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Bande-son : Mano Solo – Trop de silence

Le village de montagne abandonné d’Escartín

Nous empruntons la même route qu’hier, cette fois jusqu’à Bergua. Sur les 10 derniers kilomètres, il s’agit davantage d’une piste que d’une route ! Le revêtement est dans un état de détérioration plus qu’avancé, même à l’aune de critères belgikistanais 😆

Ce village très ancien fut important dans la région et ne manque pas de patrimoine à admirer. Il s’est retrouvé presque dépeuplé pendant des années, à présent la dynamique s’inverse et ça fait plaisir.

Il manque un morceau de la cloche et elle a une grande fêlure. Il y a une autre cloche plus petite. Au pied de ce clocher-tour se trouvent des tombes fleuries.

Malgré les citations d’Epicure, crânes de vache peints et autres détails sympathiques, nous ne nous y attarderons pas : le chemin des champignons nous appelle 😉

Sous un arbre, le chemin est recouvert de fruits mûrs faisant le délice de centaines de guêpes surexcitées. Gloups !! Pas d’alternative, il faut passer là… Un peu effrayant mais pas de piqûres à signaler.

Le chemin muletier s’enfonce dans l’ombre rafraîchissante, il est encore très bien pavé par endroits.

Ambiance jungle avec une drôle de sculpture 🙂

Deux passerelles permettent de franchir les ruisseaux de la Pera et Forcos, ensuite le chemin remonte le long du barranco Forcos (qui va devenir le barranco Otal).

Une maison très isolée se trouve là, avec de surprenants panneaux annonçant des boissons fraîches ?! 😯

La cascade est presque à sec. En nous retournant nous voyons au loin Bergua, noyé dans l’immensité de la forêt.

Ce bâtiment semble un abri pour les bergers et/ou leurs troupeaux. La date 1872 est gravée sur le linteau ainsi que dans l’embrasure de la porte.


Inscription latérale en noir : A. CASETA FERRER DESCANSADOR

Nous apercevons notre destination, le village dépeuplé d’Escartín (alt. 1360m), situé à peu près au milieu de nulle part :

Les terrasses, impressionnantes, accueillaient diverses cultures : blé, avoine, pommes de terre et légumes.

Et nous voici à la première maison, ou du moins ce qu’il en reste.

Des carcasses soigneusement nettoyées sont dispersées sur l’herbe, signe de fréquentation par les vautours. Ils ne sont pas présents aujourd’hui mais un autre oiseau fait le guet depuis le faîte du toit.


Año 1917

Un escalier à l’ancienne mode, c’est-à-dire des dalles plates ressortant du mur en porte-à-faux :

Cet effondrement semble relativement récent car la mousse et les ronces n’ont pas encore colonisé les poutres en bois comme c’est le cas ailleurs.

Nous découvrons une première cheminée aragonaise, qui ne sera pas la seule.

Une vache se dissimule sur cette photo 😉

Les vaches abîment les maisons, mais il faut reconnaître qu’elles aident à garder ouvertes les rues (cfr. ci-dessus).


† AÑO DE 1853 ? ou 1893 ?

Le village vivait de l’élevage mais c’étaient principalement des troupeaux d’ovins et caprins (moutons et chèvres). Il y avait aussi des poules, des lapins, des porcs… c’était une économie de subsistance.

Les maisons sont grandes et les détails architecturaux soignés.

Fenêtre avec volets ou fenêtre avec barreaux pour votre chambre ? 😉

C’est ici que nous pique-niquerons. Recto / verso :

Nous découvrons un puits à eau.

Il y avait 18 maisons. Le pic de population se serait produit au milieu du 18e siècle avec 178 habitants, en 1910 il en restait encore 137.

Nous nous engagerons précautionneusement à l’intérieur car le plancher craint. Nous trouvons un lit, un soulier, une brouette, un meuble…

…et ceci que nous n’avons pas pu identifier. Est-ce que cela servait pour le grain ? pour la laine ?

Juste à côté, sur le sol, un petit tas de poudre de pigment bleu intense. Un nid d’oiseau. Une pièce sans plancher. Des chiffres écrits sur le mur. Un coffre. Un escalier. Presque un inventaire à la Prévert.

Ce qu’il reste de la belle Casa Pedro Escartin :

La vie était rude sans eau courante, sans électricité, sans route d’accès. Les gens ont émigré petit à petit vers de plus grandes villes. Il n’y avait plus que 6 familles dans les années 1950.

Au final deux frères sont restés vivre là tout seuls pendant un an, avant de quitter eux aussi. C’était en 1967 (1966 selon le cahier dans l’église), ils sont allés à Bergua. La Casa Navarro était leur maison :

Aujourd’hui le village est tristement en ruines, même si c’est l’un des mieux conservés que nous ayons vus.

La végétation a envahi les ruelles, les façades, les toits, et jusqu’à l’intérieur des granges et des maisons. En contrepartie certains se gavent de mûres !

Certains tentent d’interdire l’accès aux vacas.

J’aime beaucoup le soin apporté aux murs en pierres sèches et à leurs ouvertures, qu’il s’agisse des portes, des fenêtres ou des arches.

Nous arrivons sur la place du village.

La gravure du linteau nous apprend qu’il s’agissait de la forge : HERRERIA AÑO 1920.

A côté se trouve la fontaine (fuente) et le lavoir peint en bleu. Une tête sculptée s’y trouve.

Il y a des miracles à Escartín : des piliers s’ouvrent en fleur sous la pression, des murs penchent ou se bombent, des clés de voûte souffrent… et pourtant tout cela tient encore debout, malgré tout.

Les planches ont été mises en travers pour éviter que les vaches ne tombent dans le trou. La gravure recouverte de mousse indique 1905. Certaines maisons sont bien plus anciennes, la casa O Royo porte la date de 1612 par exemple.

Ici on voit bien l’utilisation du buis pour les planchers et toitures :

Une maison plus récente équipée d’un balcon, d’une gouttière et d’une fenêtre joliment sculptée où l’on devine encore le bleu de cobalt.

Oui j’aime les arches 😉


Año 1887

Là, je dois sérieusement revoir mon hypothèse que les fers à cheval fichés dans les murs servaient pour attacher les bestiaux… :mrgreen:

Il y avait plein d’affiches annonçant différentes festivités à Escartín. Il semble que certains s’attachent à garder vivantes les traditions de fêtes et de danses du village 😉

Il faut être prudent quand on passe devant les maisons car certaines sont occupées…

Et il ne serait pas bon de surprendre ou faire paniquer lesdits occupants ! ^^’

Un tapis de crocus d’automne qui ne rend pas grand chose en photo :


Un petit PR-HU-117 pour Alcib 😉

Entrons dans l’école. Cela ne se voit pas beaucoup ainsi mais cette armoire et ce mur étaient couverts de signatures et de témoignages de 1979 à nos jours.

Il s’agit notamment de descendants qui viennent découvrir le village de leur mère ou de leur père, et qui s’interrogent à juste titre :
Porque no se ver todos aqui un día?
Porque no salvar iglesia, escuela y algunas casas?

Allons voir la remarquable église San Julián, d’origine romane, dont le clocher nous nargue depuis le début.

Il a beau ne plus avoir de toit et être lézardé, il a encore fière allure non ?


IHS

Sous le porche, la porte est fermée par une ficelle et barrée pour les vaches. Remarquez le linteau fissuré dont une pierre ne tient plus que par habitude.

La nef est un peu trop sombre pour prendre des photos correctes sans trépied. Voici le chœur. Sur un autel voisin se trouvent des images votives et des bougies.

L’autre côté, disons le narthex si ça peut s’appliquer ici, où l’on distingue le début de l’escalier (très dangereux) vers le clocher :

Partout cela fourmille de détails : un gros cœur bleu sculpté au-dessus du bénitier, les colonnes dont les chapiteaux gravés sont tous différents, les étoiles et les fleurs peints au ciel de la nef, les clés de voûte sculptées, d’anciens motifs géométriques peints dans les parties rouges…

La cloche n’est pas en reste, avec sa riche et délicate ornementation. Elle date de 1904 et est malheureusement amputée d’un gros morceau au niveau de la pince. Ça la déséquilibre et de ce fait elle repose contre le mur.

Comme à Otal, elle est dédiée à Santa Barbara, protectrice de la foudre.

