Pour comprendre ce qu’est le « Je ne teul’fais pas dire! », faites un tour chez Mahie 😉

Aujourd’hui je me sens : épuisée. Ça fait trop longtemps que je travaille sur le PC jusque passé minuit, week-ends compris. Dernière ligne droite ce soir normalement, pour une des choses à faire du moins.

Ce matin la première personne à qui j’ai parlé une fois sortie de la maison : bah je suis pas sortie de la maison… Confinement, télétravail obligatoire, etc. vous connaissez la chanson. J’ai juste parlé 10 minutes avec un collègue par visioconférence. J’ai une vie sociale du tonnerre de Zeus.

J’ai été super contente de : voir que mon club sportif a réussi un « challenge » participatif. Etant privé d’activités et de rentrées pour le moment, ça lui fera du bien de recevoir ce petit subside.

Ça m’a franchement énervé de : quand quelqu’un mange allègrement sa parole en ne respectant rien de ce qui a été convenu, et qu’on te reproche de ne pas utiliser un ton « positif » quand tu soulèves le point (et cerise sur le gâteau, que les autres personnes des deux bords ayant participé s’abstiennent de toute réaction).

La prochaine fois je sors mon plus lumineux sourire et ma plus suave voix pour demander « pourriez-vous s’il vous plaît mettre un peu plus de vaseline, qu’on se rende moins compte que vous nous entubez ? »

Ma conversation/situation surréaliste de la semaine : quand une personne élue par les travailleurs parle sans vergogne comme si elle avait la casquette de la direction… 😥

Je suis grognon : non, je dirais plutôt atterrée, triste et désespérée

Ah si je suis grognon vis-à-vis de WordPress qui cesse soudain d’écrire ce que je tape avec ses sauvegardes automatiques multiples et inopportunes. Même lorsqu’il a fini d’enregistrer, il faut d’abord recliquer avec la souris dans le texte pour qu’il daigne reprendre le fil… ça me saoule.

Nan, mais franchement, tu trouves ça normal de/que : les politiciens et autres suppôts des grandes firmes nous prennent à ce point pour des cons ?

C’est exquis de : entendre les petits roucoulements tout mignons de Madame Kennedy et enfouir mes mains dans sa fourrure si moelleuse ❤

Ça me rend extatique :  de regarder les flammes danser. C’est hypnotisant. Je ne me lasse pas de ce poêle à bois, il me donne une raison de me réjouir quand le froid revient.

En ce moment je lis : Adaptation radicale (Deep adaptation), de Jem Bendell. Une lecture que je recommande à tout le monde pour essayer d’arriver à mieux faire face à ce qui est en train de nous arriver droit dans la gueule.

Je dis « respect » à : mon maraîcher.

Et de manière plus large à tous ceux qui pensent par eux-mêmes, qui résistent au rouleau-compresseur, qui créent des possibles, qui se font les protecteurs de ceux qui n’ont pas de voix, qui mettent en pratique d’autres façons de vivre, qui essayent d’être cohérents avec leurs valeurs et d’inventer un futur solidaire et rempli d’amour.

Je ne résiste pas à : un petit œuf en chocolat, hélas (ça marche aussi avec : un bout de fromage, des fruits secs, etc.)

J’vais t’dire une bonne chose : il y a PLEIN de choses qui tuent plus sûrement et plus largement que le covid et pour lesquelles on ne met pourtant pas en œuvre le quart du tiers des mesures actuelles. Je suis perplexe.

Dans ma bagnole je n’ai besoin de personne et j’écoute à fond : un melting-pot éclectique (pléonasme ou périssologie ?)

La pensée hautement philosophique de la semaine : Mieux que rien, c’est pas assez. Less bad is not good.

Je me taperais bien : des asperges. Va falloir patienter encore quelques semaines.

J’ai été raisonnable : oui, je n’ai pas tout envoyé balader. Mais est-ce forcément positif d’être raisonnable ?

Cette semaine pour la première fois j’ai : pleuré à une réunion au boulot. C’est pratique les confcalls sans caméra et en mute.

En moins déprimant, c’est aussi la première fois que j’ai alimenté une de ces appli sportives qui retracent votre parcours, votre vitesse, etc. Bon c’était « pour une bonne cause » et je supprimerai ça asap, mais ça m’a fait rire de voir qu’une promenade que j’avais faite avait pile la forme d’un… canard !

