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Après la condamnation du viticulteur bio qui avait refusé de traiter chimiquement ses vignes de manière « préventive », une autre situation absurde s’est retrouvée devant le tribunal français. Il s’agit du puçage des élevages.

http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/08/25/sus-aux-puces_4475994_3244.html

http://www.rue89lyon.fr/2014/05/27/aujourdhui-met-des-puces-aux-moutons-demain-ce-sera-quoi

Condamnés en première instance, la seconde manche semble se clore positivement (voir sur Mouton 2.0) mais la législation est toujours en place…

Plus récemment, en juin de cette année, un tribunal luxembourgeois a condamné à de la prison (avec sursis) et une amende deux lanceurs d’alerte français… tout en reconnaissant qu’ils avaient agi dans l’intérêt général et contre des pratiques fiscales moralement douteuses !

Le parquet du Luxembourg a estimé que le secret professionnel prime sur la liberté d’expression même si on est témoin de pratiques interlopes… Je vous laisse imaginer jusqu’où ce genre de raisonnement pourrait nous entraîner 😯

(détails : affaire LuxLeaks)

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

Bande-son : Lhasa de Sela – La Frontera

Ibones de Anayet

Après un trajet sans encombre et une très sympathique (mais trop courte !) visite à la Casa Mahie, nous finissons par arriver aux Pyrénées. Sur le bord de la route, un étrange panneau « bains de secours » me laissera perplexe…

Nous montons les lacets dans le brouillard, à la nuit tombante. Dès la frontière espagnole, les nuages se dissipent. Après avoir récupéré la clé carte de notre chambre, nous pique-niquons tardivement sur un banc de la place (du parking, devrais-je dire !).

Nous sommes samedi soir et nous aurons bien du mal à dormir, le bruit durera jusque 3h du matin… et à 6h10, réveil en fanfare par coups de klaxons. Dur dur !

Après le petit déjeuner, nous partons à la barrière d’Anayet (Corral de las Mulas, 1630m). Le parking est petit et déjà bien plein !

A partir de là, la route est barrée et nous devons monter à pied jusqu’à la station de ski (1800m). Je n’aime pas marcher sur le bitume, et encore moins en montagne, alors ces 2 km m’ont paru longs.

Là commence enfin le sentier. Après l’horrible paysage mutilé par les remontées mécaniques, la montagne s’offre sans fard.

La nature est généreuse 🙂

J’ai été très étonnée de découvrir à quel point les paysages étaient verts !

Je m’attendais à une végétation malingre, à un manque d’eau généralisé, d’autant plus côté sud… mais regardez-moi cette herbe ! 😀

Nous avons choisi une randonnée facile pour se mettre en jambes après cette année sédentaire journée et demi en voiture.

Nous nous dérouillons les muscles en remontant tranquillement le ruisseau.

Le seul contre-temps est le nombre d’arrêts photo :mrgreen:

Nous repérons déjà le départ de la variante par laquelle nous descendrons tout à l’heure :

Des terrains rouges apparaissent, contrastant fortement avec les rochers gris du pico Anayet (2545m).

Après 2h30 de marche à un rythme très cool, nous sommes au niveau des Ibones (lacs) d’Anayet, à 2230m d’altitude. Le pic du Midi d’Ossau s’y mire.

Avant l’eau se trouve un pâturage parcouru de multiples petits méandres.

Avec toujours ce contraste étonnant de couleurs…

Oh qui voilà ? Une sangsue !

Bon, finalement, je n’ai plus envie de nager 😆

Tiens mais qu’est-ce donc que ces points au loin ?

Quel plaisir de voir un troupeau de chevaux en liberté 🙂

On distingue la silhouette d’un randonneur sur la crête du Vertice d’Anayet (2559m). Il a encore du chemin avant d’atteindre le chapeau de basalte.

Une mer de nuages progresse côté français tandis que le ciel reste parfaitement dégagé côté espagnol.

De nombreux grimpeurs sont en train d’escalader cette paroi. L’Anayet est une ancienne cheminée volcanique jumelle de l’Ossau.

Après avoir baguenaudé et s’être empli du panorama, nous trouvons une micro-zone d’ombre pour pique-niquer. Le soleil tape fort !

Nous entamons ensuite la montée jusqu’au Cuello de Anayet (2404m).

Les marquages du GR sont discrets mais bien présents.

C’est dur de monter après le repas :mrgreen:

Voici le plateau d’où l’on vient :

De l’autre côté du col, surprise, un névé !

La France est toujours dans la purée de pois…

Impressionnant plissement ! 😯

Voici le chemin que nous avons pris :

Et voici le chemin grimpant au pic d’Anayet. Il comporte notamment, sur la fin, une cheminée de 20 mètres qui « ne présente pas de difficultés » mais est « réservée aux randonneurs expérimentés »… euh, qu’en comprendre ??

N’étant pas spécialement des montagnards aguerris, nous nous sommes abstenus.

Nous avons hésité à monter au Vertice (ci-dessus) qui est moins esthétique mais ne présente pas de difficulté…

C’est alors qu’une flemme terrible s’abattit, et nous décrétâmes en chœur que le panorama ne serait pas plus beau là-haut ! :mrgreen:

C’est vrai quoi, et puis il y avait bien trop de fleurs à photographier pour avoir le temps de continuer la grimpette 😆

En bref, 800 mètres de dénivelée c’était assez pour ce premier jour de marche.

La colonisation par les nuées se poursuit à vive allure et déborde même la frontière.

C’était hypnotisant de regarder l’ombre des nuages passer sur ces doux reliefs herbeux jonchés de rocs.

Nous voici à nouveau au pied du col.

Durant notre absence, nos copains les chevaux se sont dispersés sur le plateau.

Certains portent une clarine autour du cou.

