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(…) L’attaque la plus frontale date de début 2007. Dans de nombreux pays d’Europe, lycées, collèges et universités reçoivent sans l’avoir demandé un luxueux ouvrage illustré, L’Atlas de la création. Edité et imprimé en Turquie, il prétend démontrer que l’évolution n’est pas une doctrine scientifique mais de la propagande antireligieuse.

(…) Egalement diffusé en Asie et au Moyen-Orient, ce discours extrémiste n’a toutefois exercé en Europe et aux Etats-Unis qu’une influence limitée. Il en va tout autrement du concept de « dessein intelligent » (…). Sa thèse centrale ? La vie est trop complexe pour être issue d’un processus non dirigé tel que la sélection naturelle. L’évolution des espèces est admise, mais elle ne peut qu’être l’oeuvre d’un concepteur d’ordre supérieur.

 » (…) dès lors qu’on fait accepter, d’une façon prétendument scientifique, l’existence d’un concepteur à l’origine du monde, il devient facile d’appuyer des positions législatives très conservatrices, et de faire admettre certains comportements – l’homosexualité, la contraception, l’avortement – comme déviants. » Sous ses aspects théoriques, le créationnisme constitue bel et bien un enjeu de société. (…)

Article complet dans Le Monde du 17.11.2008

(…) Les thons rouges sont victimes de surexploitation. Les scientifiques assurent que les captures ne devraient pas dépasser 15.000 tonnes/an pour cette espèce (…). Or ce chiffre est largement dépassé.

(…)Les prises déclarées sont deux fois plus élevées et dépassent le quota fixé par la Cicta (28 500 tonnes pour 2008) après d’interminables tractations. Et si l’on prend en compte la fraude – très répandue -, c’est sans doute près de 60 000 tonnes de thons rouges qui sont capturés chaque année en Méditerranée, par un petit nombre de pays (dont principalement la France, l’Espagne, et l’Italie).

(…) Si personne ne conteste la nécessité de mesures drastiques, les points de vue n’en sont pas moins très éloignés. Pour éviter le pire, le Japon, qui absorbe à lui seul plus de la moitié des thons rouges pêchés en Méditerranée, va plaider pour une simple réduction des TCA (taux de capture autorisé). D’autres pays, en revanche, pourraient réclamer l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces en danger d’extinction et, à ce titre, obtenir une interdiction pure et simple de son commerce.

L’Union européenne, elle, s’en tient à une position médiane. La Commission a imposé aux Etats membres une réduction de plusieurs semaines de la période de pêche. Il lui faudra sans doute aller au-delà et financer des mesures de réduction de la flotte.

Article complet dans Le Monde du 18.11.2008

Préambule : désolée pour le nombre de liens dans cette note, mais il est difficile de faire un compromis entre lisibilité/longueur de la note et « exhaustivité »/nuance des informations sur ce sujet qui prête à polémique.

Les îles Féroces, ce sont bien sûr les Féroé. Le sujet avait déjà été évoqué dans les commentaires de cette autre note il y a un an et demi, en parlant du massacre des dauphins par le Japon. Ici ce n’est pas de l’autre côté de la planète, c’est juste à côté de chez nous. Les 18 îles Féroé (en féringien : Føroyar, en danois : Færøerne) appartiennent au Danemark… mais ne jetons pas la pierre aux Danois pour autant ! Ces îles possèdent leur propre gouvernement et ont une très large autonomie.

J’en parle aujourd’hui car 006 m’a envoyé un lien vers un article de Marianne évoquant cette tradition barbare : chaque année, les îliens massacrent des dauphins jusqu’à en rougir la mer. Ce rituel séculaire, auquel assistent aussi des enfants, est dénoncé depuis longtemps par différentes organisations : dès 1983 la Sea Shepherd (considérée par certains comme une organisation « éco-terroriste ») avait tenté de s’y opposer.

