You are currently browsing the tag archive for the ‘église’ tag.

Bande-son : The Two – Sky

Oto et le village de montagne abandonné d’Ayerbe de Broto

Ce matin, pas de réveil ! Le luxe ! C’est quand même les vacances 😉

On se réveille vers 8h20 et on petit-déjeune dans la chambre. On flâne dans Broto, on achète quelques souvenirs, on admire l’église fortifiée dédiée à San Pedro. On a besoin de timbres et le « tabaco » est fermé, du coup on se rend au bureau de poste qui est ouvert… 1/4h par jour ! 😀

On prend soin de revenir à l’heure (dite) d’ouverture, pour se rendre compte… qu’ils n’ont pas de timbres pour l’UE. J’en voudrais un pour l’Argentine, la guichetière me demande à combien sont ceux-là. Euh ben j’en sais rien moi ? :mrgreen:

Nous roulons sur la piste après le camping d’Oto, au début pas de souci ça secoue juste un peu. Nous longeons le río Ara qui, sur ce tronçon morne et désolé, ressemble plus à une gravière à ciel ouvert qu’autre chose.

Les ornières remplies d’eau se succèdent et s’aggravent, finissant par nous mettre le doute : ne serait-il pas plus raisonnable de continuer à pied ? Si !!

L’endroit où quitter la piste pour emprunter le sentier muletier PR-HU-117 est très bien indiqué, peu avant le barranco la Guega.

Nous allons monter dans les bois. C’est tout de suite un environnement plus agréable 🙂 Les buis commencent à jaunir.


Mégère ou Satyre ?

Les couleurs de la zygène de la bruyère mettent en garde contre sa toxicité : elle sécrète des alcaloïdes et du cyanure. Si vous avez un petit creux, mangez plutôt des mûres 😛

La taille de la végétation diminue avec l’altitude et nous apercevons les ruines de terrasses annonciatrices du village d’Ayerbe de Broto, situé à près de 1200m d’altitude.

Nous arrivons par le haut d’une terrasse, un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur en pierres sèches permet d’accéder au niveau des maisons.

Le clocher nous étonne avec sa pièce rapportée. Seules quelques pierres, dont les deux linteaux, font la jonction entre la tour et son annexe.

Nous commençons par visiter la casa O Yerno, qui possède encore une magnifique cheminée aragonaise. De l’intérieur on peut voir que son « chapeau » est fêlé.

Nous passons par la porte verte, soigneusement ficelée pour éviter l’entrée d’animaux. Une mâchoire nous accueille.

Il y a tout d’abord l’âtre et le coin cuisine avec l’évier, la casserole, le four. L’intérieur est tellement sombre que ce n’est qu’au retour qu’on découvrira, sur les photos, qu’il y a des gravures sur une pierre du mur.

Au vu de quelques trous révélateurs, on se rend vite compte qu’il ne faut pas se fier au beau dallage, qu’il soit en carrelages ou en lauzes… Quand il n’y a plus de plancher, c’est moins dangereux 🙂

Les murs, portes et poutres sont peints en vert, rouge-brun, jaune ocre et toujours ce fameux bleu cobalt.

Des restes de matériel de camping sont présents : un sac de couchage, une bouteille de gaz…

Au grenier, on peut voir un panier en osier tressé contenant encore d’anciennes bouteilles en verre ainsi que le passage de la cheminée, près de laquelle un bouquet de plantes sèche depuis plus de 40 ans.

Cette cave voûtée, rez-de-jardin si je puis dire, était l’étable. On y accède par l’extérieur, après avoir involontairement fait fuir un serpent.

La pièce d’habitation profitait-elle de la chaleur animale malgré le lourd plancher de lauzes ?

Certaines ouvertures de portes et fenêtres sont biseautées :

Les buissons de ronces ont envahi les lieux et rendent quelques fois la progression douloureuse voire impossible. On leur pardonne car elles produisent des mûres énormes qui font le bonheur stomacal d’AàG !

Outre la flore on observera également des mouches à cul doré poilu (non on n’avait pas bu).

Quelqu’un identifie-t-il cette espèce de plante grasse formant de jolies fleurs roses ?

Ceci nous a assez intrigués car il ne tient qu’avec un coin de bois. Était-ce donc un axe destiné à tourner ? Après avoir imaginé mille et un dispositifs, ce devait en fait être… une simple croix dont le haut est brisé ! :mrgreen: La réalité manque parfois cruellement d’originalité.

En face, une belle vue sur le village d’Asín de Broto.

Joli linteau portant l’inscription gravée : M. AÑO. 1856. P.

La casa Cadena et l’école sont en ruines. Un étage est encore partiellement accessible (réservé aux casse-cous). Des bouteilles reposent sur une étagère s’effritant comme les cloisons et planchers encore présents.

Allons voir du côté de l’église (iglesia de la Natividad de la Virgen), bâtiment imposant dont la construction a commencé en 1765.


AÑO 1779

La nef ne possède plus qu’un moignon de toit, peut-être déjà effondré à ce jour. La clé de voûte du dernier arc ne tient plus qu’à un fil et les chapelles latérales sont dévastées.

On y voit encore, en rouge, le confessionnal.

L’autel, où l’on devine l’inscription peinte JHS, a perdu sa statue mais pas sa couronne de fleurs.

Il reste quelques décorations qui n’ont pas encore été complètement abîmées.

Les fonts baptismaux, avec une belle tête sculptée.

Ce lieu a certainement moins de valeur patrimoniale qu’une église mozarabe comme celle d’Otal, mais ça fend le cœur de le voir dans un état pareil…

La chatière est un peu petite 😉


AJURIA N°1 VITORIA

Nous sommes ignares et cette machine nous aura, là aussi, fait travailler l’imagination ^^ C’est une vanneuse permettant de trier le grain des impuretés.

