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Bande-son : King Crimson – I Talk to The Wind

Les lacs de Néouvielle et le barrage de Cap de Long

Nous voici donc de retour en France. Nous avons décidé d’aller dans la réserve naturelle du Néouvielle, dont nous avions vu de magnifiques photos enneigées chez nos logeurs.

La Route des Lacs (D929) est longue. Le tronçon final (D177) est fermé à la montée à partir de 9h30. Nous nous garons à près de 2150m d’altitude sur le parking payant, déjà bien plein de bagnoles.

A vrai dire je suis surprise qu’ils appellent cela une réserve naturelle car il y a beaucoup de gens en train de pêcher, de cueillir des myrtilles, d’arracher (mycélium compris 😦 ) des champignons, etc. Cela nous énerve.

Un panneau annonce que les chiens, même en laisse, ne sont pas autorisés (il y a une « garderie » apparemment). Sauf que ce n’est absolument pas respecté, là non plus !

Il y a énormément d’arbres morts 😦

Le temps est nuageux, le paysage extrêmement minéral, et les chemins deviennent rapidement mal balisés – mais attention, il ne faut pas sortir des sentiers !! Ah ah !

Le niveau du lac de barrage d’Aubert est très bas. Des travaux d’étanchéité sont en cours et on entend au loin les pelleteuses s’activer sur la digue.

Ça nous insupporte de nous retrouver soudain au milieu de plein de personnes… en plus des Français 😛 Ce serait moins pire des Espagnols, au moins je ne comprendrais pas ce qu’ils disent !

Ce petit accès de sauvagerie nous pousse à nous éloigner des lacs et prendre de la hauteur.

Bref avec tout cela je suis de mauvais pelage, comme dit AàG ! En plus le chemin n’est pas facilement marchable car plein de pierres mobiles. Pas idéal pour mes chevilles. Quand il traverse des pierriers stabilisés (artificiellement) ça va bien.

Oui AàG a droit à une nouvelle tête à chaque fois, mais moi je suis un chat et je le reste ! 🙂

On passe de l’autre côté du col et tout de suite il y a nettement moins de monde, ouf.

Par contre ça reste un gros tas de cailloux, au propre comme au figuré !

C’est peut-être parce que la journée a mal commencé mais le paysage ne me séduit pas… je le trouve monotone et inintéressant.

En revoyant les photos deux ans plus tard je reconnais que c’est un peu sévère, mais c’est le ressenti que j’ai noté ce soir-là.

Dans la descente nous perdons le sentier en suivant des cairns trompeurs. C’est particulièrement galère pour progresser car, avec les buissons rampants, on ne voit pas les cailloux sur lesquels on pose les pieds. Mes chevilles me donnent des « avertissements ».

Je ne sors quasiment pas mon appareil photo, je suis totalement déprimée.

AàG propose de « couper » hors piste vers le col de Madamète ou de rebrousser chemin vers le col de l’Hourquette d’Aubert.

Fatiguée, je tombe plusieurs fois sur ce mauvais terrain. Je parviens même à m’étaler gracieusement, presque au ralenti, sur les buis !

Bref il est grand temps de faire une pause, ce que nous ferons au bord du lac Nère.

Ce coin n’est pas trop mal, avec tous ses laquets.

Cette langue de terre qui s’enfonce dans l’eau du lac d’Estagnol est esthétique.

Nous poursuivons notre marche arrière et remontons au col (alt. 2498m).

Nous faisons un petit détour par le lac d’Aumar, longé par le GR 10 et bien plus sympa que son voisin – et encore on a eu de la chance, le lac d’Aubert s’est retrouvé totalement vide quelques semaines plus tard.

Il y a moins de touristes que ce matin et l’endroit me plaît nettement plus. Au moins il y a un peu de vert !

C’est presque bucolique même si la faune et la flore de cette réserve nous auront paru fort mis à mal.

Nous redescendons ensuite au lac d’Orédon, 6 km plus bas.

Un cheval vient d’aller y boire une bonne lampée.

Ici aussi le niveau est bas, c’est logique car il est alimenté par le lac de Cap de Long auquel le lac d’Aubert sert de réserve. Enfin si j’ai bien compris !

On s’amuse des empreintes d’oiseau délicatement imprimées dans la boue.

Nous reprenons ensuite la D929 jusqu’au bout : le lac de Cap de Long, 2e plus grande retenue des Pyrénées françaises.

Son alimentation est un sacré bazar !

Il est arrivé un « petit » souci au chemin qui le borde… La taille des véhicules vous donne l’échelle de l’effondrement.

Vue sur le lac d’Orédon en contrebas:

C’est la fin de la journée, on se promène tranquillement sur le barrage. La première partie de la digue n’est pas haute, on s’amuse à descendre jusqu’au tunnel (qui sert surtout de toilette manifestement).

La seconde partie est bien plus vertigineuse.

