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Bande-son : King Crimson – I Talk to The Wind

Les lacs de Néouvielle et le barrage de Cap de Long

Nous voici donc de retour en France. Nous avons décidé d’aller dans la réserve naturelle du Néouvielle, dont nous avions vu de magnifiques photos enneigées chez nos logeurs.

La Route des Lacs (D929) est longue. Le tronçon final (D177) est fermé à la montée à partir de 9h30. Nous nous garons à près de 2150m d’altitude sur le parking payant, déjà bien plein de bagnoles.

A vrai dire je suis surprise qu’ils appellent cela une réserve naturelle car il y a beaucoup de gens en train de pêcher, de cueillir des myrtilles, d’arracher (mycélium compris 😦 ) des champignons, etc. Cela nous énerve.

Un panneau annonce que les chiens, même en laisse, ne sont pas autorisés (il y a une « garderie » apparemment). Sauf que ce n’est absolument pas respecté, là non plus !

Il y a énormément d’arbres morts 😦

Le temps est nuageux, le paysage extrêmement minéral, et les chemins deviennent rapidement mal balisés – mais attention, il ne faut pas sortir des sentiers !! Ah ah !

Le niveau du lac de barrage d’Aubert est très bas. Des travaux d’étanchéité sont en cours et on entend au loin les pelleteuses s’activer sur la digue.

Ça nous insupporte de nous retrouver soudain au milieu de plein de personnes… en plus des Français 😛 Ce serait moins pire des Espagnols, au moins je ne comprendrais pas ce qu’ils disent !

Ce petit accès de sauvagerie nous pousse à nous éloigner des lacs et prendre de la hauteur.

Bref avec tout cela je suis de mauvais pelage, comme dit AàG ! En plus le chemin n’est pas facilement marchable car plein de pierres mobiles. Pas idéal pour mes chevilles. Quand il traverse des pierriers stabilisés (artificiellement) ça va bien.

Oui AàG a droit à une nouvelle tête à chaque fois, mais moi je suis un chat et je le reste ! 🙂

On passe de l’autre côté du col et tout de suite il y a nettement moins de monde, ouf.

Par contre ça reste un gros tas de cailloux, au propre comme au figuré !

C’est peut-être parce que la journée a mal commencé mais le paysage ne me séduit pas… je le trouve monotone et inintéressant.

En revoyant les photos deux ans plus tard je reconnais que c’est un peu sévère, mais c’est le ressenti que j’ai noté ce soir-là.

Dans la descente nous perdons le sentier en suivant des cairns trompeurs. C’est particulièrement galère pour progresser car, avec les buissons rampants, on ne voit pas les cailloux sur lesquels on pose les pieds. Mes chevilles me donnent des « avertissements ».

Je ne sors quasiment pas mon appareil photo, je suis totalement déprimée.

AàG propose de « couper » hors piste vers le col de Madamète ou de rebrousser chemin vers le col de l’Hourquette d’Aubert.

Fatiguée, je tombe plusieurs fois sur ce mauvais terrain. Je parviens même à m’étaler gracieusement, presque au ralenti, sur les buis !

Bref il est grand temps de faire une pause, ce que nous ferons au bord du lac Nère.

Ce coin n’est pas trop mal, avec tous ses laquets.

Cette langue de terre qui s’enfonce dans l’eau du lac d’Estagnol est esthétique.

Nous poursuivons notre marche arrière et remontons au col (alt. 2498m).

Nous faisons un petit détour par le lac d’Aumar, longé par le GR 10 et bien plus sympa que son voisin – et encore on a eu de la chance, le lac d’Aubert s’est retrouvé totalement vide quelques semaines plus tard.

Il y a moins de touristes que ce matin et l’endroit me plaît nettement plus. Au moins il y a un peu de vert !

C’est presque bucolique même si la faune et la flore de cette réserve nous auront paru fort mis à mal.

Nous redescendons ensuite au lac d’Orédon, 6 km plus bas.

Un cheval vient d’aller y boire une bonne lampée.

Ici aussi le niveau est bas, c’est logique car il est alimenté par le lac de Cap de Long auquel le lac d’Aubert sert de réserve. Enfin si j’ai bien compris !

On s’amuse des empreintes d’oiseau délicatement imprimées dans la boue.

Nous reprenons ensuite la D929 jusqu’au bout : le lac de Cap de Long, 2e plus grande retenue des Pyrénées françaises.

Son alimentation est un sacré bazar !

Il est arrivé un « petit » souci au chemin qui le borde… La taille des véhicules vous donne l’échelle de l’effondrement.

Vue sur le lac d’Orédon en contrebas:

C’est la fin de la journée, on se promène tranquillement sur le barrage. La première partie de la digue n’est pas haute, on s’amuse à descendre jusqu’au tunnel (qui sert surtout de toilette manifestement).

La seconde partie est bien plus vertigineuse.

Ci-dessus une autre vue sur l’effondrement. C’est tombé à gros grains.

Nous roulons jusqu’à Saint-Larry-Soulan, le gros bourg du coin. On y découvre en flânant un carillon de 12 cloches coulées sur place par Paccard, fondeur à Annecy.

Les deux anciennes cloches en airain exposées sous le carillon ont été mises à jour lors de la construction d’immeubles. Elles avaient été enterrées à 1m50 pour les protéger de la destruction.

La petite fait 300kg et date de la fin 13e – début 14e siècle. Elle porte la poétique inscription Jésus de Nazareth, je suis la voix qui invite à la fête.

La plus grosse fait 500kg et porte la date de 1507 ainsi qu’une inscription plus longue mais moins joyeuse.

Comme les bons restos sont fermés et que nous n’avons pas envie d’aller dans un snack, nous rejoignons Aragnouet pour dîner au sympathique « relais de Néouvielle ». Sa décoration est originale, jusqu’aux assiettes posées sur des vinyles !

Plusieurs personnes de la chambre d’hôte y viendront également, ainsi que la logeuse. Les plats nous réjouissent les papilles et nous découvrons la délicieuse frênette (cidre de frêne) dont nous ramènerons deux bouteilles 🙂

Au moment de quitter, le restaurateur nous hèle « Hep, vous n’allez pas partir comme ça ! » Ah ? Allez zou, il nous sert un petit génépi local ! J’y tremperai juste les lèvres, trop fort pour moi et puis je conduis… AàG se dévouera 😉

Bande-son : Joe Hisaichi – The Rain (Kikujiro)

Le circo de Barrosa depuis l’Hospital de Parzán

Ce matin c’est le départ définitif de Broto. Nous devons rectifier la facture de l’hôtel car ils avaient oublié de nous compter le petit-déjeuner du premier jour. En fait c’est pas faux que c’était mieux de l’oublier, celui-là 🙂

Nous prenons une très longue et petite route vers Bielsa. Après quelques courses, nous pique-niquons en bord de route à un jet de pierre de la frontière française. Le nombre de camions sur cet axe est simplement insupportable…

Depuis le lieu-dit « Hôpital de Parzán » (hospice de Bielsa, dont il ne resterait qu’un mur), nous allons rejoindre le cirque de Barroude (circo de Barrosa).

Au début du chemin se trouvent des vestiges d’installations minières sur lesquels nous reviendrons en fin de journée – le jardinage me démange trop :mrgreen:

On y voit notamment des haldes ainsi que la station inférieure d’un télé-benne magnifiquement rouillé, datant du début du 20e siècle. Il descendait le minerai (plomb argentifère principalement) depuis les mines du pic Liena.

Il est surnommé « Câble Luisa » car il part des mines Luisa (alt. 2430m). Il rejoint la laverie (alt. 1460m) via une station d’angle (alt. 1860m).

Un second câble aérien, le Transpyrénéen (el Transpirenaico), permettait de relier les laveries (alt. 1450m) au Pont du Moudang (alt. 1120m) via le port de Salcorz (alt. 2464m) ! En tout il faisait 10 km…

Hélas, la longueur principale se trouvait côté français, où tout a été vulgairement ferraillé en 1968 ! Les choses n’ont pas changé aujourd’hui : la France n’a toujours aucun égard envers son patrimoine minier, qu’elle cherche plutôt à cacher ou détruire 👿

Plus de détails sur ce câble transporteur ici et .

Le chemin des mines (camino de las pardas) nous tente énormément, il s’agit du chemin muletier construit avant la mise en place du funiculaire. Chaque benne permettait de transporter 300 kg de minerai, donc de remplacer 2 ou 3 mulets. Autant dire que c’était une revolución !

Malheureusement, avec cette matinée consacrée au trajet, il ne nous reste qu’une après-midi en Espagne… trop court pour envisager cette promenade.

Je ne m’y connais pas trop en champignons, cela semble une amanite tue-mouche qui a perdu ses verrues blanches ? En tous cas je n’aimerais pas être à la place de cette mouche…

En suivant le chemin nous croisons différentes amenées d’eau, à ciel ouvert façon rigole ou en conduite plus ou moins forcée. Du temps de la mine, cette eau servait pour la laverie et la centrale hydro-électrique.

Le canal de dérivation nous intrigue, avec sa voûte maçonnée et son parcours qui serpente. Il a été restauré en 2011.

La couleur donne envie, la température nettement moins, même si le soleil tape 😉 A côté de la vanne à guillotine se trouve le trop-plein permettant un débordement localisé.

Nous continuons à longer le río Barrosa en direction du cirque.

Les lieux sont boisés, l’eau vive cascade entre les rochers…

Ce n’est pas impressionnant mais simplement charmant !

Petit à petit la vue sur le cirque se dégage, tandis que le sentier (PR-HU 187) devient moins marqué. L’herbe le recouvre mais des cairns sont présents et il serait de toute façon difficile de se perdre.