La rue principale est pleine de panicauts… un bonheur pour mes jambes nues !

Selon O Zoque, le village a compté jusque 16 maisons et 91 habitants en 1857. Ils n’étaient plus que 43 en 1960. Le village s’est dépeuplé en 1973.

De nombreuses maisons ont été rehaussées, comme celle-ci.

Sa toiture a la particularité d’avoir un pan sans lauzes, elles semblent avoir été démontées.

Ici aussi on retrouve les fers à cheval inclus dans les maçonneries ou entre les pierres sèches, ainsi que les structures en buis pour les toits (sauf exception comme ci-dessous).

La fenêtre de ce bâtiment a été condamnée pour le rehausser.

S’il vous prenait l’envie de vous asseoir là, pensez à regarder au-dessus de votre tête…

Près d’une sorte de herse rotative nous trouvons la vanneuse n°3, en pleine forme :

Surprise, cette maison est soigneusement rénovée et sa porte verrouillée ! (ceci est un zeugma 😛 )

Ce doit être appréciable de venir dans cet ermitage lorsqu’on en a marre de la civilisation… je me demande où aller chercher l’eau par contre ? Faut-il descendre jusqu’au barranco San Pedro ?

Nous nous asseyons là, le banc est tout confort et son toit nous protège de quelques gouttes de pluie pendant notre maigre pique-nique : du pain, rien que du pain… le reste a été oublié dans la voiture.

Qu’importe, cela vaut tous les festins puisque nous assistons à un ballet de rouge-queues, d’hirondelles et même de vautours ! C’est dans ces moments-là qu’on se sent vraiment appartenir à un tout ❤

Je profite de ce spectacle, de cette pause, et prends également le temps d’écrire quelques cartes postales pendant qu’AàG part enregistrer la vie des lieux.

Borda de era qui se fait coloniser par un roncier.

Au-dessus du linteau il est gravé AÑO DE 1872, avec le N à l’envers comme souvent.

La cahute ci-dessous donne une bonne opportunité de voir la structure du plancher.

C’est comme un puzzle où il manquerait des pièces…

C’est pas toujours évident d’accès :mrgreen:

Ci-dessus il y a deux techniques différentes, la partie haute du toit est « classique » avec des branches de buis alignées parallèlement, et la partie basse est comme tissée. C’est en parfait état.

Dans une cour de ferme nous ferons de sympathiques découvertes, comme ce beau linteau gisant au sol et affichant modestement « ano 1779 » (à moins que ce ne soit 1772 ?).

Là c’est moins évident à voir mais la protection épineuse m’a gardée à distance et… j’ai pas un gros zoom, moi 😉 Il y a une croix gravée avec un Golgotha au-dessus de la fenêtre et des espèces de volutes en-dessous.

Ici c’est curieux, seule la première moitié de la pierre a été gravée. Ont-ils mal géré l’espace ou voulaient-ils garder de la place pour une suite ?

ano 1664
iesus maria
iosef

J’ai adoré ce tapis moussu. A l’époque on avait presque le même à la maison :mrgreen:

Une ruelle pleine de charme. De toute façon c’est obligé, quand il y a de la mousse, il y a du charme 😉

Une croix plus élaborée, qui s’évase en forme de cœur, sur le linteau d’une porte remurée (Casa Antón ?). Je ne l’ai à nouveau photographiée que de loin, mais AàG a finalement bravé les ronces pour la prendre correctement !

L’intérieur ne tient pas les promesses de la façade.

Il y a quand même l’impressionnant foyer avec le départ de la cheminée.

Nous rebroussons petit à petit chemin, l’heure du départ a sonné.

Évidemment on découvre au passage tel ou tel détail qui nous avait échappé, comme cette fleur sculptée ou cet arbre n’ayant pas trouvé meilleur endroit pour pousser !

Et puis la lumière a changé alors ça donne envie de refaire des photos… hum hum.

Ce qui est amusant ici c’est qu’il reste les feuilles du buis. (Si vous trouvez que je suis très « toiture » en ce moment, ne vous inquiétez pas, c’est normal 😆 )

Bon allez il faut bien s’arracher…

Nous sommes de retour à la voiture vers 19h.

Sur la route nous visitons Oto, qui est un magnifique petit village.

On y retrouve les même éléments typiques : chimeneas cilíndricas et dates gravées.


ANO 1766

La tour de l’église nous a paru un peu délabrée. Il y a une date ANO 1624 sur un coin.

Je dois dire qu’à partir de là j’ai été assez dissipée. Nan, pas parce qu’il y a une épée phalique gravée tsss. Figurez-vous qu’il y avait *plein* de chats affamés.

Et, si vous avez bien suivi, nous avions donc la garniture du pique-nique qui traînait dans la voiture… bref cela a fait quelques heureux ! 😀

L’une des cloches déposées devant le porche date de 1843 (Santa Barbara, encore elle) et l’autre de 1948.

Retour à Broto et repas à La Tea pour la quatrième et dernière fois…

Bande-son : Mano Solo – Trop de silence

Le village de montagne abandonné d’Escartín

Nous empruntons la même route qu’hier, cette fois jusqu’à Bergua. Sur les 10 derniers kilomètres, il s’agit davantage d’une piste que d’une route ! Le revêtement est dans un état de détérioration plus qu’avancé, même à l’aune de critères belgikistanais 😆

Ce village très ancien fut important dans la région et ne manque pas de patrimoine à admirer. Il s’est retrouvé presque dépeuplé pendant des années, à présent la dynamique s’inverse et ça fait plaisir.

