Monastère de Varlaam et monastère d’Agios Stefanos

Comme chaque matin, c’est un coup de klaxon qui nous réveille vers 6h30. C’est le grand-père venant livrer le pain et les tomates pour le petit-déjeuner, qui se sent obligé de réveiller ainsi toutes les chambrées… allez comprendre pourquoi !

Enfin ne nous plaignons pas, nous avons eu une plage de tranquillité (22h30 – 6h30) assez exceptionnelle pour la Grèce.

Confiants dans notre stratégie d’arriver pile à l’heure d’ouverture, nous prenons la route pour Varlaam… pour nous rendre compte que le parking est déjà plein de bus !

Nous partons sur-le-champ au couvent St-Étienne (Agios Stefanos), mais c’est encore pire (il faut dire que c’est le plus facilement accessible). Nous retournons au Grand Météore pour chercher un sentier mentionné sur la carte, histoire de se promener un peu… seulement il ne semble pas exister. Décidément c’est la loose ce matin :roll:

C’est notre dernier jour dans les Météores, nous nous résignons donc à affronter la foule et retournons au monastère de Varlaam. Il doit son nom à l’ermite qui décida de vivre sur ce piton et d’y bâtir une petite chapelle au milieu du 14e siècle.

La passerelle d’accès est assez sympa :) (sauf pour deux d’entre vous, je sais !)


Vue sur Roussanou

Voici comme d’habitude la tour qui permettait de monter et descendre les gens et le matériel dans un grand filet de cordes.

Par chance l’église est vide ! On retrouve à nouveau beaucoup de scènes de tortures dans les fresques.

Les photos étant interdites dans le catholikon, je ne peux que vous donner ce lien (en bas de page) ou celui-ci.

En fait, malgré les quatre cars, il y a assez peu de monde… soit ils roulent à moitié vide, soit les lieux sont suffisamment vastes pour ne pas qu’on se marche sur les pieds (il faut préciser que Varlaam est le second plus grand monastère, derrière le Grand Météore).

Après le décès de l’ermite, le site resta à l’abandon durant près de deux siècles.

Ce n’est que vers 1517 que deux moines vivant au Grand Météore s’attelèrent à la restauration de la chapelle et à des travaux de construction pour agrandir l’ermitage. Ils sont considérés comme les frères fondateurs.

Le monastère s’agrandira ensuite rapidement grâce aux dons des fidèles et à l’arrivée de nouveaux moines.

Il sera restauré en 1780.

Voici le fameux tonneau géant dont je vous avais parlé, il n’est pas aisé de le photographier car le lieu n’est ni grand ni lumineux.

Dans la même pièce se trouve ce mobilier précieux incrusté de nacre.

Ce campanile est la signature propre au monastère de Varlaam, on le reconnaît de loin.

Le panorama depuis la terrasse n’est pas moche, c’est le moins qu’on puisse dire… Ça ne me déplairait pas d’en avoir un pareil sous les yeux tous les matins !

Nous avons une jolie vue sur le Grand Météore, qui ne désemplit pas :

En haut de la tour, ils ont conservé le treuil et le filet d’époque. Alors, ça vous tente ?

Imaginons un instant…

La nacelle métallique “moderne” ne donnera pas forcément plus confiance à certains ! :mrgreen:

Ce n’est qu’en 1922 qu’un escalier fut taillé dans le roc.

L’accès actuel est franchement aseptisé mais il lui reste encore un petit quelque chose, malgré tout.

Au revoir Varlaam…

Nous repartons vers Agios Stephanos mais devant les 9 autocars encombrants le parking, nous rendons les armes.

Allons plutôt en ville à Kalapaka faire quelques courses et visiter des églises orthodoxes “normales” !

La plupart sont malheureusement fermées mais, pour celle-ci, nous avons la chance de voir justement arriver le prêtre ! Nous lui demandons si nous pouvons entrer et prendre des photos. Réponse affirmative :)

Fresques murales :

Le dôme peint est particulièrement somptueux.

Nous voulions visiter une église possédant un grand campanile, de loin nous l’avions bien repérée mais dans le dédale des rues nous ne l’avons pas retrouvée. Dommage, nous avons apparemment raté ceci !

Une petite église ancienne, toujours à Kalambaka. Je crois qu’elle datait du 11e ou 12e siècle, à moins que nous n’ayons confondu avec l’autre, ce qui semble arriver souvent :lol:

Des restes de fresques anciennes sont encore visibles sur certains murs.

Le style semblait moins mono-maniaque à l’époque.

En route pour le chat des bois ! Nous avons repéré un chouette endroit de pique-nique – bon ok il est le long de la route, mais il est sous les arbres : à l’OMBRE (les places sont chères) ! Et il y a donc un chat. J’avais exprès acheté des saucisses, ça nous donnera droit à un concert et des ronronnements, à défaut de caresses.

On rencontre un gars venant de Riga qui se balade à pied avec la bite et le couteau smartphone, on lui file une bouteille d’eau car avec la chaleur et le soleil qu’il y a, c’est un coup à faire un malaise. On le remonte en voiture jusqu’à Roussanou, où une colonie de chats achève le reste de saucisses.

On s’éloigne de Kalambaka jusqu’à la grande rivière mais elle est complètement à sec, il y a même des engins de chantier en train de prendre du gravier ou je ne sais quoi. Vu que la zone est glauque et en plein soleil, on ne s’attarde pas.


La rivière est au fond… si si !

On remonte à Agios Stefanos même si l’heure de réouverture n’est pas encore atteinte. On glande, on s’ennuie un peu, mais on est assis à l’ombre et on peut mener une étude sociologique :mrgreen:

Voici les ruines de monastère qui nous avaient échappées au premier regard :

Quand les portes du couvent s’ouvrent enfin (commandées à distance, miracle de la technologie monastique), nous nous y engouffrons ! Les premiers bâtiments furent construits par l’ermite Jérémie à la fin du 12e siècle. Un empereur byzantin leur fit dotation en terrains et en argent lors de sa visite au 14e siècle et le monastère obtint son indépendance en 1545.

Le monastère, presque déserté, fut transformé en couvent au début des années 1960 et prospère depuis lors (je ne sais pas s’il faut y voir un lien de cause à effet :P ). Autant les nonnes de Roussanou n’avaient rien trouvé à redire à mon t-shirt sans manches, autant ici je dois porter un grand châle sur les épaules en plus de la jupe portefeuille. Vu la chaleur, je manque défaillir !

L’église se remplit très rapidement, nous préférons abandonner les lieux après un premier aperçu… et y retourner 1/4h plus tard quand elle est à nouveau déserte.

Vous pouvez en avoir un aperçu ici ou .

Ils ont également une seconde église plus récente, ça fait bizarre car c’est beaucoup plus grand, plus lumineux, et les peintures ont l’air neuves.

Je me demande pourquoi seuls les couvents ont un petit jardin central ?

J’imagine que c’est Saint Michel :

On retrouve l’aigle bicéphale, emblème de l’église orthodoxe.

A priori les deux oiseaux en train de béqueter une tête symbolisent la tentation, les écarts par rapport à la foi.

Comment ça, on dirait que j’étais en manque et que je me suis jetée sur la moindre verdure ? Paaaas du tout !

Au revoir Agios Stephanos…

Voici la chapelle Saint Georges, ancien ermitage où demeure la tradition de mettre une pièce de tissu à Pâques pour s’attirer la protection du saint.


Couvent de Roussanou

On retourne rapidement à Roussanou pour chercher des petits sachets d’herbe que les nonnes font sécher (tilleul, menthe, etc.) et nous partons nous promener du côté de Doupiani… mais là non plus nous ne trouverons pas le sentier indiqué sur la carte. C’est n’importe nawak !

