You are currently browsing the tag archive for the ‘parc national’ tag.

Et quelques nouvelles.

J’ai été très remuée en apprenant la nouvelle mercredi, et depuis ça tourne en boucle dans ma tête. Cette nuit je ne parvenais pas à dormir tellement ça me préoccupait. Bon sang il doit bien y avoir moyen de faire quelque chose !

Cette note se veut un message de soutien à Emmanuel de Mérode et au parc des Virunga.

emmanuel_de_merode© Emmanuel De Mérode

Emmanuel de Mérode est directeur de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) au Nord-Kivu (Congo) et conservateur du plus ancien parc national africain, le parc des Virunga. Créé en 1925 sous le nom de Parc Albert, il abrite une biodiversité exceptionnelle et est classé patrimoine mondial en péril par l’UNESCO.

M. de Mérode a été grièvement blessé mardi, dans une embuscade que lui ont tendue, en plein jour, des hommes armés non-identifiés. Ils ont tiré sur sa jeep, il a reçu une balle à l’abdomen et une autre au thorax. Il semble que ses assaillants l’ont cru mort. A noter qu’ils ne l’ont pas délesté de ses affaires personnelles, le vol n’était pas le mobile de cette attaque.

Emmanuel de Mérode était seul, mais par chance il a pu être secouru suffisamment rapidement. Son opération s’est bien déroulée et il serait à présent hors de danger. Il a pu être transféré par vol médicalisé au Kenya, où se trouve sa famille – dont j’imagine l’inquiétude.

M. de Mérode, ainsi que les 650 gardes forestiers chargés de protéger le parc et ses gorilles, risquent leur vie quotidiennement – au point de mettre en place un fonds de soutien aux veuves, auquel vous pouvez contribuer (*). Et pas seulement à cause des braconniers et des déforesteurs :

Pour son malheur, il semble que le parc national des Virunga étende ses 8000 km² de volcans, de forêts et de montagnes sur d’importantes réserves pétrolières. L’État a en effet octroyé, depuis 2009, des permis d’exploration couvrant 85 % de la superficie du parc, alors que la loi congolaise interdit toute exploration dans les Virunga. Les bénéficiaires de ces passe-droits ? Total, ENI et Soco. Les deux premières compagnies ont assuré qu’elles ne s’aventureraient pas dans la réserve, mais la 3e qui a déjà mené des prospections par voie aérienne, paraît décidée à y pénétrer. Face à la levée de boucliers des ONG, l’État congolais fait ses calculs : royalties du pétrole ou dollars des touristes et des institutions internationales (l’Union européenne finance la renaissance du parc à hauteur de 5 à 6 millions d’euros par an).
Source : wikipedia

Coïncidence troublante, « M. de Mérode venait de déposer auprès du Procureur de la République à Goma un dossier compromettant, résultant de mois – voire d’années – d’enquête sur Soco International« , a déclaré à La Libre Belgique le député François-Xavier de Donnea.

Soco, remarqué pour ses méthodes musclées, a donc harcelé et corrompu les autorités congolaises jusqu’à obtenir le droit de mener ces explorations pétrolières au sein du parc national, au grand dam de l’Unesco et de nombreuses ONG (dont le WWF qui a qualifié cela d’éco-terrorisme). Cette licence illégale contrevient aux engagements internationaux de la RDC.

Est-ce que Soco serait passé à la vitesse supérieure en essayant d’éliminer physiquement un opposant tenace ? A moins que ce ne soit un autre ennemi – le parc n’en manque sûrement pas – qui profite de l’occasion pour leur faire porter le chapeau ? Espérons qu’une enquête rigoureuse et indépendante soit menée… hélas on peut en douter.

(*) Vous pouvez également contribuer à d’autres projets, ou devenir gardien virtuel de 12 ha. Les dons privés sont vitaux pour protéger le parc. N’attendons pas qu’il soit trop tard.

Pour en savoir plus, quelques extraits de l’article Le prince qui veut sauver les grands singes (Le Figaro, Th. Oberlé, 2008) :

Lire le reste de cette entrée »

Rando Wimbachklamm – Wimbachgrieshütte, et tour du lac Hintersee

Une moyennement grande promenade nous attend aujourd’hui.

Ce ne fut pas la plus palpitante mais par contre, le soir, une belle surprise nous attendait.

Nous allons remonter la rivière Wimbach.

Ca bouillonne ! Les roches les plus tendres sont patiemment érodées.

La gorge est comme d’habitude très (trop ?) bien aménagée.

Des petites pissouilles…

Ca cascade de partout !

C’est rafraîchissant dans tous les sens du terme 🙂

A la sortie de la gorge, que voit-on ?

Une belle forêt de cairns en sursis :

Leurs panneaux m’ont beaucoup plu 😆


Bitte nicht

C’est le matin, la rosée ne s’est pas encore évaporée.

Le soleil commence à donner, ça ne va plus rester humide très longtemps.

Nous suivons un large sentier carrossable et tombons sur cette surprenante image (cliquez ci-dessous).

Le chemin est long mais guère pentu. Il est assez fréquenté.

Il y a à peine moins de gens après le Wimbachschloß dont la terrasse commence à se remplir.

Voyez-vous la lune ? 😉

On traverse une grande zone de chaos sans la moindre part d’ombre…

…le soleil est cuisant sur les débuts de coups de soleil de la veille !

Cet intermède boisé est le bienvenu.

Nous arrivons à notre destination, le refuge Wimbachgrieshütte.

Nous le dépassons et allons nous installer sous des arbres pour pique-niquer.

Un peu de land art 🙂

Nous pourrions continuer mais les paysages ne nous fascinent pas. Trop minéral. Nous décidons de faire demi-tour.

Un timide escargot…

Cette oeuvre d’art vous est offerte par la famille des scolytes 🙂

Comme il nous reste du temps en cette fin d’après-midi, nous décidons d’aller jusqu’au Hintersee.

Bien nous en prit ! Ce grand lac se révèle paradisiaque…

Nous entreprenons d’en faire le tour.

La lumière magnifie le paysage.

Certains font du bateau…

…et en profitent pour nourrir les canards.

D’autres font plutôt fuir les volatiles :mrgreen:

On a beaucoup ri, surtout quand l’élan enthousiaste du chien a entraîné son maître, qui le tenait toujours en laisse, dans l’eau ^^

On essaie de jouer avec les reflets du soleil.

Toutes les nuances de vert se sont donné rendez-vous en ce lieu.

Que diriez-vous d’habiter là ? 😉

Il y a une partie plus végétalisée avec de l’eau stagnante…

…et des roseaux comme une douce fourrure.

Désolée on a excessivement mitraillé ^^

Une petite fille nourrit les canards.

Où qu’on se tourne, tout est simplement beau.

Les chemins se vident petit à petit.

On a hésité à louer un Tretboot (pédalo) mais il se fait tard. A noter qu’ils sont à moitié prix ici par rapport à Unteruhldingen (lac de Constance).

Je ne me lasse pas de la transparence de l’eau.

Bon allez, ce sont les dernières. Il faut à présent que nous allions remplir nos (quatre) estomacs.

Une zone avec plein de petits îlots amusants :

Oui elle est froide ! AàG, ci-dessus en pleine action, peut vous le confirmer !

