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Comment on a tenté de rejoindre le sommet du Gramos via Gesos…

La nuit fut mauvaise, le logeur et des touristes discutant bruyamment jusque fort tard dans la nuit (4h selon AàG, je me suis endormie plus tôt). Par contre il s’est levé pile à l’heure dite pour le petit-déjeuner et ce fut délicieux, on a même eu droit à une copieuse omelette. Le meilleur p’tit-déj’ du séjour sans hésiter !

Malgré qu’il soit encore tôt et que les autres touristes vont manifestement se lever tard, le logeur nous annonce qu’il ne peut pas nous conduire à Ghessos (il dit qu’il doit travailler, à mon avis il va plutôt se recoucher 😆 ) Son ami non plus car il a dû se rendre en ville… et apparemment il n’est pas motivé à nous trouver quelqu’un d’autre au village qui pourrait nous y emmener.

C’est un peu la douche froide pour nous, même si nous avions quelques craintes que ça ne tourne ainsi.

Il semble en effet que la loi de Murphy soit particulièrement puissante dans cette région.

On joue le tout pour le tout, on décide de s’y lancer à pied.

On n’a qu’une journée et un bout de mollet à y perdre, après tout ! :mrgreen:

La seule chose qui est sûre et certaine, vu l’expérience de la veille, c’est que le début va être terriblement long, malgré notre ferme détermination à emprunter les raccourcis photographiés sur la carte des Anglaises la veille.

La montée est rude, on coupe au travers des pentes pour gagner du temps. On avale la dénivelée, tête baissée. Concentrés sur le but qu’on s’est fixé.

Ma motivation est juste : je veux arriver au bout pour en finir avec ce coin, et avec un peu de chance je serai agréablement surprise.

Ça me ferait plaisir de redescendre conquise par les merveilles découvertes au sommet du Grammos ! Mais j’essaie de ne pas y mettre trop d’espoir quand même.

Concentrée sur le chemin à parcourir et à l’affût d’éventuelles clochettes d’ovins, je ne sortirai pas mon appareil photo de toute la rando.

Je guette le premier aboiement… mais rien ne vient. L’attente est souvent plus dure que la confrontation dit-on.

Le ciel se fait parfois menaçant, il fait extrêmement chaud et lourd. Nous avons monté 900m en 3h et, malgré les nuages, nous suons incroyablement. Nous sommes trempés des pieds à la tête. De vraies serpillières humides 😆

Le paysage a changé, plus aucun arbre n’interrompt l’horizon.

A l’infini, des vallons d’herbe jaunie brodée de pierres…

Entre deux hors-pistes, nous retombons toujours sur la route des 4×4 mais aucun véhicule ni piéton ne passera par là. Dommage !

Nous arrivons en vue de Gesos et de son monument militaire, une sorte d’obélisque en mémoire de la guerre civile.

De là-haut, une silhouette minuscule s’égosille. Un berger ? Un touriste ? Nous ne savons pas si cela nous est adressé, de toute façon c’est en grec et nous ne comprenons rien. Ça ressemble à des menaces ou des avertissements, le ton n’est pas spécialement sympa mais faut avouer que s’arracher les poumons donne rarement une chaude voix glamour.

C’est juste après qu’AàG les repère. Une douzaine de chiens de berger. Le troupeau est loin au-dessus de la piste que nous allons emprunter, le passage est sans doute jouable. D’autant plus que nous avançons sous le vent.

Et effectivement, ça passe ! Quand les chiens nous sentent, nous sommes déjà plus loin. Une demi-douzaine d’entre eux dévalent la pente en hurlant, nous continuons à marcher de notre pas pressé, mais sans courir. Ils se sont arrêtés à une frontière invisible et se contentent de nous surveiller en aboyant leur rage. Ils sont tout de même particulièrement susceptibles car leur troupeau est vachement loin 😯

Lorsque le chemin fait une légère boucle qui revient dans leur direction, ils se déchaînent de plus belle comme si c’était une provocation de notre part… heureusement le chemin s’éloigne ensuite de façon constante. Les chiens agressifs et nombreux, ça me stresse. J’ai mon opinel en main.

On est donc passé. Sauf que. Il y a un hic. Le chemin passe dans les arbres et fait ensuite… une épingle ! Il longe la crête en contrebas et passe au-dessus du troupeau avant d’arriver au monument d’où part enfin le sentier vers le Grammos.

On décide de s’accorder une pause pour pique-niquer et réfléchir à comment contourner la difficulté. L’ambiance oscille entre découragement et colère. Putain de berger qui s’est approprié la montagne et qui n’est même pas là pour garder ses molosses ! 👿

On aperçoit au loin deux humains chanceux, se trouvant du bon côté des chiens. Par où diable sont-ils passés ? AàG voudrait marcher sur la crête mais ça ne nous éloigne pas assez du troupeau, vu la réactivité des chiens. L’autre versant n’est hélas pas praticable. Et de plus nous arrivons dans la zone frontière où il nous a été recommandé de ne pas nous éloigner des sentiers… j’ai pas envie de sauter pour un sommet, et encore moins pour celui-là !

On regrette de ne pas avoir coupé à travers la pente pour rejoindre directement le monument, ça aurait été hard mais réalisable, et ça nous aurait permis de bypasser les chiens. Peut-être est-ce cela qu’on nous criait ?

On joue notre va-tout en nous engageant sur le chemin, on verra bien l’accueil qui nous sera réservé. Le troupeau s’est légèrement déplacé pendant notre pause, cela ne nous est pas favorable et le comité d’accueil ne tarde pas à se manifester… ils n’ont vraiment pas l’air de plaisanter, aussi nous faisons promptement demi-tour !

Reste que nous sommes bloqués du mauvais côté, tant pour monter au Gramos que pour redescendre au village. Comme le troupeau a monté, peut-être que le passage du bas se retrouve à présent libéré ? Hélas une sentinelle est restée en poste très bas sur la pente et la meute excitée raboule aussi sec à son appel. Une vraie plaie, ces chiens de berger ! On est furieux qu’une telle situation puisse perdurer aussi longtemps (AàG avait déjà lu d’anciens compte-rendus faisant mention de ce problème) sans que personne ne réagisse.

AàG décide de quitter la piste et de couper droit à travers la pente pour rejoindre la forêt et passer loin en dessous des chiens.

J’aurais vivement souhaité que nous remontions ensuite sur la piste, soit que nous mettions en pratique l’idée de grimper directement au monument, soit que nous retournions sur nos pas pour descendre à Aetomilitsa… mais AàG est hors de lui et ne veut plus essayer, il fonce comme un sanglier à travers la pente sans rien vouloir entendre.

Doublement énervée, je le suis avec lenteur et prudence, mes chevilles n’étant pas tout-terrain et mes genoux commençant à me dire merde. De plus, l’adrénaline baisse et laisse place à une certaine fatigue. Faut croire que quand le moral n’est plus bon, le corps suit…

Nous traversons pendant bien une heure des forêts très pentues, naviguant uniquement à la boussole. On essaie de s’en tenir au sud-est mais la pente, plein sud, nous attire et nous dévie. Aucun sentier à l’horizon, ni de vue sur le village. Où sommes-nous ? Et dans quelle galère nous sommes-nous fourrés ??

Nous avançons en automates, à un moment on décide de suivre le lit d’une rivière plutôt que la boussole. J’ai l’impression qu’ici on pourrait marcher des jours sans croiser le moindre signe de civilisation.

C’est un soulagement certain lorsque nous finissons enfin par croiser une piste ! Le retour sera encore bien long à partir de ce moment, et nous arriverons au village fatigués, démoralisés, déçus, fourbus, frustrés, dégoûtés, la liste pourrait encore être longue car nous sommes de mauvais perdants :mrgreen: (surtout AàG bien entendu 😛 )

Je vous présente Zum-Zum, tel que nous l’avons surnommé. Ma première photo de la journée… Ce mouton semble avoir eu un accident. Une vieille dame passe, voit que nous sommes intrigués par le phénomène et nous fait signe de la tête qu’il est zinzin.

Ce mouton est complètement schieve (de travers) et passe des heures à marcher en cercle. Du coup il est séparé du troupeau et enfermé dans ce mini-parc en plein village… il doit trouver le temps long, tout seul 😐

Les 4×4 n’ont pas encore tout remplacé, les villageois utilisent encore ces petits chevaux bâtés (ce ne peut pas être un mulet avec des oreilles pareilles ?).

