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Bande-son : Joe Hisaichi – The Rain (Kikujiro)

Le circo de Barrosa depuis l’Hospital de Parzán

Ce matin c’est le départ définitif de Broto. Nous devons rectifier la facture de l’hôtel car ils avaient oublié de nous compter le petit-déjeuner du premier jour. En fait c’est pas faux que c’était mieux de l’oublier, celui-là 🙂

Nous prenons une très longue et petite route vers Bielsa. Après quelques courses, nous pique-niquons en bord de route à un jet de pierre de la frontière française. Le nombre de camions sur cet axe est simplement insupportable…

Depuis le lieu-dit « Hôpital de Parzán » (hospice de Bielsa, dont il ne resterait qu’un mur), nous allons rejoindre le cirque de Barroude (circo de Barrosa).

Au début du chemin se trouvent des vestiges d’installations minières sur lesquels nous reviendrons en fin de journée – le jardinage me démange trop :mrgreen:

On y voit notamment des haldes ainsi que la station inférieure d’un télé-benne magnifiquement rouillé, datant du début du 20e siècle. Il descendait le minerai (plomb argentifère principalement) depuis les mines du pic Liena.

Il est surnommé « Câble Luisa » car il part des mines Luisa (alt. 2430m). Il rejoint la laverie (alt. 1460m) via une station d’angle (alt. 1860m).

Un second câble aérien, le Transpyrénéen (el Transpirenaico), permettait de relier les laveries (alt. 1450m) au Pont du Moudang (alt. 1120m) via le port de Salcorz (alt. 2464m) ! En tout il faisait 10 km…

Hélas, la longueur principale se trouvait côté français, où tout a été vulgairement ferraillé en 1968 ! Les choses n’ont pas changé aujourd’hui : la France n’a toujours aucun égard envers son patrimoine minier, qu’elle cherche plutôt à cacher ou détruire 👿

Plus de détails sur ce câble transporteur ici et .

Le chemin des mines (camino de las pardas) nous tente énormément, il s’agit du chemin muletier construit avant la mise en place du funiculaire. Chaque benne permettait de transporter 300 kg de minerai, donc de remplacer 2 ou 3 mulets. Autant dire que c’était une revolución !

Malheureusement, avec cette matinée consacrée au trajet, il ne nous reste qu’une après-midi en Espagne… trop court pour envisager cette promenade.

Je ne m’y connais pas trop en champignons, cela semble une amanite tue-mouche qui a perdu ses verrues blanches ? En tous cas je n’aimerais pas être à la place de cette mouche…

En suivant le chemin nous croisons différentes amenées d’eau, à ciel ouvert façon rigole ou en conduite plus ou moins forcée. Du temps de la mine, cette eau servait pour la laverie et la centrale hydro-électrique.

Le canal de dérivation nous intrigue, avec sa voûte maçonnée et son parcours qui serpente. Il a été restauré en 2011.

La couleur donne envie, la température nettement moins, même si le soleil tape 😉 A côté de la vanne à guillotine se trouve le trop-plein permettant un débordement localisé.

Nous continuons à longer le río Barrosa en direction du cirque.

Les lieux sont boisés, l’eau vive cascade entre les rochers…

Ce n’est pas impressionnant mais simplement charmant !

Petit à petit la vue sur le cirque se dégage, tandis que le sentier (PR-HU 187) devient moins marqué. L’herbe le recouvre mais des cairns sont présents et il serait de toute façon difficile de se perdre.

Une crassulacée (sedum ?) :

Ca, dit AàG, c’est quelque chose qui a envie de se faire passer pour une orchidée mais qui est cheap 😆
Petite linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium) ??

Le ciel se couvre. Au loin il reste une plaque de neige.

Le panorama se dévoile sans effort, à la portée de tous. Un site très complet (je crois qu’on peut même dire exhaustif, oui oui c’est à ce point 😉 ) est dédié au cirque de Barrosa.

Nous arrivons en vue du refuge (cabane de Barrosa, alt. 1745m).

Il est gardé, mais le gardien est timide 😉

Des têtes de schtroumfs qui ont déteint :

L’aconit anthore est très toxique.

Nous flânons là un instant, profitant du lieu. Il n’y a pas un chat. Ah si, moi 😉

L’après-midi est trop avancée que pour monter à l’assaut du pico de Barrosa ou ses confrères. Le port de Barrosa est à 2534 mètres d’altitude.

Nous rebroussons chemin. Les cairns ne sont pas toujours en bon état.

Les marquages sont parfois usés. Je me suis demandée si ce visage en mousse était l’œuvre de la nature ou d’un plaisantin, je penche pour cette seconde option 🙂

Certains blocs sont monumentaux.

Ce scarabée bousier a dû me trouver un peu trop pressante avec mon appareil photo, il a préféré prendre son envol.

A la recherche de l’arche perdue ! Il s’agirait en fait de la station inférieure du câble aérien des mines Mallo Ruego.

Un ancien canal (glissière) dévale la pente, interrompu seulement par le chemin.

Cette conduite forcée (modernisée) rejoint une petite centrale électrique massacrée il y a quelques années, j’y reviendrai plus loin.

J’élague un peu les branches qui poussent n’importe où dans la structure parce que ça me fait mal au cœur de voir ces vestiges dans cet état.

Nous allons ensuite à la rencontre des ruines des installations minières (plan).


Pour la légende, voir lien sous la photo

Il y avait là beaucoup de bâtiments : logements des mineurs, cantine, atelier, magasin, transformateur, écurie, scierie, laboratoires,…

Sur ce plan incliné se trouve le système de mise en tension du câble, juste sous la station inférieure du Câble Luisa.

Des arbres poussent dans la molette.

Cet abreuvoir est daté de 1924. L’exploitation minière proprement dite cesse en 1928 à cause de la chute des cours de l’argent et du plomb.

Oh mais qui revoilà ? C’est mon copain !

Sur ma jambe une mouche se délecte d’une petite blessure, j’en profite pour la photographier. Grâce à AàG vous échappez au résultat – il trouve ça vraiment trop gore.

Le siège de la Société des Mines de Parzán, où logeaient le directeur et ses ingénieurs, est toujours debout. C’est la Casa Bosar, du nom du sous-directeur Jacob Bosshard. Elle est bien reconnaissable grâce à son œil-de-bœuf.

Nous n’irons pas voir la centrale hydroélectrique, je vous conseille ce site qui présente notamment deux vidéos en bas de page, réalisées avant… la remise en fonction, à gros frais, de la centrale !! 😯

Les anciennes installations, qui étaient toujours en place, ont donc été détruites 😦 👿

Nous retournons sur le chemin du haut, des micro-géologues s’affairent dans les verses. Nous rejoignons l’ancien pont (puen de Tartico) qu’on devine ci-dessus dans la végétation.

Nous reprenons la voiture et passons la frontière française. Nous ne serons pas trop dépaysés en arrivant à la chambre d’hôtes, elle aussi proche d’une centrale hydro-électrique :

Les conduites forcées ont une autre taille !

Ce qui nous choque est le bruit. Il y a une rangée de maisons de l’autre côté de la rue, presque tous les volets sont clos. Je n’imagine pas qu’on puisse habiter là.

Photo d’époque et propagande actuelle :

Vu le peu d’alternatives, nous prendrons l’option « table d’hôtes » et n’aurons pas à le regretter même si se retrouver soudain en nombreuse compagnie (7 autres touristes, en plus du couple de logeurs) est toujours un peu violent quand on sort des montagnes.

Peu après 22h je tente de me laver. En fait ce n’est pas une douche, c’est un vaisseau spatial ! Au bout de 2 minutes, je trouve la lumière – enfin les lumières. Je vois bien l’option radio ou téléphone, mais où est donc la commande pour l’eau ? 😆 Heureusement, même si je n’ai pas de doctorat, je finirai par trouver ^^

Bande-son : Carlos Gardel – Volver

Lacs Bachimaña et Bramatuero

Cette nuit fut encore assez bruyante. Ce doit être la norme espagnole mais nous n’y sommes guère habitués !

Ce matin à la boulangerie le grizzli m’a souri quand on a voulu reprendre un morceau du bon gâteau au noix et noisettes de la veille 🙂

Nous allons randonner côté espagnol aujourd’hui, dans la Valle de Tena et plus précisément aux Baños de Panticosa (Bains de Panticosa, altitude 1637m). On se gare à côté de l’ibón (lac) de los Baños. Ici toutes les rues ont le même nom : Calle Balneario ! On se pose des questions quant à la localisation du départ du (bon) sentier.

Nous croisons deux gars qui cherchent sans succès de l’eau, le comble dans une station thermale ! Il faut dire que cette station balnéaire est assez étrange, on dirait qu’elle est à la fois à moitié abandonnée et à moitié en construction. Un peu glauque mais ce n’est pas pour nous déplaire 🙂

Nous montons à l’ombre des arbres et trouvons le mirador del Salto del Pino (belvédère du Saut du Pin) sur le village et la haute cascade logiquement appelée Cascada del Pino 😉

Tandis que la chaleur nous accable déjà, un lézard profite du soleil.

Les cascades se succèdent, c’est un chemin agréable le long du río Caldarés.

Les plantes sèchent, nous aussi !

Car oui, là c’est terminé, l’ombre chérie…

Ce pont est à hauteur d’un embranchement de sentiers. Il permet une éventuelle variante pour le retour.

Depuis le départ la pente est gentille et maintenant le sentier sillonne presque à plat…

…sauf que là ça va changer puisqu’on arrive dans le fond d’un cirque rocheux !

