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Un vieux de la veille (l’article hein, pas le politologue !) retrouvé au fond d’une de mes poches de jeans 😉

Le politologue belge Thierry Balzacq prédit une réduction progressive et consentie des libertés individuelles, la lutte antiterroriste imposant à tous le fantasme d’une démocratie sans risque.

Demain, les individus sous contrôle, extraits de Le Monde, propos recueillis par J.-P. Stroobants et L. Belot, novembre 2006.

Face au terrorisme, le gouvernement américain va communiquer les données personnelles des passagers aériens aux services de sécurité américains. Cela illustre-t-il une tendance de fond pour demain ?

Je le pense. Le 11-Septembre a entraîné le démantèlement des limites en matière de collecte de l’information. Regardez l’affaire Swift. Cette entreprise de droit belge qui organise les transferts électroniques entre banques du monde entier a transmis de façon secrète et systématique depuis le 11-Septembre des données personnelles bancaires de différents clients à la demande des autorités américaines. Des informations sont déjà et vont être de plus en plus collectées partout : dans les avions, les banques, les supermarchés, sur Internet.

Trouvez-vous que nos sociétés surréagissent à la menace terroriste ?

Ce que l’on observe, c’est que les mesures de sécurité peuvent tout justifier aujourd’hui. « Au nom de quoi, vous demande-t-on, vous opposeriez-vous à des mesures de sécurité ? » Cette évolution de la notion de sécurité transforme en profondeur notre conception de la démocratie. Aujourd’hui, un Etat peut bafouer les droits des citoyens s’il est qualifié de démocratique. Or la démocratie est un ensemble de libertés et de droits que l’on ne peut démanteler sans porter atteinte à ses fondements. On ne peut pas dire que les terroristes ont gagné la partie, mais ils servent le dessein de ceux qui pensent qu’une société peut être fondée sur la sécurité et que la démocratie se limite à l’alternance politique.

Vous misez donc sur une réduction progressive du champ des libertés ?

Nous allons assister, sans doute, à une normalisation de ce qui était, avant, considéré comme des exceptions – gardes à vue prolongées sans motifs réels, etc. Au Royaume-Uni, on peut désormais être incarcéré pendant des semaines sur un simple soupçon, celui de l’appartenance à un réseau. (…)

Ne pensez-vous pas que les opinions publiques vont réagir ?

Ces abus sont, en réalité, tolérés par le plus grand nombre. L’opinion ne réagit pas, car désormais l’individuel supplante le collectif : tant que ma liberté n’est pas menacée, je ne vois pas pourquoi je me mobiliserais pour celle du voisin. (…)

A quoi ressemblera notre société ?

Je crains que nous glissions vers une société assurantielle : une société où il faudra à tout prix se couvrir pour l’avenir, prendre des décisions aujourd’hui pour prévenir ce qui pourrait se passer demain. Si les politiques écoutent ces sirènes, s’ils réfutent toute idée de fatalité, ils choisiront la solution de la facilité, et aussi de l’assurance pour eux-mêmes : ils auront pris « toutes les mesures possibles ». Même si l’idée de vouloir tout prévoir et contrôler n’a évidemment pas de sens. Les nouvelles technologies peuvent accélérer cette tendance au tout-contrôle. A l’avenir, les puces RFID permettront de localiser une voiture simplement parce qu’elle est équipée de pneus d’un certain type. On pourra ainsi la bloquer à distance. Les technologies existent, la question est de savoir ce que les politiques voudront mettre en pratique. Dans la ville de Middlesbrough, au Royaume-Uni, des caméras parlantes viennent d’être installées et interpellent à distance les auteurs d’infractions même bénignes. Nous nous dirigeons vers une société de contrôle donc, mais aussi d’auto-contrôle : le quadrillage de la société, l’installation générale de caméras poussent les personnes à se réfréner. Cela peut, à terme, affecter tout simplement les capacités créatives de notre société.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » (France) dénonce les nombreuses perquisitions dont ont été victimes depuis le 9 mai 2007 l’ensemble des organisations qui mobilisent contre le G8 (Attac Allemagne, mouvements pour la paix, anti-nucléaires, anti-OGM, libertaires, etc).

De nombreux outils de communication (ordinateurs, fax, téléphones) ont été saisis et des prélèvements d’ADN mais ausi d’odeurs [*] ont été imposés aux militants. D’autre part, la police contrôle le courrier qui passe par plusieurs centres de tri à Hambourg.

Les autorités allemandes justifient cette vague de répression sous prétexte d’enquêter sur la « constitution d’organisation terroriste », ce qui leur permet de mener des surveillances à grande échelle, des perquisitions et des saisies touchant même des personnes non suspectes.

M. Schäuble, ministre de l’Intérieur, préconise jusqu’à 15 jours de prison préventive pour les manifestants « violents ». Or, les actes pacifiques de désobéissance (un blocage assis par exemple) sont considérés comme « violents ». Et le même M. Schäuble envisage aussi de réinstaurer le contrôle aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen lors du sommet du G8. De plus, un grillage de 12,5 km (et d’un coût de 12 millions d’Euros) a été construit autour du site où se rencontreront les « grands de ce monde », et toute manifestation sera interdite à l’intérieur et aux alentour de cette zone.

16 000 policiers et 1 500 soldats (ce qui est contraire à la constitution allemande qui, sur le territoire fédéral, réserve le recours à l’armée aux seules catastrophes) protégeront les Chefs d’Etat et de Gouvernement du « danger » que représente la population.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce
– les atteintes désormais systématiques à la démocratie et la liberté d’expression lors de chaque G8
– le fait que tout citoyen exprimant publiquement son désaccord face au G8 soit considéré comme un « ennemi de l’intérieur »
– l’amalgame entre d’une part le terrorisme et d’autre part le mouvement social promouvant l’éthique, la justice, et le respect des droits et de l’environnement.

(suite sur Indymédia)

[*] le prélèvement d’odeur est une nouvelle technique de fichage policier, mise au point avec des chiens spécialement dressés à cet effet, directement inspirée d’une méthode qu’utilisait la Stasi a l’époque de l’Allemagne de l’Est.

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