Etrange aménagement autour d’un arbre… mieux que de le couper, en tous cas !

Nous mangerons dans une taverne le long du lac, deux paires de bratwurst ce n’est pas de la haute cuisine mais ça colmate bien 😉

En sortant du resto, un beau coucher de soleil rosit les montagnes et les canards s’amusent à ruiner l’effet miroir ^^

Königssee l’enchanteur (partie 2)

De retour à Sankt Bartholomä, nous nous rendons compte que nous avons bien fait de photographier les lieux ce matin : il y a beaucoup plus de monde et la lumière est plus crue.

Nous aurions aimé faire le tour d’Hirschau, aller voir l’embouchure de l’Eisbach dans le Königssee, et bien d’autres choses encore… il nous faut faire une croix dessus par manque de temps 😦

Il y a beaucoup de gens qui font la file pour reprendre le bateau mais nous les court-circuitons car notre destination n’est pas Königssee Seelände (le retour) mais bien Salet, le dernier « port » tout au bout du lac.

Nous sommes peu nombreux à nous y rendre à cette heure, comme vous pouvez le constater !

AàG a toujours une faim de loup, mais nous ne comptons pas manger avant d’avoir atteint le Obersee (lac supérieur). Du coup il ramerait presque pour faire avancer le bateau plus vite :mrgreen:

Nous dépassons une cascade malheureusement à moitié dans l’ombre de la forêt.

J’aime bien les formes des toits dans cette région !

Le ballet des bateaux sur le lac est incessant mais par bonheur silencieux 🙂

Voici le port de Salet, je vous ai mis deux prises de vue pour illustrer la différence entre mon compact (qui adore le vert !) et le réflex d’AàG (qui a un piqué beaucoup plus soutenu).

Le chemin longe la rive puis tourne vers le sud-ouest dans les terres.

Les arbres se font plus nombreux et puis soudain l’Obersee apparaît.

Ce petit lac « supérieur » a en réalité une altitude similaire (seulement 10m de plus) à celle de son grand frère.

Il fait 1.32 km de long et sa profondeur maximale est de 51m.

Le chemin longe le lac plein sud et commence par une zone de pique-nique pleine de bancs… ça tombe bien, devinez qui défaille d’inanition à côté de moi ?

Il y a beaucoup de touristes mais nous parvenons à trouver un coin où nous poser et – enfin ! – manger. Il est 14h.

Nous voulons aller tout au bout de ce lac-miroir que l’ombre commence à envahir : l’alpage Fischunkelalm.

Ca a l’air paisible ainsi mais il faut vous imaginer les enfants courant partout, criant, mettant les mains – voire une chaussure de rando, si si ! – dans l’eau, etc. ^^

Le côté sud de l’Obersee a une pente accessible qui permet l’existence d’un sentier…

…contrairement au côté nord où c’est une quasi-falaise de 1000m :

J’ai essayé (ci-dessus) un petit jeu de reflet mais le lac n’était pas assez « lisse » pour parfaire l’illusion.

On n’est pas fâché d’être à l’ombre car la chaleur se fait toujours sentir.

Et nous voici parvenus de l’autre côté…

Des canards se font bien entendu un malin plaisir de surgir du néant afin de ruiner la photo « lac miroir » d’AàG, merci Murphy 😆

La photo en question :

L’Obersee est alimenté par le Röthbach et nous aurions aimé aller voir la très haute cascade Röthbachfall qu’on peut apercevoir en arrière-plan ci-dessous.

Malheureusement le temps nous manque, nous devons absolument être de retour à Salet avant que le dernier bateau ne parte. Et même bien avant, car si le dernier est complet…

Il arrive chaque année que des touristes restent bloqués ici et il n’y a pas de refuge pour passer la – froide – nuit… certes le coucher de soleil doit être beau à voir mais l’aventure ne nous tente que très moyennement !

L’ombre des sommets et leur reflet sur l’eau dessinent de drôles de formes symétriques sur la paroi nord. Elles évoluent vite mais vous aurez reconnu une tortue ci-dessus.

Il est déjà temps de revenir sur nos pas, nous n’aurons vraiment pas profité longtemps de Fischunkelalm

Notre regret est de ne pas avoir prévu deux jours : même si le planning était serré, nous aurions dû consacrer un jour complet à Hirschau et un autre à Salet.

A Salet, comme nous l’avions prévu, une longue file nous attend. L’un des bateaux rate un peu son amarrage, il frotte le ponton à la manière d’un très gros chat voulant affirmer son territoire !

Ça secoue, le « public » rit, bon enfant, et applaudit en se moquant gentiment.

Durant l’attente, des gamins nous énerveront particulièrement. Ils attirent les canards (pas difficile vu leur habitude à être nourris), ensuite prennent des cailloux et les visent 👿

La lumière part très vite, on la voit changer fortement durant notre traversée de retour.

Le temps d’arriver à Sankt Bartholomä, l’église est déjà mangée par l’ombre.

Un des derniers bateaux rentre dans son abri.

Nous visitons Schönau, c’est tout petit.

Une fontaine nous offre une réponse à notre question « mais comment diable amènent-ils le bétail dans ces alpages ? »

Nous mangeons au Brunneck, c’est très bien si ce n’est qu’ils n’ont plus de sacher torte ! Ouin ! La quête désespérée continue… bon cela dit, leur tarte au fromage était délicieuse 🙂

Königssee l’enchanteur (partie 1)

C’est le premier vrai jour de beau temps aussi nous décidons d’aller voir le lac des rois, le Königssee, dans le parc national de Berchtesgaden.

Nous prenons la route vers Schönau et nous garons sur l’immense parking du Bayerische Seenschifffahrt. De là on doit parcourir une rue densément commerçante jusqu’à l’embarcadère, où nous devons d’abord faire la file pour prendre nos billets (et il vaut mieux arriver tôt !).

En effet, le lac s’accède principalement par bateau car ses flancs sont extrêmements pentus. Une sorte de fjord 🙂

Pour vous donner une idée des hauteurs, le Watzmann (2713m) domine le Königssee de plus de 2000 mètres !

Nous glissons silencieusement sur l’eau grâce aux moteurs électriques qui équipent les embarcations (depuis 1909 !) pour protéger l’eau – très pure – du lac de la pollution.

Un arrêt peut se faire sur demande à Kessel, où se trouve un départ de sentier. Nous y débarquerons deux marcheurs.

Il y a – relativement – peu de chemin de randonnées car les reliefs ne facilitent pas l’accès au lac, qui est par ailleurs très étendu (20km de long).

Durant la traversée, nous avons droit à moultes explications de la part du guide et même… un concert 🙂
N’allez pas croire qu’il était seul, un vrai orchestre l’accompagnait, ou presque !

Le bateau s’arrête face au « mur de l’écho »… le rendu est réellement époustouflant et magique. Nous retenions tous notre souffle, émerveillés.

Nous ne nous lassons pas du paysage et avons du mal à nous imaginer qu’il y a par endroit près de 200m de profondeur en-dessous de nous !

Nous commençons à voir poindre notre première destination au loin.

Il y a encore de la neige dans l’ombre des montagnes.