La plupart des cloches sont situées hors église, en portique ouvert.

On a une belle vue sur le village de Kastraki :

On voit bien ici le fameux rocher en forme de pic, aiguille semblant en équilibre, au pied duquel nous étions monté la veille.

Ça faisait longtemps que vous n’aviez pas eu droit aux plantes séchées non ? :mrgreen:

La lumière baisse, nous allons manger à la taverne Bouffidis, tenue par la même famille que notre logement. Nous avions un peu peur que ce ne soit un tourist-trap car c’est le premier resto sur la route des Météores, avec le grill bien mis en avant, le grand-père qui tourne les broches en essayant de rabattre les touristes qui passent… bref de quoi nous rendre un peu méfiants de prime abord ! Mais j’ai choisi des tomates et poivrons farcie au riz et c’était délicieux :)

Par contre ils ne font que réchauffer des plats, manifestement ils ne cuisinent rien sur place (sauf cuire au barbecue bien sûr) : AàG aurait voulu du riz avec ses souvlaki, impossible ! Il n’y a que des frites micro-ondées. Coutume locale, boh on a pris l’habitude maintenant…

C’est la gentille grand-mère qui nous sert, on est comme des coqs en pâte. Elle apporte à AàG, dont le bedon va bientôt exploser, une saucisse en plus de son plat, nous donne une grappe de raisins en dessert…

En fait elle culpabilise car elle vient de nous annoncer qu’elle nous avait cherché de vue toute la journée : ils se sont trompés en nous attribuant notre chambre actuelle, ils avaient oublié de prendre en compte la venue d’un groupe ce soir… et nous devons donc changer de chambre en urgence, même si c’est notre dernière nuit.

Le fait de changer de chambre nous dérange beaucoup moins que de savoir qu’un grand groupe de jeunes arrive ! (ouaip on est racistes anti-jeunes, d’abord :P )

On se retrouve logé… à la “cave” ! Malheureusement ça ne fait pas plus silencieux car nous sommes juste entre l’entrée secondaire de la villa (le terrain est en pente) et la cuisine servant de pièce commune. On voit défiler les troupes et ça nous fait craindre le pire.

Je vais régler la note dès ce soir car, ce matin au petit-déjeuner, on a vu un couple qui souhaitait partir tôt et la grand-mère a dû aller tirer sa petite-fille du lit pour faire la facture, donc on s’est dit qu’on allait lui éviter la répétition de ce scénario peu agréable.

Je ne comptait pas demander de compensation par rapport au changement de chambre car j’avais trouvé leur attitude correcte, mais finalement on a quand même eu droit à 10€ de réduction… tout simplement car elle n’avait pas de monnaie à nous rendre ! Ça tient parfois à peu de choses :)

Finalement le bordel ne durera que de 23h30 à 1h du matin, c’est encore raisonnable par rapport à nos craintes. J’ai juste dû aller demander un peu moins de bruit (en chemise de nuit, c’est toujours génial) mais ils ont été très corrects, je pense qu’ils ne s’étaient pas rendus compte qu’il y avait du monde dans cette chambre (forcément, on fait pas de bruit, nous :P ).

Il y a un an, des pluies d’oiseaux morts défrayaient la chronique en divers points du globe. Cela avait également touché des populations de poissons.

Sur le site de l’Institut Royal Météorologique se trouve un article intéressant lié à l’observation radar d’envols massifs d’oiseaux lors des feux d’artifices :

Le résultat est étonnant. Jusqu’à minuit règne un grand calme sur les images radar, à l’exception du bruit de fond habituel et de quelques échos marquants provenant notamment d’éoliennes. A minuit précise c’est l’explosion et les oiseaux s’envolent massivement dans l’atmosphère. Selon notre analyse détaillée, des vols d’oiseaux sont observés jusqu’à 500 m d’altitude. Le calme revient assez rapidement et après une grosse demi-heure la plupart des oiseaux sont de retour au sol.


(une version animée est disponible sur leur site, c’est plus parlant)

Manifestement, les bruits de pétards ne font pas fuir que les mauvais esprits ! Ceux qui ont des animaux domestiques connaissent déjà la peur (parfois panique) que ces feux d’artifice peuvent générer.

Une étude similaire réalisée aux Pays-Bas conclut que :

Using an operational weather radar, we quantified the reaction of birds to fireworks in 3 consecutive years. Thousands of birds took flight shortly after midnight, with high aerial movements lasting at least 45 min and peak densities measured at 500 m altitude. The highest densities were observed over grasslands and wetlands, including nature conservation sites, where thousands of waterfowl rest and feed. The Netherlands is the most important winter staging area for several species of waterfowl in Europe. We estimate that hundreds of thousands of birds in the Netherlands take flight due to fireworks. The spatial and temporal extent of disturbance is substantial, and potential consequences are discussed.

Vous pouvez observer cela en images sur leur site web (cinq dates de Nouvel An sont disponibles).

Je me demande s’ils vont également analyser les images radar pour le nouvel an chinois (ce week-end !) et pour la fête nationale…

Monastère Agios Nikolaos Anapafsas, atelier de fabrication d’icônes et monastères non visitables

En quittant Aghia Triada, nous allons zieuter Agios Stefanos mais le parking est tellement rempli d’autocars que nous nous enfuyons vite fait.

Sur la route du retour, nous nous arrêterons au monastère Agios Nikolaos Anapavsas (Saint-Nicolas). Il est sur un pic étroit et s’est donc développé en hauteur (étages) plutôt qu’en surface. Abandonné fin 19e, il tomba en ruines et subit les bombardements durant la seconde guerre mondiale. Il fut restauré dans les années 1960.

Sur le chemin, en bas du monastère, se trouve une petite chapelle troglodytique.

Ci-dessous vous avez le choix entre l’échelle et la nacelle ;-)

L’accueil à l’entrée n’est pas très sympa et la minuscule église est pleine comme un œuf, encombrée du même groupe de Français qu’à Roussanou. On se demande comment ils font pour tenir tous dans cette pièce sans qu’eux-mêmes ou leurs sacs ne frottent les murs entièrement remplis de fresques :s (voir ici ou )

On doit attendre leur départ car impossible de voir quoi que ce soit sinon. En attendant, on profite des explications données par leur guide. Certains sont intrigués par une représentation de l’enfer (flammes) dans laquelle se trouve notamment le plus haut dignitaire religieux ! Il leur est répondu que c’est pour symboliser le fait que l’habit ne fait pas le moine et que tout le monde est jugé sur un pied d’égalité, peu importe la position sociale occupée dans la vie terrestre.

Nous allons ensuite faire un peu de cuisine pour un chien maigre traînant du côté de la Sainte Trinité : je verse de l’eau sur des bouts de pain, il se jette dessus…

C’est notre tour de manger, nous nous installons sous les arbres pour pique-niquer. 30°C à l’ombre, on souffle un (petit) peu.

Nous tentons de faire une promenade mais la chaleur est tellement étouffante… c’est bien simple, même la tortue terrestre que nous croisons avance plus rapidement que nous ! :mrgreen:

Nous verrons l’extérieur de deux petites églises au passage (dont la Panagia mentionnée sur la carte ??), quelques tombes et un petit portique avec une cloche.

Nous montons jusqu’au rocher vertical qui semble tenir en équilibre au-dessus du village de Kastraki (Καστρακί). Il est beaucoup moins impressionnant vu ainsi !

Nous redescendons au village vers la Chapelle St Georges, une grotte dans la falaise qui abrite plein de pièces de tissu colorées. C’est juste à côté que se trouve notre logement.

