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Le nom de l’opération francophone était « En mai, tonte à l’arrêt ».
Le slogan flamand claque mieux, non ?

A vrai dire, ça n’a pas changé grand chose concernant mon jardin. Par contre ça a donné un bon prétexte face aux voisins :mrgreen:

La végétation a poussé, poussé, poussé… sauf sur les chemins empruntés régulièrement par les chats et par moi. Là, l’herbe reste toujours rase. Mi-juin j’ai juste élargi un peu ces chemins parce qu’ils avaient tendance à se refermer avec le versage des hautes tiges. Je préfère limiter le risque de tiques, et ça facilite la circulation avec les arrosoirs.

Quant aux chats, ils sont au paradis ! Ils se planquent au milieu des touffes d’herbe pour faire la sieste et se croient invisibles [parfois ils le sont d’ailleurs vraiment]. Le voisin s’étonne de ne plus voir son chat. Bah forcément, il est toujours fourré ici… Si le voisin était un chat, il comprendrait pourquoi ^^

Pendant ce temps, à côté, le « terrain de foot » (ex-sapinière) des autres voisins est consciencieusement tondu à ras, au tracteur, au moins une fois par semaine. Même quand il n’y a que 2mm qui ont poussé. Et comme il faut que tout soit « propre », les bords et le talus sont consciencieusement entretenus aussi. A la débroussailleuse thermique bien sûr. Ils ne connaissent que les trucs à moteurs : souffleur au lieu de râteau, quad au lieu de vélo… [ok j’avoue que j’envie leur tronçonneuse quand je nourris mes tendinites à scier des bûches sèches 😀 ]

Moi qui m’étais réjouie de surprendre un soir deux hérissons sur la terrasse, espérant déjà qu’ils généreraient une nombreuse descendance, j’ai ainsi retrouvé l’un d’eux méchamment scalpé. Il faisait affreusement peine à voir, sa blessure était déjà envahie d’asticots et le centre de revalidation n’a hélas pas réussi à le sauver 😥 J’ai eu beau en parler au voisin, ça n’a rien changé.

Je suppose que mon jardin sauvage les rend malades autant que leur terrain de foot me fait mal au cœur. Mais tout n’est pas perdu : j’ai entendu la voisine s’extasier en découvrant qu’ils étaient les heureux propriétaires d’une mini-touffe de pâquerettes !

Et puis ils ont planté bien 5 ou 6 arbres fruitiers… certes à 1 mètre du bord de leur terrain, parce que c’est plus facile pour laisser passer le tracteur-tondeuse que de les planter en plein milieu. Pour la vue en verger, c’est râpé.

Moi j’ai besoin d’être entourée de vert, alors je compense avec ma prairie champêtre… J’ai même acheté une mini-faux. Les années précédentes j’utilisais une vieille tondeuse électrique, mais là je crois qu’elle rendrait l’âme si j’essayais. Reste à trouver le bon geste pour faucher efficacement [pour l’instant ce n’est pas gagné !] car je vais couper une partie à tour de rôle, c’est nécessaire pour maintenir l’équilibre.
Sans cela, il n’y aurait in fine que des ronces et des érables.

Les avantages de cette approche :
– le gain de temps, très appréciable, ne nous mentons pas !
– la diminution des nuisances sonores (je sais pas vous, mais moi j’en ai marre des vrombissements de tondeuse non-stop chaque week-end)
– c’est sauvagement beau, j’ai l’impression d’être en vacances et le paysage évolue au fil des saisons / des années
– ça crâme moins vite en période de canicule grâce à l’ombre qui garde la fraîcheur, même si la surface d’évapotranspiration augmente
– les chats adorent. Je cite : « Amai! Zo’n leuke savanne! » (Madame Kennedy)
– le foin obtenu peut servir à pailler aussi bien qu’à nourrir les cochons d’inde d’une voisine
– et last but not least, le gain de biodiversité bien sûr ! Des centaines de plantes différentes se développent librement, ont le temps de fleurir pour les butineurs (vous voyez encore beaucoup de papillons, vous ?), les insectes peuvent effectuer tout leur cycle, servent ensuite de nourriture aux chauves-souris et aux oiseaux, qui bénéficient aussi des plantes montées en graines, etc.