Certains passagers sont un peu agités et stressés, d’autres le prennent de manière très stoïque voire désabusée 😆


(ils sont trois)

Après une bonne demi-heure de navigation, voici donc la célèbre église à bulbes (aussi appelés oignons) de Sankt Bartholomä, qui sera dans quelques minutes sous le feu du soleil.

Elle se trouve sur une péninsule, Hirschau, formée par les débris des montagnes qui se sont accumulés dans ce « delta » pendant des milliers d’années.

A vrai dire, rien que le débarcadère suffit déjà à me ravir les pupilles ! Prenez une belle eau transparente, ajoutez quelques canards en lévitation, saupoudrez le tout de montagnes et hop, vous avez une ddc qui sautille :mrgreen:

Voici l’intérieur de la chapelle :

La première chapelle à cet endroit date de 1134. Le pavillon de chasse la jouxtant remonte à la même époque. Tous deux ont été remaniés dans le style baroque vers la fin du 17e siècle.

Au « port », les bateaux se succèdent, déversant leurs flots de touristes.

Tout est tellement tentant que nous hésitons : par où commencer ? Argh !

Nous longeons d’abord la rive d’Hirschau avant de rentrer à l’intérieur des terres.

Comme nous sommes des chats, nous ne savons pas ce que nous voulons…

…et retournons vers le lac !

Il nous attire comme un aimant.

Bon désolée on a un peu mitraillé mais on ne savait pas quelle lumière et quelle densité de visiteurs on aurait à notre retour !

Nous parvenons à nous arracher à notre fascination et repartons vers le côté montagnes.

Nous décidons de monter à la Eiskapelle, un glacier qui ne fond jamais totalement même en été.

Comme j’aimerais voir le même paysage au printemps, avec les prairies toutes fleuries ! (pas que ce soit moche à la fin de l’été hein 😉 )

Un large chemin carrossable et sans dénivelée traverse la forêt jusqu’au lit du Eisbach.

La chaleur est forte lorsque nous quittons l’ombre des arbres !

Un pont permet de traverser la rivière et d’atteindre la petite Kapelle St. Johann und Paul.

De là part un sentier qui monte dans la forêt occupant le flanc de la montagne.

Il y a régulièrement des bancs et nous ne nous en priverons pas. J’adore l’ambiance de ces forêts en clair obscur 🙂

A un moment le paysage se « débouche » et on découvre au loin notre destination. Les deux personnages en contre-jour dans le lit de la rivière donnent l’échelle.

J’adore ce genre de panneau, je l’aurais bien pris pour décorer notre maison 😆 Mortal danger!

Il est vrai que le chemin n’est plus très clair après, il y a des cairns partout… et donc ils ne servent plus à rien.

Et puis des empilements de cailloux dans un lit de rivière majoritairement à sec, il faut vraiment faire attention pour les voir.

Tenez, sur cette photo il y en a plein :

On cherche un peu avant de réussir à franchir les bras de la rivière en gardant nos pieds au sec.

Bien sûr il est strictement déconseillé de s’aventurer sur ou sous le glacier, un effondrement pouvant avoir lieu à tout moment.

Youhou, AàG, t’as entendu ?

Bon ben en attendant de voir réapparaître monsieur, je photographie. Moi j’suis une poltronne, et puis il pleut trop là-dedans pour que je m’y engage !

Les photos prises par AàG dans le ventre de ce premier glacier étant moins réussies que celles du second, je ne vous en mets qu’une :

Il va falloir un petit temps pour que mes lunettes se désembuent avant de pouvoir poursuivre ^^

Voici la deuxième « chapelle de glace », de taille beaucoup plus réduite :

Je trouve qu’on dirait un animal ramassé sur lui-même… apeuré ou prêt à bondir ?

La version d’AàG s’appelle « la bouche de la montagne » 😉

Ici AàG permet de vous donner l’échelle de cette « bouche » :

Et voici ses photos du tunnel de glace.

Tout au fond, il débouche sur le flanc de la montagne :

J’aime bien le côté art abstrait de celle-ci 🙂

La « pluvieuse » sortie :

Pendant ce temps, je ne suis pas restée les bras croisés, j’ai fait la connaissance de la flore locale…

…sans oublier la faune 🙂

Dans un milieu aussi rocailleux, les abeilles ne doivent pas avoir beaucoup de fleurs à se mettre sous la langue !

Nous redescendons au pas de charge à St Bartholomé (non sans se paumer un peu au départ) car AàG a FAIM – et ça c’est terrible je vous raconte pas, il est aussi pire que Bimini 😆

La suite de la journée au prochain épisode !

Les mille marches de Skala Vradeto et le point de vue de Beloi sur les gorges de Vikos

Nous sommes toujours dans le parc national Vikos-Aoös et il nous est à nouveau impossible de trouver un pique-nique pour ce midi. Pas de boulangerie, pas d’épicerie, rien.

C’est une chance d’avoir au moins acheté un grand pack de bouteilles d’eau avant d’arriver dans cette région.

Tant pis, nous partirons sans rien, nous verrons bien ce que nous trouverons dans le village de Vradeto (Βραδέτο), qui est la première étape de notre randonnée… il est 11h, c’est jouable.

Le départ se fait juste après le village de Kapesovo (Καπέσοβο).

Le panneau indique Skala Vradetou (Σκάλα Βραδέτου).

En grec « skala » veut dire échelle.

Voyez-vous quelque chose ci-dessous ? C’est discret non ? 😉

Il s’agit d’un escalier en pierres sèches qui fait plus d’1,5 km de long.

On pense qu’il date du début du 18e siècle.

Il faut descendre au fond d’une petite vallée et traverser deux ponts de pierres (rivières à sec comme d’hab).

Une petite chapelle marque le début de l’ascension.

Que ceux qui savent identifier les plantes séchées n’hésitent pas à se manifester, je suis totalement ignorante !

Que ceux qui savent identifier les petites araignées vert fluo n’hésitent pas à se manifester non plus !

Deux cavités que je n’ai pas explorées mais qui ne m’ont pas semblé naturelles.

J’imagine qu’elles ont servi de carrière de pierres pour la construction de l’escalier.

Je me suis bien déchirée la jambe à des ronces en allant les voir !

Et ça monte et ça tournicote… on est sur une falaise, l’air de rien.

On est à présent à la même hauteur qu’au départ, notre chemin est visible en face.

Oui j’aime beaucoup la fonction macro de mon appareil, comment avez-vous deviné ? 😛

Malheureusement ça manque parfois d’un peu de netteté… mais j’aime bien le résultat quand même, ça donne un aspect doux et vaporeux.

Cet escalier a été bâti par des oufs pour permettre le passage de caravanes de mules.

Je n’ai pas compté les marches mais il y en a un bon millier paraît-il (1100 ?).

Jusque dans les années 1970, cet escalier était le seul accès au village de Vradeto !

A présent une route existe mais elle est fort longue car elle doit évidemment faire un fameux détour vu le relief.

En face, on peut deviner les trombes d’eau qui s’abattent. Depuis ce matin ça n’arrête pas, on se demande si quand notre tour viendra.

Un peu de pluie nous ferait du bien, vu la chaleur !

Le chemin s’aplatit et nous continuons encore quelques temps dans un tout autre décor, avant d’arriver aux premières maisons de ce tout petit village.