Il manque un morceau de la cloche et elle a une grande fêlure. Il y a une autre cloche plus petite. Au pied de ce clocher-tour se trouvent des tombes fleuries.

Malgré les citations d’Epicure, crânes de vache peints et autres détails sympathiques, nous ne nous y attarderons pas : le chemin des champignons nous appelle 😉

Sous un arbre, le chemin est recouvert de fruits mûrs faisant le délice de centaines de guêpes surexcitées. Gloups !! Pas d’alternative, il faut passer là… Un peu effrayant mais pas de piqûres à signaler.

Le chemin muletier s’enfonce dans l’ombre rafraîchissante, il est encore très bien pavé par endroits.

Ambiance jungle avec une drôle de sculpture 🙂

Deux passerelles permettent de franchir les ruisseaux de la Pera et Forcos, ensuite le chemin remonte le long du barranco Forcos (qui va devenir le barranco Otal).

Une maison très isolée se trouve là, avec de surprenants panneaux annonçant des boissons fraîches ?! 😯

La cascade est presque à sec. En nous retournant nous voyons au loin Bergua, noyé dans l’immensité de la forêt.

Ce bâtiment semble un abri pour les bergers et/ou leurs troupeaux. La date 1872 est gravée sur le linteau ainsi que dans l’embrasure de la porte.


Inscription latérale en noir : A. CASETA FERRER DESCANSADOR

Nous apercevons notre destination, le village dépeuplé d’Escartín (alt. 1360m), situé à peu près au milieu de nulle part :

Les terrasses, impressionnantes, accueillaient diverses cultures : blé, avoine, pommes de terre et légumes.

Et nous voici à la première maison, ou du moins ce qu’il en reste.

Des carcasses soigneusement nettoyées sont dispersées sur l’herbe, signe de fréquentation par les vautours. Ils ne sont pas présents aujourd’hui mais un autre oiseau fait le guet depuis le faîte du toit.


Año 1917

Un escalier à l’ancienne mode, c’est-à-dire des dalles plates ressortant du mur en porte-à-faux :

Cet effondrement semble relativement récent car la mousse et les ronces n’ont pas encore colonisé les poutres en bois comme c’est le cas ailleurs.

Nous découvrons une première cheminée aragonaise, qui ne sera pas la seule.

Une vache se dissimule sur cette photo 😉

Les vaches abîment les maisons, mais il faut reconnaître qu’elles aident à garder ouvertes les rues (cfr. ci-dessus).


† AÑO DE 1853 ? ou 1893 ?

Le village vivait de l’élevage mais c’étaient principalement des troupeaux d’ovins et caprins (moutons et chèvres). Il y avait aussi des poules, des lapins, des porcs… c’était une économie de subsistance.

Les maisons sont grandes et les détails architecturaux soignés.

Fenêtre avec volets ou fenêtre avec barreaux pour votre chambre ? 😉

C’est ici que nous pique-niquerons. Recto / verso :

Nous découvrons un puits à eau.

Il y avait 18 maisons. Le pic de population se serait produit au milieu du 18e siècle avec 178 habitants, en 1910 il en restait encore 137.

Nous nous engagerons précautionneusement à l’intérieur car le plancher craint. Nous trouvons un lit, un soulier, une brouette, un meuble…

…et ceci que nous n’avons pas pu identifier. Est-ce que cela servait pour le grain ? pour la laine ?

Juste à côté, sur le sol, un petit tas de poudre de pigment bleu intense. Un nid d’oiseau. Une pièce sans plancher. Des chiffres écrits sur le mur. Un coffre. Un escalier. Presque un inventaire à la Prévert.

Ce qu’il reste de la belle Casa Pedro Escartin :

La vie était rude sans eau courante, sans électricité, sans route d’accès. Les gens ont émigré petit à petit vers de plus grandes villes. Il n’y avait plus que 6 familles dans les années 1950.

Au final deux frères sont restés vivre là tout seuls pendant un an, avant de quitter eux aussi. C’était en 1967 (1966 selon le cahier dans l’église), ils sont allés à Bergua. La Casa Navarro était leur maison :

Aujourd’hui le village est tristement en ruines, même si c’est l’un des mieux conservés que nous ayons vus.

La végétation a envahi les ruelles, les façades, les toits, et jusqu’à l’intérieur des granges et des maisons. En contrepartie certains se gavent de mûres !

Certains tentent d’interdire l’accès aux vacas.

J’aime beaucoup le soin apporté aux murs en pierres sèches et à leurs ouvertures, qu’il s’agisse des portes, des fenêtres ou des arches.

Nous arrivons sur la place du village.

La gravure du linteau nous apprend qu’il s’agissait de la forge : HERRERIA AÑO 1920.

A côté se trouve la fontaine (fuente) et le lavoir peint en bleu. Une tête sculptée s’y trouve.

Il y a des miracles à Escartín : des piliers s’ouvrent en fleur sous la pression, des murs penchent ou se bombent, des clés de voûte souffrent… et pourtant tout cela tient encore debout, malgré tout.

Les planches ont été mises en travers pour éviter que les vaches ne tombent dans le trou. La gravure recouverte de mousse indique 1905. Certaines maisons sont bien plus anciennes, la casa O Royo porte la date de 1612 par exemple.

Ici on voit bien l’utilisation du buis pour les planchers et toitures :

Une maison plus récente équipée d’un balcon, d’une gouttière et d’une fenêtre joliment sculptée où l’on devine encore le bleu de cobalt.

