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« Si aucune action n’est entreprise rapidement, le réchauffement climatique de la planète va atteindre un rythme insoutenable à très, très court terme ». A la réunion annuelle de l’Association américain pour l’avancement des sciences (AAAS) de Chicago, Chris Field, de la Carnegie institution for Science, ne mâche pas ses mots. Et il décoche une flèche envers la consommation énergétique de son propre pays : les Etats-Unis, où la prise de conscience environnementale ne cesse de gagner du terrain.

« Et j’espère que les initiatives pour limiter les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère seront prises bien avant le prochain rapport du GIEC. Nous ne pouvons pas attendre quatre ou cinq ans pour agir ».

(…)

L’heure est au mea culpa… et à l’action. « Si nous n’agissons pas rapidement, la machine climatique va s’emballer. Les incendies de forêt, y compris sous les tropiques, vont se multiplier. Le permafrost va fondre et libérer plus de mille milliards de tonnes de CO2 en un très court laps de temps alors que depuis la révolution industrielle, nos émissions totales de CO2 sont estimées à 350 milliards de tonnes », conclut Chris Field. La vie sur Terre va devenir tout simplement… impossible.

Article complet : Le climat chauffe les esprits américains, Le Soir, 14.02.2009

Parisiens, Parisiennes,

Vous ne le savez peut-être pas mais, dans votre capitale, vous êtes soumis aux publicités commerciales à une fréquence et une intensité telles que vous aurez l’impression de soudain mieux respirer si vous passez quelques jours ailleurs, ne serait-ce qu’à Bruxelles… qui est pourtant très loin d’être dans une position idéale à ce sujet, mais déjà tellement moins « chargée » que votre pauvre capitale défigurée, phagocytée, gangrenée, lobotomisée (pas besoin de biffer, il n’y a pas de mention inutile dans la liste).

Aujourd’hui, 400 nouveaux écrans vont être installés dans votre métro. Les premiers exemplaires sont déjà en place. Ces 400 panneaux à affichage à cristaux liquides (ACL) vont vous assommer en permanence en crachant leurs pubs à un rythme soutenu, à vous le surconsommateur en puissance. Impossible pour l’oeil de ne pas être attiré par des couleurs lumineuses en mouvement, c’est physiologique. Impossible pour le cerveau de ne pas se laisser influencer, même si chacun est persuadé du contraire (« non pas moi ! »). Les statistiques de vente et les budgets colossaux investis dans la publicité montrent bien sa redoutable efficacité.

Mais ce n’est pas tout, ces écrans vont vous filmer et vous observer, oui vous observer VOUS qui passez devant et qui payez pour faire un trajet (c’est sensé être le métier de la RATP à la base, si si ! rappelez-vous !) et non pour vous faire matraquer de pub ou vous faire fliquer jusqu’à l’expression de votre visage.
Les publicitaires ont un appétit sans borne, il est temps de les arrêter.

(…)

Le dispositif cache derrière ses parois fumées une caméra, ou « capteur » selon la terminologie de Metrobus, destinée à étudier les réactions des passants aux messages diffusés. A terme, l’activation du système de transmission sans fil Bluetooth permettra d’envoyer des données publicitaires sur les téléphones portables des usagers du métro qui passeront à proximité des écrans, généralisant l’utilisation des ondes sans fil dont la dangerosité est soulignée sans relâche par Robin des toits.

(…)

« Nous avons découvert ces nouveaux écrans avec des pubs en boucle comme tout le monde, une fois ceux-ci installés dans le métro, explique Charlotte Nenner, présidente de RAP. Nous estimons qu’il s’agit de vidéosurveillance détournée à des fins commerciales et sommes totalement opposés à l’envoi de contenus publicitaire via Bluetooth. Nous avons donc demandé une concertation avec la RATP et Metrobus et la suspension du dispositif. Les usagers n’ont pas à se faire imposer de nouvelles formes de publicité sans qu’il y ait eu un débat public sur le sujet. Il est encore temps de stopper ça ». Pour Jean-Pierre Petit, de Souriez vous êtes filmés, « la RATP a franchi la ligne jaune. » Et de rappeler que l’association a déjà dû saisir la Cnil pour obliger la RATP à promouvoir son très discret Pass découverte, dépourvu de puce électronique, au contraire de l’intrusif Pass Navigo, qui enregistre électroniquement les déplacements de chaque usager.

