C’est incroyable ce qu’une promenade dans les bois et les champs début novembre peut apporter. Par exemple : 4 sachets de bonbons et une bouteille de vodka. Le tout intact.

AàG s’est empressé de faire disparaître les lards et les nounours, par contre nous ne savons quoi faire de la bouteille de vodka. Comme on passait devant une chapelle, on a demandé à Notre Dame de Bon Secours si elle ne pouvait pas plutôt nous faire trouver des chocolats chauds au prochain tournant… mais ça n’a pas marché.

Le plateau de Fanes et le lac vert au départ de Pederü

Un long trajet en voiture nous attend également aujourd’hui, mais “à plat” cette fois. Nous remontons le val Badia (après un tournant à gauche, un tournant à droite) et redescendons dans le val voisin. Après San Vigilio di Marebbe, la petite route déserte longe joliment le fond de vallée au milieu de la forêt ; elle est assez droite – ce qui est “dépaysant” !

Arrivés à l’Ostaria Pederü (alt. 1548m), une personne se met au milieu de la route pour nous arrêter. Il s’agit en fait du racket habituel pour le parking. Seulement nous ne comptions pas nous arrêter ici, sur notre carte la route continue… on nous répond chiuso ! Pas de chance ce sont des routes barrées, on ne pourra pas aller plus loin.

On fait demi-tour et on retourne se garer au dernier petit parking autorisé gratuit (je déteste qu’on me force la main). Il n’est pas tout près, ils ont évidemment interdit le stationnement sur les quelques kilomètres avant le refuge. Le “point info” fonctionne toujours : des Allemands s’arrêtent pour nous demander leur chemin. Y a qu’une route, vous ne pouvez pas vous tromper !

On réfléchit à ce qu’on va faire, car la route interdite va nous rallonger sacrément la randonnée prévue pour aujourd’hui… on décide de se lancer quand même, on verra bien où on arrivera.

Le temps de discuter et de revenir à pied jusque Pederü, il y a déjà beaucoup plus de monde. C’est l’heure des départs. Nous achetons une IGN (en ladin ??) à l’auberge et empruntons le sentier n°7 en s’efforçant de distancer les groupes bruyants, négligeant de tenir leurs enfants chiens en laisse alors que nous sommes dans un parc naturel (Fanes-Senes-Braies). Aucune chance de voir un animal par ici : ça crie comme au marché, le sentier est embouteillé et le moindre buisson parsemé de papier wc…

Il fait une chaleur de plomb, le sentier monte raide puis arrive sur un plateau buissonneux (un genre de genêts ?) en légère descente, ensuite cela recommence à monter, etc. C’est trompeur car à chaque fois on se croit arrivé en haut. Mais plus on monte, moins il y a de gens, alors ça motive !

Nous croisons de temps à autre la fameuse route barrée, sur laquelle des groupes de cyclistes progressent. Au final, une belle descente en courant dans la végétation et nous voilà sur une section plate et sablonneuse.

Le sentier remonte de plus belle après, au milieu de magnifiques racines. A partir du lac Piciodel, le sentier emprunte des portions de plus en plus larges de route, ensuite il n’y a plus qu’elle. En contrebas se trouve un ruisseau nommé rü d’Al Plan.

Après une ferme, le chemin se divise en deux : une branche en cul-de-sac se dirige au sud-ouest vers la “hutte” (ütia) de Lavarela, l’autre branche va au sud-sud-est vers la ütia de Fanes, c’est la alta via Dolomiti (haute voie des Dolomites) qui se poursuit en semi-carrossable vers le lac de Limo et ücia de Gran Fanes. A noter, traînant sur le bord de la route, une… couche jetable pour bébé !! :shock:

Nous nous posons sur un banc deux minutes le temps de regarder la carte, quand une poule rousse quitte la ferme et vient nous dire bonjour… habituée aux touristes, elle nous fait du charme pour avoir à becqueter ! Je la caresse et lui donne quelques bouts de pain, elle irait bien se servir elle-même dans mon sac à dos :)

Nous décidons de faire les deux côté du triangle : d’abord aller à la hutte de Fanes (alt. 2060m) et de là un sentier coupe vers l’ouest pour rejoindre le refuge de Lavarella (alt. 2042m) en passant près du lac vert (lé vërt). Cette boucle nous permet de tout voir sans devoir revenir sur nos pas, et nous espérons qu’il y aura moins de monde au milieu de nulle part pour manger tranquillement.