Ci-dessus la cascada del Fraile.

Vue sur le vallon parcouru :

Il y a donc inévitablement un raidillon final pour atteindre le refuge. En plein cagnard de midi, on déguste !

Nous sommes au Embalse de Bachimaña Bajo, le réservoir du Bachimaña inférieur. Il est équipé d’une jolie petite vanne manuelle.

Nous n’irons pas voir le nouveau refuge de 2012 (alt. 2177m), qui ressemble trop à un hôtel à notre goût, et préférons continuer le GR11.

Le barrage et son déversoir de trop-plein ont fière allure.

Nous arrivons au Embalse de Bachimaña Alto – dois-je vous traduire ? 😉

Le lac supérieur est énorme… il est presque écrasant, dans son écrin minéral.

Comme d’habitude les ambiances rendues par nos deux appareils sont contrastées :

Avez-vous vu la cabane en pierres au milieu de ces photos ? 😉

Ici on la distingue un peu mieux :

Le niveau de l’eau est manifestement plus bas que par le passé, découvrant des rochers que la végétation n’a pas encore colonisés.

Le GR suit la rive à bonne hauteur et nous sommes toujours en quête désespérée de notre Saint Graal : de l’ombre pour pique-niquer. On cuit !

Nous trouverons finalement une micro-zone ombragée entre deux rochers et en ferons notre affaire. On ne peut pas être trop exigeant dans les parages ! C’est pas grave, nous avons des tomato rosa pour nous consoler 🙂

Nous devons quitter le GR11 et avons quelques problèmes pour trouver l’autre chemin, qu’on avait pourtant bien aperçu de loin. Nous suivons quelques cairns, comme le signalaient les descriptifs, puis plus rien… oups !

Après la traversée de ce ruisseau nous retrouverons le bon sentier.

Les éclaboussures de ces mini-chutes nous apportent une appréciable fraîcheur. Bon ok j’avoue, j’ai carrément immergé l’espèce de bandana qui m’évite l’insolation crânienne ^^

On avait déjà repéré à distance que des filets d’eau détrempaient ce flanc de montagne…

…car la végétation y est soudain luxuriante, fleurs et mousse à gogo !

Enfin « mousse » est un terme impropre. Quelqu’un sait ce que c’est ?

Pour les fleurs mauves et roses je pense identifier :
– casque-de-Jupiter (aconit napel)
– adénostyle à feuilles d’alliaire

Reprenons le chemin !

J’aime ces gros rochers lissés et arrondis :

Au loin le parcours de l’affluent suivant se devine au vert soutenu de ses rives… ok et à la cascade aussi, je vous l’accorde ! 😉

Regard en arrière sur le Bachimaña et son îlot central.

Notre objectif est enfin visible : la fine barre rosée horizontale est le barrage de l’ibón de Bramatuero Bajo (alt. 2300m). Cliquez pour agrandir si vous ne la voyez pas 😉

On aperçoit en contrebas l’ancienne cabane-refuge de Bachimaña, un bel abri en pierres.

Et nous voici enfin au pied du barrage du lac Bramatuero inférieur !

Rha, une étendue d’eau fraîche ! Bonheur !

Je m’allonge de tout mon long sur la margelle pour tremper bras, jambes, cheveux… c’est presque douloureux tellement c’est froid !

Comme ces photos compromettantes le montrent, AàG n’est pas en reste 😉

On contemple le panorama, les pieds dans l’eau…

…et on n’a aucune envie de repartir tellement on est bien.

Il faut cependant bien se décider à un moment ! Nous n’avons plus le courage temps de rejoindre le Bramatuero Alto. Ça promettait d’être beau et on était curieux de voir la drôle de « tente en bois » mais la chaleur nous a liquéfiés.

S’il y a une prochaine fois, je tenterais bien la boucle des Pics d’Enfer ❤ (rando d’un autre calibre !)

Nous redescendons voir le vieux refuge et tentons l’aventure de longer le lac par son côté Est, histoire de varier les plaisirs.

Au début, tout va bien ! Des cairns marquent un semblant d’itinéraire. Puis plus rien… mais ça ne passe pas trop mal au ras de l’eau. De toute façon, il serait difficile de se perdre 😉

Par la suite les choses se compliquent car il y a une barre rocheuse à franchir ! Nous y entrapercevrons quelques chamois. Par chance un câble a été installé pour aider le passage. Si vous agrandissez la photo ci-dessous, vous le distinguerez (horizontal en haut, descendant sur la droite).

Les rochers dessinent des racines d’arbre 🙂

Suivant la suggestion d’elPadawan, l’anonymat d’AàG sera cette fois préservé grâce à un ours des Pyrénées – je n’ai pas dû trop retoucher l’image :mrgreen:

Ça crache plus que ce midi !

Nous longeons le Bachimaña Bajo par le côté Est également, là il n’y a aucun souci de cheminement.

Au niveau du pont on hésite à prendre une alternative dont le nom nous fait rire (camino por los machos, sentier muletier ?) mais selon AàG ça remonte et ça rallonge, or il est tard et nous sommes ‘crevettes’.

Le chemin de retour est tranquille bien qu’assez fatigant car tapissé de grosses pierres qui roulent sous les pieds. A 19h nous sommes de retour aux Bains et sacrifions un melon en guise d’apéro.

Nous mangerons un repas simple, gras bon et pas cher à l’Hostal Centro de Sallent de Gállego… et en dessert nous nous installons confortablement sur la place pour déguster le ‘pastis‘ (non, pas l’alcool !) de Mahie 🙂

Bande-son : Juliette – Fina Estampa

Lac d’Artouste et refuge d’Arrémoulit

Vous souvenez-vous de la centrale électrique d’Artouste photographiée hier soir ? Aujourd’hui nous allons monter à la source, si je puis dire 😉

Excepté une bagarre de chats, cette nuit fut calme. Nous profitons de la fraîcheur matinale pour rendre visite à Fermín Arrudi Urieta, el gigante aragonés.

La commune de Sallent de Gállego lui rend hommage à travers une statue représentant ce géant de 2m29, qui était également musicien (multi-instruments) autodidacte.

Afin de préserver son anonymat, AàG est représenté (à son grand désarroi) en Christophe Colomb.

En sortant de la boulangerie, je dis à AàG : maintenant nous avons la preuve de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ! 😆

Nous nous rendons ensuite en France, à Fabrèges dans la vallée d’Ossau. De là part la télécabine de la Sagette qui nous emmènera sans effort de 1240m jusqu’à 1930m d’altitude.


Spéciale dédicace 😉

A la gare de la Sagette, on monte ensuite dans le « petit train d’Artouste ». Cette ligne à voie étroite (500mm d’écartement) compte parmi les plus hautes d’Europe avec une altitude maximale de 1940m.

Elle commence par le « tunnel de l’Ours », d’une longueur de 375m.

Avant d’être reconverti en train touristique, ce chemin de fer a servi à la construction et l’entretien du barrage d’Artouste. Plus d’info ici.

La ligne serpente pas mal ! Les rayons de courbure imposent une vitesse réduite et il nous faudra presque 1h pour parcourir les ~10km de voie ferrée.

Il n’y a aucune route dans la vallée du Soussouéou (y a-t-il besoin de préciser que j’adore ce nom ? 😀 ).

Oh, des resquilleurs ! Nous les regardons avec envie, nous avions longuement hésité à faire de même (ce qui est strictement interdit patati patata) vu l’allergie d’AàG aux trains touristiques…

Finalement nous nous sommes dit que l’aller/retour à pied prendrait trop de temps, nous empêchant d’aller beaucoup plus loin que le lac.

Depuis le terminus, un large chemin avec des marches permet de franchir les 90m de dénivelée restant pour rejoindre le lac d’Artouste, qui flirte avec les 2000m d’altitude.

A gauche, on entraperçoit le barrage :

Comme d’hab, le rendu des couleurs est très différent entre nos deux APN…

Les touristes sont un liquide. Si si, ils prennent la forme des lieux dans lesquels on les déverse !

Comme la foule ce n’est pas notre truc, nous préférons reporter notre visite du barrage à ce soir et commencer directement à s’éloigner en longeant la berge du lac.

Au loin, en haut, au chaud, un troupeau. Tout près, en bas, au frais, des têtards.

Nous marchons plein sud et le soleil cogne déjà bien.

Cette avancée de roches me fait penser à une grosse patte de fauve :

Le miroitement est hypnotisant.

Au bout du lac, des vaches paissent en toute liberté.

Fini le plat, il est l’heure de monter !

Au croisement nous prenons la direction sud-est. Nous ferons une boucle et reviendrons par l’autre côté.

Le refuge est en vue, tout en haut à droite :

Il subsiste quelques névés à hauteur des lacs d’Arrémoulit.

Le refuge d’Arrémoulit (ou « d’Arrémoulie » comme il est écrit sur la plaque du Club Alpin Français) se situe à 2305m.

Je pense que le dortoir est trop petit car une grande tente est dressée dehors et le téléphone n’arrête pas de sonner pour des réservations.

Nous pique-niquons en alternant l’ombre et le soleil, ayant trop froid dans l’une et brûlant dans l’autre ! Le chocolat chaud n’est pas bon et les toilettes folkloriques nous font regretter les pipi-nature :mrgreen:

J’aime bien l’aménagement qu’ils ont fait pour le débordement.

Ici on aperçoit la tente-dortoir dressée à côté du refuge :

Nous hésitons à faire demi-tour ou à monter vers le lac d’Arrious. En effet, emprunter le passage d’Orteig nous permettrait de faire une boucle… seulement cette section escarpée est notée comme étant réservée à des randonneurs expérimentés.