Ci-dessus une autre vue sur l’effondrement. C’est tombé à gros grains.

Nous roulons jusqu’à Saint-Larry-Soulan, le gros bourg du coin. On y découvre en flânant un carillon de 12 cloches coulées sur place par Paccard, fondeur à Annecy.

Les deux anciennes cloches en airain exposées sous le carillon ont été mises à jour lors de la construction d’immeubles. Elles avaient été enterrées à 1m50 pour les protéger de la destruction.

La petite fait 300kg et date de la fin 13e – début 14e siècle. Elle porte la poétique inscription Jésus de Nazareth, je suis la voix qui invite à la fête.

La plus grosse fait 500kg et porte la date de 1507 ainsi qu’une inscription plus longue mais moins joyeuse.

Comme les bons restos sont fermés et que nous n’avons pas envie d’aller dans un snack, nous rejoignons Aragnouet pour dîner au sympathique « relais de Néouvielle ». Sa décoration est originale, jusqu’aux assiettes posées sur des vinyles !

Plusieurs personnes de la chambre d’hôte y viendront également, ainsi que la logeuse. Les plats nous réjouissent les papilles et nous découvrons la délicieuse frênette (cidre de frêne) dont nous ramènerons deux bouteilles 🙂

Au moment de quitter, le restaurateur nous hèle « Hep, vous n’allez pas partir comme ça ! » Ah ? Allez zou, il nous sert un petit génépi local ! J’y tremperai juste les lèvres, trop fort pour moi et puis je conduis… AàG se dévouera 😉

…des prairies, des lumières, des textures douces comme une aquarelle

…des couleurs, des chênes, des ronces, du houx, des cathédrales végétales

…de l’eau vive qui cascade, de la rosée, des ruisseaux

…des bestioles qui volent, qui rampent, et certaines qui miaulent aussi 😉

…des fleurs semées ou sauvages

…des fougères de toutes sortes et de toutes couleurs

…des pierres entassées naturellement ou non


(j’y vois clairement un orang-outan)

…de la mousse, des champignons

…beaucoup de champignons

…et ceux qui les disséminent


Bande-son : Neil Halstead – Hey Daydreamer

Bande-son : Juliette – Fina Estampa

Lac d’Artouste et refuge d’Arrémoulit

Vous souvenez-vous de la centrale électrique d’Artouste photographiée hier soir ? Aujourd’hui nous allons monter à la source, si je puis dire 😉

Excepté une bagarre de chats, cette nuit fut calme. Nous profitons de la fraîcheur matinale pour rendre visite à Fermín Arrudi Urieta, el gigante aragonés.

La commune de Sallent de Gállego lui rend hommage à travers une statue représentant ce géant de 2m29, qui était également musicien (multi-instruments) autodidacte.

Afin de préserver son anonymat, AàG est représenté (à son grand désarroi) en Christophe Colomb.

En sortant de la boulangerie, je dis à AàG : maintenant nous avons la preuve de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ! 😆

Nous nous rendons ensuite en France, à Fabrèges dans la vallée d’Ossau. De là part la télécabine de la Sagette qui nous emmènera sans effort de 1240m jusqu’à 1930m d’altitude.


Spéciale dédicace 😉

A la gare de la Sagette, on monte ensuite dans le « petit train d’Artouste ». Cette ligne à voie étroite (500mm d’écartement) compte parmi les plus hautes d’Europe avec une altitude maximale de 1940m.

Elle commence par le « tunnel de l’Ours », d’une longueur de 375m.

Avant d’être reconverti en train touristique, ce chemin de fer a servi à la construction et l’entretien du barrage d’Artouste. Plus d’info ici.

La ligne serpente pas mal ! Les rayons de courbure imposent une vitesse réduite et il nous faudra presque 1h pour parcourir les ~10km de voie ferrée.

Il n’y a aucune route dans la vallée du Soussouéou (y a-t-il besoin de préciser que j’adore ce nom ? 😀 ).

Oh, des resquilleurs ! Nous les regardons avec envie, nous avions longuement hésité à faire de même (ce qui est strictement interdit patati patata) vu l’allergie d’AàG aux trains touristiques…

Finalement nous nous sommes dit que l’aller/retour à pied prendrait trop de temps, nous empêchant d’aller beaucoup plus loin que le lac.

Depuis le terminus, un large chemin avec des marches permet de franchir les 90m de dénivelée restant pour rejoindre le lac d’Artouste, qui flirte avec les 2000m d’altitude.

A gauche, on entraperçoit le barrage :

Comme d’hab, le rendu des couleurs est très différent entre nos deux APN…

Les touristes sont un liquide. Si si, ils prennent la forme des lieux dans lesquels on les déverse !

Comme la foule ce n’est pas notre truc, nous préférons reporter notre visite du barrage à ce soir et commencer directement à s’éloigner en longeant la berge du lac.

