voire triple file, les mobylettes qui slaloment de façon périlleuse en frôlant les voitures, les flics qui restent stoïques dans leur gros 4×4 au milieu du bordel…

Nous ne comptons pas visiter la ville moderne, aussi je m’enfile un peu au hasard dans une route sur la droite pour essayer de rejoindre la vieille ville. C’est beaucoup plus calme mais là également je ne comprends pas la logique : plein, partout, de voitures garées sous les panneaux d’interdiction. Ce doit être une coutume locale ! Par chance je parviens à trouver une place de stationnement autorisée et… à l’ombre 🙂

Je ne suis pas fan des œuvres contemporaines, y compris quand ça concerne le mobilier urbain, mais je suis tombée complètement sous le charme de cette poétique barrière. J’y vois des joncs stylisés agités par le vent…

Une belle promenade est aménagée à l’ombre de deux rangées de grands arbres entre les remparts et le lac Pamvotis (Λίμνη Παμβώτις), qui est le plus grand lac naturel de Grèce. On se mêle aux flâneurs et on observe au loin l’île (que nous n’aurons pas le temps de visiter) où fut décapité le terrible Ali Pacha.

Dire que cela fait moins d’un siècle que cette ville est grecque…

Les eaux du limni (lac) sont très vertes. Des vendeurs ambulants proposent noisettes caramélisées et maïs grillés. Nous arrivons à une des portes de la vieille ville fortifiée.

Une seconde porte mène à une citadelle fondée par un croisé normand, Bohémond de Tarente.

Aslan Pacha détruisit l’église chrétienne pour la remplacer par une mosquée qui abrite aujourd’hui le musée municipal.

Une belle collection de canons et de boulets !

Perturbés par le comportement étrange d’un homme qui semblait nous suivre, et ne pensant de toute façon pas qu’il y ait énormément de choses intéressantes (à nos yeux) dans ce musée, nous nous sommes contentés de l’extérieur.

Voici la belle architecture intérieure que nous avons ainsi loupée…

Nous nous dirigeons ensuite vers la deuxième citadelle, et admirons au passage le dallage, lissé par des siècles d’utilisation, d’un tunnel d’accès à la ville fortifiée.


Un très parlant « ΠΡΟΣΟΧΗ ΣΚΥΛΟΣ » (attention chien)

Voici la porte d’entrée d’Its Kalé (Ιτς Καλέ) :

Les anciennes cuisines du sérail n’ont pas trop changé d’affectation puisque c’est aujourd’hui un bar. J’ai trouvé les cheminées très esthétiques.

Voici la mosquée Fetiye, dont le nom signifie la « mosquée de la conquête ». A l’origine (15e siècle) elle était en bois. Son minaret n’est plus très droit. Elle est fermée.

Le gars louche est à nouveau dans les parages. Bon il va pouvoir attendre longtemps avant que nous bougions car la chaleur nous exténue. On se traîne 10 mètres puis on s’assied 10 minutes… Et on recommence…

D’ici nous pouvons apercevoir le minaret de la mosquée précédente. En voici une magnifique « photo cutoir », càd « prise de là où on s’est assis »… tellement l’énergie nous manquait ! Il y en aura d’ailleurs un paquet durant le séjour, oui c’est honteux farpaitement 😛

Cette ferronnerie protège la tombe d’Ali Pasha (enfin son corps, pas sa tête…) et de sa famille.

Cette grille est une copie récente (1999) de l’originale, enlevée par les Allemands durant la guerre (1943).

Je ne sais pourquoi, ce site est couvert par un nombre impressionnant de caméras de surveillance.

Les pièces d’artillerie nous ont réservé une petite surprise… lisez donc l’inscription gravée sur ce canon !


An 12. Cie du Creusot.

Allez savoir comment il a atterri là ?

Le musée byzantin était malheureusement fermé le jour de notre visite. Une petite visite virtuelle vous attend sur le blog de Thierry Jamard, toujours le même 🙂 (Quel dommage que nous ne soyons pas tombés sur cette mine d’informations avant de partir, ça nous aurait bien aidés à préparer notre voyage !)