C’est bien la dernière fois que je : oulah, il y a beaucoup de choses que j’aimerais ranger dans cette catégorie mais il ne suffit pas de l’écrire hélas 😀

L’émission de tv, de radio, ou l’article de presse qui m’a le plus frappé cette semaine c’est : je n’ai pas la tv, n’écoute pas la radio, et essaie de moins lire la presse. Alors ce qui m’a marquée c’est le chapitre concernant la révolution agricole dans le bouquin « Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari. Y a pas à dire, les cocos : on s’est magnifiquement piégés !

Plutôt que d’être assise à mon bureau, là tout de suite j’aimerais mieux : me promener en bonne compagnie dans les montagnes ou sous terre

Photos du printemps dernier, lors d’un petit tour pour se dépoussiérer et se bouger les fesses avant l’arrivée des escarres :mrgreen:

Je n’ai pas dû bien comprendre 😉

Je travaillais 4 jours/semaine. A présent je travaille à temps plein et, malgré la diminution de salaire qui accompagne ce changement, je m’en réjouis.

« Gü ? » me direz-vous peut-être.

En fait je passe à 3 jours/semaine dans mon job actuel, et le reste du temps je travaille pour une petite association. Ce n’est pas la reconversion dont je rêvais (ça reste du travail devant écran et le contenu en soi ne va pas beaucoup faire travailler mes neurones) mais bon sang ce que ça fait du bien !

C’est un pas de côté. Un pas vers davantage de sens et de cohérence.
Un petit pas facilité il est vrai par le faible risque pris, mais un grand pas pour moi qui réfléchis trop, toujours à anticiper ce qui pourrait mal se passer et à me retrouver paralysée.

Un pas pour ne plus subir, pour ne plus se sentir impuissant, pour reprendre un peu le contrôle de sa vie.
Un pas pour arrêter de rester spectateur en se demandant si (quand) on va finir par craquer.

Je ne me suis pas laissé le temps de réfléchir. Je n’ai pas fait de calculs.
Il y a des fois où il faut être aveugle pour ne pas voir les signaux que la vie nous envoie.

A la minute où j’ai pris ma décision, j’ai senti un grand poids s’envoler.

Ca ne vaut pas un journal des événements au jour le jour et il n’y a pas le dixième des détails de tout ce qui a changé dans nos vies durant cette année mais voici une petite contribution en réponse à l’incitation du Dr. CaSo :

Janvier. Je ne me souviens pas de janvier. C’est juste un mois normal dans la vie « d’avant ». La vie où on pouvait se faire la bise, se faire un resto entre amis, voir le sourire des autres aux coins des lèvres qui remontent et pas uniquement aux yeux qui se plissent.

Les gens ne se battaient pas encore dans les rayons pour un paquet de PQ.
Certes la presse commence à parler d’un nouveau virus en Chine, mais c’est si loin de nous.

Février. Je fais une semaine de spéléo, coupée du monde extérieur. On chambre allègrement un gars qui tousse, potentiellement contaminé par son fils qui a dû être hospitalisé pour une… pneumonie.

L’Europe n’est pas encore en alerte, il y a eu quelques cas chez des voyageurs mais on n’est pas dans la parano et on s’entasse joyeusement à 40 dans la pièce servant de cantine. La « distanciation sociale » (quel horrible mot, alors qu’il s’agit de distanciation physique !) n’a pas encore été inventée.

Mars. Je reviens au bureau en ayant de soudaines et impressionnantes quintes de toux, ce qui commence à être sérieusement mal vu – aujourd’hui je passerais pour une criminelle ! Je décide de me mettre en télétravail quelques jours : je n’en reviendrai pas. Peu après, c’est obligatoire pour tout le monde. Un gouvernement d’urgence est apparu comme par magie (nous étions à 454 jours sans), ainsi qu’un nouveau mot : confinement.

C’est providentiel me concernant. Un véritable soulagement. Je gagne environ 12h par semaine en temps de trajet. J’en profite pour me lever une heure plus tard, ce qui est bienvenu car j’étais complètement épuisée. Je sème plein de graines et « cultive mon jardin ».

Par contre, finis les cours de musique, les cours de yoga, les séances de kiné ! Je ne peux même plus voir ma famille, mes amis, mes collègues… et j’angoisse pour eux.