Des pierres tombales sont présentes dans la nef ainsi que dans le mur extérieur de l’église, autour de laquelle se trouve un petit cimetière. On y retrouve les dalles-blocs verticales vues par ailleurs.

Vue sur la Casa Ferrer depuis le haut du clocher :

Sous le porche se trouve une boîte aux lettres avec un livre d’or inauguré par José María Satué Sanromán qui est né à Escartín en 1941. Il y a vécu jusque dans les années 1960 et est l’auteur de plusieurs livres.

Nous sommes descendus voir sa maison, la Casa Ferrer (photo d’époque) et sa belle chaminera. Nous n’y sommes pas entrés, la porte de la cour ne s’ouvrait pas. Certains éléments sont partis au musée de Sabiñanigo.

Nous poursuivons nos déambulations. C’est fou le nombre de carcasses de vaches qu’on peut trouver (je vous les épargne !)

Tiens, une maison qui porte un numéro ! La splendide cour intérieure n’est plus qu’une immense bouse, ce n’est pas évident de la franchir sans en avoir jusqu’aux chevilles voire plus :mrgreen:

Il reste encore les banquettes en bois entourant le foyer de la cheminée.

Là-haut, outre une magnifique charpente, il reste un lit métallique, une tourie, des casiers en plastiques, des sacs à gravats, des tuyaux… bon ok le contenu hétéroclite d’un grenier, quoi ! 🙂

Nous ne nous lassons pas du charme des lieux…

Détail sur un portail :

Ci-dessous je crois, sans certitude, que c’est la cheminée de la casa Lacasa (le nom ne s’invente pas ! 😉 ).

Linteau triangulaire :

Le petit cagibi abrite un râtelier.

Au revoir Escartín. Il est 17h, temps pour nous de prendre le chemin du retour.

Nous rejoignons Bergua assez rapidement, vers 18h15 nous sommes déjà à la voiture. Étonnamment elle est mouillée alors que là-haut nous n’avons pas eu une goutte de pluie de la journée.

Je ne vous avais pas montré le porche de l’église, il en vaut la peine même si la photo est pourrie :

Nous nous rendons à Torla, où nous apprenons qu’il y a un quiproquo concernant la chambre que nous pensions avoir réservée. Et bien sûr tout est plein partout.

Nous sommes dirigés vers un hôtel tenu par la même famille, à Broto. Finalement ce n’est pas pour nous déplaire car l’environnement y est beaucoup plus calme que Torla 🙂

Nous prendrons une pizza au resto La Tea, il y a beaucoup de monde mais ça vaut la peine d’attendre !

Bande-son : Laura Veirs – Make Something Good

Le village de montagne abandonné d’Otal (1/2)

Ce matin nous prenons la voiture en direction du Puerto de Cotefablo et nous garons juste à la sortie du tunnel routier.

Le sentier commence par un raidillon de 150m où nous dépassons 8 Anglais – en croisant très fort les doigts pour qu’on n’aille pas au même endroit !

On rejoint un large chemin qui suit la crête, offrant une belle vue sur les vallons avoisinants.

Au bout, cela recommence à grimper sur un grand mamelon herbeux, le Pelopín (2007m). Nous devons passer de l’autre côté du sommet, sur le versant sud. Le « col » est vers 1900m d’altitude.

Ensuite le balisage devient pourri et le sentier n’est plus marqué. Ou plutôt, il y a des pseudo-sentiers partout suite au passage fréquent de troupeaux !

Au loin, en contrebas, le village d’Otal nous appelle. Un sentier part sur le flanc opposé du barranco de Artosa (ravin à l’extrême gauche de la photo ci-dessous), je pense que ce serait une bonne idée de le suivre et qu’il revient sans doute (?) ensuite de niveau vers le hameau, sis à 1465m d’altitude.

Cependant, devant l’incertitude de sa direction et le problème éventuel que serait le franchissement du ravin plus bas, AàG préfère que nous coupions droit sur le village, à travers la Plana Bosa. Ce n’est pas si loin.

Et vogue la galère pour franchir les innombrables terrasses végétationnues !! C’est parfois dense et épineux, bref il y a certainement un passage plus évident que celui-là :mrgreen:


Abri de berger

Évidemment, en se rapprochant, on n’a plus aucune vue sur le village donc on navigue au jugé. En suivant la pente on ne devrait pas trop se tromper !

Les premières maisons apparaissent enfin.

Vous remarquerez le marquage d’un GR sur le mur. Bon ok on ne sait pas d’où il vient et où il va, mais en tous cas il y a moyen de rejoindre Otal sans bartasser, cqfd !

AàG s’engage dans l’habitation, je m’abstiendrai vu l’état des planchers.

Les habitants n’étaient plus que 4 en 1970, j’ignore quand le dépeuplement complet s’est produit.

Ce village, qui a 10 siècles d’histoire derrière lui, a compté jusqu’à 99 habitants en 1900 selon Despoblados en Huesca.

Aujourd’hui, les habitants sont des vacas ! Elles ont colonisé les lieux et se sentent chez elles.

Les photos témoignent du soin apporté à l’architecture paysanne :

Le clocher de l’église se remarque de loin, nous ne manquerons pas d’aller faire un tour par là tout à l’heure.

Ici les fameuses cheminées aragonaises sont encore debout. Il en reste trois si je me souviens bien. Pour combien de temps ?

Habitation ou ancienne étable surmontée d’une grange ?

Partout où les vaches entrent, le sol se transforme en bourbier.

Une belle fenêtre avec des linteaux en pierres taillées, surmontée d’un balcon semblant plus moderne.

Ci-dessous une vue d’ensemble et un détail sur le linteau de la porte, portant une inscription gravée : AÑO 1788. AàG a donné de sa personne, les épineux n’étant pas d’accord de nous laisser approcher 🙂

Je mélange allègrement les photos d’AàG et les miennes, j’espère que cela ne vous choque pas sachant que nos appareils ont un rendu qui leur est propre tant en terme de couleurs que de piqué 😉

De plus certains endroits ont été visités ou revisités à des moments distincts, parfois sous les nuages, parfois sous le soleil. Cela génère des ambiances très différentes.

A sa belle époque, le village aurait compté 14 maisons d’habitations. Vous me direz, ce n’est pas trop pour 99 habitants 😉

Ce n’est pas le cas de celles-ci mais certaines fenêtres ont encore leurs vitres.

J’ai bien aimé leurs murs aux angles arrondis et les ouvertures en forme d’arches.

Remarquez les jolis corbeaux qui portent le débord de toiture à l’avant-plan.

Cet encadrement de fenêtre, où l’on aperçoit des restes de peinture, est particulier. Gravé dans le linteau supérieur, un cartouche fleuri annonce AÑO 1747. Sous la fenêtre, on aperçoit en relief une tête et des ailes. Sans doute un ange même s’il m’apparaît assez grimaçant ^^

L’église San Miguel est remarquable et est d’ailleurs classée monument historique. Elle fait partie des 14 iglesias de Serralbo.

L’origine de cette construction romane mozarabe remonterait au XIe siècle.

On entre tout d’abord dans un enclos où se trouve le cimetière. La plaque noire fleurie est récente. En effet, Clotilde Ainsa Oros née à Otal le 03/06/1916 a souhaité être enterrée ici, auprès de ses parents. Elle est décédée le 02/02/2001.

Certaines tombes sont signalées par une croix ou une stèle, d’autres par un bloc de pierre plus rustique comme à Berbusa et Ainielle (situés sur le versant d’en face).

Si cette abside semi-circulaire a persisté (bien que des niches funéraires y aient été ajoutées), d’autres éléments du bâti ont par contre été fort modifiés au fil du temps.

Sur la clé de voûte de la porte plein cintre, on peut voir un IHS minutieusement calligraphié.

Entrons !

Les fonts baptismaux et le bénitier sont toujours présents.

Voici ce qu’il reste de l’autel dans le choeur.

On peut discerner les traces de différentes couches de peintures ainsi que de multiples styles d’ornements géométriques.

L’église avait été restaurée en 1982 par une association.


Le passage secret est en bas à droite 😉

Lors de notre visite elle est en triste état mais des échafaudages sont présents et la nef a été plus ou moins déblayée.

En fait des travaux viennent de débuter, le toit a été déposé (enfin la partie qui ne s’était pas encore effondrée…) afin d’être reconstruit.

