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Les députés européens ont choisi le camp de la Commission européenne : la présence de pollen OGM dans le miel ne devra pas être mentionnée sur les étiquettes.

En effet, le pollen est un « constituant naturel » du miel selon le texte adopté par le parlement. Si les eurodéputés avaient défini le pollen comme « ingrédient » du miel (option retenue par la cour de justice européenne et soutenue par la commission environnement), les apiculteurs auraient dû signaler la présence d’OGM à partir du seuil de 0,9% dans le pollen.

Il faut savoir qu’il y a maximum 0,5% (poids) de pollen dans le miel… la nuance est donc très importante, puisque même si 100% du pollen contenu dans le miel est OGM, le miel reste sous la barre fatidique des 0,9% et ne nécessite pas d’étiquetage particulier. Abracadabra !

Ce vote satisfait pleinement les lobbies et notamment celui des producteurs d’Amérique Latine, pays grands amateurs de cultures OGM qui fournissent 20% du miel consommé en Europe (soit la moitié des importations).

Que dites-vous ? La traçabilité ? La protection des consommateurs ? Allons allons, pas de gros mots !

Imposer une traçabilité maximale « irréaliste » aurait au contraire créé un « dommage collatéral » aux apiculteurs, selon la rapporteur Julie Girling (UK).

« C’est mère-nature qui dit que le pollen est un constituant du miel« , dit le commissaire européen à la santé Tonio Borg. Bizarre que les Verts ne soient pas en phase avec Mère Nature !

Le dossier doit désormais être soumis aux gouvernements avec qui le Parlement entamera des discussions pour un arbitrage final. Mme Girling s’est prévalu du soutien de la plupart des 28…

Source : Le Soir – 15/01/2014

Edit> Pour les Belgikistanais, voici une pétition contre l’utilisation de round-up sur les champs en fleurs.

Signez la pétition (européenne) pour une protection de l’apiculture et des consommateurs face au lobby des OGM : http://www.ogm-abeille.org

Extrait de ce site :
L’impossible coexistence « OGM / apiculture » établie par la justice
Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.

Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé.

(…)

Oui oui, je le suis toujours ! Mais débordée.
Je m’introduis dans les lieux juste le temps de relayer deux informations intéressantes :
– Cancer et pesticides : le lien est à présent scientifiquement prouvé, on ne pourra plus arguer sur le doute pour faire passer n’importe quoi.
Amarante versus OGM : Monsanto est en perte de bénéfice et ça ne risque pas de s’améliorer avec les « super mauvaises herbes » qui ont acquis le gêne de résistance au Roundup… l’amarante a déjà convaincu des agriculteurs de revenir aux semences traditionnelles, pourvu que ça continue. (Cependant lisez la fin de l’article, intéressant quant au lobbying…)

Quand on a une bonne et une mauvaise nouvelle, on ne sait jamais par laquelle commencer.

Hier en France, le projet de loi sur les OGM a été bloqué par l’Assemblée générale nationale. Le texte a en effet été rejeté… à une voix près ! Ouf, un (petit) temps de répit avant qu’il ne soit représenté. Car ils vont bien sûr essayer de passer en force.

Le problème, c’est qu’il est déjà fort tard pour faire barrage… comme nous le montre, toujours en France, cet exemple de contamination d’un champ de maïs biologique par des OGM. Or ces champs transgéniques sont situés à 35km de là !
Pourvu que cela éveille les consciences et qu’un précédent se crée en justice… En attendant, les agriculteurs bio perdent leur droit au label et aucune assurance ne veut couvrir pareil risque.

Le groupe agrochimique américain Monsanto a enregistré au 2ème trimestre de son exercice décalé 2007/08 un bénéfice net plus que doublé, dopé par ses semences génétiquement modifiées, et entrevoit une année « exceptionnelle », selon un communiqué.

C’est ce que dit Jane Goodall.
Voici des extraits de sa longue interview (3 pages) dans Le Monde par F. Joignot. Merci à Claire de m’avoir envoyé cet article !

