Eh oui, vous n’y croyiez plus, mais voilà enfin la dernière note sur mes vacances bretonnes !
Avec le tant attendu épisode du Val sans retour, dont j’ai bien failli ne pas revenir… Attention ça va pleurer dans les chaumières ;-p
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12 septembre 2007 - C’est en milieu d’après-midi, sous un ciel gris, que nous arrivons à Tréhorenteuc. L’office de tourisme est situé juste à côté de la chapelle du Graal, célèbre notamment pour la sentence inscrite au-dessus de son portail :
LA PORTE EST EN DEDANS
Sur l’un des murs (de l’OT) se trouve cette fresque :
Quant à l’église, ses vitraux évoquant la Table ronde ou le Graal ont été posés dans les années ‘40 par l’abbé Gillard, qui a restauré l’église et l’a truffée de symboles arthuriens. Ce mélange de chrétienté et de paganisme lui valut d’ailleurs quelques déboires…
Voici la mosaïque du Cerf blanc au collier d’or et, en-dessous, la façade de l’église de Concoret :
Munis du plan schématique des vestiges visitables, nous nous rendrons tout d’abord au Jardin des Moines, qui est en fait un site mégalithique. Selon la légende, des moines s’entêtaient dans une vie dissolue et honteuse, ce qui provoqua la colère de Saint Méen. Les moines furent changés en pierres autour de leur table de banquet… Il y a des pierres rouges (schistes) et des pierres blanches (quartzites).
La fonction exacte du lieu n’est pas connue, d’après les fouilles ce ne semble en tous cas être ni une habitation ni une tombe. Probablement un lieu rituel… pour quelles cérémonies ? Certains ont leur propre théorie !
La forêt de Paimpont est supposée être ce qu’il reste de l’antique forêt de Brocéliande. Elle est ponctuée de houx, marquant le passage de l’Enchanteur Merlin, et de petits ruisseaux.
Marchons à présent jusqu’à la fontaine de Barenton. Je pensais que “fontaine de Jouvence” en était une autre appellation, mais il semblerait que ce soit un lieu distinct. Son nom provient de Balenton, lui-même dérivé de Beleton. L’origine en serait le culte que vouaient les druides au dieu Bélénos, qui s’occupait - entre autres choses - des sources et des guérisons. Cette fontaine a d’ailleurs toujours gardé une aura “curative”.
Le chemin d’accès n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît de prime abord…
Lieu de rencontre entre Merlin et Viviane, la fontaine possède une margelle en pierre qui est appelée Perron de Merlin. Jeter l’eau de la source sur ce dernier déclencherait dans l’heure un orage (Bélénos est aussi dieu de la foudre) !
De la source s’échappent régulièrement des bulles, ce qui donne l’impression que l’eau bout alors qu’elle est froide.
Une poignée de touristes est sur les lieux, et certains ont amenés gourdes ou petites bouteilles pour emporter un peu d’eau miraculeuse…
Dernière visite de la journée, le chêne à Guillotin. Cet arbre creux mesure plus de 10 mètres de circonférence… L’abbé Guillotin y aurait trouvé refuge pour échapper à l’armée. Notre-Dame de Paimpont, transformée en araignée pour l’occasion, aurait tissé sa toile devant l’entrée du tronc pour le cacher.
Ce vénérable ancêtre dégage une impression sans pareille de majesté et de sérénité. Entouré d’herbe tendre, dans les tons chauds du soleil couchant, c’était une vision féérique.
Il se fait tard, rejoignons notre logement… il s’agit d’une ferme où nous dormirons assez mal pour cause de vache malade et de mur épais comme du papier.
13 septembre 2007 - C’est aujourd’hui que les choses sérieuses commencent ! Enfin, qu’elles auraient dû commencer… La matinée est dédiée au Val sans retour, car le temps risque de se gâter ensuite.
Les chevaliers qui s’aventuraient dans cette vallée encaissée en restaient prisonniers à tout jamais s’ils n’étaient pas fidèles, même en pensées, à leur bien-aimée. C’est là un sortilège de la fée Morgane auquel seul Lancelot échappa, grâce à son amour sans faille pour dame Guenièvre.
Comme pour la fontaine de Barenton, les lieux espiègles semblent s’amuser à perdre les visiteurs. Nous nous méfions pourtant, suite à des mésaventures entendues à l’office de tourisme, mais la carte sommaire n’est décidément pas suffisante. Nous ferons donc le parcours à l’envers, en commençant par les hauteurs du Val !