En 1985, le Sea Shepherd II devient le premier navire de protection de la nature à venir s’opposer au massacre des globicéphales perpétré aux Îles Féroé. Le Capitaine Paul Watson et son équipage rencontrent alors le Premier Ministre des Féroé et le préviennent que la Sea Shepherd Conservation Society va lancer une campagne contre le massacre illégal des globicéphales.

En Juillet 1986, le Sea Shepherd II lève l’ancre et part en direction des îles Féroé pour témoigner du massacre et perturber la chasse « sportive » au globicéphale. Le Capitaine envoie 5 membres d’équipage parlementer avec le gouvernement. Ceux-ci sont arrêtés et maintenus prisonniers sans charge. Le Sea Shepherd II refuse de quitter les eaux féroïennes tant que les détenus ne seront pas relâchés. Les féroïens répondent par des attaques au gaz lacrymogène et au fusil. Paul Watson voit passer une balle à moins d’un pouce de sa tête et ordonne alors à son équipage de se défendre à l’aide des lances à eau et des canons chargés de garniture pour gâteau au chocolat et pour tarte au citron. Les assaillants féroïens sont humiliés et le Sea Shepherd II parvient à prendre la fuite avec nombres de documents témoignant du massacre des cétacés et d’une intense confrontation. L’incident est retransmis au travers d’un documentaire primé, produit par la BBC, intitulé « Black Harvest » (NdDDC : « Moisson Noire »).

(…)

En juillet 2000, l’Ocean Warrior navigue jusqu’aux îles Féroé pour s’opposer au massacre annuel des globicéphales. Encore une fois, cette chasse fait la une des médias en Europe. Sea Shepherd organise une pression économique sur les entreprises qui, comme le géant Unilever, achètent encore des produits de la mer en provenance des Féroé (90% de leur économie). Plus de 20 000 commerces européens mettent un terme à leur contrat avec les Féroé sur demande de Sea Shepherd.

Dans l’article de Marianne, les photos de ce loisir sanguinaire sont dures mais, en tant qu’images figées, je les trouve plus « supportables » (si je puis dire !) que la vidéo japonnaise. Elles semblent curieusement dater de 2005 (j’ai essayé autant que faire se peut de recroiser les informations mais ce n’est pas toujours évident). Les photos se trouvent à la fin de l’article donc vous pouvez aller le lire sans crainte. Je relaie seulement une vue d’ensemble, pour montrer l’ampleur de ce massacre : de l’ordre de 1500 à 2000 cétacés, dont une majeure partie globicéphales, en seraient victimes chaque année.
Si vous cherchez « grindadráp » dans flickr vous trouverez de nombreuses autres photos qui témoignent de cette boucherie…

feroe

A noter, le commentaire de Jean-Paul (n°43) dont voici un large extrait car je le trouve très intéressant :

On remarquera en passant que les images sont estampillées « lail-alsahara.com », site saoudien. On aura donc compris qu’il s’agit de la réponse du berger à la bergère autour de la fête de l’Aïd el Kebir, où on montre que les Vikings peuvent se comporter avec des cétacés comme les musulmans avec les moutons. Ironie du sort, Féroe (Føroyar) veut dire « îles des moutons ».
(…)
L’archipel Féroé est danois. Mais il s’agit (comme le Groenland) d’une région autonome, avec son drapeau, son gouvernement et son parlement locaux, qui ne fait pas partie de la Communauté Européenne (à l’instar de nos Territoires d’Outre Mer). En fait les Féroé ont choisi de ne pas faire suivre le Danemark dans l’UE pour ne pas être soumises aux règles communautaires sur la pêche. Il existe dans cet archipel de 48 000 habitants un fort courant politique indépendantiste.

Comment réagir ?
Il faut savoir que cette pratique fait l’objet de protestations depuis 1984. Ces campagnes ont probablement eu certains effets : le harpon de chasse (avec lequel on hissait l’animal sur le bateau) a été interdit par les autorités féringiennes en 1986, la lance (avec laquelle on tirait un des globicéphales vers le rivage pour attirer le groupe) a été interdite en 1995, les crochets pointus, avec lesquels les hommes dans l’eau agrippaient les animaux n’importe où pour les échouer sur le rivage, ont été remplacées à partir de 1998 par des crochets émoussés agrippant l’évent.
Les Féroé ont mis en place une page internet http://www.whaling.fo/thepilot.htm (pilot whale = globicéphale), pour expliquer et justifier cette chasse.