J’imagine que s’ils gardent en permanence leur bât, c’est parce que ça doit être long et compliqué à installer ?

Vers 16h30 un orage éclate au-dessus des montagnes. J’ai des frissons rétrospectifs à l’idée que nous pourrions être là haut sur ces paysages pelés, même si AàG ne pense pas que la foudre que nous voyons tomber soit dans ce secteur précis.

Je n’en suis personnellement pas si sûre et je me demande si les deux personnes que nous avions vues là-haut sont à l’abri. Finalement on devrait peut-être remercier ces satanés chiens…

Ci-dessus la terrasse du logement, j’ai beaucoup aimé son toit constitué de feuilles de fougères empilées 🙂

Nous nous promenons sans but dans le village, simplement histoire de passer le temps.

Les heures paraissent longues, nous avons hâte de pouvoir aller manger et ensuite dormir, pour oublier notre déconvenue, tourner la page et quitter ces montagnes peu accueillantes dès demain matin.

Le ciel prend une teinte incroyable et la lumière est irréelle, c’est si sombre et si lumineux à la fois !

Ce n’est pas sans nous rappeler notre voyage en Cappadoce (Zelve et Paşabağ).

Ci-dessus, le restaurant où nous retournons manger (le seul autre établissement du village n’ouvre manifestement pas ce soir). Nous patientons sur la place, admirant sans nous lasser le spectacle céleste qui s’offre à nous.

A partir de 18h30, ça commence. Un vieux monsieur arrive lentement, canne à la main et chapeau vissé sur le crâne. Un autre, se tenant bien droit, descend précautionneusement les marches le long du resto. Un troisième arrive par la route dans notre dos. Et le défilé se poursuit, jusqu’à rassembler tous les vieux du village sur la terrasse du café, où ils s’installent pour fumer, discuter, boire un ouzo et jouer aux dames ou similaire.

Les vieilles femmes, quant à elles, arrivent un peu plus tard et se rassemblent sur les bancs de la place. Ségrégation séculaire ?

Au début nous croyions que le tag « ΠΑΣ » indiquait la présence d’eau. Ensuite nous avons cru qu’il s’agissait d’un parti politique.

Pour finalement nous rendre compte, en faisant quelques recherches à notre retour, qu’il s’agissait plus vraisemblablement… d’un club de foot 😆

On s’installe dans la salle commune dès que la porte s’ouvre. Pas de souvláki ni autres grillades car le feu vient seulement d’être allumé, il est trop tôt. On prend donc un plat de poulet fait à la casserole, avec des frites car il n’y a rien d’autre. Ils n’ont aucun légume à part des tomates et on commence doucement à saturer.

Quand je vois la tête du plat qui arrive, je comprends que ça ne va pas être pour moi. Heureusement AàG n’est pas aussi difficile et mangera tous ces morceaux non identifiés. Je me retrouve à manger uniquement la petite assiette de frites, c’est un peu la loose mais elles sont très bonnes heureusement. Je retourne en demander à l’entrée de la petite cuisine, la dame me sert… avec les doigts mais soit !

A table, j’en prends une : elles sont cuites mais complètement froides, pouah ! Je retourne voir la serveuse, elle me dit qu’il n’y a pas de problème, saisit l’assiette et l’enfourne… dans le micro-ondes 😯

Ce crime de lèse-belgikisté mettra un point final à cette étape de merde.

Final ? Hum ! C’est du moins ce que nous croyions…

Val di Zoldo – Arsiera & Val Inferna

Ce fut une nuit assez horrible, entre les cauchemars d’AàG, le boucan du logeur et les bizarreries de « Brent Jünger » qui préfère passer la nuit emmitouflé dehors sur une chaise – sous notre fenêtre bien sûr – en laissant la porte du logement ouverte.

Nous partons vers le village nommé La Valle Agordina. De là part la longue route qui rejoint le Passo Duràn, seule manière pour nous d’accéder au val di Zoldo, loin au nord-est d’Agordo. L’accès à ce col est ancien, comprenez par là : une voie étroite et dégradée, fissurée de partout avec des affaissements. Disons en bref que la route, elle a parfois souvent un peu envie de se barrer – au grand bonheur d’AàG :mrgreen:

Nous arrivons ensuite dans un fond de vallée où la route se transforme radicalement, genre 2×2 larges voies flambant neuves ! Elle suit le torrente Duram, à peu près de niveau. A Dont nous obliquons vers Forno di Zoldo.


Via del Ferro – depuis la minière jusqu’au Forcella Val Inferna – impraticable par manque de maintenance

A Cornigian (alt. 1212m), nous trouvons en bord de route un panneau d’information dont la carte complète idéalement la nôtre. Hop, photo !

Nous nous garons dans un lacet à hauteur d’une pancarte montrant que cette vallée n’est pas mieux lotie que Gosaldo au niveau de l’entretien des sentiers. Tout est un peu à l’état d’abandon, quel contraste par rapport au val Badia ! La voie, qui était manifestement carrossable jusqu’à un passé assez récent, montre quelques signes de fatigue. Le terrain a envie d’aller voir plus bas. Sans parler des roches et des troncs tombés dessus. Il faut préciser que les pentes de l’étroit Val Inferna sont vraiment extrêmement raides !

Après un agréable parcours de niveau dans l’ombre douce de la forêt, nous quittons ce chemin pour un petit sentier mal tracé descendant vers Arsiera (alt. 1310m), notre première destination.

Ce petit hameau, en pente légère, est situé à cheval entre Zoldo et Cadore. Son nom est mentionné pour la première fois dans des documents datant du tout début du 14ème siècle, montrant que le lieu avait déjà été déboisé (« prati di Arsiera » – prairies d’Arsiera).

Il fut construit au départ pour les mineurs, tout comme dans le Val Alta. Par la suite, ce petit groupe de maisons, de granges et d’étables ne fut plus utilisé que durant la saison des foins et des pâturages.

L’endroit, situé sur le versant méridional du Col Duro, est riche en eau et bénéficie d’un climat favorable et doux.


Admirez le système de chatière 😉

La grande majorité des maisons et des terres environnantes appartiennent aux familles de Fornesighe, qui s’appellent quasi toutes Mosena (seuls les prénoms diffèrent).

Le village fut abandonné suite au déclin des activités économiques traditionnelles, culminant lors de la seconde guerre mondiale, ainsi que de sa difficulté d’accès.

Ce villaggio fut une déception pour nous, qui nous attendions à une sorte de musée en plein air comme la veille. En fait c’est à peine si on a le droit de regarder à travers les fenêtres :

Tout est cadenassé et certaines maisons, outre les toits de tôles, ont d’autres ajoutes récentes :

C’est bien de protéger les habitations des dégradations, mais on reste un peu sur notre faim de voir comment l’intérieur était conçu.

Seul un laconique panneau en bois verni annonce un nom et une année sur chaque façade.

A un endroit on s’étonne vraiment que ce ne soit pas habité : des géraniums aux fenêtres, une table sur des tréteaux avec des abricots dessus… mais non, il n’y a personne, pourtant !

Ce sont pour la plupart de grandes maisons en pierre avec balcon. L’avantage du terrain en pente est que le grenier peut être accessible de plain-pied par l’arrière et servir ainsi facilement de grange.

La petite allée quittant le village était bordée d’une haie de très anciens pommiers (?) à basses tiges. Quel âge peuvent-ils donc bien avoir ?

Parmi les tas de bois de chauffage en train de pourrir, un petit vestige de la vie courante :

Au revoir Arsiera. Sans regret.

Notre deuxième destination est la miniere di Vallinferna. Il existe une minéralisation filonienne de galène (suflure de plomb) et de blende (sulfure de zinc). Le site a été exploité de l’année 1368 jusqu’aux environs de 1880, avec de longs intervalles d’inactivité.

Nous revenons très peu sur nos pas, car nous avions vu un « raccourci » fléché par un petit panneau en bois. En chemin nous croisons Gemini Cricket.

