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Bande-son : Joe Hisaichi – The Rain (Kikujiro)

Le circo de Barrosa depuis l’Hospital de Parzán

Ce matin c’est le départ définitif de Broto. Nous devons rectifier la facture de l’hôtel car ils avaient oublié de nous compter le petit-déjeuner du premier jour. En fait c’est pas faux que c’était mieux de l’oublier, celui-là 🙂

Nous prenons une très longue et petite route vers Bielsa. Après quelques courses, nous pique-niquons en bord de route à un jet de pierre de la frontière française. Le nombre de camions sur cet axe est simplement insupportable…

Depuis le lieu-dit « Hôpital de Parzán » (hospice de Bielsa, dont il ne resterait qu’un mur), nous allons rejoindre le cirque de Barroude (circo de Barrosa).

Au début du chemin se trouvent des vestiges d’installations minières sur lesquels nous reviendrons en fin de journée – le jardinage me démange trop :mrgreen:

On y voit notamment des haldes ainsi que la station inférieure d’un télé-benne magnifiquement rouillé, datant du début du 20e siècle. Il descendait le minerai (plomb argentifère principalement) depuis les mines du pic Liena.

Il est surnommé « Câble Luisa » car il part des mines Luisa (alt. 2430m). Il rejoint la laverie (alt. 1460m) via une station d’angle (alt. 1860m).

Un second câble aérien, le Transpyrénéen (el Transpirenaico), permettait de relier les laveries (alt. 1450m) au Pont du Moudang (alt. 1120m) via le port de Salcorz (alt. 2464m) ! En tout il faisait 10 km…

Hélas, la longueur principale se trouvait côté français, où tout a été vulgairement ferraillé en 1968 ! Les choses n’ont pas changé aujourd’hui : la France n’a toujours aucun égard envers son patrimoine minier, qu’elle cherche plutôt à cacher ou détruire 👿

Plus de détails sur ce câble transporteur ici et .

Le chemin des mines (camino de las pardas) nous tente énormément, il s’agit du chemin muletier construit avant la mise en place du funiculaire. Chaque benne permettait de transporter 300 kg de minerai, donc de remplacer 2 ou 3 mulets. Autant dire que c’était une revolución !

Malheureusement, avec cette matinée consacrée au trajet, il ne nous reste qu’une après-midi en Espagne… trop court pour envisager cette promenade.

Je ne m’y connais pas trop en champignons, cela semble une amanite tue-mouche qui a perdu ses verrues blanches ? En tous cas je n’aimerais pas être à la place de cette mouche…

En suivant le chemin nous croisons différentes amenées d’eau, à ciel ouvert façon rigole ou en conduite plus ou moins forcée. Du temps de la mine, cette eau servait pour la laverie et la centrale hydro-électrique.

Le canal de dérivation nous intrigue, avec sa voûte maçonnée et son parcours qui serpente. Il a été restauré en 2011.

La couleur donne envie, la température nettement moins, même si le soleil tape 😉 A côté de la vanne à guillotine se trouve le trop-plein permettant un débordement localisé.

Nous continuons à longer le río Barrosa en direction du cirque.

Les lieux sont boisés, l’eau vive cascade entre les rochers…

Ce n’est pas impressionnant mais simplement charmant !

Petit à petit la vue sur le cirque se dégage, tandis que le sentier (PR-HU 187) devient moins marqué. L’herbe le recouvre mais des cairns sont présents et il serait de toute façon difficile de se perdre.

Une crassulacée (sedum ?) :

Ca, dit AàG, c’est quelque chose qui a envie de se faire passer pour une orchidée mais qui est cheap 😆
Petite linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium) ??

Le ciel se couvre. Au loin il reste une plaque de neige.

Le panorama se dévoile sans effort, à la portée de tous. Un site très complet (je crois qu’on peut même dire exhaustif, oui oui c’est à ce point 😉 ) est dédié au cirque de Barrosa.

Nous arrivons en vue du refuge (cabane de Barrosa, alt. 1745m).

Il est gardé, mais le gardien est timide 😉

Des têtes de schtroumfs qui ont déteint :

L’aconit anthore est très toxique.

Nous flânons là un instant, profitant du lieu. Il n’y a pas un chat. Ah si, moi 😉

L’après-midi est trop avancée que pour monter à l’assaut du pico de Barrosa ou ses confrères. Le port de Barrosa est à 2534 mètres d’altitude.

Nous rebroussons chemin. Les cairns ne sont pas toujours en bon état.

Les marquages sont parfois usés. Je me suis demandée si ce visage en mousse était l’œuvre de la nature ou d’un plaisantin, je penche pour cette seconde option 🙂

Certains blocs sont monumentaux.

Ce scarabée bousier a dû me trouver un peu trop pressante avec mon appareil photo, il a préféré prendre son envol.

A la recherche de l’arche perdue ! Il s’agirait en fait de la station inférieure du câble aérien des mines Mallo Ruego.

Un ancien canal (glissière) dévale la pente, interrompu seulement par le chemin.

Cette conduite forcée (modernisée) rejoint une petite centrale électrique massacrée il y a quelques années, j’y reviendrai plus loin.

J’élague un peu les branches qui poussent n’importe où dans la structure parce que ça me fait mal au cœur de voir ces vestiges dans cet état.

Nous allons ensuite à la rencontre des ruines des installations minières (plan).


Pour la légende, voir lien sous la photo

Il y avait là beaucoup de bâtiments : logements des mineurs, cantine, atelier, magasin, transformateur, écurie, scierie, laboratoires,…

Sur ce plan incliné se trouve le système de mise en tension du câble, juste sous la station inférieure du Câble Luisa.

Des arbres poussent dans la molette.

Cet abreuvoir est daté de 1924. L’exploitation minière proprement dite cesse en 1928 à cause de la chute des cours de l’argent et du plomb.

Oh mais qui revoilà ? C’est mon copain !

Sur ma jambe une mouche se délecte d’une petite blessure, j’en profite pour la photographier. Grâce à AàG vous échappez au résultat – il trouve ça vraiment trop gore.

Le siège de la Société des Mines de Parzán, où logeaient le directeur et ses ingénieurs, est toujours debout. C’est la Casa Bosar, du nom du sous-directeur Jacob Bosshard. Elle est bien reconnaissable grâce à son œil-de-bœuf.

Nous n’irons pas voir la centrale hydroélectrique, je vous conseille ce site qui présente notamment deux vidéos en bas de page, réalisées avant… la remise en fonction, à gros frais, de la centrale !! 😯

Les anciennes installations, qui étaient toujours en place, ont donc été détruites 😦 👿

Nous retournons sur le chemin du haut, des micro-géologues s’affairent dans les verses. Nous rejoignons l’ancien pont (puen de Tartico) qu’on devine ci-dessus dans la végétation.

Nous reprenons la voiture et passons la frontière française. Nous ne serons pas trop dépaysés en arrivant à la chambre d’hôtes, elle aussi proche d’une centrale hydro-électrique :

Les conduites forcées ont une autre taille !

Ce qui nous choque est le bruit. Il y a une rangée de maisons de l’autre côté de la rue, presque tous les volets sont clos. Je n’imagine pas qu’on puisse habiter là.

Photo d’époque et propagande actuelle :

Vu le peu d’alternatives, nous prendrons l’option « table d’hôtes » et n’aurons pas à le regretter même si se retrouver soudain en nombreuse compagnie (7 autres touristes, en plus du couple de logeurs) est toujours un peu violent quand on sort des montagnes.

Peu après 22h je tente de me laver. En fait ce n’est pas une douche, c’est un vaisseau spatial ! Au bout de 2 minutes, je trouve la lumière – enfin les lumières. Je vois bien l’option radio ou téléphone, mais où est donc la commande pour l’eau ? 😆 Heureusement, même si je n’ai pas de doctorat, je finirai par trouver ^^

Bande-son : Sólstafir – Lágnætti

Canyon d’Ordesa

L’orage fut énorme et dura toute la nuit. Spectacle son et lumière assuré ! Au matin, vu notre manque d’envie de renouveler l’expérience « petit chimiste » de la veille, nous avons prévu de quoi petit-déjeuner dans la chambre.

Durant l’été, la longue et étroite route vers el Valle de Ordesa est interdite aux véhicules particuliers, des navettes de bus sont organisées depuis Torla. Nous achetons nos tickets alors qu’il recommence à pleuvoir. Le temps d’acheter un pain et nous sautons dans la navette de 9h20. Le chauffeur est sympa et vers 9h30 l’averse s’arrête, ouf.

Depuis la Pradera (alt. 1320m) il existe principalement deux possibilités pour rejoindre le cirque de Soaso. Nous choisissons la voie haute, surnommée le sentier des chasseurs (Senda de los Cazadores).

Un panneau précise que ce chemin est « très dangereux », une très bonne chose : cela limite le nombre de personnes qui l’empruntent 🙂 (en vrai, il doit effectivement l’être lorsque le temps n’est pas beau)

Le sentier commence après le pont de los Cazadores par une dénivelée d’environ 600m composée de lacets en forêt. Il fait froid et ça grimpe sec.

La végétation est encore détrempée.

La brume donne comme toujours une ambiance fantomatique.

Un tronc coupé se prend pour un arc-en-ciel…

Malgré les arrivées groupées dues aux bus, on ne se marche pas dessus. Les randonneurs s’échelonnent, chacun prend son rythme. Une bonne partie des visiteurs, et notamment toutes les familles, ont pris le chemin du bas (GR 11).

Nous arrivons à une bifurcation et prenons à gauche. Après avoir contourné une barre rocheuse nous rejoignons le mirador de Calcilarruego, qui offre un magnifique point de vue sur la vallée.