On peut continuer à agir :
(…)
– En protestant auprès :
(…)
* et surtout des autorités féringiennes :
– le bureau du Premier Ministre
Løgmansskrivstovan
Tinganes
Postboks 64
FO- 110 Tórshavn
Faroe Islands

Fax: +298 351015
mail: info@tinganes.fo
et lms@fl.fo (Dpt des affaires étrangères)

– Le Parlement
Føroya Løgting
Tinghúsvegur 1-3
Postboks 208
FO- 100 Tórshavn
Faroe Islands

Fax : +298 363901
mail : logting@logting.fo

Pas besoin d’en mettre une tartine, ils ont l’habitude, une petite phrase suffit, genre :
« I ask the Faroes to stop the slaughter of pilot whales, which is unacceptably cruel, and is no longer a necessary food source for the population.
Sincerely
»

Certains comparent cette cruelle tradition avec celle non moins exécrable de la tauromachie. J’ignore si le nombre de victimes est comparable mais au moins une chose ne l’est pas, à mon sens : la fragilité de l’espèce.

Extrait du site de la Swiss Cetacean Society (oui je sais ça fait bizarre que ce soit suisse !) :

Pour des raisons de traditions, il ne se passe pas une saison sur les Iles Féroé sans que des bateaux à moteur encerclent les globicéphales (Globicephala melaena) passant à proximité des côtes, pour les ramener dans une baie peu profonde. Ils sont ensuite attrapés puis tirés sur la plage au moyen de longues gaffes munies d’un crochet leur infligeant de profondes blessures, souvent aux yeux ou dans l’évent. Les chasseurs s’efforcent ensuite d’achever l’animal au couteau, lui sectionnant la carotide et la moelle épinière en tranchant profondément juste derrière l’évent. Mais fréquemment ils n’y parviennent pas et l’agonie se prolonge alors plus de 15 minutes. Le reste du groupe assiste au massacre, et les cétacés saisis d’une terreur panique s’infligent quantité de blessures supplémentaires. La totalité d’un troupeau de globicéphales, femelles enceintes et petits confondus, est ainsi exterminée au cours d’une prétendue “manifestation folklorique”. Les dauphins qui accompagnent fréquemment les globicéphales sont eux aussi massacrés sans merci.

Pour la seule année 1996, 1′392 globicéphales et 324 dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba), une espèce pourtant protégée, ont trouvé la mort de cette façon abominable. Ce véritable bain de sang va à l’encontre de la législation internationale protégeant les mammifères marins (Conventions de Berne et de Bonn); quant aux quelques dispositions prises dans la législation locale, les habitants de Iles Féroé semblent n’en avoir cure.

On se doit certes de respecter les traditions des autres peuples, mais à considérer celles-ci isolément, nous négligeons gravement nos devoirs envers le monde végétal et animal. De surcroît, la chasse au globicéphale telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui n’a vraiment plus grand chose à voir avec une quelconque tradition : entre les hors-bord super rapides, sonars, échographes, appareils radios et autres moyens high tech utilisés actuellement pour traquer le cétacé, on ne lui laisse plus aucune chance. Depuis l’encerclement des animaux en haute mer jusqu’au massacre dans la baie, où ils assistent impuissants à la mise à mort de leurs congénères, nageant littéralement dans leur sang en attendant leur tour, il s’écoule plusieurs heures d’une brutalité sans nom.