(…)

Jérôme Thorel dénonce les « captures déloyales de données personnelles » induite par les ACL de Metrobus : « On nous dit que c’est anonyme mais ce n’est pas le problème. Et rien ne dit que, à terme, on ne puisse pas inviter les usagers, contre une offre commerciale alléchante, à transmettre leurs noms, âge, professions et autres renseignements personnels. »

« La réalité dépasse la fiction », pour la députée Verts Martine Billard : « Je suis choquée par le comportement de la RATP, dont la vocation première est le transport de personnes, pas la publicité. Le défaut de transparence de la Régie est inadmissible. A nous parlementaires d’interpeller le gouvernement sur cette question. » Pierre Gayral, des Alternatifs, croit « plus dans les mouvements citoyens que dans la classe politique pour empêcher ça », tout en se disant abasourdi par « une telle dépense d’argent dans des technologies aussi sophistiquées sans que ne se pose une seule seconde la question de l’intérêt social ». Pour contrer la généralisation annoncée du dispositif, qui pourrait, à terme, rejoindre la surface et les rues de Paris, les associations lancent une action en référé.

(…)

Source : Le cauchemar publicitaire dans la quatrième dimension, par Xavier Frison, 02/02/2009. On en parle dans Le Monde aussi, pour ceux qui ont une assez bonne vue pour repérer les quelques modestes lignes qu’ils daignent consacrer au sujet.

Voilà une idée originale lue chez Dilettante, qui propose une « écotaxe » volontaire sur les objets inutiles que nous achetons – ou acceptons. Plus de détails ici. Je trouve qu’il y a de l’idée…

Après, l’argent de ces taxes, vous en faites ce que vous voulez. Cela peut être seulement virtuel, c’est-à-dire servir juste de baromètre. Ou bien vous pouvez utiliser cet argent pour de bonnes œuvres, pour la recherche, que sais-je. C’est vous qui décidez, contrairement aux taxes que vous prélève le gouvernement…

Le but est simplement de prendre conscience – et garder à l’esprit – que le « pouvoir d’achat » sert en partie non négligeable à cela : acheter de l’inutile. Il faut donc se motiver à combattre en permanence l’influence du marketing sur nos (en)vies.

Halte au « j’achète donc je suis » ! En cette période de Noël, mais aussi le reste de l’année…

Ce n’est pas nouveau (sauf pour les journalistes du Monde semble-t-il) mais le répéter ne peut pas faire de tort : la 6e extinction massive d’espèces est déjà là, à nos portes, mais nous pouvons peut-être encore l’éviter ou du moins en limiter la portée.

Extraits de l’article (13.08.2008) :

L’espèce humaine a tellement modifié son environnement qu’elle porte maintenant gravement atteinte à la biodiversité des espèces terrestres et marines, et à terme à sa propre survie. (…) Un mammifère sur 4, un oiseau sur 8, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril, constate l’UICN.

Est-il encore possible de freiner ce déclin des espèces, qui risque de s’amplifier quand notre planète portera 9,3 milliards d’humains en 2050 ? Les biologistes américains Paul Ehrlich et Robert Pringle pensent que oui, à condition de prendre plusieurs mesures radicales sur le plan mondial. Ils les présentent dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS) du 12 août, qui consacrent un dossier spécial à la sixième extinction.

En préambule, ces deux chercheurs n’hésitent pas à déclarer que « l’avenir de la biodiversité pour les 10 prochains millions d’années sera certainement déterminé dans les 50 à 100 ans à venir par l’activité d’une seule espèce, Homo sapiens, vieille de seulement 200 000 ans« . Si l’on considère que les espèces de mammifères – dont nous faisons partie – durent en moyenne un million d’années, cela place Homo sapiens au milieu de l’adolescence. Or cet « ado » mal dégrossi, « narcissique et présupposant sa propre immortalité, a maltraité l’écosystème qui l’a créé et le maintient en vie, sans souci des conséquences« , ajoutent sévèrement Paul Ehrlich et Robert Pringle.

Il faut donc, selon eux, insuffler un changement profond dans les mentalités, de façon à porter un autre regard sur la nature. Car, disent-ils, « l’idée que la croissance économique est indépendante de la santé de l’environnement et que l’humanité peut étendre indéfiniment son économie est une dangereuse illusion« . Pour contrer cette dérive, il faut commencer par maîtriser l’expansion démographique et diminuer notre surconsommation des ressources naturelles, dont une bonne part sert à assouvir des goûts superflus et non des besoins fondamentaux. (…)