Le docteur Jane Goodall a bouleversé les sciences de la nature, l’éthologie, toutes nos conceptions bornées sur les « animaux-machines » – de mauvais prétextes, dit-elle, pour les massacrer. Elle a mené en Tanzanie la plus longue enquête jamais faite sur les chimpanzés, vivant parmi eux, les étudiant jour et nuit.

Ses recherches, comme celles de Diane Fossey sur les gorilles et Frans De Waal sur les bonobos, ont fait reculer le « propre de l’homme« . Elles ont mis en évidence l’usage d’outils, une conscience de soi, le recours à des symboles, des formes de ruse, de politique et de culture chez les grands singes. Elles ont révélé que nous étions « le troisième chimpanzé« , leur proche cousin. Des découvertes qui rendent leur extinction annoncée encore plus odieuse.

Jane Goodall a été honorée pour ses travaux par la National Geographic Society, reçu la médaille Benjamin Franklin pour les sciences de la vie, le titre de « messager de la paix » des Nations unies, la récompense Gandhi-King pour la non-violence – et elle est officier de la Légion d’honneur française. Elle est l’auteur de plusieurs livres, essais et articles d’éthologie importants. Elle sillonne désormais le monde pour alerter l’opinion. Elle passe à Paris en cette fin janvier pour lancer un nouveau combat, défendu dans son dernier ouvrage paru : Nous sommes ce que nous mangeons (Actes Sud).

Dans son livre, Jane Goodall dénonce notre « boulimie » occidentale de viande. Elle en énumère les conséquences, comme l’avait déjà fait l’économiste Jeremy Rifkin dans son étude Beyond Beef (« Au-delà du bœuf« , Plume Books, 1993, non traduit). Les chiffres qu’ils citent effraient. 1,2 milliard de bœufs, vaches, veaux et moutons destinés à l’abattage vivent sur terre : 100 000 bovins sont abattus par jour aux Etats-Unis, 3 000 000 par an en France. Ce véritable continent d’animaux de boucherie, et la monoculture céréalière qui l’accompagne, occupent 25 % des terres cultivées planétaires. Un tiers des céréales mondiales nourrit le bétail que dévorent un demi-milliard d’Occidentaux trop gras.

Au Brésil, 23 % des terres arables vont à l’alimentation du bœuf exporté, au détriment du maïs et des haricots noirs, nourriture de base des paysans. 90 % du bœuf du Guatemala, pays en malnutrition, part aux Etats-Unis. 50 000 tonnes de bœuf passent chaque année de l’Amérique latine aux Etats-Unis.

Les conséquences ? L’obésité (…) L’eau gaspillée (…) Et le réchauffement planétaire (…) – une molécule de méthane accumule 25 fois plus de chaleur solaire qu’une molécule de CO2.

Beaucoup de grands poissons sont condamnés à court terme : elle en dresse la liste dans son ouvrage, au chapitre « Le pillage des mers et des océans« . D’après des enquêtes canadiennes récentes, le saumon boccacio, la raie tachetée, le chevalier cuivré, le colin, l’églefin, l’espadon, le capelan, le thon, la morue (ou cabillaud) sont tombés en Atlantique en dessous des 10 % de leurs populations de 1950.

« Quand j’étais petite, la morue était considérée comme le pain de la mer . Elle était très bon marché. Nous en achetions dans les fish and chips et les emportions chez nous dans du papier paraffiné. Aujourd’hui, la morue est en voie d’extinction. Tout comme le saumon sauvage. Nous mangeons des saumons d’élevage entassés dans des fermes piscicoles où on les nourrit avec des petits poissons, décimés à leur tour. Ils attrapent des poux de mer qui se répandent hors des cages et exterminent les espèces sauvages. Ils présentent des ulcères, des maladies du foie, deviennent obèses. Les producteurs les traitent avec des antibiotiques et des hormones de croissance. Ils les inondent avec des colorants roses pour que leur chair soit présentable dans les supermarchés. Des études menées par la biologiste Angela Morton en Colombie-Britannique ont montré qu’ils sont infestés par des bactéries résistant à 11 antibiotiques sur 18. »

