Nous ne sommes qu’au milieu de la matinée mais il fait déjà chaud. Seule dans l’ombre de cette église inconnue, j’attends. J’attends le cercueil qu’un solide corbillard de campagne va amener. Un couple dans la cinquantaine se dirige vers moi, me dit bonjour. Ils savent qui je suis, à ma grande perplexité.

La femme demande : "vous êtes l’amie de Valérie, c’est bien ça, non ?" Me voilà soudain projetée 13 années en arrière, mais je me reprends aussitôt, elle n’avait aucun lien de près ou de loin avec le décès qui m’amène ici, il doit s’agir d’une autre Valérie… peut-être la femme du parrain de ma filleule qui va bientôt arriver ? Je me raccroche à cette idée presque comme à une bouée et bafouille un misérable "quelle Valérie ?"

Il s’agissait bien de "ma" Valérie. Ils se souvenaient de moi car nous nous étions rencontrés lors de son enterrement. Je serais bien en peine de me rappeler les visages vus ce jour-là, je voyais un peu comme sur les dernières photos de Dr. CaSo, prises à travers les vitres ruisselantes d’un bus sous la pluie battante…

Ils sont de la famille de son fiancé. Ils me demandent si j’ai gardé contact avec les parents de Valérie. Non. Je les prie de transmettre mes pensées amicales à son fiancé. J’apprends que ce dernier n’a pas encore réussi à "refaire sa vie".

Le cercueil de la morte arrive, chassant les souvenirs qui m’assaillent, remplaçant une peine par une autre. Mon amie marche vers moi avec ses grands yeux ourlés de larmes et je reviens aussitôt les deux pieds dans le présent. Je suis ici pour la soutenir autant que pour rendre un dernier hommage à la morte.

Quelle étrange parenthèse, quelles étranges personnes que celles qu’on ne rencontre que lors d’enterrements…

L’interdiction de certains pesticides sur certaines cultures à certaines périodes de l’année pour une période limitée à 2 ans (càd inférieure à la rémanence desdits pesticides dans le sol !) se révèle un leurre complet qui pourrait déboucher, en grossissant à peine le trait, sur un hypocrite "ah vous voyez bien, les abeilles continuent à crever, c’était pas nous, aucune raison d’interdire nos produits !"

Signez et faites suivre svp !

edit> Une amie m’a fait suivre un lien qui tourne contre Pollinis. Voici ce que je lui ai répondu :

Je suis tout à fait consciente de cela, je ne donnerais pas 1 euro à Pollinis qui surfe sur la vague et dont les tarifs de "parrainage" sont effectivement du foutage de gueule, mais leur pétition est bien argumentée, circule un maximum et a un poids médiatique auquel les politiciens ne peuvent qu’être sensibles. Ce qui est le but. J’ai donc signé.

Je ne compte pas sur eux pour préserver les abeilles sur le terrain, pour cela j’agis par moi-même et avec d’autres apiculteurs locaux et associations de sauvegarde dont le travail est admirable et constant depuis des années. J’utilise juste Pollinis pour peser sur les décisions politiques via leur pétition, et je pense qu’il serait dommage de s’en priver (et d’en priver les abeilles) !

Voici une autre illustration de l’urgence : 35 ruches (soit environ 2 millions d’abeilles en cette période) décimées en 1/2h du fait de la pulvérisation d’un champ:(

Je connais bien cet endroit
Où l’on marche dans le froid
Où l’on se bat pour gagner sa pitance

Où le soir au creux du lit
On se dit : Quelle folie
D’avoir laissé les couleurs de l’enfance

(Bons baisers de Marseille)

Y a des jours comme ça où on n’a qu’une envie, c’est de jeter l’éponge – et regretter au passage qu’une éponge ne casse pas, car ça aurait fait du bien à nos nerfs
tourner les talons,
claquer la porte,
et monter dans un train au hasard – avec seulement l’espoir que nos soucis soient moins rapides que lui… et ne restent pas sur le quai à attendre notre retour.

C’est notre télé, à moi et aux chats : les oiseaux du jardin. Les mangeoires pendues aux pommiers du verger ne restent jamais seules très longtemps !

On n’est pas vraiment équipé pour prendre tout ce beau monde en photo mais on a essayé et voici ce que cela a donné :


Geai des chênes


Pic épeiche

Le geai est trop gros pour se pendre au filet, il se campe sur la branche au-dessus et ramène le filet jusqu’à lui, donnant des coups de bec jusqu’à réussir à faire des trous dedans.

Le pic épeiche parvient parfois à rester digne (càd vertical !), mais souvent il se retrouve "sur le dos", position de moindre effort et tellement confortable pour déjeuner :lol:

On a aussi régulièrement un pic vert et parfois un pic noir.


Bouvreuil pivoine mâle


Bouvreuil pivoine femelle

Les bouvreuils viennent souvent en couple, une fois qu’ils s’installent à la mangeoire il y en a pour un bon bout de temps. Enfin il faut dire qu’ils passent plus de temps à scruter les environs qu’à becqueter.

Je ne sais pas pourquoi ce bouvreuil-ci a une tache blanche sur la tête, ça donne l’impression qu’un autre lui a fienté dessus :mrgreen:

Tournesol, cacahuètes, boules de graisse… tout est bon pour ces froufroutants volatiles au vorace appétit.


Verdier


Mésange charbonnière

Le verdier est le squatteur par excellence, les autres ont beau essayer de faire de l’esbrouffe en venant voler tout près pour le chasser, il y est il y reste ! Au contraire de la sitelle torchepot qui fait un boucan incroyable et part ensuite immédiatement planquer sa graine dans le tronc.