Les lauzes anciennes sont stockées en attendant leur placement sur une nouvelle structure.

AàG monte au clocher en faisant de la lévitation.

Il voulait aller voir la cloche et son mouton :

Il aura la surprise de trouver là-haut un crâne et une patte de chevreuil, reliefs du repas d’un vautour !

Cette anecdote macabre mise à part, cette montée donne une belle vue sur l’intérieur de la nef ainsi que sur les ruelles d’Otal.

Il y a du boulot !

La cloche est simple mais de belle facture. Elle est fêlée et criblée de balles ou d’éclats d’obus. Elle est consacrée à Santa Barbara, patronne des mineurs et protectrice de la foudre.

Pendant qu’AàG se rapproche du ciel, je m’intéresse à l’opposé c’est-à-dire au sol. Certaines parties sont en galets de rivière formant des motifs.

En débarrassant le sol d’une bonne couche de poussières et de gravats, je découvre des dalles recouvrant des sépultures.

Il y avait des festivités organisées pour la San Ramón le 31 août.

Une vache est parvenue à pénétrer dans le chantier et ne semble pas arriver à en sortir. Nous l’y aiderons et ce ne sera pas une mince affaire ! 😆

Dire qu’ils ont dû apporter tout le matériel par hélicoptère… Nous pique-niquerons sous une bache tendue par les ouvriers, elle nous procurera une ombre bienvenue.

La restauration, réclamée depuis 2006 par l’Apudepa et entamée à l’été 2014 après l’effondrement partiel de la toiture en 2011, a été annoncée terminée début 2015. Une messe y a même été célébrée à la San Ramón 🙂

Ce balcon n’a qu’une envie…

Bon, d’accord, s’il n’y avait que le balcon !!

Moellons en équilibre – David Copperfield n’y est pour rien.

Heureusement tous les bâtiments ne sont pas dans un état aussi dramatique.

Régulièrement des dates, des croix et des initiales sont gravées à la pointerolle sur les murs.

La casa Oliván possédait un linteau de porte particulièrement riche. Il a été déplacé (hélitreuillé) au musée de Sabiñánigo.

Dans la dynamique des travaux de restauration entrepris, une piste forestière a été créée pour accéder plus facilement au village, non sans susciter de nombreuses polémiques sur le bien-fondé de ce projet.

Le visage d’Otal risque de changer ces prochaines années !

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

Bande-son : Lhasa de Sela – La Frontera

Ibones de Anayet

Après un trajet sans encombre et une très sympathique (mais trop courte !) visite à la Casa Mahie, nous finissons par arriver aux Pyrénées. Sur le bord de la route, un étrange panneau « bains de secours » me laissera perplexe…

Nous montons les lacets dans le brouillard, à la nuit tombante. Dès la frontière espagnole, les nuages se dissipent. Après avoir récupéré la clé carte de notre chambre, nous pique-niquons tardivement sur un banc de la place (du parking, devrais-je dire !).

Nous sommes samedi soir et nous aurons bien du mal à dormir, le bruit durera jusque 3h du matin… et à 6h10, réveil en fanfare par coups de klaxons. Dur dur !

Après le petit déjeuner, nous partons à la barrière d’Anayet (Corral de las Mulas, 1630m). Le parking est petit et déjà bien plein !

A partir de là, la route est barrée et nous devons monter à pied jusqu’à la station de ski (1800m). Je n’aime pas marcher sur le bitume, et encore moins en montagne, alors ces 2 km m’ont paru longs.

Là commence enfin le sentier. Après l’horrible paysage mutilé par les remontées mécaniques, la montagne s’offre sans fard.

La nature est généreuse 🙂

J’ai été très étonnée de découvrir à quel point les paysages étaient verts !

Je m’attendais à une végétation malingre, à un manque d’eau généralisé, d’autant plus côté sud… mais regardez-moi cette herbe ! 😀

Nous avons choisi une randonnée facile pour se mettre en jambes après cette année sédentaire journée et demi en voiture.

Nous nous dérouillons les muscles en remontant tranquillement le ruisseau.

Le seul contre-temps est le nombre d’arrêts photo :mrgreen:

Nous repérons déjà le départ de la variante par laquelle nous descendrons tout à l’heure :

Des terrains rouges apparaissent, contrastant fortement avec les rochers gris du pico Anayet (2545m).

Après 2h30 de marche à un rythme très cool, nous sommes au niveau des Ibones (lacs) d’Anayet, à 2230m d’altitude. Le pic du Midi d’Ossau s’y mire.

Avant l’eau se trouve un pâturage parcouru de multiples petits méandres.

Avec toujours ce contraste étonnant de couleurs…

Oh qui voilà ? Une sangsue !

Bon, finalement, je n’ai plus envie de nager 😆

Tiens mais qu’est-ce donc que ces points au loin ?

Quel plaisir de voir un troupeau de chevaux en liberté 🙂

On distingue la silhouette d’un randonneur sur la crête du Vertice d’Anayet (2559m). Il a encore du chemin avant d’atteindre le chapeau de basalte.

Une mer de nuages progresse côté français tandis que le ciel reste parfaitement dégagé côté espagnol.

De nombreux grimpeurs sont en train d’escalader cette paroi. L’Anayet est une ancienne cheminée volcanique jumelle de l’Ossau.

Après avoir baguenaudé et s’être empli du panorama, nous trouvons une micro-zone d’ombre pour pique-niquer. Le soleil tape fort !

Nous entamons ensuite la montée jusqu’au Cuello de Anayet (2404m).

Les marquages du GR sont discrets mais bien présents.

C’est dur de monter après le repas :mrgreen:

Voici le plateau d’où l’on vient :

De l’autre côté du col, surprise, un névé !

La France est toujours dans la purée de pois…

Impressionnant plissement ! 😯

Voici le chemin que nous avons pris :

Et voici le chemin grimpant au pic d’Anayet. Il comporte notamment, sur la fin, une cheminée de 20 mètres qui « ne présente pas de difficultés » mais est « réservée aux randonneurs expérimentés »… euh, qu’en comprendre ??

N’étant pas spécialement des montagnards aguerris, nous nous sommes abstenus.

Nous avons hésité à monter au Vertice (ci-dessus) qui est moins esthétique mais ne présente pas de difficulté…

C’est alors qu’une flemme terrible s’abattit, et nous décrétâmes en chœur que le panorama ne serait pas plus beau là-haut ! :mrgreen:

C’est vrai quoi, et puis il y avait bien trop de fleurs à photographier pour avoir le temps de continuer la grimpette 😆

En bref, 800 mètres de dénivelée c’était assez pour ce premier jour de marche.

La colonisation par les nuées se poursuit à vive allure et déborde même la frontière.

C’était hypnotisant de regarder l’ombre des nuages passer sur ces doux reliefs herbeux jonchés de rocs.

Nous voici à nouveau au pied du col.

Durant notre absence, nos copains les chevaux se sont dispersés sur le plateau.

Certains portent une clarine autour du cou.

C’est une belle après-midi et, sans que ce soit le métro, il y a pas mal de gens. Certains ont planté la tente.

Allez, venez, on va tous se rouler dans la poussière !

Celui-là m’aura fait peur, il était couché bizarrement et si parfaitement immobile que j’ai d’abord cru qu’il était mort ! Ah ces touristes, on ne peut même plus roupiller en paix…

Nous entamons le chemin du retour, qui ne suit pas la rivière et reste beaucoup plus en hauteur.

Sur la photo ci-dessus on voit bien les deux sentiers. A l’aller nous étions passés à droite de la colline centrale, tandis qu’au retour nous allons vers la Glera de Anayet.

Dans la mousse, je croise une sauterelle femelle et son impressionnant (mais inoffensif) oviscapte.

Mon premier lézard du séjour 🙂

Au loin nous apercevons les toits d’ardoise du village de Formigal.

Après la cabane, le chemin continue puis finit par se perdre.

Nous arrivons finalement au-dessus de la station de ski, alors on coupe à travers tout en mode sanglier !

Nous sommes de retour à la voiture peu avant 17h.

C’est long d’attendre 20h quand on a faim (n’est-ce pas Lilou ?). Nous finirons par manger une étrange pizza avec de la fausse mozzarella. Ça pèse sur l’estomac mais nous ne serons pas malades !