Avril. On nous oblige à poser une semaine de congé endéans le mois. Je n’apprécie pas, mais d’un autre côté j’ai énormément de mal à me concentrer. On est au pic de l’épidémie, je me sens terriblement triste et impuissante pour les malades comme pour les soignants. On prend la tête du classement des pays par mortalité.

Je prends plein de demi-jours pour profiter des belles après-midis, sauf qu’en réalité j’arrive rarement à décrocher avant 15 ou 16h. En plus du boulot normal, il y a un surcroît important de travail lié au corona.

Les masques sont de plus en plus présents. Je vais rarement au supermarché en temps habituel, et là encore moins : de longues files d’attente se forment sur les parkings, chacun restant à 2m des autres. Beaucoup de gens font des réserves et les magasins en profitent pour augmenter leurs prix.

Les merdias sont anxiogènes au possible, ils sensationnalisent, renchérissent, se contredisent et malgré tout on ne peut s’empêcher d’une certaine boulimie d’informations – boulimie tout court aussi, d’ailleurs. Avec le stress et la sédentarité, j’ai pris 9 kg en 2 mois.

Mai. Début du chômage temporaire (à temps partiel). C’est très difficile de s’organiser en travaillant plic ploc un jour par-ci par-là, c’est frustrant et inefficace au possible. Et ça limite encore plus les contacts avec les collègues. Etant « interdits de connexion » les jours de chômage, beaucoup travaillent paradoxalement le soir et le week-end. Ça m’enrage. Je ne fais hélas pas exception.

Le moral chute, les contacts sociaux me manquent, heureusement il y a les chats et un temps magnifique qui invite à se dépoussiérer. Avec le confinement, on ne peut partir que de chez soi. La voiture est limitée aux trajets « essentiels ». Ma vieille imprimante asthmatique me crachote un plan à moitié effacé et je pars à la découverte des sentiers du coin, en sandales ou pieds nus.

Ca fait 5 ans que j’habite ici, je découvre soudain plein de lieux. Parfois c’est une belle découverte, parfois les sentiers ont été purement et simplement « privatisés » grrr. C’est pas les Alpes, mais ça donne un vague sentiment de liberté.

Juin. Avec le soleil, le sport et le temps libre généré par le chômage, tout s’améliore en flèche : mon moral, mon sommeil, mon poids, ma cheville… On parle d’animaux se promenant dans les villes, de dauphins venant dans les ports, de toute la pollution évitée. Le nombre de cas de covid a chuté spectaculairement, l’épidémie semble sur la fin.

Dans la rue tout le monde se dit bonjour en souriant, de parfaits inconnus parlent soudain entre eux, tout le monde est à pied ou à vélo, les gens vont moins dans les magasins, de beaux mouvements de solidarité ont lieu de partout… comment ne pas se sentir plein d’espoir sur une prise de conscience et un changement global ? Retrouver la simplicité, les liens avec les autres, prendre soin de l’environnement… ça y est, c’est en route !

Juillet. La situation sanitaire est pour ainsi dire au beau fixe et les frontières ont rouvert. Je pars trois semaines en France, je n’avais encore jamais pris des vacances aussi longues. Je vais à la montagne, je vais sous terre, je dépasse mes peurs et je déconnecte complètement. Je prends beaucoup de plaisir, et aussi quelques grosses claques dans la gueule.

Je rentre juste à temps pour éviter la nouveauté décidée par le Belgikistan : contrôles aux frontières, obligation de remplir des formulaires… Les contaminations sont sérieusement reparties à la hausse.

Août. Nous l’attendions, la voilà. La fameuse 2e vague. Les mesures durcissent, on ne peut voir que les personnes de sa « bulle sociale » (4 personnes à ce moment) et l’obligation du masque est généralisée.

La plupart des parents autour de moi n’en peuvent plus et espèrent que les écoles rouvriront bien à la rentrée. C’est un mois de canicule et d’attente. C’est aussi le dernier mois de chômage temporaire partiel.

Septembre. Le boulot reste en télétravail mais les écoles rouvrent, les cours de yoga recommencent timidement et même les cours de musique reprennent. Je n’ai pas touché mes instruments depuis février. J’ai l’impression que mes poumons ont rétréci mais quel plaisir de pouvoir rejouer ensemble !