Et alors celui-là, je ne sais pas qui c’est :

Vous l’aurez senti venir, et en tous cas nous oui : le fameux sentier raccourci, qui se voyait très bien dans le départ herbeux, se transforme très vite en une trace à peine décelable ! Nous galérons un peu, en plus ça monte très raide et en plein soleil. Finalement nous rejoignons le sous-bois, où le chemin se voit devine encore moins. Ne serait-on pas plutôt sur une coulée d’animaux ?

Finalement il rejoint par miracle un large sentier, au niveau d’un lacet. Mais euh, faut-il monter ou descendre ? Suite à une logique imparable (« si on descend c’est sûr que ce sera en haut »), nous décidons de monter 😆

Et bien nous en prend, car nous trouverons, perdu en plein milieu de nulle part… une table de pique-nique ! Bon ok on aurait préféré un panneau d’information mais c’est déjà fantastique. Ça tombe pile au bon moment. Pendant que j’installe les vivres, AàG part en reconnaissance plus haut et trouve… un panneau d’information. Il faut croire que nous sommes dans la forêt où tout souhait se réalise ! Et pour une fois, on aura très peu de guêpes, alleluïa.

Après une forte montée, les murs à sec se multiplient, et ensuite une ruine. Très rapidement nous tombons sur une entrée de galerie. Ce long tunnel horizontal d’une quarantaine de mètres était-il une recherche de filons ?

Plus loin, il nous semble voir les restes d’une entrée effondrée, peut-être le Sto Fret.

Nous arrivons ensuite au Stol de la Néf, c’est une fracture naturelle de la roche (zone de faille) qui s’ouvre au pied d’une « falaise » surcreusée artificiellement. On s’engage à l’une des extrémités et le sol descend sous nos pieds, je ne sais pas si c’est une descenderie « volontaire » ou si c’est la fracture qui s’est comblée petit à petit de terre, de pierres et autres débris. Cela s’enfonce jusqu’à une salle encore pleine de glace. Elle a survécu tout l’été. Le soleil n’arrive pas souvent jusqu’ici !

On voit encore nettement les trous creusés dans la roche pour caler les poutres en bois de l’échafaudage utilisé durant l’extraction. On distingue également, en cherchant bien, la date de 1559 gravée au-dessus de l’abîme.

Vue du haut et vue du bas :

Plus haut se trouve l’entrée de la mine principale, appelée « Camino » (alt. 1546m). Il s’agit là également d’un dépilage à partir d’une faille naturelle partant sous une falaise. Le filon a été entièrement vidé, seuls de petits buttons ont été laissés pour maintenir l’écartement entre les lèvres.

Impossible d’y entrer car la première marche est un brin trop haute : 37 mètres ! D’autres puits suivent pour arriver à une profondeur finale de 94m.

Nous ne traînons pas sur place car nous nous faisons littéralement dévorer par les moustiques ! On redescend, et on retrouve sans encombre le chemin de la voiture. Nous n’aurons croisé personne de la journée, encore une fois.

Sur la route du retour, par contre, nous croiserons un drôle de zèbre cerf à cinq pattes…

Nous décidons de souper relativement près du logement, histoire de ne pas se retrouver à devoir faire toute la route de Passo Duràn dans le noir après le repas !

Nous mangerons au restaurant de l’hôtel Erice*** d’Agordo. Nous sommes installés en face des portes de la cuisine et voyons passer la serveuse avec deux assiettes pour la seule autre table occupée. Je vois un wiener schnitzel glisser par terre, la serveuse le ramasse, rentre en cuisine, je peux toujours voir sa tête par les verres dépolis des portes battantes… et hop trois secondes plus tard, elle revient avec un grand sourire livrer ses deux assiettes 😯

Les deux dîneurs, en train de discuter à une table plus éloignée, n’ont rien remarqué. La serveuse les quitte et commence à parler en patois local (ni allemand ni italien, car le couple aurait pu comprendre) avec une employée de l’hôtel et elles rient de bon cœur. Après quelques hésitations, je me dis que je ne peux quand même pas laisser passer ça sans réagir. On demande d’abord l’addition (histoire de ne pas avoir de sale blague !) et ensuite j’ai été discuter avec les deux personnes, un aimable vieux couple qui par chance connaissait l’anglais.

Ils ont été outrés et m’ont demandé la permission de répéter ce que je leur avais dit à la serveuse. Pas déstabilisée pour un sou, elle leur a prétendu qu’elle l’avait échangé contre un autre en cuisine !! Sachant qu’il n’y avait aucun autre dîneur donc pas de repas en préparation, et que l’intervalle de temps a duré à peine quelques secondes… en plus je ne l’ai pas vue s’éloigner de la porte, je suis donc sûre et certaine qu’elle a juste « brossé » un peu le morceau ! 👿

Elle n’a quand même rien objecté quand ils ont exigé le remplacement du schnitzel (en le coupant en deux pour être sûr de ne pas voir revenir le même). Le monsieur m’a remerciée pour mon « courage civique » et nous a appris qu’eux aussi avaient eu énormément de mal à se loger convenablement et pour un prix correct dans cette région. Ils étaient auparavant plus au nord, à Cortina d’Ampezzo. Les pauvres logeaient à l’hôtel au-dessus du restaurant. Je ne crois pas qu’ils y aient remangé le reste de leur séjour !

On s’est enfui bien vite après cela, histoire de ne pas se choper une balle perdue – les Italiens sont sanguins paraît-il :mrgreen:

15 septembre 2008 – Valsavarenche et le Nivolet

Nous sommes à présent seuls dans la chambre d’hôtes, et ce matin c’est la rentrée scolaire en Italie. La logeuse a accompagné sa fillette a l’école, et c’est donc en compagnie de sa Mamma (qui habite le premier étage de la maison) que nous prenons le petit déjeuner. Elle ne parle quasi pas français et notre italien est encore pire, mais elle aime trop bavarder pour se laisser arrêter par de tels obstacles. C’est un sacré personnage et, tout de suite, les petits déjeuners prennent une ambiance plus colorée !

Comme la veille, le petit déjeuner n’a rien de « fait maison » : pain de mie industriel, mini-confitures industrielles, biscuits industriels, viennoiseries industrielles… tout est sous plastique, rien n’a de goût. On n’a même plus, comme la veille, quelques morceaux de vieux -mais vrai- pain grillé 😦 Heureusement la Mamma sauve l’affaire ! Après avoir jeté l’anathème sur nos mini-confiottes, elle nous sort du frigo son onctueuse confiture maison d’abricots (faite avec très peu de sucre car elle est diabétique). Mais chut, il ne faut rien dire à sa fille 😉

Nous partons pour Valsavarenche dans l’intention d’aller voir les lacs du Nivolet. Une journée « cool »… enfin normalement. La route nous semble très longue, il faut dire que cette vallée est particulièrement allongée.

Il est passé 8h30 quand nous arrivons à Pont (alt. 1953m), un peu perplexes : la route que nous espérions prendre est fermée à la circulation automobile. Plus loin, la route est ouverte, c’est juste cette portion-ci qui coince. Pour atteindre le col du Nivolet en voiture depuis Aymaville, il nous faudrait faire un détour colossal (160km au lieu de 40km).

Moment de discussion. Bilan : on est quand même là pour randonner, pas pour rouler ! Il est encore suffisamment tôt pour espérer faire l’aller-retour pendant les heures de jour. On ne verra sans doute pas tous les lacs, mais bon… Allez, en route ! Un bon 600m de dénivelée nous attend, et pas mal de kilomètres aussi.

On s’apprête à traverser la rivière sur le large pont que tous les randonneurs empruntent, quand on se rend compte que pour nous, ce n’est pas par là. C’est le tout petit sentier qui part derrière l’auberge. Tant mieux, ici il n’y a personne ! Ca monte bien, mais c’est pas désagréable. Des panneaux nous annoncent les règles à respecter dans le parc du Grand Paradis (Parco Nazionale Gran Paradiso).

Une bonne heure plus tard, on atteint une sorte de petit plateau sur lequel on croise un troupeau de vaches en sens opposé. J’aimerais bien voir comment elles vont négocier ça (la première partie de la descente, ce sont des blocs de roches) mais elles doivent avoir l’habitude. On attend sagement qu’elles défilent en écoutant leur incroyable orchestre de cloches…

Les paysages sont splendides, le beau temps est de la partie… ça nous donnerait presque envie de s’asseoir, rester là toute la journée rien que pour admirer l’oeuvre de la nature. Mais en dépit du ciel bleu, il ne fait chaud que tant que l’on est en mouvement ! Il reste encore un peu de neige à cette altitude.