Il fait chaud, les animaux ont soif… ce robinet fait la joie des guêpes, et même lorsqu’on ouvre la vanne elles ne s’éloignent pas !

En parlant d’hyménoptères, ne trouvez-vous pas que leurs poubelles ressemblent beaucoup aux anciennes ruches en osier ?

Nous aurions pu y passer bien plus de temps, mais Ioannina n’était qu’une courte étape pour nous. Notre destination principale est enfin en vue, il s’agit du pays Zagori (Ζαγόρι), littéralement « derrière la montagne ». Cette région est restée très longtemps isolée et indépendante des autres.

Nous avons choisi comme ‘base’ le village d’Ano Pedina (Άνω Πεδινά) pour sa position centrale dans la zone qui nous intéresse et pour le fait qu’il se trouve dans un cul de sac. Reste à y trouver un logement…

J’aurai l’occasion de vous parler de cette maison rouge dans un autre compte-rendu !

Toutes les rues d’Ano Pedina et des villages environnants sont pavées de la même manière. Les maisons sont en pierres avec des toits de lauze (ou parfois de tôle pour les plus pauvres). Les maisons récentes possèdent quasiment toutes de faux arcs (ou triangles) de décharge. Sans doute pour maintenir une uniformité architecturale ?

A la première porte à laquelle nous frappons, une charmante grand-mère nous accueille avec le sourire et nous offre immédiatement deux grands verres d’eau fraîche 🙂 Elle ne parle pas anglais et nous n’avons pas l’occasion de baragouiner nos quelques mots de grec, elle est déjà partie chercher une interprète pour notre facilité ! Sa fille, aimable comme une porte de prison, arrive pour nous communiquer le prix d’une nuitée : 60 euros avec petit-déjeuner. Elle refuse de baisser le prix même si on reste plusieurs nuits, nous partons donc, à regret malgré tout vu la gentillesse de l’autre dame – et également, il faut l’avouer, vu l’alléchant panneau ‘home-made sweets’ qui pend sur la terrasse !

Plus haut dans le village nous trouverons notre bonheur à l’hôtel Ameliko. Pour une grande chambre avec salle de bain récente, on nous demande 50 euros avec petit-déjeuner. Ça reste cher pour nous, je demande combien c’est sans petit-déjeuner : 40. On dit ok, on se démerdera avec les biscuits achetés par précaution au supermarché tout à l’heure. Je descends remplir les papiers et l’hôtelier me dit spontanément, et en français : si vous restez plus que deux nuits, c’est 40 avec petit-déjeuner. Ouf, AàG est sauvé ! Il aura du café ! 😛

Nous partons ensuite à la découverte du village. Nous avons immédiatement un guide pour nous accompagner dans notre visite 🙂

Nous sommes parfois dévisagés sans aménité… peut-être est-ce lié au fait que les habitants des Zagori ont la réputation d’être plus « rudes ».

Les anciens bidons d’huile d’olive et de feta sont récupérés comme pots pour faire pousser des tomates ou des fleurs. J’ai demandé à AàG de prendre cette photo car ce balcon m’a fait penser à son équivalent turc.

Nous allons sur les hauteurs profiter des chaudes couleurs du soleil qui baisse sur l’horizon.

Nous descendons manger à la taverne se trouvant à l’entrée du village, face à la chambre d’hôtes aux personnages si contrastés. Sur la petite place se trouve une cabine téléphonique (à carte)… c’est incroyable comme le village le plus paumé en a toujours au moins une ! Si seulement ça pouvait être pareil chez nous !