Le terrain est étrange par ici, c’est comme si nous marchions sur des plaques verticales qui ne sont pas toutes à la même hauteur, avec de petits trous profonds. J’avais déjà vu quelque chose d’équivalent dans le Vercors mais n’ai pas retenu le nom du phénomène.

Le sentier ne passe pas exactement au lac donc nous le quittons pour réaliser notre plan “pic-nic au bord de l’eau”. Nous y sommes tranquilles, il y a seulement quelques personnes sur la rive d’en face. On fait sécher les chaussures et les chaussettes pendant qu’on déguste une moelleuse foccacia à la tomate cerise.

Le temps change, la température a chuté et le vent se lève, le ciel est envahi de nuages. De miroir, la surface du lac devient ridée. Nous frissonnons d’être restés immobiles, il est temps de ranger les affaires pour rejoindre le refuge de Lavarela et y prendre un onctueux chocolat chaud en guise de dessert !

Est-ce que quelqu’un saurait me dire pourquoi ce pauvre veau a cette ferraille devant la bouche ??

Nous montons au-dessus du refuge pour poursuivre la promenade avec le sentier n°12, tapissé d’aiguilles. Il est très agréable et peu fréquenté, c’est un vrai bonheur !

Il y a bien une petite bruine qui tombe de temps à autre, mais rien de désagréable. Nous voyons plusieurs marmottes au loin, ce qui suffit largement à compenser !

Le sentier monte, monte, monte, on passe à un moment par des terrasses naturelles de toute beauté formant des marches d’escalier pour géant.

Les montagnes prennent une autre dimension sous cette atmosphère pluvieuse et nuageuse. On commence à fatiguer mais on voudrait arriver au “col” d’où on pourra enfin voir le plateau de Fanes s’étendre devant nous.

C’est une étendue immense et désolée, entre gris clair et gris foncé, avec des zones où la végétation parvient à se maintenir. La météo est idéale pour donner tout son caractère au lieu.

Ces chaos de roches forment un paysage lunaire. Oh tiens, il y a des habitants sur cette étrange planète !

Pas très bavardes, ces vaches… mais bien mignonnes. Elles n’ont pas grand-chose à brouter.

Ce qui est impressionnant dans ce lieu presque sans vie, c’est le silence qui frôle l’absolu.

Nous continuons d’avancer sur le sentier 12, le plan mentionne un grand lac (Lé Parom) et l’apercevoir nous permettrait d’être certain de notre situation sur la carte. Il s’agit en fait d’une grande dépression dans le terrain, mais il n’y a quasiment plus d’eau dedans.

J’essaie de convaincre AàG de poursuivre le sentier n°12 jusqu’au croisement avec le n°7. Cela ne devrait plus être loin, et nous permettrait de rejoindre la hutte Lavarela par l’autre côté de la montagne nommée banch dai torchi sur notre carte.

Je n’ai pas envie de reprendre le même chemin au retour, d’une part parce que je le connais déjà, d’autre part parce que je sais que mes genoux en souffriraient (trop pentu).

AàG n’est pas enthousiaste car le temps devient de plus en plus menaçant et nous ne sommes pas équipés pour un orage en montagne. Par ailleurs il se fait “tard” si l’on considère la longueur de la route du retour. AàG pense que nous sommes trop fatigués pour prendre le risque d’aller plus loin, on ne sait pas si le croisement sera correctement indiqué ni même si on ne l’a pas déjà dépassé, car il est difficile de prendre des repères dans ce genre d’environnement.

Mais à ce jeu-là, c’est le plus têtu qui gagne donc nous avons poursuivi :P

Et on ne l’a pas regretté. On s’est fait crier dessus par plein de marmottes, on a couru dans les descentes, et on s’est fait doucher comme rarement on l’avait été, jusqu’aux os ! :D

En quelques minutes on s’est retrouvé dégoulinants et hilares ! Heureusement on n’a croisé aucun humain de tout le trajet, sinon il nous aurait pris pour des tarés :mrgreen:

Même les chèvres de Lavarella s’étaient mises à l’abri, pas folles !