C’est une belle après-midi et, sans que ce soit le métro, il y a pas mal de gens. Certains ont planté la tente.

Allez, venez, on va tous se rouler dans la poussière !

Celui-là m’aura fait peur, il était couché bizarrement et si parfaitement immobile que j’ai d’abord cru qu’il était mort ! Ah ces touristes, on ne peut même plus roupiller en paix…

Nous entamons le chemin du retour, qui ne suit pas la rivière et reste beaucoup plus en hauteur.

Sur la photo ci-dessus on voit bien les deux sentiers. A l’aller nous étions passés à droite de la colline centrale, tandis qu’au retour nous allons vers la Glera de Anayet.

Dans la mousse, je croise une sauterelle femelle et son impressionnant (mais inoffensif) oviscapte.

Mon premier lézard du séjour 🙂

Au loin nous apercevons les toits d’ardoise du village de Formigal.

Après la cabane, le chemin continue puis finit par se perdre.

Nous arrivons finalement au-dessus de la station de ski, alors on coupe à travers tout en mode sanglier !

Nous sommes de retour à la voiture peu avant 17h.

C’est long d’attendre 20h quand on a faim (n’est-ce pas Lilou ?). Nous finirons par manger une étrange pizza avec de la fausse mozzarella. Ça pèse sur l’estomac mais nous ne serons pas malades !

Comment on a tenté de rejoindre le sommet du Gramos via Gesos…

La nuit fut mauvaise, le logeur et des touristes discutant bruyamment jusque fort tard dans la nuit (4h selon AàG, je me suis endormie plus tôt). Par contre il s’est levé pile à l’heure dite pour le petit-déjeuner et ce fut délicieux, on a même eu droit à une copieuse omelette. Le meilleur p’tit-déj’ du séjour sans hésiter !

Malgré qu’il soit encore tôt et que les autres touristes vont manifestement se lever tard, le logeur nous annonce qu’il ne peut pas nous conduire à Ghessos (il dit qu’il doit travailler, à mon avis il va plutôt se recoucher 😆 ) Son ami non plus car il a dû se rendre en ville… et apparemment il n’est pas motivé à nous trouver quelqu’un d’autre au village qui pourrait nous y emmener.

C’est un peu la douche froide pour nous, même si nous avions quelques craintes que ça ne tourne ainsi.

Il semble en effet que la loi de Murphy soit particulièrement puissante dans cette région.

On joue le tout pour le tout, on décide de s’y lancer à pied.

On n’a qu’une journée et un bout de mollet à y perdre, après tout ! :mrgreen:

La seule chose qui est sûre et certaine, vu l’expérience de la veille, c’est que le début va être terriblement long, malgré notre ferme détermination à emprunter les raccourcis photographiés sur la carte des Anglaises la veille.

La montée est rude, on coupe au travers des pentes pour gagner du temps. On avale la dénivelée, tête baissée. Concentrés sur le but qu’on s’est fixé.

Ma motivation est juste : je veux arriver au bout pour en finir avec ce coin, et avec un peu de chance je serai agréablement surprise.

Ça me ferait plaisir de redescendre conquise par les merveilles découvertes au sommet du Grammos ! Mais j’essaie de ne pas y mettre trop d’espoir quand même.

Concentrée sur le chemin à parcourir et à l’affût d’éventuelles clochettes d’ovins, je ne sortirai pas mon appareil photo de toute la rando.

Je guette le premier aboiement… mais rien ne vient. L’attente est souvent plus dure que la confrontation dit-on.

Le ciel se fait parfois menaçant, il fait extrêmement chaud et lourd. Nous avons monté 900m en 3h et, malgré les nuages, nous suons incroyablement. Nous sommes trempés des pieds à la tête. De vraies serpillières humides 😆

Le paysage a changé, plus aucun arbre n’interrompt l’horizon.

A l’infini, des vallons d’herbe jaunie brodée de pierres…

Entre deux hors-pistes, nous retombons toujours sur la route des 4×4 mais aucun véhicule ni piéton ne passera par là. Dommage !

Nous arrivons en vue de Gesos et de son monument militaire, une sorte d’obélisque en mémoire de la guerre civile.

De là-haut, une silhouette minuscule s’égosille. Un berger ? Un touriste ? Nous ne savons pas si cela nous est adressé, de toute façon c’est en grec et nous ne comprenons rien. Ça ressemble à des menaces ou des avertissements, le ton n’est pas spécialement sympa mais faut avouer que s’arracher les poumons donne rarement une chaude voix glamour.

C’est juste après qu’AàG les repère. Une douzaine de chiens de berger. Le troupeau est loin au-dessus de la piste que nous allons emprunter, le passage est sans doute jouable. D’autant plus que nous avançons sous le vent.

Et effectivement, ça passe ! Quand les chiens nous sentent, nous sommes déjà plus loin. Une demi-douzaine d’entre eux dévalent la pente en hurlant, nous continuons à marcher de notre pas pressé, mais sans courir. Ils se sont arrêtés à une frontière invisible et se contentent de nous surveiller en aboyant leur rage. Ils sont tout de même particulièrement susceptibles car leur troupeau est vachement loin 😯

Lorsque le chemin fait une légère boucle qui revient dans leur direction, ils se déchaînent de plus belle comme si c’était une provocation de notre part… heureusement le chemin s’éloigne ensuite de façon constante. Les chiens agressifs et nombreux, ça me stresse. J’ai mon opinel en main.

On est donc passé. Sauf que. Il y a un hic. Le chemin passe dans les arbres et fait ensuite… une épingle ! Il longe la crête en contrebas et passe au-dessus du troupeau avant d’arriver au monument d’où part enfin le sentier vers le Grammos.