Le service est d’une extrême rapidité pour apporter l’eau et la salade grecque, mais d’une extrême lenteur pour la suite. Ils ne sont ni pressés ni stressés, si on voulait rester 4h à cette table ça ne les dérangerait manifestement pas et ils ne poussent pas du tout à la consommation. Ça change de chez nous ! Nous avions déjà observé cela dans les précédents restaurants et cela s’est confirmé durant le reste de notre séjour. Il n’y a que dans les endroits « touristiques » où c’était rapide, au contraire des tavernes locales.

AàG commet l’erreur de prendre de l’ouzo car il est indiqué sous le titre « retsina » dans le menu. Quand on lui apporte une mini-bouteille de 50ml titrant 40° d’alcool… bon ça va, il aimait bien, mais j’ai dû le guider pour retourner au logement 😆

Ici aussi l’eau est précieuse. Cette source est bien utile aux abeilles locales !

Cette fois, au lieu de Sardy, nous partirons d’Epiry (les Quatre Vents) pour arriver à Montreuillon en suivant la rigole d’Yonne.

Nous en profitons pour aller voir la tour d’Epiry – de loin, car elle est non visitable et située en propriété privée. Cette grande tour carrée est surnommée « Tour Vauban » mais ce n’est pas lui qui l’a conçue. Son épouse était originaire d’Epiry et cette tour du 15e siècle appartenait à sa famille. Aussi, ce fut simplement le domicile du maréchal durant ses rares congés, avant qu’il n’acquière le chateau de Bazoches.

La plaque en marbre fut posée sur la façade par Napoléon Ier, en hommage à Vauban.

Nous voilà partis, sous les gouttes comme la veille, et donc je ne sortirai pas mon appareil photo de la journée – ah si, une exception le soir, vous verrez à quel sujet…

Le chemin à prendre pour rejoindre la rigole d’Yonne est très boueux. Ca met tout de suite dans l’ambiance !

Il fait plus froid qu’hier et la pluie ne faiblit pas, que du contraire. Il y a quelques nappes de brume.

Tout est silencieux. Nous sommes seuls.

Nous avions promis au logeur, grand fan de champignons, de prêter attention aux spécimens que nous rencontrerions.


De la famille des clavaires ?


Anthurus d’Archer

Ce champignon rouge en forme de pieuvre (ou d’étoile de mer, comme vous préférez !) est originaire d’Océanie. La façon dont il est parvenu en France n’est pas clairement établie.

En tous cas il dégage une odeur épouvantable et n’est pas comestible !

L’arche formée par les branches des arbres ne suffit pas à nous éviter la douche (froide, la douche).

AàG ne pensait pas avoir autant raison en disant « la seconde semaine sera sous le signe de l’eau » 😆

Nous arrivons au but de notre promenade, l’aqueduc de Montreuillon. Haut de 33 mètres et long de 152m, il possède 13 arches et a été construit en 1841.

Prière de ne pas glisser. Ni d’un côté ni de l’autre, d’ailleurs !

Vues panoramiques sur la campagne humide et brumeuse – oh yeah.

Vues depuis l’autre côté de l’aqueduc – à noter qu’il n’y a de petit pont métallique qu’à une seule extrémité, il faut bien choisir son côté dès le départ.

Un sentier descend sur la grand-route, nous préférons continuer à suivre le canal dans les bois.

Au niveau de la Roche Ménard, on croise une petite route qui descend mais on continue, avant de s’apercevoir que nous faisons fausse route : on est bien trop haut par rapport aux maisons, il n’y a plus de jonction possible.

Hop demi-tour sous la drache et on descend dans le village dire bonjour à la rivière.


L’Yonne gonflée par les précipitations

Le seul endroit abrité que nous trouvons pour pique-niquer, c’est une aubette de bus. Ca devient une habitude 😆

Nous avons à nouveau reçu un sac de tomates de notre logeur, et elles sont toujours aussi délicieuses… Ah si seulement on pouvait avoir les mêmes chez nous !!

Avec l’immobilité on a encore plus froid, alors on décide d’entrer dans le café d’en face. Leur chocolat est dégueulasse mais au moins il est chaud. On effectue le retour au pas de course : on n’a plus rien de sec, on grelotte, bref c’est un peu trop galère !