Certes le retour fut long (très long) et laborieux (très laborieux), mais au final ni AàG ni moi regrettons d’avoir fait “le grand tour”. Il était 18h30 à notre arrivée à l’auberge de Pederü, de là il a encore fallu rejoindre la voiture avant d’enfin pouvoir enlever nos bottines de marche et asseoir nos fesses (rha, ça fait du bien !)

Nous soupons au premier village croisé, c’est-à-dire San Vigilio. Le premier établissement, une trattoria, veut nous faire manger sur des tabourets de bar sous prétexte que nous ne sommes que deux et que nous ne pouvons donc pas avoir accès à la salle de restaurant. Nous partons.

Le deuxième, un ristorante (Tabarel), nous semble assez cher mais nous sommes trop fatigués pour continuer à chercher, et puis nous avons faim !! Ce fut un excellent choix car les plats (nous avions choisi des spécialités ladines) étaient fins, délicieux, servis avec art, et ce fut de loin le meilleur repas de tout notre séjour. Quel dommage que nous ayons été raisonnables : nous n’avons pas pris de dessert ! :cry:

La Marmolada, Punta Rocca, les fortifications militaires d’altitude et le lac de barrage Fedaia

La route est longue et sinueuse pour rejoindre la Marmolada à partir de La Villa. Mais la destination en vaut la peine. D’ailleurs j’ai eu un mal fou à trier les photos !

La Marmolada est le point culminant des Dolomites (Punta Penia, alt. 3343m). Pour ceux qui ont un doute : non, son nom n’a rien à voir avec les marmottes, mais est lié à sa roche apparentée au marbre !

Nous y montons en téléphérique au départ de Malga Ciapela (alt. 1450m).

En l’espace de 3 minutes, nous arrivons à la station intermédiaire située 900m plus haut : Antermoja (alt. 2350m). Il ne nous est pas loisible de sortir de la station à ce niveau, c’est uniquement une “correspondance”.


Punta Rocca

Après un dénivelée supplémentaire de 600m nous voici à Serauta (alt. 2950m) où se trouve un refuge et un petit musée de la guerre. Le changement de température commence à se faire sentir, à cette altitude ! Les neiges éternelles commencent…

Un dernier téléphérique nous emmènera 315m plus haut, au petit refuge de Punta Rocca (alt. 3265m). Une “grotte de la madonne” kitchissime y est aménagée.

La Marmolada est le seul glacier notable subsistant dans les Dolomites.

Aux abords du refuge se trouvent les habituels panneaux “humoristiques”…

La panorama est splendide et le beau temps est avec nous. Les rayons du soleil nous réchauffent, on sent moins l’air glacé.

Nous avons vue sur le lac de barrage nommé Fedaia, ses eaux ont une magnifique couleur bleu-vert.

Nous passerons toute la matinée à profiter des lieux et à mitrailler… on ne sait plus où donner de la tête :mrgreen:

Nous descendons à la station inférieure, Serauta, où la température est déjà un peu plus clémente. Cela nous permet d’envisager un pic-nic dehors, reste à trouver un endroit abrité du vent (et des gens).

Près du refuge part un grand tunnel en tôle permettant aux engins de rejoindre les pistes de ski à partir de leur garage.

Le point de vue est tout aussi beau d’ici… une deuxième séance photo s’impose !

Nous avons la bonne surprise de découvrir, en contrebas du refuge, un massif rocheux un peu spécial… Un panneau d’information du ministère de la défense donne le ton !

C’est près de l’observatoire que nous établirons notre camp de base pour l’opération “Mangeaille”. Manque de chance, l’ennemi choisit ce moment pour sortir de son antre… à comprendre un marteau-piqueur XXL commence à détruire un muret, causant un boucan effroyable.

Des chemins sont aménagés pour permettre de visiter tous les recoins de ces fortifications italiennes.

Corps de garde, poste de commandement, postes d’observation, postes de tir, baraques (dortoirs, réfectoires, etc.) en bois ou creusées dans la roche, magasins, infirmeries, postes de contrôle, stations téléphériques… rien ne manque !