On décide de s’accorder une pause pour pique-niquer et réfléchir à comment contourner la difficulté. L’ambiance oscille entre découragement et colère. Putain de berger qui s’est approprié la montagne et qui n’est même pas là pour garder ses molosses ! 👿

On aperçoit au loin deux humains chanceux, se trouvant du bon côté des chiens. Par où diable sont-ils passés ? AàG voudrait marcher sur la crête mais ça ne nous éloigne pas assez du troupeau, vu la réactivité des chiens. L’autre versant n’est hélas pas praticable. Et de plus nous arrivons dans la zone frontière où il nous a été recommandé de ne pas nous éloigner des sentiers… j’ai pas envie de sauter pour un sommet, et encore moins pour celui-là !

On regrette de ne pas avoir coupé à travers la pente pour rejoindre directement le monument, ça aurait été hard mais réalisable, et ça nous aurait permis de bypasser les chiens. Peut-être est-ce cela qu’on nous criait ?

On joue notre va-tout en nous engageant sur le chemin, on verra bien l’accueil qui nous sera réservé. Le troupeau s’est légèrement déplacé pendant notre pause, cela ne nous est pas favorable et le comité d’accueil ne tarde pas à se manifester… ils n’ont vraiment pas l’air de plaisanter, aussi nous faisons promptement demi-tour !

Reste que nous sommes bloqués du mauvais côté, tant pour monter au Gramos que pour redescendre au village. Comme le troupeau a monté, peut-être que le passage du bas se retrouve à présent libéré ? Hélas une sentinelle est restée en poste très bas sur la pente et la meute excitée raboule aussi sec à son appel. Une vraie plaie, ces chiens de berger ! On est furieux qu’une telle situation puisse perdurer aussi longtemps (AàG avait déjà lu d’anciens compte-rendus faisant mention de ce problème) sans que personne ne réagisse.

AàG décide de quitter la piste et de couper droit à travers la pente pour rejoindre la forêt et passer loin en dessous des chiens.

J’aurais vivement souhaité que nous remontions ensuite sur la piste, soit que nous mettions en pratique l’idée de grimper directement au monument, soit que nous retournions sur nos pas pour descendre à Aetomilitsa… mais AàG est hors de lui et ne veut plus essayer, il fonce comme un sanglier à travers la pente sans rien vouloir entendre.

Doublement énervée, je le suis avec lenteur et prudence, mes chevilles n’étant pas tout-terrain et mes genoux commençant à me dire merde. De plus, l’adrénaline baisse et laisse place à une certaine fatigue. Faut croire que quand le moral n’est plus bon, le corps suit…

Nous traversons pendant bien une heure des forêts très pentues, naviguant uniquement à la boussole. On essaie de s’en tenir au sud-est mais la pente, plein sud, nous attire et nous dévie. Aucun sentier à l’horizon, ni de vue sur le village. Où sommes-nous ? Et dans quelle galère nous sommes-nous fourrés ??

Nous avançons en automates, à un moment on décide de suivre le lit d’une rivière plutôt que la boussole. J’ai l’impression qu’ici on pourrait marcher des jours sans croiser le moindre signe de civilisation.

C’est un soulagement certain lorsque nous finissons enfin par croiser une piste ! Le retour sera encore bien long à partir de ce moment, et nous arriverons au village fatigués, démoralisés, déçus, fourbus, frustrés, dégoûtés, la liste pourrait encore être longue car nous sommes de mauvais perdants :mrgreen: (surtout AàG bien entendu 😛 )

Je vous présente Zum-Zum, tel que nous l’avons surnommé. Ma première photo de la journée… Ce mouton semble avoir eu un accident. Une vieille dame passe, voit que nous sommes intrigués par le phénomène et nous fait signe de la tête qu’il est zinzin.

Ce mouton est complètement schieve (de travers) et passe des heures à marcher en cercle. Du coup il est séparé du troupeau et enfermé dans ce mini-parc en plein village… il doit trouver le temps long, tout seul 😐

Les 4×4 n’ont pas encore tout remplacé, les villageois utilisent encore ces petits chevaux bâtés (ce ne peut pas être un mulet avec des oreilles pareilles ?).

J’imagine que s’ils gardent en permanence leur bât, c’est parce que ça doit être long et compliqué à installer ?

Vers 16h30 un orage éclate au-dessus des montagnes. J’ai des frissons rétrospectifs à l’idée que nous pourrions être là haut sur ces paysages pelés, même si AàG ne pense pas que la foudre que nous voyons tomber soit dans ce secteur précis.

Je n’en suis personnellement pas si sûre et je me demande si les deux personnes que nous avions vues là-haut sont à l’abri. Finalement on devrait peut-être remercier ces satanés chiens…

Ci-dessus la terrasse du logement, j’ai beaucoup aimé son toit constitué de feuilles de fougères empilées 🙂

Nous nous promenons sans but dans le village, simplement histoire de passer le temps.

Les heures paraissent longues, nous avons hâte de pouvoir aller manger et ensuite dormir, pour oublier notre déconvenue, tourner la page et quitter ces montagnes peu accueillantes dès demain matin.

Le ciel prend une teinte incroyable et la lumière est irréelle, c’est si sombre et si lumineux à la fois !

Ce n’est pas sans nous rappeler notre voyage en Cappadoce (Zelve et Paşabağ).

Ci-dessus, le restaurant où nous retournons manger (le seul autre établissement du village n’ouvre manifestement pas ce soir). Nous patientons sur la place, admirant sans nous lasser le spectacle céleste qui s’offre à nous.

A partir de 18h30, ça commence. Un vieux monsieur arrive lentement, canne à la main et chapeau vissé sur le crâne. Un autre, se tenant bien droit, descend précautionneusement les marches le long du resto. Un troisième arrive par la route dans notre dos. Et le défilé se poursuit, jusqu’à rassembler tous les vieux du village sur la terrasse du café, où ils s’installent pour fumer, discuter, boire un ouzo et jouer aux dames ou similaire.