Autre angle d’attaque : les services offerts par la biosphère sont nombreux et gratuits. Elle fournit les matières premières, les systèmes naturels de filtration des eaux, le stockage du carbone par les forêts, la prévention de l’érosion et des inondations par la végétation, et la pollinisation des plantes par des insectes et des oiseaux. A elle seule, cette dernière activité pèse 1,5 milliard de dollars aux Etats-Unis. (…)

(…) les deux chercheurs s’inquiètent du divorce croissant, dans les pays industrialisés, entre la population et la nature, divorce dû à l’utilisation intensive du multimédia. Ils remarquent que, « aux Etats-Unis, la montée des médias électroniques a coïncidé avec une baisse importante des visites des parcs nationaux, après cinquante ans de croissance ininterrompue« . (…)

Avant-hier, les marins-pêcheurs. Hier, les transporteurs routiers. Aujourd’hui, les agriculteurs. Sans oublier les fonctionnaires et les chauffeurs de taxi, en attendant les suivants… Tous unis pour réclamer des mesures contre l’inéluctable. Un peu comme s’ils manifestaient pour obtenir de nos gouvernants des mesures contre la pluie en été ou la chute des feuilles à l’automne.

Car enfin, ce qui est en train de se passer était tellement prévisible. Depuis des décennies, nous savons que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables. Mais depuis des décennies, nous feignons de l’ignorer. Prétextant « qu’on va trouver des solutions de remplacement ».

La majorité de la population occidentale croit désormais qu’il est normal de payer 100 euros pour aller en avion passer un week-end à 3.000 km de distance. Ignorant ou faisant semblant d’ignorer que ce prix ridicule ne peut de toute évidence couvrir les coûts d’infrastructure, de personnel et de carburant d’un tel déplacement… sans parler de son coût environnemental !

La majorité de nos compatriotes trouve normal que les trois quarts de l’humanité se nourrissent d’un bol de riz quotidien tandis que le quatrième s’empiffre au point que l’obésité de ses enfants est devenue l’une de ses principales préoccupations.

Eh bien non, ce n’est pas normal.

Ce que nous vivons actuellement n’est qu’un avant-goût des crises qui nous attendent si nous ne sommes pas capables de comprendre enfin qu’il est urgent de prendre des mesures drastiques dans le seul sens acceptable : diminuer la consommation des ressources naturelles. Réduire le gaspillage, plutôt que de constamment adopter des mesures visant à le poursuivre. Comme par exemple ces baisses de taxes prônées – ce n’est pas un hasard – par un politicien tel que Sarkozy, en bon populiste qu’il est.

Le pétrole cher aujourd’hui, c’est peut-être le seul espoir de forcer les hommes à prendre des mesures draconiennes tant qu’il en est encore temps.

Extraits d’une carte blanche du Soir, dont l’auteur semble étonnamment être ce monsieur. A moins que ce ne soit un homonyme…

Coucou les mangeurs, ce soir il y a de la lecture au menu et il y en aura pour tous les goûts !

En entrée, de succulentes tranches des chroniques de Marc Moulin, musicien (jazz) et humoriste belge… Sans avoir l’air d’y toucher, d’un ton mordant et ironique, il parvient à faire passer beaucoup de messages au-delà du rire. Piquante et épicée, je vous conseille d’accompagner cette entrée par un petit riesling spätlese…

Ensuite le plat de résistance avec un article de Jean-Baptiste Godinot, un jeune homme plein d’avenir ! 😉 Ne vous laissez pas impressionner par le sérieux du titre ou la longueur du texte, ça se laisse boire comme du petit-lait. Ouais je sais, vous préférez la bière. Pffff !

En dessert… non, vous êtes privés de dessert 😛

This is the end, my only friend, the end… (air bien connu)

Environnement : l’état de la France, extraits de Le Monde, octobre 2006.

L’objectif de l’IFEN, qui publie cet état des lieux tous les 4 ans, est d’analyser les évolutions les plus significatives affectant le milieu naturel en France.

Elle permet d’étudier les principales pressions exercées sur l’environnement, leurs effets sur les milieux naturels et les réactions de la société. Parmi ces pressions figurent, pour la première fois, « les dynamiques socio-économiques » et « les ménages », c’est-à-dire l’influence de l’évolution du mode de vie de la population et des choix quotidiens des consommateurs. Qui plus est, ils sont placés en tête du rapport.

Marie Cugny-Seguin : « Le pollueur, ce n’est pas l’autre, c’est tout le monde. » « L’enjeu est maintenant surtout du côté des sources de pollutions diffuses, celles qui nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels, pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger, ou dans les choix collectifs (construire une société plus sobre en carbone, par exemple)« . Il s’agit de faire face à un « défi urgent » : « dissocier la croissance économique des émissions de gaz à effet de serre, des pollutions et de la consommation des ressources« . Pour cela, affirme le texte, « des marges de manoeuvre existent. Elles nécessitent un changement profond des comportements, des technologies, des modes de vie et de production« .