En face de l’église, à l’ombre des grands arbres et des bâches tendues entre eux, quelques tables et chaises semblent nous attendre. La dame nous invite à venir avec elle dans la minuscule gargote qui sert de cuisine.

Le menu est simple : il y a deux grands plats en grès, l’un avec des morceaux de viande de porc accompagnés de patates, et l’autre avec une sorte de ratatouille d’aubergines et de courgettes.

On prend une assiette de chaque et on se régale !! Ça ne payait pas de mine mais nous aurons rarement mangé quelque chose d’aussi délicieux durant notre séjour…

Des vieux villageois attroupés en nombre à une table voisine mettent une joyeuse animation. Finalement l’un d’eux vient nous demander si on est allemands… apparemment ils avaient pris des paris 😆

Le ciel s’est dégagé pendant notre repas. Il fait à nouveau soleil lorsque nous repartons vers notre deuxième étape : le point de vue de Beloi, véritable balcon au-dessus des gorges de Vikos.

Un bout de terrain clôturé, avec le plan de la grotte en prime dessus ! Artisanal et sympa 🙂

Je trouve, dans un tas de bois benné dans une pente, un bâton de marche taillé sur mesure pour moi et qui me servira grandement tout le reste des vacances.

Soudain les nuages noirs sont au-dessus de nous et il commence à pleuvoir dru ! Au début la fraîcheur est agréable mais… quand même, ce sont de grosses gouttes… pis ça dure…

J’ai bien évidemment laissé la cape de pluie à la voiture et il n’y a pas le moindre abri en vue !

Tous les poins blancs ci-dessus sont des ruches. Elles sont à côté de la grotte.

A la faveur d’une éclaircie nous progressons plus vite mais le sentier est un ruisseau boueux.

Le terrain devient de plus en plus découvert, les quelques arbustes et buissons se font rares.

Quand l’orage revient vers nous, nous faisons marche arrière pour rejoindre le dernier groupe de buissons. « Ne jamais se mettre sous un arbre », ok, mais constituer le seul relief à la ronde est pire !

Nous nous accroupissons en comptant mentalement les secondes entre les éclairs et les coups de tonnerre… c’est proche, trop proche à notre goût. Les bruits de craquements sont longs et assourdissants, cet orage est d’une terrifiante beauté.

Je n’en crois pas mes yeux quand il commence à grêler 😯 C’est que ça fait mal en plus, ces saloperies de grêlons, quand on est bras nus !

Quand l’orage finit par s’éloigner à nouveau, nous n’avons plus 1 cm² de sec, on ruisselle et AàG est tellement transi de froid qu’il grelotte.

On dégouline littéralement, les serpillères sont plus qu’humides (belgian joke inside) :mrgreen:

Nous marchons pour nous réchauffer, moi je suis hilare par contre-coup du stress et je ne sens pas tellement le froid, mais AàG claque des dents.

Enfin nous arrivons au point de vue de Beloi.

Le panorama qui s’offre à nous nous récompense amplement de nos efforts. Oubliées, les mésaventures !

Histoire de comparer les appareils photos, voici les rendus avec le reflex d’AàG et mon compact (oui j’ai envie de pleurer !).

La rivière est toujours à sec malgré les fortes pluies.

On se rend difficilement compte de l’échelle je trouve.

Ici on peut voir quelques laisses d’eau dans le lit de la Voidomatis :

Le soleil et la chaleur ont refait leur apparition, nous nous choisissons une bonne roche plate comme cutoir et enlevons les chaussures pour essayer de sécher un tant soit peu.

Ah tiens, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée !

Cette pause est réconfortante mais quand il faut remettre les chaussettes encore suintantes et les chaussures trempées, c’est tout un poème :mrgreen:

Histoire de nous narguer, un beau ciel bleu nous accompagne sur le chemin du retour…

Nous croisons quelques touristes venus par la route (nous n’en aurons pas vus beaucoup aujourd’hui, comme c’est étonnant 😆 ).

Un scarabée de rencontre :

Dites donc les papillons, vous étiez planqués où pendant la drache ?

Nous repassons dans le village sans faire de halte, pressés de rejoindre la voiture pour enfin enlever nos bottines de marche.

Mais il doit y avoir une sorte de malédiction qui fait que l’orage tombe sur les pauvres hères qui osent s’éloigner de Vradeto !

Arrivés en haut du skala, on s’en repaie une couche… dommage, je commençais à avoir un t-shirt sec !

On descend au pas de course par peur que les éclairs ne se rapprochent car ce n’est pas du tout une bonne zone, mais par chance l’orage est moins proche que tout à l’heure.

Le point rouge sur la photo est un touriste, ça vous donne l’échelle 😉

Nous arrivons trempés et fourbus à la voiture vers 18h.

Pour l’anecdote, une fois de retour à la chambre le soir, AàG se rendra compte que l’écran de son gsm (qui était dans son sac à dos) s’est transformé en niveau à bulle 😆

Point de vue d’Oxia sur les gorges de Vikos

Je suis assez attachée au principe « un jour de vacances = une note » mais là, après des heures passées à trier, j’ai bien dû m’avouer que c’était impossible… c’est clairement le jour où on a pris le plus de photos du séjour !

J’ai donc dû me résoudre à couper la poire en trois (pas en deux car la partie centrale n’est pas scissible).


Vue d’Ano Pedina depuis la fenêtre de la salle de bain

Le fond orageux qui avait commencé à se manifester hier soir a duré toute la nuit et est encore présent.

Parfois nous entendons le tonnerre au loin, on dirait que l’orage tourne d’une vallée à une autre sans parvenir à décider sur laquelle il va se déverser !

Nous retraversons Monodendri et la forêt de pierres (le nom n’est pas de moi, c’est indiqué « stone forest » sur les panneaux).

Un petit arrêt « panorama » en chemin…

Nous nous garons au bout de la route d’Oxia et empruntons le sentier empierré.

On arrive sur une plateforme rocheuse avec une vue plongeante sur les gorges.

Une iconostase est entourée de pierres avec des inscriptions.

On voit bien, serpentant entre les flancs boisés, les galets blancs du lit de la rivière à sec.

Difficile de réaliser qu’on surplombe environ 900 mètres de vide…

J’ai bien aimé faire des tas de macros sur des plantes séchées mais alors ne me demandez pas leur nom ^^’

On se dit que notre chemin de la veille doit passer juste en-dessous.

Il ne s’agit pas qu’un petit rigolo lance un caillou du haut de la falaise « pour voir », gloups !

Par exemple le même genre de petits rigolos qui se sont amusés à taguer la roche le long du chemin 🙄

La vue est plus majestueuse et impressionnante en vrai, c’est sûr…

Voici la fameuse vallée latérale qui nous avait fait attendre, hier.

Les couleurs évoluent rapidement avec l’arrivée du soleil.

Euh oui on a un peu mitraillé ! Vous commencez à comprendre la difficulté du tri ? :mrgreen:

Je ne sais pas identifier ce que c’est là non plus, mais j’ai trouvé ça très esthétique !

C’est pas tout ça mais il nous faut décoller de ce paysage hypnotisant ! On a une longue journée qui nous attend.

