Une petite brève de comptoir bureau :

En ces jours de chaleur humide étouffante, j’use et abuse de l’éventail que m’a gentiment ramené une collègue espagnole.

- Comment ça se dit, en espagnol ?
- Abanico.
- Ah ! Ca aurait beaucoup de succès, en France !

J’imagine d’ici un essaim de manifestants avec pour tout signe de ralliement et de protestation le bruit rythmé de l’éventail qui ventile…

Le rapport sur la biodiversité, présenté tous les 4 ans par l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN), est sorti aujourd’hui et acte l’échec de la communauté internationale à respecter l’objectif fixé en 2002 : freiner l’érosion de la biodiversité.

Extrait du Monde :

C’est le tableau le plus exhaustif de l’état de la biodiversité planétaire (…) [il] confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide que lors des grands épisodes d’extinction du passé.

(…)

Sur 45 000 espèces, 16 928 sont menacées d’extinction, soit 1 oiseau sur 8, 1 mammifère sur 4 et 1 amphibien sur 3.

Derrière ces tendances globales, le rapport s’attarde sur le sort des espèces menacées utilisées par l’homme pour son alimentation ou pour la médecine traditionnelle. Pour conclure à une situation encore plus critique : “36 % des mammifères consommés par les hommes sont en danger, contre 21 % en moyenne“, souligne J.-C. Vié en pointant la menace que cela constitue pour la sécurité alimentaire.

Les auteurs du rapport ont par ailleurs essayé d’évaluer l’impact futur du changement climatique. Si la plupart des espèces de la Liste rouge sont sensibles au réchauffement, un plus grand nombre d’espèces, aujourd’hui considérées en bon état de conservation, seront, selon eux, gravement touchées par la transformation de leur environnement.

L’étendue des espèces sensibles a de quoi faire frémir“, observe M. Vié. Aujourd’hui, la destruction des habitats liée à la poussée urbaine et à l’intensification de l’agriculture, la surexploitation et la présence d’espèces invasives restent les principales causes de l’érosion de la biodiversité.

(…)

Oui oui, je le suis toujours ! Mais débordée.
Je m’introduis dans les lieux juste le temps de relayer deux informations intéressantes :
- Cancer et pesticides : le lien est à présent scientifiquement prouvé, on ne pourra plus arguer sur le doute pour faire passer n’importe quoi.
- Amarante versus OGM : Monsanto est en perte de bénéfice et ça ne risque pas de s’améliorer avec les “super mauvaises herbes” qui ont acquis le gêne de résistance au Roundup… l’amarante a déjà convaincu des agriculteurs de revenir aux semences traditionnelles, pourvu que ça continue. (Cependant lisez la fin de l’article, intéressant quant au lobbying…)

Cela fait déjà deux mois. On en parle peu dans les médias avec le tennis, les élections, les avions, etc. mais… le parlement du Pérou, réuni en session extraordinaire hier, a, non abrogé (comme le réclamait l’opposition), mais néanmoins suspendu pour 90 jours le décret législatif 1090 dit “Loi forestière et de faune sylvestre” sur l’exploitation forestière du nord-est amazonien, à l’origine d’une crise avec les communautés indiennes.

Ce décret forestier est un des six textes promulgués en 2007-2008 par le gouvernement de centre-droit d’Alan Garcia qui sont rejetés par la minorité indienne d’Amazonie, aujourd’hui en crise ouverte avec l’Etat, car les communautés indigènes jugent ces textes trop souples avec les grands projets d’exploitation minière, forestière et hydrique de l’Amazonie péruvienne (60 % du pays), et manquant au devoir de concertation des peuples autochtones, prévu par un texte de 1989 de l’Organisation internationale du travail.

Les Indiens, qui bloquent plusieurs axes routiers et fluviaux du pays, ont prévu une journée de mobilisation nationale aujourd’hui.

Les indigènes qui bloquaient la route “Curva del Diablo” (le virage du diable) depuis une dizaine de jours ont été attaqués par officiellement 639 policiers mais aussi au moyen d’hélicoptères d’où ont été visés les manifestants avec des armes à feu et d’où auraient été lancées des grenades. Selon des sources officielles très contestées, les affrontements de vendredi et samedi à Bagua auraient fait 34 morts – 25 policiers et 9 indigènes. Selon la coordination des radios locales (CNR – Coordinadora Nacional de Radio), il y aurait 20 indigènes tués et 9 policiers. Le nombre de blessés par balles aurait dépassé la centaine et les hôpitaux locaux sont saturés.