Vous êtes horrifiés, révoltés ? Alors s’il vous plaît regardons une petite minute dans nos propres assiettes… Nous en avons moins conscience, c’est (rendu) moins visible, c’est sans doute moins impressionnant qu’une mer de sang et ce sont des bestioles moins « mignonnes » que les dauphins dont on vante qui plus est particulièrement l’intelligence, la sociabilité, la sensibilité, la richesse du langage, etc. Mais fondamentalement, ce qu’il se passe dans notre assiette n’est pas si différent.
Pour ne pas encourager cela, mangeons moins (ou pas) de viande et de poisson, et évitons le plus possible les élevages industriels (l’un dans l’autre ça se compensera au niveau du portefeuille)…

Mon but en concluant ainsi n’est pas de culpabiliser qui que ce soit, mais de rendre conscient que la grande majorité des poules, boeufs, veaux, agneaux, poissons, etc. que nous mangeons sont traités et tués avec la même indifférence.
Je ne suis personnellement pas « 100% végétarienne » et ne le deviendrai peut-être jamais, mais je crois qu’en consommant autrement on peut changer beaucoup de choses… sans doute plus qu’en signant les pétitions qui fleurissent en ce moment contre les îles Féroé, ce qui n’empêche bien sûr pas ceux qui le souhaitent de les signer 😉

Bien sûr, la crise actuelle des banques n’enchante aucun épargnant et je me fais du souci pour mes petites économies comme tout le monde. Mais les solutions, ou plutôt temporisations, apportées par les gouvernements sont-elles vraiment pertinentes ? Je me permets de citer Aureliano :

Quels que soient les soubresauts, de plus en plus violents, de la bourse, les vrais indicateurs, les vraies causes, sont évidemment ailleurs.

Et chaque jour qui passe voit les gouvernements occidentaux jeter des milliards, puis des dizaines de milliards et maintenant des centaines de milliards dans la bataille, pour essayer de sauver quoi ? l’humanité ? la planète ? la biodiversité ? le climat ? les entreprises ? les gens ?
Non, le système bancaire.

Mais, de grâce, laissez tomber le système bancaire !

(lire la suite)

Pendant ce temps les experts de l’UICN estiment que 36% des mammifères sont menacées d’extinction. Et la moitié des espèces est « en déclin » – certaines n’existent même plus à l’état sauvage et survivent seulement en captivité.

Il est pourtant possible de redresser la situation : grâce à différentes mesures de conservation, des résultats encourageants ont été obtenus pour 5 % des mammifères menacés.
Mais « plus nous attendrons, plus cela coûtera cher pour empêcher de nouvelles extinctions d’espèces », a averti Jane Smart, responsable du programme des espèces.

Infos extraites de : Le Soir

Une déesse âgée de 20 millions d’années est morte, assassinée par l’activité humaine…

« Dans les années 1950, la population de ces dauphins d’eau douce était estimée à 6000 individus. Elle était tombée à 200 en 1990, puis à 7 en 1998. »
Aujourd’hui on n’en trouve plus la moindre trace dans le fleuve. D’autres espèces sont également en grand danger de disparaître, dans le Yangzi, le Gange et ailleurs.

« La perte d’une espèce unique et charismatique est une tragédie car cela représente la disparition d’une branche complète de l’arbre de l’évolution du vivant. C’est la première extinction d’un grand vertébré depuis cinquante ans, et la première espèce de cétacés qui disparaît à cause de l’activité humaine. Cela montre que nous devons prendre toutes nos responsabilités en tant que gardiens de la planète. »

Tandis que les journaux se régalent des péripéties politiques belges ou des vacances d’Ysokras, l’eau monte et Le Monde raconte quelques belles couillonnades sur les abeilles qui se volatilisent.

Tout va bien braves gens, dormez en paix. Y a pas un match de foot rugby ce soir ? Ou peut-être une super émission de tv-réalité sur TFchien ?

« Si l’abeille disparaissait de la surface du globe, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre, plus de pollinisation, plus d’herbe, plus d’animaux, plus d’hommes. » Albert Einstein

La mort des abeilles met la planète en danger
Extraits de Les Echos le 20 août 2007 par P. Molga

Les abeilles s’éteignent par milliards depuis quelques mois. Leur disparition pourrait sonner le glas de l’espèce humaine.