Les vieilles femmes, quant à elles, arrivent un peu plus tard et se rassemblent sur les bancs de la place. Ségrégation séculaire ?

Au début nous croyions que le tag « ΠΑΣ » indiquait la présence d’eau. Ensuite nous avons cru qu’il s’agissait d’un parti politique.

Pour finalement nous rendre compte, en faisant quelques recherches à notre retour, qu’il s’agissait plus vraisemblablement… d’un club de foot 😆

On s’installe dans la salle commune dès que la porte s’ouvre. Pas de souvláki ni autres grillades car le feu vient seulement d’être allumé, il est trop tôt. On prend donc un plat de poulet fait à la casserole, avec des frites car il n’y a rien d’autre. Ils n’ont aucun légume à part des tomates et on commence doucement à saturer.

Quand je vois la tête du plat qui arrive, je comprends que ça ne va pas être pour moi. Heureusement AàG n’est pas aussi difficile et mangera tous ces morceaux non identifiés. Je me retrouve à manger uniquement la petite assiette de frites, c’est un peu la loose mais elles sont très bonnes heureusement. Je retourne en demander à l’entrée de la petite cuisine, la dame me sert… avec les doigts mais soit !

A table, j’en prends une : elles sont cuites mais complètement froides, pouah ! Je retourne voir la serveuse, elle me dit qu’il n’y a pas de problème, saisit l’assiette et l’enfourne… dans le micro-ondes 😯

Ce crime de lèse-belgikisté mettra un point final à cette étape de merde.

Final ? Hum ! C’est du moins ce que nous croyions…

De Pescol à la Malga Antersasc

C’est un peu comme après une indigestion. Trop de trajet en voiture, trop de gens… alors examinons la carte. Quelle promenade pouvons-nous faire qui soit tout près de Badia et pas prisée des touristes ? Un truc un peu peinard de préférence, parce qu’avec les 1000m et quelques de dénivelée d’hier, mes pieds de sédentaire sont encore fourbus.

Nous voilà partis pour Pescol (alt. 1618m), hameau de montagne dont l’étroite route n’est pas toujours revêtue et où la vue de panneaux d’arrêt de bus nous fait angoisser (pas en croiser un ici, surtout pas !).

Le temps est très brumeux, mais il fait sec pour le moment. Après Pescol, la route de Juel se transforme en chemin carrossable couvert de graviers, elle évolue sagement au milieu des prairies dont le vert intense nous ravit les pupilles. Des chats, des barrières en bois, des granges… pas un seul touriste, c’est parfait.

Je préfère me garer rapidement et faire le reste de la route à pied, j’ai peur que l’état du chemin ne se dégrade et qu’il devienne difficile de trouver un endroit où demi-touriser (oui je suis une stressée dans la vie).

Le sentier qui quitte la route commence tout d’abord par descendre fortement… oh oh, mauvais signe ! C’est pourtant bien le bon. On traverse une forêt humide et on retrouve ensuite un chemin plus large, qui monte dru au milieu des cris incessants des cassenoix (crakâ). Nous sommes sur leur territoire, pas de doute !

Aujourd’hui, on sera résolument la tête dans les nuages…

Le paysage est très vert et chaotique, c’est plaisant. D’immenses rochers ronds et moussus semblent avoir été catapultés là au gré des caprices de Dame Nature. Dommage qu’il fasse trop sombre pour en prendre des photos.

L’ambiance fantomatique donne l’impression que le monde est en train d’être soigneusement gommé morceau par morceau. Surtout ne revenons pas sur nos pas, il n’y a peut-être plus rien…


Quand on regarde derrière soi…


…et quand on regarde devant ^^

Nous arrivons à une barrière avec un astucieux système de fermeture automatique constituée d’une corde et d’une grosse pierre ! Au loin, une silhouette de chamois dans un pierrier… la première et dernière fois que nous en verrons dans les Dolomites.

Derrière nous, on entend des cris et des aboiements. A croire que c’est une tradition locale, de hurler en montagne ?? Déjà hier des nuisibles gens avaient perdu leur chien (forcément, sans laisse 👿 ) et gueulaient après comme des putois… soupir. Je comprends qu’on voie si peu d’animaux sauvages par ici.

Une marmotte, floue mais une marmotte tout de même :mrgreen: Il y en avait beaucoup d’autres, mais vives et peureuses.

Ce vieil arbre magnifique, trônant sur son rocher, défend l’entrée du haut plateau. Il faut lui donner le mot de passe, qui est : Bêêê !

Un troupeau de moutons aux oreilles pendantes, ils ont tous réussi l’examen de passage de l’arbre 😀

Près de la bergerie Malga Antersasc (alt. 2085m) se trouvent quelques troncs couchés faisant office de banc, ce sera notre lieu de pic-nic. Il faut bien gérer la disposition des affaires par rapport à l’emplacement des crottins, mais c’est jouable :mrgreen:

On entend encore de temps à autre les hurleurs derrière, mais ils sont devenus plus discrets une fois qu’ils se sont aperçus qu’on avait l’air méchant qu’ils n’étaient pas seuls au monde.

Je repose mes pieds tandis qu’AàG va dire bonjour à ses amis les moutons, dont il parle si bien la langue. En fait je ne m’habitue pas à mes nouvelles chaussures de randonnée (pourtant elles ont déjà été « faites », je les avais prêtées à ma mère pendant deux semaines – ben quoi, ça sert aussi à ça, une maman 😉 ).

Un randonneur isolé descend du col, il vient sans doute du refuge de Puez. L’accent avec lequel il me dit buongiorno me fait répondre « bonjour » avec un grand sourire. Il se retourne, surpris, et me demande : « vous êtes française ou vous êtes suisse ? » Ni l’un ni l’autre ! On discute un peu et il poursuit sa route.