Le ministère de la justice a annoncé que les responsables des affrontements seront poursuivis. “Ce ne sont pas des actes de protestation mais de destruction, parce qu’il y a eu des morts et parmi eux des policiers et des civils innocents“, a affirmé Erasmo Reyna, vice-ministre de la justice. Les Amérindiens morts ne sont semble-t-il pas “innocents”. Pendant ce temps, le président Alan Garcia a rendu responsable de la tuerie Alberto Pizango, président de l’Association Interethnique de Développement de la Forêt Péruvienne (AIDESEP) en déclarant qu’il était un délinquant. Sa capture a été ordonnée en tant que “responsable intellectuel”.

Cela fait 61 jours que les communautés indiennes du Pérou amazonien se sont soulevées contre des projets miniers ou pétroliers dans le Nord-Est. A la mi-mai, ils sont déclarés en état d’insurrection. “Nous déclarons nos peuples en état d’insurrection contre le gouvernement du président Alan Garcia sur les territoires indigènes amazoniens“, a déclaré à Lima le 15 mai dernier Alberto Pizango, président d’un collectif qui dit représenter 1350 communautés de 65 groupes ethniques, soit 600.000 personnes environ.

Cet état d’insurrection signifie que “nos lois ancestrales ont désormais force de loi et que nous considérons comme une agression l’entrée d’une quelconque force sur nos territoires“, avait averti M. Pizango. La solution, a-t-il poursuivi, “passe par une abrogation” de décrets législatifs de 2007 et 2008 qui assouplissent le cadre de l’exploitation minière, pétrolière, forestière ou de l’eau, par des firmes multinationales, sur des terres que les autochtones considèrent comme ancestrales.

Sources :
Le Monde
Indymedia
Si vous avez d’autres informations… car c’est assez confus, la zone étant semble-t-il bouclée.

Je vous présente Miss Van Dale, du nom d’un célèbre dictionnaire français-néerlandais.
Nous l’avons nommée ainsi car c’est une vraie vandale pour nos plantes !

Heureusement, l’encoche à son oreille nous indique qu’elle est stérilisée… Je la soupçonne de venir du refuge près de chez nous. Elle se laisse approcher mais il est impossible de la toucher.
Elle aimerait bien rejoindre la troupe mais hors de question qu’elle rentre dans la maison, c’est déjà la surpopulation ici !

Pendant ce temps, Roro se fait un p’tit joint ^^

Souvenons-nous de la nuit du 3 au 4 juin 1989
Pour tous ceux qui y ont trouvé la mort, la souffrance ou la folie – Etudiants, intellectuels, ouvriers qui contestaient pacifiquement la corruption
Pour tous ceux qui ne peuvent plus en parler aujourd’hui – Peur de la répression des autorités ou de leurs pairs
Pour tous les jeunes d’aujourd’hui qui n’ont pas appris – Sujet tabou dans les familles et censuré partout ailleurs
Pour tous les dissidents écartés temporairement – Ou plus “définitivement”
Pour tous ceux que le silence étouffe
Pour tous ceux que le régime écarte
Souvenons-nous haut et fort du massacre de la place Tian’Anmen.

Contexte : une amie venant souper à la maison m’offre un petit bouquet des fleurs de son jardin.

L’amie, innocente - Ah tu fais pareil que moi, tu utilises un verre à bière ! :)
Moi – Non, c’est un vase.
L’amie, incrédule - Hein ? Mais c’est pas un verre à Ca*ls**rg ça ?!
Moi – Non, c’est un vase.
L’amie - Oups…

Difficile de ne pas avoir d’intrus sur la photo :mrgreen:

Pour faire suite – avec retard – aux commentaires de la note précédente ainsi qu’à la note de Saturnas, voici nos nichoirs à abeilles solitaires :

Les osmies ont déjà pondu dans une trentaine de trous.
Ci-dessous, les trous qu’elles font dans la terre :

AàG a également fait des nids à bourdons et à forficules avec des vieux pots de fleurs.

Le cotonéaster fait le bonheur de tout ce petit monde, ça bourdonne en permanence là-dedans !

Voici les liens utiles pour aider ces insectes (ils en ont bien besoin !) : le site de la cabane de Tellus, un pdf de la LPO et un autre de l’INRA.

Celui-là s’est posé sur le dos de Roro, qui en a été assez effrayé ! Comme il était beaucoup plus lent que ses compères, j’ai pu en faire de beaux gros plans nets où on voit même sa trompe (ou sa langue ?).