C’est une incroyable épidémie, d’une violence et d’une ampleur faramineuse, qui est en train de se propager de ruche en ruche sur la planète. Partie d’un élevage de Floride l’automne dernier, elle a d’abord gagné la plupart des Etats américains, puis le Canada et l’Europe jusqu’à contaminer Taiwan en avril dernier. Partout, le même scénario se répète : par milliards, les abeilles quittent les ruches pour ne plus y revenir. Aucun cadavre à proximité. Aucun prédateur visible, pas plus que de squatter pourtant prompt à occuper les habitats abandonnés.

En quelques mois, entre 60 % et 90 % des abeilles se sont ainsi volatilisées aux Etats-Unis où les dernières estimations chiffrent à 1,5 million (sur 2,4 millions de ruches au total) le nombre de colonies qui ont disparu dans 27 Etats.

En Allemagne, le quart des colonies a été décimé avec des pertes jusqu’à 80 % dans certains élevages. Même chose en Suisse, en Italie, au Portugal, en Grèce, en Autriche, en Pologne, en Angleterre où le syndrome a été baptisé « phénomène « Marie-Céleste » », du nom du navire dont l’équipage s’est volatilisé en 1872. En France, où les apiculteurs ont connu de lourdes pertes depuis 1995 jusqu’à l’interdiction du pesticide incriminé, le Gaucho, l’épidémie a également repris de plus belle, avec des pertes allant de 15 % à 95 % selon les cheptels.

Légitimement inquiets, les scientifiques ont trouvé un nom à la mesure de ces désertions massives : le « syndrome d’effondrement ». Ils ont de quoi être préoccupés : 80 % des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. Sans elles, ni pollinisation, et pratiquement ni fruits, ni légumes. « Trois quart des cultures qui nourrissent l’humanité en dépendent », résume B. Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l’Inra. Arrivée sur Terre 60 millions d’année avant l’homme, l’abeille à miel est aussi indispensable à son économie qu’à sa survie.

Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? La multiplication des émissions électromagnétiques perturbant les nanoparticules de magnétite présentes dans l’abdomen des abeilles ? « Plutôt une combinaison de tous ces agents », assure le professeur J. Cummins.
Les nouvelles générations d’insecticides enrobent les semences pour pénétrer de façon systémique dans toute la plante, jusqu’au pollen que les abeilles rapportent à la ruche, qu’elles empoisonnent. Même à faible concentration, l’emploi de ce type de pesticides détruit les défenses immunitaires des abeilles. Par effet de cascade, intoxiquées par le principal principe actif utilisé – l’imidaclopride (en France, il est distribué par Bayer sous différentes marques : Gaucho, Merit, Admire, Confidore, Hachikusan, Premise, Advantage…) -, les butineuses deviendraient vulnérables à l’activité insecticide d’agents pathogènes fongiques pulvérisés en complément sur les cultures.

Pour preuve, estime le chercheur, des champignons parasites de la famille des Nosema sont présents dans quantités d’essaims en cours d’effondrement où les butineuses, apathiques, ont été retrouvées infectées par une demi-douzaine de virus et de microbes.

La plupart du temps, ces champignons sont incorporés à des pesticides chimiques, pour combattre les criquets, certaines teignes ou la pyrale du maïs. Mais ils voyagent aussi le long des voies ouvertes par les échanges marchands, à l’image de Nosema ceranae, un parasite porté par les abeilles d’Asie qui a contaminé ses congénères occidentales tuées en quelques jours.

C’est ce que vient de démontrer dans une étude conduite sur l’ADN de plusieurs abeilles l’équipe de recherche de M. Higes installée dans une province à l’est de Madrid réputée pour être le berceau de l’industrie du miel espagnol. « Ce parasite est le plus dangereux de la famille, explique-t-il. Il peut résister aussi bien à la chaleur qu’au froid et infecte un essaim en deux mois. Nous pensons que 50 % de nos ruches sont contaminées. » Or l’Espagne, qui compte 2,3 millions de ruches, est le foyer du quart des abeilles domestiques de l’Union européenne.