N.B. : ce qu’on appelle pompeusement « hôtel à insectes » devrait en réalité s’appeler « garde-manger pour prédateurs ». Pas plus tard que ce matin un couple de pics épeiche était en train de faire voiture-bélier dessus et s’y servir allègrement. Cela dit c’était la première fois que j’en voyais ici, donc malgré tout j’étais plutôt contente 🙂

Les inconvénients :
– les graminées… aaaatchi !
– certains envahisseurs qu’il n’est pas facile de contenir (ronce, mélisse, etc.)
– cela peut laisser croire à des candidats cambrioleurs que la maison est inoccupée
– le regard des voisins… heureusement les miens sont sympas et on s’entend bien malgré nos différences de points de vue !
– les limaces auxquelles ça donne plein d’abris (j’en ai enlevées +70 ce matin rien que sur un petit hortensia…)
D’ailleurs, faudra un jour qu’on m’explique pourquoi elles font de la dentelle de mes artichauts alors qu’elles dédaignent les chardons !

J’espère à terme que le jardin trouve un certain équilibre et qu’il puisse servir d’oasis dans un milieu globalement peu accueillant, entre pseudo terrain de foot et parking. A l’arrière se trouve un mini-reste de sapinière agonisante, au moins est-ce encore un peu sauvage… mais je vois davantage d’écureuils en allant à Bruxelles que dans ma campagne où il semble que le premier réflexe de chaque nouvel acquéreur soit d’abattre les arbres 😥

Le rapport sur la biodiversité, présenté tous les 4 ans par l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN), est sorti aujourd’hui et acte l’échec de la communauté internationale à respecter l’objectif fixé en 2002 : freiner l’érosion de la biodiversité.

Extrait du Monde :

C’est le tableau le plus exhaustif de l’état de la biodiversité planétaire (…) [il] confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide que lors des grands épisodes d’extinction du passé.

(…)

Sur 45 000 espèces, 16 928 sont menacées d’extinction, soit 1 oiseau sur 8, 1 mammifère sur 4 et 1 amphibien sur 3.

Derrière ces tendances globales, le rapport s’attarde sur le sort des espèces menacées utilisées par l’homme pour son alimentation ou pour la médecine traditionnelle. Pour conclure à une situation encore plus critique : « 36 % des mammifères consommés par les hommes sont en danger, contre 21 % en moyenne« , souligne J.-C. Vié en pointant la menace que cela constitue pour la sécurité alimentaire.

Les auteurs du rapport ont par ailleurs essayé d’évaluer l’impact futur du changement climatique. Si la plupart des espèces de la Liste rouge sont sensibles au réchauffement, un plus grand nombre d’espèces, aujourd’hui considérées en bon état de conservation, seront, selon eux, gravement touchées par la transformation de leur environnement.

« L’étendue des espèces sensibles a de quoi faire frémir« , observe M. Vié. Aujourd’hui, la destruction des habitats liée à la poussée urbaine et à l’intensification de l’agriculture, la surexploitation et la présence d’espèces invasives restent les principales causes de l’érosion de la biodiversité.

(…)

Doucement mais sûrement la forêt amazonienne brésilienne perd du terrain. En douze mois, la végétation tropicale a encore reculé de 11 968 km2 (comptez 700.000 km² rien que pour ces 30 dernières années, chiffres du Monde), soit une accélération du rythme de la déforestation de 3,8 % en un an. Le ministre de l’environnement du Brésil, Carlos Minc, considère pourtant que « la déforestation est stabilisée« .

L’essentiel des destructions (de l’ordre de 80%, chiffres du Monde) est illégal . La législation actuelle ne parvient à arrêter ni les tronçonneuses ni les incendies volontaires (22.000 incendies en 2007, chiffres du Monde), et les défenseurs de l’environnement se mobilisent aujourd’hui pour empêcher la révision du Code forestier, qui pourrait, disent-ils, être fatale à la forêt. Ils ont face à eux le puissant lobby de l’agrobusiness, qui assure manquer de terres pour répondre à la demande. (NdDDC : la demande de quoi ? de soja transgénique ? d’agrocarburants ?)