Après un petit col, nous voilà à devoir traverser une grande cuvette un brin marécageuse.

Juste au moment où nous avons une hésitation sur le sentier à suivre, un vacher passe par là et nous confirme la bonne voie. C’est une chance. A partir de maintenant nous ne verrons plus un humain jusqu’à destination.

Durant 2h nous parcourrons le fond d’une longue vallée suspendue. C’est plat, morne et monotone, cela semble ne jamais devoir finir. La « dora del Nivolè » se divise en de multiples petites rivières qui serpentent dans ce vallon, le rendant assez humide. Souvent notre chemin était envahi par l’eau.

Nous pique-niquons sur des rochers : pain, tomates et fontina, comme souvent. Il y a du soleil mais le vent me glace les os. Nous repartons assez rapidement pour nous réchauffer en marchant.

Soudain, quelques bâtiments rompent la monotonie. Des cris aigus nous apprennent que nous sommes repérés. Mais nous avons tout de même la permission de les admirer de loin. Enfin !
Jeu : cherchez la marmotte dans les deux photos ci-dessous 😛

Nous laissons le village des marmottes derrière nous et parvenons à un pont de bois. Un second est visible un peu plus loin. La civilisation se rapprocherait-elle ? 😉

Nous arrivons à un 2ème village abandonné, composé de bien plus de bâtiments que le précédent, mais inaccessible à cause de la rivière.

Le chemin s’élargit et nous rencontrons d’autres animaux (non je ne parle pas d’AàG 😛 )

Un troupeau de moutons blancs et noirs paisse paisiblement… certains ont des cloches à leur cou, j’ai l’impression (fausse ??) que ça doit être fort lourd pour eux.

Ils essaient de paraître indifférents mais notre présence les inquiète tout de même un peu, surtout dans les parages des jeunes.

Un 4×4 se gare dans le chemin au-dessus (la fameuse route fermée) et un type en sort avec ses chiens. Cela nous énerve étonne qu’ils n’aient pas de laisse, nous sommes toujours dans le parc national. Bon allez, au revoir les moutons.

Le chemin s’élargit encore et rejoint les pylônes et la route du col. En face de nous, une belle pente propice aux marmottes. Et en effet, ça siffle de partout à notre arrivée !

Alors je me suis lancée dans les pentes enneigées pour vous présenter Renato et Géraldine :

Seule Géraldine a bien voulu, avec beaucoup de patience, que je l’approche davantage :

Il semble que le printemps, à la sortie de l’hibernation, soit beaucoup plus propice à l’approche des marmottes. A l’automne, elles font leurs provisions de fourrage et sont plus farouches.

Voici le panorama qui s’ouvre soudain devant nous…

Ca et la neige qui craque sous nos chaussures, il n’en faut pas beaucoup plus pour nous transformer en gamins !

Après avoir été voir les lacs du Nivolet (laghi del Nivolet) nous allons prendre le traditionnel chocolat chaud au refuge de Savoie. Il nous a paru bien moins accueillant que les autres refuges, est-ce dû à la proximité de la route ?

Nous nous penchons sur la carte pour examiner l’accès aux autres lacs. Nous hésitons beaucoup mais étant donné l’heure qu’il est et le long chemin de retour qui nous attend, il est malheureusement plus raisonnable de repartir sans aller jusque là. C’est l’inconvénient du mois de septembre, l’obscurité tombe vite et en montagne c’est encore pis…

Comme d’habitude, nous essayons de ne pas reprendre exactement le même chemin au retour qu’à l’aller. Nous allons emprunter la « route » fermée afin de rester en hauteur et sur l’autre flanc.

Ce papillon-là devait avoir bien froid… Un peu plus loin, une drôle de rencontre nous attendait. Il a déboulé en face de nous, sans nous voir. On devait être contre le vent. J’ai cru au départ que c’était un des chiens entraperçus plus tôt. Il s’est arrêté en nous voyant, comme s’il nous jaugeait du regard, puis a dirigé toute son attention vers le fond de la vallée. Il est resté encore quelques instants, nous jetant un oeil de temps à autre, pas très inquiet… puis s’est mis à trottiner sur la pente, vers le fond de la vallée suspendue.

Peut-être était-ce ça qui l’intéressait ?

Nous sommes descendus à notre tour, un peu plus loin, à un endroit d’où un sentier partait. Nous avons été jusqu’au village abandonné remarqué à l’aller, nous l’avons visité. Ensuite nous avons essayé de traverser la rivière pour reprendre le sentier. J’ai trouvé un ancien gué mais il n’était plus praticable, AàG était déjà plus loin en train de suivre la rivière.

Nous nous étions dit qu’au pire, on suivrait l’eau jusqu’aux deux ponts de bois. Malheureusement il y a tellement de bras de rivières dans ce vallon… On a marché un bout de temps dans ces prairies humides et pleines de bosses, on n’a jamais trouvé d’endroit franchissable à sec.

A un endroit moins pire que les autres, AàG a sauté dans l’eau puis sur la berge. Mes chaussures prenant l’eau de toute part (comme je venais de le tester plus tôt dans la journée avec la neige), j’ai préféré les enlever et passer pieds nus. L’eau était glaciale et les cailloux aïe ouille… le temps de traverser, je ne sentais plus mes pieds. Oui il y a des photos et non vous ne les verrez pas :-p

L’impressionnante arrivée des nuages du soir :

Après cet épisode hautement aglaglaïsant, nous avons poursuivi notre marche et fini par retrouver la cuvette marécageuse. Derrière celle-ci, ma zone préférée, le petit plateau perdu au milieu de nulle part… là encore, une surprise nous attendait. Deux surprises, plus exactement, mais nous n’en avons photographié qu’une !

Les chamois suivent le rythme de la lumière, ils montent et descendent avec le soleil.

Il nous reste la dernière ligne droite, la grande descente. Tout du long, on remarquera des traces de sang sur les rochers, à intervalles réguliers. Probablement une vache blessée…

Il est fort tard lorsque nous revenons à la voiture. Le temps de rejoindre Villeneuve et de trouver un restaurant ouvert, il est déjà 21h. A cette heure-ci, la cuisine est fermée (comprendre : on ne fait que des pizzas). C’est une toute petite salle comprenant plus de locaux que de touristes, et d’autres arriveront encore bien après nous. C’était particulièrement bon marché mais le service aura été particulièrement peu aimable aussi !

Quand nous rentrons au logement, crevés, les petits chats glissent entre nos pieds et se faufilent dans l’escalier… L’un est parti vers la cave, l’autre vers les étages, et nous voilà à essayer de les rattraper à tâtons sans réveiller toute la maisonnée. Ils auront leur poignée de croquettes à défaut de la chaleur de la maison, puisque celle-ci leur est interdite…

Mardi 12 septembre 2006 – C’est encore loin Grand Schtroumf ?

A Haus Sonne, la nuit est meilleure que la précédente même si nos hébergeurs se lèvent à 6h30 à grand renfort de portes claquées. Le petit déjeuner n’est pas terrible, on n’a droit qu’à un petit pot de confiture et de la charcuterie. (Bon ok après Gerlos tout paraît minable, mais quand même !!) La dame nous entend mais ne se montre pas, elle ne viendra dire bonjour que cinq minutes plus tard, pour nous demander si on veut des œufs (ouiiii !) Ensuite elle ferme la porte de la petite pièce (alliant le vieux et le kitsch), ça donne vraiment l’impression qu’elle referme la porte du caveau sur nous… brrr ! En fait c’est pour ne pas qu’on ait vue sur l’escalier car pendant notre petit-déjeuner, elle va refaire la chambre. Je n’apprécie pas du tout, ça donne l’impression d’être indésirable… on n’est pas là de toute la journée, est-ce que ça revient à dix minutes ??

On part rapidement vers le massif du Großvenediger, ce fameux circuit des trois lacs que nous n’avions pas pu faire plus tôt car c’est un peu décentré, sur la route de Matrei… Nous passons un très long tunnel (à péage, bien sûr), et nous arrivons enfin à la Matreier Tauernhaus, le lieu de départ de la randonnée (parking payant, re-bien sûr).