On progresse en s’aidant du “fil de vie” (filin métallique) souvent présent. Les grimpeurs bien outillés y accrochent leur mousqueton mais ce n’est pas à franchement parler nécessaire pour la sécurité, à moins d’être fatigué ou d’avoir le vertige (coucou Delf ;-) ).

Là j’ai pas réussi à choisir entre les deux, du coup vous avez droit à la version avec et sans AàG :P

J’ai adoré ces petits sentiers très ludiques, ainsi que toutes ces petites et grandes cavernes…

Ici, de grands échelons constitués de barres de fer plantées dans le rocher permettent de rejoindre un discret poste d’observation.

Ci-dessous les restes d’un poste d’artillerie.


L’ombre du dragon

En se retournant, on a une vue d’ensemble du refuge de Serauta et de l’engin de chantier dont le bruit résonne toujours jusqu’à nous.

On se promet d’aller jeter un œil au lac de Fedaia qui nous nargue toujours, dans la vallée…

S’ensuit un passage qu’AàG n’appréciera pas du tout, avec de petites plaques de tôles fort espacées surplombant le vide (t’es toujours là, Delf ?)

Ces fortifications italiennes sont très étendues, c’est impressionnant.

Tout au bout se trouve une station téléphérique utilisée pour l’approvisionnement (nourriture, munitions, etc.) ainsi que l’arrivée de la via ferrata créée par les militaires pour rejoindre leurs positions. Un panneau nous informe qu’elle est actuellement “en entretien”.

C’est le moment d’entamer le chemin du retour, qui est différent puisqu’il s’agit d’une boucle.

Près du refuge, le monstre est toujours à l’œuvre. Ca fait 2h qu’il nous casse les oreilles. Ah, le calme de la montagne…

Une dernière découverte, une caverne boisée avec des étagères, peut-être le logement des officiers ?

Nous reprenons le téléphérique, avec toujours le changement de cabine au niveau intermédiaire… et voici la dernière ligne droite :

Prêts ? C’est parti !

En bas la chaleur nous tombe dessus avec violence. La voiture est d’ailleurs un four.
Un rapide regard sur la carte et nous partons vers le lac de barrage admiré du haut.

Au passage, nous croiserons un panneau “parc naturel de la marmotte”… ah la la, il n’y a pas assez d’heures dans une journée !

C’est un étrange “double barrage” : une retenue arrière empêche le lac de Fedaia d’épouser le fond de vallée, tandis qu’à l’avant se trouve un “vrai” barrage mais tout aussi bizarre car formant un W asymétrique (visible ici).

Le lac est longé d’un côté par une route fréquentée, et de l’autre par une ancienne route non circulée sauf service.


Les semi-tunnels végétalisés de la grand’route

Nous observons avec amusement des jeunes gens téméraires en train de plonger les orteils dans l’eau froide…

…à grands renforts de cris douloureux :lol:

Même le chien finira par se laisser convaincre ! On ne voit plus que les têtes qui dépassent.

Cela semble être un lieu de promenade apprécié, nous croisons beaucoup de petits groupes à pied ou à vélo.

J’aime beaucoup les vieilles glissières de sécurité complètement rouillées.

Encore quelques épilobes pour Koridwen ;-)

Nous voici parvenus au barrage proprement dit. La structure en W semble être conçue pour s’appuyer sur la petite colline centrale.

Le lac est désormais plongé dans l’ombre… Nous souperons à Arraba, où nous serons servis au lance-pierre.

Au printemps dernier, de retour d’une semaine en Alsace-Vosges riche en morsures de tiques, je me suis décidée à aller faire une prise de sang pour contrôler la présence d’éventuels anti-corps contre la Borrelia responsable de la maladie de Lyme. Je savais les tiques de la région porteuses de la borréliose (via les notes périssables :| ), mais les précautions prises (vêtements longs, spray répulsif, etc.) n’ont pas suffi à éviter ces sales bestioles. A certains endroits il en pleuvait littéralement.

Chaque soir c’était dépistage intégral, car la probabilité de transmission augmente avec le temps que la tique reste plantée dans votre chair à vous sucer le sang. Un rien stressant.

Le médecin disait que, analysé trop tôt ou trop tard, on ne détecte plus dans le sang ces fameux anticorps. Les analyses de sang étaient négatives pour la Borrelia mais par contre il y avait une sorte de syndrome inflammatoire global, intriguant car a priori injustifié. On a convenu de refaire un contrôle en octobre et je viens d’avoir les résultats.

