Le nom de l’opération francophone était « En mai, tonte à l’arrêt ».
Le slogan flamand claque mieux, non ?

A vrai dire, ça n’a pas changé grand chose concernant mon jardin. Par contre ça a donné un bon prétexte face aux voisins :mrgreen:

La végétation a poussé, poussé, poussé… sauf sur les chemins empruntés régulièrement par les chats et par moi. Là, l’herbe reste toujours rase. Mi-juin j’ai juste élargi un peu ces chemins parce qu’ils avaient tendance à se refermer avec le versage des hautes tiges. Je préfère limiter le risque de tiques, et ça facilite la circulation avec les arrosoirs.

Quant aux chats, ils sont au paradis ! Ils se planquent au milieu des touffes d’herbe pour faire la sieste et se croient invisibles [parfois ils le sont d’ailleurs vraiment]. Le voisin s’étonne de ne plus voir son chat. Bah forcément, il est toujours fourré ici… Si le voisin était un chat, il comprendrait pourquoi ^^

Pendant ce temps, à côté, le « terrain de foot » (ex-sapinière) des autres voisins est consciencieusement tondu à ras, au tracteur, au moins une fois par semaine. Même quand il n’y a que 2mm qui ont poussé. Et comme il faut que tout soit « propre », les bords et le talus sont consciencieusement entretenus aussi. A la débroussailleuse thermique bien sûr. Ils ne connaissent que les trucs à moteurs : souffleur au lieu de râteau, quad au lieu de vélo… [ok j’avoue que j’envie leur tronçonneuse quand je nourris mes tendinites à scier des bûches sèches 😀 ]

Moi qui m’étais réjouie de surprendre un soir deux hérissons sur la terrasse, espérant déjà qu’ils généreraient une nombreuse descendance, j’ai ainsi retrouvé l’un d’eux méchamment scalpé. Il faisait affreusement peine à voir, sa blessure était déjà envahie d’asticots et le centre de revalidation n’a hélas pas réussi à le sauver 😥 J’ai eu beau en parler au voisin, ça n’a rien changé.

Je suppose que mon jardin sauvage les rend malades autant que leur terrain de foot me fait mal au cœur. Mais tout n’est pas perdu : j’ai entendu la voisine s’extasier en découvrant qu’ils étaient les heureux propriétaires d’une mini-touffe de pâquerettes !

Et puis ils ont planté bien 5 ou 6 arbres fruitiers… certes à 1 mètre du bord de leur terrain, parce que c’est plus facile pour laisser passer le tracteur-tondeuse que de les planter en plein milieu. Pour la vue en verger, c’est râpé.

Moi j’ai besoin d’être entourée de vert, alors je compense avec ma prairie champêtre… J’ai même acheté une mini-faux. Les années précédentes j’utilisais une vieille tondeuse électrique, mais là je crois qu’elle rendrait l’âme si j’essayais. Reste à trouver le bon geste pour faucher efficacement [pour l’instant ce n’est pas gagné !] car je vais couper une partie à tour de rôle, c’est nécessaire pour maintenir l’équilibre.
Sans cela, il n’y aurait in fine que des ronces et des érables.

Les avantages de cette approche :
– le gain de temps, très appréciable, ne nous mentons pas !
– la diminution des nuisances sonores (je sais pas vous, mais moi j’en ai marre des vrombissements de tondeuse non-stop chaque week-end)
– c’est sauvagement beau, j’ai l’impression d’être en vacances et le paysage évolue au fil des saisons / des années
– ça crâme moins vite en période de canicule grâce à l’ombre qui garde la fraîcheur, même si la surface d’évapotranspiration augmente
– les chats adorent. Je cite : « Amai! Zo’n leuke savanne! » (Madame Kennedy)
– le foin obtenu peut servir à pailler aussi bien qu’à nourrir les cochons d’inde d’une voisine
– et last but not least, le gain de biodiversité bien sûr ! Des centaines de plantes différentes se développent librement, ont le temps de fleurir pour les butineurs (vous voyez encore beaucoup de papillons, vous ?), les insectes peuvent effectuer tout leur cycle, servent ensuite de nourriture aux chauves-souris et aux oiseaux, qui bénéficient aussi des plantes montées en graines, etc.

N.B. : ce qu’on appelle pompeusement « hôtel à insectes » devrait en réalité s’appeler « garde-manger pour prédateurs ». Pas plus tard que ce matin un couple de pics épeiche était en train de faire voiture-bélier dessus et s’y servir allègrement. Cela dit c’était la première fois que j’en voyais ici, donc malgré tout j’étais plutôt contente 🙂

Les inconvénients :
– les graminées… aaaatchi !
– certains envahisseurs qu’il n’est pas facile de contenir (ronce, mélisse, etc.)
– cela peut laisser croire à des candidats cambrioleurs que la maison est inoccupée
– le regard des voisins… heureusement les miens sont sympas et on s’entend bien malgré nos différences de points de vue !
– les limaces auxquelles ça donne plein d’abris (j’en ai enlevées +70 ce matin rien que sur un petit hortensia…)
D’ailleurs, faudra un jour qu’on m’explique pourquoi elles font de la dentelle de mes artichauts alors qu’elles dédaignent les chardons !

J’espère à terme que le jardin trouve un certain équilibre et qu’il puisse servir d’oasis dans un milieu globalement peu accueillant, entre pseudo terrain de foot et parking. A l’arrière se trouve un mini-reste de sapinière agonisante, au moins est-ce encore un peu sauvage… mais je vois davantage d’écureuils en allant à Bruxelles que dans ma campagne où il semble que le premier réflexe de chaque nouvel acquéreur soit d’abattre les arbres 😥