Depuis le Siège de Merlin, nous admirons le lac en contre-bas, il s’agit du Miroir aux Fées.
Le sol, en schiste rouge et mauve, cache parfois ses inégalités sous l’envahissement la végétation. Cela me fera trébucher et tomber sur… la main qui tenait le petit appareil photo numérique. Il s’est pris un sacré choc mais y a survécu ! (je donne sa référence à tout maladroit qui le souhaite
)
Les chemins se multiplient, créés par les pas des visiteurs, et les symboles des différents balisages deviennent confus. Nous choisirons un chemin qui descend de manière un peu abrupte, pour visiter le fond de la vallée.
Oui je sais, le flash à l’avant-plan c’était pas une super idée ^^’
Nous arrivons à hauteur du second lac et décidons de faire un détour pour essayer, avec succès, de trouver l’Hostié de Viviane - qu’on retrouve parfois écrit “hôtier” ou “ostié”, ou encore tout simplement “maison” de Viviane.
Certains l’appellent également le Tombeau des Druides. Il s’agit d’une sépulture originale qui, bien que largement pillée au cours des siècles, a encore offert pas mal de découvertes lors des fouilles archéologiques des années ‘80.
Lentement nous faisons marche arrière, profitant des lieux, de la forêt et de son sol élastique si particulier… Nous revenons à hauteur des étangs, que nous longeons en flânant. Il y a idéalement peu de touristes, tout est paisible.
Un petit pont de bois permet d’enjamber (ce que je suppose être) le ruisseau du Rauco. La couleur orange de la boue est due au minerai de fer, qui a d’ailleurs été exploité dans cette région par le passé.
Nous accélérons le rythme à cause d’un énorme troupeau d’ados en visite scolaire qui beuglent, rompant tout le charme des lieux. Nous tentons de garder suffisamment d’avance sur eux pour ne pas être trop emmerdés.
Et c’est là que l’irréparable se produisit. Une pierre ou une racine, crac-croc la cheville, je me retrouve par terre.
Incapable de poser le pied au sol, je reste assise où je suis, les larmes coulent toutes seules tellement j’ai mal. Le looong troupeau d’ado passe, indifférent. Ils nous voient bien en difficulté mais il n’y en a pas un qui proposerait son aide, ou même simplement l’usage de son téléphone.
Le chemin du retour fut un calvaire (très) long et (très) douloureux. Surtout les passages à gué. Il y a moins d’1 km pour rejoindre la voiture garée à l’office de tourisme, ça me prendra plus d’une heure. Heureusement que c’est arrivé sur la fin du parcours.
Parvenus à la fin du Miroir-aux-Fées, des bancs nous tendent les bras. Cinq minutes de repos pour mon pied. C’est également là que se trouve l’Arbre d’Or, marquant la limite du grand incendie qui ravagea le Val en 1990. Toute une symbolique y est liée.
Je n’ai pas été le voir de près vu les circonstances, mais AàG en a pris une photo. Les piquants devant ont été placés afin de décourager les crétins qui grattaient le châtaigner pour essayer de récupérer un peu d’or.
De retour à l’office de tourisme, les deux cars scolaires sont toujours là. Les ados et leurs profs occupent tous les bancs pour pique-niquer. Là encore, pas un qui laisserait une petite place pour une éclopée, j’ai été m’installer sur un muret en attendant qu’ils finissent et partent.
Grâce à la gentillesse de la dame de l’office de tourisme, on parvient à trouver un logement très proche, et de plain-pied. J’ai trop mal pour prendre la voiture (qui plus est c’est la cheville droite), c’est donc AàG qui réapprendra à conduire pour l’occasion…
Comme je suis immobilisée, AàG ira faire un petit tour dans les parages pour se désennuyer :
Le lendemain, à regret, il nous faudra bien faire un retour anticipé en Belgique. Adieu veaux, vaches, cochons ! Il nous restait plein de choses à voir dans la région mais ce sera pour une prochaine fois… si Morgane ne s’en mêle pas !!
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Pour ceux qui veulent s’enfoncer dans l’histoire et les légendes, nombreux sont les sites… en voici toujours deux, dont je me suis inspirée pour compléter mon compte-rendu :
- Un farfadet fan d’histoire
- Les portes de féerie
Le groupe agrochimique américain Monsanto a enregistré au 2ème trimestre de son exercice décalé 2007/08 un bénéfice net plus que doublé, dopé par ses semences génétiquement modifiées, et entrevoit une année « exceptionnelle », selon un communiqué.