Randonnée au Rubihorn

La nuit fut assez bonne malgré un peu de bruit, et le petit déjeuner fut tout simplement *royal*… sans hésiter le meilleur du séjour ! Cela ne contribuera pas peu à la décision de rester une nuit supplémentaire 😉 Pour achever de nous mettre de bonne humeur, dehors un chat roux nous accueille avec force roulades. Nous avions gardé un peu de beurre et de salami pour l’écaille de tortue mais elle ne s’est pas montrée, cela a donc fait le bonheur du peu farouche rouquin !

Nous partons à Reichenbach, notre point de départ pour une randonnée au Rubihorn (carte de l’itinéraire téléchargeable en pdf), un sommet approchant les 2000m dans les Alpes d’Allgäu. C’est une petite promenade (5,2 km) mais avec un bon dénivelé, surtout pour un premier « dérouillage » (+1125m/-53m). Court mais raide, donc !

Le temps n’est malheureusement pas au beau fixe, mais nous espérons que les nuages vont se lever. Bien que le parking soit un peu perdu au milieu de nulle part, il est payant et un vieux monsieur est présent pour vérifier que chacun ait son ticket, il veille à échanger les billets si besoin !

Nous y arrivons entre 9h15 et 9h30, c’est la mauvaise heure car beaucoup de monde part dans les mêmes eaux. Nous longeons la rivière Gaisalpbach et ses multiples chutes (la plupart aménagées).

Une route goudronnée (réservée aux véhicules autorisés) fait un large détour et permet d’atteindre le Untere Richtersalpe mais nous allons plutôt emprunter le Tobelweg, petit sentier qui coupe au plus court en continuant à longer la rivière.

Après un tronçon d’escaliers en caillebotis et une section plus raide, on suit une conduite forcée et on rejoint finalement la fin de la route qui dessert deux bâtiments (refuges et/ou restaurants, on n’a pas été voir de plus près).

Le sentier entre dans une grande pâture où nous avons pu faire connaissance avec les vaches locales, aux oreilles délicatement fourrées. Si si, on dirait presque des pantoufles, ça avait l’air tout doux !

Les nuages bouchent toujours l’horizon et rendent les couleurs tristes et ternes.

Après un passage bien boueux, le chemin quitte la pâture et entre dans la forêt. Voici un cairn pour le moins original 🙂

Après la forêt c’est une zone de rochers qui nous attend, avec des passages raides équipés de câbles pour s’aider.

C’est un peu avant 11h30 que nous arriverons au lac Gaisalpsee. Au gré du passage des nuages, nous sommes parfois dans le brouillard le plus complet !

On fait une pause et on mange un « dix heures », histoire de tenir jusqu’au sommet.

AàG grogne que « c’est le métro » et il y a effectivement pas mal de gens, dont beaucoup arrivent en sens inverse. On suppose qu’ils sont montés en téléphérique et qu’ils effectuent une boucle à pied pour redescendre.

Nous avons été surpris de constater que certaines sonnailles étaient de vraies petites cloches plutôt que les habituelles clarines de section ovale, davantage trapues et bombées.

Quelque part, heureusement qu’il n’y a pas de soleil, car déjà sans cela la montée donne bien chaud !

Mais tout de même, là c’est un peu exagéré… cette rando réputée pour ses beaux panoramas ne nous laissera pas un souvenir impérissable vu les conditions météo !

Finalement nous aurions peut-être mieux fait de quitter la région d’Oberstdorf ce matin, comme initialement prévu…

Le sommet est en vue, enfin quand je parle de vue… et il commence même à pleuviner 🙄

Sous la croix il y a une boîte métallique avec un stylo-bille et un livre, nous y trouverons des petits mots dans toutes les langues et des dessins. Nous y laisserons une surprise pour les suivants ^^

Il est 13h, les estomacs grondent mais AàG ne veut pas manger ici, trop venteux et puis trop de va-et-vient : « rhaaa, et voilà, encore un métro ! non mais regarde-moi ça ! ». Oui c’est toujours difficile psychologiquement pour AàG de se rendre compte que la montagne n’est pas à lui seul 😛

Nous suivons au hasard un sentier barré (on ne s’en rendra compte qu’au retour, on est lent à comprendre) accédant à un point de vue complètement envahi par la végétation, qui se révélera être un vrai petit coin de paradis ! Il s’y trouve un banc fixé à un rocher (mais les attaches ne tiennent plus très bien) et muni d’une boîte aux lettres. La clé pend à une cordelette, et lorsqu’on ouvre la boîte aux lettres on y trouve à nouveau un livre qui témoigne des passages et de l’histoire du lieu 🙂

A la redescente on ne croise plus personne si ce n’est quelques écureuils qui jouent avec élégance à Tarzan dans les pins. L’un d’eux se laissera admirer d’assez près 🙂

Manifestement les gens qui sont montés en même temps que nous ce matin effectuaient une traversée, sans doute rejoignaient-ils le haut du téléphérique.

Toutes les traces des bâtons de marche… la fréquentation de ce site a vraiment traumatisé AàG.

Nous redescendons à notre aise et arrivons à la voiture vers 17h. On va jusqu’à la « klamm » de Tiefenbach mais c’est touristiquisé à mort. Pour résumer, disons qu’il est trop tard pour visiter et trop tôt pour frauder 😆

Nous retournons à Oberstdorf pour voir le saut à ski, car hier durant notre recherche de logement AàG y a vu des skieurs s’entraîner… mais ce soir il n’y a personne au tremplin de Schattenberg (Schattenbergschanze).

Cela dit, même vides, ces installations sont impressionnantes avec leurs 90m et 120m de haut !

Le centre piéton d’Oberstdorf possède des choses aussi charmantes que ces pots de fleurs et des choses aussi horrifiantes que ces plaques d’égout publicitaires 😯

Jusqu’où ira cet envahissement ? Nous mettrons un point d’honneur à ne pas fréquenter ces établissements !

Et en parlant marketing, cette enseigne nous a bien fait rire 😆

Un peu plus loin nous trouverons un excellent et sympathique petit restaurant familial où nous achèverons notre soirée, bien fatigués de notre journée.

Anciens ponts de pierre, ‘skala’ de Kipi à Koukouli, villages de Negades, Fragkades et Dilofo

En voiture Simone !

Aujourd’hui on va se la faire cool. Les petons ont besoin de récupérer.

Le long de la route, peu avant Kipi (Κήποι), une mini-chapelle marque le début d’un sentier.

On arrive immédiatement à un ancien pont de pierres nommé Lazaridis (Λαζαρίδη), ou Kontodimos (Κοντοδήμου) du nom de son constructeur. Il n’a qu’une seule arche et date de 1753.

S’ensuit un petit « skala » qui n’a malheureusement pas bénéficié d’une restauration comme celui de Vradeto.

Il y a ensuite de plus en plus de zones au soleil et, vu la chaleur ambiante, nous en souffrons beaucoup.

Je suis sûre que, comme les escargots, on peut nous suivre à la trace tellement on dégouline ! :mrgreen:

En 1h30 nous arrivons au hameau de Koukouli (Κουκούλι). J’adore ce nom 🙂

Ils ont mis une lampe dans l’arbre sur la place du village…

En dehors des mois d’été, j’imagine qu’un petit ruisseau doit agrémenter les lieux de sa traversée.

L’église est comme d’habitude fermée.

Nous nous promenons dans le village, il est agréable même s’il y a pas mal de maisons abandonnées.

Comme tous les villages de la région des Zagoria, il est à la fois très minéral et très fleuri.

Sur la route du retour, nous croisons cette demoiselle punk jaune et orange à pois blancs délicatement ornés de marron.

Après recherche, il semble que ce soit une acronicta aceris (caterpillar)… en français une Noctuelle de l’érable. Et bien sûr, ça donne un papillon tout moche tout gris 😆

On s’installe au centre de Kipoi, sur des bancs à l’ombre, pour pique-niquer en compagnie de l’incontournable guide canin local…

Il y a une mule qui divague et qui vient parfois nous donner ses mouches dire bonjour.

Je me rends compte que j’ai une zone remplie de grosses cloques derrière chaque genou… suite du coup de soleil d’avant-hier ! Étrange !

AàG part visiter le village tout en pentes, pendant que je glande j’écris des cartes postales.