Oui j’aime les arches 😉


Año 1887

Là, je dois sérieusement revoir mon hypothèse que les fers à cheval fichés dans les murs servaient pour attacher les bestiaux… :mrgreen:

Il y avait plein d’affiches annonçant différentes festivités à Escartín. Il semble que certains s’attachent à garder vivantes les traditions de fêtes et de danses du village 😉

Il faut être prudent quand on passe devant les maisons car certaines sont occupées…

Et il ne serait pas bon de surprendre ou faire paniquer lesdits occupants ! ^^’

Un tapis de crocus d’automne qui ne rend pas grand chose en photo :


Un petit PR-HU-117 pour Alcib 😉

Entrons dans l’école. Cela ne se voit pas beaucoup ainsi mais cette armoire et ce mur étaient couverts de signatures et de témoignages de 1979 à nos jours.

Il s’agit notamment de descendants qui viennent découvrir le village de leur mère ou de leur père, et qui s’interrogent à juste titre :
Porque no se ver todos aqui un día?
Porque no salvar iglesia, escuela y algunas casas?

Allons voir la remarquable église San Julián, d’origine romane, dont le clocher nous nargue depuis le début.

Il a beau ne plus avoir de toit et être lézardé, il a encore fière allure non ?


IHS

Sous le porche, la porte est fermée par une ficelle et barrée pour les vaches. Remarquez le linteau fissuré dont une pierre ne tient plus que par habitude.

La nef est un peu trop sombre pour prendre des photos correctes sans trépied. Voici le chœur. Sur un autel voisin se trouvent des images votives et des bougies.

L’autre côté, disons le narthex si ça peut s’appliquer ici, où l’on distingue le début de l’escalier (très dangereux) vers le clocher :

Partout cela fourmille de détails : un gros cœur bleu sculpté au-dessus du bénitier, les colonnes dont les chapiteaux gravés sont tous différents, les étoiles et les fleurs peints au ciel de la nef, les clés de voûte sculptées, d’anciens motifs géométriques peints dans les parties rouges…

La cloche n’est pas en reste, avec sa riche et délicate ornementation. Elle date de 1904 et est malheureusement amputée d’un gros morceau au niveau de la pince. Ça la déséquilibre et de ce fait elle repose contre le mur.

Comme à Otal, elle est dédiée à Santa Barbara, protectrice de la foudre.

Des pierres tombales sont présentes dans la nef ainsi que dans le mur extérieur de l’église, autour de laquelle se trouve un petit cimetière. On y retrouve les dalles-blocs verticales vues par ailleurs.

Vue sur la Casa Ferrer depuis le haut du clocher :

Sous le porche se trouve une boîte aux lettres avec un livre d’or inauguré par José María Satué Sanromán qui est né à Escartín en 1941. Il y a vécu jusque dans les années 1960 et est l’auteur de plusieurs livres.

Nous sommes descendus voir sa maison, la Casa Ferrer (photo d’époque) et sa belle chaminera. Nous n’y sommes pas entrés, la porte de la cour ne s’ouvrait pas. Certains éléments sont partis au musée de Sabiñanigo.

Nous poursuivons nos déambulations. C’est fou le nombre de carcasses de vaches qu’on peut trouver (je vous les épargne !)

Tiens, une maison qui porte un numéro ! La splendide cour intérieure n’est plus qu’une immense bouse, ce n’est pas évident de la franchir sans en avoir jusqu’aux chevilles voire plus :mrgreen:

Il reste encore les banquettes en bois entourant le foyer de la cheminée.

Là-haut, outre une magnifique charpente, il reste un lit métallique, une tourie, des casiers en plastiques, des sacs à gravats, des tuyaux… bon ok le contenu hétéroclite d’un grenier, quoi ! 🙂

Nous ne nous lassons pas du charme des lieux…

Détail sur un portail :

Ci-dessous je crois, sans certitude, que c’est la cheminée de la casa Lacasa (le nom ne s’invente pas ! 😉 ).

Linteau triangulaire :

Le petit cagibi abrite un râtelier.

Au revoir Escartín. Il est 17h, temps pour nous de prendre le chemin du retour.

Nous rejoignons Bergua assez rapidement, vers 18h15 nous sommes déjà à la voiture. Étonnamment elle est mouillée alors que là-haut nous n’avons pas eu une goutte de pluie de la journée.

Je ne vous avais pas montré le porche de l’église, il en vaut la peine même si la photo est pourrie :

Nous nous rendons à Torla, où nous apprenons qu’il y a un quiproquo concernant la chambre que nous pensions avoir réservée. Et bien sûr tout est plein partout.

Nous sommes dirigés vers un hôtel tenu par la même famille, à Broto. Finalement ce n’est pas pour nous déplaire car l’environnement y est beaucoup plus calme que Torla 🙂

Nous prendrons une pizza au resto La Tea, il y a beaucoup de monde mais ça vaut la peine d’attendre !

Bande-son : Laura Veirs – Make Something Good

Le village de montagne abandonné d’Otal (1/2)

Ce matin nous prenons la voiture en direction du Puerto de Cotefablo et nous garons juste à la sortie du tunnel routier.

Le sentier commence par un raidillon de 150m où nous dépassons 8 Anglais – en croisant très fort les doigts pour qu’on n’aille pas au même endroit !

On rejoint un large chemin qui suit la crête, offrant une belle vue sur les vallons avoisinants.

Au bout, cela recommence à grimper sur un grand mamelon herbeux, le Pelopín (2007m). Nous devons passer de l’autre côté du sommet, sur le versant sud. Le « col » est vers 1900m d’altitude.

Ensuite le balisage devient pourri et le sentier n’est plus marqué. Ou plutôt, il y a des pseudo-sentiers partout suite au passage fréquent de troupeaux !

Au loin, en contrebas, le village d’Otal nous appelle. Un sentier part sur le flanc opposé du barranco de Artosa (ravin à l’extrême gauche de la photo ci-dessous), je pense que ce serait une bonne idée de le suivre et qu’il revient sans doute (?) ensuite de niveau vers le hameau, sis à 1465m d’altitude.