Au loin, en haut, au chaud, un troupeau. Tout près, en bas, au frais, des têtards.

Nous marchons plein sud et le soleil cogne déjà bien.

Cette avancée de roches me fait penser à une grosse patte de fauve :

Le miroitement est hypnotisant.

Au bout du lac, des vaches paissent en toute liberté.

Fini le plat, il est l’heure de monter !

Au croisement nous prenons la direction sud-est. Nous ferons une boucle et reviendrons par l’autre côté.

Le refuge est en vue, tout en haut à droite :

Il subsiste quelques névés à hauteur des lacs d’Arrémoulit.

Le refuge d’Arrémoulit (ou « d’Arrémoulie » comme il est écrit sur la plaque du Club Alpin Français) se situe à 2305m.

Je pense que le dortoir est trop petit car une grande tente est dressée dehors et le téléphone n’arrête pas de sonner pour des réservations.

Nous pique-niquons en alternant l’ombre et le soleil, ayant trop froid dans l’une et brûlant dans l’autre ! Le chocolat chaud n’est pas bon et les toilettes folkloriques nous font regretter les pipi-nature :mrgreen:

J’aime bien l’aménagement qu’ils ont fait pour le débordement.

Ici on aperçoit la tente-dortoir dressée à côté du refuge :

Nous hésitons à faire demi-tour ou à monter vers le lac d’Arrious. En effet, emprunter le passage d’Orteig nous permettrait de faire une boucle… seulement cette section escarpée est notée comme étant réservée à des randonneurs expérimentés.

Le gardien du refuge nous confirme qu’il ne faut pas avoir le vertige, mais qu’il ne faut pas de matériel.

Nous décidons d’aller en juger par nous-mêmes. Au pire on devrait avoir le temps de faire demi-tour… enfin on l’espère, car l’heure de départ du dernier petit train est 17h15.

Sinon il faudra qu’on se tape les 10km à pattes, et qu’on redescende sous le téléphérique à la lampe frontale. Y a pas mort d’homme, mais si on peut éviter ce serait mieux !


Lac et refuge d’Arrémoulit


Lac d’Artouste

On approche du passage découvert par Jacques Orteig en 1883. Ce raccourci à flanc de paroi rocheuse permet de rejoindre le refuge d’Arrémoulit depuis le col d’Arrious sans redescendre jusqu’au lac d’Artouste.

La vue est impressionnante…

Élargi et équipé d’une main-courante, le passage d’Orteig ne pose aucune difficulté. On avait entendu des personnes évoquer des passages à franchir « assis » (pour ne pas basculer dans le vide), je n’ai rien vu de tel !

Si la roche était mouillée ou s’il y avait du brouillard, ce serait autre chose.

Le sentier descend ensuite au lac d’Arrious.

Intrigué par le chenal, AàG va explorer le petit tunnel creusé derrière le batardeau.

C’est une prise d’eau qui donne sur le flanc droit ci-dessus. Ainsi le débordement du lac d’Arrious alimente le lac d’Artouste.

Sur la gauche se trouve le pic du lac d’Arrious, à ne pas confondre avec le pic d’Arrious.

Nous croisons des randonneurs flamands avec qui j’échange quelques mots.

Nous allons à présent redescendre au lac d’Artouste.

En face, le chemin parcouru ce matin :

Au niveau timing on a de la marge, on peut se permettre de mitrailler 😉

Je n’aurai pas photographié tellement de fleurs, aujourd’hui… je me rattraperai les prochains jours 😉

On retrouve nos copines qui n’ont pas beaucoup bougé !

Prenons le temps de nous promener sur le barrage, puisque nous ne l’avons pas fait tout à l’heure. Il n’y a plus personne à présent, c’est parfait.

Au loin nous voyons un petit train partir.

Texte du panneau explicatif : Le barrage d’Artouste est un ouvrage entièrement maçonné avec des moëllons de granit extraits des carrières souterraines situées sous vos pieds, et taillés sur place.
Les blocs étaient amenés par quatre téléphériques appelés « Blondins », jusqu’aux ouvriers qui montaient ainsi mètre par mètre cet ouvrage digne des bâtisseurs de pyramide !!

Nous rejoignons la gare. Vu l’affluence, ils doivent affréter deux trains. Le premier part blindé, le second quasi vide. Devinez lequel on a pris ? :mrgreen:

A plusieurs reprises ils appellent un groupe de 3 campeurs qui aurait dû rentrer ce soir-là. Malgré le retard avec lequel nous sommes partis, ils manquent toujours à l’appel…

Cette fois, c’est moi qui monte côté vide. Chacun son tour !

Le trajet s’effectue plus rapidement qu’à l’aller.

Nous croisons des télécabines « Val Thorens », c’est rigolo. Espérons que ce soit de la seconde main de bonne qualité ! ^^

A 18h30 nous sommes revenus au parking. Un hélicoptère n’arrête pas de faire des allers-retours.