Bon allez, juste une dernière pour la route…

Gorges de Vikos (1ère moitié, côté Monodendri) et découverte tardive du point de vue d’Oxia

Après une bonne nuit et un petit déjeuner correct à Ano Pedina, nous voilà prêts pour explorer les gorges de Vikos (Φαράγγι του Βίκου), réputées les plus profondes d’Europe (jusqu’à 950m)… voire du monde selon les définitions : à partir de quelle largeur ce ne sont plus des « gorges » ?

Nous nous rendons à Monodendri (Μονοδένδρι), village qui tire son nom d’un très grand arbre (n’existant plus aujourd’hui, mais d’autres ont pris la relève, t’inquiète Plume 😉 ).

Au départ nous comptions aller d’un bout à l’autre de la gorge mais le logeur nous indique qu’il est impossible de faire l’aller-retour sur une journée. On peut faire une traversée, lui téléphoner et revenir en « taxi » pour une trentaine d’euros.

A noter que les routes ont été récemment refaites, il ne faut plus craindre les mauvaises pistes mentionnées dans nombre de récits.

On s’attendait à trouver un village touristique mais c’est plutôt désert. Personne en vue et pas la moindre boulangerie ou épicerie, juste une échoppe de souvenirs. Un touriste en tenue de randonneur en sort, je lui demande s’il sait où trouver du pain et du fromage car nous avons besoin de trouver un pique-nique avant de descendre dans les gorges. Il rencontre le même problème que nous, apparemment il n’y a rien dans les environs !

Le seul autre commerce est un restaurant, à défaut de mieux nous allons donc y demander un tiropita (feuilleté de fêta… sauf que souvent ce ne sera pas feuilleté, dans cette région) à emporter pour le manger froid. On fait part de notre trouvaille au touriste et à sa copine, qui prendront la même résolution.

Nous nous engageons dans ces petites rues piétonnes pavées, un panneau nous indique le départ du chemin… mais à un carrefour, plus rien.

Nous prenons la mauvaise option mais un coup de boussole nous permettra de reprendre la bonne direction.

Nous passons devant une église fermée et tombons sur un « théâtre grec antique »… récent !

Juste après, la route pavée s’arrête et c’est le véritable début du sentier qui s’enfonce dans la gorge.

A noter que même ce sentier est souvent couvert de pierres (anciennes). Ce fut un travail colossal, effectué pour le transport par mules.

Nous descendons à l’ombre des bois, il fait déjà très chaud au soleil. Nous croisons un couple qui remonte (déjà ? comment est-ce possible ?).

Nous ne verrons pas plus de 5 couples en tout sur la journée… ce n’est pas la surpopulation, surtout pour un endroit aussi beau et aussi connu !

Ça descend et ça descend, à n’en plus finir… je n’ose pas imaginer le retour, quand nous serons fourbus !

Je ne sais pas exactement quel est le dénivelée, nous avions lu 400m mais cela nous a paru plutôt de l’ordre de 600-700m.

Soudain la vue se dégage devant nous et nous apercevons pour la première fois la gorge. Le choc, nous réalisons vraiment son gigantisme…

AàG s’écrie : Nan mais regarde-moi ces gorges de malade ! C’est dingue un truc pareil !!

Las il faut avouer qu’en photo ça ne rend pas du tout 😦

On continue à descendre, impressionnés par la majestueuse démesure du paysage.

Encore une fois un parallèle avec la Turquie nous vient : la vallée d’Ihlara…

Nous voici donc au cœur du parc national de Vikos-Aoös, où se trouvent des raretés tant niveau flore que faune.

Ici on peut espérer (ou craindre) apercevoir l’ours brun et le loup, le chacal et le chat sauvage… parmi d’autres.

Après avoir effleuré le lit de la rivière, qui est à sec environ de juin à octobre, le sentier devient à peu près plat.

C’est le seul endroit où le balisage prête à confusion car il y a à la fois une flèche vers la gauche et une flèche vers la droite. L’indication vers la gauche nous semble être correcte (et ouf, pour une fois c’est un bon choix !).

Comme le fond de la gorge continue à descendre, ça donne un sentier accroché dans les flancs boisés.

Au niveau panorama, du coup, c’est pas si terrible car on ne voit finalement que les arbres qui nous entourent, avec parfois un dégagement nous permettant d’apercevoir les galets blanchis du lit.

Nous entendons continuellement des fuites de lézard près de nous.

J’ai demandé à celui-ci de bien vouloir prendre la pose… quels orteils, mamma mia ! 😯

De temps à autre nous entendons comme un bruit sourd… des pierres qui se détachent des falaises ? Gloups !

Les plantes ici ont de quoi se défendre, même mortes !

Argh non, pas une zone au soleil, pitié ! Pressons le pas !

Nous descendons dans le lit de la rivière à l’aide d’une sorte d’échelle-escalier toute rouillée et tordue (de s’être ramassée des pierres !), avec des marches de géant – dont une manque.

Tiens, je vais en prendre une photo, ça plaira à Delf 😉

Plus loin, un assemblage de branches en guise de pont… c’est moins impressionnant en photo qu’en vrai.

Ça devient une habitude : l’anonymat d’AàG est protégé grâce à son alter-ego le wombat.

Nous avons repris de la hauteur car le lit devient encaissé.

Un deuxième chouette pont artisanal, sécurisé ici par une corde.

Bon alors, elle vient cette vallée latérale ?? On ne l’a toujours pas croisée, ça n’avance pas !

La végétation change, devient plus moussue, plus humide… nous arrivons enfin à la petite rivière (ou plutôt ru !) Klima.

Un tuyau la fait jaillir à la manière d’une source entre deux rochers. Elle est fraîche, AàG se passe la tête en-dessous avec soulagement car nous, nous cuisons…

Un couple de touristes allemands nous laisse avec quelque soulagement leur « guide » ! Ben mon pauvre vieux, qu’est-ce que tu fous là tout seul à des kilomètres du premier village ? Tu veux servir de dîner à l’ours ?

Ce chien a l’air épuisé, on lui donne des biscuits et on remplit un récipient d’eau : il se jette sur les deux.

L’endroit est idéal pour pique-niquer, à l’ombre avec de bons cutoirs (entendez par là de bons rochers pour s’asseoir).

Dommage que nous ayons déjà engouffré notre tiropita peu auparavant dans des conditions moins confortables.

Nous reprenons notre marche encore quelques temps, le chien nous suit mais nous sommes trop lents à son goût, il prend les devants et disparaît complètement. Va-t-il retrouver les touristes précédents ?

Vu l’heure qui avance, la grande question se pose : traverse-t-on ou demi-tourise-t-on ? Nous croisons nos autres touristes du matin, on discute un peu, eux font la traversée. Nous nous résignons à tourner les talons malgré notre envie de continuer : au bout, près de Vikos, la rivière surgit soudain. Je voudrais tant la voir !

Finalement nous ne regretterons pas le demi-tour car, la lumière ayant changé, ce sont presque de nouveaux lieux que nous traversons.

Certaines photos qui nous étaient interdites à l’aller deviennent possibles, comme cet arbre dont les branches partent à l’assaut de la falaise…

Avant même d’arriver au pied de la remontée, nous sommes vannés. J’ai du mal à mettre un pied devant l’autre durant cette interminable ascension.