Cependant, devant l’incertitude de sa direction et le problème éventuel que serait le franchissement du ravin plus bas, AàG préfère que nous coupions droit sur le village, à travers la Plana Bosa. Ce n’est pas si loin.

Et vogue la galère pour franchir les innombrables terrasses végétationnues !! C’est parfois dense et épineux, bref il y a certainement un passage plus évident que celui-là :mrgreen:


Abri de berger

Évidemment, en se rapprochant, on n’a plus aucune vue sur le village donc on navigue au jugé. En suivant la pente on ne devrait pas trop se tromper !

Les premières maisons apparaissent enfin.

Vous remarquerez le marquage d’un GR sur le mur. Bon ok on ne sait pas d’où il vient et où il va, mais en tous cas il y a moyen de rejoindre Otal sans bartasser, cqfd !

AàG s’engage dans l’habitation, je m’abstiendrai vu l’état des planchers.

Les habitants n’étaient plus que 4 en 1970, j’ignore quand le dépeuplement complet s’est produit.

Ce village, qui a 10 siècles d’histoire derrière lui, a compté jusqu’à 99 habitants en 1900 selon Despoblados en Huesca.

Aujourd’hui, les habitants sont des vacas ! Elles ont colonisé les lieux et se sentent chez elles.

Les photos témoignent du soin apporté à l’architecture paysanne :

Le clocher de l’église se remarque de loin, nous ne manquerons pas d’aller faire un tour par là tout à l’heure.

Ici les fameuses cheminées aragonaises sont encore debout. Il en reste trois si je me souviens bien. Pour combien de temps ?

Habitation ou ancienne étable surmontée d’une grange ?

Partout où les vaches entrent, le sol se transforme en bourbier.

Une belle fenêtre avec des linteaux en pierres taillées, surmontée d’un balcon semblant plus moderne.

Ci-dessous une vue d’ensemble et un détail sur le linteau de la porte, portant une inscription gravée : AÑO 1788. AàG a donné de sa personne, les épineux n’étant pas d’accord de nous laisser approcher 🙂

Je mélange allègrement les photos d’AàG et les miennes, j’espère que cela ne vous choque pas sachant que nos appareils ont un rendu qui leur est propre tant en terme de couleurs que de piqué 😉

De plus certains endroits ont été visités ou revisités à des moments distincts, parfois sous les nuages, parfois sous le soleil. Cela génère des ambiances très différentes.

A sa belle époque, le village aurait compté 14 maisons d’habitations. Vous me direz, ce n’est pas trop pour 99 habitants 😉

Ce n’est pas le cas de celles-ci mais certaines fenêtres ont encore leurs vitres.

J’ai bien aimé leurs murs aux angles arrondis et les ouvertures en forme d’arches.

Remarquez les jolis corbeaux qui portent le débord de toiture à l’avant-plan.

Cet encadrement de fenêtre, où l’on aperçoit des restes de peinture, est particulier. Gravé dans le linteau supérieur, un cartouche fleuri annonce AÑO 1747. Sous la fenêtre, on aperçoit en relief une tête et des ailes. Sans doute un ange même s’il m’apparaît assez grimaçant ^^

L’église San Miguel est remarquable et est d’ailleurs classée monument historique. Elle fait partie des 14 iglesias de Serralbo.

L’origine de cette construction romane mozarabe remonterait au XIe siècle.

On entre tout d’abord dans un enclos où se trouve le cimetière. La plaque noire fleurie est récente. En effet, Clotilde Ainsa Oros née à Otal le 03/06/1916 a souhaité être enterrée ici, auprès de ses parents. Elle est décédée le 02/02/2001.

Certaines tombes sont signalées par une croix ou une stèle, d’autres par un bloc de pierre plus rustique comme à Berbusa et Ainielle (situés sur le versant d’en face).

Si cette abside semi-circulaire a persisté (bien que des niches funéraires y aient été ajoutées), d’autres éléments du bâti ont par contre été fort modifiés au fil du temps.

Sur la clé de voûte de la porte plein cintre, on peut voir un IHS minutieusement calligraphié.

Entrons !

Les fonts baptismaux et le bénitier sont toujours présents.

Voici ce qu’il reste de l’autel dans le choeur.

On peut discerner les traces de différentes couches de peintures ainsi que de multiples styles d’ornements géométriques.

L’église avait été restaurée en 1982 par une association.


Le passage secret est en bas à droite 😉

Lors de notre visite elle est en triste état mais des échafaudages sont présents et la nef a été plus ou moins déblayée.

En fait des travaux viennent de débuter, le toit a été déposé (enfin la partie qui ne s’était pas encore effondrée…) afin d’être reconstruit.

Les lauzes anciennes sont stockées en attendant leur placement sur une nouvelle structure.

AàG monte au clocher en faisant de la lévitation.

Il voulait aller voir la cloche et son mouton :

Il aura la surprise de trouver là-haut un crâne et une patte de chevreuil, reliefs du repas d’un vautour !

Cette anecdote macabre mise à part, cette montée donne une belle vue sur l’intérieur de la nef ainsi que sur les ruelles d’Otal.

Il y a du boulot !

La cloche est simple mais de belle facture. Elle est fêlée et criblée de balles ou d’éclats d’obus. Elle est consacrée à Santa Barbara, patronne des mineurs et protectrice de la foudre.

Pendant qu’AàG se rapproche du ciel, je m’intéresse à l’opposé c’est-à-dire au sol. Certaines parties sont en galets de rivière formant des motifs.

En débarrassant le sol d’une bonne couche de poussières et de gravats, je découvre des dalles recouvrant des sépultures.