Nous reprenons la voiture jusqu’à un atelier de fabrication d’icônes orthodoxes se trouvant à Kalampaka (Καλαμπάκα). C’était une grossière erreur, on tombe dans l’industrie touristique telle qu’on l’exècre. On n’a même pas franchi la porte qu’on a déjà un Mehmet sur le dos, à nous proposer un loukoum et un ouzo avec un grand sourire ! Nous déclinons poliment.

Une dame nous récite, au pas de charge et dans un anglais impeccable, les étapes de fabrication, du croquis jusqu’à la dorure à la feuille d’or. On passe devant une employée en train de dessiner, voilà tout pour “l’atelier de fabrication”, qui est surtout une gigantesque boutique vendant bien sûr des icônes mais également un univers complet d’objets rivalisant à qui sera le plus kitch et le plus inutile :shock:

Lorsque la vendeuse comprend que notre budget souvenirs ne nous dirige pas vers le rayon des icônes à 3 chiffres, elle ne prend même plus la peine d’arborer son sourire artificiel et nous plante là. Cependant, où qu’on aille dans cette ‘grande surface’, elle reste dans les mêmes parages que nous, histoire de nous garder à l’œil.

Alors que nous sommes en train de choisir une icône dans un coin, elle revient à la charge… pour nous engueuler dire que celles-là sont des icônes de type russe, qu’on doit aller dans l’autre rayon pour les icônes de type grec ! Ok ok, on s’énerve pas, on va t’en prendre une grecque s’il n’y a que ça pour te faire plaisir…

Dans l’un des monastères il y a des icônes faites par les moines et même si elles sont de facture plus maladroite, j’ai regretté de ne pas en avoir prise une là ! Dans les autres monastères, elles viennent manifestement d’ici (ou similaire).

Ce magasin et son voisin font partie du circuit touristique des autocars, je ne peux m’empêcher de me demander quel pourcentage se fait le guide sur les achats de son groupe. Soudain une foule débarque et nous finalisons rapidement notre modique et unique achat avant de nous esquiver.


°o°

Nous n’avons pas le courage d’aller dans un restaurant, on a besoin de se retrouver seuls sans pression touristique. On va faire quelque courses dans l’enfer de circulation qu’est le centre de Kalabaka et on se prend une petite route de campagne précédemment repérée.

Je me rends compte que mes mollets sont remplis de grosses cloques pleines de liquide… ils sont complètement brûlés malgré qu’ils aient été couverts par le pantalon la majorité du temps !

On s’arrête presque immédiatement en nous apercevant de la présence d’orifices murés sur une plateforme accessible facilement à pied (une fois n’est pas coutume !).

Certaines cavités sont ouvertes, d’autres fermées par une porte. Il semble que cela serve de bergerie.

Détail sur un mur :

La vue sur Kastraki depuis notre abri sous roche, ma version et celle d’AàG (les rendus de nos appareils sont assez différents comme vous pouvez le remarquer) :

Du fait de l’odeur et des mouches, ça n’en fait pas un endroit idéal pour pique-niquer et nous allons un peu plus loin :mrgreen:

Je vous mets les photos en double car la lumière, lorsque le soleil a commencé à baisser sur l’horizon, donne des couleurs de roche beaucoup plus rose, contrairement à la lumière plus “crue” lors de notre arrivée sur place :

Vous aussi il y a des choses qui vous intriguent sur cette falaise ? Non je ne parle pas des vignobles ;-)

Bon moi j’arrive à rien avec mon petit APN, sauf que je vois un bâtiment suspect à côté, derrière les branches de l’arbre…

AàG, c’est une mission pour ton zoom !

Mais oui ce sont bien des constructions en bois, à moitié dans des grottes et à moitié en surplomb sur le vide de la falaise !

On distingue des planchers ou des plateformes, des restes de parois ou de murs, des échelles articulées qui me font froid dans le dos rien qu’à imaginer leur état… et à côté cela semble bien être un monastère à moitié troglodyte :)

On emprunte un chemin qui s’enfonce dans cette direction, on ne sait pas trop si c’est une voie privée ou non, mais l’envie d’éclaircir ce mystère passe avant ce genre de détail !

Entretemps le soleil a fini de se coucher et l’ombre rend la pierre soudain grise et terne.

Eh mais ! Ça n’en serait pas un autre, là-bas dans la paroi ??

On ressort le zoom et… bingo :D

Les deux semblent avoir été tout juste rénovés, ils ont l’air en parfait état d’entretien.

L’excitation retombe quelque peu quand, au bout du chemin, nous tombons sur une grille et un panneau bilingue grec/anglais annonçant, ainsi que nous nous y attendions, que l’accès est interdit :

Monastery Aghia Trias
Asketirion
of St. Nikolas
Entrance is prohibited

Ça me donne envie d’explorer toutes ces cavités et j’adore la petite porte donnant sur le vide avec l’échelle volante qui s’arrête en pleine falaise :)

Nous sommes à présent bien placés pour voir de face la façade de l’autre monastère troglo.

Cosy, non ? Il ne manque que les fleurs au balcon !

On ne comprend pas trop quel est leur chemin d’accès. Serait-ce le monastère qui est appelé “Bantowas” sur la carte ? Par contre cette même carte ne mentionne curieusement rien sur la falaise d’en face…

Nous allons ensuite *sous* les constructions en bois, les pilotis sont impressionnants. Rien ne semble accessible mais vu que la lumière baisse, nous ne farfouillons pas beaucoup. Nous trouvons juste une petite “maison à icône”.

Cet endroit est tellement intrigant, avec ses anciens ermitages et ses monastères fermés… nous sommes frustrés de ne pas pouvoir percer la clé du mystère mais néanmoins bien contents de leur découverte fortuite :)

Les moines orthodoxes ont donc encore quelques endroits où trouver la paix dans les Météores !

Monastère de la Transfiguration (Grand Météore) et monastère Agias Triadas (Sainte Trinité)

Vous n’imaginez pas comment ça a été l’enfer pour trier les photos de ce jour… du coup j’ai scindé la journée en deux notes.

Je pense à mes poignets votre digestion ;-)

La nuit a été d’une chaleur étouffante mais assez calme. Le petit déjeuner est servi par la grand-mère, trèèès affable et trèèès prévenante. C’est copieusement servi et on a même droit à du cake maison, miam !

Nous nous rendons au monastère du Grand Météore (Μεγάλο Μετέωρο) ou ‘Metamorphosis Sotiros’ (Transfiguration du Sauveur) à l’heure d’ouverture (9h). Il n’y a presque personne. Le pied !

Voici le treuil muni d’un filet par lequel montaient les provisions et les hommes qui ne voulaient (ou ne pouvaient) pas emprunter les échelles volantes.

De nos jours une nacelle relie à l’horizontale la route se trouvant sur le pic voisin. Si vous agrandissez la photo, vous verrez qu’il y a un homme dans la benne au-dessus du vide…

Nous emprunterons un chemin plus classique… qui ne fut créé qu’à partir de 1923 !

Nous avons pu photographier cette fresque qui était en dehors du catholicon (Καθολικό).

Parmi les attributs que chacun porte, voici la musique et les mathématiques :-)

Saint Athanase le Météorite, disciple du mont Athos, aurait fondé ce monastère au 14e siècle sur ce pic rocheux atteignant 613m d’altitude (en gros, +400 par rapport au village dans la plaine).

L’intérieur du narthex représente principalement des scènes de martyr : c’est à qui se fait empaler, brûler vif, décapiter, écorcher, cribler de flèches et autres joyeusetés ! :shock:

Malgré la discrète vigilance des moines pour éviter les flasheurs fous, vous trouverez quelques photos illustrant l’intérieur de l’église sur le web, par exemple ici ou .