A Brasilia, le Congrès discute actuellement de la diminution de la « réserve légale » instaurée par le Code forestier, cette part de végétation sauvage que tout propriétaire doit préserver, sur une parcelle située dans le bassin amazonien. Cette réserve passerait de 80 % à 50 % de la surface. Le Sénat a approuvé cette disposition en décembre 2007, au lendemain de la conférence sur le climat de Bali. La commission de l’environnement de la Chambre des députés, dominée par des représentants du monde rural, pourrait l’imiter avant la fin de l’année, mais les débats y sont tendus. (…)

« Le gouvernement doit clarifier sa position, estime José Sarney Junior, député du Parti vert et membre de la commission parlementaire, car il hésite entre laisser la frontière agricole avancer sur la forêt et préserver le rôle d’une région qui rend service à la planète entière. » L’importance du secteur agricole, premier exportateur mondial de soja et de viande, a cependant souvent incité les autorités de Brasilia à donner raison au monde rural. (…)

Dans le nouveau projet, les ruralistas (lobby agricole) ont pour l’instant obtenu la possibilité de replanter sur la partie déboisée des espèces dites « exotiques », étrangères au milieu naturel, par exemple des palmiers qui assureraient un bon rendement aux propriétaires. Ceci au grand dam des écologistes.

Ce sont les Etats brésiliens de l’Amazonie, rongés par l’agriculture intensive, qui battent les records de déforestation. Cette année, la moitié des destructions a eu lieu dans l’Etat du Para. Selon le ministère de l’environnement, seules 3 des 36 municipalités où se concentrent l’abattage des arbres et la lutte contre la déforestation ont respecté la loi de 80 %. Brasil Novo n’a conservé que 17,47 % de sa forêt. (…)

« Le point de non-retour en Amazonie est proche, estime Gilvan Sampaio, de l’Institut national de recherche spatiale, qui observe par satellite la déforestation. Si 30 % de la forêt étaient encore détruits, cet écosystème cesserait d’exister, remplacé par un autre – une sorte de savane. » Au rythme actuel, la moitié des arbres aura disparu en 2050.

Autres chiffres :
Réserves d’eau : 23 % de l’eau potable de la planète.
Emission de CO2 du Brésil : 1 milliard de tonnes en 2004, dont 75 % sont dus aux brûlis de la forêt.

Lire l’article complet sur Le Monde.

Bien sûr, la crise actuelle des banques n’enchante aucun épargnant et je me fais du souci pour mes petites économies comme tout le monde. Mais les solutions, ou plutôt temporisations, apportées par les gouvernements sont-elles vraiment pertinentes ? Je me permets de citer Aureliano :

Quels que soient les soubresauts, de plus en plus violents, de la bourse, les vrais indicateurs, les vraies causes, sont évidemment ailleurs.

Et chaque jour qui passe voit les gouvernements occidentaux jeter des milliards, puis des dizaines de milliards et maintenant des centaines de milliards dans la bataille, pour essayer de sauver quoi ? l’humanité ? la planète ? la biodiversité ? le climat ? les entreprises ? les gens ?
Non, le système bancaire.

Mais, de grâce, laissez tomber le système bancaire !

(lire la suite)

Pendant ce temps les experts de l’UICN estiment que 36% des mammifères sont menacées d’extinction. Et la moitié des espèces est « en déclin » – certaines n’existent même plus à l’état sauvage et survivent seulement en captivité.

Il est pourtant possible de redresser la situation : grâce à différentes mesures de conservation, des résultats encourageants ont été obtenus pour 5 % des mammifères menacés.
Mais « plus nous attendrons, plus cela coûtera cher pour empêcher de nouvelles extinctions d’espèces », a averti Jane Smart, responsable du programme des espèces.

Infos extraites de : Le Soir

Ce samedi 30 août 2008 aura lieu la 10ème nuit européenne des chauves-souris. Diverses activités sont organisées un peu partout, pour petits et grands : de la construction de nichoirs aux promenades nocturnes en passant par la visite de grottes ou la projection de vidéos. Profitez-en pour en apprendre plus sur ces vifs petits acrobates nocturnes, seuls mammifères pouvant vraiment voler !