Une crassulacée (sedum ?) :

Ca, dit AàG, c’est quelque chose qui a envie de se faire passer pour une orchidée mais qui est cheap 😆
Petite linaire à feuilles d’origan (Chaenorrhinum origanifolium) ??

Le ciel se couvre. Au loin il reste une plaque de neige.

Le panorama se dévoile sans effort, à la portée de tous. Un site très complet (je crois qu’on peut même dire exhaustif, oui oui c’est à ce point 😉 ) est dédié au cirque de Barrosa.

Nous arrivons en vue du refuge (cabane de Barrosa, alt. 1745m).

Il est gardé, mais le gardien est timide 😉

Des têtes de schtroumfs qui ont déteint :

L’aconit anthore est très toxique.

Nous flânons là un instant, profitant du lieu. Il n’y a pas un chat. Ah si, moi 😉

L’après-midi est trop avancée que pour monter à l’assaut du pico de Barrosa ou ses confrères. Le port de Barrosa est à 2534 mètres d’altitude.

Nous rebroussons chemin. Les cairns ne sont pas toujours en bon état.

Les marquages sont parfois usés. Je me suis demandée si ce visage en mousse était l’œuvre de la nature ou d’un plaisantin, je penche pour cette seconde option 🙂

Certains blocs sont monumentaux.

Ce scarabée bousier a dû me trouver un peu trop pressante avec mon appareil photo, il a préféré prendre son envol.

A la recherche de l’arche perdue ! Il s’agirait en fait de la station inférieure du câble aérien des mines Mallo Ruego.

Un ancien canal (glissière) dévale la pente, interrompu seulement par le chemin.

Cette conduite forcée (modernisée) rejoint une petite centrale électrique massacrée il y a quelques années, j’y reviendrai plus loin.

J’élague un peu les branches qui poussent n’importe où dans la structure parce que ça me fait mal au cœur de voir ces vestiges dans cet état.

Nous allons ensuite à la rencontre des ruines des installations minières (plan).


Pour la légende, voir lien sous la photo

Il y avait là beaucoup de bâtiments : logements des mineurs, cantine, atelier, magasin, transformateur, écurie, scierie, laboratoires,…

Sur ce plan incliné se trouve le système de mise en tension du câble, juste sous la station inférieure du Câble Luisa.

Des arbres poussent dans la molette.

Cet abreuvoir est daté de 1924. L’exploitation minière proprement dite cesse en 1928 à cause de la chute des cours de l’argent et du plomb.

Oh mais qui revoilà ? C’est mon copain !

Sur ma jambe une mouche se délecte d’une petite blessure, j’en profite pour la photographier. Grâce à AàG vous échappez au résultat – il trouve ça vraiment trop gore.

Le siège de la Société des Mines de Parzán, où logeaient le directeur et ses ingénieurs, est toujours debout. C’est la Casa Bosar, du nom du sous-directeur Jacob Bosshard. Elle est bien reconnaissable grâce à son œil-de-bœuf.

Nous n’irons pas voir la centrale hydroélectrique, je vous conseille ce site qui présente notamment deux vidéos en bas de page, réalisées avant… la remise en fonction, à gros frais, de la centrale !! 😯

Les anciennes installations, qui étaient toujours en place, ont donc été détruites 😦 👿

Nous retournons sur le chemin du haut, des micro-géologues s’affairent dans les verses. Nous rejoignons l’ancien pont (puen de Tartico) qu’on devine ci-dessus dans la végétation.

Nous reprenons la voiture et passons la frontière française. Nous ne serons pas trop dépaysés en arrivant à la chambre d’hôtes, elle aussi proche d’une centrale hydro-électrique :

Les conduites forcées ont une autre taille !

Ce qui nous choque est le bruit. Il y a une rangée de maisons de l’autre côté de la rue, presque tous les volets sont clos. Je n’imagine pas qu’on puisse habiter là.

Photo d’époque et propagande actuelle :

Vu le peu d’alternatives, nous prendrons l’option « table d’hôtes » et n’aurons pas à le regretter même si se retrouver soudain en nombreuse compagnie (7 autres touristes, en plus du couple de logeurs) est toujours un peu violent quand on sort des montagnes.

Peu après 22h je tente de me laver. En fait ce n’est pas une douche, c’est un vaisseau spatial ! Au bout de 2 minutes, je trouve la lumière – enfin les lumières. Je vois bien l’option radio ou téléphone, mais où est donc la commande pour l’eau ? 😆 Heureusement, même si je n’ai pas de doctorat, je finirai par trouver ^^

Bande-son : The Two – Sky

Oto et le village de montagne abandonné d’Ayerbe de Broto

Ce matin, pas de réveil ! Le luxe ! C’est quand même les vacances 😉

On se réveille vers 8h20 et on petit-déjeune dans la chambre. On flâne dans Broto, on achète quelques souvenirs, on admire l’église fortifiée dédiée à San Pedro. On a besoin de timbres et le « tabaco » est fermé, du coup on se rend au bureau de poste qui est ouvert… 1/4h par jour ! 😀

On prend soin de revenir à l’heure (dite) d’ouverture, pour se rendre compte… qu’ils n’ont pas de timbres pour l’UE. J’en voudrais un pour l’Argentine, la guichetière me demande à combien sont ceux-là. Euh ben j’en sais rien moi ? :mrgreen:

Nous roulons sur la piste après le camping d’Oto, au début pas de souci ça secoue juste un peu. Nous longeons le río Ara qui, sur ce tronçon morne et désolé, ressemble plus à une gravière à ciel ouvert qu’autre chose.

Les ornières remplies d’eau se succèdent et s’aggravent, finissant par nous mettre le doute : ne serait-il pas plus raisonnable de continuer à pied ? Si !!

L’endroit où quitter la piste pour emprunter le sentier muletier PR-HU-117 est très bien indiqué, peu avant le barranco la Guega.

Nous allons monter dans les bois. C’est tout de suite un environnement plus agréable 🙂 Les buis commencent à jaunir.


Mégère ou Satyre ?

Les couleurs de la zygène de la bruyère mettent en garde contre sa toxicité : elle sécrète des alcaloïdes et du cyanure. Si vous avez un petit creux, mangez plutôt des mûres 😛

La taille de la végétation diminue avec l’altitude et nous apercevons les ruines de terrasses annonciatrices du village d’Ayerbe de Broto, situé à près de 1200m d’altitude.

Nous arrivons par le haut d’une terrasse, un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur en pierres sèches permet d’accéder au niveau des maisons.

Le clocher nous étonne avec sa pièce rapportée. Seules quelques pierres, dont les deux linteaux, font la jonction entre la tour et son annexe.

Nous commençons par visiter la casa O Yerno, qui possède encore une magnifique cheminée aragonaise. De l’intérieur on peut voir que son « chapeau » est fêlé.

Nous passons par la porte verte, soigneusement ficelée pour éviter l’entrée d’animaux. Une mâchoire nous accueille.

Il y a tout d’abord l’âtre et le coin cuisine avec l’évier, la casserole, le four. L’intérieur est tellement sombre que ce n’est qu’au retour qu’on découvrira, sur les photos, qu’il y a des gravures sur une pierre du mur.

Au vu de quelques trous révélateurs, on se rend vite compte qu’il ne faut pas se fier au beau dallage, qu’il soit en carrelages ou en lauzes… Quand il n’y a plus de plancher, c’est moins dangereux 🙂

Les murs, portes et poutres sont peints en vert, rouge-brun, jaune ocre et toujours ce fameux bleu cobalt.

Des restes de matériel de camping sont présents : un sac de couchage, une bouteille de gaz…

Au grenier, on peut voir un panier en osier tressé contenant encore d’anciennes bouteilles en verre ainsi que le passage de la cheminée, près de laquelle un bouquet de plantes sèche depuis plus de 40 ans.

Cette cave voûtée, rez-de-jardin si je puis dire, était l’étable. On y accède par l’extérieur, après avoir involontairement fait fuir un serpent.

La pièce d’habitation profitait-elle de la chaleur animale malgré le lourd plancher de lauzes ?

Certaines ouvertures de portes et fenêtres sont biseautées :

Les buissons de ronces ont envahi les lieux et rendent quelques fois la progression douloureuse voire impossible. On leur pardonne car elles produisent des mûres énormes qui font le bonheur stomacal d’AàG !

Outre la flore on observera également des mouches à cul doré poilu (non on n’avait pas bu).

Quelqu’un identifie-t-il cette espèce de plante grasse formant de jolies fleurs roses ?

Ceci nous a assez intrigués car il ne tient qu’avec un coin de bois. Était-ce donc un axe destiné à tourner ? Après avoir imaginé mille et un dispositifs, ce devait en fait être… une simple croix dont le haut est brisé ! :mrgreen: La réalité manque parfois cruellement d’originalité.

En face, une belle vue sur le village d’Asín de Broto.

Joli linteau portant l’inscription gravée : M. AÑO. 1856. P.

La casa Cadena et l’école sont en ruines. Un étage est encore partiellement accessible (réservé aux casse-cous). Des bouteilles reposent sur une étagère s’effritant comme les cloisons et planchers encore présents.

Allons voir du côté de l’église (iglesia de la Natividad de la Virgen), bâtiment imposant dont la construction a commencé en 1765.


AÑO 1779

La nef ne possède plus qu’un moignon de toit, peut-être déjà effondré à ce jour. La clé de voûte du dernier arc ne tient plus qu’à un fil et les chapelles latérales sont dévastées.

On y voit encore, en rouge, le confessionnal.

L’autel, où l’on devine l’inscription peinte JHS, a perdu sa statue mais pas sa couronne de fleurs.

Il reste quelques décorations qui n’ont pas encore été complètement abîmées.