J’imagine que cette espèce de civière accrochée au mur de l’église sert à transporter les cercueils ?!

Nous quittons Kipi pour rejoindre Negades (Νεγάδες), que je m’amuse à appeler Megadeth :mrgreen:

Il y a comme d’habitude un magnifique arbre… ainsi qu’une jolie église fermée.

J’aime beaucoup ces galeries couvertes bordées d’arcades qui font le tour des églises orthodoxes.

Selon leur orientation, certaines portes ont vu la couleur bleue de leur encadrement sculpté mieux préservée.

Le clocher est très souvent un campanile, c’est-à-dire une tour séparée.

Je me demande si les Grecs n’ont pas eu de contacts avec les extraterrestres à une époque :mrgreen:

Au-dessus de chaque porte se trouve une peinture murale, parfois fort abîmée.

Nous poursuivons notre découverte de ce minuscule hameau perdu au fond d’un cul de sac.

C’est assez désert mais l’ambiance n’est pas désagréable pour autant.

Nous reprenons la route vers Fragkades (Φραγκάδες), que je m’amuse à appeler Fracassed pour rester dans le thème :mrgreen:

Sur la route, un tronc nous inspire… voici chacun notre version, à vous de deviner qui a fait quoi 😉

Juste à côté, une petite chapelle ouverte, une fois n’est pas coutume.

A Fragades tout est mort et silencieux. Ambiance pesante et étouffante.

On voit passer un gars en treillis militaire, il rentre chez lui et ses chiens se couchent à la porte, dehors.

On va voir l’église, elle est fermée et sous alarme. Ça nous paraît bizarre dans cet endroit loin de tout… on ressent une impression d’hostilité.

D’après la carte il y a une église perdue dans la forêt en-dessous du village, ainsi que des moulins à eau plus bas dans la vallée.

Alors déjà, on ne trouve pas le bon chemin ! On croise un jeune homme très gentil qui ne comprend pas un mot d’anglais mais va enfourcher sa mobylette pour nous montrer le départ. On doit un peu courir pour le suivre 🙂

Arrivés à ce point, grand luxe : des panneaux directionnels… sauf qu’il n’y a pas de chemin univoque qui en part, il y a des « pistes » qui se perdent dans les pierrailles ou les hautes herbes.

C’est sensé être tout près mais nous avons beau farfouiller les environs, nous ne trouverons pas Agios Nikolaus !

De même les moulins sont introuvables et la distance indiquée sur le panneau est manifestement complètement fausse.

Ils doivent logiquement être tout en bas, ça fait un sacré dénivelé dans un éboulis propice aux vipères et idéal pour se fouler les chevilles. De plus on fond sous le soleil et les taons nous harcèlent. Cet endroit a tout pour plaire ! Bref, on abandonne et on remonte tout.

Une des chiennes est maigre et a très peur des humains, le geste de lancer un biscuit suffit à la faire fuir… les animaux domestiques semblent avoir la vie dure ici.

On reprend la voiture et on croise comme souvent de la faune en chemin 🙂

Oh AàG, je crois que c’était un serpent sur la route, je m’arrête ! Euh oui, finalement c’était un joint en caoutchouc qui traînait 😆 Bon grâce à cette pause on a quand même vu dans le ciel un oiseau qui ressemblait fort à un aigle royal…

Pis on a pris la voiture de location en photo, juste pour le souvenir 😉

Une tortue terrestre sur le bord de la route. Elle n’a pas trop apprécié notre présence alors nous sommes vite partis.

Juste avant Kipi, nous allons voir un autre pont ancien, composé de deux arches de pierres cette fois.

C’est le pont de Milos (Μύλου), ainsi nommé à cause du moulin à eau auquel il permettait d’accéder. Il date de 1748.

Un mini-bébé pont permet de ne pas se mouiller les pieds dans la dérivation, de toute façon à sec en cette période.

La lumière tombe déjà.

Vue (en arrière-plan) sur le village de Kipoi, où nous comptons manger :

On s’installe à la terrasse du restaurant principal, où j’avais acheté les cartes postales. Un chat passe et la fille des restaurateurs (10-12 ans) joue avec. Enfin jouer… elle pose son pied sur son dos (parfois sa tête) et appuie pour le faire descendre. A un moment le chat se retrouve avec le ventre par terre, et se retourne en crachant et menaçant de griffer. La fillette ne fait ni une ni deux : elle lance son pied et shoote violemment dans le chat ! 😯

J’ai crié, outrée, et j’ai fusillé la fille du regard, elle n’en avait strictement rien à foutre. Il n’y avait aucune émotion sur son visage. Le temps que je me retourne vers AàG pour lui expliquer la scène, elle s’était volatilisée. Aucune réaction des parents non plus. Autant dire que nous avons remballé les menus et pas commandé dans ce resto de psychopathes !

Du coup nous allons jusqu’à Dilofo (Διλοφο). Aussitôt plusieurs guides nous accueillent et se relayeront pour nous suivre tout au long de notre visite des ruelles du village. Ils auront leur juste rétribution en biscuits secs !

Au centre de la place, sous un immense platane, une fillette de 7-8 ans – qui n’a pas le genre à jouer au foot avec un chat comme ballon, ouf – est en train d’aider sa maman à balayer les monticules de feuilles mortes.

Ils tiennent un petit restaurant, c’est là que nous souperons. L’endroit est calme et agréable. Le repas est à un coût et une qualité corrects. Le menu est écrit à la main dans un cahier d’école, je ris en voyant que le prix de l’eau est indiqué pour 0.5l dans la version grecque et pour « 0.5 ml » dans la version anglaise 😆

Notre seule erreur fut de prendre un chocolat chaud en guise de dessert (on commence à être en manque). Il se révèle dégueulasse et hors de prix… la Grèce n’est définitivement pas le pays du chocolat ! *soupir*

Le retour jusqu’à la voiture est assez ludique car AàG a bu du retsina, et ça se commande uniquement par demi-litre :mrgreen: Je ne pouvais pas beaucoup l’aider, devant conduire et étant assez sensible à l’alcool…

Sur la route du retour, dans l’obscurité, nous sommes surpris par l’intensité de la circulation, sans commune mesure avec les jours et soirs précédents… nous sommes samedi soir !!

Le plateau de Fanes et le lac vert au départ de Pederü

Un long trajet en voiture nous attend également aujourd’hui, mais « à plat » cette fois. Nous remontons le val Badia (après un tournant à gauche, un tournant à droite) et redescendons dans le val voisin. Après San Vigilio di Marebbe, la petite route déserte longe joliment le fond de vallée au milieu de la forêt ; elle est assez droite – ce qui est « dépaysant » !

Arrivés à l’Ostaria Pederü (alt. 1548m), une personne se met au milieu de la route pour nous arrêter. Il s’agit en fait du racket habituel pour le parking. Seulement nous ne comptions pas nous arrêter ici, sur notre carte la route continue… on nous répond chiuso ! Pas de chance ce sont des routes barrées, on ne pourra pas aller plus loin.

On fait demi-tour et on retourne se garer au dernier petit parking autorisé gratuit (je déteste qu’on me force la main). Il n’est pas tout près, ils ont évidemment interdit le stationnement sur les quelques kilomètres avant le refuge. Le « point info » fonctionne toujours : des Allemands s’arrêtent pour nous demander leur chemin. Y a qu’une route, vous ne pouvez pas vous tromper !

On réfléchit à ce qu’on va faire, car la route interdite va nous rallonger sacrément la randonnée prévue pour aujourd’hui… on décide de se lancer quand même, on verra bien où on arrivera.

Le temps de discuter et de revenir à pied jusque Pederü, il y a déjà beaucoup plus de monde. C’est l’heure des départs. Nous achetons une IGN (en ladin ??) à l’auberge et empruntons le sentier n°7 en s’efforçant de distancer les groupes bruyants, négligeant de tenir leurs enfants chiens en laisse alors que nous sommes dans un parc naturel (Fanes-Senes-Braies). Aucune chance de voir un animal par ici : ça crie comme au marché, le sentier est embouteillé et le moindre buisson parsemé de papier wc…

Il fait une chaleur de plomb, le sentier monte raide puis arrive sur un plateau buissonneux (un genre de genêts ?) en légère descente, ensuite cela recommence à monter, etc. C’est trompeur car à chaque fois on se croit arrivé en haut. Mais plus on monte, moins il y a de gens, alors ça motive !