Le gardien du refuge nous confirme qu’il ne faut pas avoir le vertige, mais qu’il ne faut pas de matériel.

Nous décidons d’aller en juger par nous-mêmes. Au pire on devrait avoir le temps de faire demi-tour… enfin on l’espère, car l’heure de départ du dernier petit train est 17h15.

Sinon il faudra qu’on se tape les 10km à pattes, et qu’on redescende sous le téléphérique à la lampe frontale. Y a pas mort d’homme, mais si on peut éviter ce serait mieux !


Lac et refuge d’Arrémoulit


Lac d’Artouste

On approche du passage découvert par Jacques Orteig en 1883. Ce raccourci à flanc de paroi rocheuse permet de rejoindre le refuge d’Arrémoulit depuis le col d’Arrious sans redescendre jusqu’au lac d’Artouste.

La vue est impressionnante…

Élargi et équipé d’une main-courante, le passage d’Orteig ne pose aucune difficulté. On avait entendu des personnes évoquer des passages à franchir « assis » (pour ne pas basculer dans le vide), je n’ai rien vu de tel !

Si la roche était mouillée ou s’il y avait du brouillard, ce serait autre chose.

Le sentier descend ensuite au lac d’Arrious.

Intrigué par le chenal, AàG va explorer le petit tunnel creusé derrière le batardeau.

C’est une prise d’eau qui donne sur le flanc droit ci-dessus. Ainsi le débordement du lac d’Arrious alimente le lac d’Artouste.

Sur la gauche se trouve le pic du lac d’Arrious, à ne pas confondre avec le pic d’Arrious.

Nous croisons des randonneurs flamands avec qui j’échange quelques mots.

Nous allons à présent redescendre au lac d’Artouste.

En face, le chemin parcouru ce matin :

Au niveau timing on a de la marge, on peut se permettre de mitrailler 😉

Je n’aurai pas photographié tellement de fleurs, aujourd’hui… je me rattraperai les prochains jours 😉

On retrouve nos copines qui n’ont pas beaucoup bougé !

Prenons le temps de nous promener sur le barrage, puisque nous ne l’avons pas fait tout à l’heure. Il n’y a plus personne à présent, c’est parfait.

Au loin nous voyons un petit train partir.

Texte du panneau explicatif : Le barrage d’Artouste est un ouvrage entièrement maçonné avec des moëllons de granit extraits des carrières souterraines situées sous vos pieds, et taillés sur place.
Les blocs étaient amenés par quatre téléphériques appelés « Blondins », jusqu’aux ouvriers qui montaient ainsi mètre par mètre cet ouvrage digne des bâtisseurs de pyramide !!

Nous rejoignons la gare. Vu l’affluence, ils doivent affréter deux trains. Le premier part blindé, le second quasi vide. Devinez lequel on a pris ? :mrgreen:

A plusieurs reprises ils appellent un groupe de 3 campeurs qui aurait dû rentrer ce soir-là. Malgré le retard avec lequel nous sommes partis, ils manquent toujours à l’appel…

Cette fois, c’est moi qui monte côté vide. Chacun son tour !

Le trajet s’effectue plus rapidement qu’à l’aller.

Nous croisons des télécabines « Val Thorens », c’est rigolo. Espérons que ce soit de la seconde main de bonne qualité ! ^^

A 18h30 nous sommes revenus au parking. Un hélicoptère n’arrête pas de faire des allers-retours.

Nous roulons jusqu’au col du Pourtalet. Il y a là un supermercado où nous achetons de quoi pique-niquer : gazpacho, tortilla…

Nous nous promenons ensuite dans les environs mais le brouillard et surtout les aboiements furieux de chiens de berger nous feront faire demi-tour.

Ce n’est pas le genre d’avertissement qu’il faut prendre à la légère si on tient à ses mollets !

Retour au bercail et tartinade d’aloe vera :mrgreen:

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

Randonnée de Mikro Papingko au refuge d’Astraka

Ce matin, il m’est douloureux de descendre l’escalier pour aller prendre le petit-déjeuner. Ça tiiire !

Nous allons encore une fois visiter un coin de l’inépuisable parc national de Vikos-Aoös.

La chaude lumière de l’aube dans les champs brûlés est féérique, et une nappe de brouillard vient y semer sa poésie ouatée.

On s’arrête un peu plus loin à un point de vue, pour profiter des montagnes qui s’éveillent.

Pour rejoindre Papigko (Πάπιγκο), nous devons descendre dans la vallée, à Kalpaki (Καλπάκι). Le logeur nous dit que c’est le seul endroit des Zagoria où on peut trouver un distributeur pour retirer de l’argent, mais ce n’est pas cela qui nous intéresse : c’est le supermarché !

Nous allons enfin pouvoir acheter de quoi nous faire un pique-nique. Il n’y a pas grand chose, et en guise de pain rien de frais mais des trucs industriels en sachet. Je comprends mieux pourquoi nous avons des tartines grillées chaque matin.

Et comme garniture, vu la chaleur rien ne pourra tenir… nous prenons donc un pot de miel et quelques légumes. Avec cela nous devrions être autonomes pour deux repas de midi.

On en profite pour faire le plein d’essence en face, et on ne s’attarde pas.

Las, il aura été décidé en haut lieu que nous n’arrêterions pas de faire des pauses sur la route aujourd’hui !

Quand nous sommes passés sur ce pont, nous avons bien évidemment été incapables de ne pas nous arrêter…

Selon le principe de génération spontanée qui les caractérise, un guide fait aussitôt son apparition. Je lui donne quelques biscuits en guise d’obole.

Cette rivière enchanteresse est la Voidomatis (Βοϊδομάτης).

Avec cette eau limpide sur laquelle flottent quelques nuages de brume, ces arbres majestueux dans les branches desquels jouent quelques rayons de soleil, l’endroit est tout simplement idyllique.

Ce serait un petit coin de paradis sur terre si seulement la température de l’eau avait 10°C 20°C de plus :mrgreen:

C’est à contre-cœur qu’on finit par s’arracher des lieux, soudain portés à la contemplation.

S’ensuit une route avec d’innombrables lacets et une énième pause pour photographier ce bébé pont.

Nous arrivons à Megalo Papingo (Μεγάλο Πάπιγκο), nous avons encore 2 km à faire pour arriver à Mikro Papingo (Μικρό Πάπιγκο).


église de Mikro Papigko

Par chance la route est bonne et nous pouvons aller jusque là en voiture.

C’est un tout petit village médiéval, tout le monde doit se garer à l’entrée et ça fait pas mal de véhicules ! Je me demande où vont tous ces gens, car nous n’avons pas croisé grand monde de la journée.

Un matou est très affairé à guetter son dîner parmi les lauzes.

Nous traversons rapidement le haut du village, nous n’avons pas le temps de le visiter, ce sera pour ce soir si nous en avons l’occasion. Il y a quelques panneaux directionnels pour les randos mais ce n’est pas très clair.

Nous trouvons un large chemin qui semble aller dans la bonne direction et nous tombons sur le jeune couple sympa des gorges de Vikos. Nous causons un moment, partageant les bons plans 🙂

En bas c’est une fontaine (source), en haut c’est une chapelle.

On y accède par une petite enceinte dans laquelle se trouve un arbre comme d’habitude magnifique.

Ils ont suspendu une cloche dans les branches, la voyez-vous ? 🙂

Nous progressons dans les sous-bois, bien heureux de s’y trouver car il commence à faire très chaud au soleil.

On entend au loin un berger diriger son troupeau à coups de grands « Hoooow ! »

Les végétaux à peine sortis de l’ombre sont encore trempés de rosée mais ça ne va plus durer longtemps.

Je m’approche tellement des gouttes que je parviendrai à en récolter une sur l’objectif :mrgreen:

Une petite caravane de trois mules, dont certaines fort chargées, se dirige vers le village. Deux ou trois locaux les accompagnent. Nous ne verrons personne d’autre de tout le trajet.

Nous nous arrêtons à une source pour faire des sauvetages car il y a plein de bestioles épuisées en train de se noyer, prisonnières des bassins de retenue de la source. Du lézard au scarabée, il y a un peu de tout !

Nous aménageons une sortie de secours en empilant de grosses pierres, en quatrième vitesse car nous nous faisons dévorer par une multitude de taons affamés.

Le sentier est jalonné de crottins de mules du début à la fin, peut-être est-ce la cause de cette prolifération ? A moins que ce ne soit la pluie d’hier…

Nous arrivons dans une zone où les arbres sont tous brûlés. L’incendie doit dater cependant, car les plantes et les buissons ont déjà bien repoussés.

Un tel nuage de taons, mouches et mouchettes nous harcèle qu’il y en a même qui se retrouvent sur les photos ! L’horreur !

On arrive à une seconde source, ça monte toujours sans qu’on puisse distinguer notre destination.

Il y a des plaques d’herbe d’un vert très tendre, cela nous réjouit les yeux après les paysages desséchés des jours précédents…

On s’arrête à hauteur du dernier « grand arbrisseau » que nous voyons, car après nous n’aurions plus d’ombre pour pique-niquer et au soleil c’est intenable.

Menu du jour : miel et concombre sur pain étouffe-chrétien !