Les fonts baptismaux, avec une belle tête sculptée.

Ce lieu a certainement moins de valeur patrimoniale qu’une église mozarabe comme celle d’Otal, mais ça fend le cœur de le voir dans un état pareil…

La chatière est un peu petite 😉


AJURIA N°1 VITORIA

Nous sommes ignares et cette machine nous aura, là aussi, fait travailler l’imagination ^^ C’est une vanneuse permettant de trier le grain des impuretés.

La rue principale est pleine de panicauts… un bonheur pour mes jambes nues !

Selon O Zoque, le village a compté jusque 16 maisons et 91 habitants en 1857. Ils n’étaient plus que 43 en 1960. Le village s’est dépeuplé en 1973.

De nombreuses maisons ont été rehaussées, comme celle-ci.

Sa toiture a la particularité d’avoir un pan sans lauzes, elles semblent avoir été démontées.

Ici aussi on retrouve les fers à cheval inclus dans les maçonneries ou entre les pierres sèches, ainsi que les structures en buis pour les toits (sauf exception comme ci-dessous).

La fenêtre de ce bâtiment a été condamnée pour le rehausser.

S’il vous prenait l’envie de vous asseoir là, pensez à regarder au-dessus de votre tête…

Près d’une sorte de herse rotative nous trouvons la vanneuse n°3, en pleine forme :

Surprise, cette maison est soigneusement rénovée et sa porte verrouillée ! (ceci est un zeugma 😛 )

Ce doit être appréciable de venir dans cet ermitage lorsqu’on en a marre de la civilisation… je me demande où aller chercher l’eau par contre ? Faut-il descendre jusqu’au barranco San Pedro ?

Nous nous asseyons là, le banc est tout confort et son toit nous protège de quelques gouttes de pluie pendant notre maigre pique-nique : du pain, rien que du pain… le reste a été oublié dans la voiture.

Qu’importe, cela vaut tous les festins puisque nous assistons à un ballet de rouge-queues, d’hirondelles et même de vautours ! C’est dans ces moments-là qu’on se sent vraiment appartenir à un tout ❤

Je profite de ce spectacle, de cette pause, et prends également le temps d’écrire quelques cartes postales pendant qu’AàG part enregistrer la vie des lieux.

Borda de era qui se fait coloniser par un roncier.

Au-dessus du linteau il est gravé AÑO DE 1872, avec le N à l’envers comme souvent.

La cahute ci-dessous donne une bonne opportunité de voir la structure du plancher.

C’est comme un puzzle où il manquerait des pièces…

C’est pas toujours évident d’accès :mrgreen:

Ci-dessus il y a deux techniques différentes, la partie haute du toit est « classique » avec des branches de buis alignées parallèlement, et la partie basse est comme tissée. C’est en parfait état.

Dans une cour de ferme nous ferons de sympathiques découvertes, comme ce beau linteau gisant au sol et affichant modestement « ano 1779 » (à moins que ce ne soit 1772 ?).

Là c’est moins évident à voir mais la protection épineuse m’a gardée à distance et… j’ai pas un gros zoom, moi 😉 Il y a une croix gravée avec un Golgotha au-dessus de la fenêtre et des espèces de volutes en-dessous.

Ici c’est curieux, seule la première moitié de la pierre a été gravée. Ont-ils mal géré l’espace ou voulaient-ils garder de la place pour une suite ?

ano 1664
iesus maria
iosef

J’ai adoré ce tapis moussu. A l’époque on avait presque le même à la maison :mrgreen:

Une ruelle pleine de charme. De toute façon c’est obligé, quand il y a de la mousse, il y a du charme 😉

Une croix plus élaborée, qui s’évase en forme de cœur, sur le linteau d’une porte remurée (Casa Antón ?). Je ne l’ai à nouveau photographiée que de loin, mais AàG a finalement bravé les ronces pour la prendre correctement !

L’intérieur ne tient pas les promesses de la façade.

Il y a quand même l’impressionnant foyer avec le départ de la cheminée.

Nous rebroussons petit à petit chemin, l’heure du départ a sonné.

Évidemment on découvre au passage tel ou tel détail qui nous avait échappé, comme cette fleur sculptée ou cet arbre n’ayant pas trouvé meilleur endroit pour pousser !

Et puis la lumière a changé alors ça donne envie de refaire des photos… hum hum.

Ce qui est amusant ici c’est qu’il reste les feuilles du buis. (Si vous trouvez que je suis très « toiture » en ce moment, ne vous inquiétez pas, c’est normal 😆 )

Bon allez il faut bien s’arracher…

Nous sommes de retour à la voiture vers 19h.

Sur la route nous visitons Oto, qui est un magnifique petit village.

On y retrouve les même éléments typiques : chimeneas cilíndricas et dates gravées.


ANO 1766

La tour de l’église nous a paru un peu délabrée. Il y a une date ANO 1624 sur un coin.

Je dois dire qu’à partir de là j’ai été assez dissipée. Nan, pas parce qu’il y a une épée phalique gravée tsss. Figurez-vous qu’il y avait *plein* de chats affamés.

Et, si vous avez bien suivi, nous avions donc la garniture du pique-nique qui traînait dans la voiture… bref cela a fait quelques heureux ! 😀

L’une des cloches déposées devant le porche date de 1843 (Santa Barbara, encore elle) et l’autre de 1948.

Retour à Broto et repas à La Tea pour la quatrième et dernière fois…

Bande-son : Sólstafir – Lágnætti

Canyon d’Ordesa

L’orage fut énorme et dura toute la nuit. Spectacle son et lumière assuré ! Au matin, vu notre manque d’envie de renouveler l’expérience « petit chimiste » de la veille, nous avons prévu de quoi petit-déjeuner dans la chambre.

Durant l’été, la longue et étroite route vers el Valle de Ordesa est interdite aux véhicules particuliers, des navettes de bus sont organisées depuis Torla. Nous achetons nos tickets alors qu’il recommence à pleuvoir. Le temps d’acheter un pain et nous sautons dans la navette de 9h20. Le chauffeur est sympa et vers 9h30 l’averse s’arrête, ouf.

Depuis la Pradera (alt. 1320m) il existe principalement deux possibilités pour rejoindre le cirque de Soaso. Nous choisissons la voie haute, surnommée le sentier des chasseurs (Senda de los Cazadores).

Un panneau précise que ce chemin est « très dangereux », une très bonne chose : cela limite le nombre de personnes qui l’empruntent 🙂 (en vrai, il doit effectivement l’être lorsque le temps n’est pas beau)

Le sentier commence après le pont de los Cazadores par une dénivelée d’environ 600m composée de lacets en forêt. Il fait froid et ça grimpe sec.

La végétation est encore détrempée.

La brume donne comme toujours une ambiance fantomatique.

Un tronc coupé se prend pour un arc-en-ciel…

Malgré les arrivées groupées dues aux bus, on ne se marche pas dessus. Les randonneurs s’échelonnent, chacun prend son rythme. Une bonne partie des visiteurs, et notamment toutes les familles, ont pris le chemin du bas (GR 11).

Nous arrivons à une bifurcation et prenons à gauche. Après avoir contourné une barre rocheuse nous rejoignons le mirador de Calcilarruego, qui offre un magnifique point de vue sur la vallée.

J’espère que la cascade de Cotatuero vous plaît car vous risquez de la revoir une paire de fois d’ici la fin de cette balade 😉

On aperçoit une rivière en contrebas, le río Arazas.

Je croyais que les chiens étaient tout-terrain mais apparemment non, en tous cas celui-ci se blesse les pattes sur les cailloux du chemin s’il n’enfile pas ses petites chaussures (ridicules, foi de chat de fauteuil ! 😉 ).

Vue sur la falaise d’en face, Monte Arruebo et Punta Tobacor.

C’est par là que passe le 3e itinéraire, celui que j’aurais aimé prendre… la vertigineuse « vire des fleurs » (faja de la Fraucata ou faja de las Flores) ❤ J’avais vu des photos magnifiques de ce parcours aérien mais nous l’avions mal repéré sur la carte.

Certains passent les clavijas de Cotatuero sans équipement, euh… je ne m’y serais sans doute pas risquée. D’autant plus vu comme tout est humide et glissant aujourd’hui !


Refuge de Calcilarruego

Ce sac de nœuds racines était impressionnant. Nous quittons enfin le point de vue pour poursuivre notre chemin.

Profitez bien de cette photo parce que c’est pas tous les jours que vous verrez un dieudeschats apparaître 😛

A partir d’ici c’est plus ou moins à plat. C’est la Faja de Pelay, un sentier en balcon à mi-hauteur de la gorge. Il est long de 7km.

Par beau temps il n’y a pas spécialement de difficultés, simplement il ne faut pas trébucher ou avoir le vertige.

Nous sommes de l’autre côté du fameux cirque de Gavarnie. Sortant des nuages, on peut apercevoir la fausse brèche, la brèche de Roland (alt. 2807m) et le casque du Marboré :

Il y a de drôles de plantes mais je ne pourrai pas vous en montrer beaucoup, la plupart de mes macros étaient floues 😦

Oui bon ok celles-ci aussi, mais je les aime bien quand même 🙂

Nous croisons un autre « refuge » (abri ouvert similaire au précédent).

Le parcours offre des points de vue remarquables…

…quand il n’est pas dans les arbres 🙂

Nous pique-niquons en contrebas du sentier dans un verdoyant chaos rocheux.

Petit tour d’horizon : en bas et en haut.

Sans oublier en face :

Devant nous s’ouvre la fin de la gorge, le cirque de Soaso surplombé par les « trois sœurs » (Tres Sorores) : Cilindro, Monte Perdido et Soum de Ramond.