Nous croisons de temps à autre la fameuse route barrée, sur laquelle des groupes de cyclistes progressent. Au final, une belle descente en courant dans la végétation et nous voilà sur une section plate et sablonneuse.

Le sentier remonte de plus belle après, au milieu de magnifiques racines. A partir du lac Piciodel, le sentier emprunte des portions de plus en plus larges de route, ensuite il n’y a plus qu’elle. En contrebas se trouve un ruisseau nommé rü d’Al Plan.

Après une ferme, le chemin se divise en deux : une branche en cul-de-sac se dirige au sud-ouest vers la « hutte » (ütia) de Lavarela, l’autre branche va au sud-sud-est vers la ütia de Fanes, c’est la alta via Dolomiti (haute voie des Dolomites) qui se poursuit en semi-carrossable vers le lac de Limo et ücia de Gran Fanes. A noter, traînant sur le bord de la route, une… couche jetable pour bébé !! 😯

Nous nous posons sur un banc deux minutes le temps de regarder la carte, quand une poule rousse quitte la ferme et vient nous dire bonjour… habituée aux touristes, elle nous fait du charme pour avoir à becqueter ! Je la caresse et lui donne quelques bouts de pain, elle irait bien se servir elle-même dans mon sac à dos 🙂

Nous décidons de faire les deux côté du triangle : d’abord aller à la hutte de Fanes (alt. 2060m) et de là un sentier coupe vers l’ouest pour rejoindre le refuge de Lavarella (alt. 2042m) en passant près du lac vert (lé vërt). Cette boucle nous permet de tout voir sans devoir revenir sur nos pas, et nous espérons qu’il y aura moins de monde au milieu de nulle part pour manger tranquillement.

Le terrain est étrange par ici, c’est comme si nous marchions sur des plaques verticales qui ne sont pas toutes à la même hauteur, avec de petits trous profonds. J’avais déjà vu quelque chose d’équivalent dans le Vercors mais n’ai pas retenu le nom du phénomène.

Le sentier ne passe pas exactement au lac donc nous le quittons pour réaliser notre plan « pic-nic au bord de l’eau ». Nous y sommes tranquilles, il y a seulement quelques personnes sur la rive d’en face. On fait sécher les chaussures et les chaussettes pendant qu’on déguste une moelleuse foccacia à la tomate cerise.

Le temps change, la température a chuté et le vent se lève, le ciel est envahi de nuages. De miroir, la surface du lac devient ridée. Nous frissonnons d’être restés immobiles, il est temps de ranger les affaires pour rejoindre le refuge de Lavarela et y prendre un onctueux chocolat chaud en guise de dessert !

Est-ce que quelqu’un saurait me dire pourquoi ce pauvre veau a cette ferraille devant la bouche ??

Nous montons au-dessus du refuge pour poursuivre la promenade avec le sentier n°12, tapissé d’aiguilles. Il est très agréable et peu fréquenté, c’est un vrai bonheur !

Il y a bien une petite bruine qui tombe de temps à autre, mais rien de désagréable. Nous voyons plusieurs marmottes au loin, ce qui suffit largement à compenser !

Le sentier monte, monte, monte, on passe à un moment par des terrasses naturelles de toute beauté formant des marches d’escalier pour géant.

Les montagnes prennent une autre dimension sous cette atmosphère pluvieuse et nuageuse. On commence à fatiguer mais on voudrait arriver au « col » d’où on pourra enfin voir le plateau de Fanes s’étendre devant nous.

C’est une étendue immense et désolée, entre gris clair et gris foncé, avec des zones où la végétation parvient à se maintenir. La météo est idéale pour donner tout son caractère au lieu.

Ces chaos de roches forment un paysage lunaire. Oh tiens, il y a des habitants sur cette étrange planète !

Pas très bavardes, ces vaches… mais bien mignonnes. Elles n’ont pas grand-chose à brouter.

Ce qui est impressionnant dans ce lieu presque sans vie, c’est le silence qui frôle l’absolu.

Nous continuons d’avancer sur le sentier 12, le plan mentionne un grand lac (Lé Parom) et l’apercevoir nous permettrait d’être certain de notre situation sur la carte. Il s’agit en fait d’une grande dépression dans le terrain, mais il n’y a quasiment plus d’eau dedans.

J’essaie de convaincre AàG de poursuivre le sentier n°12 jusqu’au croisement avec le n°7. Cela ne devrait plus être loin, et nous permettrait de rejoindre la hutte Lavarela par l’autre côté de la montagne nommée banch dai torchi sur notre carte.

Je n’ai pas envie de reprendre le même chemin au retour, d’une part parce que je le connais déjà, d’autre part parce que je sais que mes genoux en souffriraient (trop pentu).

AàG n’est pas enthousiaste car le temps devient de plus en plus menaçant et nous ne sommes pas équipés pour un orage en montagne. Par ailleurs il se fait « tard » si l’on considère la longueur de la route du retour. AàG pense que nous sommes trop fatigués pour prendre le risque d’aller plus loin, on ne sait pas si le croisement sera correctement indiqué ni même si on ne l’a pas déjà dépassé, car il est difficile de prendre des repères dans ce genre d’environnement.

Mais à ce jeu-là, c’est le plus têtu qui gagne donc nous avons poursuivi 😛

Et on ne l’a pas regretté. On s’est fait crier dessus par plein de marmottes, on a couru dans les descentes, et on s’est fait doucher comme rarement on l’avait été, jusqu’aux os ! 😀

En quelques minutes on s’est retrouvé dégoulinants et hilares ! Heureusement on n’a croisé aucun humain de tout le trajet, sinon il nous aurait pris pour des tarés :mrgreen:

Même les chèvres de Lavarella s’étaient mises à l’abri, pas folles !

Certes le retour fut long (très long) et laborieux (très laborieux), mais au final ni AàG ni moi regrettons d’avoir fait « le grand tour ». Il était 18h30 à notre arrivée à l’auberge de Pederü, de là il a encore fallu rejoindre la voiture avant d’enfin pouvoir enlever nos bottines de marche et asseoir nos fesses (rha, ça fait du bien !)

Nous soupons au premier village croisé, c’est-à-dire San Vigilio. Le premier établissement, une trattoria, veut nous faire manger sur des tabourets de bar sous prétexte que nous ne sommes que deux et que nous ne pouvons donc pas avoir accès à la salle de restaurant. Nous partons.

Le deuxième, un ristorante (Tabarel), nous semble assez cher mais nous sommes trop fatigués pour continuer à chercher, et puis nous avons faim !! Ce fut un excellent choix car les plats (nous avions choisi des spécialités ladines) étaient fins, délicieux, servis avec art, et ce fut de loin le meilleur repas de tout notre séjour. Quel dommage que nous ayons été raisonnables : nous n’avons pas pris de dessert ! 😥

Samedi 09 septembre 2006 – Changement de programme

Les paris sont ouverts : aurons-nous encore un petit pain au pavot de plus ce matin pour déjeuner ? Bingo ! Et voyant qu’encore une fois nous les avons tous achevés, notre logeuse nous précise qu’elle peut nous en apporter d’autres si nous le désirons… (Non mais contrairement aux apparences, nous ne sommes pas des ogres, hein !!) Nos discussions avec elle se prolongent chaque matin davantage, nous échangeons nos points de vue sur des sujets très variés, depuis les randonnées jusqu’à la vie quotidienne des tyroliens sans oublier les élections politiques qui approchent ou encore les relations entre l’Autriche et le Tibet !

Nous comptions faire le circuit dit des trois lacs (drei seen) dans le massif du GrossVenediger. Seulement, impossible de trouver des informations dessus auprès des centres touristiques locaux, et notre carte IGN ne couvre pas cette zone. Nous nous rendrons compte que c’est beaucoup plus loin que nous le pensions… du coup nous improvisons et dès que nous voyons une vallée qui semble sympathique (ce n’est pas ce qui manque), nous nous y engageons. Il s’agit du village d’Hollersbach.


La vache décapitée

Un plan schématique nous montre les départs de promenades, malheureusement il n’y a pas d’échelle et peu d’altitudes sont indiquées. Nous choisissons au hasard, d’après les temps de parcours estimés, la Edelweiß Hütte comme première destination – et si possible les cascades tout au fond de la vallée. Deux chemins mènent au refuge, nous voudrions prendre celui qui longe la rivière.