AàG profite de la pause pour regarder la carte. Il m’avait prétendu que la dénivelée était de 250m, or nous en avons déjà fait eu moins le double si pas le triple ! C’est à peine si on distingue Mikro Papigko en bas dans la vallée…

Finalement il m’annonce que ce serait plutôt proche de 1000m… vu l’état de mes mollets, c’est engagé 😆 Bon allez, courage, le plus dur est fait ! On ne va pas faire demi-tour maintenant !

Nous arrivons à la troisième et dernière source, maçonnée en pierres comme les précédentes.

Nul besoin ici d’effectuer un sauvetage : les grenouilles et autres têtards se portent à merveille 🙂

Le refuge Astraka n’est toujours pas visible, mais c’est logique puisque normalement il se situe juste derrière le col.

Quand nous l’apercevons au loin, avec ses pimpants volets rouges, c’est fête !

D’autant plus que les nuages n’ont cessé de gagner en nombre et en hauteur derrière nous. Ce n’est pas encore orageux mais disons qu’il y a du potentiel…

Tandis que devant, un ciel bleu éclatant nous accueille.

Oh tiens au fait, AàG, tes jambes sont en train de prendre une jolie teinte, il faudrait mettre de la crème solaire !

Je dis ça innocemment, sans penser à mes propres mollets… ce qui se révélera bien sûr être une grossière erreur 🙄

Ce refuge n’en finit pas de se rapprocher mais c’est comme l’horizon, on croit pouvoir le toucher du bout des doigts mais il reste toujours hors de portée !

Il y a un comité d’accueil mais ils ne nous ont pas attendu pour l’apéro, ça boulotte sec !

J’imagine que demain matin, ce sera leur tour de descendre au village pour le ravitaillement.

Certains ont de drôles de collier : une chaîne en maillons métalliques supportant une clarine (cloche) ! Et pour ne pas que ça passe par dessus tête, c’est ajusté au niveau du haut du cou (de l’encolure ? je ne connais pas le vocabulaire équestre).

A défaut de grimper l’Astraka, nous comptions pousser jusqu’au Drako Limni (Δρακολίμνη), mais même cela finalement va être trop juste au niveau du temps, sans compter que nous sommes perclus de fatigue et que de toute façon il est presque à sec.

La région entière est pleine de lacs de montagne qui portent ce nom signifiant le « lac du Dragon ». Apparemment ils n’étaient pas commodes et se faisaient des batailles rangées en s’envoyant qui des troncs d’arbres, qui des rochers !

En dehors des légendes, il semble surtout que ces lacs doivent ce nom aux tritons qui y vivent 🙂

Un couple de randonneurs est sur le départ quand nous arrivons. Ils n’ont l’air de ne rien porter sur eux mis à part de l’eau dans un minuscule sac à dos, je suis impressionnée, moi je me promène toujours avec mon enclume ! :mrgreen:

Sur la terrasse du refuge, nous prendrons un jus de fruit et une frangipane. AàG louche sur le sommet du Gamila, qu’il aurait aimé grimper. Enfin les sommets, puisque cette montagne ne s’appelle pas « chameau » pour rien !

Nous avons un léger problème : les chevaux se montrent un peu trop gourmands amitieux, n’hésitant pas à pousser banc et table de leur poitrail pour arriver à leurs fins !

C’est à regret qu’ils nous regardent partir 😆

Nous croisons une mini-caravane de deux mules qui monte rejoindre le refuge, guidées par un montagnard.

Cette fois-ci, l’appareil photo est prêt, je ne les raterai pas 🙂

La descente est longue mais surtout pénible car les nuages de mouches et de taons ne nous lâchent pas une seule seconde. Le harcèlement est continu.

Et je ne me souvenais pas combien ça fait mal, une morsure de taon ! Heureusement je n’y suis pas allergique (oui oui, ça existe, on peut même faire un choc anaphylactique 😯 ).

Rien que cet incessant bruit de bourdonnement mouvant, est à rendre FOU !

On en vient à se taper soi-même et mutuellement, l’énervement grandissant au fur et à mesure.

AàG a décrété que ce jour serait historique dans l’histoire du peuple des mouches et qu’elles s’en rappelleraient sous le nom de « Grand Massacre » !

Nous avons parfois droit à des périodes d’ombre, le soleil disparaissant sous de gros nuages. Ce sont des moments de répit relatif.

Je crois que les mouches ont trouvé comment utiliser l’énergie solaire de façon bien plus efficace que nos technologies !

Au moment où nous retombons sur le chemin principal, un chien de berger surgit derrière nous en aboyant. Il semble que son troupeau, qu’on entend au loin, va emprunter cette voie et qu’il n’apprécie guère notre présence. Cependant il reste en arrière et disparaît à un moment. Ouf ! C’est qu’il avait l’air de prendre son rôle assez au sérieux, or sur le web nous avions lu des avertissements de prudence concernant les chiens de berger.

Nous rejoignons l’enceinte de la chapelle, on s’y pose deux minutes et même si nous sommes seuls je prends tout de même la précaution de refermer la barrière. Deux chiens de berger surgissent, se mettent à l’entrée et nous gueulent dessus sans discontinuer. On ne craint rien là où on est, mais on est bloqué et vu comme c’est parti, ça peut durer longtemps… heureusement le troupeau ne tarde pas à passer. Nous ne verrons pas le berger.

De retour au village, nous n’avons malheureusement plus le courage de visiter. On nous a dit que c’était super joli mais c’est en pente, nos pieds sont en compote et nos mollets en feu.

Je ne me sens pas très bien, je pense avoir un début d’insolation. Je ne rêve que de poser mes fesses dans un endroit confortable… et frais !

Nous décidons d’aller manger à Aristi, ce qui nous permet de faire une partie de la longue route du retour avant le coucher du soleil. Finalement elle sera moins longue que prévu car il existe une petite route secondaire qui permet d’éviter la vallée, nous avions peur que ce ne soit pas carrossable mais c’est une large route en enrobé, sans la moindre difficulté.


Megalo Papigko

Mais seulement, en quittant Mikro Papingo, un endroit déjà repéré ce matin nous intrigue… on se gare. Allez on peut bien faire encore quelques mètres : c’est à plat !

Ça nous fera fort penser au jardin des rose à Imst, où se trouvaient de mignonnes gorges prometteuses que nous n’avions pas pu voir jusqu’au bout la première fois à cause de la fatigue et du déclin de la lumière… ici même topo, nous abandonnerons, un peu frustrés de ne pas avoir pu aller jusqu’au bout !

Aristi (Αρίστη) nous avait paru sympathique au passage, avec son architecture typique, mais au niveau restaurant nous n’aurons pas eu la main très heureuse. Si j’en crois l’état des toilettes, nous avons eu énormément de chance de ne pas être malades le lendemain !

Nous donnerons les restes à un petit chat affamé et croiserons sur la route, dans la nuit noire, une vache esseulée et pas très grasse. Plus loin, toujours en plein milieu du bitume, un renard (ou chacal doré ?), pas timide pour un sou, semble bien content que je me sois arrêtée devant lui et sa proie, pour profiter de la lumière de mes phares 😯

16 septembre 2008 – La traversée Sella-Herbetet

Aujourd’hui je pense que c’est notre plus belle randonnée du séjour. Elle nous avait été conseillé par notre logeur Walter Seguin du Village à Morgex et je l’en remercie !
Nous avons bien failli ne pas la faire : j’ai eu du mal à convaincre AàG qui pensait, au vu de la carte, que c’était trop dur pour des grabataires sédentaires comme nous (traduisez : comme moi).

Nous allons en voiture jusque Cogne puis Valnontey (alt. 1666m) où l’on se gare. Nous voilà aux portes du Gran Paradiso. Le chemin commence le long d’une prairie couverte de givre. Comme il est encore suffisamment tôt, deux chamois s’en donnent à cœur joie pour bouloter et préparer l’hiver. Le sifflement des marmottes nous empêche de les approcher discrètement.

Le sentier monte dans la forêt encore sombre et froide. Nous sommes suivis et précédés par d’autres randonneurs, qui vont le plus souvent par paires. Je remarquerai des lunettes par terre… par chance j’ai pu retrouver leur propriétaire.

Nous ne sommes pas habitués à une telle « promiscuité » qui réduit nos chances d’observer la faune de ces lieux. Et en effet, de toute la montée, même après la forêt, nous ne verrons pas grand monde. Quelques chamois au loin, seulement. AàG peste ferme.

Lorsque nous parvenons à cette ruine, les mollets commencent déjà à bien tirer (me concernant !). Au-delà, la pente s’accentue et le soleil devient brûlant. Par endroits, le sol est encore boueux des pluies de l’avant-veille, quand il ne s’agit pas d’une source qui prend ses aises.

Il n’y a plus qu’un couple et un photographe solitaire. Les autres ont soit abandonné, soit pris beaucoup de retard. Le sentier devient horizontal et même légèrement descendant, tandis que nous nous enfonçons dans un ravin abritant un torrent. Le photographe a installé son trépied là et fait toute une séance sophistiquée…

Nous passons le pont et remontons la côte jusqu’à rejoindre un autre chemin bien tracé, arrivant à l’horizontale en suivant le flanc de la montagne. Nous arrivons ensuite au pied d’une pente particulièrement forte. Un sacré morceau ! Là, le chemin n’est plus qu’un zigzag, ou plutôt de multiples zigzags car il n’y a plus vraiment « un » sentier : les passages répétés ont créé des pseudo-sentiers dans tous les sens. Je m’arrête à chaque pas ou presque, en espérant que ce soit le tronçon le plus difficile de la balade !!