Nous roulons jusqu’au col du Pourtalet. Il y a là un supermercado où nous achetons de quoi pique-niquer : gazpacho, tortilla…

Nous nous promenons ensuite dans les environs mais le brouillard et surtout les aboiements furieux de chiens de berger nous feront faire demi-tour.

Ce n’est pas le genre d’avertissement qu’il faut prendre à la légère si on tient à ses mollets !

Retour au bercail et tartinade d’aloe vera :mrgreen:

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

Proverbe breton : Ur sac’h goullo ne chom ket en e sav.
Un sac vide ne reste pas debout.

Bande-son : Joe Hisaichi – Ashitaka & San

Suite de notre promenade à Huelgoat :

Nous passons entre deux grands rochers et arrivons sur le plateau abritant le Camp d’Artus. Il s’agit d’un oppidum gaulois exceptionnellement étendu (32 ha) dont une petite partie a, dans un second temps, été « surfortifiée » : les remparts ont été surélevés jusqu’à 4m ou plus.

Ce fut probablement la capitale des Osismes. Il est entouré de fossés, talus, tours et bien sûr d’un murus gallicus – dont vous pouvez voir la structure en fin de cette note.

Vu que le ciel s’est remis à la pluie, nous n’avons pas de photo de ce lieu. Vous trouverez sur cette page des plans et croquis ainsi que des photos des fouilles.

J’y ai appris que le camp n’était pas classé aux monuments historiques… c’est incompréhensible !! 👿

Le chemin traverse le camp et la forêt, nous ramenant vers la rivière d’Argent via une parallèle au Sentier du Clair Ruisseau.


Logis d’un korrigan

La pluie cesse, nous arrivons sur le Sentier des Amoureux.

Êtes-vous prêt à descendre dans la grotte du diable ?

Ce trou aurait servi de cache à Marion du Faouët, bandit de grand chemin au 18e siècle.

Cette robin des bois du Finistère aurait eu jusque 40 brigands sous ses ordres.

L’eau coule toujours à grands fracas dans le gouffre, un point de vue sécurisé a été aménagé.

Le diable en personne nous accueille mais le franchissement des portes de l’enfer ne sera pas encore pour aujourd’hui, remontons à la surface !

Nous repassons près de la Roche Tremblante. Maintenant que la météo le permet, je prends le temps de photographier l’impressionnant escalier qui y mène, taillé dans la roche.

Tiens, encore de la rhubarbe géante (gunnera) !

Nous allons à présent suivre une rigole (« ruisseau de la mine ») de 3km amenant l’eau du lac d’Huelgoat aux anciennes mines de plomb argentifère. La galène contient ici 55% de plomb et 0.2% d’argent.

Ces filons étaient vraisemblablement déjà exploités du temps des Celtes.

Le lac d’Huelgoat fut précisément créé au 16e siècle pour les besoins en eau de la mine de Locmaria-Berrien. L’apogée eut lieu à la fin du 18e siècle, c’était paraît-il « la plus grande mine du royaume » pour ce minerai mais j’ignore si c’est en taille d’exploitation (plan) ou en production (annuellement 650 tonnes de plomb et 1,6 tonne d’argent).

Lors de notre visite, comme vous pouvez le constater, le canal était à sec.

Nous arrivons sur le carreau. De grandes haldes sont visibles.

L’entrée de l’ancienne « galerie des charioteurs » est de hauteur très modeste – enfin on ignore la profondeur de boue !

Elle servait tant pour l’exhaure que pour l’évacuation du minerai sur de petits chariots. Le minerai était également sorti par puits grâce une machine à molette actionné par des chevaux.


Ruine de la maison des ingénieurs

La mine ferma en 1866, il y eut quelques tentatives de reprise jusqu’en 1934 mais sans succès.

Voici (ce qu’il reste de) la reconstitution de l’ancienne machine hydraulique alimentées par le canal. L’originale faisait 13m de diamètre.

Nous continuons à monter la pente et à rencontrer divers vestiges (puits, laveries, etc.).

Sauf erreur de ma part il s’agit de l’arrivée du « canal supérieur » :

La « galerie de l’aqueduc » est accessible sur 2 mètres.

Les eaux alimentant la machine de Junker (pompe à colonne d’eau) entraient par là et permettaient d’évacuer 220 m³/h d’eau depuis une profondeur de 230m.

Vous trouverez tous les détails concernant cette exploitation minière sur le site de l’ASAM.

Nous retournons dans la forêt d’Huelgoat où deux chiens se mettent à nous suivre sans qu’on puisse déterminer où sont leurs maîtres ❗

Ça va durer un bout de temps…

On finit par conclure qu’ils doivent être du coin et divaguer à leur aise.

Ce n’est qu’en arrivant au moulin que nos nouveaux copains choisiront de s’attacher à d’autres touristes… à notre grand soulagement !