Le docteur Jane Goodall ne se lasse pas d’égrener les absurdités associées à ce qu’elle appelle l' »agrobusiness ». « Prenez l’usage méthodique des semences à rendement élevé. Elles finissent par appauvrir dangereusement le patrimoine génétique des plantes mondiales. En 1970, dans toute l’Asie, les semences de riz ont été attaquées par un virus. Les scientifiques ont cherché partout une espèce résistante. Ils en ont trouvé une seule, dans une vallée indienne reculée. Aujourd’hui, cette vallée a été submergée par un projet hydro-électrique. Que se serait-il passé, si cela était arrivé avant ? »

Quand elle parle des OGM, c’est pour mettre en garde. « De très nombreuses anecdotes montrent que les animaux ont une aversion naturelle pour les OGM. Ainsi les oies sauvages ne vont jamais dans les champs de colza à graines modifiées. En Amérique, des éleveurs ont constaté que les vaches préfèrent le maïs naturel au maïs Bt, les porcs dédaignent les rations OGM. Quant aux ratons laveurs, ils dévastent les champs bio, pas les autres. Pourquoi ? Ils développent des sens plus acérés que les nôtres. Une étude systématique réalisée en Grande-Bretagne par le chercheur Arpad Pusztai a montré que les pommes de terre Bt rendent malades les rats de laboratoire. Ce chercheur a été suspendu, puis, heureusement, réhabilité par la revue The Lancet. »

Derrière sa critique de la nourriture industrielle, les animaux demeurent toujours au cœur de ses préoccupations. « Aux Etats-Unis, les produits chimiques agricoles tuent à peu près 67 millions d’oiseaux chaque année. En Iowa, on ne les entend plus saluer le printemps sur les terres cultivées. Silent spring,  » le printemps silencieux », la prophétie de Rachel Carson, une des initiatrices du mouvement écologique des années 1960, semble en passe de se réaliser. C’est affreux… » Quand on oppose à Jane Goodall qu’il faut bien développer une agriculture intensive pour nourrir une population de six milliards d’humains, elle se fâche.
« Je crois à l’avenir de la culture biologique.
– Mais cela ne suffira pas…
– Les jeunes générations comprennent, je le vois dans toutes mes conférences. Elles vont boycotter la nourriture industrielle, elles vont changer leur manière de se nourrir, et cela va gagner le monde…
– Vous voyez des signes d’optimisme ?
– Partout. En 1990, aux Etats-Unis, les consommateurs ont acheté pour 1 milliard de dollars d’aliments et de boissons issus de l’agriculture biologique. En 2002, ce chiffre atteignait 11 milliards. Que se passera-t-il en 2020 ? Résultat immédiat, de plus en plus de fermiers américains choisissent de se convertir aux méthodes biologiques. On comptait en 1997 485 000 hectares bio . Ils avaient doublé en 2004. C’est très encourageant. Il faut aussi voir les rendements. Pendant la sécheresse de 1998, les exploitations bio américaines ont donné des récoltes beaucoup plus abondantes que les fermes industrielles. Cela commence à se savoir… Même si notre vieux monde industriel, voué au profit rapide, ne change pas par préoccupation éthique ou par compassion pour les animaux, il devra bien évoluer ne serait-ce que pour survivre. Cela me rend optimiste !
« 

Tandis que Nicolas Sarkozy s’amuse à détourner l’attention publique en portant plainte pour « faux, usage de faux et recel » contre le Nouvel Observateur, le Parlement a autorisé la ratification du Traité Européen de Lisbonne, au mépris de tout principe démocratique. Afin de permettre cette ratification, le gouvernement avait dû préalablement modifier la Constitution (proposition adoptée lundi dernier). Il ne reste plus à Sarkozy ou Fillon qu’à signer et le tour est joué.