Vieillissement de la population, recomposition familiale, augmentation de la surface des logements, multiplication des déplacements, accroissement du temps consacré aux loisirs, attraction des régions littorales : tous ces changements affectent l’environnement. Par exemple, le volume des déchets produits par an et par habitant, qui atteint aujourd’hui 360 kg, croît, entre autres, en raison de l’augmentation de la consommation de produits préparés et emballés en petites quantités.

Pour ses déplacements, un périurbain émet quotidiennement deux à trois fois plus de CO2 qu’un habitant du centre-ville. La mobilité, qui ne cesse d’augmenter, exerce « de fortes pressions sur l’environnement : pollutions atmosphériques, gaz à effet de serre, nuisances sonores, sans oublier les pollutions liées à la construction des véhicules et des infrastructures de transport, et la fragmentation des espaces naturels« .
Même les vacances ne sont pas neutres : elles engendrent par exemple une production de déchets disproportionnée dans des zones fragiles comme la montagne ou le littoral…

En plus de ces pressions directes, les consommateurs « orientent l’ensemble de l’appareil productif par leur choix de consommation« . Consommer des fruits et légumes frais hors saison – dont la production et le transport demandent des quantités importantes d’énergie – a des répercussions négatives. L’évolution du régime alimentaire importe également. « Parcourir 100 km en voiture ou manger 1 kg de boeuf ou de mouton revient à peu près au même en ce qui concerne la perturbation climatique« , relève par exemple le rapport.

L’influence des consommateurs peut s’exercer dans de multiples domaines, mais les nombreuses études effectuées sur leur comportement soulignent l’existence d’un décalage entre les intentions et les actes. La sensibilité aux thèmes environnementaux est élevée. Dans le même temps, les Français semblent accepter difficilement la modification de leurs modes de vie. Ils ne sont pas prêts à payer plus cher pour des produits « verts », alors que 55 % se disent prêts à payer plus pour des produits censés améliorer la santé. La gestion des déchets par le tri sélectif est le seul domaine dans lequel les citoyens pensent avoir un rôle à jouer. Mais ils considèrent que c’est à l’Etat de lutter, par exemple contre la pollution de l’air. « La voiture illustre bien les tensions qui existent entre notre conscience des enjeux environnementaux et nos comportements« , constate le rapport.

L’exemple de la voiture montre bien, selon l’IFEN, que le changement des comportements en matière d’environnement « ne peut se résumer à la sensibilisation de la population ». Car le choix des consommateurs est contraint, par exemple par les prix, l’offre de transports en commun, etc. L’enjeu pour les pouvoirs publics est donc, concluent les experts, de créer les conditions de la transformation des pratiques.

L’espace est devenu un nouvel enjeu de la doctrine militaire américaine, extraits de Le Monde, octobre 2006.

George W. Bush vient d’adopter une nouvelle stratégie spatiale qui prône la « liberté d’action » des Etats-Unis et leur droit à interdire si nécessaire l’espace à tout pays « hostile aux intérêts américains« . Le texte rejette également tout traité interdisant les armes dans l’espace : « Les Etats-Unis s’opposeront au développement de nouvelles législations ou de restrictions cherchant à interdire ou à limiter l’accès des Etats-Unis à l’espace ou à l’usage de l’espace. »

« Il ne s’agit pas d’un changement de politique« , a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. « L’idée que la défense intervienne dans l’espace est différente de la notion de militarisation de l’espace« , a-t-il ajouté.

Ces affirmations suscitent le scepticisme des experts. « Même si cette stratégie ne dit pas explicitement que les Etats-Unis vont détruire des satellites ou déployer des armes dans l’espace, il me semble qu’elle ouvre la porte à cela« , a déclaré T. Hitchens, directrice du Centre d’information sur la défense. Selon elle, cette analyse est confirmée par une série de documents publiés par l’armée américaine dans lesquels celle-ci ne cache pas ses intentions.
« Dans cette stratégie, les Etats-Unis cherchent à établir leurs droits, mais ne reconnaissent pas les droits des autres pays« , estime-t-elle.

George W. Bush signe une loi autorisant des interrogatoires violents, extraits de Le Monde, octobre 2006.