Moulin du Chaos

Nous rejoignons ensuite l’auberge du Menez à St Rivoal. Nous avions expressément fait un repas trèèès symbolique à midi, histoire de se garder de la place tellement leurs plats sont délicieux et gargantuesques :miam:

Nous nous retrouvons à essayer de traduire le menu à un groupe d’Anglais, c’était assez rigolo 🙂


Le Champignon

C’est là que j’ai craqué. Et que du coup, le lendemain matin, au lieu de partir gentiment sur le chemin du retour, nous ferons un aller-retour express (façon de parler, car on est tombé dans une « opération escargot » !) à Quimper pour rencontrer Edouard Cribier et emporter une repro d’un tableau qui était exposé à l’auberge…

Voici qui clôt nos aventures bretonnes !

Proverbe breton : Arabat barnañ re vuan, Gant aon d’en em varnañ e-unan.
Il ne faut pas juger trop vite, de peur de se juger soi-même.

Bande-son : Joe Hisaichi – Mononoke Hime

Aujourd’hui le temps est légèrement bruineux et cela tombe très bien : nous aurons Huelgoat, le « bois d’en haut », un des restes de la forêt de Brocéliande, pour nous tout seuls ou presque !

Nous commençons par la célèbre « Roche Tremblante ». Si on se positionne bien, on parvient effectivement à faire trembler cet autocar de 7m de long et plus de 100 tonnes. Un Anglais nous demandera « Seriously ?? » 😆

Beaucoup de rochers du chaos ont disparu durant le 19e siècle suite aux actions des carriers, la roche tremblante elle-même y échappa de peu. La crêperie actuelle est située à l’emplacement des anciennes carrières.

Nous poursuivons ensuite vers le « ménage de la Vierge ». Y a pas à dire, j’aime bien son sens du rangement :mrgreen:

Nous longeons la rivière d’Argent (Stêr Arc’Hant), également nommée Fao. On voit dans la mousse les traces de passage des touristes.

Nous arrivons à hauteur du gué appelé le Pont Rouge. Le niveau de la rivière est bas et la dalle supérieure sort largement de l’eau.

Il est difficile de le reconnaître par rapport aux photos d’époque !

Nous suivons toujours l’allée Violette, du nom de l’ingénieur qui la traça.

Nous quittons ensuite la rivière d’Argent pour obliquer dans les bois.

Toujours ces bons vieux « panneaux Michelin » !

La forêt est magnifique, nous nous emplissons les yeux de vert.

Un escalier mène à la grotte d’Artus. Il existe diverses interprétations sur le sens d’Artus, certains y lisant « Arthur » et d’autres « artos » (ours, symbole royal des Celtes). Pour ces derniers, « Arthur » désignerait donc la fonction de roi, sans référence à la légende arthurienne.

De nos jours la grotte est rapidement éboulée.

L’eau ne s’arrête jamais d’œuvrer…

Nous poursuivons le sentier du Clair Ruisseau.

Nous atteignons la Mare aux Sangliers, où nous en surprenons un en plein bain 😆

Ah toute cette mousse, ça me donne une folle envie de pattouner !

Petite séance photo avec l’aimable participation des perles de pluie.

Bon alors je vous préviens, le reste de cette note, ce n’est QUE ça :mrgreen:

Là je me suis amusée à essayer d’avoir net le reflet de la fougère dans la goutte et je ne suis pas fâchée du résultat.

Vert et orange… rajoutons un peu de rose, voulez-vous ?

Cette toile d’araignée était un vrai tapis de perles brillantes !

Je m’amuse beaucoup…

La contribution d’AàG à la série :

Cela s’appelle passer entre les gouttes.

Une touche de jaune grâce aux épineux ajoncs. Oui oui AàG, j’arrive !

Une dernière pour la route.

Pour poursuivre le voyage, il suffit de suivre le guide !

Proverbe breton : Kammed ha kammed, e reer tro ar bed.
Pas à pas, on fait le tour du monde.

Bande-son : Didier Squiban – An Skoliater

Cette visite n’était pas prévue mais nous trouvons juste un créneau horaire pour rejoindre Pleyben et faire la visite au pas de gymnastique.

Ça aurait été dommage de manquer cela !

Comme d’hab, le texte en italique provient du panneau d’information.

L’enclos typique est constitué de cinq éléments indissociables : l’église, le calvaire, l’ossuaire, la porte monumentale et le mur d’enceinte.

Chef d’œuvre de l’art religieux, l’enclos paroissial de Pleyben est, sans conteste, l’un des plus beaux et des plus complets de Bretagne.

Cet édifice remarquable, dont la construction date des 16e et 17e siècles, est classé Monument Historique.

Le calvaire édifié en 1555 et déplacé en 1738 fait partie des trois calvaires importants du Finistère (avec Notre Dame de Tronoën à Saint Guénolé et celui plus récent de Guimiliau), et prend des airs d’arc de triomphe.