Dans un autre genre, l’enfermement à vie a été adopté par le Parlement, toujours à l’initiative de Sarkozy. Pardon, j’aurais dû dire « la rétention de sûreté« . Il s’agit de pouvoir enfermer indéfiniment les gens à leur sortie de prison (ce sera très pratique, dans un futur proche, pour les prisonniers d’opinion et autres dissidents anti-sarkozystes). Avec effet rétroactif qui plus est, ce qui est purement anticonstitutionnel. Heureusement, l’opposition a déposé un recours devant le conseil constitutionnel.

Le Sénat n’est pas en reste puisqu’il a créé un « délit de fauchage » – qui ne concerne que les champs transgéniques bien sûr, c’est taillé sur mesure ! Et tenez-vous bien, ça peut monter jusqu’à 3 ans de prison et 150.000 euros d’amende… Y a pas à dire, les lobbies ont bien travaillé !!

Allez, de meilleures nouvelles pour terminer : des supermarchés ont décidé de réduire leurs ventes de thon rouge (mais pas d’autres espèces de thon « moins » menacées) et la montagne de Kaw, zone de grande biodiversité en Guyane, devrait finalement être préservée de l’exploitation minière.

Extrait du Monde du 20.04.07, par Hervé Kempf.

En avril, un fin manteau de poussière jaune recouvre la Caroline du Nord : voitures, maisons et chaussures revêtent un habit de printemps tissé par le pollen qu’émet avec prodigalité la grande forêt de pins qui occupe le sud-est des Etats-Unis. Ce phénomène saisonnier est un sujet d’interrogation scientifique : quelles sont les caractéristiques de ce pollen et, surtout, jusqu’où va-t-il fertiliser d’autres arbres ?

La question se pose alors que les pressions se font de plus en plus fortes pour lancer à grande échelle la plantation d’arbres génétiquement modifiés. « Il faut absolument savoir jusqu’où le pollen peut voyager et faire sentir ses effets, afin d’évaluer le risque de contamination des forêts naturelles« , assure Claire Williams, professeur à l’université Duke.

Sur la plate-forme [à 25m de haut], une biologiste dispose une boîte cylindrique qui absorbe l’air ambiant et filtre le pollen. Diverses analyses suivront pour tester la viabilité du pollen et sa fécondité.
« Les entreprises forestières savent depuis longtemps que les pins taeda peuvent polliniser sur de longues distances, dit C. Williams, mais l’étude n’en avait jamais été faite de manière systématique. »

Dans son laboratoire, Vincent Chiang se soucie peu de cette question : « Nous maîtrisons bien la biotechnologie permettant de contrôler la production de lignine dans les arbres, dit-il. On peut l’utiliser pour produire plus de papier et surtout de l’éthanol, l’agrocarburant pour les automobiles. » Il a mis au point une technique consistant à modifier le gène contrôlant la production de lignine d’un arbre puis à le réinsérer dans le tissu germinatif de l’arbre. Les cellules sont alors multipliées et peuvent produire une plantation entière.

La lignine est un composant du bois qui lui assure sa solidité, mais qui n’a pas d’utilité pour le papier ou l’éthanol, à la différence de la cellulose, à laquelle elle est mêlée. Produire des arbres avec moins de lignine, c’est abaisser le coût d’extraction de la cellulose. « J’étudie maintenant les gènes contrôlant la production de la cellulose et ceux contrôlant la croissance de l’arbre, afin d’augmenter la rapidité de celle-ci« , poursuit M. Chiang.

L’industrie forestière hésite pourtant. Seule ArborGen, filiale de groupes papetiers américains et néo-zélandais, s’y engage fermement. L’entreprise, dirigée par une ancienne de Monsanto, Barbara Wells, cultive la discrétion. Son site Internet est peu informatif, et elle n’a pas donné suite aux demandes d’interviews du Monde. Elle développe des eucalyptus, des peupliers et des pins transgéniques.