« C’est rare que le président signe une loi tout en sachant qu’il va sauver des vies américaines et j’ai ce privilège ce matin« , a déclaré George W. Bush, juste avant d’apposer, mardi 17 octobre, son nom au bas d’un texte de loi très critiqué, The Military Commissions Act of 2006, qui autorise le recours à des méthodes agressives d’interrogatoire et le jugement par des tribunaux militaires des suspects de terrorisme.

La loi permet à la CIA de poursuivre les interrogatoires menés au secret par l’agence de renseignement et recourant à des méthodes qui, selon leurs détracteurs, confinent à la torture. Elle octroie à M. Bush un pouvoir d’interprétation des règles internationales sur le traitement des prisonniers. Elle permet, en outre, le jugement des terroristes présumés par des tribunaux militaires mais n’exige pas que chacun d’eux soit défendu par un avocat.

La loi, opportunément signée trois semaines avant des élections parlementaires qui paraissent de plus en plus périlleuses pour la majorité républicaine de M. Bush, fait déjà l’objet de recours devant les tribunaux. L’Union des libertés civiles américaine a pour sa part dénoncé « une des pires atteintes aux libertés civiles de l’histoire des Etats-Unis ». « Le président peut désormais, avec l’accord du Congrès, maintenir indéfiniment en détention des personnes sans chef d’accusation, (…) inculper des gens sur des rumeurs et autoriser des procès pouvant aboutir à la peine de mort sur la base de témoigages obtenus par la force« , s’est indigné son président, Anthony D. Romero.

(saut dans le temps)

Les menaces d’effondrement de la biodiversité s’accumulent, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, mars 2007.

Deux sénateurs de bords opposés, P. Laffite (UMP, Alpes-Maritimes) et C. Saunier (PS, Côtes-d’Armor), ont lancé un cri d’alarme au cours d’une journée d’audition publique au Sénat. « La prise de conscience des autorités et de la société a eu lieu sur les risques liés au changement climatique, mais pas sur les conséquences de l’effondrement de la biodiversité, estime M. Saunier. Le choc à prévoir est pourtant au moins aussi important. »

« La biodiversité des écosystèmes, support du développement de l’humanité, est en voie de dégradation accentuée« , mettent en garde les deux élus, dans un rapport d’étape. « La vie dispose d’une extraordinaire capacité d’adaptation, pourvu qu’elle en ait le temps« , a rappelé M. Saunier. Or la disparition des espèces a aujourd’hui lieu à un rythme 10 à 100 fois supérieur à la normale, et, d’ici à 2050, il pourrait devenir de 100 à 1000 fois supérieur.

« L’espèce humaine ne vit pas hors sol, a rappelé D. Dron, professeur à l’école des Mines. Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus. » Les causes de l’effondrement sont connues : surexploitation des ressources halieutiques, pollution des eaux douces, déforestation pour l’exploitation commerciale du bois ou agricole, méthodes de culture intensives, urbanisation… Sans oublier la « pollution biologique » causée par le transport d’espèces exotiques dans de nouvelles zones, et l’impact du changement climatique.

Cette situation impose des initiatives « d’une autre ampleur que celles menées actuellement« , selon les élus. La France a, sur ce point, « une responsabilité particulière« , du fait de sa place dans les organisations internationales et de sa présence dans les zones tropicales, très menacées.

Et Dieu que le sol est bas…

Les Belges dévorent 300 fois ce que la Belgique produit
Extrait du Soir, 02.03.07, C. Schoune

Si chaque être humain consommait les ressources comme un Belge, 3 Terres seraient nécessaires pour assurer ce train de vie. En d’autres termes, l’Occident ne vit plus grâce aux intérêts de la nature, mais en rognant son capital. Jusqu’à présent, les perspectives mondiales établies par le GFN n’avaient pas détaillé, secteur par secteur, l’évolution des « recettes » (biocapacité) et des « dépenses » (empreinte écologique). C’est chose faite pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, considérés comme une seule entité statistique par le GFN.

Alors qu’elle était de 3,4 ha par habitant en 1960, notre « trace » se chiffre aujourd’hui à 5,6 hectares. La consommation vorace des énergies fossiles représente la progression la plus importante.

« Il y a 40 ans, le déficit était de 2,2 ha par habitant, note le rapport. Aujourd’hui, il est de 4,3 ha/hab. » Soit plus de 300 fois la taille de notre pays. Fatalisme ? L’Allemagne est parvenue tour à tour à réduire son empreinte écologique et à améliorer sa biocapacité propre ces dernières années.