J’espère que la cascade de Cotatuero vous plaît car vous risquez de la revoir une paire de fois d’ici la fin de cette balade 😉

On aperçoit une rivière en contrebas, le río Arazas.

Je croyais que les chiens étaient tout-terrain mais apparemment non, en tous cas celui-ci se blesse les pattes sur les cailloux du chemin s’il n’enfile pas ses petites chaussures (ridicules, foi de chat de fauteuil ! 😉 ).

Vue sur la falaise d’en face, Monte Arruebo et Punta Tobacor.

C’est par là que passe le 3e itinéraire, celui que j’aurais aimé prendre… la vertigineuse « vire des fleurs » (faja de la Fraucata ou faja de las Flores) ❤ J’avais vu des photos magnifiques de ce parcours aérien mais nous l’avions mal repéré sur la carte.

Certains passent les clavijas de Cotatuero sans équipement, euh… je ne m’y serais sans doute pas risquée. D’autant plus vu comme tout est humide et glissant aujourd’hui !


Refuge de Calcilarruego

Ce sac de nœuds racines était impressionnant. Nous quittons enfin le point de vue pour poursuivre notre chemin.

Profitez bien de cette photo parce que c’est pas tous les jours que vous verrez un dieudeschats apparaître 😛

A partir d’ici c’est plus ou moins à plat. C’est la Faja de Pelay, un sentier en balcon à mi-hauteur de la gorge. Il est long de 7km.

Par beau temps il n’y a pas spécialement de difficultés, simplement il ne faut pas trébucher ou avoir le vertige.

Nous sommes de l’autre côté du fameux cirque de Gavarnie. Sortant des nuages, on peut apercevoir la fausse brèche, la brèche de Roland (alt. 2807m) et le casque du Marboré :

Il y a de drôles de plantes mais je ne pourrai pas vous en montrer beaucoup, la plupart de mes macros étaient floues 😦

Oui bon ok celles-ci aussi, mais je les aime bien quand même 🙂

Nous croisons un autre « refuge » (abri ouvert similaire au précédent).

Le parcours offre des points de vue remarquables…

…quand il n’est pas dans les arbres 🙂

Nous pique-niquons en contrebas du sentier dans un verdoyant chaos rocheux.

Petit tour d’horizon : en bas et en haut.

Sans oublier en face :

Devant nous s’ouvre la fin de la gorge, le cirque de Soaso surplombé par les « trois sœurs » (Tres Sorores) : Cilindro, Monte Perdido et Soum de Ramond.

Les nuages restent agglutinés aux sommets (ce sont des 3000m), tandis qu’ailleurs le ciel bleu apparaît.

Les bourdons butinent ferme les carlines. Ah ben on n’est pas trop de deux parfois !

Notre sentier franchit l’une ou l’autre petites cascades, mais c’est celle d’en face qui me fascine. Je ne sais pas quel est ce petit barranco qui fait ce coup de bistouri dans la falaise !

En-dessous de nous nous voyons le GR 11.

Nous descendons progressivement à sa rencontre. Et il n’y a pas que nous qui descendons car nous remarquons, suspendu dans les branches d’un sapin plus bas sur la pente, un gros bloc de pierre !

Paysage en gris et vert.

Le cirque de Soaso est royal avec sa sombre couronne de sapins.

La falaise se fait plus majestueuse au-dessus de nous.

Le sentier est de plus en plus souvent transformé en ruisseau mais en s’aidant des cailloux et des racines on garde les pieds au sec.

Ça ne semble pas se rapprocher, et pourtant !!

Ou alors c’est peut-être que je fais trop d’arrêts photo :mrgreen:

Allez un dernier effort…

…et on y est !

Notre destination est la bien-nommée cascade de la queue de cheval (Cola de Caballo). Vous êtes priés d’imaginer le bruit qui va avec, et non ce n’est pas un hennissement 😉

AàG ne peut résister à aller tester l’étanchéité de son appareil photo les embruns, ça se comprend !

On aurait bien aimé monter au refuge de Góriz mais on n’aura pas le temps, et peut-être pas l’énergie non plus.

Aussi, après une pause, nous repartons. Cette fois par la piste du bas, le GR 11.

Il longe la rivière, le fougueux río Arazas.

Sur le GR 11 aussi le panorama est splendide, tant vers le haut que vers le bas.

Gradas de Soaso :

Je sais pas vous, mais moi j’ai préféré cette cascade-ci par rapport à la Cola de Caballo

Cette succession de gradins et de vasques est moins tape-à-l’œil et me charme davantage. C’est plus coloré et plus végétationnu 🙂

Avec les couleurs automnales ce doit être encore plus beau.

Quelques perséides capturées 😉

La falaise surplombe le chemin, j’ignore si cela a été entièrement creusé ou s’il s’agit en partie d’une érosion naturelle.

Nous quittons ensuite la rivière pour nous enfoncer dans la forêt.

Les arbres et leurs racines constituent un sujet inépuisable…

De la mousse à pattouner, ça j’aime 🙂

Nous arrivons aux chutes suivantes, les cascadas de la Cueva y del Estrecho.

Ça donne envie d’aller décoincer ce tronc, non ?

Plutôt que regarder où on pose les pieds, ça vaut la peine de lever le nez de temps en temps :

Ce chemin du bas (GR 11) est sympa mais curieusement il nous a paru plus long que celui du haut (Cazadores + Faja de Pelay). Fatigués, vous dites ? Paaaas du tout !

Ambiance un peu film d’horreur, vous ne trouvez pas ?

Nous voyons le bus de 18h30 démarrer, nous attendons celui de 18h50 qui partira finalement avec 20 minutes de retard. C’est le même chauffeur qu’à l’aller.

A Torla nous ne trouvons qu’un restaurant auriculaire… Nous préférons retourner à La Tea, où le serveur commence à nous connaître. C’est parti pour une bière au citron !

Pour ceux que la balade tente, voici le descriptif pratique de Mariano.

Bande-son : Laura Veirs – July Flame

Canyon d’Añisclo

La nuit dans cet hôtel familial de Broto, nous bénéficions de bourrins vers minuit ainsi que de toute une symphonie de tuyauteries. De la vraie « musique de chambre » 🙂 Le petit-déjeuner est plutôt frugal et industriel (ultra-chimique, dit AàG !) mais pour le reste la chambre est meilleure qu’à Sallent.

La météo du jour est hésitante : tormenta possible. Du coup nous décidons d’aller dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu pour voir el cañón de Añisclo par le bas. En français il s’appelle canyon de Niscle, ça ne sonne pas très bien à mes oreilles. Comme la route est en sens unique en été, nous devrions faire un détour de… 30km ! Bon ben on finira à pied hein.

Dans un premier temps nous voulons suivre le circuit de San Úrbez mais il y a peu de balisages et nous prenons sans doute un mauvais sentier. En tous cas, après une ruine de moulin (molino de Aso), il finit droit dans le río Aso…

Logiquement ça devrait passer quelque part, mais on ne voit aucune suite en face et on ne trouve ni pont ni gué. AàG franchit quelques pierres en sautant, glisse et tombe dans la rivière. Il se fait mal au mollet, quant à l’appareil photo c’est un miraculé.

Nous ne nous acharnons pas davantage, tant pis pour la boucle prévue. Nous devons tout remonter… pour descendre de l’autre côté.

Note : si vous y allez, voici une description précise de cette promenade, qui complète joliment la journée.
Et voici une carte du coin.

Une moche passerelle jouxte ce magnifique pont ancien (puente de San Úrbez) pavé de galets de rivière. Un couple en tenue de mariage y prend la pose pour un photographe.

La vue est imprenable, tant vers le haut que vers le bas :

Nous passons sur la rive gauche du río Bellós.

Une large piste mène à l’ermitage troglodyte de… San Úrbez, bravo je vois que vous suivez ! 😉 Une chapelle y a été érigée (photo de l’intérieur pour les curieux).

Cet abri sous roche (alt. 938m) a été aménagé à l’un des endroits où San Úrbez aurait vécu. Ce moine, né en 702 à Bordeaux, aurait fui les Sarrasins. Il y avait quatre pèlerinages par an, j’ignore si cette tradition s’est maintenue.


Fontaine

San Úrbez est particulièrement invoqué pour faire venir la pluie en période de sécheresse. Peut-être est-ce lié à la légende : il aurait « pleuré ses peines » dans ce refuge, générant ainsi l’humidité de cette grotte !

Le chemin, très touristique jusqu’ici, continue en se rétrécissant peu à peu.

Au début il longe la rivière de près.

Nous changeons de rive au pont de Sangons et quittons le GR 15 peu après.

Nous continuons à remonter la rivière, sur les versants du pic Mondoto qui culmine à 1957m.

Il y a près de 1000 mètres de falaises au-dessus de nous (Sestrales Alta : 2101m d’altitude). Nous passons la Palanca de las Caixicariellas.

Difficile de rendre justice à ces jeux d’ombres et lumières, en réalité bien plus beaux.

La faune locale est assez étrange 😉

Le canyon s’élargit et le panorama s’ouvre.

Nous sommes à la Palanca de Cumaz.

Les quelques panneaux directionnels nous font rire car ils sont ‘commentés’ : des randonneurs ont ajouté ou corrigé les durées de marche 😉

Le sentier s’éloigne de l’eau et monte soudain de bien 150 mètres. Avec la densité de végétation on ne voit même plus la rivière. On l’entend seulement.

Nous sommes dans une hêtraie à la fraîcheur agréable, Selva Plana.

Il se produit dans ce canyon une inversion thermique qui fait que les chênes verts se retrouvent en haut et les hêtres au fond du ravin.

Une pensée pour Dame Ambre qui, je pense, apprécierait le lieu.

Une passerelle métallique que Dr. CaSo passerait à présent les doigts dans le nez 😉

Nous commençons à revoir la belle couleur turquoise des bassins.