« Si les arbres croissent plus efficacement, dit Susan McCord, de l’Institute of Forest Biotechnology, une organisation visant à promouvoir les OGM sylvicoles, ils utiliseront moins d’espace, ce qui permettra de protéger les forêts naturelles. » Une analyse contredite par les écologistes, qui pointent l’expansion des plantations d’arbres, notamment en Indonésie et au Brésil. « Les plantations en monoculture sont une cause majeure de la déforestation tropicale« , juge Anne Petermann, du Global Justice Ecology Project.

ArborGen vise surtout les pays du Sud, où les administrations sont moins regardantes et les oppositions moins vives. Début avril, elle a obtenu du Brésil l’autorisation d’y tester des eucalyptus génétiquement modifiés. Avec la vogue des agrocarburants et la perspective d’utiliser les forêts pour stocker du carbone, dans le cadre de la Convention sur le changement climatique, les promoteurs des arbres OGM sont confiants.

Même si les risques sont mal connus. « La forêt n’est pas une autre sorte d’agriculture, avertit C. Williams. Un arbre vit des dizaines d’années. On ne peut pas faire quelque chose juste « parce qu’on sait le faire ». »

« La cyber pétition pour appuyer la décision du commissaire européen à l’environnement de rejeter la culture de 2 variétés de maïs OGM a été signée par 52 619 personnes en Europe. C’est un résultat inespéré pour une action qui est en place depuis seulement 2 semaines ! Mais nous n’y sommes pas encore…Nous visons au moins 75 000 signatures pour la semaine prochaine, nous les présenterons à la Commission européenne. La décision finale de rejeter ou non les 2 variétés de maïs OGM sera prise par la Commission le 28 novembre. »

Envoyez vous aussi la lettre, ça ne prend que quelques secondes (*) et si on réussit à faire interdire ces deux OGM ce serait un formidable pas en avant !

(*) Vous pouvez bien sûr, si vous le souhaitez, personnaliser le contenu de la lettre préétablie proposée.

Je n’ai pas (encore) vu ce documentaire autrichien mais ce qu’en dit cet article de Taïké Eilée trouvé sur agoravox me laisse penser que ce serait vraiment nécessaire que chacun puisse le voir…

Extraits « plic ploc » de l’article :

La palme du meilleur film « gore » 2007 revient à « We Feed The World » (« Le marché de la faim ») de Erwin Wagenhofer. Un film tellement effrayant qu’il n’est diffusé que dans six salles à Paris… Pas d’effets spéciaux. Pas de faux sang. Que du vrai. Avec nous, consommateurs, comme principaux acteurs. Et de vrais gens qui meurent. De la faute du « système » – autre nom de l’antique « destin ». Dans l’indifférence générale. La nôtre.

100 000 êtres humains meurent de faim ou de ses conséquences immédiates chaque jour dans le monde. 1 enfant de moins de 10 ans meurt toutes les 5 secondes de cette même cause. 842 millions d’hommes et de femmes souffrent de malnutrition chronique aggravée. Un chiffre en constante augmentation. Pourtant, il est avéré que l’agriculture mondiale peut, à l’heure actuelle, nourrir dans de bonnes conditions 12 milliards d’individus, soit près du double de la population mondiale ! Ces quelques chiffres aberrants font dire à Jean Ziegler , rapporteur spécial auprès des Nations unies sur le Droit à l’alimentation, que « chaque enfant qui, aujourd’hui, meurt de faim est, en réalité, assassiné« .

La faute à qui ? Au monde tel qu’il va. Et tel qu’il continuera vraisemblablement d’aller. La faute, selon Ziegler, aux « 500 multinationales qui contrôlent 52 % du PIB mondial« , « ne s’intéressent absolument pas au sort des pays dans lesquels elles sont implantées« , « mènent une politique de maximalisation des profits et assoient leur pouvoir par la corruption des dirigeants« .