L’effet de cascade ne s’arrête pas là : il jouerait également entre ces champignons parasites et les biopesticides produits par les plantes génétiquement modifiées, assure le professeur J. Cummins.
« Les autorités chargées de la réglementation ont traité le déclin des abeilles avec une approche étroite et bornée, en ignorant l’évidence selon laquelle les pesticides agissent en synergie avec d’autres éléments dévastateurs », accuse-t-il pour conclure. Il n’est pas seul à sonner le tocsin. Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d’assister à un autre syndrome d’effondrement, craignent les scientifiques : celui de l’espèce humaine.

Autres sources : voir l’excellent article de Raffa et ses liens « En savoir plus » en bas de page.
Il y a aussi une pétition européenne en ligne.

Edith a trouvé un autre lien (EKWO).

Le retour d’Edith : je voudrais mettre en avant un des liens de Raffa, qui m’a paru très clair et complet : Liberterre – Requiem pour nos abeilles.

Après cet interlude musical, revenons aux choses sérieuses et atterrissons sur terre, ou plutôt sur Terre… car je vous ai préparé un petit « melting pot » de l’actualité de notre planète ces derniers mois – non exhaustif bien sûr ! Si vous n’avez pas le temps ou l’envie de tout parcourir, je vous recommande le dernier article présenté (« Noël en famille »).

Les animaux malades de leurs congénères

Extrait du Monde, 23.01.07, P. Le Hir

France – 50 espèces perdues, 89 autres gagnées : pour la biodiversité, la balance semble positive. Mais l’arithmétique et la vie ne font pas bon ménage. Les animaux introduits étaient déjà présents sur d’autres continents et ne compensent donc pas les extinctions. « On assiste, à l’échelle du globe, à une banalisation des faunes« , s’inquiète M. Pascal, de l’INRA.

1er constat : l’histoire des vertébrés a été fortement influencée par l’homme moderne. Certes, quelques-uns n’ont pas survécu à la hausse des températures qui a marqué l’entrée dans l’holocène. C’est aussi le réchauffement climatique qui met aujourd’hui en concurrence certaines espèces, en modifiant leurs aires de répartition.

Mais, bien souvent, le coupable est Sapiens sapiens, qui a exterminé, pour leur viande ou leur peau, toutes ces espèces. Plus récemment, l’agriculture, l’urbanisation, les voies de communication, le tourisme ont détruit les milieux naturels. Signe de cette pression anthropique, le rythme des disparitions s’est accéléré, passant de moins de une par siècle jusqu’au Moyen-Age à plus de 10 par siècle depuis l’ère industrielle.

Les introductions d’espèces nouvelles se sont simultanément multipliées depuis le début du XIXe siècle. Ces colonisations, souvent naturelles, ont aussi été le fait de l’homme, qui a acheminé les intrus dans les cales de ses bateaux ou les soutes de ses avions. A son insu, ou volontairement, pour en faire le commerce ou pour son agrément. « Les invasions biologiques peuvent avoir un impact désastreux sur la biodiversité, commente M. Pascal. Si l’ignorance peut excuser les introductions d’un lointain passé, ce n’est plus le cas. »

Les scientifiques au chevet de la planète menacée par la bombe climatique

Extrait du Monde, 29.01.07

Fonte des glaces flottantes et des sols gelés en profondeur, diminution de la couverture neigeuse, recul des glaciers… le réchauffement planétaire déjà à l’œuvre et, surtout, à venir.

La fonte des glaces, la dilatation des océans sont autant de conséquences du réchauffement qui peuvent aussi, par « rétroaction« , jouer les accélérateurs du processus. Les climatologues redoutent en effet qu’au-delà d' »effets de seuil« , ces phénomènes pourraient amplifier le réchauffement, sans qu’il soit possible pour l’heure « de déterminer les limites à ne pas franchir« , explique E. Bard, du Collège de France.