Les nuages restent agglutinés aux sommets (ce sont des 3000m), tandis qu’ailleurs le ciel bleu apparaît.

Les bourdons butinent ferme les carlines. Ah ben on n’est pas trop de deux parfois !

Notre sentier franchit l’une ou l’autre petites cascades, mais c’est celle d’en face qui me fascine. Je ne sais pas quel est ce petit barranco qui fait ce coup de bistouri dans la falaise !

En-dessous de nous nous voyons le GR 11.

Nous descendons progressivement à sa rencontre. Et il n’y a pas que nous qui descendons car nous remarquons, suspendu dans les branches d’un sapin plus bas sur la pente, un gros bloc de pierre !

Paysage en gris et vert.

Le cirque de Soaso est royal avec sa sombre couronne de sapins.

La falaise se fait plus majestueuse au-dessus de nous.

Le sentier est de plus en plus souvent transformé en ruisseau mais en s’aidant des cailloux et des racines on garde les pieds au sec.

Ça ne semble pas se rapprocher, et pourtant !!

Ou alors c’est peut-être que je fais trop d’arrêts photo :mrgreen:

Allez un dernier effort…

…et on y est !

Notre destination est la bien-nommée cascade de la queue de cheval (Cola de Caballo). Vous êtes priés d’imaginer le bruit qui va avec, et non ce n’est pas un hennissement 😉

AàG ne peut résister à aller tester l’étanchéité de son appareil photo les embruns, ça se comprend !

On aurait bien aimé monter au refuge de Góriz mais on n’aura pas le temps, et peut-être pas l’énergie non plus.

Aussi, après une pause, nous repartons. Cette fois par la piste du bas, le GR 11.

Il longe la rivière, le fougueux río Arazas.

Sur le GR 11 aussi le panorama est splendide, tant vers le haut que vers le bas.

Gradas de Soaso :

Je sais pas vous, mais moi j’ai préféré cette cascade-ci par rapport à la Cola de Caballo

Cette succession de gradins et de vasques est moins tape-à-l’œil et me charme davantage. C’est plus coloré et plus végétationnu 🙂

Avec les couleurs automnales ce doit être encore plus beau.

Quelques perséides capturées 😉

La falaise surplombe le chemin, j’ignore si cela a été entièrement creusé ou s’il s’agit en partie d’une érosion naturelle.

Nous quittons ensuite la rivière pour nous enfoncer dans la forêt.

Les arbres et leurs racines constituent un sujet inépuisable…

De la mousse à pattouner, ça j’aime 🙂

Nous arrivons aux chutes suivantes, les cascadas de la Cueva y del Estrecho.

Ça donne envie d’aller décoincer ce tronc, non ?

Plutôt que regarder où on pose les pieds, ça vaut la peine de lever le nez de temps en temps :

Ce chemin du bas (GR 11) est sympa mais curieusement il nous a paru plus long que celui du haut (Cazadores + Faja de Pelay). Fatigués, vous dites ? Paaaas du tout !

Ambiance un peu film d’horreur, vous ne trouvez pas ?

Nous voyons le bus de 18h30 démarrer, nous attendons celui de 18h50 qui partira finalement avec 20 minutes de retard. C’est le même chauffeur qu’à l’aller.

A Torla nous ne trouvons qu’un restaurant auriculaire… Nous préférons retourner à La Tea, où le serveur commence à nous connaître. C’est parti pour une bière au citron !

Pour ceux que la balade tente, voici le descriptif pratique de Mariano.

Bande-son : Mano Solo – Trop de silence

Le village de montagne abandonné d’Escartín

Nous empruntons la même route qu’hier, cette fois jusqu’à Bergua. Sur les 10 derniers kilomètres, il s’agit davantage d’une piste que d’une route ! Le revêtement est dans un état de détérioration plus qu’avancé, même à l’aune de critères belgikistanais 😆

Ce village très ancien fut important dans la région et ne manque pas de patrimoine à admirer. Il s’est retrouvé presque dépeuplé pendant des années, à présent la dynamique s’inverse et ça fait plaisir.

Il manque un morceau de la cloche et elle a une grande fêlure. Il y a une autre cloche plus petite. Au pied de ce clocher-tour se trouvent des tombes fleuries.

Malgré les citations d’Epicure, crânes de vache peints et autres détails sympathiques, nous ne nous y attarderons pas : le chemin des champignons nous appelle 😉

Sous un arbre, le chemin est recouvert de fruits mûrs faisant le délice de centaines de guêpes surexcitées. Gloups !! Pas d’alternative, il faut passer là… Un peu effrayant mais pas de piqûres à signaler.

Le chemin muletier s’enfonce dans l’ombre rafraîchissante, il est encore très bien pavé par endroits.

Ambiance jungle avec une drôle de sculpture 🙂

Deux passerelles permettent de franchir les ruisseaux de la Pera et Forcos, ensuite le chemin remonte le long du barranco Forcos (qui va devenir le barranco Otal).

Une maison très isolée se trouve là, avec de surprenants panneaux annonçant des boissons fraîches ?! 😯

La cascade est presque à sec. En nous retournant nous voyons au loin Bergua, noyé dans l’immensité de la forêt.

Ce bâtiment semble un abri pour les bergers et/ou leurs troupeaux. La date 1872 est gravée sur le linteau ainsi que dans l’embrasure de la porte.


Inscription latérale en noir : A. CASETA FERRER DESCANSADOR

Nous apercevons notre destination, le village dépeuplé d’Escartín (alt. 1360m), situé à peu près au milieu de nulle part :

Les terrasses, impressionnantes, accueillaient diverses cultures : blé, avoine, pommes de terre et légumes.

Et nous voici à la première maison, ou du moins ce qu’il en reste.

Des carcasses soigneusement nettoyées sont dispersées sur l’herbe, signe de fréquentation par les vautours. Ils ne sont pas présents aujourd’hui mais un autre oiseau fait le guet depuis le faîte du toit.


Año 1917

Un escalier à l’ancienne mode, c’est-à-dire des dalles plates ressortant du mur en porte-à-faux :

Cet effondrement semble relativement récent car la mousse et les ronces n’ont pas encore colonisé les poutres en bois comme c’est le cas ailleurs.

Nous découvrons une première cheminée aragonaise, qui ne sera pas la seule.

Une vache se dissimule sur cette photo 😉

Les vaches abîment les maisons, mais il faut reconnaître qu’elles aident à garder ouvertes les rues (cfr. ci-dessus).


† AÑO DE 1853 ? ou 1893 ?

Le village vivait de l’élevage mais c’étaient principalement des troupeaux d’ovins et caprins (moutons et chèvres). Il y avait aussi des poules, des lapins, des porcs… c’était une économie de subsistance.

Les maisons sont grandes et les détails architecturaux soignés.

Fenêtre avec volets ou fenêtre avec barreaux pour votre chambre ? 😉

C’est ici que nous pique-niquerons. Recto / verso :

Nous découvrons un puits à eau.

Il y avait 18 maisons. Le pic de population se serait produit au milieu du 18e siècle avec 178 habitants, en 1910 il en restait encore 137.

Nous nous engagerons précautionneusement à l’intérieur car le plancher craint. Nous trouvons un lit, un soulier, une brouette, un meuble…

…et ceci que nous n’avons pas pu identifier. Est-ce que cela servait pour le grain ? pour la laine ?

Juste à côté, sur le sol, un petit tas de poudre de pigment bleu intense. Un nid d’oiseau. Une pièce sans plancher. Des chiffres écrits sur le mur. Un coffre. Un escalier. Presque un inventaire à la Prévert.

Ce qu’il reste de la belle Casa Pedro Escartin :

La vie était rude sans eau courante, sans électricité, sans route d’accès. Les gens ont émigré petit à petit vers de plus grandes villes. Il n’y avait plus que 6 familles dans les années 1950.

Au final deux frères sont restés vivre là tout seuls pendant un an, avant de quitter eux aussi. C’était en 1967 (1966 selon le cahier dans l’église), ils sont allés à Bergua. La Casa Navarro était leur maison :

Aujourd’hui le village est tristement en ruines, même si c’est l’un des mieux conservés que nous ayons vus.

La végétation a envahi les ruelles, les façades, les toits, et jusqu’à l’intérieur des granges et des maisons. En contrepartie certains se gavent de mûres !

Certains tentent d’interdire l’accès aux vacas.

J’aime beaucoup le soin apporté aux murs en pierres sèches et à leurs ouvertures, qu’il s’agisse des portes, des fenêtres ou des arches.

Nous arrivons sur la place du village.

La gravure du linteau nous apprend qu’il s’agissait de la forge : HERRERIA AÑO 1920.

A côté se trouve la fontaine (fuente) et le lavoir peint en bleu. Une tête sculptée s’y trouve.

Il y a des miracles à Escartín : des piliers s’ouvrent en fleur sous la pression, des murs penchent ou se bombent, des clés de voûte souffrent… et pourtant tout cela tient encore debout, malgré tout.

Les planches ont été mises en travers pour éviter que les vaches ne tombent dans le trou. La gravure recouverte de mousse indique 1905. Certaines maisons sont bien plus anciennes, la casa O Royo porte la date de 1612 par exemple.

Ici on voit bien l’utilisation du buis pour les planchers et toitures :

Une maison plus récente équipée d’un balcon, d’une gouttière et d’une fenêtre joliment sculptée où l’on devine encore le bleu de cobalt.