On aura cependant la chance de voir deux cincles plongeurs faire des rase-mottes au-dessus de l’eau. Ils fuient un peu plus loin à chaque fois que nous nous rapprochons, le petit jeu dure un moment ! Ils sont trop vifs et trop distants pour les photographier.

Sur la route nous apercevons un autre petit aqueduc que nous ne connaissions pas.

Je laisse AàG y monter seul, je suis indécollable du chauffage de la voiture !

Nous allons ensuite au lac de Pannecière.

C’est le plus grand lac du parc du Morvan et c’est là le départ du canal (communément appelé « rigole d’Yonne ») d’alimentation du canal du Nivernais.

Ce barrage à voûtes multiples (ou « multivoûtes ») est muni de douze contreforts. Il a été conçu suite aux grandes inondations de Paris (1910), pour mieux contrôler les crues des affluents de la Seine.

Les variations annuelles de niveau de ce lac-réservoir, qui permet à la fois l’écrêtement des crues en hiver et le soutien d’étiage en été, vont jusqu’à 25 mètres.

La longueur du barrage dépasse les 350m et sa hauteur atteint quasiment les 50 mètres.

Nous n’aimons pas du tout cet endroit : il appartient à la Ville de Paris et franchement ça se ressent, c’est grillages et caméras partout…

Le logeur nous avait conseillé de monter jusqu’à la chapelle du Banquet pour le panorama, mais vu le temps brouillardeux (et notre manque de courage il faut bien le dire) on laisse tomber.

On se rabat sur l’église de Corbigny, qui possède quelques beaux vitraux et statues.

Il cesse enfin de pleuvoir et je finalise quelques cartes postales avec des timbres durement acquis au bar-tabac du coin. La tenancière m’engueule presque, parce que c’est un service gratuit qu’elle rend. C’est ma faute, peut-être ?

Ensuite elle n’arrive pas à faire correctement l’addition pour les quelques malheureux timbres en question… bon je suis pas malhonnête je le lui dis 🙄

L’honorable abbaye de Corbigny a été défigurée avec enthousiasme par un américain nommé Lawrence Weiner. Il appelle les méfaits oeuvres qu’il commet réalise des « sculptures ». Celle-ci s’appelle « au pays » et date de 2009. (Merci vos impôts !)

Je sors mon APN. AàG me dit « Noooon, tu ne vas pas photographier CA ? »
Et si !!

Extraits du panneau explicatif (sais pas ce qu’ils avaient fumé !!) :

Les oeuvres de Lawrence Weiner, qu’il nomme sculptures, se présentent sous la forme d’énoncés qui désignent des objets et des actions qui se construisent dans l’esprit du spectateur. Quelles que soient leurs formes (objets, phrases, éditions), elles se présentent comme des témoignages d’expériences que l’artiste a tentées concernant la nature, les priorités, le comportement de matérieux, d’objets ou de phénomènes. C’est cette dimension matérielle qui distingue son travail de l’art conceptuel dont il a été une figure fondatrice majeure, ayant participé à l’émergence et aux fondements de ce courant au cours des années soixante.

(…)

La proposition de Lawrence Weiner se déploie à la fois à l’extérieur de l’abbaye, sur sa façade sud, comme en écho à la pierre de fondation du monument située à fleur de terre sur le pavillon du couchant, et à l’intérieur, dans l’escalier monumental. Elle consiste, dans les deux cas, en une phrase inscrite directement sur le mur, en dialogue avec l’architecture, le territoire et le spectateur. Les couleurs utilisées par l’artistes, jaune, bleu et rouge, rappellent tout autant celles du drapeau de la Bourgogne que celles des toits vernissés de la région. Ainsi, l’oeuvre s’intègre-t-elle dans l’histoire et le patrimoine culturel régional tout en référant au bâtiment de l’abbaye, porteur d’un projet culturel contemporain.