Les cascades se succèdent…

En conséquence de quoi le sentier grimpe, bien sûr !

Un champimignon, variété indigène 😉

La vie est opiniâtre. De l’importance des racines…

Et nous voici parvenus à La Ripareta (alt. 1405m), notre destination.

L’endroit est charmant et nous nous y attardons volontiers.

La photo qu’il prenait :

Prière de ne pas glisser !

On s’amuse à photographier le flux et ses turbulences.

On dirait presque du papier bulle 🙂

C’est un spectacle extrêmement reposant.

Les bulles vertes, je ne sais pas trop si ce sont des œufs de quelque chose ou si c’est végétal. Je penche pour cette dernière option.

Ça se répète un peu mais on ne se lasse pas du lieu…

Le générateur de papier bulle 😉

Je me suis fait des copains un peu apathiques mais très élégants, avec un masque doré, des souliers dorés, des ailes dorées… Pourtant, étant petits, ils étaient bien dans la merde !! (larves coprophages)

Cette mouche noir & or est une « mésembrine du midi » (Mesembrina meridiana).

J’ai fait ce que j’ai pu mais je ne suis pas Ksé 😉

Rapidement j’aviserai un autre copain qui se chauffe également au soleil… C’est un lézard des murailles je pense.

Je suis absolument fan de ses orteils. Et quel athlète !

Durant les deux prises suivantes, le lézard n’a plus d’yeux que pour la mouchette qu’on voit dans le coin inférieur gauche. Elle ne fera pas long feu face à ce redoutable prédateur.

Nous nous retrouvons soudain seuls. Des coups de tonnerre retentissent au loin, comme les fins d’après-midi des jours précédents.

Allez, un dernier portrait avant de partir… je ne lui ai pas demandé de sourire car il avait peut-être encore un bout d’aile coincé entre les dents (si si, ça a de toutes petites dents !).

Nous ferons le retour au pas de course. Il ne s’agit pas de se payer un orage ici, le niveau de la rivière peut monter en quelques minutes dans cette gorge étroite.

Et pourtant ces vasques donnent envie de s’y baigner, et ces mousses de pattouner !

Ce n’est qu’à la sortie des gorges que nous retrouvons le soleil. Comme d’habitude le ciel redevient bleu quand on s’éloigne de la France !


Chrysope ?

AàG profite que le pont ait été libéré par les mariés.

Vue générale, surexposée afin de permettre de voir jusqu’au fond du défilé :

Nous remontons au parking en même temps qu’un groupe de canyoneurs. Une dénommée Sara traîne la patte, fatiguée, et un camarade aussi foufou qu’un jeune chien lui joue des tours 🙂

Il est 18h18 quand nous arrivons à la voiture, nous reprenons l’étroite route. Nous ne visitons pas Fanlo car nous sommes fatigués même si ce n’était pas une grande randonnée.


Nuage Asperatus ?

A Broto il commence à pleuvoir. Nous faisons quelques courses puis allons manger de délicieuses salades au restaurant La Tea. Au loin le spectacle des éclairs est splendide.

Bande-son : Carlos Gardel – Volver

Lacs Bachimaña et Bramatuero

Cette nuit fut encore assez bruyante. Ce doit être la norme espagnole mais nous n’y sommes guère habitués !

Ce matin à la boulangerie le grizzli m’a souri quand on a voulu reprendre un morceau du bon gâteau au noix et noisettes de la veille 🙂

Nous allons randonner côté espagnol aujourd’hui, dans la Valle de Tena et plus précisément aux Baños de Panticosa (Bains de Panticosa, altitude 1637m). On se gare à côté de l’ibón (lac) de los Baños. Ici toutes les rues ont le même nom : Calle Balneario ! On se pose des questions quant à la localisation du départ du (bon) sentier.

Nous croisons deux gars qui cherchent sans succès de l’eau, le comble dans une station thermale ! Il faut dire que cette station balnéaire est assez étrange, on dirait qu’elle est à la fois à moitié abandonnée et à moitié en construction. Un peu glauque mais ce n’est pas pour nous déplaire 🙂

Nous montons à l’ombre des arbres et trouvons le mirador del Salto del Pino (belvédère du Saut du Pin) sur le village et la haute cascade logiquement appelée Cascada del Pino 😉

Tandis que la chaleur nous accable déjà, un lézard profite du soleil.

Les cascades se succèdent, c’est un chemin agréable le long du río Caldarés.

Les plantes sèchent, nous aussi !

Car oui, là c’est terminé, l’ombre chérie…

Ce pont est à hauteur d’un embranchement de sentiers. Il permet une éventuelle variante pour le retour.

Depuis le départ la pente est gentille et maintenant le sentier sillonne presque à plat…

…sauf que là ça va changer puisqu’on arrive dans le fond d’un cirque rocheux !

Ci-dessus la cascada del Fraile.

Vue sur le vallon parcouru :

Il y a donc inévitablement un raidillon final pour atteindre le refuge. En plein cagnard de midi, on déguste !

Nous sommes au Embalse de Bachimaña Bajo, le réservoir du Bachimaña inférieur. Il est équipé d’une jolie petite vanne manuelle.

Nous n’irons pas voir le nouveau refuge de 2012 (alt. 2177m), qui ressemble trop à un hôtel à notre goût, et préférons continuer le GR11.

Le barrage et son déversoir de trop-plein ont fière allure.

Nous arrivons au Embalse de Bachimaña Alto – dois-je vous traduire ? 😉

Le lac supérieur est énorme… il est presque écrasant, dans son écrin minéral.

Comme d’habitude les ambiances rendues par nos deux appareils sont contrastées :

Avez-vous vu la cabane en pierres au milieu de ces photos ? 😉

Ici on la distingue un peu mieux :

Le niveau de l’eau est manifestement plus bas que par le passé, découvrant des rochers que la végétation n’a pas encore colonisés.

Le GR suit la rive à bonne hauteur et nous sommes toujours en quête désespérée de notre Saint Graal : de l’ombre pour pique-niquer. On cuit !

Nous trouverons finalement une micro-zone ombragée entre deux rochers et en ferons notre affaire. On ne peut pas être trop exigeant dans les parages ! C’est pas grave, nous avons des tomato rosa pour nous consoler 🙂

Nous devons quitter le GR11 et avons quelques problèmes pour trouver l’autre chemin, qu’on avait pourtant bien aperçu de loin. Nous suivons quelques cairns, comme le signalaient les descriptifs, puis plus rien… oups !

Après la traversée de ce ruisseau nous retrouverons le bon sentier.

Les éclaboussures de ces mini-chutes nous apportent une appréciable fraîcheur. Bon ok j’avoue, j’ai carrément immergé l’espèce de bandana qui m’évite l’insolation crânienne ^^

On avait déjà repéré à distance que des filets d’eau détrempaient ce flanc de montagne…

…car la végétation y est soudain luxuriante, fleurs et mousse à gogo !

Enfin « mousse » est un terme impropre. Quelqu’un sait ce que c’est ?

Pour les fleurs mauves et roses je pense identifier :
– casque-de-Jupiter (aconit napel)
– adénostyle à feuilles d’alliaire

Reprenons le chemin !

J’aime ces gros rochers lissés et arrondis :

Au loin le parcours de l’affluent suivant se devine au vert soutenu de ses rives… ok et à la cascade aussi, je vous l’accorde ! 😉

Regard en arrière sur le Bachimaña et son îlot central.

Notre objectif est enfin visible : la fine barre rosée horizontale est le barrage de l’ibón de Bramatuero Bajo (alt. 2300m). Cliquez pour agrandir si vous ne la voyez pas 😉

On aperçoit en contrebas l’ancienne cabane-refuge de Bachimaña, un bel abri en pierres.

Et nous voici enfin au pied du barrage du lac Bramatuero inférieur !

Rha, une étendue d’eau fraîche ! Bonheur !

Je m’allonge de tout mon long sur la margelle pour tremper bras, jambes, cheveux… c’est presque douloureux tellement c’est froid !

Comme ces photos compromettantes le montrent, AàG n’est pas en reste 😉

On contemple le panorama, les pieds dans l’eau…

…et on n’a aucune envie de repartir tellement on est bien.

Il faut cependant bien se décider à un moment ! Nous n’avons plus le courage temps de rejoindre le Bramatuero Alto. Ça promettait d’être beau et on était curieux de voir la drôle de « tente en bois » mais la chaleur nous a liquéfiés.

S’il y a une prochaine fois, je tenterais bien la boucle des Pics d’Enfer ❤ (rando d’un autre calibre !)

Nous redescendons voir le vieux refuge et tentons l’aventure de longer le lac par son côté Est, histoire de varier les plaisirs.

Au début, tout va bien ! Des cairns marquent un semblant d’itinéraire. Puis plus rien… mais ça ne passe pas trop mal au ras de l’eau. De toute façon, il serait difficile de se perdre 😉

Par la suite les choses se compliquent car il y a une barre rocheuse à franchir ! Nous y entrapercevrons quelques chamois. Par chance un câble a été installé pour aider le passage. Si vous agrandissez la photo ci-dessous, vous le distinguerez (horizontal en haut, descendant sur la droite).

Les rochers dessinent des racines d’arbre 🙂

Suivant la suggestion d’elPadawan, l’anonymat d’AàG sera cette fois préservé grâce à un ours des Pyrénées – je n’ai pas dû trop retoucher l’image :mrgreen:

Ça crache plus que ce midi !

Nous longeons le Bachimaña Bajo par le côté Est également, là il n’y a aucun souci de cheminement.

Au niveau du pont on hésite à prendre une alternative dont le nom nous fait rire (camino por los machos, sentier muletier ?) mais selon AàG ça remonte et ça rallonge, or il est tard et nous sommes ‘crevettes’.