Certains ont préféré ne pas se réinscrire cette année, par peur d’être contaminés et parfois aussi par crainte d’être vecteur de contamination pour les autres (instruments à vent…).

Je repars prendre l’air sous terre, là où le temps s’arrête, là où l’on se retrouve soi-même. Je me sens bien, j’ai même retrouvé le poids que j’avais à la fin de mes études. Revenir au quotidien est rude.

Octobre. Avec les retours de voyages et la rentrée scolaire, une flambée de cas s’est produite. L’ampleur de cette 2e vague rend la 1ère ridicule. Un « couvre-feu » est imposé, en accord avec le vocabulaire guerrier depuis longtemps utilisé.

Ça n’a aucun sens. J’en ai plein le dos au propre comme au figuré : de « la » covid, du boulot, des abus de pouvoir, des manipulations, des décisions iniques,… un énorme ras-le-bol doublé d’une douche froide concernant la prise de conscience espérée. Les rues sont pleines de masques jetés à terre, les gens surconsomment comme s’ils voulaient compenser les mois passés et les chiffres d’affaires d’Amazon & co atteignent des sommets.

Plus de yoga, plus de salle de sport. A force de travailler dans de mauvaises conditions ergonomiques, je commence à avoir mal partout : aux poignets, à la nuque, au dos, aux yeux, à la tête… et même aux fesses ! Le moral repart à la baisse et le poids à la hausse.

Novembre. Je m’autorise à aller mal. Je prends plein de rendez-vous pour régler mes problèmes physiques et psychologiques. D’un côté ça aide, de l’autre ça met encore plus sous contrainte le planning.

J’essaie de me reprendre et de retrouver la belle dynamique de cet été mais j’ai l’impression d’avoir la tête sous l’eau. Les kg continuent à s’accumuler, ce qui entretient la déprime dans un magnifique cercle vicieux.

Décembre. Depuis début novembre la situation sanitaire s’est incroyablement améliorée mais on est toujours sous confinement/couvre-feu/télétravail. On n’en voit pas le bout et la lassitude est prégnante. Les gens ont de plus en plus l’impression qu’on les prend pour des cons et respectent de moins en moins les mesures édictées pour le couillonavirus.

Miss se voit diagnostiquer un cancer et une grosse restructuration est annoncée au boulot. Sentiment de tristesse et de découragement.

Je n’en peux plus des écrans et des calls. Ça fait longtemps que je n’arrive plus à gérer mon temps et que je reste devant ce fichu écran de 8 à 23h voire plus.

Je n’attends qu’une chose : les vacances de Noël ! Évidemment, avec une « bulle » réduite à une personne, ça ne va pas être la fête. Je pense à ma grand-mère qui accorde tant d’importance à ce que toute la famille soit réunie ce jour-là. Je pense que c’est peut-être son dernier Noël. Je pense que ça va faire un an que je ne l’ai plus vue.

(cliquez pour agrandir)

Certains se précipitent dès qu’ils m’aperçoivent et voudraient que je leur tienne compagnie des heures.

D’autres m’évitent comme la peste, surtout lorsqu’ils se rendent compte que je les regarde.

Certains sont intéressés mais timides. Oui mais non. Un (autre) jour peut-être.

D’autres me snobent purement et simplement.

Au final je dois bien connaître la moitié des félins du village 🙂

Et comme le dit l’adage : « Soirs de poubelles, chats à la pelle » !

Je sais pas vous, mais moi l’hiver ça me fait cet effet-là :

Je ne sais plus quel âge j’avais, peut-être 8 ans, lorsqu’un jour j’ai trouvé en ouvrant la porte de la toilette une petite fusée en carton par terre. Il faut dire que la fenêtre était grande ouverte.

J’ai été très fâchée que des gens lancent ça chez nous et trouvent sans doute ça drôle. Je suis montée sur le couvercle de la toilette pour arriver à la hauteur de la fenêtre et je l’ai renvoyée dehors aussi fort que possible.

Je ne sais pas comment ma mère a pu ne pas avoir de fou rire en allant récupérer au milieu de la pelouse un tampon hygiénique. J’imagine qu’elle priait pour qu’aucun passant n’ait vu cela !

C’est sur la lisière qu’est la liberté. (Joan Bodon)

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