L’emblème de l’église orthodoxe est l’aigle à deux têtes. Nous le retrouverons également gravé dans les dalles de la terrasse :

C’est le plus grand monastère et plusieurs zones ont été aménagées en musée.

De même que l’ancien réfectoire, la cuisine traditionnelle (16e siècle) est encore visible. Entièrement équipée ! :D

Je dois souligner l’amabilité et la grande gentillesse de toutes les personnes du monastère que nous croiserons (je le précise car ce ne sera pas le cas partout !)

Il n’y a pas que les cloches qui servent à appeler pour les offices, il y a également le semantron (σήμαντρον) que nous avons découvert le jour précédent et qui peut prendre diverses formes, ici celle de planches en bois, sculptée ou brute :

Nous retraversons la terrasse pour aller ensuite voir la citerne à eau, le treuil et tous les recoins accessibles.

C’est le seul monastère où nous verrons un ossuaire des moines. Une petite lucarne permet juste d’y jeter un coup d’œil.

Un beau point de vue sur Kastraki (Καστρακί) :

L’église vue de l’extérieur, avec ses agréables courbes et sa pierre de couleur tendrement rosée.

Nous allons visiter le cellier, qui regorge d’outils liés à l’agriculture et à la transformation des matières premières.

Des touries, des jattes, des pressoirs, des tonneaux – dont l’un, se trouvant dans une cave voisine, est proprement gigantesque ! (edit> sorry je m’embrouille, celui-là c’est à Varlaam le lendemain)

Dans une autre ‘cave’ sont présentés des manuscrits extrêmement anciens (c’est vraiment émouvant à voir) et quelques trésors sauvés du pillage des autres monastères (ils ont énormément souffert de la seconde guerre mondiale). Pas de photos là non plus.

L’infirmerie abrite un autre musée qui expose des photographies anciennes, des costumes folkloriques et des éléments d’histoire (notamment militaire). Nous avions un très bon guide =^o^=


Chrisme

Il y a à présent pas mal de touristes mais les lieux sont tellement vastes que cela ne se ressent pas trop.

Si la lumière avait été bonne, la vue sur Varlaam aurait été bien plus jolie :

Nous redescendons les marches, sur le chemin se trouve un renfoncement dans le rocher, abritant ceci :

AàG pense que le monsieur, il a mangé trop de souvlaki :lol:

Au revoir Megalo Meteoro !


Grand Météore

Nous reprenons la route, non sans prendre quelques vues en chemin… vous noterez les défilés de bus dans le fond ! On n’en revenait pas du rythme auquel les cars défilaient (je n’ose pas imaginer comment c’est en plein été).


Varlaam


Roussanou

Nous allons ensuite visiter ce qui nous a semblé être le plus petit des six monastères, à moins que ce ne soit le contraste avec le Grand Météore !

Il s’agit d’Agia Trias, le monastère de la Trinité (15e siècle). Ce serait le plus ancien.

Si vous cliquez sur la photo, vous verrez qu’une partie du toit est actuellement en réfection.

Ici également, la chance nous accompagne : le parking est presque vide, nous allons être tranquilles !

Sur les photos ci-dessus, on voit bien le chemin d’accès surcreusé dans la roche. C’est assez discret au niveau de la vue globale :


Treuil pour la nacelle

Vu depuis le rocher, l’accès (datant de 1925) se présente ainsi :

L’intérieur du monastère est plus modeste. Vous pouvez voir la photo d’une chapelle sur ce lien.

On se sent ici davantage en harmonie avec le but premier du lieu.

Même si certaines consolidations ne sont pas du meilleur goût, comme ces piliers…

Le panorama ne manque pas de charme, la position d’Agia Triada permet d’admirer sans peine les monastères de Roussanou et Varlaam (et même le Grand Météore au loin).

Ce qui donne au zoom :


Roussanou


Varlaam

Vue sur le bourg de Kastraki, au fond on peut deviner le grand lit de la rivière qui est à sec.

La terrasse est constituée de ces grosses collines de poudingue, dont certaines endroits sont devenus lisses tellement ils ont été usés par des milliers de pieds de touristes !

Nous partons juste à temps, un bruyant car de touristes débarque et vient rompre la magie du lieu.

Au revoir sympathique petite Aghia Triada !

Il y a 11 jours, le 26 décembre, je me dépêchais de poster un beau gros paquet de cartes de Noël Nouvel An :mrgreen: en me réjouissant du fait que, pour une fois, j’étais à peu près dans les temps et qu’elles arriveraient avant la fin de l’année…

Si ça ne m’étonne nullement que la carte à destination de Chine, ou celle à destination d’Argentine, ne soient pas encore parvenues à leurs destinataires, j’ai plus de craintes pour les autres… car certain(e)s – et je crains que ce soit même “beaucoup” – ne les ont toujours pas reçues :(

Merci la poste !

Vieux pont en pierre de Konitsa, route vers les Météores, visite du monastère de Roussanou

Cette dernière nuit fut épouvantablement bruyante, nous n’avons pour ainsi dire pas dormi. Les discussions du logeur et des autres nuisibles touristes furent encore pire que la veille. Lorsqu’au matin nous nous traînons péniblement jusqu’à la douche, c’est pour nous apercevoir qu’il n’y a que de l’eau glacée ! L’orage de la veille a probablement fait sauter les fusibles du chauffe-eau et le logeur n’a pas dû prendre la peine de vérifier (les lumières fonctionnaient).

On descend prendre notre petit-déjeuner à l’heure prévue. Tout est noir et silencieux, le logeur brille par son absence. Nous attendons, faisons du bruit, appelons… de plus en plus fort… personne. Après une longue attente, on finit par abandonner. Je crois qu’on pourrait réveiller tout l’hôtel que le logeur dormirait encore à poings fermés !

Nous laissons l’argent de nos nuitées dans la chambre, avec un mot expliquant pourquoi nous n’avons pas payé entièrement le prix initialement convenu (pas dormi, pas lavé, pas mangé…). C’est ce qui s’appelle une journée qui commence bien !! :evil:

Nous reprenons la route et une bonne heure plus tard, nous avons droit à un contrôle de police. Ce doit être une journée de contrôle national car nous en verrons plein sur les routes ! Un policier parlant quelques mots d’anglais nous demande nos papiers et dit en montrant la voiture “red car ? red car ?” Euuh… ah, oui oui, rent car ! Heureusement j’avais demandé au loueur ce qu’il fallait faire en pareil cas (car on ne reçoit pas les papiers du véhicule de location) donc je ne m’inquiétais pas.

Les policiers observent longuement nos cartes d’identité, échangent des commentaires en grec, ne nous les rendent toujours pas… on commence à se demander ce qu’il se passe. L’un d’eux revient vers nous et nous demande “why” en posant le doigt sur la puce électronique. C’est sa présence qui les rendait perplexes et ils voulaient savoir ce qu’il y avait dessus !

Nous prenons notre petit-déjeuner à Konitsa (Κόνιτσα) en compagnie d’un chat gourmet. Les lieux sont très animés.

Nous en profitons pour nous arrêter au vieux pont en pierre que nous avions admiré en passant l’avant-veille.

Son arche unique est impressionnante de grâce et de solidité. Un premier pont, construit par des ingénieurs turcs, s’était effondré.

Celui-ci a été bâti par un ingénieur local.

Ce pont de pierres a été construit vers 1870 et surplombe la rivière Aoos, presque à sec en ce moment.

Sous le sommet du pont est suspendu une petite cloche.