La situation n’est pas encore revenue à la normale mais elle s’améliore. Le médecin m’a dit clairement aujourd’hui que, pour lui, c’était une réaction de mon organisme par rapport aux morsures de tiques. Selon lui, si la prochaine prise de sang est normale, le dossier est clôturé. Pas de traitement préventif nécessaire. Je m’inquiète un peu… surtout que les symptômes à surveiller sont typiquement ceux de la grippe. Ah ah ! La bonne blague !

Autant dire que la suite du programme ne me tente vraiment pas, j’aime autant éviter :
Si les symptômes apparaissent mais ne sont pas identifiés, l’infection va suivre son cours et se disséminer lentement dans le corps pour atteindre les articulations (arthrite), le tissu cardiaque (problèmes cardiaques), le tissu nerveux ( paralysie de la face, d’une jambe, problèmes neurologiques, etc…), la moelle épinière et le cerveau.

Prochain contrôle en janvier…

Passo Valparola, galleria Goiginger et fortifications de Cinque Torri

Nous allons en voiture jusqu’au Passo Valparola. Le parking du refuge (alt. 2168m) est plein à craquer, nous nous garons un peu plus loin, près du musée de la guerre occupant un ancien fort.

Nous descendons vers le lac et suivons le sentier vers un point indiqué sur notre carte comme “grotta“. C’est intriguant car le phénomène de grottes est globalement absent dans les Dolomites.

Il s’agit en fait d’une petite galerie militaire creusée dans la roche. De hauteur d’homme, elle est d’une largeur suffisamment confortable pour permettre à deux personnes de se croiser.

Des ouvertures en rateau ont été pratiquées en plusieurs endroits afin de créer de discrets postes d’observation, donnant notamment sur la route en contrebas.

Cela nous donne envie d’aller voir un point similaire sur la carte, un peu plus loin, à peine moins facile d’accès. Sur la carte se trouve simplement la mention “galleria Goiginger”, du nom d’un général autrichien.

C’est un réseau assez étendu composé de plusieurs galeries. Certaines sont basses et étroites, d’autres s’élargissent jusqu’à former de vraies petites salles.
Globalement horizontales, il existe également une petite galerie descendante qui mouille un peu les pieds.

Il y a des restes d’aménagements tels que : escaliers, socles en béton (notamment pour le groupe électrogène), réservoir à eau, isolateurs électriques, cadres en bois pour les armes lourdes (canons), etc.

Les galeries longent la barre rocheuse (Sasso di Stria) et, à intervalles réguliers, des diverticules partent vers les postes d’observation et de tir – principalement des mitrailleuses.
Les petites ouvertures vers l’extérieur vont souvent par paires. Elles permettaient de surveiller un endroit stratégique : le Passo Falzarego.
Il existe également plusieurs “vraies” sorties permettant le passage de gros matériel (et une éventuelle évacuation ?).

Le tunnel Goiginger est un ouvrage impressionnant par sa longueur (1 km ? la fin est effondrée) et le travail qu’il a dû nécessiter. Il faut dire que la zone était particulièrement critique, la guerre y a fait rage entre Italiens et Autrichiens.

A notre sortie, la buée se forme immédiatement sur l’objectif refroidi par son passage en souterrain. Ca donne un effet rigolo :) Nous retournons à la voiture pour pique-niquer.

Nous décidons d’aller voir de plus près les “cinq tours” : Cinque Torri (dont l’une s’est effondrée il y a quelques années). Il y a beaucoup de voitures garées là car un télésiège y monte, nous préférons emprunter le sentier pédestre qui part depuis le lago Bai de Dones (alt. 1889m).

Le chemin s’enfonce paisiblement dans la forêt. Il n’y a pas grand-monde qui l’emprunte, seulement quelques promeneurs qui le redescendent. Dommage que même d’ici on entende encore le hurlement incessant des motos sur la route du col :roll:

Les principaux ouvrages sont des tranchées dont les murs sont en pierres sèches. Elles ont été creusées il y a un siècle.

Parfois, au détour d’un tournant, on tombe sur une petite caverne creusée dans le rocher pour stocker du matériel.
Certaines trincea se devinent à peine de nos jours… comment imaginer des soldats ici ?