En haut, c’est le Grand Lauson (Gran Loson). Il n’est pas aisé de reprendre ses marques pour retrouver le bon chemin. Nous trouvons quelques balisages près d’un petit pont et décidons de remonter la rivière. C’est le repère le plus fiable, le refuge ne se trouve pas trop loin du cours d’eau sur la carte.

Dans le bassin du Lauson, il nous arrivera de ne plus vraiment savoir si nous sommes sur un sentier ou sur une coulée créée par des animaux. Avec le relief, il est plus difficile que prévu de nous rendre compte si nous sommes à la hauteur du refuge, encore en aval ou déjà en amont. Non sans douter, nous finirons par remonter le flanc du talweg, avec un certain bonheur puisque nous trouvons un large chemin menant au refuge juste un peu plus loin.


Rifugio Vittorio Sella

Le refuge Victor Sella (alt. 2588m) est constitué en partie par l’ancienne maison de chasse du roi Victor-Emmanuel II (Vittorio Emmanuele II) – celui grâce à qui les derniers bouquetins furent protégés in extremis de l’extinction.

Nous avons réussi notre premier pari, l’ascension de plus de 900m de dénivelée en 2h30. Nous avons mérité notre pique-nique, même s’il est encore un peu tôt pour dîner. Commençons donc par le sacro-saint chocolat chaud !

Nous nous asseyons dehors et profitons du magnifique panorama. Plusieurs marmottes prennent également le soleil et nous observons avec tendresse ces boules de poils profiter de ces derniers jours d’été.

De notre banc, nous apercevons un troupeau de chamois de l’autre côté de la rivière. Malheureusement ils s’enfuient devant quelqu’un de trop « entreprenant », comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

Tout en pique-niquant, nous nous interrogeons sur la suite de notre programme. Est-il raisonnable de faire la traversée de l’Herbetet ? Ou faut-il faire une simple promenade aux alentours et redescendre par la même voie ?
Pour une fois, curieusement, c’est plutôt AàG qui est frileux. Mais je suis têtue… Renseignements pris auprès des très sympathiques tenanciers du refuge, je parviens à le convaincre : c’est long, certes (5h annoncées en théorie) mais il est encore tôt et il y a peu de dénivelée supplémentaire (de l’ordre de 300m) – je ne parle pas des descentes bien sûr.

En route, donc ! Vers 13h, nous empruntons le petit pont en bois où commence la traversée. Le chemin monte en douceur, c’est parfait pour notre étape de digestion. Dans l’herbe, un peu plus loin, quelqu’un fait la sieste au soleil 🙂

Nous arrivons à un beau point de vue. Ci-dessus on distingue, en bas à gauche, le chemin à flanc de montagne que nous avons rejoint après la traversée du torrent sous le feu du photographe.

Nous avons vue sur le lac du Lauson qui reflète les sommets voisins. Des cairns assez évolués et esthétiques ont été bâtis le long du chemin. Cet endroit est particulièrement agréable…

Vous voudrez bien m’excuser pour le nombre déraisonnable de photos, mais…

…j’ai vraiment eu du mal à faire le tri !

Entre les cairns se cache un petit AàG, saurez-vous le retrouver ?

La photo ci-dessous est un peu surexposée, mais l’idée du balisage indiquant les sommets me plaisait beaucoup. Sur la 2ème photo, vous pouvez voir le sentier que nous allons emprunter (Delf, ferme les yeux, c’est peut-être un peu vertigineux).

Pour une fois, il s’agit d’un sentier « EE » (à prononcer en ricanant « hé hé »). Jusque là nous n’avions emprunté que des sentiers « E » (et même quelques « T »). Cette signalétique indique la difficulté du parcours : T signifie « à la portée de n’importe quel touriste qui ne soit pas en slash (et encore, ça peut s’arranger)« , E signifie « pas de difficultés techniques particulières pour des randonneurs moyens« , EE signifie « présence de quelques passages plus délicats, pour randonneurs chevronnés« . Il y a une dernière catégorie qui est « EEA » et que nous n’avons jamais testée faute des équipements nécessaires (crampons, etc.)

Voici ci-dessous un exemple de tronçon justifiant la notation globale « EE ». En fait rien de bien méchant !

Les glaciers en face nous font de l’oeil, AàG n’arrête pas de mitrailler la glace et ses fissures, craquements, crevasses qui laissent entrevoir les forces herculéennes à l’oeuvre.

Un peu plus loin devant nous se trouve un randonneur solitaire que nous n’avions pas encore vu. Sa présence me rassure, elle me conforte dans l’idée que cette traversée est faisable en s’y engageant à cette heure-ci. Et ce, sans avancer à une allure inhumaine.

Nous nous arrêtons fréquemment pour observer l’une ou l’autre plante, chercher des yeux des bouquetins (nous n’en avons pas encore vu de tout notre séjour), admirer le paysage…

Nous traversons un grand pierrier chaotique et arrivons dans une zone restée à l’ombre. Remarquez les stalactites de glace qui pendent des rochers !

Et soudain qui voilà ?

Quelques chamois gambadent dans les rochers en-dessous de nous… et au-dessus aussi ! AàG avait peur que la présence de quelqu’un qui nous précède les fasse fuir ou se cacher, mais Michelino (ainsi ai-je baptisé le randonneur) est vraiment très discret.

Tout contents de cette rencontre, nous rejoignons la plateforme donnant cette merveilleuse vue panoramique. On a l’impression de boire les montagnes et que l’air pur pénètre dans chacun de nos pores. Je comprends pourquoi un ancien directeur (le premier directeur ?) du parc national a tenu à être enterré ici… une plaque commémorative nous l’apprend sur un énorme bloc de roc.

Le vieux monsieur qui marchait devant nous s’est également arrêté sur ce plateau, en contemplation. Je lie connaissance avec lui, il me parle de cet ancien directeur (dont j’ai oublié le nom) qui trouvait que c’était le plus bel endroit au monde et qui, pour cette raison, a tenu à être inhumé ici.
Ensuite il nous nomme chaque sommet visible en face, chaque glacier… ce qui eut le don de finir d’apprivoiser AàG 😛

Nous lui disons notre déception de n’avoir pas encore vu le moindre bouquetin et il nous apprendra, à notre grande surprise, que nous en avons vus !! Il s’agissait d’une femelle qui broutait un peu sous le chemin, et nous l’avions prise pour un chamois (!) Les mâles, on ne peut évidemment pas s’y tromper, avec leurs cornes immenses.

Ce n’est pas la première fois qu’il fait cette traversée, d’ailleurs j’ai l’impression qu’il passe sa retraite à vadrouiller dans le parc, comme une sorte de garde bénévole. En tous cas cela le maintient dans une excellente forme physique !

Régulièrement nous nous recroisons à l’occasion d’arrêts sur ce long chemin. J’en profite pour lui demander où sont les loups en ce moment. Il me répond qu’ils ont été aperçus dernièrement du côté de Valgrisenche.

Il m’explique aussi pourquoi il est vain de chercher des marmottes sur ces pentes : le terrain ne s’y prête pas, il est beaucoup trop dur. Elles doivent creuser des terriers très profonds (entre 8 et 20m) pour hiberner.

Nous arrivons au Casolari dell’ Herbetet (Maisons de l’Herbetet), à 2435m d’altitude. Ces bâtiments ne sont pas/plus habités, sauf sans doute par des bergers de passage. Une source bien fraîche nous y désaltère.

La descente s’amorce et sera très longue. Je commence à fatiguer. Les genoux et les chevilles encaissent. De temps à autre, nous repérons un chamois au loin. Parfois plus près. Ci-dessous, une femelle bouquetin.

Nous ferons très peu d’autres photos le long de cette interminable descente. Nous finissons par arriver à l’extrémité du torrent Valnontey. Michelino est à présent assez loin derrière nous. Il nous reste plusieurs kilomètres (de l’ordre de 6-7km si je me souviens bien) à parcourir dans les bois le long du cours d’eau pour rejoindre l’endroit où est garée la voiture.

A mi-chemin, nous traversons le minuscule village de Valmianaz (Valmiana). J’ai mal aux pieds, je commencer à sérieusement traîner la patte. Soudain, sous les arbres au bord du chemin, je vois un chien arriver. Non, pas un chien, un renard !
Nous nous immobilisons. Lui comme nous.

Est-ce parce que le soir descend qu’il vient ainsi se montrer ? Lentement, je progresse vers AàG pour essayer de prendre l’appareil photo qui a été rangé dans le sac à dos. Je m’attends à ce que le bruit du sac qui s’ouvre fasse fuir l’animal mais au contraire, cela semble beaucoup l’intéresser !!

Je comprends que monsieur a faim et comme justement ce midi je n’ai pas mangé tout mon pic-nic, monsieur a droit à un bout de fromage (de la fontina bien sûr). Il apprécie.
Malheureusement pour les photos, la lumière a déjà fort baissé, ce n’est plus très net.

C’est pas tous les jours qu’un renard vient me manger dans la main… Il prend délicatement dans sa gueule les morceaux que je lui présente du bout des doigts, accroupie par terre. Il est cependant craintif et, si je fais mine de me redresser un peu ou de changer de position, il s’éloigne aussitôt.

A un moment il s’empare de la croûte et s’en va vers la forêt. On le regarde s’éloigner, pensant la magie terminée : sans doute va-t-il (ou elle) apporter cela à ses jeunes. Mais à notre stupeur il creuse un trou au pied d’un arbre, enterre son butin et revient vers nous.

Je n’ai plus que du pain à lui présenter. Il mange la mie mais chipote un peu plus pour la croûte, qu’il happe à nouveau dans sa gueule pour aller l’enterrer.