Le chemin de retour est tranquille bien qu’assez fatigant car tapissé de grosses pierres qui roulent sous les pieds. A 19h nous sommes de retour aux Bains et sacrifions un melon en guise d’apéro.

Nous mangerons un repas simple, gras bon et pas cher à l’Hostal Centro de Sallent de Gállego… et en dessert nous nous installons confortablement sur la place pour déguster le ‘pastis‘ (non, pas l’alcool !) de Mahie 🙂

Gorges de Vikos (côté Vikos) et sources de la rivière Voïdomatis

Mes notes de ce jour commencent par « Toujours fourbus, mais pas encore malades » 😆
En effet, ni la cuisine ni le soleil ne sont encore venus à bout de nous, même si le second est particulièrement fourbe !

Sur la route de Vikos (Βίκου), nous avons l’occasion de photographier les lacets de la veille, vers Papigko :

Nous nous garons sur la place de l’église. On s’attendait à un village bouffé par le tourisme mais en fait, c’est minuscule et il n’y a personne !

Nous trouvons sans peine le début du sentier qui s’enfonce dans le canyon.

Le soleil tape déjà très dur.

La descente, bien qu’elle soit moins grande et moins raide, est dans un sens plus impressionnante qu’à Monodendri car ici la vue est dégagée.

Nous apercevons les fameuses sources de la ‘potami’ Voïdomatis (ποτάμι Βοϊδομάτης). Enfin de l’eau, nous avons hâte !

Seulement contrairement à ce que nous croyions, le chemin ne se dirige pas par là, il s’enfonce directement dans la gorge.

Nous avions bien vu un embranchement, mais le sentier ne semblait pas balisé et ça nous semblait être trop haut pour pouvoir correspondre.

Nous prenons l’embranchement suivant, beaucoup plus bas. C’est un sentier qui devient de moins en moins marqué, jusqu’à se perdre dans les pierriers et les fourrés d’épineux. Nous voilà bien !

Bon on va suivre le lit de la rivière, au moins on ne se perdra pas et il n’y aura pas de ronciers. Nous venons de tout là-haut :

Nous arrivons au petit bâtiment blanc que nous avions repéré d’en haut. Il est divisé en plusieurs parties : habitation délabrée servant de squat aux randonneurs en perdition, étable (terra incognita) et une chapelle très sombre.

La chapelle est à moitié creusée dans le sol, avec une curieuse porte étroite et très basse, presque une chatière !

On remarque deux époques différentes au niveau de la peinture murale.

Il y a même Jonas se faisant avaler par la baleine 🙂

Bon c’est pas tout ça mais nous étions venus pour l’eau !

La rivière tient toutes ses promesses…

Cette couleur et cette transparence sont réellement hypnotisantes !

Par contre ne vous avisez pas de mettre les doigts dedans ! Ça fait mal tellement c’est glacé 😯

Je m’attendais à une grosse résurgence mais il semble que l’eau sourd directement du sol entre les petits cailloux. Ca fait de petites bulles, c’est rigolo 🙂

Avec la fraîcheur de l’eau et de l’ombre, c’est un endroit très appréciable.

Tiens, une habitante 🙂

Très bon choix de cadre de vie, petite !

On ne se lasse pas des lieux, émerveillés…

Tiens, une copine !

Le soleil joue à cache-cache dans le feuillage…

Ah mais toute la famille Grenouille est là, je vois 🙂

Ah tiens non, celui-ci n’est pas une grenouille mais plutôt un crapaud – après transformation bien sûr ! :mrgreen:

Il s’amusera à faire des ricochets jusqu’à éclabousser l’énorme nuage de moustiques qui flotte au-dessus de l’eau et qu’on peut apercevoir sur certaines photos.

Après avoir retardé le départ une paire de fois, il faut bien se décider à reprendre notre chemin. Nous voulons rejoindre l’endroit où nous nous étions arrêtés près du ruisseau Klima.

Nous suivons plusieurs fausses pistes, des sentiers qui finissent par se perdre complètement dans la végétation. On découvre ce qui est manifestement le « coin toilettes » 😆

Finalement, en face de l’église, nous trouverons un chemin empierré qui nous fait remonter jusqu’au premier embranchement. Bon en gros, on a remonté tout ça pour le redescendre aussitôt, mais c’est pas grave !

Nous ne quittons pas le chemin, qui est parfois empierré, parfois non. Les fourrés ont tendance à se refermer dessus à certains endroits. Globalement je le trouve moins bien balisé qu’en venant de Monodendri.

Il y a pas mal de passages au soleil, nous cuisons et dégoulinons. C’est difficilement supportable pour deux chicons belgikistanais !

On trouve deux gros cailloux à l’ombre près de la rivière à sec, on fait tomber la chemise les chaussures et on s’assied pour pique-niquer.

Dis, AàG, tu crois que l’odeur de notre pot de miel va attirer l’ours ? Et pourquoi que c’est moi qui le porte dans mon sac, d’abord, hein ??

Peu après être repartis, nous arrivons dans la grande zone de forêt et son ombre bienveillante. Sauvés !

Nous croisons une famille faisant la traversée, ils nous demandent si c’est encore loin. En tout nous aurons bien croisé une douzaine de personnes durant la journée. (Combien l’ours en aura-t-il mangé ?)

Rencontre avec un arbre-serpent…

Le paysage ne varie plus, on marche, on marche, on marche… à chaque tournant on croit arriver au point de jonction !

Le soleil progresse et la fatigue aussi, vu le trajet de retour il serait prudent de ne pas trop tarder à faire demi-tour. Allez, on s’accorde encore une demi-heure… ce serait trop frustrant de ne pas y arriver !

Tu crois qu’il est où, l’ours ? Ça se réveille pas vers 15h, un ours ?

Ah, voilà enfin notre point de repère ! Le kern que j’avais dressé il y a trois jours :

AàG s’était juré « d’ériger un monument à la fatigue » si on y arrivait 😆

Chose promise, chose due :

Bon c’est pas tout ça mais on n’est pas d’ici ! Entamons le long retour…

Heureusement la lumière a tourné et nous sommes à l’ombre beaucoup plus souvent.

Les montagnes sont écrasantes.

A la demande d’AàG, je photographie le « traditional cutoir » du coin :

Moelleux assuré !

Il ne reste plus que la grande montée finale à nous coltiner.

Tiens on dirait qu’une des fillettes s’est chopé une insolation… belle flaque de vomi !

Cette vue est très célèbre mais les cartes postales trichent en associant les couleurs d’automne des arbres à une belle pelouse verte devant l’église :mrgreen:

Retour au village de Vikos, bien harassés.

Il est 18h30, nous décidons de retourner à Ano Pedina.

Au loin, une épaisse fumée annonce un feu de forêt en montagne… AàG demande au logeur si on en parle aux nouvelles, il rit de notre candeur : c’est une chose tellement courante ici, presque quotidienne hélas.

Et contrairement à ce qui existe en France, les routes grecques s’arrêtent très bas dans les montagnes, il n’y a pas d’accès pompiers et que très peu de réservoirs d’eau prévus pour les incendies.

Nous retournons à la taverne du bas, car nous y avions mangé correctement et ils étaient sympas. Las, AàG reçoit des frites qui sont encore crues à l’intérieur… bon on dira que c’est une coutume locale !

Un bout de saucisse atterrit en contre-bas sur le trottoir, pour le guide. Mais il arrivera trop tard, un autre voyant son manège s’est dit qu’il devait y avoir un gros lot à tirer dans le coin et lui a coupé l’herbe sous les pattes :mrgreen:

En remerciement, nous aurons droit au concert d’un quatuor canin cette nuit !

Le monastère d’Hosios Loukas (Μονή Οσίου Λουκά) et la rivière Louros (ποτάμι Λούρος)

Après une nuit presque blanche à l’hôtel Erato, on nous sert un petit déjeuner industriel qui ne ravira que le chat affamé venu nous tenir compagnie. Comme par hasard, l’accueil des touristes le soir est fait par quelqu’un qui parle anglais mais, le matin pour les réclamations, l’unique dame présente ne parle que le grec ! Elle veut ses 55 euros mais je refuse de payer plus de 50 euros pour cette nuit car ils nous ont empêché de dormir pendant des heures avec leur musique, et de plus ne nous avaient pas prévenus que l’airco était en panne.

Après un long dialogue de sourds, elle finit par dire OK. Je lui demande la facture, mais là elle s’énerve en nous faisant comprendre que si on paie 50€ on peut aller se faire foutre pour avoir le reçu 👿 Je refuse de partir sans ce papier car étant donné que c’est en cash, rien ne les empêcherait ensuite de prétendre que nous sommes partis sans payer ! Voyant que nous ne cédons pas, elle finit par téléphoner au patron et me le passe. Lui parle anglais, je lui explique que je souhaite un reçu et il me dit qu’il arrive. Seulement il raccroche aussitôt et impossible de faire comprendre à la dame de l’accueil qu’on attend sa venue.

Elle prend le parti de nier complètement notre présence et vaque à ses occupations dans les pièces voisines en attendant qu’on se lasse 😯 Le patron met un certain temps à descendre (l’avons-nous tiré du lit ?), je lui explique que je souhaite juste un reçu, que je me fiche du papier officiel mais il me répond « I have to do it »… oui, et il ferait bien de l’expliquer à son employée !

Après cette perte de temps nous partons enfin. Nous sommes surpris de voir que nous avons fait une boucle et que nous sommes à nouveau sur un tronçon parcouru la veille. Avec l’orientation de la boussole nous pensions être sur la bonne route ! Les panneaux font toujours autant défaut et je ne sais pas très bien comment, finalement, nous parvenons à retomber sur nos pattes. En se rapprochant, notre destination – le monastère de Saint Luc (Osios Loukas) – devient heureusement fléchée.