Oui, ces photos ont déjà plus d’un mois… “Oh ! Par mes moustaches, je suis en r’tard, en r’tard, en r’tard !” dirait le lapin d’Alice.

J’ai mis mes cheveux dans le jardin mais les oiseaux préfèrent les poils de chat, bien plus doux ! Peut-être que, si les oisillons sentent sa propre odeur, Roro aura moins envie d’en faire son dîner :roll:

Printemps ou non, pour ces deux-là il n’y a pas de saison pour la baston !

Bimini s’est mis à la chasse aux taupes…

Quelques primevères sauvages naissent ici et là.

On a installé un petit nichoir à abeilles solitaires et il y a déjà une douzaine de trous qui sont occupés :)

Aujourd’hui c’est fête, il y a du lait (sans lactose) !

Roro dans feue sa boîte… et Bimini qui fait le clown comme d’hab !

19 septembre 2008 – Château de Fénis, fort de Bard et ruines de Monjovet

Ce matin il pleut à verse. On va chercher de quoi faire le petit-déjeuner et le pique-nique dans une épicerie plus haut dans le village, et au retour je nous ferai une belle frayeur dans un lacet : la route est tellement lisse que je fais un petit aquaplannage… heureusement personne ne venait en face.

Vu la météo, nous faisons une journée “culture” (si l’on peut dire). Nous partons tout d’abord visiter le château de Fénis. Aux abords du parking se trouve cette eau canalisée, avec un beau courant.

Tout comme au château de Sarriod de la Tour, nous ne sommes que quatre touristes pour la visite – obligatoirement – guidée…

Et tout comme au château de Sarriod de la Tour, le tour est “chronométré”. Nous avons droit à pile une demi-heure, soit… le temps d’entrevoir les pièces que nous traversons ! Ok j’exagère, mais ça laisse vraiment un goût de trop peu.

Ce château médiéval n’est pas bâti sur un nid d’aigle mais au sommet d’une douce pente herbeuse. Pour le côté défensif, on repassera !

Il possède plusieurs tours rondes et carrées, et ses remparts crénelés sont magnifiques. En voici une vue aérienne pour mieux comprendre son architecture.

La famille De Challant a vu sa fortune décroître et, de ventes en héritages, ce superbe château a fini par ne plus avoir le minimum d’entretien requis et a même été jusqu’à servir de… ferme. Imaginer le bétail piétinant les précieux planchers est ahurissant.

C’était une ruine quand l’état italien l’a racheté fin 19ème siècle : planchers et plafonds effondrés ou en voie de l’être, les toits n’en parlons pas, quant aux murs d’enceinte et à la tour d’entrée, ils étaient déjà en partie écroulés…

La restauration fut longue. Ce lieu abrite aujourd’hui le musée des meubles valdôtains à travers les époques.

Le temps étant pourri, les photos le sont aussi.

Les photos à l’intérieur n’étaient malheureusement pas autorisées. Il y a une cour intérieure (cortile interno) bordée d’une galerie couverte au premier étage à laquelle on accède par un majestueux escalier (ici en plus grand et moins net). Sur chaque mur de la galerie sont peints des sages et des philosophes. Et voici la vue qu’on a depuis l’escalier.

Cette tourelle dépassant des remparts est le pigeonnier.

L’historique complet du château est disponible sur ce site (en français).

Nous pique-niquons à la faveur d’une large éclaircie dans un espace de jeux et de verdure proche du parking. Ensuite, direction le fort de Bard (forte di Bard) qui fait sa pub tellement partout que je croyais qu’il était bien plus proche !

Cet imposant fort du 19e siècle abrite en son sommet un vaste et tout récent Musée des Alpes. On y monte par le biais de trois ascenseurs à vue panoramique.

Il fait un peu brumeux et le temps n’est guère propice aux photos, nous commençons donc par la visite des nombreuses salles du musée. Il était assez complet et intéressant, nous avons seulement déploré le nombre faramineux d’écrans ainsi que le niveau sonore des animations qui nous a fait ressortir de là avec un certain mal de tête.

Les entrées de chaque bâtiment sont assez majestueuses. Dans les anciennes écuries avait lieu une exposition de peintures mais nous étions un peu saturés après le musée, nous avons préféré rester au grand air et aller à la découverte du fort.


Vue imprenable sur le bourg et la vallée

C’est à peu près vers ce moment-là que nous nous rendons compte que la visite des différents niveaux du fort est libre, le ticket d’entrée ne concernait que le musée. Ce n’était pas très clairement présenté.