Les espèces présentes dans nos régions sont de petite taille et utilisent la localisation par ultra-sons. Inoffensifs pour l’homme et très utiles pour la nature, ces insectivores jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de l’écosystème (environ 3000 insectes par nuit pour une pipistrelle !).

Malheureusement les chiroptères voient leur population se réduire comme peau de chagrin, principalement à cause des changements apportés dans son environnement par l’homme.
Voici un lien pour mieux connaître les chauves-souris ainsi que le site de Plecotus (Natagora).
Ci-dessous une dépêche du 25/08/2008 sur le site du Soir :

Les éoliennes, potentiellement dangereuses pour les oiseaux qui risquent de heurter les pales, le sont encore plus pour les chauves-souris, qui peuvent succomber aux chutes de pression observées à proximité des turbines, selon une étude parue aux Etats-Unis. Cette hécatombe pourrait à terme risquer de menacer ces animaux d’extinction avec un impact notable sur l’écosystème alors que les chauves-souris se nourrissent d’insectes nuisibles aux récoltes, craignent des experts. Quelque 90 % des corps de chauves-souris retrouvés près d’éoliennes montraient des signes d’hémorragie interne provoquée par un traumatisme résultant apparemment d’une chute soudaine de la pression de l’air appelé barotraumatisme. La moitié des chauves-souris tuées avaient des signes d’impact direct avec des pales d’éolienne.

edit> Ce serait une étude canadienne et il y a plus de détails dans Le Monde

Ce n’est pas nouveau (sauf pour les journalistes du Monde semble-t-il) mais le répéter ne peut pas faire de tort : la 6e extinction massive d’espèces est déjà là, à nos portes, mais nous pouvons peut-être encore l’éviter ou du moins en limiter la portée.

Extraits de l’article (13.08.2008) :

L’espèce humaine a tellement modifié son environnement qu’elle porte maintenant gravement atteinte à la biodiversité des espèces terrestres et marines, et à terme à sa propre survie. (…) Un mammifère sur 4, un oiseau sur 8, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril, constate l’UICN.

Est-il encore possible de freiner ce déclin des espèces, qui risque de s’amplifier quand notre planète portera 9,3 milliards d’humains en 2050 ? Les biologistes américains Paul Ehrlich et Robert Pringle pensent que oui, à condition de prendre plusieurs mesures radicales sur le plan mondial. Ils les présentent dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS) du 12 août, qui consacrent un dossier spécial à la sixième extinction.

En préambule, ces deux chercheurs n’hésitent pas à déclarer que « l’avenir de la biodiversité pour les 10 prochains millions d’années sera certainement déterminé dans les 50 à 100 ans à venir par l’activité d’une seule espèce, Homo sapiens, vieille de seulement 200 000 ans« . Si l’on considère que les espèces de mammifères – dont nous faisons partie – durent en moyenne un million d’années, cela place Homo sapiens au milieu de l’adolescence. Or cet « ado » mal dégrossi, « narcissique et présupposant sa propre immortalité, a maltraité l’écosystème qui l’a créé et le maintient en vie, sans souci des conséquences« , ajoutent sévèrement Paul Ehrlich et Robert Pringle.

Il faut donc, selon eux, insuffler un changement profond dans les mentalités, de façon à porter un autre regard sur la nature. Car, disent-ils, « l’idée que la croissance économique est indépendante de la santé de l’environnement et que l’humanité peut étendre indéfiniment son économie est une dangereuse illusion« . Pour contrer cette dérive, il faut commencer par maîtriser l’expansion démographique et diminuer notre surconsommation des ressources naturelles, dont une bonne part sert à assouvir des goûts superflus et non des besoins fondamentaux. (…)

Autre angle d’attaque : les services offerts par la biosphère sont nombreux et gratuits. Elle fournit les matières premières, les systèmes naturels de filtration des eaux, le stockage du carbone par les forêts, la prévention de l’érosion et des inondations par la végétation, et la pollinisation des plantes par des insectes et des oiseaux. A elle seule, cette dernière activité pèse 1,5 milliard de dollars aux Etats-Unis. (…)

(…) les deux chercheurs s’inquiètent du divorce croissant, dans les pays industrialisés, entre la population et la nature, divorce dû à l’utilisation intensive du multimédia. Ils remarquent que, « aux Etats-Unis, la montée des médias électroniques a coïncidé avec une baisse importante des visites des parcs nationaux, après cinquante ans de croissance ininterrompue« . (…)