Les charbonnières ne sont pas nos seules mésanges, on en a souvent des bleues et parfois des huppées, des nonnettes (ou boréales, je ne sais pas les distinguer), des à longues queue… celles-là je les adore, on les attend avec impatience à chaque migration. Ces rondelettes petites boules de plumes viennent entre copines, ne sont pas du tout farouches mais extrêmement bavardes. Elles rendent les chats dingues et j’ai l’impression qu’elles s’amusent beaucoup à faire tourner Roro en bourrique !

Regardez-moi ce goulaffe, je me demande jusqu’à combien de cacahuètes il peut s’enfourner dans le bec ?

Je regrette de ne pas avoir vu le rouge-gorge pendant cette séance photo, j’avoue avoir un petit faible pour cet effronté batailleur :)

Heureusement que nos chats sont bien nourris et pas très doués pour la chasse :mrgreen:

Je connaissais déjà un peu Massilia Sound System (écoutez par exemple Tout le monde ment ou Elles ont des pilotis…) et puis à l’occasion d’un voyage dans le sud, AàG m’a fait découvrir Moussu T e lei Jovents :)

Quelle étrange sensation ! Non sans une certaine appréhension, je vois arriver la fin de ma dernière plaquette de pilules… non non pas de bébé en vue, juste un changement de choix contraceptif ! Enfin quand je dis "juste"… c’est quand même toute une histoire.

La pilule, liberté ou esclavage ? Le moins qu’on puisse dire est que ma gynéco ne promeut pas les méthodes alternatives, et notamment le D.I.U. (dispositif intra-utérin, ou "stérilet"). Pour une nullipare, vous n’y pensez pas voyons ! Les vieilles idées préconçues ont la peau dure. Cependant la "date limite" des 35 ans approche doucement, je suis loin du poids idéal, ma mère a des problèmes circulatoires, ma grand-mère a récemment eu une double embolie pulmonaire, bref ces raisons et d’autres (comme la préoccupante pollution des eaux par les hormones rejetées via nos urines) m’ont depuis longtemps questionnée sur l’usage de cette fameuse pilule contraceptive que je prends depuis… presque la moitié de ma vie :shock:

Saviez-vous que la pilule a été officiellement reconnue cancérigène depuis 2005 ? Elle augmente entre autres le risque de cancer du sein.

Bref j’ai décidé de passer au DIU au cuivre, qui est très bon marché et normalement tout aussi efficace. Avec cela je devrais être tranquille pour plusieurs années sans même devoir y penser. Enfin du moins si mon corps daigne le tolérer et ne l’expulse pas.

Mes dernières vraies règles – et non cette perte de sang artificielle provoquée par la pause de 7 jours dans la prise – datent de mon adolescence. Les souvenirs que j’en ai sont loin d’être agréables : cycles irréguliers donc imprévisibles, pertes abondantes genre Niagara, ventre (et seins) douloureux, sautes d’humeur et moral dans les chaussettes, boutons d’acné… la pilule a eu au moins le mérite de régler les trois premiers points et d’adoucir les deux derniers.
Mais peut-on mettre dans la balance confort d’un côté et santé/environnement de l’autre ? Ma gynéco n’hésite pas à le faire, moi ça me fait penser à une histoire de pommes et de poires… mais qui sait, je changerai peut-être d’avis !

L’habitude étant bien ancrée, je crois que le soir j’aurai encore pendant longtemps l’impression d’avoir comme oublié quelque chose…

Croisez les doigts pour que mon "sevrage hormonal" se passe bien ! Et si vous avez des astuces pour limiter les douleurs et les déprimes cycliques, je suis preneuse…

Un avant-goût du printemps nous venant du sud de la France… atchoum ! (ça ce sont les pollens de cyprès :mrgreen: )

Racket général sur les comptes bancaires
Chypre: Un plan de sauvetage économiquement stupide et totalement inique

A qui le tour ?

Je suis au regret de vous annoncer que ces p%ù*$@& de lobbies de merde qui tirent les ficelles de l’UE ont gagné la première manche :evil:

Une coalition d’intérêts divergents au sein de l’Union européenne a empêché la constitution d’une majorité pour interdire pendant deux ans plusieurs pesticides mortels pour les abeilles, a-t-on appris de sources européennes. La Commission européenne a expliqué que le vote organisé au sein d’un comité d’experts "n’a pas permis de dégager une majorité qualifiée en faveur ou contre sa proposition".

(source : Le Figaro du 15/03/2013)

En gros, on peut remercier 13 états (dont la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne) qui ont voté pour l’interdiction – enfin interdiction c’est un grand mot, il ne s’agissait en réalité que d’une suspension pendant deux petites années de l’utilisation de trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) pour certaines cultures (maïs, colza, tournesol et coton).

Alors merci d’avance aux habitants des pays suivants d’augmenter la pression sur leurs gouvernements respectifs qui ont voté contre le texte en dépit de tout bon sens : Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Irlande, Grèce, Lituanie, Autriche, Portugal et Hongrie.

Et pareil pour ceux qui se sont abstenus alors qu’ils auraient pu faire pencher la balance, notamment Allemagne (patrie de Bayer, est-ce un hasard) et UK qui disposent de beaucoup de voix !
Les multinationales pourraient au moins avoir la décence de savourer leur victoire financière en silence, mais non : Syngenta a publié un communiqué en se disant "heureux que les Etats membres de l’UE aient rejeté la proposition de la Commission européenne"…

Ne quittez pas, je vais me pendre vomir puis je reviens !

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