Oui j’aime les arches 😉


Año 1887

Là, je dois sérieusement revoir mon hypothèse que les fers à cheval fichés dans les murs servaient pour attacher les bestiaux… :mrgreen:

Il y avait plein d’affiches annonçant différentes festivités à Escartín. Il semble que certains s’attachent à garder vivantes les traditions de fêtes et de danses du village 😉

Il faut être prudent quand on passe devant les maisons car certaines sont occupées…

Et il ne serait pas bon de surprendre ou faire paniquer lesdits occupants ! ^^’

Un tapis de crocus d’automne qui ne rend pas grand chose en photo :


Un petit PR-HU-117 pour Alcib 😉

Entrons dans l’école. Cela ne se voit pas beaucoup ainsi mais cette armoire et ce mur étaient couverts de signatures et de témoignages de 1979 à nos jours.

Il s’agit notamment de descendants qui viennent découvrir le village de leur mère ou de leur père, et qui s’interrogent à juste titre :
Porque no se ver todos aqui un día?
Porque no salvar iglesia, escuela y algunas casas?

Allons voir la remarquable église San Julián, d’origine romane, dont le clocher nous nargue depuis le début.

Il a beau ne plus avoir de toit et être lézardé, il a encore fière allure non ?


IHS

Sous le porche, la porte est fermée par une ficelle et barrée pour les vaches. Remarquez le linteau fissuré dont une pierre ne tient plus que par habitude.

La nef est un peu trop sombre pour prendre des photos correctes sans trépied. Voici le chœur. Sur un autel voisin se trouvent des images votives et des bougies.

L’autre côté, disons le narthex si ça peut s’appliquer ici, où l’on distingue le début de l’escalier (très dangereux) vers le clocher :

Partout cela fourmille de détails : un gros cœur bleu sculpté au-dessus du bénitier, les colonnes dont les chapiteaux gravés sont tous différents, les étoiles et les fleurs peints au ciel de la nef, les clés de voûte sculptées, d’anciens motifs géométriques peints dans les parties rouges…

La cloche n’est pas en reste, avec sa riche et délicate ornementation. Elle date de 1904 et est malheureusement amputée d’un gros morceau au niveau de la pince. Ça la déséquilibre et de ce fait elle repose contre le mur.

Comme à Otal, elle est dédiée à Santa Barbara, protectrice de la foudre.

Des pierres tombales sont présentes dans la nef ainsi que dans le mur extérieur de l’église, autour de laquelle se trouve un petit cimetière. On y retrouve les dalles-blocs verticales vues par ailleurs.

Vue sur la Casa Ferrer depuis le haut du clocher :

Sous le porche se trouve une boîte aux lettres avec un livre d’or inauguré par José María Satué Sanromán qui est né à Escartín en 1941. Il y a vécu jusque dans les années 1960 et est l’auteur de plusieurs livres.

Nous sommes descendus voir sa maison, la Casa Ferrer (photo d’époque) et sa belle chaminera. Nous n’y sommes pas entrés, la porte de la cour ne s’ouvrait pas. Certains éléments sont partis au musée de Sabiñanigo.

Nous poursuivons nos déambulations. C’est fou le nombre de carcasses de vaches qu’on peut trouver (je vous les épargne !)

Tiens, une maison qui porte un numéro ! La splendide cour intérieure n’est plus qu’une immense bouse, ce n’est pas évident de la franchir sans en avoir jusqu’aux chevilles voire plus :mrgreen:

Il reste encore les banquettes en bois entourant le foyer de la cheminée.

Là-haut, outre une magnifique charpente, il reste un lit métallique, une tourie, des casiers en plastiques, des sacs à gravats, des tuyaux… bon ok le contenu hétéroclite d’un grenier, quoi ! 🙂

Nous ne nous lassons pas du charme des lieux…

Détail sur un portail :

Ci-dessous je crois, sans certitude, que c’est la cheminée de la casa Lacasa (le nom ne s’invente pas ! 😉 ).

Linteau triangulaire :

Le petit cagibi abrite un râtelier.

Au revoir Escartín. Il est 17h, temps pour nous de prendre le chemin du retour.

Nous rejoignons Bergua assez rapidement, vers 18h15 nous sommes déjà à la voiture. Étonnamment elle est mouillée alors que là-haut nous n’avons pas eu une goutte de pluie de la journée.

Je ne vous avais pas montré le porche de l’église, il en vaut la peine même si la photo est pourrie :

Nous nous rendons à Torla, où nous apprenons qu’il y a un quiproquo concernant la chambre que nous pensions avoir réservée. Et bien sûr tout est plein partout.

Nous sommes dirigés vers un hôtel tenu par la même famille, à Broto. Finalement ce n’est pas pour nous déplaire car l’environnement y est beaucoup plus calme que Torla 🙂

Nous prendrons une pizza au resto La Tea, il y a beaucoup de monde mais ça vaut la peine d’attendre !

Bande-son : Laura Veirs – July Flame

Canyon d’Añisclo

La nuit dans cet hôtel familial de Broto, nous bénéficions de bourrins vers minuit ainsi que de toute une symphonie de tuyauteries. De la vraie « musique de chambre » 🙂 Le petit-déjeuner est plutôt frugal et industriel (ultra-chimique, dit AàG !) mais pour le reste la chambre est meilleure qu’à Sallent.

La météo du jour est hésitante : tormenta possible. Du coup nous décidons d’aller dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu pour voir el cañón de Añisclo par le bas. En français il s’appelle canyon de Niscle, ça ne sonne pas très bien à mes oreilles. Comme la route est en sens unique en été, nous devrions faire un détour de… 30km ! Bon ben on finira à pied hein.

Dans un premier temps nous voulons suivre le circuit de San Úrbez mais il y a peu de balisages et nous prenons sans doute un mauvais sentier. En tous cas, après une ruine de moulin (molino de Aso), il finit droit dans le río Aso…

Logiquement ça devrait passer quelque part, mais on ne voit aucune suite en face et on ne trouve ni pont ni gué. AàG franchit quelques pierres en sautant, glisse et tombe dans la rivière. Il se fait mal au mollet, quant à l’appareil photo c’est un miraculé.

Nous ne nous acharnons pas davantage, tant pis pour la boucle prévue. Nous devons tout remonter… pour descendre de l’autre côté.

Note : si vous y allez, voici une description précise de cette promenade, qui complète joliment la journée.
Et voici une carte du coin.

Une moche passerelle jouxte ce magnifique pont ancien (puente de San Úrbez) pavé de galets de rivière. Un couple en tenue de mariage y prend la pose pour un photographe.

La vue est imprenable, tant vers le haut que vers le bas :

Nous passons sur la rive gauche du río Bellós.

Une large piste mène à l’ermitage troglodyte de… San Úrbez, bravo je vois que vous suivez ! 😉 Une chapelle y a été érigée (photo de l’intérieur pour les curieux).

Cet abri sous roche (alt. 938m) a été aménagé à l’un des endroits où San Úrbez aurait vécu. Ce moine, né en 702 à Bordeaux, aurait fui les Sarrasins. Il y avait quatre pèlerinages par an, j’ignore si cette tradition s’est maintenue.


Fontaine

San Úrbez est particulièrement invoqué pour faire venir la pluie en période de sécheresse. Peut-être est-ce lié à la légende : il aurait « pleuré ses peines » dans ce refuge, générant ainsi l’humidité de cette grotte !

Le chemin, très touristique jusqu’ici, continue en se rétrécissant peu à peu.

Au début il longe la rivière de près.

Nous changeons de rive au pont de Sangons et quittons le GR 15 peu après.

Nous continuons à remonter la rivière, sur les versants du pic Mondoto qui culmine à 1957m.

Il y a près de 1000 mètres de falaises au-dessus de nous (Sestrales Alta : 2101m d’altitude). Nous passons la Palanca de las Caixicariellas.

Difficile de rendre justice à ces jeux d’ombres et lumières, en réalité bien plus beaux.

La faune locale est assez étrange 😉

Le canyon s’élargit et le panorama s’ouvre.

Nous sommes à la Palanca de Cumaz.

Les quelques panneaux directionnels nous font rire car ils sont ‘commentés’ : des randonneurs ont ajouté ou corrigé les durées de marche 😉

Le sentier s’éloigne de l’eau et monte soudain de bien 150 mètres. Avec la densité de végétation on ne voit même plus la rivière. On l’entend seulement.

Nous sommes dans une hêtraie à la fraîcheur agréable, Selva Plana.

Il se produit dans ce canyon une inversion thermique qui fait que les chênes verts se retrouvent en haut et les hêtres au fond du ravin.

Une pensée pour Dame Ambre qui, je pense, apprécierait le lieu.

Une passerelle métallique que Dr. CaSo passerait à présent les doigts dans le nez 😉

Nous commençons à revoir la belle couleur turquoise des bassins.

Les cascades se succèdent…

En conséquence de quoi le sentier grimpe, bien sûr !

Un champimignon, variété indigène 😉

La vie est opiniâtre. De l’importance des racines…

Et nous voici parvenus à La Ripareta (alt. 1405m), notre destination.

L’endroit est charmant et nous nous y attardons volontiers.

La photo qu’il prenait :

Prière de ne pas glisser !

On s’amuse à photographier le flux et ses turbulences.

On dirait presque du papier bulle 🙂

C’est un spectacle extrêmement reposant.

Les bulles vertes, je ne sais pas trop si ce sont des œufs de quelque chose ou si c’est végétal. Je penche pour cette dernière option.

Ça se répète un peu mais on ne se lasse pas du lieu…

Le générateur de papier bulle 😉

Je me suis fait des copains un peu apathiques mais très élégants, avec un masque doré, des souliers dorés, des ailes dorées… Pourtant, étant petits, ils étaient bien dans la merde !! (larves coprophages)

Cette mouche noir & or est une « mésembrine du midi » (Mesembrina meridiana).