Extraits (mélangés) de deux articles du 16 août 2008 parus dans Le Monde : « Mers mourantes » et L’activité humaine menace d’asphyxie les eaux côtières

(…) les océans sont menacés de se transformer en déserts liquides, par la faute de l’activité humaine. La surpêche est la cause la plus voyante de cette grande vidange de la vie marine. Mais un autre phénomène délétère, plus discret, monte en puissance : l’eutrophisation, qui prive les eaux d’oxygène. Aujourd’hui, plus de 400 zones côtières dans le monde étouffent, ainsi que le décrit une étude publiée par MM. Diaz et Rosenberg dans la revue Science. Les auteurs le précisent, « le nombre de zones mortes a approximativement doublé chaque décennie depuis les années 1960« . Ces dernières représentent aujourd’hui 405 sites totalisant 245 000 km2, soit la surface de la Nouvelle-Zélande. Pour les auteurs, ces régions constituent désormais « un des éléments-clés du stress qui frappe les écosystèmes marins« .

A l’origine de ces asphyxies océaniques, on trouve une nouvelle fois l’homme, via ses eaux usées, ses rejets industriels dans les fleuves, la pression de son tourisme sur les côtes et surtout ses engrais. Pour faire bonne mesure, on pourrait ajouter à ce sombre tableau les effets à venir du réchauffement climatique. Celui-ci agira au travers de trois processus : le débit des fleuves, l’augmentation de la température marine, qui accentue l’activité microbienne, et les phénomènes climatiques, tels les cyclones tropicaux, qui brassent brutalement les eaux. Il risque aussi de lessiver les sols par des pluies plus importantes et d’apporter aux mers encore plus de matière organique… et encore plus d’engrais.

Lorsque l’azote et le phosphore pénètrent en grandes quantités dans les eaux, ils entraînent la croissance excessive d’algues microscopiques, le phytoplancton. Quand ces dernières meurent et tombent au fond de l’eau, elles causent la prolifération de bactéries aérobies, qui consomment une grande quantité d’oxygène. Lorsque ce phénomène se produit dans des eaux qui ont tendance à se stratifier, l’oxygène des profondeurs baisse jusqu’à un taux de 2 ml/litre d’eau de mer, voire moins. On parle alors d’hypoxie.

Quand l’hypoxie perdure et s’aggrave, elle « entraîne la mort des organismes qui vivent sur les fonds marins, crustacés, coquillages, corail, qui constituent le benthos« , explique L.-A. Romana, responsable de l’environnement côtier à l’Ifremer. La chaîne trophique qui relie le phytoplancton, le zooplancton, les petits poissons et les grands prédateurs marins est alors rompue.

Le temps semble par conséquent venu, tant pour l’avenir des terres qui s’épuisent que pour celui des mers qui se vident, de reconsidérer certaines pratiques de l’agriculture intensive. Dans un rapport d’expertise scientifique rendu en juillet, l’Inra reconnaît que, pour une meilleure prise en compte de la biodiversité, il faut tâcher de « diminuer l’utilisation des engrais et des produits phytosanitaires« . MM. Diaz et Rosenberg suggèrent de réduire l’emploi des fertilisants de façon à retrouver les quantités utilisées au milieu du XXe siècle.

Extrait de l’article « La pilule influencerait le choix du partenaire« , La Libre, 13/08/2008.

Instinctivement, les femmes seraient attirées par le biais de l’odorat (*) vers des hommes génétiquement différents afin d’assurer la diversité biologique favorable à l’espèce, expliquent les chercheurs de l’Université de Liverpool dont les travaux sont publiés mercredi dans les comptes rendus de la Société Royale britannique. Or, selon les résultats de cette nouvelle étude, « les préférences de celles qui commencent à utiliser la pilule contraceptive vont vers les hommes dont les odeurs sont génétiquement similaires« , selon le principal auteur, Craig Roberts.

(*) les gènes du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH/MHC), impliqué dans les réactions immunitaires, jouent en effet également un rôle dans les odeurs dégagées par l’homme, par l’intermédiaire des bactéries de la peau.

