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Quand les anciens regardent le ciel à Pangnirtung, hameau inuit traversé par le cercle polaire, ils sont désemparés. Mille indices – les nuages, le vent, les animaux, la qualité de la glace à l’embouchure de leur fjord… -, leur permettaient de prédire le temps de leur région, à l’ouest de l’île de Baffin, au Canada. Ils ne s’y hasardent plus.

L’hiver a été l’un des plus froids dont ils se souviennent et des plus humides, avec davantage de neige. L’an passé, c’est le printemps qui avait été extraordinairement doux, provoquant une catastrophe inédite : le 8 juin 2008, un « mur d’eau » était soudain descendu de la montagne, emportant deux petits ponts arrimés dans le pergélisol et dégelé sous ces trombes. Inondé, le village aura vécu sous état d’urgence pendant un mois. Les ponts menaient au réservoir d’eau, à la décharge et à l’usine filtrante d’épuration des eaux usées (…)

Après l’inondation, [ils] ont repéré des oiseaux, inconnus sous cette latitude : des geais bleus et des merles. Et la glace a pris plus tard en automne, perturbant la migration des caribous qui eurent à détourner des rivières au lieu de se déplacer sur leurs eaux glacées. Idem pour les ours blancs qui suivent les caribous, dont ils se nourrissent.

(…) D’après les relevés du ministère canadien de l’environnement, la température moyenne s’est élevée de 1,4 °Cpar rapport à la décennie 1990-2000 dans la région. Depuis 2000, la température estivale y a dépassé le record de 22°C sur 5 ans consécutifs.

(…) le village, lové dans un cadre spectaculaire, est réputé pour l’omble de l’Arctique qu’on y pêche, dont la chair était ici rose foncé. Elle s’est éclaircie peu à peu car ce poisson de la famille des saumons ne trouve plus de crevettes et se rabat, selon les pêcheurs, sur de petits capelans.

(…) L’omble descend la rivière dès que la glace fond, en juillet autrefois, en mai maintenant. Et à l’automne, les caribous (suivis par les ours) s’approchent plus tardivement du hameau. Inutile de les chercher avant, au risque qu’une glace trop fragile engloutisse les motoneiges et leurs conducteurs, des accidents de plus en plus fréquents.

(…) Tous redoutent un engrenage : si le pergélisol se met à dégeler partiellement durant les mois plus doux, maisons et bâtiments vacilleront. Emprisonnées dans le sol gelé, des tonnes de méthane s’échapperont alors, contribuant à polluer davantage l’atmosphère de la terre entière…

Extraits du Monde.


Edit> Nos gouvernements sont incroyables de stupidité pour ne pas dire purement criminels, cfr. cet extrait du Soir :
« Les principales économies qui représentent 80 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ont renoncé à leur objectif de les diviser par deux d’ici 2050, a indiqué une source européenne. (…) En revanche, l’objectif d’une limite de réchauffement à +2º est maintenu, a indiqué un négociateur occidental. »
Alors là, chapeau aux gars de la comm’ pour le prétendu maintien de l’objectif ! Fallait oser !! C’est n’importe quoi et ça me révulse. Je vais finir par pencher pour le despotisme éclairé plutôt que pour la démocratie, quand on voit les #*@µ$ qui se font élire à coup de propagande. Entre faire plaisir aux lobbies (pour encaisser des pots de vin) et soigner leur cote de popularité (pour le prochain mandat), y en a pas un qui a les c**** pour oser prendre les mesures nécessaires ! Excusez-moi je m’emporte.

Le rapport sur la biodiversité, présenté tous les 4 ans par l’Union mondiale pour la conservation de la nature (UICN), est sorti aujourd’hui et acte l’échec de la communauté internationale à respecter l’objectif fixé en 2002 : freiner l’érosion de la biodiversité.

Extrait du Monde :

C’est le tableau le plus exhaustif de l’état de la biodiversité planétaire (…) [il] confirme l’effondrement du nombre des espèces à un rythme 100 à 1000 fois plus rapide que lors des grands épisodes d’extinction du passé.

(…)

Sur 45 000 espèces, 16 928 sont menacées d’extinction, soit 1 oiseau sur 8, 1 mammifère sur 4 et 1 amphibien sur 3.

Derrière ces tendances globales, le rapport s’attarde sur le sort des espèces menacées utilisées par l’homme pour son alimentation ou pour la médecine traditionnelle. Pour conclure à une situation encore plus critique : « 36 % des mammifères consommés par les hommes sont en danger, contre 21 % en moyenne« , souligne J.-C. Vié en pointant la menace que cela constitue pour la sécurité alimentaire.

Les auteurs du rapport ont par ailleurs essayé d’évaluer l’impact futur du changement climatique. Si la plupart des espèces de la Liste rouge sont sensibles au réchauffement, un plus grand nombre d’espèces, aujourd’hui considérées en bon état de conservation, seront, selon eux, gravement touchées par la transformation de leur environnement.

« L’étendue des espèces sensibles a de quoi faire frémir« , observe M. Vié. Aujourd’hui, la destruction des habitats liée à la poussée urbaine et à l’intensification de l’agriculture, la surexploitation et la présence d’espèces invasives restent les principales causes de l’érosion de la biodiversité.

(…)

Une image vaut mieux qu’un long discours dit-on… En voici une très parlante, trouvée chez José (Carnets de nuit) :

Groenland

Inutile de dire que depuis 2002, les choses s’accélèrent encore…

Edith nous donne des nouvelles de Tara :

Projet pilote de l’UE pour l’Année polaire internationale, Damoclès, lancé en 2005, a déjà permis d’établir que la fonte de la glace de mer en Arctique avait été exceptionnelle pendant l’été et que l’épaisseur moyenne de la banquise n’était plus que de 1,5 mètre, au lieu des 3 mètres observés il y a 30 ou 40 ans. On constate aussi que « la glace est plus jeune (moins de quatre ans), moins comprimée et donc plus facile à faire fondre« , a ajouté M. Gascard. Au 15 octobre, la période de formation de la banquise n’avait pas véritablement commencé, malgré l’arrivée de la nuit polaire.

Au rythme actuel, on peut craindre que la banquise arctique aura disparu en été dans les 10 à 15 années à venir, soit beaucoup plus tôt que ne le prévoient les modèles climatiques, qui envisagent plutôt cette disparition pour 2050.

Les scientifiques estiment que la disparition de la glace de mer en été aura pour effet d’accélérer le processus de réchauffement, car l’énergie solaire incidente ne sera plus réfléchie vers l’espace.

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