Il est déconseillé de s’engager sur le pont lorsque le vent est suffisamment fort pour la faire sonner !

On peut toujours voir les restes d’anciennes fortifications, aujourd’hui équipées de… caméras (captage d’eau).

Les petites chapelles votives de bord de route vieillissent parfois assez mal. On retrouve toujours la même photo…

Nous prenons la vieille route de Metsovo (Μέτσοβο) et ensuite la nouvelle route vers Kalambaka (Καλαμπάκα).

Elle n’est quasiment constituée que d’ouvrages d’art, la succession de tunnels et de ponts est démentielle :shock: Beaucoup de camions l’empruntent. Lorsque les cabines de péage seront fonctionnelles, ce ne sera sûrement pas donné !

Nous voyons petit à petit les rochers des Météores surgir à l’horizon, étonnant phénomène géologique contrastant avec la plaine infinie de Thessalie.

Nous arrivons ensuite dans l’enfer de circulation qu’est Kalabaka. Cette ville a connu une expansion énorme en peu de temps et est devenue une plaie dans le paysage, sur laquelle grouillent des milliers de mouches touristes. Dont nous.

Il fait beaucoup plus chaud que dans les montagnes, cela promet… Nous trouvons un logement confortable dans une petite rue presque en cul-de-sac (à Kastraki), au moins nous ne serons pas ennuyés par le voisinage.

Une fois ce point délicat réglé, nous nous rendons à l’office de tourisme pour se renseigner sur les autres monastères. On rêve de randonnées hors des visites classiques, nous menant à des monastères orthodoxes abandonnés… la dame nous répond inlassablement : “only 6 monasteries, no other monasteries”.

Puisque nous sommes arrivés peu avant l’heure de fermeture, nous en profitons pour visiter notre premier monastère des Météores (Μετέωρα Μοναστήρια) : le monastère de Roussanou ou Sainte Barbe (Agia Barbara).

Sa fondation daterait de la fin du 14e siècle, mais l’église actuelle et ses fresques dateraient du 16e siècle.

Bien loin des premiers ermites qui se sont installés dans des grottes vers le 11e siècle, bien loin des échelles escamotables et des nacelles suspendues, nous montons une route neuve puis de confortables escaliers de pierre (190 marches paraît-il) pour arriver dans des bâtiments entièrement rénovés avec des tuiles industrielles flambant neuves.


En arrière plan, le monastère Saint Nicolas Anapafsa (Agios Nikolaos)


Jardin à Roussanou

On me prête une longue jupe portefeuille que j’enfile par-dessus mon pantalon et nous parvenons à nous intercaler entre deux cars de touristes. Du coup on a les lieux pour nous tous seuls. Heureusement car ce couvent (Roussanou est tenu par des nonnes) est assez petit.

Aucune photo n’est autorisée dans le catholicon, la règle est valable pour tous les monastères. Vous pouvez cependant en voir ici.

Aujourd’hui encore c’est une nacelle qui permet de ravitailler Roussanou, perché sur son piton rocheux. Mais une nacelle moderne, motorisée… ça perd de son pittoresque mais ça gagne en praticité !


Simandre ou semantron ou talanton

Un petit chemin nous permet de remonter à travers bois jusqu’à la route, où se trouve un beau point de vue notamment sur le monastère de Varlaam (en haut à gauche) :

Voici toujours le monastère de Varlaam, avec à sa gauche le monastère de la Transfiguration du Sauveur, plus connu sous le nom de “Grand Météore” :


Roussanou

Ci-dessous, à nouveau Agios Nikolaos Anapavsas (Saint-Nicolas) avec ses coulées colorées.

Cette visite sera pour demain. Il faut bien calculer son coup car chaque monastère a des horaires et des jours de fermeture différents.

Au revoir Roussanou…

Nous reprenons la route pour aller voir des ruines de construction qui nous avaient intriguées.

Ça donne fichtrement envie de grimper pour aller voir, mais c’est trop risqué… surtout en sandales :lol:

On se promène sans but, le soir tombe et la température est passée de 38°C à 30°C ce qui nous permet de souffler un peu.

Le moment est venu de trouver un restaurant. Nous observons en riant une grand-mère tenter de rabattre chaque véhicule de touriste vers sa gargote. Mais nous ne serons pas logé à meilleure enseigne… notre resto a dû être cité comme ‘bon plan’ dans un guide français car beaucoup de couples et de familles francophones arrivèrent là durant le courant de la soirée.

Ce fut… très passable. Même le chat qu’on a nourri en a eu marre avant la fin du plat :lol:

Durant tout le repas, on a entendu miauler un chaton invisible… mais où est donc passé sa maman ? Est-ce le chat qu’on a nourri ?

On a réussi non sans mal à trouver la petite boule de poils, bien cachée sous du bordel. Il était extrêmement peureux, on n’a pas pu l’approcher mais on lui a laissé des morceaux de viande, en espérant qu’il soit déjà sevré…

Comment on a tenté de rejoindre le sommet du Gramos via Gesos…

La nuit fut mauvaise, le logeur et des touristes discutant bruyamment jusque fort tard dans la nuit (4h selon AàG, je me suis endormie plus tôt). Par contre il s’est levé pile à l’heure dite pour le petit-déjeuner et ce fut délicieux, on a même eu droit à une copieuse omelette. Le meilleur p’tit-déj’ du séjour sans hésiter !

Malgré qu’il soit encore tôt et que les autres touristes vont manifestement se lever tard, le logeur nous annonce qu’il ne peut pas nous conduire à Ghessos (il dit qu’il doit travailler, à mon avis il va plutôt se recoucher :lol: ) Son ami non plus car il a dû se rendre en ville… et apparemment il n’est pas motivé à nous trouver quelqu’un d’autre au village qui pourrait nous y emmener.

C’est un peu la douche froide pour nous, même si nous avions quelques craintes que ça ne tourne ainsi.

Il semble en effet que la loi de Murphy soit particulièrement puissante dans cette région.

On joue le tout pour le tout, on décide de s’y lancer à pied.

On n’a qu’une journée et un bout de mollet à y perdre, après tout ! :mrgreen:

La seule chose qui est sûre et certaine, vu l’expérience de la veille, c’est que le début va être terriblement long, malgré notre ferme détermination à emprunter les raccourcis photographiés sur la carte des Anglaises la veille.

La montée est rude, on coupe au travers des pentes pour gagner du temps. On avale la dénivelée, tête baissée. Concentrés sur le but qu’on s’est fixé.

Ma motivation est juste : je veux arriver au bout pour en finir avec ce coin, et avec un peu de chance je serai agréablement surprise.

Ça me ferait plaisir de redescendre conquise par les merveilles découvertes au sommet du Grammos ! Mais j’essaie de ne pas y mettre trop d’espoir quand même.

Concentrée sur le chemin à parcourir et à l’affût d’éventuelles clochettes d’ovins, je ne sortirai pas mon appareil photo de toute la rando.

Je guette le premier aboiement… mais rien ne vient. L’attente est souvent plus dure que la confrontation dit-on.

Le ciel se fait parfois menaçant, il fait extrêmement chaud et lourd. Nous avons monté 900m en 3h et, malgré les nuages, nous suons incroyablement. Nous sommes trempés des pieds à la tête. De vraies serpillières humides :lol:

Le paysage a changé, plus aucun arbre n’interrompt l’horizon.

A l’infini, des vallons d’herbe jaunie brodée de pierres…

Entre deux hors-pistes, nous retombons toujours sur la route des 4×4 mais aucun véhicule ni piéton ne passera par là. Dommage !

Nous arrivons en vue de Gesos et de son monument militaire, une sorte d’obélisque en mémoire de la guerre civile.