Menace sur les fleuves du monde
Extrait du Soir, 20.03.07

Le pompage excessif de leurs eaux pour l’agriculture et la consommation humaine « menace de mettre complètement à sec le Rio Grande et le Gange« . Le Mékong est victime de la pêche excessive tandis que le Yangtzé est asphyxié par la pollution provoquée notamment par l’industrialisation massive le long de ses rives.

Le WWF conseille d’étudier avec soin la situation avant de se lancer dans des travaux d’infrastucture et suggère par exemple de préférer le transport par rail au développement de la navigation sur le Danube. « Comme les gouvernements s’inquiètent maintenant de la diminution des ressources en eau à cause du changement climatique ils construisent de plus en plus de barrages pour en stocker davantage, ce qui a pour résultat de prélever encore plus d’eau des rivières et de créer encore plus de problèmes écologiques« , avertit M. Pittock.

De même, « beaucoup de gouvernements veulent construire des centrales hydro-électriques comme sources d’énergie propre, ce qui, une fois encore bloque les cours d’eau et tue les poissons« , poursuit-il.

En Australie, ce sont des espèces introduites par l’homme qui ont envahi le fleuve Murray-Darling, où les espèces indigènes ne représentent plus que 10 % de la faune aquatique.

La consommation globale d’eau douce augmente deux fois plus vite que la population, ce qui signifie qu’en 2025 plus de 60 % des hommes vivront dans des régions souffrant de pénuries d’eau significatives, selon les estimations de l’Institut de Stockholm pour l’environnement.

« La crise va bien au delà des 10 fleuves étudiés mais le rapport reflète à quel point le développement sans frein menace la capacité de la nature à satisfaire notre demande croissante« , remarque M. Pittock.

Les scientifiques dessinent l’avenir d’un monde plus chaud
Extrait du Monde, 19.03.07, G. Dupont

Pénuries d’eau, inondations, salinisation des sols, baisse des rendements agricoles, multiplication des incendies, déclin de la biodiversité… Les scientifiques du GIEC s’apprêtent à rendre publiques de nouvelles évaluations des conséquences du réchauffement climatique et à confirmer le lien entre ce phénomène et de multiples perturbations déjà constatées sur la planète.

Les experts rangent parmi les conséquences directes du réchauffement, avec un haut de degré de certitude, des phénomènes constatables aujourd’hui : instabilité des sols en montagne, fonte du permafrost, modifications de la flore et de la faune dans les régions polaires, augmentation de la température des lacs et des rivières, précocité du bourgeonnement de la végétation et des migrations des oiseaux, modifications de la répartition des algues, du poisson, du plancton, etc.

En tablant sur un réchauffement compris entre 2°C et 4,5°C au-dessus des valeurs de 1990, les scientifiques évaluent entre 1 et 3,2 milliards le nombre d’humains touchés par des pénuries d’eau. Des « centaines de millions de personnes » seront menacées par la hausse du niveau des océans. Si le réchauffement atteint 4°C, 20% de la population mondiale pourrait être confrontée à des inondations.

Les rendements agricoles, susceptibles d’augmenter dans un premier temps dans les régions de latitude moyenne et élevée, déclineraient partout si le réchauffement atteignait 3°C. Au sud de la planète, les capacités d’adaptation des espèces seraient dépassées. Jusqu’à 120 millions de personnes supplémentaires seraient alors exposées à la faim. Le groupe prévoit une augmentation du nombre de morts dues à la chaleur, aux sécheresses, aux inondations, aux maladies liées à l’eau, ainsi que des extinctions « massives » d’espèces, et des bouleversements « majeurs » dans le fonctionnement des écosystèmes.

Le même sujet vu depuis la Belgique :

L’état d’urgence planétaire
Extrait du Soir, 21.03.07, C. Schoune

Nouveau rapport du Giec : Le Soir a pu prendre connaissance de la synthèse destinée aux décideurs. Inquiétant, ce document demeure confidentiel à ce jour tant il est sujet à des modifications lors des discussions entre les experts de 190 pays.

Extension des zones d’influence des maladies tropicales, pénuries d’eau accrues, menaces d’inondation, déclin de la diversité biologique, arrivée précoce du printemps, acidification des océans… autant de bouleversements en cours et attendus d’ici 2100, si rien n’est entrepris à une échelle globale pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. D’ores et déjà, le Giec constate que « beaucoup de systèmes naturels, sur tous les continents et dans certains océans, sont affectés pour le moment par des changements climatiques à une échelle régionale ».