Surprise : ce week-end, les Cloches de Pâques nous ont apporté autre chose que du chocolat… sûrement qu’elles étaient passées par le Québec avant de venir !
AàG a profité de notre lever matinal pour aller vite prendre quelques photos dans le jour qui se levait. Quant à moi j’étais sur le quai de la gare, à rester philosophe devant les retards annoncés.
La dernière photo est pour Delf, qui voulait voir les fleurs de notre jardin… même si je crois pas qu’elle les imaginait ainsi
Sur le site d’Energy Action Coalition (en), vous pouvez voter pour “l’imbécile de l’énergie fossile” de l’année 2008 ainsi que quelques autres titres évocateurs. Ces prix - accompagnés d’une petite manif, pour le plaisir - seront décernés aux heureux élus le 1er avril !
Concernant le fossil fool of the year, il s’agit d’honorer l’individu qui a contribué cette année de la manière la plus importante au développement et à la diffusion des pollutions liées aux énergies fossiles (traduction de mon cru, sorry pour les puristes ^^).
Le choix va être difficile…
C’est intéressant de voir les mots utilisés par le parti communiste chinois car je viens de finir un livre sur l’ère soviétique et c’est exactement la même propagande qui est utilisée, la même paranoïa du sabotage, le même éloignement pressant des étrangers, etc. Edifiant…
edit> Signez la pétition ! (merci pour le lien, Meerkat)
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Ces commémorations ont lieu tous les ans. En 1988, elles avaient été très violentes et s’étaient terminées par l’imposition de la loi martiale. En 1989, les autorités chinoises y avaient répondu par une répression féroce. Nous avons peu d’informations sur ce qui a provoqué l’escalade cette année. Ma sensation, c’est que les Tibétains se sont dit : si on ne s’exprime pas cette année en 2008, avant les Jeux olympiques, on ne va jamais être entendus. C’est une stratégie à double tranchant. D’un côté, c’est le moment béni pour se faire entendre, parce que la communauté internationale n’a jamais été aussi attentive à ce qui se passe en Chine. Mais d’un autre côté, c’est le moment où le gouvernement chinois est le plus nerveux et hésitera le moins à réprimer violemment pour que cela s’arrête le plus vite possible. Ces manifestations montrent l’ampleur du désespoir des Tibétains, qui savent que c’est maintenant ou jamais.
Nous sommes face à un dialogue de sourds. Depuis plus de 20 ans, le dalaï-lama répète qu’il ne demande pas l’indépendance, mais l’autonomie. Et à chaque fois, les autorités chinoises répondent : “Nous ne pouvons pas recevoir le dalaï-lama car il réclame l’indépendance.” C’est proprement surréaliste. Les Chinois font semblant de ne pas entendre ce que dit le dalaï-lama. Les relations “diplomatiques” ont repris en 2002, et il y a eu de nouveaux pourparlers, non pas avec le dalaï-lama, qui n’est toujours pas autorisé à rentrer en Chine, mais avec des membres de sa famille et avec des ministres du gouvernement en exil. Mais tant que le gouvernement chinois accusera les Tibétains de vouloir la sécession, les choses ne pourront pas bouger.
Les appels au calme de la communauté internationale n’ont, semble-t-il, pas eu d’effets sur les autorités chinoises. Alors que de nombreuses manifestations ont eu lieu la veille pour protester contre l’intervention chinoise au Tibet, le n°1 du Parti communiste local, Zhang Qingli, a affirmé que Pékin menait “une lutte à la mort (…), une lutte intense de sang et de feu [contre] la clique du dalaï-lama“.
Dans cette déclaration d’une rare violence, M. Zhang a également décrit le dalaï-lama comme un “loup enveloppé dans une bure de moine” et un “monstre à face humaine, mais au cœur d’animal“. Il a également appelé les responsable locaux à ne pas relâcher la pression.
Les autorités chinoises ont affirmé que 105 personnes impliquées dans les manifestations de vendredi à Lhassa s’étaient rendues mardi soir, a indiqué l’agence Chine Nouvelle.
Les émeutes dans la capitale du Tibet ont fait 13 morts, vendredi, selon un bilan officiel.