Tournée vers la ville, l’oeuvre s’adresse aux habitants de Corbigny et aux visiteurs, leur propose le texte comme un refrain à fredonner et opère une transition entre l’extérieur et l’intérieur de l’abbaye où la même inscription, organisée autour de l’oculus, se retrouve sur le mur de l’escalier monumental. Sur la façade, les mots viennent s’inscrire sur les bandeaux horizontaux qui séparent les deux niveaux, tout en introduisent un léger décalage avec le rythme régulier des ouvertures. En réponse à l’architecture classique du XVIIIe siècle, l’intervention de l’artiste marque son propre rythme, revendiquant ainsi sa modernité.

Alors ok j’ai un certain parti pris contre l’art « moderne » mais là, quand même… ça n’a rien d’original ni de moderne, il suffit de regarder la mairie, qui possède des bandeaux similaires (avec les mots ‘liberté’, ‘égalité’, ‘fraternité’ et ‘république française’), sur deux étages également, pour comprendre d’où est venue son inspiration…

Ensuite nous allons souper au Bistrot comme le premier jour, mais cette fois nous avions réservé. En effet, le mercredi est le jour de fermeture dans le coin, et nous voulions nous assurer d’avoir une place. Enfin, deux places. C’est mieux.

S’ensuit une chasse aux moustiques dans la chambre en guise d’exercice digestif !

Aujourd’hui comme hier, ciel bleu et soleil écrasant. Nous allons jusqu’à Blanzy pour visiter, bien au frais, le musée des mines. AàG l’avait parcouru il y a bien longtemps et en avait gardé un bon souvenir.

En chemin, quelques photos d’une petite église et de son tympan :

Sur l’horaire affiché, le musée minier devrait être ouvert – sauf qu’il ne l’est pas. Pourtant nous sommes la semaine à cheval sur août et septembre… mais c’est déjà « hors saison » pour la Bourgogne !

Il nous reste à regarder, à travers la grille, le chevalement métallique et le matériel roulant exposé…

En plan B, nous nous tournons vers les plans d’eau de la région, en espérant y trouver un peu de fraîcheur et de calme. Il y a justement le barrage de la Sorme à proximité.

Notre stupide GPS nous prétend même qu’on peut le traverser et continuer notre route en voiture. Ah ah ! C’est une blagueuse la Josette, et je dois dire que malgré le panneau ‘cul-de-sac’ tout au début de la longue route, on a quand même espéré…

Le lac de la Sorme est la plus grande réserve d’eau potable de Saône-et-Loire. Et forcément, tout y est interdit – sauf les moustiques.

On visite ensuite Montcenis mais nous ne nous y attarderons pas car la circulation là-dedans à l’heure de pointe en tant que piéton relève du suicide.

Le seul restaurant qui s’y trouve est trop auriculaire pour nous et il faut bien se résoudre à aller jusqu’au Creusot vu l’ampleur des souffrances gargouillements exprimés par nos estomacs.

Bon alors le Creusot… on a passé notre temps à se demander : tu crois que c’est le centre, ici ? On a trouvé l’église et, bien qu’elles soient réputées être au milieu du village, euh… il n’y a pas vraiment de centre-ville à proprement parler, apparemment.

Une bordée de restaurants longe la place, on se laissera avoir par les dénominations trop belles pour être vraies d’un des établissements… On a été servi trop vite pour que ce ne soit pas suspect et, en fait de « méga », ma salade de chèvre était plutôt « micro ». Les feuilles de salade étaient tellement pas lavées que je n’ai rapidement plus osé y toucher. Nos voisins de table avaient choisi des gros morceaux de viande avec frites, ils ont également été servi une minute chrono après avoir passé commande.

Après avoir manifesté notre mécontentement vis-à-vis de la qualité de nos plats à la serveuse – qui a tout de même fait semblant d’être désolée pendant un quart de seconde, bel effort – nous sommes allés prendre le dessert à la terrasse… du restaurant d’à côté :mrgreen:

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