De là-haut, une silhouette minuscule s’égosille. Un berger ? Un touriste ? Nous ne savons pas si cela nous est adressé, de toute façon c’est en grec et nous ne comprenons rien. Ça ressemble à des menaces ou des avertissements, le ton n’est pas spécialement sympa mais faut avouer que s’arracher les poumons donne rarement une chaude voix glamour.

C’est juste après qu’AàG les repère. Une douzaine de chiens de berger. Le troupeau est loin au-dessus de la piste que nous allons emprunter, le passage est sans doute jouable. D’autant plus que nous avançons sous le vent.

Et effectivement, ça passe ! Quand les chiens nous sentent, nous sommes déjà plus loin. Une demi-douzaine d’entre eux dévalent la pente en hurlant, nous continuons à marcher de notre pas pressé, mais sans courir. Ils se sont arrêtés à une frontière invisible et se contentent de nous surveiller en aboyant leur rage. Ils sont tout de même particulièrement susceptibles car leur troupeau est vachement loin :shock:

Lorsque le chemin fait une légère boucle qui revient dans leur direction, ils se déchaînent de plus belle comme si c’était une provocation de notre part… heureusement le chemin s’éloigne ensuite de façon constante. Les chiens agressifs et nombreux, ça me stresse. J’ai mon opinel en main.

On est donc passé. Sauf que. Il y a un hic. Le chemin passe dans les arbres et fait ensuite… une épingle ! Il longe la crête en contrebas et passe au-dessus du troupeau avant d’arriver au monument d’où part enfin le sentier vers le Grammos.

On décide de s’accorder une pause pour pique-niquer et réfléchir à comment contourner la difficulté. L’ambiance oscille entre découragement et colère. Putain de berger qui s’est approprié la montagne et qui n’est même pas là pour garder ses molosses ! :evil:

On aperçoit au loin deux humains chanceux, se trouvant du bon côté des chiens. Par où diable sont-ils passés ? AàG voudrait marcher sur la crête mais ça ne nous éloigne pas assez du troupeau, vu la réactivité des chiens. L’autre versant n’est hélas pas praticable. Et de plus nous arrivons dans la zone frontière où il nous a été recommandé de ne pas nous éloigner des sentiers… j’ai pas envie de sauter pour un sommet, et encore moins pour celui-là !

On regrette de ne pas avoir coupé à travers la pente pour rejoindre directement le monument, ça aurait été hard mais réalisable, et ça nous aurait permis de bypasser les chiens. Peut-être est-ce cela qu’on nous criait ?

On joue notre va-tout en nous engageant sur le chemin, on verra bien l’accueil qui nous sera réservé. Le troupeau s’est légèrement déplacé pendant notre pause, cela ne nous est pas favorable et le comité d’accueil ne tarde pas à se manifester… ils n’ont vraiment pas l’air de plaisanter, aussi nous faisons promptement demi-tour !

Reste que nous sommes bloqués du mauvais côté, tant pour monter au Gramos que pour redescendre au village. Comme le troupeau a monté, peut-être que le passage du bas se retrouve à présent libéré ? Hélas une sentinelle est restée en poste très bas sur la pente et la meute excitée raboule aussi sec à son appel. Une vraie plaie, ces chiens de berger ! On est furieux qu’une telle situation puisse perdurer aussi longtemps (AàG avait déjà lu d’anciens compte-rendus faisant mention de ce problème) sans que personne ne réagisse.

AàG décide de quitter la piste et de couper droit à travers la pente pour rejoindre la forêt et passer loin en dessous des chiens.

J’aurais vivement souhaité que nous remontions ensuite sur la piste, soit que nous mettions en pratique l’idée de grimper directement au monument, soit que nous retournions sur nos pas pour descendre à Aetomilitsa… mais AàG est hors de lui et ne veut plus essayer, il fonce comme un sanglier à travers la pente sans rien vouloir entendre.

Doublement énervée, je le suis avec lenteur et prudence, mes chevilles n’étant pas tout-terrain et mes genoux commençant à me dire merde. De plus, l’adrénaline baisse et laisse place à une certaine fatigue. Faut croire que quand le moral n’est plus bon, le corps suit…

Nous traversons pendant bien une heure des forêts très pentues, naviguant uniquement à la boussole. On essaie de s’en tenir au sud-est mais la pente, plein sud, nous attire et nous dévie. Aucun sentier à l’horizon, ni de vue sur le village. Où sommes-nous ? Et dans quelle galère nous sommes-nous fourrés ??

Nous avançons en automates, à un moment on décide de suivre le lit d’une rivière plutôt que la boussole. J’ai l’impression qu’ici on pourrait marcher des jours sans croiser le moindre signe de civilisation.

C’est un soulagement certain lorsque nous finissons enfin par croiser une piste ! Le retour sera encore bien long à partir de ce moment, et nous arriverons au village fatigués, démoralisés, déçus, fourbus, frustrés, dégoûtés, la liste pourrait encore être longue car nous sommes de mauvais perdants :mrgreen: (surtout AàG bien entendu :P )

Je vous présente Zum-Zum, tel que nous l’avons surnommé. Ma première photo de la journée… Ce mouton semble avoir eu un accident. Une vieille dame passe, voit que nous sommes intrigués par le phénomène et nous fait signe de la tête qu’il est zinzin.

Ce mouton est complètement schieve (de travers) et passe des heures à marcher en cercle. Du coup il est séparé du troupeau et enfermé dans ce mini-parc en plein village… il doit trouver le temps long, tout seul :|

Les 4×4 n’ont pas encore tout remplacé, les villageois utilisent encore ces petits chevaux bâtés (ce ne peut pas être un mulet avec des oreilles pareilles ?).

J’imagine que s’ils gardent en permanence leur bât, c’est parce que ça doit être long et compliqué à installer ?

Vers 16h30 un orage éclate au-dessus des montagnes. J’ai des frissons rétrospectifs à l’idée que nous pourrions être là haut sur ces paysages pelés, même si AàG ne pense pas que la foudre que nous voyons tomber soit dans ce secteur précis.

Je n’en suis personnellement pas si sûre et je me demande si les deux personnes que nous avions vues là-haut sont à l’abri. Finalement on devrait peut-être remercier ces satanés chiens…

Ci-dessus la terrasse du logement, j’ai beaucoup aimé son toit constitué de feuilles de fougères empilées :)

Nous nous promenons sans but dans le village, simplement histoire de passer le temps.

Les heures paraissent longues, nous avons hâte de pouvoir aller manger et ensuite dormir, pour oublier notre déconvenue, tourner la page et quitter ces montagnes peu accueillantes dès demain matin.

Le ciel prend une teinte incroyable et la lumière est irréelle, c’est si sombre et si lumineux à la fois !

Ce n’est pas sans nous rappeler notre voyage en Cappadoce (Zelve et Paşabağ).

Ci-dessus, le restaurant où nous retournons manger (le seul autre établissement du village n’ouvre manifestement pas ce soir). Nous patientons sur la place, admirant sans nous lasser le spectacle céleste qui s’offre à nous.

A partir de 18h30, ça commence. Un vieux monsieur arrive lentement, canne à la main et chapeau vissé sur le crâne. Un autre, se tenant bien droit, descend précautionneusement les marches le long du resto. Un troisième arrive par la route dans notre dos. Et le défilé se poursuit, jusqu’à rassembler tous les vieux du village sur la terrasse du café, où ils s’installent pour fumer, discuter, boire un ouzo et jouer aux dames ou similaire.

Les vieilles femmes, quant à elles, arrivent un peu plus tard et se rassemblent sur les bancs de la place. Ségrégation séculaire ?