Il se dirige ensuite vers notre sac à dos posé par terre un peu plus loin, et l’inspecte sous toutes les coutures, sans doute pour être sûr qu’on ne lui cache plus rien de comestible ^^

On lui fait nos adieux sans gestes brusques, à cet adorable racketteur de grand chemin. On s’est bien fait avoir, si ça se trouve il fait son numéro d’affamé à tous les touristes qui passent… mais comment résister ?

Nous continuons notre route, le renard nous suit un peu puis finit par abandonner. Un peu plus loin, nous verrons un deuxième renard à une dizaine de mètres du chemin, mais il ne viendra pas vers nous. Nous n’essayerons pas de l’approcher non plus.

Lors d’une pause, nous reverrons Michelino. Lui n’a pas besoin de s’arrêter, il ne semble même pas fatigué. Je suis contente de l’avoir vu, ainsi je suis sûre qu’il n’a pas eu de souci dans la descente. Un mauvais pas est vite arrivé, et comme il randonne seul…

Il sera 19h lorsque nous arriverons à la voiture, épuisés. Nous aurons mis 6h au lieu de 5h, avec toutes nos pauses (photos et autres).
Nous irons manger un riso di Cogne (riz de Cogne) au restaurant La Pinèta, sur la route entre Cogne et Aymaville. On nous avait parlé d’une soupe mais c’est en fait plus une « bouillie » au niveau de la texture. Du riz, du bouillon, de la fontina à foison et des morceaux de « pain noir »… le tout mélangé dans un saladier et servi très chaud. C’est assez gras et salé mais pas désagréable. Ce plat est meilleur de goût que d’apparence et cela nous change de la pasta et des pizze.
Notre logeuse nous a expliqué que la région de Cogne est la seule du val d’Aoste à avoir du riz dans ses spécialités, car ils commerçaient avec le Piémont voisin.

14 septembre 2008 – Le barrage de Valgrisenche et le refuge Bezzi

La nuit fut bonne grâce à l’extrême discrétion des occupants de l’autre chambre. Le petit déjeuner fut un peu piteux (pas de pain frais, et quasi pas de pain tout court en fait), mais étant donné que la logeuse était revenue la veille de vacances on se dit qu’elle a fait avec ce qu’elle avait sous la main…

Le temps est maussade mais sec, nous partons pour Valgrisenche que notre logeuse nous décrit comme étant (par ce temps) une vallée grise et dépressive, parfaite pour abriter un loup-garou. Ma foi, ça ne nous dérange pas !

Le barrage de Beauregard (diga di Beauregard) fut construit dans les années ’50, sa particularité est… d’être aux deux tiers vide ! L’ancien village fut englouti, la vallée inondée, et tout cela pour rien ou presque.

A noter que ce niveau minimum suffit malgré tout à faire fonctionner la centrale hydroélectrique. Des travaux sont en cours, ils espèrent pouvoir remonter le niveau du lac de Beauregard (alimenté par la Dora di Valgrisenche).

Un chemin de promenade descend là où devrait se trouver l’eau. Il mène à une énorme canalisation souterraine (une seconde conduite forcée ?) qui réverbère les sons d’étrange façon. Le sentier se poursuit le long du lac et puis soudain nous tombons sur une zone où le terrain s’est effondré, et le chemin avec. On poursuit encore un peu mais bientôt le demi-tour s’imposera.

Nous reprenons la voiture et tentons la route Est. Elle est conforme à mes souvenirs c’est-à-dire étroite et en très mauvais état ! Par contre il y a une nouveauté, c’est que la route se retrouve barrée. En fait ils n’autorisent le premier tronçon que parce qu’il mène au départ d’une route qui remonte le flanc de la vallée.

Nous re-demi-tourisons donc pour emprunter la route Ouest. Arrivés à Plan Rocher, nous descendons les lacets vers le village de Surier, ou plutôt ce qu’il en reste.

Une course de montagne a lieu aujourd’hui, nous voyons passer de temps à autre un courageux concurrent avec un dossard. Nous nous garons avec difficulté, il y a énormément de voitures. Aussitôt le comité d’accueil arrive…

Le village, maintenant, c’est chez eux ! Ils n’hésitent pas à passer le museau à travers la fenêtre d’une voiture et à réveiller ainsi son occupant.

L’accès aux maisons abandonnées est assez gadoueux car une source transforme les anciens passages en autant de ruisseaux.

Une maison est fermée, son rez-de-chaussée abrite l’étable du ténor Monsieur l’Ane, qui n’a manifestement pas droit à la liberté de gambader (et il proteste vigoureusement). Il n’y a que Madame l’Anesse et ses deux petits ânons qui sont venus nous dire bonjour.

Entre temps, la météo ne s’est pas améliorée… Nous pique-niquons dans la voiture pour s’abriter du froid et du vent (et de l’appétit sans borne des ânes !!).
Irons-nous dans la montagne ? Ou à Uselères ?

Finalement c’est la montagne qui l’emporte. Un large chemin remonte la Dora di Valgrisenche jusqu’au rifugio Mario Bezzi (alt. 2284m). Cela nous fait une dénivelée de 500m pour une durée annoncée de 2h, tout à fait dans nos cordes pour cette après-midi.

C’est ce chemin que les participants à la course descendent, avant de remonter sur l’autre versant.
Seuls ou en groupe, courant ou marchant, équipés façon high-tech ou lambda, les concurrents défilent…

Enjambant la rivière, un tunnel de glace subsiste, piteux témoin d’une grandeur passée. Etant donné que je suis déjà frigorifiée, la traversée du tunnel ne me tente pas. Mais AàG n’y résiste évidemment pas !

A mi-parcours, la vallée devient plus encaissée et le large chemin carrossable fait place à un petit sentier de randonnée plus dans nos goûts. Un petit téléphérique à matériel permet de desservir le refuge à partir de ce point.

Nous avons la surprise de reconnaître en un des coureurs notre précédent logeur, le sympathique Walter Seguin ! Nous discutons un peu, il nous apprend que le départ de la course se fait non pas « en troupeau » mais dans un large créneau horaire, au choix de chacun.

Nous arrivons à hauteur de la neige et le refuge Bezzi est en vue, toujours dans les nuages.

Après un bon chocolat chaud bien épais, nous sommes revigorés. Je joue pendant un bout de temps avec Leïla, un vieux persan habitant au refuge et ne dédaignant pas sortir mettre ses pattes dans la neige !

D’ici s’ouvrent de nombreuses randonnées plus sérieuses, mais nous n’avons plus assez de temps pour nous y engager aujourd’hui, il faudra revenir…

Nous traversons le petit torrent en amont du refuge, pour retourner via l’autre flanc du vallon. Ici, impossible de se perdre, il suffit de suivre le câble du téléphérique ! Et à l’aller, nous avions repéré l’autre pont permettant le croisement… ouf, pas de mésaventure en vue !

Je soupçonne la gentille dame du refuge d’avoir mis dans mon chocolat chaud autre chose que du lait… C’est la première fois que je descends un sentier de rando en courant comme une chèvre ! (avec mes chevilles, oui oui, les mêmes, je n’en ai pas changé depuis…)

AàG a beaucoup ri, sauf qu’il a quand même fait plusieurs tentatives -infructueuses- pour m’arrêter, par peur que l’épisode breton ne se reproduise… mais je savais que rien ne pouvait m’arriver, je me sentais super bien, top confiance en moi et mes petons ! 😀 (c’est dingue comme un choco chaud peut faire de l’effet, vous en conviendrez !)


Alpe Sasse de Ponton m. 2047 s.l.m.

Ci-dessus quelques bâtisses servant actuellement aux bergers (j’imagine).
L’abréviation « slm » signifie Sul Livello del Mare.

Ensuite nous avons repris la voiture pour rejoindre le pied du barrage. Malheureusement, les étages les plus intrigants (photos ci-dessus) sont interdits d’accès… seule la promenade grillagée est possible. Elle donne accès à des voies d’escalade :

Nous tournons un peu à la recherche d’un restaurant mais nous ne trouvons rien, nous repartons donc vers Aymavilles.

Au passage, nous nous arrêterons pour regarder (de loin) la centrale hydroélectrique de Champagne (Centrale di Champagni 1), du côté de Villeneuve. Ce monument industriel de la « Belle Epoque » a été construit en 1921. La centrale n°2 est plus récente et d’architecture plus moderne.

Malheureusement il est trop tard pour les visites… on doit se contenter de regarder à travers les grilles.

A Villeneuve se trouvent quelques reliefs d’anciens haut-fourneaux :

Nous retournons manger au même endroit que la veille (pas d’autre opportunité valable sur notre route) et hop… au dodo !

10 septembre 2008 – Les lacs du Ruitor

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a eu chaud ! On se demandait quand ce satané poêle à pellets finirait par s’éteindre. Ce même poêle (enfin, surtout sa ventilation forcée) nous a réveillés en se mettant en route à 6h58…

Heureusement j’ouvre la porte juste quand le logeur s’apprêtait à y accrocher notre petit-déjeuner, je peux donc lui demander de changer sa programmation. Il a peur qu’on ait froid ! Mais avec 1/2h le soir et 1/2h le matin, c’est amplement suffisant.


« Le Village », Morgex

Le petit-déjeuner se fait donc en self-service. Tout est à notre disposition dans le frigo, et il accroche en passant le sac de la boulangerie à notre poignée de porte. Ensuite on laisse la table telle quelle et à notre retour le soir tout est nickel et le frigo est regarni pour le lendemain. Fantastique, non ?