Il y avait des festivités organisées pour la San Ramón le 31 août.

Une vache est parvenue à pénétrer dans le chantier et ne semble pas arriver à en sortir. Nous l’y aiderons et ce ne sera pas une mince affaire ! 😆

Dire qu’ils ont dû apporter tout le matériel par hélicoptère… Nous pique-niquerons sous une bache tendue par les ouvriers, elle nous procurera une ombre bienvenue.

La restauration, réclamée depuis 2006 par l’Apudepa et entamée à l’été 2014 après l’effondrement partiel de la toiture en 2011, a été annoncée terminée début 2015. Une messe y a même été célébrée à la San Ramón 🙂

Ce balcon n’a qu’une envie…

Bon, d’accord, s’il n’y avait que le balcon !!

Moellons en équilibre – David Copperfield n’y est pour rien.

Heureusement tous les bâtiments ne sont pas dans un état aussi dramatique.

Régulièrement des dates, des croix et des initiales sont gravées à la pointerolle sur les murs.

La casa Oliván possédait un linteau de porte particulièrement riche. Il a été déplacé (hélitreuillé) au musée de Sabiñánigo.

Dans la dynamique des travaux de restauration entrepris, une piste forestière a été créée pour accéder plus facilement au village, non sans susciter de nombreuses polémiques sur le bien-fondé de ce projet.

Le visage d’Otal risque de changer ces prochaines années !

Bande-son : Juliette – Fina Estampa

Lac d’Artouste et refuge d’Arrémoulit

Vous souvenez-vous de la centrale électrique d’Artouste photographiée hier soir ? Aujourd’hui nous allons monter à la source, si je puis dire 😉

Excepté une bagarre de chats, cette nuit fut calme. Nous profitons de la fraîcheur matinale pour rendre visite à Fermín Arrudi Urieta, el gigante aragonés.

La commune de Sallent de Gállego lui rend hommage à travers une statue représentant ce géant de 2m29, qui était également musicien (multi-instruments) autodidacte.

Afin de préserver son anonymat, AàG est représenté (à son grand désarroi) en Christophe Colomb.

En sortant de la boulangerie, je dis à AàG : maintenant nous avons la preuve de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ! 😆

Nous nous rendons ensuite en France, à Fabrèges dans la vallée d’Ossau. De là part la télécabine de la Sagette qui nous emmènera sans effort de 1240m jusqu’à 1930m d’altitude.


Spéciale dédicace 😉

A la gare de la Sagette, on monte ensuite dans le « petit train d’Artouste ». Cette ligne à voie étroite (500mm d’écartement) compte parmi les plus hautes d’Europe avec une altitude maximale de 1940m.

Elle commence par le « tunnel de l’Ours », d’une longueur de 375m.

Avant d’être reconverti en train touristique, ce chemin de fer a servi à la construction et l’entretien du barrage d’Artouste. Plus d’info ici.

La ligne serpente pas mal ! Les rayons de courbure imposent une vitesse réduite et il nous faudra presque 1h pour parcourir les ~10km de voie ferrée.

Il n’y a aucune route dans la vallée du Soussouéou (y a-t-il besoin de préciser que j’adore ce nom ? 😀 ).

Oh, des resquilleurs ! Nous les regardons avec envie, nous avions longuement hésité à faire de même (ce qui est strictement interdit patati patata) vu l’allergie d’AàG aux trains touristiques…

Finalement nous nous sommes dit que l’aller/retour à pied prendrait trop de temps, nous empêchant d’aller beaucoup plus loin que le lac.

Depuis le terminus, un large chemin avec des marches permet de franchir les 90m de dénivelée restant pour rejoindre le lac d’Artouste, qui flirte avec les 2000m d’altitude.

A gauche, on entraperçoit le barrage :

Comme d’hab, le rendu des couleurs est très différent entre nos deux APN…

Les touristes sont un liquide. Si si, ils prennent la forme des lieux dans lesquels on les déverse !

Comme la foule ce n’est pas notre truc, nous préférons reporter notre visite du barrage à ce soir et commencer directement à s’éloigner en longeant la berge du lac.

Au loin, en haut, au chaud, un troupeau. Tout près, en bas, au frais, des têtards.

Nous marchons plein sud et le soleil cogne déjà bien.

Cette avancée de roches me fait penser à une grosse patte de fauve :

Le miroitement est hypnotisant.

Au bout du lac, des vaches paissent en toute liberté.

Fini le plat, il est l’heure de monter !

Au croisement nous prenons la direction sud-est. Nous ferons une boucle et reviendrons par l’autre côté.

Le refuge est en vue, tout en haut à droite :

Il subsiste quelques névés à hauteur des lacs d’Arrémoulit.

Le refuge d’Arrémoulit (ou « d’Arrémoulie » comme il est écrit sur la plaque du Club Alpin Français) se situe à 2305m.

Je pense que le dortoir est trop petit car une grande tente est dressée dehors et le téléphone n’arrête pas de sonner pour des réservations.

Nous pique-niquons en alternant l’ombre et le soleil, ayant trop froid dans l’une et brûlant dans l’autre ! Le chocolat chaud n’est pas bon et les toilettes folkloriques nous font regretter les pipi-nature :mrgreen:

J’aime bien l’aménagement qu’ils ont fait pour le débordement.

Ici on aperçoit la tente-dortoir dressée à côté du refuge :

Nous hésitons à faire demi-tour ou à monter vers le lac d’Arrious. En effet, emprunter le passage d’Orteig nous permettrait de faire une boucle… seulement cette section escarpée est notée comme étant réservée à des randonneurs expérimentés.

Le gardien du refuge nous confirme qu’il ne faut pas avoir le vertige, mais qu’il ne faut pas de matériel.