Le guide vert Michelin mentionne 45 minutes de montée avec la remontée mécanique Venedigerblick. Ouais ben m’sieur Michelin faudrait peut-être aller voir sur place plutôt que de zieuter uniquement les IGN parce que le télésiège, ça fait belle lurette qu’il n’existe plus !! On voit encore vaguement les trouées qui permettaient son passage dans la forêt, mais sinon il n’en reste rien. Grrr !

On hésite, le moral un peu bas… Bon ben c’est pas tout ça, on n’est pas venu jusqu’ici pour rien, moi je veux les voir ces trois lacs. Allez zou, en marche : il ne s’agit pas de traîner car on va devoir se farcir quelques centaines de mètres de dénivelé en plus que prévu ! On traverse la prairie des vaches et on emprunte un mignon chemin qui a la bonne idée de rester à l’ombre des sapins.

La montée est fatigante (nooon, sans blague ?), je m’arrête –trop– souvent. Elle devient harassante quand on atteint la limite de la forêt. Devant nous se trouvent à présent uniquement des zones en plein soleil, et la chaleur est difficile à supporter. Il n’y a quasi personne et tout a l’air à l’abandon ici. Les panneaux ne sont pas entretenus, quand ils ne sont pas carrément cassés et posés dans l’herbe. Nous parvenons enfin au sommet théorique du télésiège… photo souvenir en l’honneur de monsieur Michelin, je ne vous la montre pas car ça n’a aucun intérêt.

Il y a encore du chemin avant d’arriver au premier lac ! Un moment de flottement car deux sentiers se présentent… nous consultons l’IGN, aucun n’a le numéro qu’il nous faut. Bon tant pis, la boussole les départagera bien. Une autre remontée mécanique est à l’abandon un peu plus loin. Les couleurs sont belles malgré l’écrasant soleil, et on aperçoit des chèvres au loin. Une dernière montée encore un peu plus raide et enfin on voit le bout du chemin. On a bien souffert, il faut le mériter le Grünen See… mais son magnifique vert transparent nous console !

Nous pique-niquons sur les rochers au bord du lac (oui, encore un concombre si vous voulez savoir !). Après avoir contemplé le lac tout notre soûl, nous repartons vers le second lac – plus haut, oui, comment avez-vous deviné ?

Nous croisons un troupeau de moutons un peu craintifs, notamment deux jeunes dont la génitrice n’est pas rassurée ^^

Il y a un gros bourru qui bêle comme une jeune fille – enfin je me comprends

Un dernier coup d’oeil au lac vert à travers ce panoramique. Le Schwarzen See n’est pas trop loin heureusement. Ses eaux donnent effectivement un aspect noir, sans doute à cause d’algues colonisant les cailloux du fond.

Pendant une petite pause bien méritée, nous entendons soudain un gros bruit au loin. L’œil cherche un peu puis localise : c’est une avalanche de gros blocs de roche – très impressionnant !!

Bon alors là, je n’ai pas su choisir, vous préférez cette photo en horizontale ou en verticale ?? La belle cascade qui se trouve sur ces photos, eh bien nous devons la remonter :

Nous croisons un randonneur solitaire qui redescend… ça vous donnera une échelle !

Le dernier lac (mais pas la dernière montée !) est le Grauen See. J’attribue ses eaux grisâtres au reflet du cirque de caillasses environnant.

Nous examinons la carte : on a le choix entre faire marche arrière ou prendre le sommet et revenir par la vallée voisine. J’aurais bien envie de revoir le lac vert, le plus majestueux des trois, mais le reste est assez monotone alors autant prendre une nouvelle voie.

Une petite séance de ricochet pour AàG, et nous voilà repartis ! La montée finale est assez chaotique dans les éboulis, heureusement les repères rouge et blanc sont bien marqués. Nous nous dirigeons vers le refuge St Pöltner.

Arrivée au col, non sans joie !

On tombe sur un délicieux tapis de mousse qui nous fera enlever nos chaussures… mais vous ne verrez pas de photos podophiles ici.

Le sentier longe la crête, nous le quitterons assez rapidement dans un hors piste assez douteux, qui n’effraiera pas que les marmottes.

Fourbus mais entiers, nous retrouvons notre chemin dans le creux de la vallée. Il s’agit d’une vallée suspendue très longue et très morne, parcourue par d’immondes pylônes grésillants. On enclenche la marche automatique, le moral s’en prend un coup.

Au bout de la vallée, nous ne voyons pas l’embranchement attendu. Nous voilà donc condamnés à prendre le sentier qui retourne vers le sommet du télésiège abandonné ! C’est très long mais c’est presque horizontal, c’est toujours ça de pris :-/

La fatigue nous fait divaguer sur des considérations très profondes comme « alle zimmer mit balkon, alle weg mit bouse » (ici toutes les chambres ont leur balcon, et tous les chemins leur bouse ^^).

Arrivés à la station, nous avons encore toute la descente à nous farcir, c’est décourageant. Je ne sens plus mes pieds quand j’arrive enfin à la voiture… Cette randonnée fait approximativement 1200 mètres de dénivelé, soit 6 cuillères de nutella. Je ne sais pas combien de kilomètres nous avons fait aujourd’hui, d’ailleurs je ne suis pas sûre de vouloir le savoir !!

Après avoir parcouru quelques centaines de mètres en voiture, je pose une question anodine à AàG : t’as mis où tes chaussures de rando ? Euh… je ne les trouve pas, elles ont dû rester sur le parking ^^ Fou rire et retour à la case départ, retrouvailles émouvantes avec lesdites chaussures puis triple vérification parce qu’avec la fatigue on ne sait jamais, on a peut-être oublié d’autres choses (notre tête par exemple) !

On s’arrête dans un petit village (Stuhlfelden) pour souper. On entre dans le premier établissement venu (surtout, marcher le moins possible !!). Il y a des gens bizarres qui nous parlent dans la première salle (un café enfumé), on dirait qu’ils ont un peu trop bu. L’arrière-salle est dédiée au restaurant mais il n’y a personne. Aucun client, aucun serveur, rien. Rien que des trophées de chasse accrochés aux murs. On s’assied et on attend un peu mais « je ne le sens pas » alors nous nous levons et partons vite avant que quelqu’un n’arrive

Le moral finira cependant au beau fixe car nous tombons par le plus grand hasard sur THE restaurant de notre séjour. Il s’agit du Gasthof Flatscher, c’est tellement bon que nous nous empiffrons : entrée, plat, dessert… la totale !! On regrette presque de n’avoir plus faim, on aurait bien testé toute la carte ^^ En plus ils étaient super sympas…

Rentrée difficile (car nous sommes crevés) à la pension inhospitalière. La « mégère » comme nous l’appellerons dorénavant s’est permis de jeter notre petite bouteille d’eau. Du coup, vu les robinets très bas, nous ne pouvons plus remplir nos gourdes. Quelle mêle-tout, c’est d’un énervant ! Ce détail se rajoute à une précédente impression qu’elle avait farfouillé dans mes affaires… Vivement qu’on parte de là.

Samedi 09 septembre 2006 – Changement de programme

Les paris sont ouverts : aurons-nous encore un petit pain au pavot de plus ce matin pour déjeuner ? Bingo ! Et voyant qu’encore une fois nous les avons tous achevés, notre logeuse nous précise qu’elle peut nous en apporter d’autres si nous le désirons… (Non mais contrairement aux apparences, nous ne sommes pas des ogres, hein !!) Nos discussions avec elle se prolongent chaque matin davantage, nous échangeons nos points de vue sur des sujets très variés, depuis les randonnées jusqu’à la vie quotidienne des tyroliens sans oublier les élections politiques qui approchent ou encore les relations entre l’Autriche et le Tibet !

Nous comptions faire le circuit dit des trois lacs (drei seen) dans le massif du GrossVenediger. Seulement, impossible de trouver des informations dessus auprès des centres touristiques locaux, et notre carte IGN ne couvre pas cette zone. Nous nous rendrons compte que c’est beaucoup plus loin que nous le pensions… du coup nous improvisons et dès que nous voyons une vallée qui semble sympathique (ce n’est pas ce qui manque), nous nous y engageons. Il s’agit du village d’Hollersbach.