Nous continuons le chemin au-dessus de la bergerie, vers le forcella de Puez. Les deux lacs ne sont en fait pas sur ce plateau mais sur un ressaut plus haut, à 2169m. Ils sont quasi à sec, comme celui d’hier.

Ca monte fort et il y a énormément de vent, ce qui est fatiguant. Nous arrivons dans un cirque rocheux sans intérêt particulier, ma motivation décline au même rythme que l’état de mes pieds.

Je regarde les vagues de nuages qui viennent s’échouer à intervalle régulier sur le flanc des montagnes, et je me demande… sommes-nous à marée montante ou descendante ?

Je déclare forfait, je n’ai plus envie de continuer. AàG fera le tour de la montagne et de la terre entière s’il le souhaite, mais moi je vais commencer à redescendre doucement. Rendez-vous est pris à la bergerie.

Si vous voulez une échelle au paysage, sachez qu’un AàG se cache sur la photo ci-dessus 😉

Les quatre photos ci-dessous ont été prises à moins de deux minutes d’intervalle :

Le retour se fait en mode « aïe-ouille-fichues godasses » alterné de « aïe-ouille-fichus genoux ». La montée finale est presque un soulagement, après toutes ces descentes !

Ce qui est rigolo avec cette météo, c’est qu’on n’a aucune idée de l’heure qu’il peut être. En fait nous arriverons en milieu d’après-midi à la voiture.

Cela nous laisse le temps de visiter l’église de Badia/Abtei, d’aller choisir des cartes postales et de s’installer confortablement dans une accueillante pâtisserie de La Villa, pour les écrire en dégustant un chocolat chaud accompagné d’une part de sacher torte (pour AàG) et de linzen torte (pour moi).
Voilà maintenant vous savez pourquoi j’aime écrire des cartes postales 😛

Mardi 12 septembre 2006 – C’est encore loin Grand Schtroumf ?

A Haus Sonne, la nuit est meilleure que la précédente même si nos hébergeurs se lèvent à 6h30 à grand renfort de portes claquées. Le petit déjeuner n’est pas terrible, on n’a droit qu’à un petit pot de confiture et de la charcuterie. (Bon ok après Gerlos tout paraît minable, mais quand même !!) La dame nous entend mais ne se montre pas, elle ne viendra dire bonjour que cinq minutes plus tard, pour nous demander si on veut des œufs (ouiiii !) Ensuite elle ferme la porte de la petite pièce (alliant le vieux et le kitsch), ça donne vraiment l’impression qu’elle referme la porte du caveau sur nous… brrr ! En fait c’est pour ne pas qu’on ait vue sur l’escalier car pendant notre petit-déjeuner, elle va refaire la chambre. Je n’apprécie pas du tout, ça donne l’impression d’être indésirable… on n’est pas là de toute la journée, est-ce que ça revient à dix minutes ??

On part rapidement vers le massif du Großvenediger, ce fameux circuit des trois lacs que nous n’avions pas pu faire plus tôt car c’est un peu décentré, sur la route de Matrei… Nous passons un très long tunnel (à péage, bien sûr), et nous arrivons enfin à la Matreier Tauernhaus, le lieu de départ de la randonnée (parking payant, re-bien sûr).

Le guide vert Michelin mentionne 45 minutes de montée avec la remontée mécanique Venedigerblick. Ouais ben m’sieur Michelin faudrait peut-être aller voir sur place plutôt que de zieuter uniquement les IGN parce que le télésiège, ça fait belle lurette qu’il n’existe plus !! On voit encore vaguement les trouées qui permettaient son passage dans la forêt, mais sinon il n’en reste rien. Grrr !

On hésite, le moral un peu bas… Bon ben c’est pas tout ça, on n’est pas venu jusqu’ici pour rien, moi je veux les voir ces trois lacs. Allez zou, en marche : il ne s’agit pas de traîner car on va devoir se farcir quelques centaines de mètres de dénivelé en plus que prévu ! On traverse la prairie des vaches et on emprunte un mignon chemin qui a la bonne idée de rester à l’ombre des sapins.

La montée est fatigante (nooon, sans blague ?), je m’arrête –trop– souvent. Elle devient harassante quand on atteint la limite de la forêt. Devant nous se trouvent à présent uniquement des zones en plein soleil, et la chaleur est difficile à supporter. Il n’y a quasi personne et tout a l’air à l’abandon ici. Les panneaux ne sont pas entretenus, quand ils ne sont pas carrément cassés et posés dans l’herbe. Nous parvenons enfin au sommet théorique du télésiège… photo souvenir en l’honneur de monsieur Michelin, je ne vous la montre pas car ça n’a aucun intérêt.

Il y a encore du chemin avant d’arriver au premier lac ! Un moment de flottement car deux sentiers se présentent… nous consultons l’IGN, aucun n’a le numéro qu’il nous faut. Bon tant pis, la boussole les départagera bien. Une autre remontée mécanique est à l’abandon un peu plus loin. Les couleurs sont belles malgré l’écrasant soleil, et on aperçoit des chèvres au loin. Une dernière montée encore un peu plus raide et enfin on voit le bout du chemin. On a bien souffert, il faut le mériter le Grünen See… mais son magnifique vert transparent nous console !

Nous pique-niquons sur les rochers au bord du lac (oui, encore un concombre si vous voulez savoir !). Après avoir contemplé le lac tout notre soûl, nous repartons vers le second lac – plus haut, oui, comment avez-vous deviné ?

Nous croisons un troupeau de moutons un peu craintifs, notamment deux jeunes dont la génitrice n’est pas rassurée ^^

Il y a un gros bourru qui bêle comme une jeune fille – enfin je me comprends

Un dernier coup d’oeil au lac vert à travers ce panoramique. Le Schwarzen See n’est pas trop loin heureusement. Ses eaux donnent effectivement un aspect noir, sans doute à cause d’algues colonisant les cailloux du fond.