Mis à part une petite galerie avec quelques commerces, il n’y a pas grand chose. D’autres sections muséales sont présentes mais nous n’y avons pas accès (elles sont en cours d’aménagement je pense).

Ce tunnel souterrain, ou plutôt couvert, servait à relier les différents étages du fort sans mouvement visible de l’extérieur. Malheureusement nous n’avons pas pu y aller car il était fermé par une grille. On peut distinguer ce tunnel sur la toute première photo du fort, sur la gauche.

Nous profitons de l’architecture, puisqu’il n’y a rien d’autre à se mettre sous la dent. C’est dommage d’avoir à ce point gommé l’aspect militaire, l’usage premier de ces lieux.

Nous descendons petit à petit, le village se rapproche.

Nous voici arrivés aux portes du bas :

Parmi ces maisons, une seule a opté pour l’ardoise espagnole, saurez-vous trouver laquelle ? :P
(NB : je plaisante, ceci n’est pas de l’ardoise bien sûr)

Le vieux village est très intéressant, peut-être plus que les fortifications… Les maisons sont bien plus anciennes que le fort (rasé et reconstruit dans sa version actuelle au XIXème).

Régulièrement, des panneaux explicatifs attirent notre attention sur tel ou tel détail remarquable.

Ceci achève la visite de Bard. Nous sommes en milieu d’après-midi, il nous reste encore le temps de découvrir les environs. Après examen de la carte, nous repérons les ruines du château de Saint-Germain (Monjovet).

En voici le plan pour ne pas vous perdre :

Un panneau touristique nous renseigne : Au Moyen-Age, les châteaux de St-Germain et de Chenal furent construits sur les hauteurs qui dominaient respectivement le défilé de la Doire Baltée et l’ancienne route principale : ils permettaient de contrôler la circulation et de prélever les péages.

Les vicissitudes de l’histoire des familles nobles et les changements de propriétaires firent que la Maison de Savoie en vint à contrôler tout d’abord le château de Chenal puis, à partir de 1295, celui de Saint-Germain, sous le prétexte que les seigneurs locaux maltraitaient les voyageurs et exigeaient d’eux le paiement de sommes abusives.

Au XIVe siècle, les deux châteaux furent donnés en fief à la famille de Challant. Le château de Saint-Germain resta en sa possession jusqu’en 1438, lorsque François de Challant le vendit à la Maison de Savoie, qui en fit une forteresse et y installa une garnison jusqu’en 1661, date à laquelle Charles-Emmanuel II fit démanteler l’ouvrage.

Aujourd’hui, l’on peut encore reconnaître, à l’intérieur de la double enceinte, le corps de logis de la garnison et l’habitation destinée au gouverneur de la forteresse, ainsi qu’une citerne.


La place réservée aux gentes dames pour qu’elles aient de la lumière pour leurs travaux d’aiguille et autres ouvrages.

La tour carrée fut vraisemblablement érigée sur un construction qui existait déjà au XIe siècle.

Les grands bastions de la place centrale et les structures destinées à l’installation d’armes à feu remontent quant à elles à la première moitié du XVIe siècle.

Au pied du rocher s’élève l’église paroissiale de St-Germain, avec son portique construit en 1879 que soutiennent deux colonnes de pierre. Le clocher du XVe siècle, qui constitue la partie la plus ancienne de la construction, se dresse du côté Sud. L’église actuelle remonte à la fin du XVIIe siècle et a été consacrée en 1704.

Aujourd’hui le château achève paisiblement son existence.

La végétation prend timidement d’assaut les hautes murailles de pierre.

D’ailleurs certains endroits étaient inaccessibles à cause des épineux.

La grande tour carrée était assez impressionnante, de l’extérieur comme de l’intérieur…

…de même que la vue sur la vallée !

Certains détails de construction (linteaux, appareillements, etc.) étaient remarquables.

Nous avons beaucoup aimé nous promener sur ce site désert, si paisible sous le soleil de cette fin d’après-midi.

Je me demande toujours s’il vaut mieux que de tels lieux croulent tranquillement et poétiquement…

…ou si une perfusion ne serait pas souhaitable. Ne pas restaurer “à la Fénis” mais empêcher des effondrements supplémentaires.

Cela permettrait au moins de le rouvrir aux visites. De ne pas tourner la page complètement sur la riche histoire de ces lieux.

Garder une fenêtre sur le passé.

Sans nul doute ce fut ma visite préférée de la journée.

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