La vache décapitée

Un plan schématique nous montre les départs de promenades, malheureusement il n’y a pas d’échelle et peu d’altitudes sont indiquées. Nous choisissons au hasard, d’après les temps de parcours estimés, la Edelweiß Hütte comme première destination – et si possible les cascades tout au fond de la vallée. Deux chemins mènent au refuge, nous voudrions prendre celui qui longe la rivière.

Un large sentier carrossable monte vers un étang de retenue et continue dans la forêt. Son ombre nous permet d’avancer à un bon rythme (je m’étonne moi-même !) mais les parties ensoleillées sont épouvantables. Nous ferons le mauvais choix à un croisement : un sentier descend, cela nous semble suspect, nous continuons celui qui monte… Du coup nous ne longerons pas le torrent à l’aller, ouin.

Après une longue ascension, nous entamons à présent la descente. La forêt est monotone mais nous la quittons à regret car le soleil nous cuit littéralement. AàG fait un essai pieds nus pour éviter le bain de jus de chaussettes mais ce n’est pas très concluant à cause de tous les petits cailloux. A la moindre cabane, au moindre arbre, nous nous arrêtons dans la miette d’ombre disponible…

Nous appellerons cette vallée « la vallée du désastre » car partout des grands pans de forêt se font décimer. Ces immenses zones éventrées dans la montagne font peine à voir… Des stocks impressionnants de troncs attendent le camion qui viendra les chercher. Les bords de la rivière sont complètement chamboulés à cause de ça, ils manipulent les berges comme ça les arrange pour leur industrie de coupe de bois… Je n’avais jamais vu de « téléphérique » à troncs d’arbre auparavant.

Nous pique-niquons au bord de l’eau, manifestement un endroit très passant… pour les vaches ! Il faut dire que le choix de l’emplacement est très restreint puisque conditionné par la présence de l’ombre protectrice.

Nous suivons notre route, égayée par quelques fermes clairsemées, et nous arrivons enfin à la Edelweiß Hütte.


Le vis-à-vis de la Edelweiss Hütte

Nous n’y ferons pas d’arrêt, il est encore suffisamment tôt pour espérer arriver au bout de la vallée où il y avait une sorte de lac d’après le plan sommaire. Disons que ce n’était pas très clair, alors autant aller y voir nous-mêmes !

C’est long, long, long… le soleil nous brûle, nous aveugle, nous déshydrate. La randonnée plaisante se transforme petit à petit en enfer. A ce sommet-là, je te dis qu’on verra le lac. Ah tiens, non. Bon, après cet arbre tout là-bas alors. Non plus. Bon, disons après ce lacet-là. Toujours pas.

Il y a de plus en plus de camionnettes qui passent (transport de gens et de matériel) en nous laissant une merveilleuse odeur de gaz d’échappement, sans oublier toute la poussière qu’elles soulèvent. Aller en montagne pour se faire emmerder par des camionnettes, non mais franchement !!

Nous croisons un randonneur qui revient du bout de la vallée, il nous dit que dans 1/4h nous serons au « lac » mais qu’il est en fait tout petit. Et les cascades sont à une demi-heure du lac. C’est une bonne nouvelle car nous n’en pouvons plus.

Quand nous y arrivons, fou rire nerveux, le lac est quasi à sec et ressemble plus à un marécage qu’autre chose. Tout ça pour ça, ben dis donc, j’espère que les cascades seront mieux.

Nous poursuivons le chemin pendant un moment, puis nous abandonnerons. Nous voyons les cascades de là où nous sommes, nous ne les verrons pas mieux en allant jusqu’au bout du chemin, en plus elles sont en contre-jour. Aucun intérêt, et il se fait tard quand on pense à la longueur du trajet qu’il nous faut refaire…

Le paysage n’est ponctué que par les tâches de couleurs des vaches. La chaleur n’a pas abandonné la bataille et c’est avec soulagement que nous observons l’ombre qui progressivement envahit la vallée. Quel bonheur lorsque nous atteignons une portion de route ombragée !!

Nous empruntons le sentier qui longe le torrent pour fuir le défilé de camionnettes qui se poursuit. Enfin un véritable sentier de randonnée, qui n’est pas plus large que nos deux pieds et serpente agréablement le long de l’eau ! C’est en fait la partie la plus intéressante de la promenade que nous ferons là, malheureusement au pas de course car l’ombre progresse plus vite que nous. Donc pas de photo.

Naïvement on espérait que le chemin de la rivière serait plus plat, mais le fond de la vallée devient parfois tellement encaissé que le sentier doit s’échapper en hauteur pour redescendre ensuite flirter avec l’eau, un vrai yoyo. La fatigue me fait trébucher. Qu’est-ce que c’est long, je ne parviendrai jamais à rejoindre cette putain de voiture avant la nuit… Surtout ne pas s’arrêter, sinon je n’arriverai plus à repartir. Si je me couche là, en travers du sentier, je m’endors. (Dis, tu crois qu’on est encore sur la bonne route ?)

La galère se termine enfin, nous reconnaissons l’embranchement de ce matin puis finalement l’étang du départ. Il était temps nous sommes exténués. Nous partons manger à Wald. Les pieds douloureux, nous avons peine à marcher jusqu’au restaurant !! Pour se consoler du repas très moyen qu’on nous a servi, nous achevons la soirée par un dessert au Jägerhof de Gerlos.

D’après la carte que nous consulterons le lendemain, la randonnée d’aujourd’hui faisait 800m de dénivelé mais surtout… 28km !!

Vendredi 08 septembre 2006 – Rendez-vous avec les nuages

Le petit déjeuner est toujours aussi royal. Notre logeuse pousse le vice jusqu’à avoir remarqué notre préférence pour une sorte de petits pains, et nous en avons donc un de plus qu’hier ! Nous discutons avec elle sur le but de notre excursion : la Zittauer Hütte. C’est juste à côté de Gerlos. Elle nous explique que le refuge a été entièrement reconstruit il y a quelques années et qu’elle n’y est pas encore retournée depuis lors…

Ce matin, nous démarrons dans la panade : les nuages ont décidé de faire la grasse matinée ! Nous allons en voiture jusqu’à l’auberge Finkau, tout au bout du lac de barrage… Sans l’IGN, nous n’aurions pas trouvé la seule petite route autorisée pour s’y rendre, et nous aurions dû nous taper à pieds 6 km parfaitement inintéressants. Evidemment le parking est payant, là nous n’y couperons pas.

Le début de la randonnée ressemble un peu à Krimml : un chemin trop large à mon goût, avec des points de vue réguliers donnant sur les cascades du torrent. Tous ces aménagements sont manifestement très récents, d’ailleurs le tout début du chemin est seulement en passe d’être terminé. J’ai comme l’impression que cet endroit va connaître un grand succès touristique dans les années à venir…

Pour l’heure il n’y a pas grand monde, tout est calme. Les chutes d’eau sont belles et la ballade dans la forêt ne manque pas de charme. La brume donne une atmosphère fantomatique aux lieux traversés, et renforce le sentiment d’être seuls…

Le chemin monte fort, et bientôt nous arrivons au croisement indiqué dans notre guide michelin : un petit sentier abrupt s’évade vers des gorges, tandis que « l’autoroute » continue ses paisibles lacets. Les deux se rejoignent plus loin. Nous partons vers la gorge du Leitenkammer, petite mais impressionnante.

Les nuages progressent dans la vallée en même temps que nous. Parfois nous les rejoignons, parfois ils nous distancent. Ils sont jouettes comme des chatons !

Après une marche assez longue, composée d’une alternance de petits sentiers pierreux et de chemins plus larges (carrossables), nous arrivons à un téléphérique pour matériel. Sa destination se perd dans les nuages, mais nous devinons qu’il rejoint la Zittauer Hütte. Ben dites donc les gars c’est pas tout près… pfff !!!

A partir du téléphérique, plus aucune route n’est possible. Un sentier s’enfonce dans les nuages, nous le suivons. Franchement on est bien content de ne pas voir le soleil, je n’ose pas imaginer l’horreur que ce serait vu la tronche du sentier… et ce n’est que le début !

De plus en plus escarpé, le sentier semble venir buter sur une énorme barre rocheuse… Heureusement il est très bien balisé par les habituelles marques rouge et blanche.