Pendant une petite pause bien méritée, nous entendons soudain un gros bruit au loin. L’œil cherche un peu puis localise : c’est une avalanche de gros blocs de roche – très impressionnant !!

Bon alors là, je n’ai pas su choisir, vous préférez cette photo en horizontale ou en verticale ?? La belle cascade qui se trouve sur ces photos, eh bien nous devons la remonter :

Nous croisons un randonneur solitaire qui redescend… ça vous donnera une échelle !

Le dernier lac (mais pas la dernière montée !) est le Grauen See. J’attribue ses eaux grisâtres au reflet du cirque de caillasses environnant.

Nous examinons la carte : on a le choix entre faire marche arrière ou prendre le sommet et revenir par la vallée voisine. J’aurais bien envie de revoir le lac vert, le plus majestueux des trois, mais le reste est assez monotone alors autant prendre une nouvelle voie.

Une petite séance de ricochet pour AàG, et nous voilà repartis ! La montée finale est assez chaotique dans les éboulis, heureusement les repères rouge et blanc sont bien marqués. Nous nous dirigeons vers le refuge St Pöltner.

Arrivée au col, non sans joie !

On tombe sur un délicieux tapis de mousse qui nous fera enlever nos chaussures… mais vous ne verrez pas de photos podophiles ici.

Le sentier longe la crête, nous le quitterons assez rapidement dans un hors piste assez douteux, qui n’effraiera pas que les marmottes.

Fourbus mais entiers, nous retrouvons notre chemin dans le creux de la vallée. Il s’agit d’une vallée suspendue très longue et très morne, parcourue par d’immondes pylônes grésillants. On enclenche la marche automatique, le moral s’en prend un coup.

Au bout de la vallée, nous ne voyons pas l’embranchement attendu. Nous voilà donc condamnés à prendre le sentier qui retourne vers le sommet du télésiège abandonné ! C’est très long mais c’est presque horizontal, c’est toujours ça de pris :-/

La fatigue nous fait divaguer sur des considérations très profondes comme « alle zimmer mit balkon, alle weg mit bouse » (ici toutes les chambres ont leur balcon, et tous les chemins leur bouse ^^).

Arrivés à la station, nous avons encore toute la descente à nous farcir, c’est décourageant. Je ne sens plus mes pieds quand j’arrive enfin à la voiture… Cette randonnée fait approximativement 1200 mètres de dénivelé, soit 6 cuillères de nutella. Je ne sais pas combien de kilomètres nous avons fait aujourd’hui, d’ailleurs je ne suis pas sûre de vouloir le savoir !!

Après avoir parcouru quelques centaines de mètres en voiture, je pose une question anodine à AàG : t’as mis où tes chaussures de rando ? Euh… je ne les trouve pas, elles ont dû rester sur le parking ^^ Fou rire et retour à la case départ, retrouvailles émouvantes avec lesdites chaussures puis triple vérification parce qu’avec la fatigue on ne sait jamais, on a peut-être oublié d’autres choses (notre tête par exemple) !

On s’arrête dans un petit village (Stuhlfelden) pour souper. On entre dans le premier établissement venu (surtout, marcher le moins possible !!). Il y a des gens bizarres qui nous parlent dans la première salle (un café enfumé), on dirait qu’ils ont un peu trop bu. L’arrière-salle est dédiée au restaurant mais il n’y a personne. Aucun client, aucun serveur, rien. Rien que des trophées de chasse accrochés aux murs. On s’assied et on attend un peu mais « je ne le sens pas » alors nous nous levons et partons vite avant que quelqu’un n’arrive

Le moral finira cependant au beau fixe car nous tombons par le plus grand hasard sur THE restaurant de notre séjour. Il s’agit du Gasthof Flatscher, c’est tellement bon que nous nous empiffrons : entrée, plat, dessert… la totale !! On regrette presque de n’avoir plus faim, on aurait bien testé toute la carte ^^ En plus ils étaient super sympas…

Rentrée difficile (car nous sommes crevés) à la pension inhospitalière. La « mégère » comme nous l’appellerons dorénavant s’est permis de jeter notre petite bouteille d’eau. Du coup, vu les robinets très bas, nous ne pouvons plus remplir nos gourdes. Quelle mêle-tout, c’est d’un énervant ! Ce détail se rajoute à une précédente impression qu’elle avait farfouillé dans mes affaires… Vivement qu’on parte de là.

Mardi 11 octobre 2005 – A propos du racisme et de l’arnaque en Turquie

Aujourd’hui nous retournons à Göreme. Il est 8h lorsque nous descendons déjeuner. Le logeur, auquel nous avions transmis notre horaire, n’est pas là. Un vieux monsieur qui se ballade dans le jardin de la pension lui téléphone et il arrivera finalement en moto à 8h30. Entre temps nous avions déjà descendu nos gros sacs, prêts à filer sans manger si nécessaire. Il faut encore compter le temps de préparation du petit déjeuner. C’est en triple vitesse que nous l’avalons car notre dolmuş est à 9h (et le prochain ne passe qu’à 11h). Heureusement, l’arrêt de bus est quasi en face du logement et nous arriverons à temps pour grimper dedans. Le véhicule est tellement bondé que nos sacs à dos se retrouvent ficelés sur le toit ! Ca ne nous rassure guère, on essaie de surveiller l’ombre pour s’assurer qu’ils sont toujours là !