A Vienne, en Autriche, on jette environ 2 millions de kilos de pain par an, pourtant parfaitement comestibles.
En Roumanie, deuxième producteur agricole européen, le leader mondial des ventes de semences, Pioneer, impose ses OGM, ses semences à utilisation unique, et détruit progressivement les modes de culture traditionnels.
Situation tout aussi absurde au Sénégal, où les paysans voient affluer sur leurs marchés, au tiers du prix local, les légumes et fruits européens subventionnés, qui les condamnent à ne pas pouvoir vivre de leurs propres productions.

Nous nous retrouvons dans une usine autrichienne qui fabrique des poulets, comme on fabriquerait des jouets ou des voitures. Une usine à bouffe, où l’animal en tant que tel n’existe plus. Fini l’animal qui a sa vie propre, et qu’un jour on chassera et tuera pour le manger. L’animal est ici nié dans son être, et d’emblée réduit à de la bouffe.

Tout commence dans des poulaillers géants, contenant jusqu’à 70 000 individus. Là, dans ces hangars sordides, poules et coqs se reproduisent. Les oeufs pondus sont placés dans des incubateurs. Puis dans de grandes caisses. Les poussins y éclosent, comprimés les uns contre les autres. Ensuite, comme n’importe quels objets dans une usine à la chaîne, ils suivent, sur des tapis roulants qui vont à toute vitesse, un parcours automatisé, durant lequel ils se font bringuebaler dans tous les sens. Ils atterrissent dans d’impressionnants hangars, où ils vont être gavés. A peine le temps de grandir qu’ils sont transportés à l’abattoir. Sans avoir jamais vu la lumière du jour. Sans avoir jamais gambadé en pleine nature. Sans avoir jamais « vécu ». Passons sur l’abattage lui-même, nouveau parcours à la chaîne sur tapis roulant, avec électrocution via passage de la tête dans un bassin liquide, et décapitation, jusqu’à l’arrivée finale du cadavre sous cellophane. Prêt à déguster. Ces images soulèvent le cœur et donneront, à n’en pas douter, quelques scrupules aux futurs consommateurs que nous sommes, lorsque nous nous retrouverons face à face avec un poulet sous cellophane au supermarché.

Ultime scène d’horreur du documentaire de Erwin Wagenhofer : la visite au PDG de Nestlé, Peter Brabeck. Celui qui dirige la plus importante multinationale alimentaire mondiale – et qui n’a pas dû voir le film qui précède son entrée en scène – nous assure que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, que le monde n’a jamais été aussi riche, que chacun peut aujourd’hui avoir tout ce qu’il veut… Il nous assure que l’avenir appartient aux OGM, que le bio, ce n’est pas si bien que cela… Il se réjouit de ce que l’homme ait enfin réussi à vaincre la nature hostile, à la maîtriser, à la manipuler à sa guise, et nous promet que tout cela est sans danger ; preuve en est, les OGM n’ont, à ce jour, causé aucune maladie chez nos amis américains. Il s’étonne donc candidement de ce que certains affichent quelques états d’âme vis-à-vis des manières de faire des grandes entreprises transcontinentales qui dirigent le monde.

Mais ce n’est pas tout. Voici venue l’heure du grand frisson… Peter Brabeck s’interroge très sérieusement sur le prétendu droit de tous les hommes à bénéficier de l’eau ! Ce cher monsieur, bronzé aux U.V. (comme le souligne malicieusement Ziegler), qualifie d’extrémistes les ONG qui considèrent que chaque homme de ce monde a droit à l’eau, et se prononce, pour sa part, en faveur de la privatisation de cette dernière, en laquelle il voit une denrée alimentaire comme une autre, qui a donc une valeur marchande, un prix, et que seuls ceux qui pourront se la payer auront le droit de consommer. Pour les autres… Faudra s’adapter, j’imagine, être flexible… moderne…

(…)

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