J’ai fait ce que j’ai pu mais je ne suis pas Ksé 😉

Rapidement j’aviserai un autre copain qui se chauffe également au soleil… C’est un lézard des murailles je pense.

Je suis absolument fan de ses orteils. Et quel athlète !

Durant les deux prises suivantes, le lézard n’a plus d’yeux que pour la mouchette qu’on voit dans le coin inférieur gauche. Elle ne fera pas long feu face à ce redoutable prédateur.

Nous nous retrouvons soudain seuls. Des coups de tonnerre retentissent au loin, comme les fins d’après-midi des jours précédents.

Allez, un dernier portrait avant de partir… je ne lui ai pas demandé de sourire car il avait peut-être encore un bout d’aile coincé entre les dents (si si, ça a de toutes petites dents !).

Nous ferons le retour au pas de course. Il ne s’agit pas de se payer un orage ici, le niveau de la rivière peut monter en quelques minutes dans cette gorge étroite.

Et pourtant ces vasques donnent envie de s’y baigner, et ces mousses de pattouner !

Ce n’est qu’à la sortie des gorges que nous retrouvons le soleil. Comme d’habitude le ciel redevient bleu quand on s’éloigne de la France !


Chrysope ?

AàG profite que le pont ait été libéré par les mariés.

Vue générale, surexposée afin de permettre de voir jusqu’au fond du défilé :

Nous remontons au parking en même temps qu’un groupe de canyoneurs. Une dénommée Sara traîne la patte, fatiguée, et un camarade aussi foufou qu’un jeune chien lui joue des tours 🙂

Il est 18h18 quand nous arrivons à la voiture, nous reprenons l’étroite route. Nous ne visitons pas Fanlo car nous sommes fatigués même si ce n’était pas une grande randonnée.


Nuage Asperatus ?

A Broto il commence à pleuvoir. Nous faisons quelques courses puis allons manger de délicieuses salades au restaurant La Tea. Au loin le spectacle des éclairs est splendide.

Bande-son : Laura Veirs – I Can See Your Tracks

Le village de montagne abandonné d’Otal (2/2)

Enfin abandonné… pas tout à fait, comme nous le verrons !

Après la visite du village et de l’église, nous allons migrer vers le bas du village.


Cheminée aragonaise et gargouille

Ces couleurs nous ont surpris ! Voilà un intérieur qui semble plus récent que bien d’autres.

L’escalier d’accès au grenier est cependant en piteux état.

Otal se trouve sur une sorte de promontoire entre le barranco de Artosa et le río Forcos (ou barranco de Otal).

Un espace dégagé formant terrasse offre une belle aire de décollage (et de dépeçage) aux vautours.

Les voir (et entendre !) s’envoler et tourner au-dessus de nous était un spectacle magique… La Beauté du Monde, comme dirait Moukmouk.

Dans les anciennes maisons, notamment autour de l’âtre, le sol est constitué de grosses dalles en pierres… propres à inspirer confiance ?

Ces lourdes dalles reposent en réalité sur des poutres en bois dont la solidité n’est plus forcément au rendez-vous !

Je me demande comment la grille de ce balcon a pu se retrouver dans cette position ?

Vue générale sur une ruelle envahie de végétation, et détail sur un nid d’oiseau dans une maison. Y a pas de raisons que seules les vaches s’approprient les lieux ! 😉

Une belle découverte nous attend : la Casa O Royo (qui n’aurait pas dû boucher ainsi l’arc de décharge, voyez la clé de voûte).

La porte est bien fermée…

…à cause des vaches qui ravagent tous les endroits où elles parviennent à s’introduire !

D’ailleurs si elles n’ont pas compris le message (elles parlent peut-être espagnol comme une vache française ? 😆 ), elles sauront à quoi s’en tenir avec les crânes de leurs semblables qui décorent le hall d’entrée.

Il y a donc encore une maison vivante dans ce village, ça fait plaisir 🙂

Un étançon aide à soutenir une poutre qui s’affaisse, probablement à cause d’un pesant sol en pierre au-dessus.

Outre le mobilier d’époque, la casa contient du matériel de camping ainsi qu’un peu d’eau, de bois de chauffage, de nourriture…

C’est un joyeux bordel, à l’image de cette armoire contenant pêle-mêle des jeux, une pharmacie, des boîtes à tabac, des livres, un harmonica… c’est super chouette et accueillant !

Ces photos-là, je les ai spécialement prises pour Mahie 😉 (la seconde est un banc)

Pour ceux qui préfèrent les natures mortes :

Voici l’âtre avec ses banquettes en bois et sa table rabattable.


Carlines ou cardabelles

Désolée pour le bruit sur les photos prises avec mon petit compact. Il y a peu de fenêtres donc peu de lumière (sans parler du plafond noirci par la suie) alors j’ai été obligée de monter assez haut dans les ISO pour ne pas que ce soit flou.

AàG n’a pas ce problème avec son réflex et a pu se permettre de booster un peu plus.

Ce premier étage fourmille de surprises et de détails dans tous les coins, à chaque nouvelle trouvaille on pousse des oh! et des ah!

Le second étage comprend d’autres chambres et est plus sobre.

Un magnifique coffre en bois dont on voit bien les traces d’usure.

Nous ressortons enchantés de cet univers particulier. Longue vie à la casa O Royo, et n’oubliez pas de fermer la porte et les fenêtres 😉

Le toit d’en face est également rafistolé à l’aide d’une bâche :

Oh et j’ai oublié de vous parler des peintures rupestres 😀

Certains doivent se faire de beaux camps ici durant l’été !

Le sentier PR-HU-3 permet de rejoindre Ainielle.

L’arche vue par l’autre côté.

Nous continuons notre visite après une séance de cueillette de mûres.

Dans ce bâtiment fermé (et pas que pour les vaches, cette fois !), nous distinguons à travers l’ouverture toute une collection de bancs et de tréteaux.

Il y a donc encore des rassemblements… peut-être les anciens habitants qui reviennent fêter la San Ramón fin août ?

Les dates gravées sont très répandues, les croix moins.


AÑO 1871

Régulièrement des anneaux ou des fers à cheval sont fichés dans les murs, ils servaient à attacher les bêtes.

Certaines bouteilles de cette étagère sont encore entières, alors que tout s’est effondré autour !

Un râtelier pour le fourrage.

Cet anneau-là n’est pas pour les bestiaux, enfin pas pour les mêmes 😉

Faufilons-nous…

Derrière ces veaux se trouve un puits (pozo) qui était accessible par deux niveaux. Bien utile vu la pente des terrains !

Il date de 1841 et est équipé d’une sorte d’évier avec un trou d’évacuation. Abreuvoir ? Lavoir ?

Nous avions vu un autre puits précédemment, couvert lui aussi. Et qui sert encore, apparemment ! Il y avait de l’eau au fond, et malheureusement plusieurs bouteilles en plastique aussi 😐

Ça c’est du soufflet !

Certains n’ont plus vu de coiffeur depuis longtemps 🙂

Nous prenons congé des habitants.

Nous voici partis. Nous serons restés environ 4 heures.

Nous ne prenons pas le même chemin qu’à l’aller, nous préférons emprunter le GR15.

Dernier regard sur Otal.

Ça monte pour le retour, bon on ne peut pas non plus dire qu’on s’est beaucoup fatigué aujourd’hui donc ça va !

Le GR15 va au Puerto de Otal, nous devons le quitter à un moment pour obliquer vers Cotefablo. Sauf qu’en fait, son parcours ne colle pas avec notre carte !

On se retrouve trop près de Yésero et pas moyen de rejoindre le bon chemin car il y a une simili-falaise. Il faut contourner, c’est assez long.

Il est presque 20h quand nous arrivons à la voiture, nous aurons mis 3h. Au moins cela nous aura fait bénéficier des belles lumières du soleil couchant !

Nous allons manger au restaurant Mingo à Escarilla. Les gens sont gentils et le repas est super : une soupe aux haricots blancs à tomber par terre et je ne parle même pas du gâteau au chocolat qui était presque à la hauteur d’un Sachertorte 😯

Mamma mia, moi qui pensais que « chocolat espagnol » était un oxymore !

Notre grand malheur est d’avoir découvert ce restaurant trop tard : c’est déjà notre dernier soir dans la région 😥

Bande-son : Laura Veirs – Make Something Good

Le village de montagne abandonné d’Otal (1/2)

Ce matin nous prenons la voiture en direction du Puerto de Cotefablo et nous garons juste à la sortie du tunnel routier.

Le sentier commence par un raidillon de 150m où nous dépassons 8 Anglais – en croisant très fort les doigts pour qu’on n’aille pas au même endroit !

On rejoint un large chemin qui suit la crête, offrant une belle vue sur les vallons avoisinants.

Au bout, cela recommence à grimper sur un grand mamelon herbeux, le Pelopín (2007m). Nous devons passer de l’autre côté du sommet, sur le versant sud. Le « col » est vers 1900m d’altitude.

Ensuite le balisage devient pourri et le sentier n’est plus marqué. Ou plutôt, il y a des pseudo-sentiers partout suite au passage fréquent de troupeaux !

Au loin, en contrebas, le village d’Otal nous appelle. Un sentier part sur le flanc opposé du barranco de Artosa (ravin à l’extrême gauche de la photo ci-dessous), je pense que ce serait une bonne idée de le suivre et qu’il revient sans doute (?) ensuite de niveau vers le hameau, sis à 1465m d’altitude.

Cependant, devant l’incertitude de sa direction et le problème éventuel que serait le franchissement du ravin plus bas, AàG préfère que nous coupions droit sur le village, à travers la Plana Bosa. Ce n’est pas si loin.