Les Tibétains en exil parlent de 100 morts, voire de centaines de victimes, non seulement au Tibet mais dans d’autres régions où les manifestations s’étaient propagées.
Les autorités avaient donné aux manifestants impliqués dans les violences de vendredi jusqu’à 23h00 mardi pour se rendre, promettant la clémence, a précisé l’agence officielle.
Mercredi, des groupes pro-tibétains ont fait état de centaines d’arrestations après les troubles de ces derniers jours au Tibet et dans les régions où vivent des minorités tibétaines.
“Il semble que plusieurs centaines de personnes au moins ont été arrêtées - peut-être des milliers” dans le grand Tibet qui, outre la région autonome du Tibet, recouvre des régions voisines, a dit à l’AFP Lhadon Tethong, directrice du mouvement des Etudiants pour un Tibet Libre.
Human Rights Watch demande aux autorités chinoises de publier les noms des personnes placées en détention et d’autoriser l’accès au Tibet à des observateurs internationaux.”Compte tenu des pratiques de torture des activistes politiques par les forces de sécurité chinoises, anciennes et décrites de façon détaillée, il y a tout lieu de redouter pour la sécurité des personnes récemment placées en détention“, a prédit son directeur pour l’Asie.
Samedi, les autorités chinoises avaient repris le contrôle de la capitale tibétaine, où les journalistes étrangers ne peuvent pas se rendre.
Pékin nie en bloc. Pékin nie avoir utilisé des armes à feu, Pékin nie les décomptes de plus de cent morts dans les rues de Lhassa. « Je sais qu’il y a de nombreuses rumeurs, a expliqué lundi Qiangba Puncoq, le président du très officiel gouvernement tibétain, nommé par le pouvoir chinois. Différents médias ont rapporté les chiffres de 35, 50, 70 ou même 80 morts après cet incident, mais je peux vous dire aujourd’hui que ce ne sont que des rapports sans base solide. (…) Nos officiers de police se sont retenus, ils n’ont pas utilisé d’arme mortelle, mais uniquement des gaz lacrymogènes et des canons à eau. Je peux vous dire, en tant qu’officiel responsable, que les fusils n’ont pas été utilisés. »
En Chine même, toutes les informations étrangères aux déclarations officielles ont été retirées des forums et des sites internet. L’accès aux portails internet d’informations et aux sites de téléchargement de vidéos était quasiment impossible, lundi. « Je ne sais pas du tout ce qui s’est passé, car nous n’avons accès à rien depuis quelques jours, » explique une jeune Chinoise de 25 ans désirant rester anonyme pour éviter toutes représailles. « Je sais juste que des Tibétains ont attaqué des magasins et blessé des Chinois. »
Des journalistes présents dans le Sichuan et le Gansu, deux provinces limitrophes, où vivent de nombreux Tibétains, ont raconté que les Chinois des villes voisines à celles où ont eu lieu les manifestations n’étaient pas au courant des troubles. « Ils déduisent seulement qu’il s’est passé quelque chose du fait de la forte présence militaire déployée depuis samedi dans la région. »
Selon l’ONG Campagne pour le Tibet libre, des parachutistes auraient même été envoyés dans la ville de Ngaya, dans la province du Sichuan, afin de rétablir l’ordre après le déroulement d’une manifestation où dix personnes auraient été tuées.
Pékin met donc tout en place pour empêcher que ne se répande la moindre information.
Et pour cause, les conséquences de l’intervention violente de la police militaire et de l’APL – Armée populaire de libération – s’annoncent lourdes.
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Sources :
Le Soir du 17.03.2008
Le Monde du 19.03.2008
Le Monde du 17.03.2008 (entretien avec Marie Holzmann)
La Libre du 19.03.2008
Enfin les médias semblent se réveiller et découvrir l’horreur de l’occupation chinoise au Tibet… voici un pot-pourri de la presse ces derniers jours :
La main du pouvoir est si ferme qu’elle a réussi, depuis une bonne dizaine d’années, à supprimer toute velléité de protestation. A la fin des années 1990, on entendait encore parler dans Lhassa d’incidents isolés, d’un moine téméraire qui, levant le poing sur l’une des places, osait crier “Vive le Tibet libre !“. Depuis, l’ordre régnait.