Nous arrivons à Aksaray vers 9h40, le guichetier nous informe qu’il y a un bus direct (de la compagnie privée Yeni Aksaray) pour Göreme à 11h. Sinon on peut prendre le dolmuş pour Nevşehir à 10h30, et de là nous aurons un dolmuş pour Göreme (20 minutes d’attente, mais c’est 2 liras moins cher au total). Le temps qu’il nous explique tout cela et qu’on soit sûr d’avoir bien compris, il y a plusieurs autres personnes qui s’en sont mêlées, chacune essayant de nous persuader de prendre celui-ci ou celui-là !! L’intention est sans doute gentille mais c’est vite étouffant. Impossible de parvenir à savoir lequel arrivera en premier à Göreme. Nous nous décidons finalement pour le premier qui part, l’indirect. Nous avons peur de nous ennuyer à rester dans cette gare des bus plus d’une heure.

Nous achetons un petit pain sur le « marché », qui occupe en fait toutes les places libres entre les dolmuş ! Pour s’asseoir à l’ombre et manger confortablement, nous décidons d’aller prendre un thé sur la petite terrasse d’un café. Nous devrons vraiment insister auprès du patron pour les payer, et il nous demandera un prix dérisoire (0,25 lira par thé). Quand nous nous levons, il nous fait comprendre que même si nous ne consommons pas, nous pouvons rester assis à sa terrasse. Il est vraiment gentil mais nous ne voulons pas abuser et nous commençons à avoir un peu froid à l’ombre.

On s’installe dans un coin et, chacun à son tour, nous allons faire une « reconnaissance » dans la terrible rue commerçante voisine. Quel bordel c’est !! En plus de tous les magasins et de leur étal débordant sur le trottoir, il y a plein de charrettes à bras avec des montagnes de noix, d’abricots séchés, et autres fruits… sans compter les marchands ambulants de montres, de chaussures, les voitures de tout âge et les carrioles tirées par des chevaux ou des ânes… La foule est dense mais pas le moindre touriste là-dedans, ça nous change agréablement.

Le carrelage sur lequel je me suis assise en attendant le retour d’AàG est très froid. Un chauffeur de bus arrive soudain pour me mettre une grosse planche de polystyrène expansé sous les fesses – elles étaient effectivement gelées, mais comment l’a-t-il su ? Quoi qu’il en soit c’est une attention charmante et elle me réchauffe le cœur en plus des fesses 😉

Nous changeons d’avis pour le bus : les environs sont tellement animés que nous ne nous ennuyons pas. Nous optons donc pour le direct. L’employé des bus, ne nous voyant pas partir à 10h30, vient nous trouver. Le chauffeur du dolmuş se lamente parce que nous ne prenons pas le sien et que nous préférons une société privée, il est assez saoulant.
Une fois parti, l’employé nous apprend qu’en fait le direct ne part pas d’ici ! Il s’était bien gardé de nous le dire… nous devons prendre dare-dare une navette qui nous conduira à la gare des bus (ici c’est la gare des dolmuş, les petits bus). Nous arriverons heureusement à temps pour monter dans le bus direct, qui se rend jusqu’à Kayseri.

En nous délivrant notre billet pour Göreme dans le bus, l’accompagnateur nous demande si nous venons d’Israël. Très surprise par la question, je lui réponds que non, nous venons de Belgique. Il ne répond rien. D’où cette idée a-t-elle bien pu lui venir ? Je ne pense pas qu’Israël soit rempli de blondes aux yeux bleus avec une peau couleur chicon ??

Le voyage se passe bien jusqu’à Nevşehir, où le bus fait un mini-arrêt. Là, l’accompagnateur nous dit de descendre. Nous répondons par la négative, puisqu’ils doivent nous déposer à Göreme… mais il insiste, le chauffeur aussi, et comme nos bagages se retrouvent sur le bitume nous n’avons pas d’autre choix que d’aller les rejoindre, nous ne comprenons pas trop ce qu’il se passe. Un autre couple de notre âge se rend à Göreme et descend également.

On se rend compte qu’on s’est complètement fait arnaquer par la société Yeni Aksaray. En effet, nous devons maintenant poireauter pour prendre le dolmuş et il nous faudra payer 1 lira par personne pour le trajet Nevşehir-Göreme alors que nous avons payé pour un billet Aksaray-Göreme à la compagnie privée Yeni Aksaray. On se rend également compte, en discutant, que l’autre couple de touristes vient… d’Israël. OK les gars, on a compris maintenant. C’est très probablement par pure mesquinerie (pour ne pas dire racisme) envers les Israéliens qu’ils nous ont ainsi débarqués avant destination :-s

Arrivés à Göreme, nous essayons d’expliquer au chauffeur du dolmuş que nous avons déjà payé notre billet mais bien évidemment, il exige qu’on le paie car l’argent de notre premier billet va à une autre compagnie que la sienne… Comme nous causons une certaine agitation, d’autres personnes viennent s’attrouper. Quand on explique l’arnaque dont nous avons été victime, en montrant nos billets de Yeni Aksaray, ça n’a pas l’air de les surprendre plus que ça. Un chauffeur d’un autre dolmuş tente même de nous dissuader d’aller voir les gendarmes : on va perdre beaucoup de temps pour pas grand-chose, on ferait mieux de laisser tomber, c’est quand même pas pour 1 lira de perdu… évidemment si tous les touristes laissent tomber, c’est tout bénéfice pour eux. De mauvaise humeur, nous nous montrons très résolus et il finira de mauvaise grâce par nous indiquer où trouver les jandarma… en fait, il nous a dirigé vers une gendarmerie fermée !! Conclusion : ne voyagez jamais avec les bus de Yeni Aksaray…

Les Israéliens, qui nous ont suivi partout, iront loger au même endroit que nous : notre Şato Pansiyon chérie dont le logeur est tout heureux de nous revoir, surtout qu’on lui ramène du monde en plus 🙂 Les Israéliens sont ravis du logement, et très heureux de bénéficier de nos conseils et de nos expériences dans la région ; c’est leur premier jour en Cappadoce et ça avait mal commencé… Durant le trajet nous avions pas mal discuté avec eux et ils étaient assez sympathiques. L’anglais du monsieur n’était pas toujours facile à comprendre à cause de l’accent.

