J’y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.

J’y ai gagné, c’est indéniable.
De la confiance. De la joie de vivre. Des années.

J’y ai perdu, c’est indéniable.
De la confiance. De la joie de vivre. Des années.

Je viens de lire un commentaire qui disait « Qu’il est long le temps de dénouer les liens qui peuvent l’être. Et celui de reconnaître ceux qui ne le peuvent »
J’attends toujours. En réalité j’ai l’impression que la clepsydre s’est bloquée. Le temps ne s’écoule plus. Je fais du sur-place et c’est frustrant.

Je regarde par la fenêtre la tempête faire rage. Je ne sais même pas comment prononcer son nom, Ciara.
Les arbres se tordent et vacillent, l’abreuvoir à oiseaux est tombé, la niche des chats s’est renversée et en partie cassée. Ce n’est qu’un début, les vents vont forcir. Il ne pleut même pas encore.

Je sirote une tisane de gingembre en regardant les chats endormis sur le divan. Je me sentirais davantage à ma place dehors dans la tourmente. Dans cette tempête qui m’en rappelle une autre. Une autre qui ne s’est jamais calmée.

Comment peut-on avoir si peu de contrôle sur ce qu’il se passe sous son propre crâne ?