En réalité beaucoup étaient doublées de bois, avec toitures et faux planchers. Les militaires y dormaient.

Nous nous rapprochons progressivement du Cinque Torri, il y a plusieurs groupes de grimpeurs qui s’adonnent à l’escalade sur les parois fragmentées de ces colonnes dolomitiques.

Le paysage est majestueux et plaît énormément à AàG.
Le “point info” tatoué sur mon front marche même en Italie, nous renseignons donc d’autres touristes en perdition :lol:

Voici des entrées de tranchées couvertes :

On y retrouve comme d’habitude des postes d’observation et de tir.

Ce sont bien sûr des reconstitutions. Nous remontons ensuite via un esthétique vallon obscur.

On fatigue un peu, c’est notre premier jour et je commence à avoir mal aux pieds. Nous redescendons en télésiège, sa lenteur nous permet d’admirer à notre aise les paysages. C’est très agréable de ne plus avoir les pieds qui touchent le sol et AàG bêle de tous ses poumons vers le troupeau de moutons au-dessus duquel on évolue :lol:

Nous ne résistons cependant pas à faire une petite reconnaissance vers un point nommé “village militaire” sur la carte, le sentier nous plaît beaucoup mais nous ne verrons rien de spécial. Nous n’insistons pas trop, la fatigue et la faim se font sentir !

Nous retournons jusqu’à La Villa pour souper. Il est utile de savoir qu’il y a vaguement l’équivalent des carafes d’eau françaises dans la plupart des restaurants italiens : l’acqua in brocca. C’est une cruche d’eau du robinet qui n’est pas gratuite mais à un prix – évidemment – bien plus bas que les bouteilles d’eau minérale. Etant donné qu’après une chaude journée de marche en montagne je bois sans peine un litre d’eau à moi toute seule, c’est idéal :)

L’autruche commence à avoir du sable dans les poumons… Extraits de l’interview de Rajendra Pachauri, président du GIEC, par le Centre d’actualités de l’ONU.

(…)

Centre d’actualités : Après le 4ème rapport du GIEC publié en 2007, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré que « la science est claire : le changement climatique provoqué par l’homme est une réalité prouvée ». Cette étude a aussi montré que si le monde continue sur cette voie, les émissions de gaz à effet de serre augmenteront de 25 à 90% d’ici à 2030, comparé à 2000. Pensez-vous que les gouvernements comprennent la nécessité d’agir immédiatement ?

Rajendra Pachauri : De plus en plus et malheureusement, il y a des intérêts personnels et l’inertie en matière de pensée de la part des gens. Tout ceci, j’en ai peur, ralentit le processus par lequel nous pourrions arriver à un accord au niveau mondial. Aussi il est malencontreux que les dirigeants dans la plupart des pays, même s’ils comprennent ce qui doit être fait, se cachent derrière des intérêts dits nationaux, étroits et à très court terme.

(…)

C. d’act. : En 2007, les Etats se sont mis d’accord sur une « feuille de route » à une conférence des Nations Unies sur le climat à Bali (Indonésie) pour négocier pendant 2 ans sur les efforts accrus nécessaires pour combattre, atténuer et s’adapter au réchauffement climatique. Ces discussions doivent être conclues en décembre à Copenhague avec un nouvel accord devant entrer en vigueur après l’expiration en 2012 de la première période d’engagement du Protocole de Kyoto, qui cherche à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre. Quel est le meilleur résultat possible de la prochaine conférence dans la capitale danoise ?

R. Pachauri : Je pense que nous avons besoin d’une série de décisions, et l’une d’entre elles devrait limiter les émissions de gaz à effet de serre. A Bali, ce qui a été discuté était une réduction de 25 à 40% par les pays développés. Cela a été abandonné plus ou moins à la dernière minute, et je pense que nous avons besoin de revenir à ce niveau de réduction d’ici à 2020. Nous avons aussi besoin d’un engagement à fournir le soutien financier approprié aux pays en développement à la fois pour l’atténuation et l’adaptation. Certainement un accès à la technologie serait nécessaire.