Et vogue la galère pour franchir les innombrables terrasses végétationnues !! C’est parfois dense et épineux, bref il y a certainement un passage plus évident que celui-là :mrgreen:


Abri de berger

Évidemment, en se rapprochant, on n’a plus aucune vue sur le village donc on navigue au jugé. En suivant la pente on ne devrait pas trop se tromper !

Les premières maisons apparaissent enfin.

Vous remarquerez le marquage d’un GR sur le mur. Bon ok on ne sait pas d’où il vient et où il va, mais en tous cas il y a moyen de rejoindre Otal sans bartasser, cqfd !

AàG s’engage dans l’habitation, je m’abstiendrai vu l’état des planchers.

Les habitants n’étaient plus que 4 en 1970, j’ignore quand le dépeuplement complet s’est produit.

Ce village, qui a 10 siècles d’histoire derrière lui, a compté jusqu’à 99 habitants en 1900 selon Despoblados en Huesca.

Aujourd’hui, les habitants sont des vacas ! Elles ont colonisé les lieux et se sentent chez elles.

Les photos témoignent du soin apporté à l’architecture paysanne :

Le clocher de l’église se remarque de loin, nous ne manquerons pas d’aller faire un tour par là tout à l’heure.

Ici les fameuses cheminées aragonaises sont encore debout. Il en reste trois si je me souviens bien. Pour combien de temps ?

Habitation ou ancienne étable surmontée d’une grange ?

Partout où les vaches entrent, le sol se transforme en bourbier.

Une belle fenêtre avec des linteaux en pierres taillées, surmontée d’un balcon semblant plus moderne.

Ci-dessous une vue d’ensemble et un détail sur le linteau de la porte, portant une inscription gravée : AÑO 1788. AàG a donné de sa personne, les épineux n’étant pas d’accord de nous laisser approcher 🙂

Je mélange allègrement les photos d’AàG et les miennes, j’espère que cela ne vous choque pas sachant que nos appareils ont un rendu qui leur est propre tant en terme de couleurs que de piqué 😉

De plus certains endroits ont été visités ou revisités à des moments distincts, parfois sous les nuages, parfois sous le soleil. Cela génère des ambiances très différentes.

A sa belle époque, le village aurait compté 14 maisons d’habitations. Vous me direz, ce n’est pas trop pour 99 habitants 😉

Ce n’est pas le cas de celles-ci mais certaines fenêtres ont encore leurs vitres.

J’ai bien aimé leurs murs aux angles arrondis et les ouvertures en forme d’arches.

Remarquez les jolis corbeaux qui portent le débord de toiture à l’avant-plan.

Cet encadrement de fenêtre, où l’on aperçoit des restes de peinture, est particulier. Gravé dans le linteau supérieur, un cartouche fleuri annonce AÑO 1747. Sous la fenêtre, on aperçoit en relief une tête et des ailes. Sans doute un ange même s’il m’apparaît assez grimaçant ^^

L’église San Miguel est remarquable et est d’ailleurs classée monument historique. Elle fait partie des 14 iglesias de Serralbo.

L’origine de cette construction romane mozarabe remonterait au XIe siècle.

On entre tout d’abord dans un enclos où se trouve le cimetière. La plaque noire fleurie est récente. En effet, Clotilde Ainsa Oros née à Otal le 03/06/1916 a souhaité être enterrée ici, auprès de ses parents. Elle est décédée le 02/02/2001.

Certaines tombes sont signalées par une croix ou une stèle, d’autres par un bloc de pierre plus rustique comme à Berbusa et Ainielle (situés sur le versant d’en face).

Si cette abside semi-circulaire a persisté (bien que des niches funéraires y aient été ajoutées), d’autres éléments du bâti ont par contre été fort modifiés au fil du temps.

Sur la clé de voûte de la porte plein cintre, on peut voir un IHS minutieusement calligraphié.

Entrons !

Les fonts baptismaux et le bénitier sont toujours présents.

Voici ce qu’il reste de l’autel dans le choeur.

On peut discerner les traces de différentes couches de peintures ainsi que de multiples styles d’ornements géométriques.

L’église avait été restaurée en 1982 par une association.


Le passage secret est en bas à droite 😉

Lors de notre visite elle est en triste état mais des échafaudages sont présents et la nef a été plus ou moins déblayée.

En fait des travaux viennent de débuter, le toit a été déposé (enfin la partie qui ne s’était pas encore effondrée…) afin d’être reconstruit.

Les lauzes anciennes sont stockées en attendant leur placement sur une nouvelle structure.

AàG monte au clocher en faisant de la lévitation.

Il voulait aller voir la cloche et son mouton :

Il aura la surprise de trouver là-haut un crâne et une patte de chevreuil, reliefs du repas d’un vautour !

Cette anecdote macabre mise à part, cette montée donne une belle vue sur l’intérieur de la nef ainsi que sur les ruelles d’Otal.

Il y a du boulot !

La cloche est simple mais de belle facture. Elle est fêlée et criblée de balles ou d’éclats d’obus. Elle est consacrée à Santa Barbara, patronne des mineurs et protectrice de la foudre.

Pendant qu’AàG se rapproche du ciel, je m’intéresse à l’opposé c’est-à-dire au sol. Certaines parties sont en galets de rivière formant des motifs.

En débarrassant le sol d’une bonne couche de poussières et de gravats, je découvre des dalles recouvrant des sépultures.

Il y avait des festivités organisées pour la San Ramón le 31 août.

Une vache est parvenue à pénétrer dans le chantier et ne semble pas arriver à en sortir. Nous l’y aiderons et ce ne sera pas une mince affaire ! 😆

Dire qu’ils ont dû apporter tout le matériel par hélicoptère… Nous pique-niquerons sous une bache tendue par les ouvriers, elle nous procurera une ombre bienvenue.

La restauration, réclamée depuis 2006 par l’Apudepa et entamée à l’été 2014 après l’effondrement partiel de la toiture en 2011, a été annoncée terminée début 2015. Une messe y a même été célébrée à la San Ramón 🙂

Ce balcon n’a qu’une envie…

Bon, d’accord, s’il n’y avait que le balcon !!

Moellons en équilibre – David Copperfield n’y est pour rien.

Heureusement tous les bâtiments ne sont pas dans un état aussi dramatique.

Régulièrement des dates, des croix et des initiales sont gravées à la pointerolle sur les murs.

La casa Oliván possédait un linteau de porte particulièrement riche. Il a été déplacé (hélitreuillé) au musée de Sabiñánigo.

Dans la dynamique des travaux de restauration entrepris, une piste forestière a été créée pour accéder plus facilement au village, non sans susciter de nombreuses polémiques sur le bien-fondé de ce projet.

Le visage d’Otal risque de changer ces prochaines années !

Bande-son : Kansas – Dust in the Wind

Les villages de montagne abandonnés de Berbusa et Ainielle

A l’hôtel, c’est toujours le même CD qui passe durant le petit-déjeuner. Aujourd’hui nous faisons route vers Oliván, où le départ de la promenade se présente comme une large voie non revêtue mais généralement carrossable.

Nous quittons ensuite cette piste pour un sentier muletier bien plus agréable (et ombragé 🙂 ).

Sur la pente boisée qui nous fait face, nous découvrons notre première destination : Berbusa.

Perdu au milieu de la forêt, ce hameau existait au moins depuis le 11e siècle.

Il a été déserté dans les années 1950. Il possédait deux écoles.

Le village est encore en assez bon état…

…enfin tout est relatif bien sûr !

L’église Saint Pierre (iglesia de San Pedro) est toujours debout, ainsi que son clocher.

Le fronton d’entrée porte la date de 1703.

Remarquez le N de ANO, comme souvent à l’envers.

La nef n’a plus de toit, ses murs sont dangereusement fissurés et les clés de voûte commencent à se faire la malle.

Le lierre prend patiemment possession des lieux…

Nous suivons la ruelle principale, qui monte.

Cette maison est la seule à avoir encore son toit. L’intérieur n’a pas été complètement dévasté.

L’âtre et la cheminée ne sont pas typiques, ils ne ressemblent pas aux autres.

On peut trouver des témoignages et autres traces de passage sur certains murs.

Nous reprenons notre pèlerinage.

Berbusa n’était pour nous qu’une escale, ou plutôt une introduction. L’avant-propos d’un livre particulier, La pluie jaune (La lluvia amarilla).

Ce sentier, pourtant bien tracé et balisé (marquage jaune et blanc), n’apparaît pas sur notre carte.

Il longe par moments d’admirables murailles.

Une inscription manuscrite précise qu’il y a 6 km à parcourir. Je n’ai pas vérifié mais ça paraît plausible.

Nous sommes en bonne compagnie 😉

Les ambiances se révèlent très différentes d’un endroit à l’autre.

Nous arrivons en vue du bout d’un vallon.

Ce point d’eau devait être très apprécié !

Le chemin à flanc de montagne offre des forêts à perte de vue. C’est vraiment isolé.

La domestication de la montagne… ces terrasses ont dû demander un lourd travail pour permettre un peu de culture.

Elles signalent la proximité d’un village.

Voici Ainielle. La plupart des habitations sont hélas à l’état de ruine, il n’y a plus aucun toit ni les belles cheminées tronconiques.

Cependant certains lieux semblent encore entretenus.


Fontaine

Nous pique-niquerons dans l’ancienne école.

Les lieux sont envahis de ronces et d’orties. De toute façon peu de maisons sont visitables, elles sont trop ravagées.

L’église San Juan Evangelista a encore fière allure !


Une utilisation inédite de fer à béton

L’entrée se fait via le cimetière. Certaines tombes semblent entretenues.

Comme à Berbusa, les fonts baptismaux sont toujours présents.

Bien qu’à ciel ouvert, la nef est en assez bon état.

Un autel de fortune y subsiste.