Au début nous croyions que le tag “ΠΑΣ” indiquait la présence d’eau. Ensuite nous avons cru qu’il s’agissait d’un parti politique.

Pour finalement nous rendre compte, en faisant quelques recherches à notre retour, qu’il s’agissait plus vraisemblablement… d’un club de foot :lol:

On s’installe dans la salle commune dès que la porte s’ouvre. Pas de souvláki ni autres grillades car le feu vient seulement d’être allumé, il est trop tôt. On prend donc un plat de poulet fait à la casserole, avec des frites car il n’y a rien d’autre. Ils n’ont aucun légume à part des tomates et on commence doucement à saturer.

Quand je vois la tête du plat qui arrive, je comprends que ça ne va pas être pour moi. Heureusement AàG n’est pas aussi difficile et mangera tous ces morceaux non identifiés. Je me retrouve à manger uniquement la petite assiette de frites, c’est un peu la loose mais elles sont très bonnes heureusement. Je retourne en demander à l’entrée de la petite cuisine, la dame me sert… avec les doigts mais soit !

A table, j’en prends une : elles sont cuites mais complètement froides, pouah ! Je retourne voir la serveuse, elle me dit qu’il n’y a pas de problème, saisit l’assiette et l’enfourne… dans le micro-ondes :shock:

Ce crime de lèse-belgikisté mettra un point final à cette étape de merde.

Final ? Hum ! C’est du moins ce que nous croyions…

5.679.955.000, c’est quoi me direz-vous ?

C’est le nombre d’euros récoltés lors de la dernière émission de l’année des bons d’État belges. Soit près de 5,7 milliards en 7 jours ouvrables !
Les deux précédentes émissions avaient à peine rapporté 87 millions d’euros (juin) et 77,1 millions d’euros (septembre).

L’appel du premier ministre sortant (et son relai dans les médias) n’y est bien sûr pas étranger, de même que le fait que cette émission ne devrait a priori pas être soumise à l’augmentation du précompte mobilier sur les intérêts décidée par nos zélus. Le taux était également plus élevé qu’usuellement (4% brut, soit 3.4% net pour les bons à 5 ans), ce qui est évidemment plus intéressant qu’un compte d’épargne, mais cependant :
- ce taux ne couvrira pas l’inflation (3.85% sur base annuelle pour l’instant)
- le marché secondaire des OLO offrait des taux bien supérieurs
- le spectre d’une disparition (scission) ou faillite de la Belgique est toujours agité comme un épouvantail
- certains mettaient l’accent sur la clé de répartition favorable à la Flandre, l’incompétence de nos politiciens, etc. comme arguments pour ne pas investir.

Pourquoi un tel succès dès lors ? Pourquoi friser les 6 milliards quand Leterme n’espérait grâce à son appel ‘que’ 200 millions ? Je ne suis pas analyste financière, que du contraire, mais je vois au moins trois raisons (outre l’attrait, relatif comme nous l’avons vu, du taux) :

- faire un devoir civique et un geste politique : montrer que les Belges, après je-ne-sais-plus-combien de jours sans gouvernement (j’ai arrêté de compter après 500), croient encore en leur plat pays – sa devise n’est-elle pas “L’union fait la force” ? Au passage ça donne une petite leçon de civisme à nos lamentables zélus qui ne se rappellent pas souvent être nos représentants.

- donner un signal aux banques, aux marchés et aux agences de notation : on en a marre de subir leurs chantages, leurs diktats, leurs caprices et leurs prophéties autoréalisatrices. Renationaliser un peu la dette nationale va dans le sens de réduire leur pouvoir, or il y a beaucoup d’épargne en Belgique.

- montrer une solidarité financière éthique : de toute façon, les intérêts de la dette, c’est l’état donc le peuple qui les paie : au plus on emprunte à des taux élevés, au plus la population est pressée. Dans ce cadre, celui qui choisira d’acheter des OLO sur le marché secondaire en se faisant du 5.5% plutôt que des bons d’État à 4% se retrouve finalement dans la philosophie “privatisation des bénéfices, collectivisation des pertes” bien qu’à moindre échelle.

Suite à ce coup de force des épargnants, le taux des obligations belges à long terme, après avoir atteint des sommets en quelques jours suite au blocage des négociations et à la dégradation du rating, s’est dégonflé comme un ballon en passant de plus de 5.8% à… 4.6%.

Les banques n’ont pas aimé voir l’argent des livrets d’épargne s’envoler, faut les comprendre ! Même si elles se font quand même une marge confortable sur la vente des bons d’état (0.95%). En gros, sauf erreur de ma part, elles ont reçu 54 millions d’euros mais se retrouvent privées de dizaines de milliards “fictifs” avec lesquelles elles ne pourront pas jouer. Juste une tapette sur les doigts, sans doute, mais quand une population commence à se bouger on ne sait jamais jusqu’où les choses peuvent aller…

Depuis ce lundi 28 novembre (jusqu’au 9 décembre), les plus grandes nations du monde sont réunies dans la ville de Durban, en Afrique du Sud, pour la 17e conférence des Nations Unies sur le climat. Les résultats seront-ils aussi décevants que pour Copenhague et Cancun ? Il est pourtant plus que temps d’agir !!

Pour pousser nos politiciens à un peu plus de courage (je n’ose pas parler de prendre ses responsabilités), pour qu’un accord engagé et contraignant soit enfin obtenu, joignez-vous à la manifestation organisée ce samedi 3 décembre par la Coalition Climat. Le rendez-vous est à 14h à la gare du Nord de Bruxelles.

Pour ceux qui voudraient participer mais ne peuvent pas venir, il y a un système de kilomètre symbolique (voir sur leur site).

Route vers le massif du Grammos, installation au village d’Aetomilitsa et premier tour d’horizon

Nous quittons cette belle région des Zagoria pour rejoindre le massif du Gramos (Γράμος), montagne qui fait la frontière avec l’Albanie. Ce fut pour nous le début d’une succession de désillusions.

AàG m’avait prévenue dès qu’on avait quitté Athènes pour aller vers le nord : si tu vois quelqu’un faire de l’auto-stop, ne t’arrête surtout pas pour le prendre car si on se fait contrôler par la police et que c’est un immigré illégal, ça se passe très mal pour le conducteur (tribunal pénal). Bonjour l’ambiance.

En tous cas cela semble bien ancré dans les us et coutumes car, de tout notre séjour en Grèce, je n’ai pas vu l’ombre d’un auto-stoppeur !

Sur la nationale qui sillonne en fond de vallée, loin de tout village, nous voyons avec surprise deux chiens couchés sur le bitume. C’est une constante ici… mais bon là quand même, ce n’est pas le meilleur endroit pour faire une sieste les gars !

Ça me fait mal au cœur tous ces animaux domestiques livrés à eux-mêmes au beau milieu de nulle part.

De petits producteurs de fruits et légumes dressent souvent leur étal le long des routes. Ça tombe bien car nous sommes dimanche et tous les magasins sont fermés, ce qui fait que nous n’avons rien à manger pour ce midi. On en profite donc pour acheter des tomates et un melon, c’est toujours ça de pris !

Pour remplacer feu notre miel, je me laisse tenter par un appétissant pot à confiture dont on me décrit le contenu comme “glyco” (sucre) et un mot qui ressemble à “coloki” en me montrant un tas de courges et coloquintes.

Nous bifurquons de la voie rapide pour emprunter la longue route en cul-de-sac qui dessert Aetomilitsa (Αετομηλίτσα). Enfin je dis “route” mais de nombreux tronçons sont plus des pistes qu’autre chose.