Un large sentier carrossable monte vers un étang de retenue et continue dans la forêt. Son ombre nous permet d’avancer à un bon rythme (je m’étonne moi-même !) mais les parties ensoleillées sont épouvantables. Nous ferons le mauvais choix à un croisement : un sentier descend, cela nous semble suspect, nous continuons celui qui monte… Du coup nous ne longerons pas le torrent à l’aller, ouin.

Après une longue ascension, nous entamons à présent la descente. La forêt est monotone mais nous la quittons à regret car le soleil nous cuit littéralement. AàG fait un essai pieds nus pour éviter le bain de jus de chaussettes mais ce n’est pas très concluant à cause de tous les petits cailloux. A la moindre cabane, au moindre arbre, nous nous arrêtons dans la miette d’ombre disponible…

Nous appellerons cette vallée « la vallée du désastre » car partout des grands pans de forêt se font décimer. Ces immenses zones éventrées dans la montagne font peine à voir… Des stocks impressionnants de troncs attendent le camion qui viendra les chercher. Les bords de la rivière sont complètement chamboulés à cause de ça, ils manipulent les berges comme ça les arrange pour leur industrie de coupe de bois… Je n’avais jamais vu de « téléphérique » à troncs d’arbre auparavant.

Nous pique-niquons au bord de l’eau, manifestement un endroit très passant… pour les vaches ! Il faut dire que le choix de l’emplacement est très restreint puisque conditionné par la présence de l’ombre protectrice.

Nous suivons notre route, égayée par quelques fermes clairsemées, et nous arrivons enfin à la Edelweiß Hütte.


Le vis-à-vis de la Edelweiss Hütte

Nous n’y ferons pas d’arrêt, il est encore suffisamment tôt pour espérer arriver au bout de la vallée où il y avait une sorte de lac d’après le plan sommaire. Disons que ce n’était pas très clair, alors autant aller y voir nous-mêmes !

C’est long, long, long… le soleil nous brûle, nous aveugle, nous déshydrate. La randonnée plaisante se transforme petit à petit en enfer. A ce sommet-là, je te dis qu’on verra le lac. Ah tiens, non. Bon, après cet arbre tout là-bas alors. Non plus. Bon, disons après ce lacet-là. Toujours pas.

Il y a de plus en plus de camionnettes qui passent (transport de gens et de matériel) en nous laissant une merveilleuse odeur de gaz d’échappement, sans oublier toute la poussière qu’elles soulèvent. Aller en montagne pour se faire emmerder par des camionnettes, non mais franchement !!

Nous croisons un randonneur qui revient du bout de la vallée, il nous dit que dans 1/4h nous serons au « lac » mais qu’il est en fait tout petit. Et les cascades sont à une demi-heure du lac. C’est une bonne nouvelle car nous n’en pouvons plus.

Quand nous y arrivons, fou rire nerveux, le lac est quasi à sec et ressemble plus à un marécage qu’autre chose. Tout ça pour ça, ben dis donc, j’espère que les cascades seront mieux.

Nous poursuivons le chemin pendant un moment, puis nous abandonnerons. Nous voyons les cascades de là où nous sommes, nous ne les verrons pas mieux en allant jusqu’au bout du chemin, en plus elles sont en contre-jour. Aucun intérêt, et il se fait tard quand on pense à la longueur du trajet qu’il nous faut refaire…

Le paysage n’est ponctué que par les tâches de couleurs des vaches. La chaleur n’a pas abandonné la bataille et c’est avec soulagement que nous observons l’ombre qui progressivement envahit la vallée. Quel bonheur lorsque nous atteignons une portion de route ombragée !!

Nous empruntons le sentier qui longe le torrent pour fuir le défilé de camionnettes qui se poursuit. Enfin un véritable sentier de randonnée, qui n’est pas plus large que nos deux pieds et serpente agréablement le long de l’eau ! C’est en fait la partie la plus intéressante de la promenade que nous ferons là, malheureusement au pas de course car l’ombre progresse plus vite que nous. Donc pas de photo.

Naïvement on espérait que le chemin de la rivière serait plus plat, mais le fond de la vallée devient parfois tellement encaissé que le sentier doit s’échapper en hauteur pour redescendre ensuite flirter avec l’eau, un vrai yoyo. La fatigue me fait trébucher. Qu’est-ce que c’est long, je ne parviendrai jamais à rejoindre cette putain de voiture avant la nuit… Surtout ne pas s’arrêter, sinon je n’arriverai plus à repartir. Si je me couche là, en travers du sentier, je m’endors. (Dis, tu crois qu’on est encore sur la bonne route ?)

La galère se termine enfin, nous reconnaissons l’embranchement de ce matin puis finalement l’étang du départ. Il était temps nous sommes exténués. Nous partons manger à Wald. Les pieds douloureux, nous avons peine à marcher jusqu’au restaurant !! Pour se consoler du repas très moyen qu’on nous a servi, nous achevons la soirée par un dessert au Jägerhof de Gerlos.

D’après la carte que nous consulterons le lendemain, la randonnée d’aujourd’hui faisait 800m de dénivelé mais surtout… 28km !!

Dimanche 03 septembre 2006 – Journée maussade au Kaunertal

Réveil abrupt à 6h30 par les cloches de l’église qui sonnent longuement et nous rappellent que l’Autriche est fort catholique… On ne peut s’empêcher de penser aux mosquées qui nous offraient elles aussi gracieusement le service de réveil en Turquie. Le balcon nous offrirait une belle vue si seulement le ciel n’était pas complètement voilé.

A 8h on descend voir Irma Gundolf, notre logeuse, car on ne sait pas où se trouve la pièce du petit-déjeuner. Comme je ne parle pas l’allemand, je comprends un mot sur dix (grâce à mes notions de néerlandais) alors ça donne des situations rigolotes : elle m’a dit que c’était en bas et j’ai compris le mot « recht » que je traduis par « droite ». On descend l’escalier et on se trouve dans un petit hall où se trouvent cinq portes dont une, entrouverte, d’où sort de la musique (une autre chambre ?). On hésite : la porte qui est à droite est bizarre, il en sort un bruit de… chaudière ! On jette un coup d’œil à celle de gauche, en vitré dépoli, c’est une toilette ! Hum, va-t-on rester debout dans ce hall jusqu’à ce qu’elle arrive ? Bon allez, on pousse un peu la porte déjà entrebâillée… oui c’est bien là ! Ouf ! Comme en français, « droite » et (tout) « droit » doivent être très proches ^^


Le trop-plein du lac de barrage du Kaunertal

Cette entraînante musique tyrolienne qu’on entendait, c’est la télévision. Ils ont une chaîne où passent, en boucle, tout plein de webcams rotatives avec les conditions météo du moment (aucune prévision pour la journée par contre !). C’est rigolo quand la caméra se trouve au niveau des nuages (écran blanc), ou quand une vache traverse son champ (celui de la caméra hein)…

Pour ceux qui se posaient la question : oui, Irma est très gentille ! Le petit déjeuner est copieux : confitures, charcuteries, fromages, œuf à la coque… on s’empiffre joyeusement. Les allemands de la chambre voisine descendent à leur tour, le mari d’abord. Il n’arrête pas de souffler lourdement « hummpfff » et on l’entend ensuite émettre des lents et graves « po po pom », à la façon du tuba (?) qui rythme la musique de la tv. Sa femme arrive ensuite, elle son truc c’est de chantonner dans les aigus. Ce duo durera tout le repas ! Ca nous a beaucoup inspiré pendant ce séjour, on les a souvent imités pour rire 🙂 Malheureusement c’est leur dernière nuit là, on ne les reverra plus !

La route à péage qui mène au Kaunertal est impressionnante :

Cette route panoramique se compose d’environ 30 lacets (« kehre »), donne de beaux points de vue sur le lac de retenue et le glacier, et atteint finalement 2750 mètres. De là des télésièges montent normalement jusqu’à près de 3200m (ce domaine est skiable en été) mais vu le mauvais temps, ils ne fonctionnent pas. Peu importe, nous sommes déjà à la hauteur des neiges éternelles !