Le thermomètre planétaire a déjà gagné 0,8 °C en un siècle, pour moitié au cours des 30 dernières années. « Hormis 1996, toutes les années depuis 1995 sont plus chaudes que n’importe quelle année depuis plus de 140 ans« , note le climatologue français J. Jouzel.

Le GIEC « est l’outil qui peut exprimer une certaine forme de consensus dans la communauté scientifique et permet de faire l’interface avec les décideurs« , note H. Le Treut, directeur d’un laboratoire de météorologie dynamique. Mais le consensus est un exercice « délicat« , estime-t-il, en se déclarant pour sa part opposé à la publication dans le rapport du GIEC d’une fourchette de hausses des températures en 2100 liée à des scénarios économiques différents.

« La notion de fourchette a été sacralisée autour de scénarios qui ont été choisis un peu arbitrairement, indique M. Le Treut. Si on nous donne des scénarios différents, on peut avoir des résultats différents mais cela ne veut pas dire que le danger pour la planète est différent. »

Un risque d’emballement des températures

Extrait du Monde, 29.01.07, S. Foucart

Ces mécanismes, appelés « rétroactions positives« , se produisent lorsqu’un écosystème – voire le système océan-atmosphère-glaces dans son ensemble – réagit à l’augmentation des températures, en aggravant le phénomène perturbateur.

L’exemple le plus fréquemment cité est celui du recul de la banquise. Plus les températures augmentent, plus la banquise recule ; plus la banquise recule, moins le rayonnement solaire est réfléchi ; moins le rayonnement solaire est réfléchi, plus les températures augmentent.
La fonte du pergélisol (permafrost) pourrait relâcher des quantités importantes de carbone dans l’atmosphère.

Les inconnues sont nombreuses. « Aujourd’hui, les forêts continentales constituent un puits de carbone qui absorbe ~ 1/4 des émissions humaines de CO2, explique E. Bard. Mais l’évolution de ce puits de carbone est incertaine. En majorité, les modèles théoriques indiquent que cette capacité de stockage devrait diminuer au cours du prochain siècle : le réchauffement favorise la décomposition de la matière organique dans le sol, ce qui réinjecte du CO2 vers l’atmosphère. »

Ce n’est pas tout. « La réponse de l’océan, qui pompe environ 1/3 des émissions, est aussi une source d’inquiétude, poursuit M. Bard. Le CO2 se dissout moins bien lorsque les eaux de surface deviennent plus chaudes et acides. » Par ailleurs, le réchauffement devrait contribuer à ralentir les courants marins profonds. Or, ces derniers transportent le carbone au fond des océans. Ce ralentissement devrait donc aussi contribuer à l’augmentation du CO2 atmosphérique.
Fragilisé, le phytoplancton produirait moins de matière organique. Soit autant de millions de tonnes de CO2 atmosphérique qui cesseraient d’être épongées.

Bien sûr les gouvernements doivent prendre des mesures. Mais les gens doivent également changer leurs habitudes. Or les gens, c’est moi, c’est toi… Illustration :

Noël en famille ou 15 litres de pétrole…

Extrait du Soir, 30.01.07, P. Ozer et D. Perrin

La semaine précédant Noël, j’ai décortiqué les publicités de mon hypermarché et voici ce que j’ai pu concocter pour 8 personnes avec, entre parenthèses, les km parcourus entre le pays de production et la Belgique ainsi que les kg de CO2 émis uniquement pour le transport aérien intercontinental de ces produits achetés. L’analyse se focalise sur le transport par voie aérienne puisque celui-ci émet, en moyenne, 60 fois plus de CO2 que par voie maritime.

D’abord, un bouquet de 20 roses au centre de la table. La provenance de ces fleurs est kenyane et le mode de transport aérien (6 550 km, 5,2 kg de CO2).