Les derniers nuages semblent sur le point de quitter la vallée dessinée en-dessous de nous. Nous profitons d’un panorama éphémère : en fait ce sont des cumulo-farc(e)u(r)s et une autre vague les remplacera bientôt !


« Avant »


« Après » (et inversément)

Le franchissement de la barre rocheuse n’est pas de tout repos, il est d’ailleurs cordé dans la plupart des passages. Mon rythme décline dangereusement, et le petit point noir qu’est le refuge ne semble pas grandir à l’horizon ! AàG me dit « allez, dans 1/2h on y est ! »… sauf qu’il me répète ça depuis au moins 1 h ^^

Quand on est enfin quitte de cette barre rocheuse, on pense être proche du but… hélas, le chemin est encore long, en plus il nous semble s’éloigner du refuge ! Allez, dans 1/2h on y est :-p Midi est passé depuis longtemps, heureusement nous avons bien mangé notre dessert ce matin 😉

Nous croisons un groupe de randonneurs qui redescendent avec leur guide, celui-ci nous explique qu’il y a encore 1/2h pour arriver au Zittauer Hütte. Un rire nerveux m’échappe à l’annonce de la demi-heure fatidique. AàG exulte : « tu vois, qu’est-ce que je te disais ! »

Je suis vraiment à bout alors nous décidons de faire une pause et manger là, à hauteur d’un panneau explicatif sur la vallée. Le fromage de Ginzling pue encore plus que la veille, et dire que le reste est en train d’enfumer le frigo de notre logeuse, la pauvre ^^

Cette fois-ci c’est la bonne, il y a de plus en plus de cairns le long du sentier et nous arrivons enfin au refuge. En fait nous n’allons même pas le voir de près, ce qui nous intéresse se trouve à côté : le lac inférieur de Gerlos.

J’adore les lacs de montagne, leurs eaux transparentes aux magnifiques reflets verts… nous montons encore un peu car les eaux paraissent toujours plus colorées vues d’en haut. On ne peut pas dire que ce sont mes jambes qui me portent, mais plutôt ma volonté. C’est une journée à 5 cuillères de nutella (i.e. +1000m de dénivelé) quand même !! Pas de regret en tous cas, cela valait la peine de faire tant d’efforts…

Enfin si, tout de même, un petit regret : on aurait bien aimé dormir au refuge pour aller jusqu’au glacier le lendemain… car après une belle pause pour profiter pleinement de l’instant et du panorama, nous devons déjà reprendre la route du retour, qui est très longue. Les glaciers sont définitivement trop loin pour espérer aller les voir dans la même journée.

Le brouillard est quasiment levé, et une chaleur de plomb se fait maintenant sentir. Heureusement nous n’avons plus que de la descente à faire. Nous croisons plusieurs groupes qui montent, ils en suent… nous avons eu la chance d’avoir le lac quasi pour nous tous seuls, là le refuge doit être en train de bien se peupler.

Le retour jusqu’à Finkau se déroule sans problème autre que les habituelles douleurs aux genoux dans les grosses descentes. Je suis heureuse de pouvoir enfin m’asseoir et retirer mes chaussures de rando. Pouah, crevée !! Nous sommes de vrais zombies…

Nous allons souper à Gerlos, nous nous attendions à quelque chose de très moyen à cause de l’effet « centre touristique » mais en fait c’était très bon. Ensuite dodo car nous sommes complètement annihilés par la fatigue… Demain sera une journée plus cool, me promet AàG (oui oui).

Lundi 04 septembre 2006 – Le Pitztal tombe à l’eau

Réveil sans ménagement par une voix annonçant « Il est l’heure — de se lever ! — Il est — 7h — 37 minutes. » Grmbl, j’aurais préféré un bon vieux BIP BIP BIP…

Le ciel est un peu nuageux mais notre logeuse nous affirme que ça va se dégager avant midi et qu’il va faire beau. Nous la croyons – après tout, elle s’appelle Irma – mais j’enfile tout de même un pantalon… car malgré le temps de *chiotte* de la veille, j’ai pris un douloureux coup de soleil sur les mollets !!

Aujourd’hui il est prévu d’aller voir le point culminant du Tyrol et son gigantesque cirque glaciaire. Un funiculaire souterrain de presque 4km permet de se rendre au pied des glaciers du Pitztal, il est prolongé par le plus haut téléphérique d’Autriche. Le panorama promet d’être splendide !

Nous arrivons au bout de la route sans comprendre où se situe le funiculaire, malgré la carte. Tous les randonneurs présents semblent prendre le chemin qui part dans le prolongement de la route, nous finissons par les suivre. Nous nous renseignons auprès d’autres touristes et nous comprenons qu’en fait nous avons loupé l’embranchement routier qui se trouve peu avant. Nous apprenons également que le funiculaire souterrain est « geschlossen » en ce moment : manque de bol, il est fermé du 2 au 9 septembre pour des travaux… C’est une très grosse déception pour nous 😦

Du coup nous continuons le chemin qui, toujours d’après les mêmes touristes, mène à des choses intéressantes – mais notre allemand, tout comme leur anglais, est trop limité pour comprendre quoi ^^

Cela nous remotive un peu car le chemin en lui-même ne nous inspirait pas beaucoup : relativement plat, très long, en plein soleil, et assez large pour que des voitures puissent l’emprunter. Beurk ! Heureusement ce ne sont pas les seuls usagers ^^

Après le petit téléphérique pour matériel (pour casiers de bière, comme dit AàG), le chemin se transforme en un sentier de montagne beaucoup plus agréable, même si l’ombre se laisse toujours désirer. Qu’est-ce qu’il fait chaud, ça contraste avec les 10°C d’hier !

Nous arrivons à hauteur de la belle et grande cascade, qui nous rafraîchit un peu. Le débit est violemment dévié en arrivant, c’est impressionnant. Dans les éclaboussures d’eau, un arc-en-ciel joue à cache-cache…

A partir d’ici, on passe du mode horizontal au mode vertical ! Il s’agit de monter la falaise abritant la cascade jusqu’à sa deuxième terrasse. Heureusement pour nous, cette zone est à l’ombre… je souffre quand même bien, déjà que j’étais pas remise des efforts de la veille :-s Enfin, il paraît que le troisième jour est le pire !! Pour m’encourager, AàG dresse l’inventaire des cuillères de Nutella que je gagne : il faut compter une cuillère par +200m de dénivelé. J’aurais bien dit une cuillère par 100m, mais il ne veut pas :-[

On gravit la deuxième partie de la falaise et on arrive sur un plateau. Cela nous donne une belle vue sur le bout du glacier qui donne naissance au torrent.

Le glacier est encore fort loin mais une peinture indicative semble l’appeler « Blickferner ». (Ah pardon, on me souffle dans l’oreillette que ça voudrait dire Vue sur le glacier tout simplement !)

Le plat du sentier ne dure pas longtemps, on est reparti pour de la montée, et en plein soleil cette fois. Je crève de chaud et je m’arrête tous les dix mètres… On se rend vite compte que le sentier ne va pas au glacier, en fait il va assez loin jusqu’à un col où passe une route !!

On n’est pas très motivé par cette destination incongrue, c’est vraiment « monter pour monter »… on décide donc de redescendre.

Après tout, j’ai déjà comptabilisé pas mal de cuillères de Nut’ pour aujourd’hui ! 😉

Horreur, il fait encore plus chaud en bas !! La température doit allègrement atteindre les 30°C, nous sommes écrasés par la chaleur. C’est à ce stade que nous découvrons le « apfelsaft gespritzt » : du jus de pomme dilué avec de l’eau pétillante. Très rafraîchissant ! Un bon demi-litre plus tard, nous partons à Jerzenz dans le but avoué d’aller regarder les arbres pousser.

Nous nous installons dans les prairies situées sous le téléphérique, à l’ombre d’un sapin. On essaie de compter le nombre de cabines. Aux alentours, tout le monde tond. Sur des terrains immenses. En forte pente. Dans la pleine chaleur de cette fin d’après-midi. Sans motoculteur. Gü ! oO

J’en ai assez vite marre de ne rien faire, même si j’ai fort mal aux pieds et aux genoux (je me traîne lamentablement quand je marche, c’est pitoyable). Vers 17h nous nous mettons en route vers Imst. Sur le trajet, nous visitons un étonnant pont de benji (saut à l’élastique) à Arzl im Pitztal.