Nous visitons d’abord un curieux tunnel de glace, équipé de cordes pour les touristes. C’est tout petit mais… on est quand même à l’intérieur d’un « glacier » (je ne sais pas si le terme correspond tout à fait) ! En certains points la glace est extrêmement transparente, à d’autres endroits brille une attirante lumière bleutée. L’excursion est rapide, nous revenons ensuite vers le refuge d’altitude pour entamer une promenade de l’autre côté.

Je suis complètement essoufflée à cause du changement brutal d’altitude (je vis à quelque chose comme 60-70m) et par les pentes (ah plat pays…). Mode de vie trop sédentaire, ça se ressent :-s

Je marche lentement tandis que AàG court comme un cabri pour me narguer ! « Non mais quel salaud ce salaud ! » On va jusqu’au « triangle » des frontières : l’Italie nous tend les bras, la Suisse également, et l’Autriche nous tend un banc (bénie soit-elle !!).

Quel dommage que le temps ne soit pas de la partie, il fait froid, pluvieux, tout paraît morne et triste… minéral.

On entend d’impressionnants grondements d’avalanche sur l’autre versant, même si on ne parvient pas toujours à repérer l’endroit exact :

Il faut dire que le ciel est tout blanc et les nuages s’infiltrent de plus en plus malgré le barrage des pics.

Pic-nic dans le refuge où des tables sont aménagées pour ce faire. Avec de belles toilettes propres et gratuites, comme quasiment partout dans le Tyrol ! On fait une partie de radeau sur l’étang du refuge, il faut se tirer avec une corde et on se marre comme deux gamins…

On descend un peu la route pour faire le tour du Weißsee, un beau petit lac dont les couleurs sont injustement rendues par l’appareil photo.

Vous voyez la fourmi (ci-dessous) ? Qu’on ne vienne plus dire que je ne mets pas de photo de moi sur mon blog :-p

On redescend encore d’un cran pour arriver au départ du sentier vers le glacier Gepatschferner. La randonnée est bien plus longue qu’on ne le pensait, et au final il faut descendre dans la petite vallée pour remonter l’autre versant. Un glacier, ça se mérite !!

La langue de glace est impressionnante (mais très sale), seulement je n’en profite pas tellement : j’ai froid et je suis crevée rien qu’à penser au chemin du retour qui nous attend.

L’air de rien il se fait tard, l’obscurité tombe vite en montagne et la couverture nuageuse nous prive déjà de pas mal de luminosité. Pour un premier jour, le programme était un peu trop ambitieux !

AàG portera mon sac pour revenir jusqu’au véhicule, je suis épuisée… qu’est-ce que j’étais contente en la voyant enfin, au loin, sur le parking !! Il n’y a plus personne, nous sommes les derniers… Dis, tu crois qu’ils ferment la vallée à quelle heure ? (mauvais souvenir d’Ihlara !!) Heureusement le péage est désert mais ouvert, il doit l’être toute la nuit (avis à ceux qui veulent économiser 20 euros 😉 )

Nous décidons de souper à Prutz, il s’agit d’un pélerinage suite à un souvenir familial marquant que je me refuse absolument à vous révéler :-p

Les nuages et la pluie nous accompagnent toujours, nous entrons au Post Hotel où nous serons très bien servi. On est tous les deux cassés par la fatigue… La serveuse, après avoir vu nos difficultés à décrypter le menu, nous tendra charitablement une carte en anglais – merci à elle !

Un petit pot-pourri provenant du Courrier International, donc a priori pas des hoax – même si parfois je me pose des questions…

Le village de Clark, aux Etats-Unis, a troqué son nom contre dix ans de télévision par satellite gratuits. La bourgade s’appelle désormais DISH, comme le fournisseur d’accès. Ses 125 habitants ont droit au bouquet de base, à un lecteur de DVD et à une antenne satellite. “Personne ne savait où était Clark. Tout le monde sait où se trouve DISH”, exulte le maire, Bill Merritt. Son prédécesseur, Landis Clark, ne décolère pas. “C’est minable”, fulmine le fondateur du village, qu’il avait baptisé de son nom.

The Globe and Mail, Toronto

Heureux les grands menteurs. Des chercheurs américains viennent de leur trouver une excuse en béton : ils ont plus de substance blanche dans le cerveau… et moins de grise. C’est le British Journal of Psychiatry qui dit toute la vérité – et rien que la vérité – sur le mensonge pathologique grâce à Yaling Yang et Adrian Raine, chercheurs en psychologie à l’université de Californie. De précédentes études avaient montré que le cortex préfrontal était le siège d’une activité accrue en cas de mensonges. Mais on était loin d’imaginer que ce type de comportement pouvait aussi résulter d’une anomalie du cerveau.
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) en a donné la preuve. Tests psychologiques, questions en tout genre : telles ont été les épreuves imposées à un groupe de volontaires, dont 12 menteurs, 16 personnes ayant tendance à mentir – mais pas de façon pathologique – du fait de leur caractère antisocial et 21 sujets considérés comme normaux. On considère que, pour un menteur pathologique, dire la vérité est au-dessus de ses forces. Manipulateur, il n’hésite pas à simuler avec talent les symptômes d’une maladie, voire à usurper une identité s’il peut en tirer un quelconque bénéfice. Des prouesses qu’il parvient à réaliser sans mal, puisqu’il a 22 % de connexions nerveuses en plus (surplus de substance blanche) et 14,2 % de neurones en moins (déficit de matière grise) au niveau du cortex préfrontal. Situation anatomique inverse de celle observée chez les enfants autistes, qui ont tant de difficultés à mentir. Bref, ce réseau de connexions plus complexe semble être un avantage biologique qui assure en toutes circonstances un self-control parfait à notre menteur. Plutôt commode, car “mentir demande beaucoup d’efforts. Vous devez être capable de comprendre l’attitude de la personne en face, de supprimer vos émotions ou de les contrôler pour ne pas paraître nerveux”, assure Adrian Raine. Mentir comme un arracheur de dents, ce n’est pas donné à tout le monde !

Caroline Lepage
Agence Science-Presse, Québec

La police sud-africaine est protégée par… des sociétés de sécurité privées, qui lui facturent chaque année 66,5 millions de rands (8,3 millions d’euros). Près de 200 commissariats sont gardés par des gardiens et vigiles armés. Ce système a été introduit en 2002 pour permettre aux forces de l’ordre de se consacrer entièrement à “la prévention du crime”. Parmi les dix principales sociétés employées par la police, trois d’entre elles ne disposeraient pas des autorisations officielles nécessaires à la pratique de leur gagne-pain.

Mail & Guardian
Johannesburg

Il y avait un signal, mais personne ne disait rien. J’ai même été réveillée à 4 heures et demie du matin.
Caroline Lenaert est sans doute la seule femme au monde à avoir été harcelée téléphoniquement par une vache laitière belge. Le propriétaire de l’animal avait relié une trayeuse automatique défectueuse à son téléphone portable pour être alerté en cas de panne. Malheureusement, il avait programmé par erreur le numéro de Mme Lenaert.

De Standaard, Bruxelles

Une sombre histoire de frites met en péril les célébrations du 175e anniversaire de la Belgique. Une gigantesque journée moules-frites, avec dégustation à volonté, doit se tenir début septembre place Sainte-Catherine, à Bruxelles. Au menu : des moules – hollandaises – et des frites – canadiennes. Un scandale, pour l’Union nationale des frituristes (Unafri), bien décidée à sauver la fierté nationale. Les marchands de frites s’engagent à servir gracieusement 15 000 cornets de frites – mais de la vraie, de la belge –, soit 5 000 kilos de pommes de terre. Pour acheter et éplucher ces tonnes de patates, ils demandent 7 000 euros aux pouvoirs publics, écrit De Morgen. La Flandre accepte de débloquer 3 500 euros, mais le gouvernement wallon refuse de payer sa quote-part si la moitié des pommes de terre ne sont pas wallonnes. L’association des frituristes s’est fendue d’un communiqué apaisant. “Les frites ne sont ni flamandes ni wallonnes, elles sont belges !” clame son site Internet. Pas question, toutefois, de jeter de l’huile sur le feu : l’Unafri a promis d’utiliser autant de patates du Nord que
de patates du Sud, et a écrit au président du Parti socialiste (francophone), Elio Di Rupo, pour qu’il mette fin à cette guerre des frites.

Courrier international

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