Il n’est pas visible depuis la route mais nous devinons être arrivés au nombre de voitures sur le bas-côté, dans cet endroit un peu au milieu de nulle part sur le mont Helikon. Nous nous garons à l’ombre car la chaleur est déjà forte. En fait, un grand parking se trouve juste au bout de cette route mais nous ne le verrons qu’en repartant.

Nous descendons un petit sentier à l’ombre de grands arbres et immédiatement plusieurs « guides » à quatre pattes se joignent à nous. Ça galope, ça se mordille, ça mendie des caresses, ça se bouscule… et c’est dans ce joyeux équipage que nous arrivons aux anciennes portes Est du monastère. Elles sont ouvertes et donnent sur l’arrière des bâtiments. La cour est déserte, seul un vieux monsieur est assis près de l’entrée.

Sur un petit bâtiment secondaire, une porte fermée avec un panneau qui indique que les tickets doivent se prendre au musée. Ah merde, lequel, où ça ? Une dame passe et nous dit qu’aujourd’hui c’est fermé, en nous désignant la porte close. Ce n’est pas de chance, mais faisons tout de même le tour de l’extérieur !

A l’avant du monastère, changement complet d’ambiance : il y a plein de monde ! Ils font des aller-retours entre l’église et une grande terrasse arborée se trouvant un peu plus loin, de l’autre côté du porche d’accès moderne.

Beaucoup ont des vêtements recherchés (vêtements du dimanche voire de cérémonie), mais certains sont ‘normaux’. Du coup difficile de savoir s’il y a une fête locale ou si c’est uniquement parce qu’on est dimanche, on se dit que c’est sans doute pour l’une de ces raisons que c’est fermé au tourisme ?

Sauf qu’en fait on trouve le fameux musée et c’est tout à fait ouvert ! On demande au guichetier si seul le musée, se trouvant dans l’ancien réfectoire des moines, est accessible ou si nous pourrons entrer dans l’église, il parle peu anglais mais nous dit qu’il n’y a aucun problème.

Bon, ne cherchons pas à comprendre, profitons des lieux ! Je dis ça mais ça me gêne toujours, ce genre de situation (visiter les lieux de culte en se sentant cheveu sur la soupe, ne pas savoir où nous pouvons aller ou non). Quelques autres touristes sont présents donc nous supposons que c’est normal.

Les mosaïques à fond d’or sont très belles.

La restauration n’a pas été possible partout.

Ce monastère byzantin est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Il fut construit au tout début du XIe siècle.

La coupole centrale a un diamètre de 9 mètres !

La décoration est luxueuse, mêlant marbre, jaspe et porphyre.

Les moines possédaient d’importantes terres sur lesquelles il cultivaient des oliviers. Grâce à leur pressoir, ils avaient une production locale significative d’huile d’olive. Elle servait pour la nourriture mais également pour l’éclairage (lampes à huile).

Retournons vers l’église pour visiter la crypte.

Elle renferme le tombeau de l’ermite St Luc, fondateur de la communauté monastique en 953.

Une seconde église, jointive et plus ancienne, est consacrée à la Vierge (Panayia). Outre ces deux églises et la crypte, l’ensemble comprend plusieurs bâtiments annexes (cellules pour les moines, hypostyle, campanile, calefactorium, réfectoire, étables, celliers, fontaines, citerne, pressoir, stockages, etc.) et est fortifié. Quelques moines y vivent encore.

Sur la terrasse, ombragée par de magnifiques arbres comme souvent en Grèce, se trouvent un magasin religieux (est-ce que ces objets proviennent du travail manuel des moines ?) et une enseigne de restauration. Sur les bancs dispersés aux alentours, des familles devisent avec un café grec ou des loukoums.

AàG achète une icône et réalise, catastrophé, que les cartes postales grecques sont beaucoup plus grandes que chez nous ! Il avait préparé des enveloppes personnalisées qui deviennent du coup inutilisables. Heureusement les cartes vendues ailleurs auront une taille un peu plus standard (elles dépassent quand même, mais c’est jouable :mrgreen: ).

Nous reprenons la voiture et, sans panneaux ni gps, n’ayant qu’une carte assez générale, nous nous paumons à nouveau. Jamais deux sans trois ! Nous atterrissons à Antikyra, où nous décidons de manger sur une terrasse en bord de mer – avec un chat comme convive, ne perdons pas les bonnes habitudes ! La brise nous soulage un peu de la température.

Nous nous rendons dans un petit magasin pour un achat très important pour la suite de notre séjour : νερό (néro), de l’eau ! Le vendeur nous indique la pile de packs mais quand je m’apprête à en saisir un, il m’arrête gentiment : « pas celle-là, c’est la plus chère » 😯 (en français, oui oui)

Nous poursuivons notre route et, bien qu’étant persuadés d’être cette fois sur la bonne, nous arrivons avec surprise dans Itéa au lieu de Delphes. Nous nous sommes encore perdus, caramba ! AàG n’en peut plus, je décide de bypasser Delphes avant que ses nerfs ne lâchent et d’avancer vers le nord en direction de Ioannina. On se dit qu’on fera Delphes sur la route du retour si on en a le temps, mais je sais en moi-même qu’on vient de faire une croix dessus…

Le chemin vers Ιωάννινα (Ioannina) est long, de temps à autre une portion d’autoroute nous permet d’avancer un peu plus vite mais nous avions définitivement été trop optimistes sur les temps de trajet.

La route longe souvent la mer de près. Une pause nous rafraîchit les idées et permet à AàG de se baigner (non vous n’aurez pas de photos 😛 ).

L’heure tourne, nous surveillons les villages mais nulle part nous ne voyons d’hôtel. Des tavernes autant qu’on veut, par contre ! On s’arrête peu avant 20h pour demander, en désespoir de cause, à des locaux : il nous est répondu qu’il n’y a rien avant Ioannina…

Ce qui est tout à fait faux puisque quelques kilomètres plus loin, par grande chance, nous découvrons un endroit merveilleux 🙂 Exit les herbes jaunes brûlées par le soleil, ici une rivière transparente serpente au milieu d’arbres magnifiques… et ce vert nous repose infiniment les yeux ! Ce lieu enchanteur nous fait penser à Belisirma et la rivière Melendiz, en Cappadoce.

Un petit pont avec des planches en bois enjambe la rivière Louros et permet de rejoindre l’hôtel-restaurant qui est bâti là, le bien-nommé Dipla Sto Potami (« près de la rivière »).

Nous sommes accueillis par deux gourmands qui s’enfileront le reste de notre pic-nic de la veille, enfin ce que les gros poissons de cette pièce d’eau veulent bien leur laisser :mrgreen:

Nous prenons une chambre sans petit-déjeuner et payons d’avance, afin de ménager notre budget et de pouvoir partir quand cela nous chante le lendemain matin.

Les chambres sont dans un pavillon séparé – et heureusement, car la musique techno du bar est un peu saoûlante 🙄

Le lendemain matin il n’y a personne en vue sauf un tout jeune chaton blotti sur une chaise.

Nous déjeunons sur la terrasse au bord de la piscine avec quelques frangipanes que nous avions emportées en « secours ».

Nous nous promenons un peu le long de la Louros, des cincles plongeurs nous offrent un beau ballet.

Tout est calme et il fait encore frais, c’est un vrai plaisir.

C’était décidément une bonne idée d’avoir payé la veille car à notre retour il n’y a toujours personne. Nous déposons la clé sur le bar et reprenons sereinement la route…

Du vert tendre, de l’eau vive, de l’ombre fraîche, du relief à l’arrière-plan… et du calme, beaucoup de calme.

Je trouve ces photos très relaxantes, surtout la deuxième.

Tous les hommes ont un secret attrait pour les ruines. Ce sentiment tient à la fragilité de notre nature, à une conformité secrète entre ces monuments détruits et la rapidité de notre existence. (Chateaubriand)

C’est sans le savoir que mes pas m’y ont conduit dimanche dernier… Une promenade surprise avait été préparée pour l’anniversaire d’une amie qui m’est très chère. L’organisateur de la balade, son fiancé, nous avait simplement donné un lieu de rendez-vous. La destination nous était inconnue.

Le soleil était également au rendez-vous, et il ne nous a pas fait faux-bond de toute l’après-midi ! Notre petit groupe (cinq zumains et un -gentil- chien) a ensuite emprunté le sentier qui longe la rivière.


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Lundi 04 septembre 2006 – Le Pitztal tombe à l’eau

Réveil sans ménagement par une voix annonçant « Il est l’heure — de se lever ! — Il est — 7h — 37 minutes. » Grmbl, j’aurais préféré un bon vieux BIP BIP BIP…

Le ciel est un peu nuageux mais notre logeuse nous affirme que ça va se dégager avant midi et qu’il va faire beau. Nous la croyons – après tout, elle s’appelle Irma – mais j’enfile tout de même un pantalon… car malgré le temps de *chiotte* de la veille, j’ai pris un douloureux coup de soleil sur les mollets !!

Aujourd’hui il est prévu d’aller voir le point culminant du Tyrol et son gigantesque cirque glaciaire. Un funiculaire souterrain de presque 4km permet de se rendre au pied des glaciers du Pitztal, il est prolongé par le plus haut téléphérique d’Autriche. Le panorama promet d’être splendide !