Nous partons aujourd’hui vers le petit village de La Joux, au-delà de La Thuile. C’est une route en cul-de-sac, il y a là principalement un parking pour les randonneurs et un hôtel-restaurant.

De là, un petit sentier rejoint le refuge Albert Deffeyes (alt. 2494m) et les lacs du Ruitor (on dit « Rutor » en italien je crois). Il y a environ 900m de dénivelée jusqu’au refuge.
Au départ nous traversons une rivière sur un pont qui attend manifestement d’être réparé (c’est toujours rassurant) et nous nous enfonçons dans la forêt. Je dois faire gaffe aux chevilles, avec toutes ces racines ! Plus loin, un charmant petit pont de pierres…

Nous remontons un cours d’eau et trois jolies cascades sont visibles sur le parcours. La dernière mouille bien ! Enfin de toute façon il pleuvine par intermittence depuis le début, alors… on n’est plus à ça près. On se laisse dépasser par un groupe de randonneurs stéréotypés « jeunes pensionnés franchouillards » qui ne s’engagent pas dans le sentier vers la 3ème cascade (savent pas ce qu’ils ont raté 😆 ).

Après la dernière cascade, il y a une montée assez longue et pénible vers l’alpage. Il fait froid, il y a du vent et il pleut chaque fois juste assez pour nous faire sortir les vestes, ensuite ça ne dure que 5-10 minutes, le soleil réapparaît, il fait trop chaud pour garder les vestes, on marche 5-10 minutes, il recommence à crachotter… (ad libitum)

Quand nous arrivons au col, nous nous apercevons que nous sommes encore bien loin de notre destination. On se dit que la cabane qu’on voit au loin à côté du lac du Glacier (lago del Ghiacciaio) doit être le refuge… En guise de réconfort, on se goinfre de myrtilles car l’endroit est littéralement envahi de ces appétissants buissons ! Certains sont encore verts, d’autres rougissent déjà… nous y passerons un certain temps !!

Le chemin descend vers le creux de cette vallée suspendue et c’est là que nous nous apercevons qu’en fait cette belle maison en pierres n’a rien à voir avec le refuge Deffeyes. Le chemin continue par derrière et monte, monte, monte jusqu’à passer au-dessus du pierrier (vous pouvez le distinguer sur la photo ci-dessus, ainsi que la maison !) et se diriger vers un nouveau col bien plus haut que celui que nous venons de franchir. A mi-pente nous aurons cette vue :

La montée s’accompagne de rafales de vent et de ces désagréables intervalles froid-chaud, pluie-sec. Du coup le moral joue au yo-yo aussi. Ca tire dans les mollets, je m’arrête de plus en plus souvent. Notre attention est attirée par des cris de marmottes et nous apercevons quelques chamois en contrebas, au creux du plateau où nous étions précédemment.

Loin devant, nous voyons le groupe de randonneurs progresser vers le col. Ces petits points en mouvement paraissent si loin et si haut… Mais heureusement le paysage nous pousse à continuer l’ascension !

En fait, derrière ce deuxième col, le sentier redescend en pente douce et nous arrivons assez rapidement en vue du refuge. Le groupe de randonneurs qui nous précédait est en train de faire bruyamment ripaille à l’intérieur. La pluie semble cette fois s’être arrêtée pour de bon. Peut-être grâce aux drapeaux de prière tibétains 😉

Voici une vue panoramique depuis le refuge. Nous pique-niquons à l’extérieur : tomates, pain et fontina. Un petit chocolat chaud en guise de dessert, car c’est tellement épais que c’en est presque du pudding !

En face, le glacier du Ruitor nous fait de l’oeil mais il est trop loin pour cette après-midi et apparemment les crampons sont nécessaires. Nous n’avons pas cet équipement. Cependant nous ne voulons pas déjà redescendre ! Aller jusqu’aux lacs supérieurs, au pied du glacier ?? (lago verde, lago grigio, etc.)

Finalement, après discussion avec la sympathique dame du refuge, nous décidons d’aller voir le lac inférieur (lago inferiore) et sa chapelle haut-perchée, Santa Margherita.

La porte de la chapelle est fermée avec une grosse corde. Le but est d’empêcher les moutons d’y entrer ! Malheureusement il n’y a pas que les animaux qui font des dégâts…

De là, nous allons redescendre jusqu’au premier col par l’autre versant de la montagne. Le chemin n’est pas sur notre carte mais la dame du refuge nous l’a vivement conseillé car il offre de plus belles vues sur les montagnes. C’est un peu plus long mais nous avons le temps et ça ne rajoute pas beaucoup de dénivelée. Par ailleurs, c’est toujours plus agréable de pouvoir faire un circuit en anneau plutôt qu’un aller-retour !

Du coup, nous verrons le lac du Ruitor. Sur une autre carte, ce lac s’appelle lago dei Seracchi et le nom lago del Rutor est donné au « lac inférieur », je ne sais pas quelle version est correcte.

Globalement le sentier est bien balisé, il n’y a qu’à hauteur du lac où nous nous poserons quelques questions. Une carte, une boussole et un peu d’observation suffiront heureusement. [Au pire, on se serait retrouvé aux lacs de Belle-Combe (laghi di Bella Comba), mais là on risquait fort de devoir redescendre dans la nuit !]

Il nous faut faire attention à ne pas écraser les mini-grenouilles, il y en a plein partout 🙂

La dernière partie est constituée d’une grande descente dans un pierrier. C’est assez raide, nous essayons de ne pas louper les marques jaunes et les kerns disséminés ici ou là. Mais voir un petit empilement de cailloux dans un énorme tas de roches, ce n’est pas toujours évident ! Sur la fin les repères deviennent confus puis inexistants (car il y a des kerns partout, du coup ça ne sert plus à rien…)

Nous aurons bien du mal à franchir le cours d’eau sans nous mouiller, pourtant il n’était pas énorme. Cela causera quelques énervements. La chute (ci-dessous) était bien trop glissante pour ne pas dire casse-gueule et le seul « gué » que nous trouvons n’est pas entièrement praticable… Enfin soit, il fera l’affaire !

Nous nous croyons tirés d’affaire mais que nenni ! Nous sommes à présent sur une sorte de crête et aucun sentier n’est visible malgré nos recherches (la seule chose que je trouve est une marmotte qui ne m’avait pas entendue arriver 🙂 ) Or il nous faut encore traverser la grosse cascade, style gouffre, qui se déverse du plateau… c’est ça ou bien refranchir le gué, puis contourner les grandes zones de marécages et le lac du Glacier pour revenir à la maison fermée du début. C’est très loin et nous ne savons même pas si c’est réalisable car il y a une autre rivière à franchir, plus impétueuse.

En fait, si vous reprenez cette photo, la cascade casse-gueule est tout au fond, on devine à peine le gros ruisseau que nous avons traversé à gué mais on voit bien le ruban blanc de la rivière bouillonnante qui se jette derrière la crête. En jaune ce sont les zones marécageuses.

Heureusement ce petit stress a un dénouement heureux, en descendant à travers tout comme des sangliers nous finirons par trouver un solide pont en bois ! De l’autre côté de la chute, un sentier bien tracé finira par nous ramener sur notre parcours premier. Nous arrivons toujours à nous faire des frayeurs, c’est incroyable…

Nous arriverons à la voiture vers 19h, fourbus ! En tout, nous aurons fait de l’ordre de 1100m de dénivelée. Le restaurant du soir sera « La Grotta » à La Thuile, que je ne recommande à personne. Ils sont même parvenus à rendre une simple salade de tomates dégueulasse, c’est un sacré tour de force.
Après le repas, rejoindre la voiture est un supplice car nous avons mal partout… une douche et au dodo !

Toujours dans le village de R., allant dans une rue où nous n’avions en fait rien à faire et s’apprêtant donc à rebrousser chemin, je vois sous une voiture un chaton et un chien. Le chien est bas sur pattes, à poils longs, avec deux couettes (!)
Pas de maman-chat ni de fratrie féline à l’horizon.

Quelqu’un sort de la maison et se met à rappeler un des animaux (on risquait sûrement de lui faire du mal, vous pensez bien, des inconnus…) J’apostrophe la dame – jeune, pour changer – en lui demandant si c’est le chien ou le chat qu’elle appelle. Chacun son tour d’être curieux, après tout. Il s’agit du chien.

Je lui demande si elle sait à qui le chaton appartient. Il me semble trop jeune (je dirais environ 3 mois, 4 s’il a un retard de croissance) pour se retrouver seul dans la rue et son état général laisse sérieusement à désirer : des poils souillés collés au corps, des yeux plein de pus et qui n’arrêtent pas de couler, un début de gros ventre dû à la malnutrition, des éternuements de coryza, les oreilles très sales (gale ?), etc.

La dame me répond qu’il traîne dans la rue, qu’elle a bien déjà essayé de le nourrir mais « il ne veut rien manger ». Je ne sais pas trop si je dois la croire, mais d’un autre côté ça ne semble pas invraisemblable non plus puisqu’avec le coryza il n’a peut-être plus d’odorat. Je lui demande si elle ne voudrait pas s’en occuper davantage car tout seul il n’a aucune chance de survie… elle n’en a rien à foutre et me le dit poliment.

Le chaton est assez vif malgré son piètre état, il n’est pas farouche et gambade résolument à nos côtés. Il ronronne dès qu’on lui fait la moindre caresse… Deux maisons plus loin, une vieille dame ne peut plus résister à la curiosité et se met sur le pas de sa porte pour voir ce qu’il se passe. Je l’interpelle pour lui demander si elle a une idée des propriétaires de ce petit chou.