Un cahier permet à ceux qui le souhaitent de laisser un message.

Nous poursuivons le sentier jusqu’au moulin, lieu important du livre de Llamazares. Nous tombons sur un marcassin !

La porte du molino est fermée mais une ouverture permet de regarder à l’intérieur. Des chauve-souris y ont élu domicile, aussi nous ne nous attarderons pas.

Voici le ruisseau et le canal en bois qu’il alimentait en eau.

La roue est horizontale et se trouve à l’étage inférieur du molino.

On ne peut pas s’en approcher, elle est préservée par une grille – heureusement car les sangliers ne doivent pas manquer dans les parages !

Nous remontons à Ainielle et sommes impressionnés par ces murs cyclopéens.

Les buis jaunissent déjà, les peupliers hélas pas encore.

Je m’amuse à photographier en mode macro tandis qu’AàG tente d’enregistrer les oiseaux et l’ambiance de ce lieu.

Dans cette étable au sol boueux, on peut voir des auges.

Inutile de préciser que le plancher de l’étage est à déconseiller !

On voit ainsi comment ils construisaient les toitures : un mélange de branches de buis et de liant, sur lequel reposaient ensuite les lauzes.

Un os de vache ? Bien récuré en tous cas !

Cette porte m’a beaucoup plu :

En revenant sur nos pas nous avisons un bâtiment plus loin en remontant la rivière.

Il faut d’abord traverser une bzz-bzz-tante prairie 🙂

Ce n’est pas vraiment pénétrable, il y a des barrières d’épineux partout.

Nous entamons le retour, avec néanmoins une variante.

Au croisement nous descendrons directement plutôt que retourner jusqu’à Berbusa.

Il y a quelques kilomètres de marche à faire sur la piste, nous serons de retour à la voiture vers 18h30.

Des jeunes prennent le soleil le long de la rivière, près d’un sympathique pont sans garde-fou.

Finalement nous n’aurons pas eu de pluie malgré les prévisions, juste des nuages. Nous avons tout de même entendu l’orage tonner au loin.

Nous visitons le charmant village d’Oliván, à commencer par l’église romane San Martín.

Fermer la porte !

Nous retrouvons les magnifiques cheminées aragonaises.

Et les mêmes inscriptions « año 1833 » etc. gravées en pointillés sur les façades.

Le restaurant Mingo étant fermé, nous retournons finalement à l’Hostal Centro. Ensuite nous apporterons les bouts de gras aux chats de Sallent de Gállego 🙂

Bonne nuit les pueblos despoblados

Bande-son : Carlos Gardel – Volver

Lacs Bachimaña et Bramatuero

Cette nuit fut encore assez bruyante. Ce doit être la norme espagnole mais nous n’y sommes guère habitués !

Ce matin à la boulangerie le grizzli m’a souri quand on a voulu reprendre un morceau du bon gâteau au noix et noisettes de la veille 🙂

Nous allons randonner côté espagnol aujourd’hui, dans la Valle de Tena et plus précisément aux Baños de Panticosa (Bains de Panticosa, altitude 1637m). On se gare à côté de l’ibón (lac) de los Baños. Ici toutes les rues ont le même nom : Calle Balneario ! On se pose des questions quant à la localisation du départ du (bon) sentier.

Nous croisons deux gars qui cherchent sans succès de l’eau, le comble dans une station thermale ! Il faut dire que cette station balnéaire est assez étrange, on dirait qu’elle est à la fois à moitié abandonnée et à moitié en construction. Un peu glauque mais ce n’est pas pour nous déplaire 🙂

Nous montons à l’ombre des arbres et trouvons le mirador del Salto del Pino (belvédère du Saut du Pin) sur le village et la haute cascade logiquement appelée Cascada del Pino 😉

Tandis que la chaleur nous accable déjà, un lézard profite du soleil.

Les cascades se succèdent, c’est un chemin agréable le long du río Caldarés.

Les plantes sèchent, nous aussi !

Car oui, là c’est terminé, l’ombre chérie…

Ce pont est à hauteur d’un embranchement de sentiers. Il permet une éventuelle variante pour le retour.

Depuis le départ la pente est gentille et maintenant le sentier sillonne presque à plat…

…sauf que là ça va changer puisqu’on arrive dans le fond d’un cirque rocheux !

Ci-dessus la cascada del Fraile.

Vue sur le vallon parcouru :

Il y a donc inévitablement un raidillon final pour atteindre le refuge. En plein cagnard de midi, on déguste !

Nous sommes au Embalse de Bachimaña Bajo, le réservoir du Bachimaña inférieur. Il est équipé d’une jolie petite vanne manuelle.

Nous n’irons pas voir le nouveau refuge de 2012 (alt. 2177m), qui ressemble trop à un hôtel à notre goût, et préférons continuer le GR11.

Le barrage et son déversoir de trop-plein ont fière allure.

Nous arrivons au Embalse de Bachimaña Alto – dois-je vous traduire ? 😉

Le lac supérieur est énorme… il est presque écrasant, dans son écrin minéral.

Comme d’habitude les ambiances rendues par nos deux appareils sont contrastées :

Avez-vous vu la cabane en pierres au milieu de ces photos ? 😉

Ici on la distingue un peu mieux :

Le niveau de l’eau est manifestement plus bas que par le passé, découvrant des rochers que la végétation n’a pas encore colonisés.

Le GR suit la rive à bonne hauteur et nous sommes toujours en quête désespérée de notre Saint Graal : de l’ombre pour pique-niquer. On cuit !

Nous trouverons finalement une micro-zone ombragée entre deux rochers et en ferons notre affaire. On ne peut pas être trop exigeant dans les parages ! C’est pas grave, nous avons des tomato rosa pour nous consoler 🙂

Nous devons quitter le GR11 et avons quelques problèmes pour trouver l’autre chemin, qu’on avait pourtant bien aperçu de loin. Nous suivons quelques cairns, comme le signalaient les descriptifs, puis plus rien… oups !

Après la traversée de ce ruisseau nous retrouverons le bon sentier.

Les éclaboussures de ces mini-chutes nous apportent une appréciable fraîcheur. Bon ok j’avoue, j’ai carrément immergé l’espèce de bandana qui m’évite l’insolation crânienne ^^

On avait déjà repéré à distance que des filets d’eau détrempaient ce flanc de montagne…

…car la végétation y est soudain luxuriante, fleurs et mousse à gogo !

Enfin « mousse » est un terme impropre. Quelqu’un sait ce que c’est ?

Pour les fleurs mauves et roses je pense identifier :
– casque-de-Jupiter (aconit napel)
– adénostyle à feuilles d’alliaire

Reprenons le chemin !

J’aime ces gros rochers lissés et arrondis :

Au loin le parcours de l’affluent suivant se devine au vert soutenu de ses rives… ok et à la cascade aussi, je vous l’accorde ! 😉

Regard en arrière sur le Bachimaña et son îlot central.

Notre objectif est enfin visible : la fine barre rosée horizontale est le barrage de l’ibón de Bramatuero Bajo (alt. 2300m). Cliquez pour agrandir si vous ne la voyez pas 😉

On aperçoit en contrebas l’ancienne cabane-refuge de Bachimaña, un bel abri en pierres.

Et nous voici enfin au pied du barrage du lac Bramatuero inférieur !

Rha, une étendue d’eau fraîche ! Bonheur !

Je m’allonge de tout mon long sur la margelle pour tremper bras, jambes, cheveux… c’est presque douloureux tellement c’est froid !

Comme ces photos compromettantes le montrent, AàG n’est pas en reste 😉

On contemple le panorama, les pieds dans l’eau…

…et on n’a aucune envie de repartir tellement on est bien.

Il faut cependant bien se décider à un moment ! Nous n’avons plus le courage temps de rejoindre le Bramatuero Alto. Ça promettait d’être beau et on était curieux de voir la drôle de « tente en bois » mais la chaleur nous a liquéfiés.

S’il y a une prochaine fois, je tenterais bien la boucle des Pics d’Enfer ❤ (rando d’un autre calibre !)

Nous redescendons voir le vieux refuge et tentons l’aventure de longer le lac par son côté Est, histoire de varier les plaisirs.

Au début, tout va bien ! Des cairns marquent un semblant d’itinéraire. Puis plus rien… mais ça ne passe pas trop mal au ras de l’eau. De toute façon, il serait difficile de se perdre 😉

Par la suite les choses se compliquent car il y a une barre rocheuse à franchir ! Nous y entrapercevrons quelques chamois. Par chance un câble a été installé pour aider le passage. Si vous agrandissez la photo ci-dessous, vous le distinguerez (horizontal en haut, descendant sur la droite).

Les rochers dessinent des racines d’arbre 🙂

Suivant la suggestion d’elPadawan, l’anonymat d’AàG sera cette fois préservé grâce à un ours des Pyrénées – je n’ai pas dû trop retoucher l’image :mrgreen:

Ça crache plus que ce midi !

Nous longeons le Bachimaña Bajo par le côté Est également, là il n’y a aucun souci de cheminement.

Au niveau du pont on hésite à prendre une alternative dont le nom nous fait rire (camino por los machos, sentier muletier ?) mais selon AàG ça remonte et ça rallonge, or il est tard et nous sommes ‘crevettes’.

Le chemin de retour est tranquille bien qu’assez fatigant car tapissé de grosses pierres qui roulent sous les pieds. A 19h nous sommes de retour aux Bains et sacrifions un melon en guise d’apéro.

Nous mangerons un repas simple, gras bon et pas cher à l’Hostal Centro de Sallent de Gállego… et en dessert nous nous installons confortablement sur la place pour déguster le ‘pastis‘ (non, pas l’alcool !) de Mahie 🙂

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