Il semble que le terrain soit assez mauvais et victime de glissements, emportant régulièrement la route avec. Cependant les pistes sont recouvertes de cailloux et pas trop défoncées, ça reste tout à fait carrossable en y allant lentement (3/4h pour 17km).

Aetomilitsa est un des villages les plus hauts de Grèce (ça reste modeste : moins de 1500m d’altitude). La plupart des toits sont en tôle métallique de couleur rouge, cela contraste avec les toits de lauze en pays Zagori. Il y a 10 ans il comptait environ 300 habitants, et ça n’a pas dû aller en augmentant. La moyenne d’âge nous y a parue élevée.

Nous avions le nom d’un logement, il semble que ce soit le seul du village. Les chambres ne sont pas spécialement bon marché mais ce n’est pas exagéré car elles sont spacieuses, confortables et récentes. Nous aurons eu bien pire, pour bien plus cher ! :roll: De toute façon nous n’avons pas trop le choix et ce n’est que pour deux nuits.

N’ayant vu aucun commerce dans le village, nous mendions du pain au logeur pour pique-niquer, il nous en offre de grosses tranches qui se révéleront délicieuses, ça nous change agréablement !

Il fait extrêmement chaud, on pique-nique à l’ombre d’un “point de vue” couvert et muni de bancs – ce genre de mobilier public touristique est assez répandu et bien pratique. Les tomates sont incroyablement fluos :shock: (mes chaussettes aussi, je sais, merci :mrgreen: )

La préparation de courges sucrées se révélera proprement immangeable ! Heureusement le pain est tellement bon que ce n’est pas un gros problème de le manger sans rien dessus.

On décide de meubler l’après-midi en empruntant un sentier vers le Drako Limni (Δρακολίμνη) – encore un !

Ça nous servira de reconnaissance pour la randonnée de demain.

En fait de sentier c’est une piste pour 4×4 qui n’a pas grand charme si ce n’est le côté ‘exotique’ des zones traversées : terre grise et “plastique”, paysages très chamboulés pour ne pas dire chaotiques.

L’avantage de cette “autoroute” est que c’est quasiment plat. L’inconvénient est qu’on est en plein soleil, sauf quand un nuage nous prend en pitié.

Un grand ravin laisse passer une rivière dont le débit n’est pas mirobolant mais qui n’est pas à sec malgré l’été, c’est à souligner.

Un étroit pont de bois permet de la franchir. Je l’appelle le “passage d’hiver” car à côté il y a un “passage d’été” : une sorte de gué, sans doute aménagé pour les engins de chantier.

Parfois le soleil nous offre une jolie lumière et on pourrait presque trouver une beauté mélancolique à ces lieux dévastés.

Voici d’où nous venons :

Une belle source aux eaux transparentes s’écoule dans des troncs d’arbres évidés en forme d’abreuvoir.

Nous avons beau marcher et monter les lacets, nous avons l’impression de faire du sur-place : la vue sur le village semble être toujours la même. C’est démotivant.

A un moment l’orientation du chemin et le relief font que nous perdrons temporairement de vue les maisons blanches aux toits rouges, mais cela ne durera pas.

Les arbres présents attirent notre attention et excitent notre curiosité.

Ils sont pour la plupart cassés au-delà de 5-10 mètres de haut et on se demande comment cela a pu arriver. De gros rochers qui dévalent les pentes ? La foudre ?

Ces arbres mutilés donnent vraiment une ambiance lugubre et désolée.

Revoici le village en ligne de mire… décidément, on ne risque pas de se perdre !

Tout de même, je n’aimerais pas habiter aussi près de ce grand ravin qui semble n’avoir qu’une envie, celle de prendre encore davantage ses aises.

La pension où nous sommes est presque tout en bas.

Après deux heures, à en croire le seul et unique panneau qui se trouvait au départ du chemin, nous devrions être au “lac des dragons” depuis longtemps. Or nous ne sommes nulle part.

Il fait trop chaud et nous sommes découragés par ces larges pistes qui n’avancent pas, nous faisons demi-tour.

Toujours le village qui nous nargue, semblant si près ! Nous mettrons pourtant du temps à le rejoindre.

Je pense identifier là un “bourdon noir” c’est-à-dire une abeille charpentière ou xylocope. Je pensais qu’elles étaient xylophages (mangeaient du bois) mais en fait non, elles butinent les fleurs et ne creusent le bois que pour faire leur nid.

Sur le retour, juste après avoir franchi le pont, nous nous arrêtons pour observer le spectacle d’un 4×4 qui s’engage dans le “passage d’été” de la rivière (premiers humains que nous voyons de tout l’après-midi). Vu les immenses blocs en travers du chemin, ce n’était pas gagné et il y eut un moment de suspens, mais le conducteur a adroitement négocié les obstacles et s’en est tiré avec honneur. Bon public, nous avons chaudement applaudi la performance :mrgreen:

Dommage que les deux jeunes gens ne nous aient pas proposé de nous soulager les pieds jusqu’au village, il faut croire qu’avec le bronzage et les dix jours sans rasage, AàG commence à ressembler à un Albanais :lol:

Après un coup d’œil sur la carte et discussion avec le logeur, on se rend compte que le coin n’est définitivement pas fait pour les piétons. Il n’y a pas vraiment de sentiers pédestres pour les randonneurs, le seul tourisme viable dans cette zone est… motorisé !

On s’installe sur la terrasse et je finis des cartes postales tandis qu’AàG – dont la déception est très vive car il mettait énormément d’espoir sur l’ascension du sommet du Grammos, que d’aucuns appellent la plus belle montagne de Grèce, et qui était un peu son Graal du séjour – essaie de me convaincre de repartir le lendemain matin, si pas aussitôt !

J’essaie de modérer les choses, je n’aime pas l’idée d’abandonner si vite même si je ne suis a priori pas du tout séduite par l’endroit. De plus nous nous sommes engagés pour deux nuits ici donc ça me met mal à l’aise. La suite de l’histoire montrera que j’aurais mieux fait de l’écouter…

Deux touristes anglaises, dont l’une parle un peu français, nous apprennent qu’elles y ont été la veille et que c’est un endroit magnifique. Il faut nécessairement aller en voiture tout-terrain jusque Gesos (Γκέσοζ), c-à-d la fin de la route carrossable, car juste avant ce point il y a une dizaine de chiens de berger qui se sont appropriés l’endroit et qui sont particulièrement agressifs (elle a vu des cicatrices de morsure sur les mollets de certains au village).

Elles nous disent que nous trouverons certainement un “taxi”, que ce soit le logeur ou un de ses amis. De plus ce ne serait pas plus mal de nous économiser en faisant cette première partie en voiture puisque nous avons déjà parcouru ce chemin et qu’il n’a pas grand intérêt. Le logeur nous confirme qu’il pourra nous conduire “s’il n’a pas de travail”. On reprend espoir !

Nous photographions la carte détaillée des Anglaises où se trouvent des indications de sentiers que nous n’avons pas vus, ou pas osé prendre (malgré le déminage qui a eu lieu, il semble toujours déconseillé de s’écarter des chemins balisés dans cette région frontalière où la guerre fit particulièrement rage…)

J’ai pris ces photos dans la chambre car je me suis dit que cela avait des chances de plaire à Delf ou de lui inspirer des idées ;-)

En remontant le village, AàG se joint à des locaux pour aider à débloquer un 4×4 coincé. Nous allons ensuite manger dans une petite taverne très typique et remplie de vieux messieurs jouant aux dames ou je ne sais pas très bien quoi. La nourriture n’est ni originale ni particulièrement bonne mais avec l’ambiance ça nous paraîtrait presque formidable ! :)

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