Non, elle n’en a aucune idée, mais elle le trouve mignon et fait quelques pas vers lui. J’en profite pour demander si elle pourrait se charger de lui, ne serait-ce que pour le confier à une association ou un vétérinaire, car dans la rue il va crever… je lui précise bien que je ne suis pas du coin et que je me vois mal le ramener en Belgique.

La vieille dame prend une figure inquiète et fait marche arrière pour rentrer dans l’abri de son corridor. Elle me dit rapidement, mal à l’aise, qu’elle ne peut pas s’en occuper car elle « sait à peine marcher » (ah ouais ? j’ai pas remarqué !!) et que « elle ne reste pas sinon elle va s’apitoyer »… clac, fermeture de la porte d’entrée.

Super. T’as peur de te rendre compte que t’as un coeur et qu’il fonctionne encore ??

Bon, c’est pas tout ça mais qu’est-ce qu’on va faire de toi, petit Mousty miniature ? On ne peut pas te prendre… La SPA est à moins de 10 km, mais que vont-ils faire de toi, dans ton triste état et avec les tonnes de chatons qu’ils doivent sûrement avoir à placer en ce moment ? Un dimanche après-midi, je ne peux même pas te trouver de nourriture…

Hop, dans la poche kangourou d’AàG, on le ramène jusqu’à la voiture. Je mets un de mes vieux pantalons dans un carton et j’y dépose le chaton. Je lui donne à boire, il avait fort soif malgré le temps pluvieux… Ensuite je lui offre les restes de notre pique-nique : j’arrache de petits morceaux de mie de pain et je les tartine d’un peu de fromage fondu. Il dévore tout, même sans fromage, et en redemande énergiquement !

Après une séance de nettoyage de ses yeux, beaucoup de câlins (faire gaffe aux atchoums, ierk !) et des têtus ‘mais euuuh, je veux sortir de ma boîteuh !’, il finit par s’endormir dans la chaleur de la voiture… Je demanderai à plusieurs passants s’ils n’ont pas la possibilité de s’en occuper, mais sans succès.

Quelques heures plus tard et une centaine de kilomètres plus loin, on dépose le petit « Quentin » au (minuscule) refuge communal à côté de chez nous… On savait dès le départ qu’on ne pourrait pas le garder, même temporairement, pour de multiples raisons. Entre autres sa contagion (ni la taille ni la configuration des lieux ne permettent une séparation), l’entente entre nos chats et notre bail de location qui autorise deux chats, pas plus.

Le retraité qui s’occupe du refuge le met à part (forcément) et nous dit que dès demain matin il verra le vétérinaire. Il sert un sachet de nourriture au petit qui se rue dessus…
J’espère avoir des nouvelles de Quentin ce soir ou demain, et qu’à présent sa bonne étoile ne l’abandonnera plus.

Pendant ce temps, le « réfugieur » nous explique l’histoire d’un chien qui a été déposé dans un conteneur textile. On estime qu’il y est resté 5 ou 6 jours. Quand le container a été ouvert pour récolter les vêtements donnés, il en est sorti la peau sur les os… Il avait tellement faim qu’on a retrouvé un essui (= une serviette pour les Français) dans son estomac. Ils l’ont appelé Lucky…

Vendredi 08 septembre 2006 – Rendez-vous avec les nuages

Le petit déjeuner est toujours aussi royal. Notre logeuse pousse le vice jusqu’à avoir remarqué notre préférence pour une sorte de petits pains, et nous en avons donc un de plus qu’hier ! Nous discutons avec elle sur le but de notre excursion : la Zittauer Hütte. C’est juste à côté de Gerlos. Elle nous explique que le refuge a été entièrement reconstruit il y a quelques années et qu’elle n’y est pas encore retournée depuis lors…

Ce matin, nous démarrons dans la panade : les nuages ont décidé de faire la grasse matinée ! Nous allons en voiture jusqu’à l’auberge Finkau, tout au bout du lac de barrage… Sans l’IGN, nous n’aurions pas trouvé la seule petite route autorisée pour s’y rendre, et nous aurions dû nous taper à pieds 6 km parfaitement inintéressants. Evidemment le parking est payant, là nous n’y couperons pas.

Le début de la randonnée ressemble un peu à Krimml : un chemin trop large à mon goût, avec des points de vue réguliers donnant sur les cascades du torrent. Tous ces aménagements sont manifestement très récents, d’ailleurs le tout début du chemin est seulement en passe d’être terminé. J’ai comme l’impression que cet endroit va connaître un grand succès touristique dans les années à venir…

Pour l’heure il n’y a pas grand monde, tout est calme. Les chutes d’eau sont belles et la ballade dans la forêt ne manque pas de charme. La brume donne une atmosphère fantomatique aux lieux traversés, et renforce le sentiment d’être seuls…

Le chemin monte fort, et bientôt nous arrivons au croisement indiqué dans notre guide michelin : un petit sentier abrupt s’évade vers des gorges, tandis que « l’autoroute » continue ses paisibles lacets. Les deux se rejoignent plus loin. Nous partons vers la gorge du Leitenkammer, petite mais impressionnante.

Les nuages progressent dans la vallée en même temps que nous. Parfois nous les rejoignons, parfois ils nous distancent. Ils sont jouettes comme des chatons !

Après une marche assez longue, composée d’une alternance de petits sentiers pierreux et de chemins plus larges (carrossables), nous arrivons à un téléphérique pour matériel. Sa destination se perd dans les nuages, mais nous devinons qu’il rejoint la Zittauer Hütte. Ben dites donc les gars c’est pas tout près… pfff !!!

A partir du téléphérique, plus aucune route n’est possible. Un sentier s’enfonce dans les nuages, nous le suivons. Franchement on est bien content de ne pas voir le soleil, je n’ose pas imaginer l’horreur que ce serait vu la tronche du sentier… et ce n’est que le début !

De plus en plus escarpé, le sentier semble venir buter sur une énorme barre rocheuse… Heureusement il est très bien balisé par les habituelles marques rouge et blanche.

Les derniers nuages semblent sur le point de quitter la vallée dessinée en-dessous de nous. Nous profitons d’un panorama éphémère : en fait ce sont des cumulo-farc(e)u(r)s et une autre vague les remplacera bientôt !


« Avant »


« Après » (et inversément)

Le franchissement de la barre rocheuse n’est pas de tout repos, il est d’ailleurs cordé dans la plupart des passages. Mon rythme décline dangereusement, et le petit point noir qu’est le refuge ne semble pas grandir à l’horizon ! AàG me dit « allez, dans 1/2h on y est ! »… sauf qu’il me répète ça depuis au moins 1 h ^^

Quand on est enfin quitte de cette barre rocheuse, on pense être proche du but… hélas, le chemin est encore long, en plus il nous semble s’éloigner du refuge ! Allez, dans 1/2h on y est :-p Midi est passé depuis longtemps, heureusement nous avons bien mangé notre dessert ce matin 😉

Nous croisons un groupe de randonneurs qui redescendent avec leur guide, celui-ci nous explique qu’il y a encore 1/2h pour arriver au Zittauer Hütte. Un rire nerveux m’échappe à l’annonce de la demi-heure fatidique. AàG exulte : « tu vois, qu’est-ce que je te disais ! »

Je suis vraiment à bout alors nous décidons de faire une pause et manger là, à hauteur d’un panneau explicatif sur la vallée. Le fromage de Ginzling pue encore plus que la veille, et dire que le reste est en train d’enfumer le frigo de notre logeuse, la pauvre ^^

Cette fois-ci c’est la bonne, il y a de plus en plus de cairns le long du sentier et nous arrivons enfin au refuge. En fait nous n’allons même pas le voir de près, ce qui nous intéresse se trouve à côté : le lac inférieur de Gerlos.

J’adore les lacs de montagne, leurs eaux transparentes aux magnifiques reflets verts… nous montons encore un peu car les eaux paraissent toujours plus colorées vues d’en haut. On ne peut pas dire que ce sont mes jambes qui me portent, mais plutôt ma volonté. C’est une journée à 5 cuillères de nutella (i.e. +1000m de dénivelé) quand même !! Pas de regret en tous cas, cela valait la peine de faire tant d’efforts…

Enfin si, tout de même, un petit regret : on aurait bien aimé dormir au refuge pour aller jusqu’au glacier le lendemain… car après une belle pause pour profiter pleinement de l’instant et du panorama, nous devons déjà reprendre la route du retour, qui est très longue. Les glaciers sont définitivement trop loin pour espérer aller les voir dans la même journée.

Le brouillard est quasiment levé, et une chaleur de plomb se fait maintenant sentir. Heureusement nous n’avons plus que de la descente à faire. Nous croisons plusieurs groupes qui montent, ils en suent… nous avons eu la chance d’avoir le lac quasi pour nous tous seuls, là le refuge doit être en train de bien se peupler.

Le retour jusqu’à Finkau se déroule sans problème autre que les habituelles douleurs aux genoux dans les grosses descentes. Je suis heureuse de pouvoir enfin m’asseoir et retirer mes chaussures de rando. Pouah, crevée !! Nous sommes de vrais zombies…

Nous allons souper à Gerlos, nous nous attendions à quelque chose de très moyen à cause de l’effet « centre touristique » mais en fait c’était très bon. Ensuite dodo car nous sommes complètement annihilés par la fatigue… Demain sera une journée plus cool, me promet AàG (oui oui).

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