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Ce n’est pas nouveau (sauf pour les journalistes du Monde semble-t-il) mais le répéter ne peut pas faire de tort : la 6e extinction massive d’espèces est déjà là, à nos portes, mais nous pouvons peut-être encore l’éviter ou du moins en limiter la portée.

Extraits de l’article (13.08.2008) :

L’espèce humaine a tellement modifié son environnement qu’elle porte maintenant gravement atteinte à la biodiversité des espèces terrestres et marines, et à terme à sa propre survie. (…) Un mammifère sur 4, un oiseau sur 8, un tiers de tous les amphibiens et 70 % de toutes les plantes évaluées sont en péril, constate l’UICN.

Est-il encore possible de freiner ce déclin des espèces, qui risque de s’amplifier quand notre planète portera 9,3 milliards d’humains en 2050 ? Les biologistes américains Paul Ehrlich et Robert Pringle pensent que oui, à condition de prendre plusieurs mesures radicales sur le plan mondial. Ils les présentent dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences américaine (PNAS) du 12 août, qui consacrent un dossier spécial à la sixième extinction.

En préambule, ces deux chercheurs n’hésitent pas à déclarer que « l’avenir de la biodiversité pour les 10 prochains millions d’années sera certainement déterminé dans les 50 à 100 ans à venir par l’activité d’une seule espèce, Homo sapiens, vieille de seulement 200 000 ans« . Si l’on considère que les espèces de mammifères – dont nous faisons partie – durent en moyenne un million d’années, cela place Homo sapiens au milieu de l’adolescence. Or cet « ado » mal dégrossi, « narcissique et présupposant sa propre immortalité, a maltraité l’écosystème qui l’a créé et le maintient en vie, sans souci des conséquences« , ajoutent sévèrement Paul Ehrlich et Robert Pringle.

Il faut donc, selon eux, insuffler un changement profond dans les mentalités, de façon à porter un autre regard sur la nature. Car, disent-ils, « l’idée que la croissance économique est indépendante de la santé de l’environnement et que l’humanité peut étendre indéfiniment son économie est une dangereuse illusion« . Pour contrer cette dérive, il faut commencer par maîtriser l’expansion démographique et diminuer notre surconsommation des ressources naturelles, dont une bonne part sert à assouvir des goûts superflus et non des besoins fondamentaux. (…)

Autre angle d’attaque : les services offerts par la biosphère sont nombreux et gratuits. Elle fournit les matières premières, les systèmes naturels de filtration des eaux, le stockage du carbone par les forêts, la prévention de l’érosion et des inondations par la végétation, et la pollinisation des plantes par des insectes et des oiseaux. A elle seule, cette dernière activité pèse 1,5 milliard de dollars aux Etats-Unis. (…)

(…) les deux chercheurs s’inquiètent du divorce croissant, dans les pays industrialisés, entre la population et la nature, divorce dû à l’utilisation intensive du multimédia. Ils remarquent que, « aux Etats-Unis, la montée des médias électroniques a coïncidé avec une baisse importante des visites des parcs nationaux, après cinquante ans de croissance ininterrompue« . (…)

De plus en plus d’espèces animales menacées d’extinction

Extraits de Le Monde du 02.05.06

L’ours polaire et l’hippopotame font leur entrée dans la longue liste rouge des espèces menacées de disparition par l’intervention humaine, selon l’Union mondiale pour la nature (IUCN). Plus importante organisation de conservation animale, l’IUCN a recensé, depuis 1948, 16 000 espèces animales et végétales menacées d’extinction.

La liste publiée mardi comporte 530 espèces de plus que la précédente, parue 2 ans auparavant.

L’Union appelle la communauté internationale à assurer une meilleure protection de la biodiversité en réduisant l’émission de gaz à effet de serre et en contrôlant strictement la pêche et la chasse. Sans diminution de la production de gaz à effet de serre, la population des ours polaires, classée dans les espèces « vulnérables », aura reculé de 30 % dans 45 ans par la destruction progressive de leur habitat naturel, la banquise.