Le fait que les femmes utilisant la pilule aillent plutôt vers des hommes génétiquement similaires pose deux problèmes, avance le chercheur : « Non seulement la similitude génétique (sur le plan du CMH/MCH) des couples pourrait conduire à des problèmes de fertilité », mais cela pourrait aboutir également à la rupture de la relation chez les femmes qui cessent d’utiliser la pilule, étant donné le rôle significatif de l’odorat dans le maintien de l’attraction entre partenaires.

Après cet interlude musical, revenons aux choses sérieuses et atterrissons sur terre, ou plutôt sur Terre… car je vous ai préparé un petit « melting pot » de l’actualité de notre planète ces derniers mois – non exhaustif bien sûr ! Si vous n’avez pas le temps ou l’envie de tout parcourir, je vous recommande le dernier article présenté (« Noël en famille »).

Les animaux malades de leurs congénères

Extrait du Monde, 23.01.07, P. Le Hir

France – 50 espèces perdues, 89 autres gagnées : pour la biodiversité, la balance semble positive. Mais l’arithmétique et la vie ne font pas bon ménage. Les animaux introduits étaient déjà présents sur d’autres continents et ne compensent donc pas les extinctions. « On assiste, à l’échelle du globe, à une banalisation des faunes« , s’inquiète M. Pascal, de l’INRA.

1er constat : l’histoire des vertébrés a été fortement influencée par l’homme moderne. Certes, quelques-uns n’ont pas survécu à la hausse des températures qui a marqué l’entrée dans l’holocène. C’est aussi le réchauffement climatique qui met aujourd’hui en concurrence certaines espèces, en modifiant leurs aires de répartition.

Mais, bien souvent, le coupable est Sapiens sapiens, qui a exterminé, pour leur viande ou leur peau, toutes ces espèces. Plus récemment, l’agriculture, l’urbanisation, les voies de communication, le tourisme ont détruit les milieux naturels. Signe de cette pression anthropique, le rythme des disparitions s’est accéléré, passant de moins de une par siècle jusqu’au Moyen-Age à plus de 10 par siècle depuis l’ère industrielle.

Les introductions d’espèces nouvelles se sont simultanément multipliées depuis le début du XIXe siècle. Ces colonisations, souvent naturelles, ont aussi été le fait de l’homme, qui a acheminé les intrus dans les cales de ses bateaux ou les soutes de ses avions. A son insu, ou volontairement, pour en faire le commerce ou pour son agrément. « Les invasions biologiques peuvent avoir un impact désastreux sur la biodiversité, commente M. Pascal. Si l’ignorance peut excuser les introductions d’un lointain passé, ce n’est plus le cas. »

Les scientifiques au chevet de la planète menacée par la bombe climatique

Extrait du Monde, 29.01.07

Fonte des glaces flottantes et des sols gelés en profondeur, diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers… le réchauffement planétaire déjà à l’œuvre et, surtout, à venir.

La fonte des glaces, la dilatation des océans sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par « rétroaction« , jouer les accélérateurs du processus. Les climatologues redoutent en effet qu’au-delà d' »effets de seuil« , ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu’il soit possible pour l’heure « de déterminer les limites à ne pas franchir« , explique E. Bard, du Collège de France.

Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8 °C en un siècle, pour moitié au cours des 30 dernières années. « Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n’importe quelle année depuis plus de 140 ans« , note le climatologue français J. Jouzel.

Le GIEC « est l’outil qui peut exprimer une certaine forme de consensus dans la communauté scientifique et permet de faire l’interface avec les décideurs« , note H. Le Treut, directeur d’un laboratoire de météorologie dynamique. Mais le consensus est un exercice « délicat« , estime-t-il, en se déclarant pour sa part opposé à la publication dans le rapport du GIEC d’une fourchette de hausses des températures en 2100 liée à des scénarios économiques différents.

« La notion de fourchette a été sacralisée autour de scénarios qui ont été choisis un peu arbitrairement, indique M. Le Treut. Si on nous donne des scénarios différents, on peut avoir des résultats différents mais cela ne veut pas dire que le danger pour la planète est différent. »

Un risque d’emballement des températures

Extrait du Monde, 29.01.07, S. Foucart

Ces mécanismes, appelés « rétroactions positives« , se produisent lorsqu’un écosystème – voire le système océan-atmosphère-glaces dans son ensemble – réagit à l’augmentation des températures, en aggravant le phénomène perturbateur.