C. d’act. : Certains Etats plus riches sont réticents à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre alors que les plus pauvres demandent des ressources et la technologie pour combattre le changement climatique. Comment convaincriez-vous à la fois les pays développés et en développement que réduire les émissions est de l’intérêt de tous ?

R. Pachauri : La seule façon de convaincre les pays en développement est que les pays développés prennent les mesures adéquates. Malheureusement, le monde développé n’a vraiment rien fait. Le Protocole de Kyoto est reconnu plutôt par sa violation que par l’adhésion aux limites qui ont été fixées. Je pense qu’il y a une perte de crédibilité de la part des pays développés. Je pense que nous avons besoin de prendre de fermes engagements alors que historiquement le problème est le résultat des émissions du monde développé, d’un point de vue cumulatif.

C. d’act. : Quelle est l’importance de la prochaine conférence de Copenhague ? Comment est ce que vous caractériseriez le poids des décisions qui seront prises à cette réunion ?

R. Pachauri : Il est nécessaire de souligner que si nous n’arrivons pas à un accord et que le monde continue d’augmenter ses émissions de gaz à effet de serre, le changement climatique se produire et aura des effets très graves qui se feront sentir dans plusieurs parties du monde. C’est clairement dans l’intérêt de personne, quel que soit l’endroit où vous vivez. D’autre part, cet accord nous permettra au niveau mondial de travailler dans un esprit de coopération et de procéder à de profondes réductions d’émissions de gaz à effet de serre comme la feuille de route de Bali le spécifie, ce qui permettra de stabiliser le climat de la Terre. Par conséquent, Copenhague est un événement auquel la communauté internationale travaille et est une étape extrêmement importante pour garantir que tout le monde s’implique à résoudre ce problème.

(…)

Deux jours de voyage, incluant une pause à Imst (Rosengartenschlucht)

Nous partons le dernier samedi d’août, et dans chaque pays traversé il y a beaucoup de travaux sur les routes. Nous devrons également nous farcir plusieurs embouteillages en Allemagne.

Une chambre avait été réservée pour la nuit au Gästehaus Almrausch dans le petit village autrichien de Nassereith, mais lorsque nous arrivons il y a une lettre scotchée sur la porte extérieure avec mon nom dessus. Quelques lignes en allemand nous apprennent qu’ils nous ont réservé une chambre au bed & breakfast Maria, juste à côté ! En fait ils ont préféré relouer notre chambre à des touristes restant plus qu’une seule nuit… Je trouve cela fort de café car déjà, quand on reste seulement une ou deux nuits chez eux, ils augmentent sérieusement le prix de la nuitée ! Et ils n’ont même pas la politesse de nous l’apprendre en face…

Quand on va sonner à côté, la dame nous explique, également en allemand, qu’elle affiche complet. On lui montre la lettre de l’autre gästehaus disant que c’est réservé pour nous chez elle… Elle est embêtée, apparemment elle avait pourtant expliqué à la 1ère logeuse que ce n’était pas possible ! Ou alors elle a également reloué à d’autres gens ? Dans tous les cas, on se retrouve sans logement, on n’a pas encore soupé et la nuit tombe. On n’a pas d’autres adresses sous la main, étant donné que c’était réservé (pour une fois qu’on est organisé !)…

La dame va donner un coup de fil et essaie gentiment de dépatouiller les choses pour nous… Un type arrive en grosse voiture et va droit au but : il a encore une chambre libre pour cette nuit, c’est 30 euros par personne, est-ce que ça nous intéresse oui ou non. C’est plus cher et il ne nous inspire ni confiance ni sympathie mais bon, c’est pas comme si on avait beaucoup d’autres choix.

On le suit en voiture jusqu’à l’autre bout du village, il tient un grand hôtel s’appelant Seeblick. Tout un car d’Allemands y est descendu. Nous mangeons par facilité au restaurant de l’hôtel, la cuisine est correcte et le prix aussi. On fait ensuite une courte promenade dans le village, il y a beaucoup de chats et un assez joli lac.

La chambre n’est pas terrible, surtout la salle de bain. Ca ne vaut pas le prix demandé. Une bonne rénovation serait nécessaire, même pour les couloirs ! Jusqu’à tard, on entendra à l’étage du dessous toutes les chaises et tables qui sont remises à leur place suite au souper du bus. Un bruit de machinerie (ventilation ?) nous empêchera de dormir jusque 4h du matin. Bref, la joie.