Nous arrivons au bout de la route sans comprendre où se situe le funiculaire, malgré la carte. Tous les randonneurs présents semblent prendre le chemin qui part dans le prolongement de la route, nous finissons par les suivre. Nous nous renseignons auprès d’autres touristes et nous comprenons qu’en fait nous avons loupé l’embranchement routier qui se trouve peu avant. Nous apprenons également que le funiculaire souterrain est « geschlossen » en ce moment : manque de bol, il est fermé du 2 au 9 septembre pour des travaux… C’est une très grosse déception pour nous 😦

Du coup nous continuons le chemin qui, toujours d’après les mêmes touristes, mène à des choses intéressantes – mais notre allemand, tout comme leur anglais, est trop limité pour comprendre quoi ^^

Cela nous remotive un peu car le chemin en lui-même ne nous inspirait pas beaucoup : relativement plat, très long, en plein soleil, et assez large pour que des voitures puissent l’emprunter. Beurk ! Heureusement ce ne sont pas les seuls usagers ^^

Après le petit téléphérique pour matériel (pour casiers de bière, comme dit AàG), le chemin se transforme en un sentier de montagne beaucoup plus agréable, même si l’ombre se laisse toujours désirer. Qu’est-ce qu’il fait chaud, ça contraste avec les 10°C d’hier !

Nous arrivons à hauteur de la belle et grande cascade, qui nous rafraîchit un peu. Le débit est violemment dévié en arrivant, c’est impressionnant. Dans les éclaboussures d’eau, un arc-en-ciel joue à cache-cache…

A partir d’ici, on passe du mode horizontal au mode vertical ! Il s’agit de monter la falaise abritant la cascade jusqu’à sa deuxième terrasse. Heureusement pour nous, cette zone est à l’ombre… je souffre quand même bien, déjà que j’étais pas remise des efforts de la veille :-s Enfin, il paraît que le troisième jour est le pire !! Pour m’encourager, AàG dresse l’inventaire des cuillères de Nutella que je gagne : il faut compter une cuillère par +200m de dénivelé. J’aurais bien dit une cuillère par 100m, mais il ne veut pas :-[

On gravit la deuxième partie de la falaise et on arrive sur un plateau. Cela nous donne une belle vue sur le bout du glacier qui donne naissance au torrent.

Le glacier est encore fort loin mais une peinture indicative semble l’appeler « Blickferner ». (Ah pardon, on me souffle dans l’oreillette que ça voudrait dire Vue sur le glacier tout simplement !)

Le plat du sentier ne dure pas longtemps, on est reparti pour de la montée, et en plein soleil cette fois. Je crève de chaud et je m’arrête tous les dix mètres… On se rend vite compte que le sentier ne va pas au glacier, en fait il va assez loin jusqu’à un col où passe une route !!

On n’est pas très motivé par cette destination incongrue, c’est vraiment « monter pour monter »… on décide donc de redescendre.

Après tout, j’ai déjà comptabilisé pas mal de cuillères de Nut’ pour aujourd’hui ! 😉

Horreur, il fait encore plus chaud en bas !! La température doit allègrement atteindre les 30°C, nous sommes écrasés par la chaleur. C’est à ce stade que nous découvrons le « apfelsaft gespritzt » : du jus de pomme dilué avec de l’eau pétillante. Très rafraîchissant ! Un bon demi-litre plus tard, nous partons à Jerzenz dans le but avoué d’aller regarder les arbres pousser.

Nous nous installons dans les prairies situées sous le téléphérique, à l’ombre d’un sapin. On essaie de compter le nombre de cabines. Aux alentours, tout le monde tond. Sur des terrains immenses. En forte pente. Dans la pleine chaleur de cette fin d’après-midi. Sans motoculteur. Gü ! oO

J’en ai assez vite marre de ne rien faire, même si j’ai fort mal aux pieds et aux genoux (je me traîne lamentablement quand je marche, c’est pitoyable). Vers 17h nous nous mettons en route vers Imst. Sur le trajet, nous visitons un étonnant pont de benji (saut à l’élastique) à Arzl im Pitztal.

Prière de viser le carré rouge pour l’atterrissage…

Ce pont de 94m de haut relie deux belles falaises en pleine forêt. Nous décidons de lui attribuer l’oscar des GTI locaux.

Nous soupons au centre de Imst, juste à côté de l’office de tourisme. Il fait encore suffisamment chaud pour manger dehors, à côté d’une fontaine et d’un clapier.

Les plats sont copieux comme d’habitude : nous partons faire une promenade digestive. Des panneaux « Rosengarten » (jardin de roses) avaient éveillé ma curiosité, je décide de les suivre. On remonte une petite rivière canalisée et on se rend compte que juste à côté du centre ville se cache une magnifique forêt aménagée pour les promeneurs.

Le long de la rivière se trouve une falaise de poudingue… des caves et même des troglos y sont creusés !! Nous n’avons jamais vu cela ailleurs, le poudingue est tellement friable que cela semble insensé !

En poursuivant le chemin, la rivière se transforme en torrent, le terrain devient accidenté et sauvage. Régulièrement, des passerelles en bois nous aident à progresser pour suivre l’eau dans sa vallée de plus en plus encaissée.

C’est une promenade magnifique, sans aucun doute le plus beau moment de la journée ! Malgré le mal aux jambes et le fait que ça monte, le « on fait juste 100m pour voir » se transforme rapidement en longue promenade 🙂

Malheureusement il fait déjà fort sombre, les photos ne rendent rien…

Après un certain temps, le chemin quitte le torrent car la gorge devient vraiment trop étroite. Nous nous arrêterons là, pour rentrer avant la nuit complète. Si seulement on avait su… on serait venu plus tôt !

Sur le chemin du retour, comme je suis en sandales, je mets les pieds dans la belle eau limpide… ça me tentait trop ! Evidemment, elle est glacée ^^

Dimanche 9 octobre 2005 – C’est froid la mafia

Après une bonne nuit de sommeil, nous sommes décidés à quitter Göreme pour rejoindre Ihlara, vallée un peu excentrée car se situant à 120km du centre touristique de la Cappadoce. Il n’y a pas d’eau chaude ce matin, il faut attendre 1/2h nous dit le logeur car la citerne est grande et met du temps à chauffer (à partir de midi jusqu’au soir, les panneaux solaires prennent le relais). Au moment de louer la chambre on nous avait dit que ça prenait dix minutes. Décidément il n’y a pas que les distances qui sont relatives, ici.

Le logeur ne connaît pas de pensions à Ihlara. Sur son conseil, on choisit comme destination l’autre bout de la vallée, un village qui s’appelle Selime. Il n’y a pas de route directe, le plan que nous avons est encore foireux. Nous devons aller à Nevşehir et de là rejoindre la grande ville d’Aksaray (avec un chauffeur râleur au possible). Le temps d’arriver jusque là, il est midi moins cinq. Nous sautons dans un dolmuş à destination de Güzelyurt qui nous droppera au passage à Selime, mais en fait nous avions mal compris. Le bus part à pile, oui, mais dans une heure… Cependant il y a déjà plein de villageois qui attendent, et nous éveillons leur intérêt car les touristes sont plus rares ici. S’ensuivent de longues conversations où nous ne comprenons pas trois mots. On nous serre dans les bras et on nous fait la bise comme si nous étions de vieux amis perdus de vue, c’est assez surprenant mais sympathique 🙂

Un marchand de cartes téléphoniques tient absolument à nous entraîner boire un thé, mais comme nous pensons que le bus part tout de suite nous refusons. Un vieil homme assis à l’ombre du dolmuş sur un tabouret en plastique entreprend méticuleusement de nous traduire « bonjour », « fenêtre », « porte », « chaise », « au revoir », etc. en anglais et en français. Seulement il répète sa litanie en boucle, au moins trois fois dans chaque langue ^^

Quand nous nous rendons compte de notre méprise sur l’horaire, je m’éclipse pour la mission « trouver de la nourriture » et la manger discrètement, ramadan oblige, en plein milieu de la gare surpeuplée des dolmuş… on s’arrachera donc avidement un pain sans aucune garniture, cachés derrière le bus.

Le village linéaire de Selime nous fait penser à Mustvee (l’ex-capitale du concombre, en Estonie) : il n’y a rien. Une grand-rue poussiéreuse avec des habitations éparses, une école et deux petits markets… c’est tout. Il y avait bien une sorte de camping quelques kilomètres avant le début du village, mais c’est bien loin à présent. Un moment de découragement, car nous ne nous attentions pas à ce que ce soit si désert. Nous décidons de nous enfiler la rue (pas besoin de préciser « principale » !) pour essayer de trouver un logement, ce qui semble a priori assez compliqué. Il fait très chaud et nos gros sacs sont
pesants. Nous regardons avec envie les collines de barbes de maïs qui se déplacent toutes seules et sans effort apparent… c’est tout juste si on voit dépasser une oreille de l’âne qui les transbahute ! Il y a énormément de circulation à dos d’ânes à Selime, que ce soit pour des biens ou des personnes.

Beaucoup d’enfants se trouvent dans la rue, ils nous disent tous « Hellooo ! », même s’ils doivent pour cela le crier du fin fond de leur jardin. C’est assez comique, ils sont moins timides ici. Il y en a quelques uns (parmi les garçons, toujours) qui mendient avec insistance « şeker » en nous montrant la bouche avec leur main et en nous suivant. Ils veulent des bonbons et leur –lourde- insistance est très pénible. Pour dix enfants souriants et désintéressés, il y a un petit mendiant saoulant, mais au bout d’un moment, je vous assure qu’on ne voit plus que ceux-là. AàG essaie de leur dire « plus tard », car nous devons en premier poser les sacs, mais ils ne semblent pas comprendre.

Que cette rue est longue, ça n’en finit pas et mon dos est en miettes… on se pose quelques minutes et un jeune homme passant en mobylette s’arrête à notre hauteur. Il a une tête sympathique et nous apprend qu’il y a une pension juste à la sortie du village, que c’est la seule dans les environs mais qu’on y sera bien. Il rajoute qu’on nous fera un bon prix si nous disons venir de sa part ; il s’appelle Mustafa. La discussion se poursuit quelques minutes et il repart. Nous reprenons également la route, un peu soulagés à l’idée de trouver un endroit où dormir. En plus comme c’est loin de la mosquée, on devrait être relativement à l’abri de leur pollution sonore.