L’exemple le plus fréquemment cité est celui du recul de la banquise. Plus les températures augmentent, plus la banquise recule ; plus la banquise recule, moins le rayonnement solaire est réfléchi ; moins le rayonnement solaire est réfléchi, plus les températures augmentent.
La fonte du pergélisol (permafrost) pourrait relâcher des quantités importantes de carbone dans l’atmosphère.

Les inconnues sont nombreuses. « Aujourd’hui, les forêts continentales constituent un puits de carbone qui absorbe ~ 1/4 des émissions humaines de CO2, explique E. Bard. Mais l’évolution de ce puits de carbone est incertaine. En majorité, les modèles théoriques indiquent que cette capacité de stockage devrait diminuer au cours du prochain siècle : le réchauffement favorise la décomposition de la matière organique dans le sol, ce qui réinjecte du CO2 vers l’atmosphère. »

Ce n’est pas tout. « La réponse de l’océan, qui pompe environ 1/3 des émissions, est aussi une source d’inquiétude, poursuit M. Bard. Le CO2 se dissout moins bien lorsque les eaux de surface deviennent plus chaudes et acides. » Par ailleurs, le réchauffement devrait contribuer à ralentir les courants marins profonds. Or, ces derniers transportent le carbone au fond des océans. Ce ralentissement devrait donc aussi contribuer à l’augmentation du CO2 atmosphérique.
Fragilisé, le phytoplancton produirait moins de matière organique. Soit autant de millions de tonnes de CO2 atmosphérique qui cesseraient d’être épongées.

Bien sûr les gouvernements doivent prendre des mesures. Mais les gens doivent également changer leurs habitudes. Or les gens, c’est moi, c’est toi… Illustration :

Noël en famille ou 15 litres de pétrole…

Extrait du Soir, 30.01.07, P. Ozer et D. Perrin

La semaine précédant Noël, j’ai décortiqué les publicités de mon hypermarché et voici ce que j’ai pu concocter pour 8 personnes avec, entre parenthèses, les km parcourus entre le pays de production et la Belgique ainsi que les kg de CO2 émis uniquement pour le transport aérien intercontinental de ces produits achetés. L’analyse se focalise sur le transport par voie aérienne puisque celui-ci émet, en moyenne, 60 fois plus de CO2 que par voie maritime.

D’abord, un bouquet de 20 roses au centre de la table. La provenance de ces fleurs est kenyane et le mode de transport aérien (6 550 km, 5,2 kg de CO2).

Commençons par un velouté d’asperges aux langoustines. Le légume nous vient du Pérou par avion (10 500 km, 12,5 kg de CO2) et les langoustines ont été acheminées, une fois décortiquées et congelées, par bateau depuis l’Indonésie (14 000 km). Remarquez que, du point de vue des émissions de CO2, il est encore préférable d’acheter des langoustines élevées en Asie du Sud-Est plutôt que ce même crustacé pêché en Ecosse – quel paradoxe ! En effet, ce dernier, une fois attrapé dans les eaux européennes, va faire un périple extraordinaire par bateau jusqu’en Thaïlande d’où, une fois décortiqué, il retournera sur le marché européen (22 000 km). Une délocalisation due au fait que je préfère (comme 70% des consommateurs) acheter des crustacés décortiqués.

Après 2 bouteilles de Sauvignon blanc chilien (11 900 km), nous attaquons le plat de consistance. J’ai longtemps hésité entre le springbok de Namibie (8 300 km), le kangourou australien (16 700 km), l’autruche d’Afrique du Sud (8 900 km), la biche de Nouvelle-Zélande (18 700 km) et le bison canadien (5 600 km). Un peu perdu, je me suis finalement engagé à un simple steak-frites-salade bien de chez nous. Mon hypermarché m’offre un steak de boeuf argentin venu par avion (11 300 km, 14,5 kg de CO2) à un prix 30% inférieur au Blanc-Bleu-Belge… Comment résister ? Pour les frites maison, j’achète des pommes de terre « bio » qui viennent du Sud de la France par camion. Quant à la salade, elle vient d’Espagne. Alors, l’espace d’un instant, je m’interroge… Pourquoi dit-on que c’est le plat traditionnel belge par excellence ? Mais ce questionnement futile se dissipe rapidement car je dois vite ouvrir les bouteilles de Cabernet Sauvignon californien (8 900 km).