Prière de viser le carré rouge pour l’atterrissage…

Ce pont de 94m de haut relie deux belles falaises en pleine forêt. Nous décidons de lui attribuer l’oscar des GTI locaux.

Nous soupons au centre de Imst, juste à côté de l’office de tourisme. Il fait encore suffisamment chaud pour manger dehors, à côté d’une fontaine et d’un clapier.

Les plats sont copieux comme d’habitude : nous partons faire une promenade digestive. Des panneaux « Rosengarten » (jardin de roses) avaient éveillé ma curiosité, je décide de les suivre. On remonte une petite rivière canalisée et on se rend compte que juste à côté du centre ville se cache une magnifique forêt aménagée pour les promeneurs.

Le long de la rivière se trouve une falaise de poudingue… des caves et même des troglos y sont creusés !! Nous n’avons jamais vu cela ailleurs, le poudingue est tellement friable que cela semble insensé !

En poursuivant le chemin, la rivière se transforme en torrent, le terrain devient accidenté et sauvage. Régulièrement, des passerelles en bois nous aident à progresser pour suivre l’eau dans sa vallée de plus en plus encaissée.

C’est une promenade magnifique, sans aucun doute le plus beau moment de la journée ! Malgré le mal aux jambes et le fait que ça monte, le « on fait juste 100m pour voir » se transforme rapidement en longue promenade 🙂

Malheureusement il fait déjà fort sombre, les photos ne rendent rien…

Après un certain temps, le chemin quitte le torrent car la gorge devient vraiment trop étroite. Nous nous arrêterons là, pour rentrer avant la nuit complète. Si seulement on avait su… on serait venu plus tôt !

Sur le chemin du retour, comme je suis en sandales, je mets les pieds dans la belle eau limpide… ça me tentait trop ! Evidemment, elle est glacée ^^

Dimanche 03 septembre 2006 – Journée maussade au Kaunertal

Réveil abrupt à 6h30 par les cloches de l’église qui sonnent longuement et nous rappellent que l’Autriche est fort catholique… On ne peut s’empêcher de penser aux mosquées qui nous offraient elles aussi gracieusement le service de réveil en Turquie. Le balcon nous offrirait une belle vue si seulement le ciel n’était pas complètement voilé.

A 8h on descend voir Irma Gundolf, notre logeuse, car on ne sait pas où se trouve la pièce du petit-déjeuner. Comme je ne parle pas l’allemand, je comprends un mot sur dix (grâce à mes notions de néerlandais) alors ça donne des situations rigolotes : elle m’a dit que c’était en bas et j’ai compris le mot « recht » que je traduis par « droite ». On descend l’escalier et on se trouve dans un petit hall où se trouvent cinq portes dont une, entrouverte, d’où sort de la musique (une autre chambre ?). On hésite : la porte qui est à droite est bizarre, il en sort un bruit de… chaudière ! On jette un coup d’œil à celle de gauche, en vitré dépoli, c’est une toilette ! Hum, va-t-on rester debout dans ce hall jusqu’à ce qu’elle arrive ? Bon allez, on pousse un peu la porte déjà entrebâillée… oui c’est bien là ! Ouf ! Comme en français, « droite » et (tout) « droit » doivent être très proches ^^


Le trop-plein du lac de barrage du Kaunertal

Cette entraînante musique tyrolienne qu’on entendait, c’est la télévision. Ils ont une chaîne où passent, en boucle, tout plein de webcams rotatives avec les conditions météo du moment (aucune prévision pour la journée par contre !). C’est rigolo quand la caméra se trouve au niveau des nuages (écran blanc), ou quand une vache traverse son champ (celui de la caméra hein)…

Pour ceux qui se posaient la question : oui, Irma est très gentille ! Le petit déjeuner est copieux : confitures, charcuteries, fromages, œuf à la coque… on s’empiffre joyeusement. Les allemands de la chambre voisine descendent à leur tour, le mari d’abord. Il n’arrête pas de souffler lourdement « hummpfff » et on l’entend ensuite émettre des lents et graves « po po pom », à la façon du tuba (?) qui rythme la musique de la tv. Sa femme arrive ensuite, elle son truc c’est de chantonner dans les aigus. Ce duo durera tout le repas ! Ca nous a beaucoup inspiré pendant ce séjour, on les a souvent imités pour rire 🙂 Malheureusement c’est leur dernière nuit là, on ne les reverra plus !

La route à péage qui mène au Kaunertal est impressionnante :

Cette route panoramique se compose d’environ 30 lacets (« kehre »), donne de beaux points de vue sur le lac de retenue et le glacier, et atteint finalement 2750 mètres. De là des télésièges montent normalement jusqu’à près de 3200m (ce domaine est skiable en été) mais vu le mauvais temps, ils ne fonctionnent pas. Peu importe, nous sommes déjà à la hauteur des neiges éternelles !

Nous visitons d’abord un curieux tunnel de glace, équipé de cordes pour les touristes. C’est tout petit mais… on est quand même à l’intérieur d’un « glacier » (je ne sais pas si le terme correspond tout à fait) ! En certains points la glace est extrêmement transparente, à d’autres endroits brille une attirante lumière bleutée. L’excursion est rapide, nous revenons ensuite vers le refuge d’altitude pour entamer une promenade de l’autre côté.

Je suis complètement essoufflée à cause du changement brutal d’altitude (je vis à quelque chose comme 60-70m) et par les pentes (ah plat pays…). Mode de vie trop sédentaire, ça se ressent :-s

Je marche lentement tandis que AàG court comme un cabri pour me narguer ! « Non mais quel salaud ce salaud ! » On va jusqu’au « triangle » des frontières : l’Italie nous tend les bras, la Suisse également, et l’Autriche nous tend un banc (bénie soit-elle !!).

Quel dommage que le temps ne soit pas de la partie, il fait froid, pluvieux, tout paraît morne et triste… minéral.

On entend d’impressionnants grondements d’avalanche sur l’autre versant, même si on ne parvient pas toujours à repérer l’endroit exact :

Il faut dire que le ciel est tout blanc et les nuages s’infiltrent de plus en plus malgré le barrage des pics.

Pic-nic dans le refuge où des tables sont aménagées pour ce faire. Avec de belles toilettes propres et gratuites, comme quasiment partout dans le Tyrol ! On fait une partie de radeau sur l’étang du refuge, il faut se tirer avec une corde et on se marre comme deux gamins…

On descend un peu la route pour faire le tour du Weißsee, un beau petit lac dont les couleurs sont injustement rendues par l’appareil photo.

Vous voyez la fourmi (ci-dessous) ? Qu’on ne vienne plus dire que je ne mets pas de photo de moi sur mon blog :-p

On redescend encore d’un cran pour arriver au départ du sentier vers le glacier Gepatschferner. La randonnée est bien plus longue qu’on ne le pensait, et au final il faut descendre dans la petite vallée pour remonter l’autre versant. Un glacier, ça se mérite !!

La langue de glace est impressionnante (mais très sale), seulement je n’en profite pas tellement : j’ai froid et je suis crevée rien qu’à penser au chemin du retour qui nous attend.

L’air de rien il se fait tard, l’obscurité tombe vite en montagne et la couverture nuageuse nous prive déjà de pas mal de luminosité. Pour un premier jour, le programme était un peu trop ambitieux !

AàG portera mon sac pour revenir jusqu’au véhicule, je suis épuisée… qu’est-ce que j’étais contente en la voyant enfin, au loin, sur le parking !! Il n’y a plus personne, nous sommes les derniers… Dis, tu crois qu’ils ferment la vallée à quelle heure ? (mauvais souvenir d’Ihlara !!) Heureusement le péage est désert mais ouvert, il doit l’être toute la nuit (avis à ceux qui veulent économiser 20 euros 😉 )

Nous décidons de souper à Prutz, il s’agit d’un pélerinage suite à un souvenir familial marquant que je me refuse absolument à vous révéler :-p

Les nuages et la pluie nous accompagnent toujours, nous entrons au Post Hotel où nous serons très bien servi. On est tous les deux cassés par la fatigue… La serveuse, après avoir vu nos difficultés à décrypter le menu, nous tendra charitablement une carte en anglais – merci à elle !

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