Quelle joie lorsque nous retrouvons le faux-vieux théâtre, enfin ! Allez zou, notre dernière gorgée d’eau pour fêter cela !

Nous aurons mis moins d’1h30 en fait, mais ça semblait beaucoup plus long pour les grabataires sédentaires que nous sommes… c’est notre première randonnée du séjour, faut qu’on s’endurcisse !

Nous nous traînons jusqu’à une taverne pour s’asseoir engloutir 1/2 litre d’eau et 1/2 litre de jus de fruit chacun. Pour ma part ce fut l’affaire de quelques minutes à peine :mrgreen: La chaleur est toujours bien présente.

Les gens sont un peu étonnés lorsqu’AàG commence à sortir des monceaux de détritus de son sac à dos… il a remonté ce qu’il a pu des gorges (elles ne sont pas très sales je vous rassure, mais le peu qu’il y a choque et donne envie d’y remédier !)

AàG tient à aller manger à l’Hôtel Monodendri, où nous avions acheté notre pic-nic ce matin. Nous avons à peine commencé la salade grecque en entrée que les plats arrivent, tout droit du micro-ondes.

Ma moussaka est très bof, complètement surcuite et spongieuse, pas très chaude au milieu, curieusement servie avec quelques frites (qui auraient fait honte à n’importe quel belgikistanais). Mais ne nous plaignons pas, c’est mangeable et nous ne serons pas malades.

A la toilette, un papier affiché au mur déclame en quatre langues qu’on est prié de mettre le papier dans la poubelle et non dans la cuvette car cela bouche les tuyauteries. Des touristes plein de sollicitude ont spontanément corrigé à chaque fois la phrase dans leur langue, j’ai regretté de ne pas avoir l’appareil photo avec moi car ça en aurait valu la peine 😆

Un vieux monsieur marche en faisant une large boucle qui le fait passer à travers la terrasse du restaurant. Une fois, deux fois, trois fois… à dix nous arrêtons de compter. Chaque geste qu’il fait, chaque pied qu’il pose, sont toujours exactement au même endroit. Il a l’air complètement ailleurs…

La nuit tombe lentement, avant de partir j’insiste pour qu’on aille voir (en voiture car c’est loin) le point de vue fléché « Oxia » (οξυα).

Sur la route, plusieurs panoramas intéressants se présentent.

Sur un des parkings, un vieux berger avec un bâton harponne manifestement tous les passants pour avoir des cigarettes… malheureusement pour lui nous ne fumons pas !

Il demande à être pris en photo, AàG s’exécute avec plaisir.

Nous traversons ensuite la « forêt de pierres », sortes de feuilletés très esthétiques… mais la lumière a tellement baissé qu’il devient difficile de photographier à main levée.

Je me presse un peu quand soudain à la sortie d’un tournant… la route s’arrête sans prévenir !

J’ai triché, c’est une photo prise le lendemain matin 😉

Car nous sommes bien décidés à revenir après avoir vu la beauté à couper le souffle du point de vue…

Il y a énormément de faune sur la route le soir, outre les chiens errants qui adorent se coucher en plein milieu de tout, nous verrons un renard (ou était-ce un chacal doré ??)… et malheureusement pour lui un engoulevent.

Il y avait « un truc » gris couché sur la route, j’ai freiné en déviant sur la bande de gauche pour l’éviter vu qu’il ne bougeait pas, et ce bêta a tardivement décidé de s’envoler… vers la gauche 😦 Je ne roulais pas vite et il a juste heurté le bord de l’aile mais ça a suffi à le tuer 😥

STMD au départ de Pattine vers Vallalta

Le petit déjeuner n’est pas génial dans notre nouveau B&B. Les petits pains sont franchement difficiles à manger, mais précisons d’emblée que le logeur n’y est pour rien : toutes les panificio du coin ne vendent que ce même type de pain sans goût et étouffe-chrétien ! Avec ça, des mini-confitures industrielles, miam… et des biscuits industriels dont la date de péremption est dépassée pour certains. Un yaourt sauve la mise.

Le « partage de la salle de bain avec l’Allemagne » s’annonce assez mal. C’est un monsieur solitaire qui nous laisse la toilette dans un état post-Tchernobyl (si si, que je me demande même comment il a fait pour mettre de la merde jusque sur l’intérieur du couvercle ??) et la douche pleine de sang…

Nous descendons une route de montagne qui suit le torrente Laone et nous nous arrêtons au confluent avec le torrente Mis, en face d’une ruine, au lieu-dit Titele. C’est le début de la petite route de la veille mais nous allons cette fois traverser le torrent et le remonter, pour nous diriger vers le coeur du Parco Nazionale delle Dolomiti Bellunesi.

Après un coup d’œil à l’étroit pont de bois, on décide d’y aller à pied ! La photo ci-dessous a été prise au retour. Derrière le panneau de signalisation, ce sont des planches qui ont passé outre…

Quelques petites galeries sont visibles juste après le pont, j’ignore si elles ont servi à extraire des pierres à bâtir ou s’il s’agit de recherche de minerais. Elles sont constituées d’un couloir plus ou moins long et tortueux, creusé à taille humaine, et débouchent dans une salle.

Le « sentier Tilman », qui est en fait un chemin carrossable, nous emmène jusqu’au confluent entre le torrente dei Molini et le torrente Mis. AàG abandonne son pull dans les environs, il fait trop chaud et il n’a pas envie de le porter tout le long du trajet. Juste après, notre chemin oblique vers Pattine, un hameau de quelques maisons dont certaines sont encore habitées malgré que ce soit un « bout du monde ». D’ailleurs la voie carrossable s’arrête là, mais un sentier continue jusqu’à Mori, hameau accolé à Pattine mais qui ne nous a plus paru habité.

Le village est désert et nous galérons un peu à trouver la suite du Sentiero Tilman. En plein milieu d’une pelouse, nous ne savons pas très bien si nous sommes dans un jardin ou sur une « voie publique ». Une vieille dame apparaît à sa fenêtre et nous en profitons pour lui poser la question. Sa langue natale semble être l’allemand. Elle nous confirme que nous sommes sur la bonne voie, et effectivement le sentier redevient mieux visible par la suite, dans une belle montée en lacets.

A i Salt, quelques bâtiments subsistent dont un magnifique grenier à foin. C’est là que notre chemin commence : nous quittons la via Tilman pour suivre le STMD (Sentiero Tematico della Montagna Dimenticata – sentier thématique sur la montagne abandonnée) qui va nous mener aux vestiges de la Miniere di Vallalta, une ancienne mine de mercure.

C’est un sentier très agréable qui traverse la forêt et est ponctué de quelques maisons abandonnées. Certaines sont à l’état de ruines, d’autres encore en relativement bon état. L’une d’entre elles avait de nouveaux locataires : un couple d’écureuils ! Nous leur avons laissé une carotte sur la table… (la bouteille, ce n’est pas nous, c’est d’origine 😛 )

Certaines de ces maisons ont été construites par – ou du moins pour – des mineurs qui travaillaient à la Miniera di Mercurio.

Les étages sont constitués de remises pour entreposer les outils, le foin, etc.