Nous décidons d’aller en juger par nous-mêmes. Au pire on devrait avoir le temps de faire demi-tour… enfin on l’espère, car l’heure de départ du dernier petit train est 17h15.

Sinon il faudra qu’on se tape les 10km à pattes, et qu’on redescende sous le téléphérique à la lampe frontale. Y a pas mort d’homme, mais si on peut éviter ce serait mieux !


Lac et refuge d’Arrémoulit


Lac d’Artouste

On approche du passage découvert par Jacques Orteig en 1883. Ce raccourci à flanc de paroi rocheuse permet de rejoindre le refuge d’Arrémoulit depuis le col d’Arrious sans redescendre jusqu’au lac d’Artouste.

La vue est impressionnante…

Élargi et équipé d’une main-courante, le passage d’Orteig ne pose aucune difficulté. On avait entendu des personnes évoquer des passages à franchir « assis » (pour ne pas basculer dans le vide), je n’ai rien vu de tel !

Si la roche était mouillée ou s’il y avait du brouillard, ce serait autre chose.

Le sentier descend ensuite au lac d’Arrious.

Intrigué par le chenal, AàG va explorer le petit tunnel creusé derrière le batardeau.

C’est une prise d’eau qui donne sur le flanc droit ci-dessus. Ainsi le débordement du lac d’Arrious alimente le lac d’Artouste.

Sur la gauche se trouve le pic du lac d’Arrious, à ne pas confondre avec le pic d’Arrious.

Nous croisons des randonneurs flamands avec qui j’échange quelques mots.

Nous allons à présent redescendre au lac d’Artouste.

En face, le chemin parcouru ce matin :

Au niveau timing on a de la marge, on peut se permettre de mitrailler 😉

Je n’aurai pas photographié tellement de fleurs, aujourd’hui… je me rattraperai les prochains jours 😉

On retrouve nos copines qui n’ont pas beaucoup bougé !

Prenons le temps de nous promener sur le barrage, puisque nous ne l’avons pas fait tout à l’heure. Il n’y a plus personne à présent, c’est parfait.

Au loin nous voyons un petit train partir.

Texte du panneau explicatif : Le barrage d’Artouste est un ouvrage entièrement maçonné avec des moëllons de granit extraits des carrières souterraines situées sous vos pieds, et taillés sur place.
Les blocs étaient amenés par quatre téléphériques appelés « Blondins », jusqu’aux ouvriers qui montaient ainsi mètre par mètre cet ouvrage digne des bâtisseurs de pyramide !!

Nous rejoignons la gare. Vu l’affluence, ils doivent affréter deux trains. Le premier part blindé, le second quasi vide. Devinez lequel on a pris ? :mrgreen:

A plusieurs reprises ils appellent un groupe de 3 campeurs qui aurait dû rentrer ce soir-là. Malgré le retard avec lequel nous sommes partis, ils manquent toujours à l’appel…

Cette fois, c’est moi qui monte côté vide. Chacun son tour !

Le trajet s’effectue plus rapidement qu’à l’aller.

Nous croisons des télécabines « Val Thorens », c’est rigolo. Espérons que ce soit de la seconde main de bonne qualité ! ^^

A 18h30 nous sommes revenus au parking. Un hélicoptère n’arrête pas de faire des allers-retours.

Nous roulons jusqu’au col du Pourtalet. Il y a là un supermercado où nous achetons de quoi pique-niquer : gazpacho, tortilla…

Nous nous promenons ensuite dans les environs mais le brouillard et surtout les aboiements furieux de chiens de berger nous feront faire demi-tour.

Ce n’est pas le genre d’avertissement qu’il faut prendre à la légère si on tient à ses mollets !

Retour au bercail et tartinade d’aloe vera :mrgreen:

Proverbe breton : Kammed ha kammed, e reer tro ar bed.
Pas à pas, on fait le tour du monde.

Bande-son : Didier Squiban – An Skoliater

Cette visite n’était pas prévue mais nous trouvons juste un créneau horaire pour rejoindre Pleyben et faire la visite au pas de gymnastique.

Ça aurait été dommage de manquer cela !

Comme d’hab, le texte en italique provient du panneau d’information.

L’enclos typique est constitué de cinq éléments indissociables : l’église, le calvaire, l’ossuaire, la porte monumentale et le mur d’enceinte.

Chef d’œuvre de l’art religieux, l’enclos paroissial de Pleyben est, sans conteste, l’un des plus beaux et des plus complets de Bretagne.

Cet édifice remarquable, dont la construction date des 16e et 17e siècles, est classé Monument Historique.

Le calvaire édifié en 1555 et déplacé en 1738 fait partie des trois calvaires importants du Finistère (avec Notre Dame de Tronoën à Saint Guénolé et celui plus récent de Guimiliau), et prend des airs d’arc de triomphe.

On peut y admirer une trentaine de scènes de la vie du Christ, sculptées dans la pierre de Kersanton et étagées sur deux niveaux. Son aspect actuel date de 1743.

Les larmes de pierre…

La cène :

Ce calvaire est tellement riche !

Certaines sculptures sont malheureusement fort abîmées. Parfois on voit des réparations, plus ou moins heureuses.

Ma scène préférée :mrgreen:

Allez, deux petites dernières pour la route…

La splendide église Saint-Germain (1530-1690) est un édifice remarquable tant par son étendue que par le style de son architecture, singulier mélange de gothique et de style renaissance.

Cet édifice est dominé par deux clochers dont le plus majestueux est celui de droite.

Il s’agit d’une tour Renaissance couronnée par un dôme à lanternons.

L’entrée principale était interdite.

La statue dans cette niche représente St Germain.

Voici ce que mon maigre zoom a pu tirer du porche.