Nous reprenons tout de suite nos bonnes vieilles habitudes, comme si cela faisait trois siècles que nous habitions à Göreme : nous descendons au shop du vieux Mehmet du bas de la rue pour acheter de quoi pique-niquer, et nous nous installons « Chez Mehmet », càd à la terrasse du restaurant qui est fermé durant tout le Ramadan. Je surveille du coin de l’œil et avec beaucoup d’amusement un couple de touristes d’âge moyen qui est en train d’examiner le panneau avec le menu du restaurant. Ils s’installent à l’autre bout de la terrasse et attendent manifestement qu’un serveur vienne prendre leur commande. Les volets fermés et le frigo de boissons cadenassé auraient pourtant dû les mettre sur la voie ! Je me lève et leur dis avec malice « You know it is closed ? ». Surpris, le gars me répond « …but you have bread ! » ^^

Pour le dessert, ne changeons pas les bonnes choses : une crêpe à la banane et au chocolat au Mercan ! Malheureusement le serveur n’est pas notre chouchou habituel et du coup nous recevons cette fois-ci une portion qui me paraît deux fois plus petite… Nous n’avons pas le temps de nous apitoyer sur les tailles relatives de nos estomacs et de nos desserts car soudain, la musique devient… « haşni » (phonétique, il s’agit en fait de Yaşin Tutmaz de Gökhan Özen) !!! Rhaaa, depuis le temps qu’on voulait savoir qui chantait ça ! On demande aux serveurs, au patron, au disquaire d’à côté… ils rient beaucoup mais personne ne sait et ce n’est pas indiqué sur le disque. AàG sort alors l’enregistreur et ils augmentent le volume 🙂

Finalement, le patron nous propose de ranger le micro et de nous faire une copie du disque. En attendant, nous reprenons un deuxième thé et soudain je vois une tête connue qui passe dans la rue… AàG s’écrie « Arno !! » et c’est effectivement bien lui, l’Allemand que nous avions rencontré avec Süleyman à Aynali Kilise. Du coup il vient s’installer pour prendre un café et nous montrer ses photos du Erciyes Daği… qu’il a escaladé tout seul et en quatrième vitesse, finalement ! Ce n’est pas très raisonnable de faire un sommet de plus de 4000m seul, surtout qu’il n’est plus tout jeune même si sa forme physique est épatante.

Quand nous recevons la copie du CD, Arno me demande de quoi il s’agit… je lui explique en deux mots que c’est la première chanson que nous avons entendue en arrivant en Turquie, et que du coup elle est spéciale pour nous. Même s’il ne l’a jamais entendue, il demande au patron une deuxième copie pour lui ! En fait sur le CD ils ont mis les fichiers sous format mp3 donc nous avons quelques heures de musique turque 🙂

Nous devons le quitter assez rapidement car nous voulons aller à Ürgüp et il n’y a des dolmuş que toutes les deux heures.
Arno nous avait dit que c’était « cheun » comme petite ville, et effectivement ça l’est (sans plus). C’est la première fois que nous voyons une horloge publique, elle a la forme d’une cheminé de fée stylisée, son « chapeau » penché abrite en fait un capteur solaire.

Nous montons sur la colline aux souhaits (Wish Hill), qui abrite le tombeau symbolique d’un sultan guerrier dont je ne me rappelle absolument plus du nom. Le vert est la couleur de la mort chez les musulmans.

Nous nous promenons ensuite dans le vieux village troglodytique abandonné, sur la pente d’en face.

Deux moutons sont couchés sur le flanc et AàG ne peut évidemment résister à l’envie d’aller leur dire bonjour. Il y en a un qui a un collier multicolore avec une « laisse », l’autre est libre de gambader mais reste près de lui par solidarité ovine : en effet, je me rends compte que la grande corde qui sert de laisse est bloquée dans des pierres et des racines, et empêche le mouton de rejoindre le lieu où tous les déchets de légumes sont épandus à leur intention. Dès que je démêle le fil, ils se ruent tous les deux pour manger !! Pauvres petits choux…

Je profite ensuite de la présence de Mehmet-shops plus grands pour essayer de trouver des croquettes pour chat, car j’en avais volontairement épuisé le stock avant de partir pour la vallée d’Ihlara. Je rentre dans un magasin mais ne vois pas ce que je cherche. J’essaie de me faire comprendre comme je peux : « yemek kedi » (manger chat). Le Mehmet prend une tête épouvantée « yemek kedi ??? hayir !! » Je comprends la méprise et je finis par arriver à lui expliquer que, non, je ne veux pas manger les chats, mais les nourrir ! Rassuré et riant du quiproquo, il me suggère d’aller voir dans le magasin d’en face, beaucoup plus grand. J’y trouve effectivement mon bonheur 🙂

Nous nous promenons sans but dans la ville, mais le centre ancien est assez réduit. Autour, ce sont des quartiers modernes assez laids. En passant devant les rangées d’échoppes, AàG se fait héler par un barbier qui lui propose manifestement ses services, une belle lame entre les doigts – il refuse en riant, mais c’est vrai qu’il en aurait bien besoin ;-p

Nous irons ensuite dans une « pastanesi » (pâtisserie) mais ce n’est pas fameux. Les desserts turcs, hyper sucrés, sont souvent trop écoeurants pour moi. Nous essayons de choper le dernier bus pour rentrer mais ce n’est pas évident de savoir où est l’arrêt car rien ne l’indique. Nous demanderons à plusieurs personnes avant de trouver le bon endroit. Il faut se poster au bord de la route et essayer de repérer le (bon) bus à temps dans la circulation pour l’arrêter. Nous rentrerons sans encombre.

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