Ces bâtiments ne servaient pas qu’aux bêtes, c’étaient des logements à part entière. Nous en avons vus beaucoup par la suite qui n’étaient guère plus riches…

Souvent le sol est en terre ou aménagé grossièrement avec des galets provenant du lit de la rivière. Une table et des casseroles dans une pièce, des auges et des réserves de bois mort dans une autre…

Le chemin monte doucement à l’ombre. Il n’y a pas beaucoup de dénivelée, je dirais 250m.

Une date gravée sur la poutre faîtière annonce 1901. Il y avait également plein d’écritures sur les portes en bois, parfois de simples signatures, parfois des phrases entières.

Là aussi, de nouveaux locataires ont pris possession des lieux pour installer leur nid. Ils sont discrets mais il vaut mieux s’en méfier… J’ignore s’il s’agit de guêpes ou de frelons.

J’aimais bien cette tache de soleil sur l’herbe, à la sortie du grenier…

Un dernier tour d’horizon pour immortaliser de belles toiles d’araignées.

En face de ces maisons se trouve une grande clairière.

Nous reprenons le chemin. Nous ne croisons strictement personne depuis ce matin. Un peu plus loin, une baignoire jetée en travers d’un ruisseau servait, j’imagine, d’abreuvoir. A présent elle sert plutôt de réservoir à cailloux !

Le pique-nique est assez mouvementé à cause de guêpes végétariennes (aimant les carottes) et têtues.

Nous arrivons ensuite au premier vestige minier : la miniera di Vallalta. Seule l’entrée en belles pierres subsiste, c’est immédiatement effondré derrière.

Une petite loge est aménagée, probablement pour une statue de Sainte Barbe, la patronne des mineurs.

Des recherches sur le cinabre ont eu lieu dans le Vallalta dès le début du 18ème siècle, et l’exploitation proprement dite a commencé vers 1740 pour une brève période. La mine était riche mais les coûts de transport du minerai, qui n’était pas concentré sur place, se sont révélés beaucoup trop élevés : il fallait le transporter à dos de mule jusque Venise ! La mine fut rouverte vers 1770, et refermée pour les mêmes raisons au début du 19ème siècle.

En contrebas, plus près du torrent, se trouve la galleria O’Connor. Là encore, une belle entrée avec une niche à Ste Barbe. La galerie n’est murée qu’au bout de quelques mètres, ce qui nous permet d’admirer de belles couleurs dans le porche. Un drain est prévu pour l’évacuation de l’eau vers le torrente Pezzea (le pauvre).

Sur un panneau touristique, plusieurs araignées sont piégées entre la carte et le verre protecteur. Je ne sais pas à qui appartient cette patte supplémentaire !

Malgré plusieurs timides tentatives de réouverture, il faut attendre 1852 pour que les choses sérieuses reprennent. Des fours sont construits à proximité et un village est même créé pour abriter une centaine de mineurs et leurs familles. Son nom résume les espoirs de réussite : California… et effectivement une période florissante commence, durant laquelle cette mine devient la 6ème productrice de mercure en Europe ! Mais à partir de 1869 l’exploitation change de gestionnaire et est menée à tort et à travers, entraînant plusieurs accidents menaçant la stabilité de la mine. Elle fermera en 1879 suite à ce gâchis.

A nouveau, plusieurs essais de réouverture eurent lieu, aussi bien à la fin du 19ème siècle que durant le 20ème. Les résultats ne furent jamais positifs, et les tentatives cessèrent en 1962 quand un accident tua trois personnes. Quant à California, il fut complètement rayé de la carte suite aux inondations cataclysmiques de novembre 1966 (ainsi que bien d’autres hameaux de cette vallée).

Quand on voit la couleur de l’eau qui ruisselle jusqu’au torrent, on n’a pas envie d’y mettre les pieds… aussi, on atteint la rive opposée via la providentielle petite planche ci-dessus ! Il s’y trouve une petite galerie d’exhaure, très basse et pleine d’eau.

Pour ceux qui connaissent l’italien, ce site est documenté aussi bien au niveau historique que technique.

Nous poursuivons sur cette rive du Pezzea et trouvons un autre sentier. Notre souhait est, comme d’habitude, de faire une boucle plutôt qu’un aller-retour… sur la carte il existe une possibilité dessinée en touts petits pointillés. La légende dit « sentier difficile », ce qui n’est pas très explicite sur un terrain tel que celui-ci.

Ci-dessous, ce que nous imaginons être les vestiges des fours et deux meules de pierre abandonnées un peu plus loin.

Le lieu est particulièrement accueillant puisqu’il dispose de grands bancs fournissant même le pique-nique !

Nous remontons une dénivelée de 200m jusqu’aux premières bâtisses de Marcoi. Jusqu’ici le sentier était relativement bien visible mais là il se transforme en route, et notre fameux sentier en pointillés qui est sensé partir de la première maison est introuvable.

Sachant que le sentier suit la plus forte pente au fond d’un creux, nous décidons de couper à travers brousse… Ça ne se présente pas très bien, nous voyons juste quelques coulées d’animaux mais toujours aucune trace de sentier, et se frayer un passage commence à devenir difficile. Bien plus bas, nous tomberons dessus – ou en tous cas sur un semblant de piste débroussaillée ! Que ce soit ou non le bon n’a pas vraiment d’importance car tant qu’on descend on ne peut que tomber sur une des deux rivières.

Au confluent entre les torrents Mis et Pezzea, le pointillé est sensé passer rive droite. Nul trace de gué ou de pont, ni d’ailleurs de sentier de l’autre côté. Nous sautons de pierre en pierre et continuons rive gauche, vaille que vaille. Nous tombons encore sur des ruines dont il ne reste guère plus que les murs.

Sur la rive, un petit nid – vide d’occupantes – est très discrètement attaché à l’anfractuosité d’une roche. Admirez le « collage » !

Il faudrait absolument qu’on rejoigne à présent la rive droite. Problème : le torrent n’est pas traversable, si ce n’est via cette planche. Croyez-moi, j’ai longuement vérifié avant de m’y résoudre :mrgreen: Adieu monde cruel… euh vas-y AàG, après toi je t’en prie !

Miracle, on trouve le fameux sentier… et il est littéralement en pointillés, car il est à peine tracé – et des fois, c’est simple, il n’existe même plus ! 😆 Heureusement il suffit de longer la rivière pour ne pas se perdre, sauf que des fois les rives deviennent très encaissées.

A un endroit on bute sur une falaise en partie écroulée, il faut escalader de grosses roches et s’accrocher à un tuyau d’eau pendu dans le vide pour retrouver notre route. Décidément ce sentier est ludique, ce n’est pas une « via ferrata » mais une « via planchata » suivie d’une « via tuyauta » ! 😀

Le chemin sera encore long avant de retomber – avec soulagement – sur le Sentiero Tilman. C’est que la lumière commençait à diminuer sérieusement. On récupère le pull d’AàG, puis il faut encore rejoindre la voiture et remonter toute la petite route montagneuse.

Nous nous arrêtons à la première trattoria trouvée, morts de faim et de fatigue. La serveuse est très gentille et nous dévorons les plats qu’elle nous apporte. Arrivant peu après nous, l’Allemand du logement (qu’AàG surnomme « Brent Jünger », ne me demandez pas pourquoi…) C’est que ça ne court pas les rues, les restaurants, dans cette région !