Commençons par un velouté d’asperges aux langoustines. Le légume nous vient du Pérou par avion (10 500 km, 12,5 kg de CO2) et les langoustines ont été acheminées, une fois décortiquées et congelées, par bateau depuis l’Indonésie (14 000 km). Remarquez que, du point de vue des émissions de CO2, il est encore préférable d’acheter des langoustines élevées en Asie du Sud-Est plutôt que ce même crustacé pêché en Ecosse – quel paradoxe ! En effet, ce dernier, une fois attrapé dans les eaux européennes, va faire un périple extraordinaire par bateau jusqu’en Thaïlande d’où, une fois décortiqué, il retournera sur le marché européen (22 000 km). Une délocalisation due au fait que je préfère (comme 70% des consommateurs) acheter des crustacés décortiqués.

Après 2 bouteilles de Sauvignon blanc chilien (11 900 km), nous attaquons le plat de consistance. J’ai longtemps hésité entre le springbok de Namibie (8 300 km), le kangourou australien (16 700 km), l’autruche d’Afrique du Sud (8 900 km), la biche de Nouvelle-Zélande (18 700 km) et le bison canadien (5 600 km). Un peu perdu, je me suis finalement engagé à un simple steak-frites-salade bien de chez nous. Mon hypermarché m’offre un steak de boeuf argentin venu par avion (11 300 km, 14,5 kg de CO2) à un prix 30% inférieur au Blanc-Bleu-Belge… Comment résister ? Pour les frites maison, j’achète des pommes de terre « bio » qui viennent du Sud de la France par camion. Quant à la salade, elle vient d’Espagne. Alors, l’espace d’un instant, je m’interroge… Pourquoi dit-on que c’est le plat traditionnel belge par excellence ? Mais ce questionnement futile se dissipe rapidement car je dois vite ouvrir les bouteilles de Cabernet Sauvignon californien (8 900 km).

Mon épouse se charge du dessert. Une salade de fruits réalisée exclusivement avec les fruits frais en promotion trouvés au magasin. Il s’agit de poires nashi de Corée du Sud, de mangues, papayes, figues et melons charentais du Brésil, de fruits de la passion de Colombie, de grenades des Etats-Unis, de fraises d’Israël, d’ananas d’Amérique centrale, de cerises d’Argentine et de caramboles de Malaisie. Nous décidons d’y ajouter deux kiwis de Nouvelle-Zélande, une orange d’Afrique du Sud et une pomme belge pour que tous les continents soient représentés dans le même récipient. Evidemment, alors que nous approchons des 12 coups de minuit, qu’il fait toujours 10°C dehors et que mon fils de 3 ans me répète que ce n’est pas Noël puisqu’il n’y a pas encore eu de neige, un tel dessert a un coût : une distance cumulée de 126 000 kilomètres et une facture approximative de 9 kg de CO2 émis. Là-dessus, je débouche un mousseux blanc de Tasmanie (17 100 km).

In fine, la distance totale parcourue par tous ces produits est de 209 000 km, plus de 5 tours du monde, soit 41,3 kg de CO2. Cela équivaut aux émissions de CO2 d’un véhicule ordinaire parcourant la distance de 258 kilomètres, soit approximativement 15 litres d’essence pour moins de 6 kg de nourriture !

Pourtant, un bouquet de houx, une soupe au potiron, suivie du même steak-frites-salade à base de produits locaux, une salade de fruits sans fraises, cerises… et des vins français nous permettraient de diminuer de plus de 80% les émissions de CO2 dues au transport.

Veiller à ce que nous mettons dans notre assiette fait partie des multiples petits actes citoyens que nous pouvons poser pour diminuer notre empreinte écologique. Le transport de marchandises par voie aérienne était de 2 milliards de tonnes/km transportées en 1960. En 2006, ce chiffre est passé à 150 milliards.

Un supermarché scande « Vivez comme vous voulez« , un autre clame « Et tout devient possible« . Nous en sommes intimement convaincus. Et si nous, consommateurs, n’achetons plus de cerises d’Argentine, de fraises d’Israël ou de myrtilles du Chili en hiver, ils n’en proposeront plus. Ensemble, nous pouvons forcer le changement. Et tout cela sans réellement perdre de notre confortable qualité de vie.

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