Quand nous arrivons à la pension Piri, nous voyons la mobylette de Mustafa dans la cour, il est en train de parler avec le vendeur de tapis (pour négocier sa commission ?). La pension se trouve dans le bâtiment derrière le magasin. Le logeur vient nous voir, il ressemble à s’y méprendre à un mafioso. Enormément de Turcs portent le costume et ça ne nous a jamais donné cette impression, mais celui-ci si. C’est un jeune gars aux cheveux presque gominés, avec un costume qui se veut élégant, bleu marine avec de fines rayures verticales. Un visage étroit et hautain. Pas net.

Il nous montre la chambre, c’est miteux. Comme c’est la seule pension, nous sommes bien obligés d’accepter pour une nuit. En plus au niveau du prix il ne se gêne pas pour demander aussi cher que si on était dans une bonne chambre en plein centre touristique !! La salle de bain ressemble à un local à poubelles, c’est manifestement une toilette dans laquelle ils ont juste rajouté un vieux pommeau de douche. Il n’y a même pas d’évier, et la petite fenêtre s’écroule quand je l’ouvre pour aérer.
Pour la photo du « local à poubelle » (je sais que vous l’attendez tous), il faudra attendre le compte-rendu du lendemain. Tout est sale, y compris la chambre où tiennent tout juste deux petits lits et une minuscule commode. Un drap plié a été déposé au pied du lit. Pas la moindre couverture… or nous sommes en altitude ici, la chambre est déjà fraîche alors que nous sommes en milieu d’après-midi ! Aucune serviette de douche non plus bien sûr.

Le logeur sait que nous venons pour visiter la vallée d’Ihlara, il n’y a rien d’autre dans les environs. Il se propose pour être notre guide avec une telle insistance que cela en devient malsain. On ne trouvera aucune église sans lui, patati patata, le discours habituel. Je déteste qu’on essaie de peser sur ma volonté ainsi. Je ne me sens vraiment pas à mon aise ici, j’ai l’impression d’être une prisonnière, ce gars m’inquiète carrément. Du coup je trouve tout encore plus minable que ça ne l’est et mon moral tombe au fond de mes chaussettes (qui n’étaient pas rayées). J’ai envie de foutre le camp aussi sec.

Pour nous changer les idées, on décide de faire une partie de la vallée cette après-midi : de Selime jusque Belisirma. C’est la partie sauvage de la vallée, et aucun troglodyte n’y est mentionné comme intéressant. Belisirma est le village intermédiaire, le seul avant de rejoindre Ihlara. Sur la carte il est indiqué à 2 km de Selime, ce que nous nous faisons confirmer par le logeur. C’est en réalité complètement faux et ça nous mettra dans une situation assez délicate… m’est avis que le logeur en était bien conscient et espérait que ça le rende indispensable pour nos prochaines randonnées.

A peine avons-nous continué la route sur une centaine de mètres que nous apercevons une deuxième pension… on peste fort tout d’abord, mais on se dit que c’est peut-être bien exclusivement pour du camping. A un moment donné la route traverse la rivière, c’est là le départ de la vallée. Un Mehmet sort d’un magasin judicieusement placé en face et nous interpelle du classique « Hello ». Je ne suis pas d’humeur jouette mais je lui rends malgré tout son bonjour en turc et lui demande de nous confirmer que c’est bien par là. Il acquiesce, je remercie et je coupe court quand il essaie de nous vendre ses babioles. Nous nous éloignons vers le sentier et il nous lancera cette phrase mystérieuse, qui prendra tout son sens -son tragique sens- le lendemain : « La vallée ferme à 16h ». Ca me fait bien rire sur le moment, j’imagine la vallée qui fait « oh mon dieu, il est l’heure, vite je me referme ! »

Je pensais initialement que la route entrait dans la vallée mais il n’en est rien, la route passe tout en haut de la falaise et s’éloigne assez bien de son bord pour finalement rejoindre Ihlara. Il y a juste un embranchement : la petite route qui entre dans la vallée pour relier Belisirma. La vallée est de largeur assez variable, encaissée par des falaises vertigineuses. La rivière Melendiz n’arrête pas de serpenter, impossible de s’y localiser avec une boussole. Nous remarquerons après un bout de temps qu’il y a un balisage au fluo le long du *bon* chemin, mais il est assez pingre et parfois complètement effacé ou interrompu. Bref, pas très fiable, tout comme notre carte !

Très rapidement, nous nous arrêtons pour faire une pause-biscuit au bord de la rivière. Il est 15h et nous crevons de faim vu notre piètre repas de midi. La Melendiz est agréablement ombragée mais les insectes en tout genre pullulent. Mis à part certains passages assez boueux car le chemin est traversé de ruisseaux rejoignant la rivière, la promenade est tout ce qu’il y a de plus pépère. Il faut faire attention de ne pas prendre les chemins qui longent de trop près la rivière car ils finissent immanquablement dedans ! A plusieurs moments nous finirons dans de tels culs-de-sac, la végétation nous empêchant de faire du « hors-piste ». Les bords de la rivière sont aménagés en petites parcelles cultivées (vergers et potagers irrigués par des dérivations de la rivière), bordées de petits murets en pierres. Une grand-mère nous remettra ainsi dans le droit chemin, son petit-fils recevant au passage de quoi caler son estomac !

De temps en temps nous voyons des entrées de troglodytes au pied de la falaise, mais pour les atteindre il faut d’abord monter une belle et longue pente en plein soleil donc nous n’en visiterons pas beaucoup. Ceux qu’on a vus étaient composés d’une ou deux pièces servant manifestement de bergerie. Nous sommes également tombés sur une église sans peinture mais avec quelques décorations sculptées. La taille était si nette que j’ai eu l’impression qu’elle venait d’être faite. Dis, tu crois qu’ils creusent des églises pour les touristes ? Qu’après ils clashent un peu de peinture et rajoutent un panneau « XIème s. » ? 😉

Cela fait à présent plus d’une heure que nous sommes partis et nous ne voyons toujours pas Belisirma. Malgré les arrêts, nous sommes certains d’avoir fait plus de 2 km ! Serions-nous passés à côté du village sans le voir ? Cela semble impossible sur la carte, mais nous savons qu’elle n’est pas fiable pour un sou… Nous continuons notre marche, en accélérant un peu le pas. On essaie de se localiser sur la carte en relevant à la boussole les changements de direction de la rivière, mais c’est peine perdue.

Nous voyons au loin un couple qui jardine, nous traversons leur potager pour leur demander où nous sommes. Ils sont très surpris de nous voir arriver. La question tout comme la réponse sont difficiles à exprimer, heureusement qu’il y a la carte ! Ils nous confirment que Belisirma est devant nous, que nous n’allons pas tarder à y arriver. Leur enfant de quelques années est en train de bâfrer un petit paquet de chips, c’est donc la maman qui récoltera les bonbons pour plus tard.

Nous arrivons enfin au village, après 2h de marche au total. Il est 17h et notre premier geste sera d’acheter une bouteille d’eau à un restaurant-camping plein de petits chatons miaulants, situé près d’un beau pont en pierre. Nous décidons de visiter quelques églises notées sur la carte avant de souper et de retourner à Selime. La Direkli kilise possède une très belle façade, elle se situe dans la falaise juste au-dessus de la route. L’intérieur est assez vaste et intéressant malgré les dégradations subies par le temps et les vandales.

Du temps où le pape avait interdit l’adoration des icônes, certains chrétiens s’étaient réfugiés dans ces églises troglodytiques pour continuer leur culte. Les iconoclastes ont systématiquement buriné les visages représentés, seules les peintures se trouvant en hauteur ont plus ou moins échappé au massacre : les jets de cailloux n’ont généralement pas réussi à les défigurer. Une deuxième sorte de vandales est constituée par les chercheurs de trésors. Une légende prétendait qu’un trésor était caché sous un pilier, du coup beaucoup de piliers ont été creusés voire complètement démolis par des naïfs, menaçant ainsi la stabilité de pas mal d’édifices ! Une troisième sorte de vandales, plus classiques : ceux qui gravent leur nom sur les peintures : « Mehmet 2001 », « Tagöl Konar 88 », etc. Certains graffitis datent par contre du temps de l’église, ils sont écrits en caractères grecs.

Juste à côté de Direkli Church, il y a Bahattin kilise, également richement décorée. Nous cherchons la troisième église qui fait suite, Saint Georges, mais nous ne la trouvons pas parmi les esthétiques troglos et pigeonniers qui se succèdent. Elle doit être plus loin que ce que la carte prétend. Nous retournons donc au restaurant dont les chats brisent le cœur rien qu’à les entendre. Comme il fait frais nous nous installons à l’intérieur, près du four. C’est une très grande salle, presque un préau. En cette saison, il y a juste un groupe d’une douzaine de Français qui logent ici pour faire du « trekking » dans la vallée dixit le restaurateur. En fait de trekkeurs, ils ne nous semblent pourtant pas très sportifs, à moins que ce ne soit le verre de vin à la main qui nous ait donné cette impression ;-p

Il y a un petit chaton dehors qui grimpe dans un arbre à toute vitesse car un gros chien arrive. Le chien s’assied en dessous et attend, stoïque. Vient un moment où le chaton, plantés toutes griffes dans l’écorce, lâche prise. Pouf, il tombe dans les fourrés. Aussitôt je suis dehors, éloignant le chien et ramenant le chaton à l’intérieur de la salle, sur mes genoux. J’ai eu peur pour lui ! Malheureusement je n’ai rien à lui donner à manger…

Nous avons reçu la carte et fait notre choix, mais personne ne vient prendre la commande, malgré nos fréquents et appuyés coups d’œil au serveur. Ils sont en train de servir à boire aux Français, dont le niveau dans les bouteilles est inversement proportionnel au boucan qu’ils font. Arrive le moment tragique, celui où ils allument le four. Et c’est un four à… truites ! Pour moi qui n’aime pas le poisson, l’odeur est épouvantable, j’essaie de cacher mon nez dans le foulard mais impossible de supporter cette infection plus longtemps. Cela, et le fait que nous poireautons depuis une demi-heure, nous décident à quitter le restaurant.