Le lendemain matin, nous petit-déjeunons en compagnie d’une horde de chamois d’Allemands. Les fenêtres de la salle donnent sur une énorme paroi rocheuse dominant le village. Nous y verrons plusieurs chamois.

Nous filons vers Imst pour achever la promenade du Jardin des Roses (Rosengarten) entamée un soir quelques années plus tôt…

Cette gorge perd indéniablement de son charme avec la surfréquentation due à un dimanche ensoleillé pendant les vacances scolaires. Il y a notamment des troupeaux entiers d’adolescents beuglant qu’on laisse passer. Difficile de prendre des photos vierges de monde… mais pas impossible.

Le chemin est souvent constitué de passerelles en bois, il y a des ponts, des tunnels, c’est très ludique.

Arrivés en haut, nous nous laissons séduire par un panneau “Blaue Grotte“… il s’agit en fait d’une petite mine de plomb argentifère. Elle aurait déjà été exploitée au temps des Romains, qui en auraient tiré la galène par exploitation au feu.

Une étroite galerie de 35m de long part de la salle d’entrée, mais il aurait fallu le maillot de bain pour la visiter ! Un petit ruisseau fait cascade pour rejoindre la gorge et entre en partie dans la mine.

Nous allons jusqu’à Arzl im Pitztal dans l’espoir de trouver un coin tranquille pour le pic-nic de midi, mais les routes sont toutes envahies de motards. C’est donc dans un bruit incessant et stressant que nous mangeons dare-dare avant de reprendre notre chemin.

A peine la frontière italienne passée, nous tombons sur un embouteillage de presque 10km. Cette portion d’autoroute, constituée quasi exclusivement de viaducs et de tunnels, est à péage… et c’est la station du péage qui provoque ces files.

Nous arrivons finalement à notre destination, au sud de Badia : un village nommé “La Villa” en italien, “La Illa” en ladin et “Stern” en allemand. On pose les bagages et on va se détendre le long de la rivière Gadera et ses prairies si vertes.

Ce soir-là il y a une fête au village et plein de gens sont en habits folkloriques. Il y a un ensemble musical local qui joue même bien, si si. Nous irons manger un peu à l’écart, par besoin de calme.


Imst est surnommée “la ville des fontaines” (il y en a 40).

C’est toujours utile quand on prépare un voyage, aussi je publie ici les principales lignes du budget de nos vacances dans les Dolomites. Nous avons principalement visité le Trentin-Haut-Adige (Alto Adige – Südtirol) et une petite partie de la Vénétie (province de Belluno). Read the rest of this entry »

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

Permettez-moi de vous présenter la première espèce de poules quadrillées !

J’ai trouvé ces deux jeunes poulettes hier, en pleine ville, sur le trottoir près d’une grand’route… résultat, AàG fut appelé à la rescousse et hop, dans le panier à chat !
Improvisation minute d’un enclos dans le jardin, on a fait avec ce qu’on avait…

Les chats étaient intéressés mais modérément, car on a déjà les trois grosses poules rousses d’un voisin qui viennent régulièrement faire le hold-up de notre compost.

Ces deux jeunettes étaient affamées et assoiffées, en plus d’être apeurées… je ne sais pas depuis combien de temps elles erraient ainsi. On suspecte depuis vendredi car il y a eu des déchargements d’animaux d’élevage pour une sorte de petite foire villageoise.

Quoi qu’il en soit, elles ont à présent rejoint quatre autres copines dans une famille d’accueil qui ne les mangera pas !

Edit> Je précise que la famille d’adoption en question, ce n’est pas nous ;-)

Je tartine avec application une célèbre pâte à tartiner aux noisettes sur une tranche de pain (oui Bobi, c’est terrible, j’ai replongé !)

AàG – Tu devrais travailler dans les routes, tu ferais ça très bien.
- C’est combien déjà l’épaisseur de couche pour une route ? 12 cm ?
AàG – Pour les autoroutes ça va jusque 25 cm.
- Oh tu imagines, les toupies de nut’ qu’il faudrait faire venir…

Je ne sais pas pour vous, mais moi ça me laisse rêveuse :mrgreen:

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