Parmi les espèces « en danger » figure l’hippopotame, victime d' »un déclin catastrophique en République démocratique du Congo », où 95 % de la population a été détruite par la chasse depuis 1994, estime l’IUCN.

Les océans ne sont pas épargnés, selon les chiffres de l’IUCN. Au total, 20 % des espèces de requins et de raies figurent dans la liste. Achim Steiner, directeur général de l’Union, a tenu à rappeler que « nous ne devons pas être passifs face à la tragédie en cours de la disparition de la biodiversité et de l’extinction des espèces ».

Avec AFP

Le combat inégal de l’homme et du poisson sauvage
Extraits du Monde 25.02.2006

Les exportations de caviar viennent d’être interdites pour protéger l’esturgeon, en voie de disparition. Va-t-on, en raison de l’activité humaine, vers un monde sans poissons sauvages ?

Dans vingt ou trente ans, des milliers d’espèces auront disparu, certaines avant même qu’on ne les connaissent. Des dizaines vont déjà s’éteindre d’ici quelques années. Pour autant, les poissons représentent, de loin, le plus grand groupe de vertébrés. Environ 28 000 espèces sont connues [dont 46% sont menacées selon l’Union mondiale pour la nature], mais des milliers ne sont pas recensées.

La consommation mondiale de poissons a plus que triplé entre 1961 et 2001 (de 28 à 96 millions de tonnes par an). Le quart des espèces commerciales sont surexploitées, selon le programme d’évaluation des écosystèmes des Nations unies.

Devrions-nous cesser de consommer du poisson sauvage, au moins temporairement ?

Oui, car la plupart des espèces commerciales sont menacées. Il y a cent ans, les pêcheurs ramenaient des morues de 2 mètres pour 80 kg. Maintenant, à Rungis, on trouve des bébés morues de 50 centimètres. Tout ce qui se trouve sur l’étal d’un poissonnier ne devrait pas s’y trouver, en tout cas pas dans ces quantités. Il faut interdire la pêche pour les populations dont l’état des stocks est totalement dégradé, comme le thon, le requin – à cause des ailerons -, la morue et la plupart des espèces de grands fonds. Il existe également un vrai acharnement contre l’anguille, braconnée aux embouchures des grands fleuves. Une activité très rentable liée à une consommation excessive dans certains pays. L’anguille pourrait très bien disparaître.

L’élevage de poissons est- il une solution ?

L’élevage de poissons est extrêmement polluant. Il produit, de façon concentrée, une énorme quantité de déchets, liés aux poissons eux-mêmes, simplement par ce qu’ils mangent et rejettent. Si, à l’avenir, on substitue le poisson d’élevage au poisson sauvage, il n’y aura plus un écosystème côtier viable sur la planète.

Quel rôle joue la pollution de l’eau ?

Les rejets urbains, industriels et agricoles entraînent une eutrophisation des eaux : l’afflux de phosphates et de nitrates provoque une prolifération d’algues, des végétaux aquatiques meurent et libèrent à leur tour azote et phosphore. L’oxygène se raréfie. Ce phénomène, qui est la principale menace sur les eaux douces, va entraîner une diminution du nombre d’espèces.
La pollution chimique est, elle, ponctuellement très mortelle, mais s’arrête rapidement, car elle se dilue. Son impact est assez limité en France, car les rejets d’usines sont relativement bien maîtrisés, mais il est très fort dans les pays émergents, en Chine et en Inde, par exemple, où ce type de pollution détruit des milieux entiers, de l’insecte au poisson. Des amis pêcheurs m’ont dit avoir récemment découvert en Chine des rivières entières sans aucun poisson.

Les poissons vont-ils s’adapter à leur nouvel environnement ?