Mon épouse se charge du dessert. Une salade de fruits réalisée exclusivement avec les fruits frais en promotion trouvés au magasin. Il s’agit de poires nashi de Corée du Sud, de mangues, papayes, figues et melons charentais du Brésil, de fruits de la passion de Colombie, de grenades des Etats-Unis, de fraises d’Israël, d’ananas d’Amérique centrale, de cerises d’Argentine et de caramboles de Malaisie. Nous décidons d’y ajouter deux kiwis de Nouvelle-Zélande, une orange d’Afrique du Sud et une pomme belge pour que tous les continents soient représentés dans le même récipient. Evidemment, alors que nous approchons des 12 coups de minuit, qu’il fait toujours 10°C dehors et que mon fils de 3 ans me répète que ce n’est pas Noël puisqu’il n’y a pas encore eu de neige, un tel dessert a un coût : une distance cumulée de 126 000 kilomètres et une facture approximative de 9 kg de CO2 émis. Là-dessus, je débouche un mousseux blanc de Tasmanie (17 100 km).

In fine, la distance totale parcourue par tous ces produits est de 209 000 km, plus de 5 tours du monde, soit 41,3 kg de CO2. Cela équivaut aux émissions de CO2 d’un véhicule ordinaire parcourant la distance de 258 kilomètres, soit approximativement 15 litres d’essence pour moins de 6 kg de nourriture !

Pourtant, un bouquet de houx, une soupe au potiron, suivie du même steak-frites-salade à base de produits locaux, une salade de fruits sans fraises, cerises… et des vins français nous permettraient de diminuer de plus de 80% les émissions de CO2 dues au transport.

Veiller à ce que nous mettons dans notre assiette fait partie des multiples petits actes citoyens que nous pouvons poser pour diminuer notre empreinte écologique. Le transport de marchandises par voie aérienne était de 2 milliards de tonnes/km transportées en 1960. En 2006, ce chiffre est passé à 150 milliards.

Un supermarché scande « Vivez comme vous voulez« , un autre clame « Et tout devient possible« . Nous en sommes intimement convaincus. Et si nous, consommateurs, n’achetons plus de cerises d’Argentine, de fraises d’Israël ou de myrtilles du Chili en hiver, ils n’en proposeront plus. Ensemble, nous pouvons forcer le changement. Et tout cela sans réellement perdre de notre confortable qualité de vie.

De plus en plus d’espèces animales menacées d’extinction

Extraits de Le Monde du 02.05.06

L’ours polaire et l’hippopotame font leur entrée dans la longue liste rouge des espèces menacées de disparition par l’intervention humaine, selon l’Union mondiale pour la nature (IUCN). Plus importante organisation de conservation animale, l’IUCN a recensé, depuis 1948, 16 000 espèces animales et végétales menacées d’extinction.

La liste publiée mardi comporte 530 espèces de plus que la précédente, parue 2 ans auparavant.

L’Union appelle la communauté internationale à assurer une meilleure protection de la biodiversité en réduisant l’émission de gaz à effet de serre et en contrôlant strictement la pêche et la chasse. Sans diminution de la production de gaz à effet de serre, la population des ours polaires, classée dans les espèces « vulnérables », aura reculé de 30 % dans 45 ans par la destruction progressive de leur habitat naturel, la banquise.

Parmi les espèces « en danger » figure l’hippopotame, victime d' »un déclin catastrophique en République démocratique du Congo », où 95 % de la population a été détruite par la chasse depuis 1994, estime l’IUCN.

Les océans ne sont pas épargnés, selon les chiffres de l’IUCN. Au total, 20 % des espèces de requins et de raies figurent dans la liste. Achim Steiner, directeur général de l’Union, a tenu à rappeler que « nous ne devons pas être passifs face à la tragédie en cours de la disparition de la biodiversité et de l’extinction des espèces ».

Avec AFP

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