On peut y admirer une trentaine de scènes de la vie du Christ, sculptées dans la pierre de Kersanton et étagées sur deux niveaux. Son aspect actuel date de 1743.

Les larmes de pierre…

La cène :

Ce calvaire est tellement riche !

Certaines sculptures sont malheureusement fort abîmées. Parfois on voit des réparations, plus ou moins heureuses.

Ma scène préférée :mrgreen:

Allez, deux petites dernières pour la route…

La splendide église Saint-Germain (1530-1690) est un édifice remarquable tant par son étendue que par le style de son architecture, singulier mélange de gothique et de style renaissance.

Cet édifice est dominé par deux clochers dont le plus majestueux est celui de droite.

Il s’agit d’une tour Renaissance couronnée par un dôme à lanternons.

L’entrée principale était interdite.

La statue dans cette niche représente St Germain.

Voici ce que mon maigre zoom a pu tirer du porche.

La galerie des apôtres :

Entrons !

A l’intérieur, la nef présente une voûte lambrissée, ses nervures et ses magnifiques sablières sont sculptées et peintes et représentent des scènes mythologiques ou sacrées.


Cadavre au serpent

Ces sablières polychromes datent de 1571.

La nef était bien sombre, jusqu’à ce que j’avise une minuterie payante. Par chance j’ai une pièce sur moi. Les photos ont tout de suite mieux été, après !

Des orgues construites à la fin du 17e siècle, il ne reste que le buffet. Le reste date de 1877.

Ces vitraux représentent l’un un Arbre de Jessé, l’autre Jésus et les Apôtres.

Sur le vitrail ci-dessous, on peut lire : Sainte Catherine flagellée par ordre de Maximin II est guérie. Les roues qui devaient la déchirer se brisent. Enfin l’empereur lui fait trancher la tête. Son corps fut transporté par les anges au mont Sinaï.

La légende du bas est : Sainte Catherine confond les plus célèbres philosophes d’Alexandrie. Plusieurs se convertissent. Elle répond à Maximin : j’ai employé mon temps à la connaissance de la vérité et reconnu la vanité de vos idoles.

Détail sur les paysages d’un autre vitrail :

Le confessionnal :

Les portes rouges…

J’ai bien aimé l’érosion qui transparaît sur certaines pierres.

Tout le long de la façade, des sculptures agrémentent le mur : fleur, tête, soleil, calice, etc.

Cette photo d’ensemble est non retouchée et donc fort déformée, mais la tentative de redressement faite par AàG donnait une impression massive et trapue qui n’était pas du plus bel effet donc j’ai abandonné…

Il est temps d’aller manger ! Ce sera notre première rencontre avec l’auberge du Menez, à St Rivoal.

C’est un endroit agréable et chaleureux où sont exposées des œuvres et où l’on mange… divinement.

Proverbe breton : A bep liv, marc’h mat. A bep bro, tud vat.
De toutes couleurs, il y a bon cheval. De tous pays, il y a bonnes gens.

Bande-son : Didier Squiban – Suite de gavottes des montagnes

Cette après-midi nous partons à la découverte des montagnes bretonnes : les monts d’Arrée, dans le parc naturel régional d’Armorique.

D’une mer de hautes herbes desséchées et de fougères, formant la lande, sort une crête de sombres crocs schisteux.

Le ciel nuageux est parfait pour ce type de paysage, le rendant par moment fantasmagorique.

Roc’h Trévezel serait le second point culminant de Bretagne ; une controverse semble exister à ce sujet.

Au loin on aperçoit l’émetteur de Roc’h Trédudon. Il fait 225m de haut.

On peut également deviner la centrale nucléaire de Brennilis, dans les biens nommés marais de l’enfer (Yeun Elez) occupés en partie par le lac-réservoir de St Michel.

Posée sur une faille et une nappe phréatique, elle est à l’arrêt depuis 1985.

Démantèlement tellement dément, comme le scandaient les banderoles… il y en a encore au moins pour 10 ans.

Un demi-milliard y sera allègrement passé.

Panorama sur les bois et champs alentours :

Les bruyères en fleurs ajoutent au paysage une touche de vieux rose.

Parfois les couleurs deviennent presque fauves.

On s’attend à croiser un korrigan au détour de chaque rocher 😉

Car il y en a qui habitent les parages, pour sûr !

Dans ce lieu sans arbre, des branches torturées de houx.

Comme adieu à Roc’h Trevezel, je ne résiste pas au plaisir de partager cette poétique citation découverte grâce à wikipedia :

« J’aimerais vous montrer les monts chauves de l’Arrée, les sentiers blancs qui conduisent à des manoirs poignardés, les chemins qui s’enroulent autour des hameaux bleus. C’est un pays de brumes et de vents en bataille, avec des toponymes aussi fluides que des ondées, aussi sonores que des gongs. »
Xavier Grall, Les vents m’ont dit

Nous nous rendons ensuite au « mont-st-michel » des terres, c’est-à-dire la montagne St Michel de Brasparts (menez Mikael-an-Are).