18 septembre 2008 – La vallée du bout du monde

La nuit chez Sergio Laffranc ne fut pas terrible. On n’avait pas remarqué lors de notre court passage pour déposer les bagages qu’en plus d’être minuscule et vieillot, ce n’était pas des plus propres… sans parler de la salle de bain où c’est tout juste si on a osé se doucher.

Le petit déjeuner est servi par la même dame que la veille, dans une salle qui pue la cigarette. La logeuse est prise de quintes de toux impressionnantes – juste au-dessus des casseroles chauffant l’eau et le lait, miam. De toute façon le café est imbuvable et le reste est à l’avenant. Je lui dis qu’on s’en va et que je vais lui régler le prix de cette nuit. On avait dit au départ qu’on resterait probablement quatre nuits, mais elle n’a pas eu l’air surprise de notre départ anticipé et n’a posé aucune question !

On examine la liste des autres logements à Aymavilles, le choix commence à être restreint. On décide d’aller voir une chambre d’hôte en plein centre ville (frazione Chef-lieu) : le Clair de Lune. Nous y allons à pied et nous voyons passer en voiture un des serveurs de La Pinèta, qui nous reconnaît et nous fait signe 🙂
On passe sous une charmante voûte et la maison se situe en retrait de la route, au calme, ce qui apaise nos craintes. Le logement s’accède par une petite porte latérale. La chambre est assez basse de plafond mais grande et propre. Notre logeuse est Angela Luna, elle est très sympathique. Nous négocions un peu le prix et posons nos valises. On voit qu’Angela aime beaucoup l’art de la décoration car où que l’on tourne son regard on découvre de nouvelles choses, même après plusieurs jours ! (aperçu photographique du côté le moins décoré tout en bas ^^ )

Il est temps de partir pour la vallée du bout du monde, que nous avait conseillée Michelino devant notre déception de n’avoir pas encore vu de bouquetins mâles ! Et effectivement, on n’est même pas encore tout à fait à destination que soudain je ralentis. En contrebas, près de la rivière, un vieux bouquetin des Alpes prend son petit déjeuner (le 2ème sans doute, car il est 9h :mrgreen: ), peinard juste à côté des jardins (si pas dans un jardin !) Une voiture arrive derrière nous et le monsieur sort également son appareil photo ^^

Nous trouvons le chemin et commençons l’ascension dans la forêt. Le coin est riche en faune, ainsi que nous l’avait dit Michelino, car là aussi on fera rapidement des rencontres : principalement des chamois mais aussi des volatiles (un grimpereau et une mésange huppée floue en arrière plan).

Vu le maigre petit-déjeuner de ce matin, nous pique-niquons bien avant midi, près de l’arbre aux oiseaux. La montée continue ensuite paisiblement, et les arbres se clairsèment au fur et à mesure.

Après cette petite chapelle et le refuge ci-dessous, la vallée suspendue s’ouvre et le chemin ne monte plus beaucoup. Nous avons dû faire quelque chose comme 800m de dénivelée depuis la voiture.

Nous ne croiserons qu’un seul humain de toute la journée, et encore je me demande si ce n’était pas le monsieur qui tient le refuge…

Les marmottes sont très timides mais on les comprend ! Il y a manifestement des carnivores dans le coin.

Nous suivons la rivière et voyons dans la vallée des petits points. Des troupeaux de petits points. Des troupeaux qui bougent !

Ils ne sont pas en formation compacte, ils sont détendus et broutent tranquillou. On a beaucoup de mal à traverser la rivière « à sec » pour pouvoir les rejoindre, les pierres sont soit trop distantes, soit trop glissantes, soit trop instables, soit les trois à la fois !

On ne sait plus où donner de la tête, on essaie de les approcher le plus possible sans se faire remarquer mais ces satanées marmottes donnent l’alarme :mrgreen:

Les troupeaux sont mixtes. Chamois et bouquetins, ces derniers en nombre plus restreint. Leurs cornes sont impressionnantes. Chez un adulte elles peuvent atteindre 1m et peser jusqu’à 3 kg chacune ! Et malgré cet handicap pour son équilibre, il peut se déplacer rapidement et avec agilité quand il y a nécessité.

C’est trapu comme bestiole ! Leur joli piercing à l’oreille permet de les identifier et de suivre leurs mouvements dans les vallées.

Il y a facilement trois ou quatre bouquetins, on est tellement heureux de les voir qu’on les mitraille ^^
Dixit AàG : « Regarde, ils sont tellement gras et musclés qu’on voit leurs veines comme Arnold Schwarzenegger ! » 😆

Tout au bout de la vallée se trouvent les ruines de quelques maisons d’altitude. Là encore, nous trouvons des morceaux de squelettes éparpillés… le tout bien nettoyé !

Le toit de pierres est encore en bon état, mais ce n’est pas le cas de tout le bâtiment…

Un bouquetin que nous n’avions pas encore remarqué se prélasse dans la caillasse.

Il ne bouge pas et nous observe, flegmatique, manifestement pas trop inquiet. Mais à un moment, nous avons tout de même dû franchir une ligne rouge invisible car il s’est levé et s’est éloigné avec lenteur et dignité.

Petit à petit nous revenons au début de la vallée, de l’autre côté de la rivière.

Les chamois sont contents de notre départ, ils sont plus anxieux et plus vifs.

Nous aurons quelques difficultés à retraverser la rivière (zones un peu marécageuses) mais rien de bien méchant.

Nous repassons le refuge, puis la chapelle…

Tout au long de la descente, nous croiserons encore beaucoup de chamois. Comme le sentier serpente et que nous sommes relativement silencieux, nous nous retrouvons plusieurs fois à une dizaine de mètres seulement de distance… Sur la plupart des photos, ils ont encore des brins d’herbe qui dépassent de leur gueule ^^

Je n’avais jamais entendu le cri du chamois, mais là, du fait de les « surprendre » ainsi, on y a eu droit plusieurs fois !! Tellement ils étaient outrés de notre « invasion » sur leur territoire ! C’est très surprenant, je n’aurais jamais cru qu’ils émettaient un son pareil. Cela ressemble vaguement à un feulement de chat mais en plus « chuinté ». Un peu comme un sifflet !

Sur la route, nous avons été piégés par un panneau « restaurant »… il était en fait situé à plus de 7km de là, au bout d’une route montant vers nulle part… et c’était chiuso, bien sûr. Finalement nous irons manger une simple pizza et hop, retour au Clair de Lune.

Commentaires récents

Alain dans En mode colibri
Hervé dans En mode colibri
Alcib dans J’aurais dû être boucher…
Alain dans En mode colibri
Hervé dans J’aurais dû être boucher…

Archives

Conditions d’utilisation

Vous pouvez utiliser les textes et photos de ce site à condition que vous en citiez/linkiez la source et que l'usage ne soit pas dégradant.
Aucune utilisation à des fins publicitaires (i.e. commerciales, politiques, etc.) n'est autorisée.
Si vous souhaitez utiliser une photo à des fins privées (fond d'écran, etc.) : servez-vous, c'est fait pour !!

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.