Que les manifestations des moines de Lhassa, qui rappellent dangereusement au pouvoir chinois le précédent birman de l’automne 2007, aient pu ou non avoir été plus ou moins planifiées ne change rien à l’affaire. Elles ont fourni le terreau où la colère rentrée d’une partie de la population, d’ordinaire pacifique, s’est aussitôt dirigée contre l’ennemi tout désigné : la population chinoise, qui forme sans nul doute aujourd’hui la majorité de la population de Lhassa.
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Les manifestations de Tibétains se sont propagées dimanche en Chine, avec au moins 7 personnes tuées par balles au Sichuan, tandis que le dalaï-lama dénonçait “le régime de la terreur” qui a fait 80 morts à Lhassa.
La capitale du Tibet, qui s’était embrasée vendredi, était toujours bouclée et quadrillée par d’impressionnantes forces de l’ordre dimanche. Les autorités chinoises ont exigé le départ de toutes les ONG étrangères du Tibet pour lundi midi.
Depuis son lieu d’exil, le dalaï-lama, a dénoncé l’attitude au Tibet des autorités chinoises. “Elles s’appuient uniquement sur la force de façon à obtenir un simulacre de paix, une paix amenée par la force au moyen d’un régime de la terreur, a-t-il dit. S’il vous plaît, enquêtez, si cela est possible. Qu’un organisme international tente d’abord d’enquêter sur la situation au Tibet “, a plaidé le prix Nobel de la paix 1989.
Des manifestations contre la répression au Tibet ont eu lieu à Bruxelles et à La Haye, où des manifestants ont tenté de prendre d’assaut l’ambassade de Chine. Un débat sur un boycott des J.O. aura lieu à la mi-avril au Conseil de l’Europe, dans le cadre de l’assemblée parlementaire de l’organisation.
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Une réunion de crise s’est tenue sous la houlette du secrétaire régional du Parti communiste, Zhang Qingli. “La réunion a souligné qu’il fallait (…) livrer une guerre populaire contre la division et pour protéger la stabilité“, , rapporte le Tibet Daily, un journal aux mains des autorités chinoises. “Les faits montrent clairement une orchestration minutieuse des forces séparatistes et réactionnaires de l’intérieur et de l’étranger“, dont “le but est l’indépendance“, indique le journal. “Il faut mettre en lumière la face hideuse du groupe du dalaï lama“, est-il encore écrit.
Les autorités ont déjà donné un ultimatum aux émeutiers, les exhortant à se rendre à la police avant lundi minuit pour bénéficier de leur clémence, sans quoi ils s’exposeraient à des sanctions sévères. Le gouvernement a mobilisé en outre des moines bouddhistes jouissant de la faveur du pouvoir pour dénoncer les manifestations. Selon l’agence Chine Nouvelle, les autorités chinoises auraient même reçu dimanche le concours du panchen lama, officiellement n°2 des dirigeants spirituels tibétains, nommé par les autorités de Pékin au détriment d’un jeune garçon choisi par le dalaï lama.
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Le Dalaï-lama a expliqué que l’attitude de responsables chinois, avec lesquels son entourage discute depuis 2002, s’était brutalement « durcie » en 2006 et en 2007.
« De notre côté, il n’y a pas de changement : nous sommes pleinement engagés dans notre approche de la ’voie moyenne’ », a-t-il assuré, c’est-à-dire la revendication d’une « large autonomie » culturelle de ce territoire himalayen, plutôt que l’indépendance.
Face aux manifestations violentes des Tibétains, conséquences d’un « fort ressentiment », le Dalaï-lama a reconnu qu’il n’avait « pas le pouvoir » d’y mettre un terme. « Je me sens impuissant », a-t-il admis. « C’est un mouvement du peuple. Je me considère comme le serviteur du peuple et je ne peux pas demander au peuple de faire ceci ou cela », a lancé le Dalaï-lama. « Mais tout le monde connaît mon principe, c’est la non-violence », a-t-il conclu.
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La question tibétaine entache brutalement l’image avantageuse que voulait présenter le régime chinois, auréolé de ses spectaculaires performances économiques et courtisé dans les enceintes internationales. Les Etats-Unis ne viennent-ils pas de retirer la Chine de leur liste des dix Etats bafouant le plus les droits de l’homme ?