Sa forme est reconnaissable de loin.

Ce mont pelé, culminant à 380m, était une colline sacrée du temps des druides.

Son sommet aurait abrité un temple celte voué au culte du soleil.

Le lieu et sa charge symbolique furent bien sûr récupérés au profit du christianisme.

Une chapelle très simple, dédiée à St Michel, fut consacrée en 1677 soit 5 ans après la décision de sa construction.
Les bergers la fréquentaient beaucoup.

Après la Révolution, la chapelle était en ruines. Elle fut restaurée en 1820, à la fin d’une longue épidémie.

Aujourd’hui, l’intérieur est vide.

Un autel de fortune, avec pour toute croix deux piquets de bois reliés par une rubalise. Des cailloux, quelques fleurs séchées.

Le petit clocheton, seule coquetterie de cette chapelle.

L’inscription gravée au-dessus de la porte serait : Yves Le Colleoc, Merguillou, Thomas Brone : Fabriques 1674.

J’ai bien aimé ces tournicota-tournicotons 🙂

Des vestiges d’installations allemandes datant de la seconde guerre mondiale sont encore visibles.

Omniprésence des landes.

Si nous ne traînons pas, il nous reste tout juste le temps, en cette fin d’après-midi, d’aller visiter Pleyben !

Proverbe breton : Bezet hir pe bezet berr e-barzh ar c’hreiz emañ an hanter.
Que ce soit long ou court, c’est au milieu qu’est la moitié.

Bande-son : Didier Squiban – Ar Baradoz

Lors de cette rando, nous avions été jusqu’à la pointe de Dinan mais pas jusqu’à la pointe de Pen-Hir et ses célèbres Tas de Pois.

C’est en voiture que nous nous y rendons ce matin, après avoir définitivement quitté notre logement. La logeuse nous aura retardés jusqu’au bout et nous ne sommes pas fâchés d’aller voir ailleurs.

La mer d’Iroise se trouve 70m en-dessous de la croix de Pen-Hir, monument aux « Bretons de la France libre » – je me demande comment un truc pareil a pu se retrouver inscrit aux monuments historiques.

Sur le trajet, nous nous arrêterons à une biscuiterie pour faire le plein de souvenirs à offrir.

Ensuite, cap sur l’enclos paroissial de Commana !

Comme d’hab, lorsque le texte est en italique, il s’agit du contenu du panneau d’information.

Nous sommes au pied du clocher le plus haut perché de Bretagne. Culminant à plus de 300m, la cime n’est pas loin d’approcher les crêtes des Monts d’Arrée, et elle s’y intègre heureusement par son austérité voulue, sans balustrade ni clochetons (1592).

Le puissant appareil des murs, la rustique porte monumentale et la sobre façade de l’ossuaire (1677-1687) dégagent la même force; une force qui naît de la simplicité des lignes et de la qualité des matériaux extraits des carrières toutes proches, la grosse ardoise de montagne et le rude granit de Plounéour-Ménez.

La seule concession à l’ornement semble être le lanternon couronnant le remarquable porche (1645-1653).

Mais l’emploi exclusif du granit limite ici encore les possibilités décoratives : le kersanton se limite à deux chapiteaux corinthiens et aux trois statues (Joseph, Marie, et au somment saint Derrien, patron de la paroisse). L’architecture n’en ressort que mieux, dans une rigueur d’épure.

A l’intérieur, les niches vides elles-mêmes s’accommodent sans mal de l’absence – sans doute originelle – des statues des apôtres.


Un indice de la consécration lointaine de ce lieu au dieu des chats.

L’ensemble porte la main d’un maître : Roland Doré s’il faut ainsi comprendre la série de lettres DRHMF (Doré hoc monumentum fecit). Doré, en tout cas, a signé l’un des deux calvaires (1624).

Et pourtant, cette église aux dehors rudes abrite, dans un contraste baroque, le retable de bois le plus spectaculaire de toute la Bretagne. Sur 8 mètres de large et 6 mètres de haut, les boiseries rouge, brun et or du retable Sainte-Anne (1682) sont d’une exceptionnelle générosité.

Sortent également de l’ordinaire le baldaquin des fonts baptismaux (1683) et le retable des Cinq Plaies du Christ.

La perfection technique du premier (avec ses figures féminines très allongées), l’exubérance quasi profane du second sont bien dans la manière des sculpteurs de la Marine de Brest qui mettaient volontiers leur talent, entre deux chantiers de navires, au service des riches paroisses toilières.

A vrai dire, nous avons trouvé cet enclos… pour ainsi dire abandonné. Le granit n’est pas riant, il faut avouer.

Rouille et capillaires des murailles, deux grands classiques des endroits en friche.