Nous n’avons en effet pas de temps à perdre car il commence déjà à faire très sombre dans la vallée, et nous devons encore rentrer à Selime, qui se trouve à 6 km à vol d’oiseau comme nous l’avons appris depuis lors. De nuit, impossible de reprendre la vallée même avec des lampes, il nous faut passer par la route, qui est encore plus longue (sans doute une dizaine de kilomètres). Et puis… nous avons une faim d’ogres !

Nous marchons vers le second restaurant du bled, appelé tout simplement « Belisirma Restaurant ». C’est à une centaine de mètres du précédent, il faut emprunter un petit pont piéton en bois pour s’y rendre. Soudain on entend dans notre dos le restaurateur précédent qui nous poursuit en criant « MY FRIEND ! MY FRIEND !! ». Il vient de remarquer que ses potentiels clients se sont enfuis, et n’entend pas les laisser s’échapper. On ne se retourne pas et on poursuit notre route. C’est un peu tard pour te réveiller, bonhomme.

Arrivés à l’entrée du second restaurant, nous sommes un peu inquiets : tout est noir, hormis un poste de télévision. Serait-il fermé ? Damned ! Je frappe malgré tout à la porte car je vois trois hommes à l’intérieur. L’un d’eux vient nous ouvrir, un peu surpris. Je lui demande timidement si c’est ouvert et sur son signe affirmatif, nous entrons. Ils allument tout, et c’est là que nous nous rendons compte qu’il s’agit des cuistots et que, la fin du ramazan venant de ‘sonner’, ils s’étaient attablés autour d’un festin ! On est un peu gênés et on prend place là où ils nous l’indiquent. Je commande une pide peynirli (« pizza » turque au fromage) et il me répond, un peu embarrassé, que les dernières pide sont là, sur leur table. Du coup je commande autre chose. Ils se sont tous les trois lancés immédiatement dans la cuisine et effectuent vraiment un record de vitesse pour préparer nos plats ! Le temps que j’aille à la toilette, il y avait des pide peynirli sur notre table. Voyant ma déception, ils ont pris quelques unes des leurs pour nous ! Et elles sont vraiment délicieuses, de même que nos plats et la salade. Leur pain plat, encore chaud, est super bon (fait maison comme en atteste le four à pain). Nous nous empiffrons, et eux de même à la table voisine ^^

Au moment du départ, le serveur nous demande où on va et quand nous répondons que nous retournons Selime, avec nos deux pieds, il nous lance un regard compatissant qui ne laisse rien augurer de bon. Dehors il fait très froid, mais je fais quand même une pause sur les dernières marches pour caresser un petit chat tout doux qui semble appartenir au restaurant. Il vient pattouner sur mes genoux, il est adorable. AàG me fait remarquer qu’on est grillé : les gars du restaurant sont à la fenêtre en train de nous regarder faire des papouilles à leur chat ! Ca a l’air de les rendre assez perplexes. Je ris et on se lance dans la grande aventure : rentrer au logement.

Depuis le restaurant, nous surveillions la circulation pour évaluer la possibilité de faire du stop. Le résultat est un peu décourageant : une voiture toutes les demi-heures, et pas forcément dans le bon sens bien sûr. Nous commençons à grimper la falaise sur la route en lacets, en guise de promenade digestive c’est un peu hardcore ! La montée nous semble interminable, j’allume ma lampe à leds car mes yeux fatiguent dans l’obscurité baignée du clair de lune.

Nous arrivons au sommet après une bonne demi-heure je dirais, sans avoir croisé la moindre voiture dans un sens ni dans l’autre. Ce tronçon plat devrait selon le plan mener assez rapidement à un croisement : à gauche Ihlara, à droite Selime. Nous continuons à marcher d’un bon pas sans trouver le carrefour attendu. Nous allons droit vers le volcan Hasan Daği, dont nous voyons au loin la double silhouette éclairée par la lune. Or, ce n’est pas du tout la direction de Selime ! Dans quel pétrin nous sommes-nous encore fourrés ??

Deux voitures qui se suivent de près déboulent à toute vitesse. Je passe ma led en mode clignotant, histoire de ne pas se faire écraser, pendant qu’AàG lève le pouce. Elles passent toutes deux en trombe. Zut, nous voilà bon pour attendre encore au moins une demi-heure. On commence à se trouver sérieusement en difficulté. Au loin on voit les lumières de ces voitures qui tournent sur la droite. Mode optimiste : Yes ! Le croisement est donc là ! (mode pessimiste : et en plus elles allaient dans le bon sens, bouhouhouu) On s’encourage mutuellement en se disant qu’une fois sur cette route on aura normalement plus de circulation.

Nous n’avions pas encore atteint le croisement que, dix minutes seulement après, un bruit de moteur nous redonne espoir. Je clignote à nouveau, et une sorte de vieux break s’arrête. Un instant de flottement : vont-ils vers Selime ? Oui, miracle !! Incrédules face à notre chance, nous montons dans le coffre. AàG s’assied sur la roue et moi par terre. Quel soulagement ! Le coffre est encombré de seaux de pommes et de caisses de raisins. Les banquettes arrière sont occupées par les femmes, tandis que les hommes sont à l’avant. C’est véritablement toute la famille qui est présente, ils doivent revenir des vergers. Les femmes se sont tournées vers nous avec curiosité, nous leur disons mehraba et ça jacasse joyeusement dans tous les sens. La bonne humeur succède chez nous à la tension inquiète, AàG leur tend une poignée de bonbons en éclairant sa main avec la led. Elles se servent en riant et nous disent quelques chose que nous ne comprenons pas. L’une d’elles s’écrie alors avec un bel accent « dank u ! ». J’éclate de rire, tout le monde suit, et la voiture n’est plus qu’un grand éclat de joie dans cette nuit noire. Elles nous font alors signe de nous servir en pommes, nous en prenons une chacun et remercions à notre tour. Ca c’est du troc ! ^^

Au bout d’un long moment, la voiture s’arrête et nous dépose à Selime. En fait ils se sont arrêtés devant la première pension, la nôtre est cent mètres plus loin. Ils étaient déjà repartis quand ils se sont rendus compte qu’on continuait à marcher le long de la route. Ils ont fait marche arrière sur une centaine de mètres pour nous reprendre, et nous redéposer 100m plus loin ! Si ce n’est pas de l’excès de gentillesse !! Quand nous sommes remontés dans leur coffre, AàG leur a lancé un chantonnant « mehrabaaaa ! » qui les a écroulées de rire. J’aime tant entendre leur rire, à ces femmes dont la vie semble pourtant si difficile…

C’est donc d’excellente humeur grâce à ces braves gens que nous rejoignons notre prison, la Piri Pansiyon. Il y fait à peine moins froid que dehors. Tiens, il semblerait que nous ayons des voisins dans la chambre d’en face. La douche est tellement minable et gelée que nous ne pouvons nous résigner à en prendre une. Rien que la toilette est déjà une épreuve en soi. Cette vue a bien calmé notre enthousiasme. Nous sortons les sacs de couchage et essayons de dormir comme nous le pouvons, c’est-à-dire assez mal. Nous n’entendrons passer que deux autres voitures sur toute la soirée et la nuit (et nous ne savons pas si elles allaient dans le bon sens). Dire que nous sommes parvenus à rentrer en stop… c’est vraiment ce qui s’appelle être verni.

Bon à savoir : un point commun unit les deux mauvaises pensions (Keleş et Piri) où nous sommes allés. Ils ne nous ont pas demandé nos passeports. Or les logeurs sont normalement obligés de les demander pour transmettre à la police, chaque jour, le nom des personnes qui dorment chez eux. Ainsi, en cas de problèmes, ils savent tout de suite où sont les bagages, où joindre les éventuels compagnons de voyage, etc.

A 3h du matin, nous sommes réveillés en sursaut par une musique mise à fond. On se croirait l’oreille collée aux baffles dans un concert ! On se rend rapidement compte qu’en guise de tam-tams ils branchent ici la radio à fond sur les haut-parleurs de la mosquée !! Mais pourquoi les entend-on aussi fort alors qu’elle est assez éloignée ? (réponse le lendemain matin, je vous laisse le suspens) En attendant nous voilà parfaitement éveillés, en train de pester contre ces religieux qui imposent leur mode de vie à tous de façon aussi irrespectueuse (refrain, tous en chœur : « mais ils sont tarés !! »). AàG est tellement enragé qu’il se décide, au bout d’un long moment, à sortir de son sac de couchage (gla) pour prendre l’enregistreur. La logique, inspirée de Murphy, étant bien sûr : si on commence à les enregistrer, ils vont arrêter. Ca n’a pas loupé, au bout de cinq minutes c’était fini ^^

Ce concert nocturne a quand même duré entre 1/4h et 1/2h. Il est extrêmement difficile de se rendormir après une telle interruption dans le sommeil (et un tel énervement, il faut bien le dire). Deux heures plus tard ce fut au tour de la prière, à un niveau sonore tout aussi important. En plus il chante horriblement faux. Argh ! C’est pas possible, si ça continue c’est nous qui allons devenir fous…

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