1 Afrique. Quelque 600 millions de personnes pourraient connaître des pénuries d’eau accrues en cas d’un réchauffement égal à 2°C depuis 1990. Un réchauffement de 3°C conduirait à une extension des zones arides et semi-arides. La mortalité liée au réchauffement, entre diarrhées et malnutrition, devrait grimper d’ici 2030, avec l’augmentation des cas de paludisme ou de dengue. L’augmentation du niveau de la mer menace de nombreuses villes côtières.

2 Asie. La fonte des glaciers de l’Himalaya engendrera des inondations, une instabilité des flancs de montagnes et une rupture dans l’approvisionnement en eau potable. D’ici 2050, plus d’un milliard de personnes en Asie pourraient se trouver confrontées à des pénuries d’eau tandis que près de 200 à 700 millions d’être humains seront confrontés aux inondations résultant de l’élévation du niveau de la mer.

3 Amérique du Nord. Le réchauffement projeté dans les Rocheuses mènerait à une diminution du couvert neigeux, à davantage d’inondations en hiver et à une réduction de l’écoulement des cours d’eau en été, exacerbant la compétition pour la surallocation des ressources en eau.
Les problèmes liés aux insectes ravageurs, maladies et feux de forêts seront en croissance avec un risque accru d’impact sur la santé humaine.

4 Amérique latine. L’augmentation des températures conjuguée à la diminution de l’eau dans les sols mènera au remplacement des forêts tropicales par des zones de savanes. Lvégétation semi-aride sera remplacée probablement par une végétation aride. Dans les forêts tropicales, l’extinction des espèces est jugée probable. Dans les zones plus sèches, les changements climatiques mèneraient à une salinisation et à une désertification des surfaces agricoles. Les rendements de certaines semences diminueront et affecteront la sécurité alimentaire.

5 Europe. Au nord, le réchauffement moyen devrait apporter des bénéfices, dans un premier temps. Ces aspects positifs seraient réduits à néant si le réchauffement moyen atteint 3°C. Dans le sud, les changements climatiques auront par contre un impact négatif sur la santé en raison des vagues de chaleur plus fréquentes, de la réduction de la disponibilité en eau, de la menace sur la production de céréales et de l’augmentation de la fréquence des feux de forêt. Les inondations côtières menaceraient 2,5 millions de personnes supplémentaires chaque année vers 2080. Les petits glaciers disparaîtront et les grands auront considérablement fondu d’ici 2050.

6 Régions polaires. La réduction de l’épaisseur des glaciers, de la taille de la banquise, le dégel progressif du permafrost et les changements dans des écosystèmes très vulnérables produiront des effets au détriment des migrations d’oiseaux, des mammifères et des grands prédateurs comme l’ours polaire menacé d’extinction à l’horizon 2050.

7 Petites îles. La hausse du niveau de la mer exacerbera les inondations, le nombre de tempêtes, l’érosion des côtes et menacera des infrastructures vitales qui supportent le bien-être socio-économique des communautés.

C’est pas neuf mais une piqûre de rappel ne fait pas de mal…

Les Etats-Unis, l’Europe et la Chine puisent à l’excès dans les réserves biologiques de la planète

Extrait du Monde du 23.10.06

L’humanité consomme plus de ressources biologiques, de l’ordre de 25 %, que la planète n’en produit chaque année. Elle pompe donc maintenant dans ses réserves, une situation qui ne pourra pas durer longtemps. C’est le principal message du rapport Living Planet 2006 publié par le WWF.

L’empreinte écologique mesure la pression de l’humanité sur la biosphère en évaluant combien d’hectares sont nécessaires pour fournir les ressources biologiques (bois, nourriture, viande, etc.) dont chaque humain a besoin, ainsi que pour assurer l’absorption des rejets de son activité, essentiellement le CO2.

Selon ces calculs, tout habitant de la planète exige aujourd’hui 1,8 hectare « global » (moyenne intégrant les différentes fonctions du sol). Mais quand un Nigérien ou un Indien requiert 0,8 ha, un citoyen des Etats-Unis demande 9,6 ha, un Français 5,6, un Japonais 4,4. Ces pays sont donc débiteurs à l’égard de ceux qui utilisent moins de 1,8 ha. Mais c’est l’humanité dans son ensemble qui consomme trop. Si la tendance actuelle se poursuivait, elle consommerait la capacité biologique de deux « Terres » en 2050.