L’ossuaire est dans le mur ouest de l’enclos et comporte quatre bénitiers.

Il est à présent temps de casser la croûte et de déposer les bagages à notre prochain logement, situé à Botmeur.

Proverbe breton : Dibaot hent kaer na vez meinek ha gwenodenn na vez dreinek.
Rare la belle route qui ne soit caillouteuse ni le sentier qui ne soit épineux.

Bande-son : Françoiz Breut – La chanson d’Hélène

Après cette 1ère partie, nous voici donc au fort de Cornouaille, classé monument historique depuis 2013.

Panneau d’information :
Construite de 1690 à 1695, la batterie de Cornouaille croisait ses feux avec celle du Mengant, participant ainsi à la défense du goulet de Brest. Composée d’un terre-plein elliptique d’environ 150m, elle est complétée en 1813 par une tour modèle n°1 puis modifiée en 1888 par creusement d’une batterie de rupture équipée de pièces de 32 cm destinées à faire feu au ras de l’eau.

La plateforme revégétalisée est magnifique ❤

Photo volontairement éclaircie pour bien distinguer le fond dans l’ombre :

Il s’agit de la fameuse batterie de rupture ayant été creusée dans le roc sous le terre-plein. Vues plongeantes :

On peut descendre voir cela de plus près par l’intérieur. Un tunnel, je n’y résiste pas !

Pour une fois c’est AàG qui a succombé à l’attrait de la rouille 😉

La marée nous empêche d’accéder aux embrasures côté mer (photo ici).

Masquées par les rochers, elles sont quasiment invisibles pour les navires…

Voyez-vous le conduit remontant la falaise ? Je l’identifierais comme une cheminée d’évacuation du gaz.

Malgré l’état de ruine avancé, ce ne sont pas les recoins sympathiques qui manquent.

Il est temps de s’enfuir car il y a tout un troupeau d’adolescents qui débarque en beuglant ! Les lieux perdent soudain singulièrement de leur charme :mrgreen:

En haut de la falaise, nous arrivons sur une route et bénéficions d’une belle vue sur le fort. En agrandissant la photo, on peut distinguer le groupe d’élèves et leur prof… c’est sympa, comme excursion scolaire !

Sur le haut de la falaise se trouve l’amer de la pointe de Cornouaille. Nous tombons ensuite sur la batterie haute.

Il faut la mériter, le sentier qui y mène a disparu sous les ronces :mrgreen: Et en plus, elle est fermée.

Panneau explicatif :
Construction de 1813, pouvant abriter 60 hommes, standardisée, comprenant les magasins à poudre, à vivres, le logement des canonniers et qui serviraient de réduit défensif aux batteries basses. Elle était équipée de 4 canons de 24 ou de 16 à chaque angle de la plate-forme supérieure.

Nous poursuivons le chemin en direction de l’îlot des Capucins. Le coin est rempli de vestiges militaires, on fait trois pas et on tombe sur le suivant…

Cette salle dissimulée derrière des rideaux de lierres et de lianes était particulièrement grande et belle, la photo ne lui rend pas justice 😦 Nous bénéficiions pourtant d’une lumière et de couleurs admirables.

Attention au serpent !

Au détour d’une pointe, nous voyons apparaître le célèbre fort des Capucins.

Je sais, je mets trop de photos, mais il est tellement esthétique ❤

Le site est classé monument historique et son accès est réglementé.

Le pont date de 1860 +/- 1 an (selon les sources).

Le fort quant à lui date de 1848, comme en témoigne cette dalle gravée.

Un amateur de street art a laissé quelques fresques à l’humour grinçant dans les magasins et casernement.

Ça ne vous donne pas envie ?

Ici aussi, une batterie de rupture tirant à gros calibre à fleur d’eau a été installée en 1888. La géométrie des lieux est typique, on commence à la connaître !

Au pied de l’escalier se trouve un magasin à poudre dont la double paroi est en fort mauvais état et dont l’accès est interdit par une grille. Au fond il devait accéder à un puits reliant la surface.

Remontons prendre l’air et explorer les bâtiments de surface, ou du moins ce qu’il en reste.

Quittons le poste d’observation et empruntons cet escalier en pierres taillées. Delf, tu fermes les yeux ok ?

Le massif rocheux de l’îlot a été largement entaillé pour établir les diverses constructions, mais l’arête centrale a été maintenue telle quelle pour servir de parados et de masque.

Nous voici donc sur le « toit » !

Des charnières qui ont un peu vécu…

Un beau panorama s’offre à nos yeux admiratifs.

Il est temps de quitter les lieux.

Une longue route de retour nous attend.

Nous ne sommes pas fâchés d’arriver enfin à la voiture !

Nos estomacs grondent et nous filons à Camaret-sur-mer (Kameled) manger une horrible pizza.


Chapelle Notre-Dame-de-Rocamadour et Tour Vauban

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