Les modifications de l’écosystème sont trop rapides pour espérer une quelconque réaction des poissons. De nouvelles espèces pourront apparaître, mais pas à l’échelle du temps humain : les phénomènes de spéciation prennent des dizaines de milliers d’années. Le bilan ne sera jamais positif. Il n’y a pas de solution qui permette de sauver un environnement sauvage et de vivre à 10 milliards d’individus sur la planète.

G. Dupont & P-A Delhommais

Une extinction massive des espèces est annoncée pour le XXIe siècle

Extraits – LE MONDE | 07.01.06

La disparition des dinosaures a marqué, il y a 65 millions d’années, la cinquième extinction massive d’espèces. Un animal ou une plante disparaîtrait toutes les vingt minutes. Abordons-nous la sixième crise de la vie ?

La disparition des espèces s’accélère. Le rythme d’extinction des vertébrés et des plantes est déjà cent fois plus important que lors des temps géologiques, il y a des dizaines de millions d’années. Cette vitesse devrait être multipliée par 100 dans les prochaines décennies, soit un rythme 10 000 fois supérieur au taux estimé comme naturel.

Lors des grandes crises d’extinction, jusqu’à 95 % des espèces ont pu disparaître d’un coup, du moins à l’échelle paléontologique, sur plusieurs millions d’années. Je ne sais pas si on peut mettre ce qui se passe actuellement sur le même plan, mais la communauté scientifique pousse un cri d’alarme : nous sommes en train de modifier les systèmes naturels à tel point que des extinctions massives risquent de toucher tous les groupes d’êtres vivants, du champignon au gorille.

Pourquoi cette accélération ?

Les grands animaux, notamment les herbivores, disparaissent sur la plupart des continents depuis l’avènement des sociétés humaines, il y a des milliers d’années. Mais l’accélération actuelle, depuis la révolution industrielle, est principalement due à la destruction des habitats : déforestation, urbanisation, changement d’utilisation des terres…

(…)

Que dire du changement climatique ?

C’est le troisième facteur qui menace la biodiversité. Selon une étude dirigée par Chris Thomas en Grande-Bretagne et basée sur les projections climatiques du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), la planète pourrait perdre à l’horizon 2050 jusqu’au tiers des espèces existantes.

Sa méthodologie a été fortement critiquée. Mais l’exercice est intéressant. Peut-être que les espèces vont s’adapter. Mais il ne fait pas de doute que le changement climatique va devenir un facteur critique.

(…)

Quels sont les moyens d’accroître la biodiversité ?

Tout d’abord, arrêter les destructions des habitats. C’est une mesure d’urgence. A plus long terme, il faut que l’homme réapprenne à vivre avec la nature. Je pense que cela est possible tout en gardant un mode de vie moderne. Cela veut dire repenser la structure spatiale des villes et de la campagne. Soit nous réussissons à réaliser une fusion plus importante de la ville et de la campagne, soit nous faisons des villes plus agréables à vivre.

Dans un monde globalisé, chaque individu devrait être amené à se penser non pas comme une personne isolée dans un endroit donné, mais comme un maillon d’une chaîne qui le relie à la nature. Si on parvenait à éduquer les enfants et les citoyens à réfléchir de cette façon-là, nous serions tous beaucoup plus connectés non seulement à la nature, mais aussi aux autres.

Près de 9 milliards d’habitants peupleront la planète en 2050, soit 50 % de plus qu’aujourd’hui. Va-t-on pouvoir inverser le processus de destruction de la biodiversité ?

La période est critique. Tout se déroule actuellement à des vitesses invraisemblables. Nous détruisons, et les systèmes naturels n’ont pas le temps de s’adapter. Nous commençons à voir quels sont les impacts de nos agissements sur le climat, la productivité des pêcheries ou de l’agriculture. Parallèlement, la population va augmenter de façon substantielle. Les limites de résistance de la nature sont extensibles, mais pas à l’infini.

(…)

Propos recueillis par H. Kempf

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