NdDDC : Si tout le monde consommait comme le Belge moyen, il faudrait déjà 3 « Terres »…

(repris dans le Freezine)

Energie et climat : sortir de la frénésie, par Hervé Kempf
(larges extraits) Le Monde 04/07/06

La contradiction entre le discours proclamé et la réalité des actes est devenue une telle constante de la vie politique que l’on finit par ne plus s’en étonner. Il est cependant un domaine où cette contradiction est si lourde de conséquences pour l’avenir qu’il est nécessaire de la souligner : la divergence entre la politique énergétique suivie et l’évolution probable du changement climatique.

La question du changement climatique n’a cessé de grossir en importance dans les dernières années, au point que des parlementaires, dont la prose est généralement marquée par la plus grande modération, n’hésitent pas à parler de « catastrophes climatiques annoncées ». De même, des sénateurs affirment dans un rapport publié prochainement que les « conséquences du changement climatique sont très sous-estimées ». Ces textes ne sont que les productions les plus récentes d’une liste devenue impressionnante de cris d’alarme lancés par experts et scientifiques.

Et, officiellement, la France se fixe pour objectif de réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre en 2050. Cela implique une réduction de l’ordre de 3 % par an des émissions de gaz à effet de serre dès aujourd’hui.

Or qu’observe-t-on en matière de production énergétique ? Que la France s’apprête à mettre en service plus de 10 000 mégawatts (MW) de capacité de production électrique à combustible fossile d’ici à 2012, soit l’équivalent de près de dix réacteurs nucléaires. EDF planifie ainsi la mise en service de 3 100 MW, Poweo de 2 800 MW, SNET de 2 000 MW, Gaz de France de 1 430 MW, Suez de 840 MW. Aucun des opérateurs n’indique avoir calculé les émissions de gaz carbonique produites par ces nouvelles capacités. Et pour cause : même si une partie – environ 2 000 MW – correspond au remplacement de centrales à charbon très émissives par des centrales à gaz qui le sont beaucoup moins, le bilan global n’en sera pas moins inévitablement défavorable.

Une centrale à cycle combiné à gaz, d’une puissance de 400 MW, fonctionnant 6 000 heures par an (soit 68 % du temps), rejette ainsi environ 960 000 tonnes de gaz carbonique par an.

A ces capacités nouvelles, s’ajouteraient de surcroît au moins un réacteur nucléaire, dit EPR, de 1 600 MW et un parc éolien approchant 2 000 MW. Si ces énergies n’émettent pas de gaz à effet de serre, elles ont un impact écologique important : déchets nucléaires et lignes à haute tension liées à l’EPR, comme dans la Manche et le parc naturel du Verdon, rupture et banalisation des paysages ruraux par la multiplication des éoliennes.

Comment s’explique cette frénésie de construction de capacités électriques de toutes sortes, si contraire à la nécessité proclamée de prendre en compte le changement climatique et l’environnement ? Par le dogme intangible qu’il est inéluctable d’augmenter la consommation électrique : selon RTE (Réseau de transport d’électricité), elle devrait croître en France de 1,7 % par an jusqu’en 2010 – soit un taux à peine inférieur à la croissance économique -, puis de 1,2 % par an. Cette prévision découle d’une prolongation des tendances actuelles, de l’apparition de nouvelles sources de consommation – comme la climatisation en été -, et d’un report sur l’électricité de divers usages, surtout industriels, du pétrole. Mais elle est surtout l’effet de l’absence de politique sérieuse de plafonnement de la consommation d’électricité.

En Europe, la logique est la même : augmentation de la consommation d’électricité et des capacités de production. Du fait de l’augmentation du prix du gaz – peu ou prou aligné sur celui du pétrole -, certains analystes prévoient même un retour du charbon, moins cher mais plus émetteur en gaz carbonique.

Le développement des énergies renouvelables ne sert que d’alibi écologique à une politique sur le fond inchangée. Ainsi, l’Espagne, qui est un des champions mondiaux de l’éolien avec plus de 10 000 MW d’aérogénérateurs installés, est pourtant un très mauvais élève de la classe climatique : ses émissions de gaz à effet de serre dépassent de plus de 40 % son niveau de 1990.

Pourquoi les gouvernements prennent-ils pour acquise l’augmentation de la consommation d’électricité ? D’abord parce que, dans la foulée de la libéralisation promue par l’Europe dans les années 1990, ils se sont privés des moyens d’orienter la politique énergétique. « Tout est laissé à l’initiative du marché, juge P. Radanne, consultant indépendant, alors que les opérateurs visent essentiellement à rémunérer leurs actionnaires. »

Il serait utile que les responsables politiques qui disent se préoccuper du changement climatique interrogent sérieusement le dogme de l’augmentation inévitable de la consommation.

H. Kempf

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