Les événements de Lhassa vont doper tous les opposants à la tenue des JO, qui dénoncent depuis des mois l’effet de légitimation que recherche le PCC à travers ce grand rendez-vous sportif. Un premier accroc s’était déjà produit en début d’année sur le dossier du Darfour avec la décision du cinéaste américain Steven Spielberg de boycotter ces Jeux - où il devait officier comme consultant artistique - en raison du soutien chinois au régime soudanais. Avec le Tibet en état de siège, les choses deviennent autrement plus sérieuses.
L’exaspération des Tibétains doit être grande pour qu’ils prennent le risque de défier Pékin au coeur du sanctuaire de Lhassa, la ville la plus contrôlée de Chine. Là est le principal enseignement de cette poussée de fièvre : malgré une implacable répression, que le dalaï-lama qualifie d’”inimaginable“, malgré une politique de sinisation brutale qui pourrait un jour rendre les Tibétains minoritaires sur leur sol [NdDDC : c'est déjà quasiment le cas], des moines bravent la peur pour interpeller la communauté internationale. Ce courage mérite d’être salué.
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Sources :
Le Monde 15.03.2008 et son éditorial, 16.03.2008
La Libre 17.03.2008
Le Soir 16.03.2008
Je vous invite à aller lire et signer cette pétition. N’hésitez pas à la faire connaître autour de vous !
Le but est de parvenir à faire une étude objective sur les possibilités de financement d’une RTBF sans publicité commerciale… ce qui serait quand même la moindre des choses, non ?
D’après un article du Monde, par B. Philip, le 11.03.2008 :
Contrastant avec son approche habituellement plus conciliante à l’égard de la Chine, le dalaï-lama a dénoncé une “répression continuelle” par les forces de sécurité du régime et des “violations énormes et inimaginables des droits de l’homme“, le tout s’accompagnant “de la négation de la liberté religieuse et de la politisation des questions religieuses“.
Au même moment, environ 70 moines ont été arrêtés à Lhassa, après avoir pris part à deux petites marches commémorant le soulèvement de 1959. Selon la radio américaine Radio Free Asia, la plus importante procession a mobilisé quelque 300 religieux qui ont tenté de rejoindre le centre-ville à partir du monastère de Drepung, situé en périphérie de Lhassa. Les forces paramilitaires chinoises étaient déployées mardi dans la cité pour la seconde journée consécutive.
Le discours de Sa Sainteté Tenzing Gyatso, 72 ans, 14e dalaï-lama et Prix Nobel de la paix 1989, s’inscrit dans ce contexte crispé. Le chef tibétain semble désormais découragé après avoir inlassablement répété - au risque de s’attirer les critiques de jeunes Tibétains en exil pour lesquels sa politique trop “molle” n’a pas porté ses fruits - que “le Tibet fait partie de la Chine” et qu’il est prêt au dialogue avec Pékin : “Depuis la reprise de contacts directs en 2002 entre le gouvernement en exil tibétain et le gouvernement chinois, aucun changement positif ne s’est produit au Tibet, a-t-il regretté. Les autorités chinoises continuent d’agir de manière que l’on peut qualifier de comportement inhumain.“
Le dalaï-lama, qui n’a cessé de dénoncer le “génocide culturel” en cours sur le Toit du monde, a mis de nouveau l’accent sur le fait que “la langue, les coutumes, les traditions du Tibet sont en train de disparaître“, tandis que l’augmentation de la population d’ethnie chinoise han “a réduit les Tibétains à une insignifiante minorité dans leur propre pays“.
Edit> Une nouvelle manifestation de moines à Lhassa, 12.03.2008
La police chinoise a dispersé à coups de gaz lacrymogène une nouvelle manifestation de moines, dont certains ont réclamé l’indépendance du Tibet, pour le deuxième jour consécutif, à Lhassa, a affirmé Radio Free Asia (RFA). Jusqu’à 600 moines se sont rendus mardi de leur monastère jusqu’au siège de la police pour réclamer la libération de ceux qui avaient été arrêtés lundi lors d’une manifestation organisée à l’occasion du 49e anniversaire du départ forcé du dalaï lama, le chef spirituel des bouddhistes tibétains, selon la radio basée aux Etats-Unis. Certains des manifestants ont repris des slogans comme « Libérez notre peuple » ou « Nous voulons un Tibet indépendant ». Lors de leur arrivée devant le siège de la police, quelque « deux milliers » de policiers leurs ont lancé des gaz lacrymogènes, selon la radio, citant des témoins.
Reedit> Les infos sont parfois contradictoires mais c’est pas près de se calmer on dirait… cfr. ici ou là.




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