La galerie des apôtres :

Entrons !

A l’intérieur, la nef présente une voûte lambrissée, ses nervures et ses magnifiques sablières sont sculptées et peintes et représentent des scènes mythologiques ou sacrées.


Cadavre au serpent

Ces sablières polychromes datent de 1571.

La nef était bien sombre, jusqu’à ce que j’avise une minuterie payante. Par chance j’ai une pièce sur moi. Les photos ont tout de suite mieux été, après !

Des orgues construites à la fin du 17e siècle, il ne reste que le buffet. Le reste date de 1877.

Ces vitraux représentent l’un un Arbre de Jessé, l’autre Jésus et les Apôtres.

Sur le vitrail ci-dessous, on peut lire : Sainte Catherine flagellée par ordre de Maximin II est guérie. Les roues qui devaient la déchirer se brisent. Enfin l’empereur lui fait trancher la tête. Son corps fut transporté par les anges au mont Sinaï.

La légende du bas est : Sainte Catherine confond les plus célèbres philosophes d’Alexandrie. Plusieurs se convertissent. Elle répond à Maximin : j’ai employé mon temps à la connaissance de la vérité et reconnu la vanité de vos idoles.

Détail sur les paysages d’un autre vitrail :

Le confessionnal :

Les portes rouges…

J’ai bien aimé l’érosion qui transparaît sur certaines pierres.

Tout le long de la façade, des sculptures agrémentent le mur : fleur, tête, soleil, calice, etc.

Cette photo d’ensemble est non retouchée et donc fort déformée, mais la tentative de redressement faite par AàG donnait une impression massive et trapue qui n’était pas du plus bel effet donc j’ai abandonné…

Il est temps d’aller manger ! Ce sera notre première rencontre avec l’auberge du Menez, à St Rivoal.

C’est un endroit agréable et chaleureux où sont exposées des œuvres et où l’on mange… divinement.

Proverbe breton : Bezet hir pe bezet berr e-barzh ar c’hreiz emañ an hanter.
Que ce soit long ou court, c’est au milieu qu’est la moitié.

Bande-son : Didier Squiban – Ar Baradoz

Lors de cette rando, nous avions été jusqu’à la pointe de Dinan mais pas jusqu’à la pointe de Pen-Hir et ses célèbres Tas de Pois.

C’est en voiture que nous nous y rendons ce matin, après avoir définitivement quitté notre logement. La logeuse nous aura retardés jusqu’au bout et nous ne sommes pas fâchés d’aller voir ailleurs.

La mer d’Iroise se trouve 70m en-dessous de la croix de Pen-Hir, monument aux « Bretons de la France libre » – je me demande comment un truc pareil a pu se retrouver inscrit aux monuments historiques.

Sur le trajet, nous nous arrêterons à une biscuiterie pour faire le plein de souvenirs à offrir.

Ensuite, cap sur l’enclos paroissial de Commana !

Comme d’hab, lorsque le texte est en italique, il s’agit du contenu du panneau d’information.

Nous sommes au pied du clocher le plus haut perché de Bretagne. Culminant à plus de 300m, la cime n’est pas loin d’approcher les crêtes des Monts d’Arrée, et elle s’y intègre heureusement par son austérité voulue, sans balustrade ni clochetons (1592).

Le puissant appareil des murs, la rustique porte monumentale et la sobre façade de l’ossuaire (1677-1687) dégagent la même force; une force qui naît de la simplicité des lignes et de la qualité des matériaux extraits des carrières toutes proches, la grosse ardoise de montagne et le rude granit de Plounéour-Ménez.

La seule concession à l’ornement semble être le lanternon couronnant le remarquable porche (1645-1653).

Mais l’emploi exclusif du granit limite ici encore les possibilités décoratives : le kersanton se limite à deux chapiteaux corinthiens et aux trois statues (Joseph, Marie, et au somment saint Derrien, patron de la paroisse). L’architecture n’en ressort que mieux, dans une rigueur d’épure.

A l’intérieur, les niches vides elles-mêmes s’accommodent sans mal de l’absence – sans doute originelle – des statues des apôtres.


Un indice de la consécration lointaine de ce lieu au dieu des chats.

L’ensemble porte la main d’un maître : Roland Doré s’il faut ainsi comprendre la série de lettres DRHMF (Doré hoc monumentum fecit). Doré, en tout cas, a signé l’un des deux calvaires (1624).

Et pourtant, cette église aux dehors rudes abrite, dans un contraste baroque, le retable de bois le plus spectaculaire de toute la Bretagne. Sur 8 mètres de large et 6 mètres de haut, les boiseries rouge, brun et or du retable Sainte-Anne (1682) sont d’une exceptionnelle générosité.

Sortent également de l’ordinaire le baldaquin des fonts baptismaux (1683) et le retable des Cinq Plaies du Christ.

La perfection technique du premier (avec ses figures féminines très allongées), l’exubérance quasi profane du second sont bien dans la manière des sculpteurs de la Marine de Brest qui mettaient volontiers leur talent, entre deux chantiers de navires, au service des riches paroisses toilières.

A vrai dire, nous avons trouvé cet enclos… pour ainsi dire abandonné. Le granit n’est pas riant, il faut avouer.

Rouille et capillaires des murailles, deux grands classiques des endroits en friche.

L’ossuaire est dans le mur ouest de l’enclos et comporte quatre bénitiers.

Il est à présent temps de casser la croûte et de déposer les bagages à notre prochain logement, situé à Botmeur.

Proverbe breton : Evel ur c’harlantez a bompad war un alar oc’h arat
Comme une guirlande d’apparat sur une charrue qui laboure.

Bande-son : Dawn Penn – No no no

Pas de panneau d’information cette fois, j’ai dû oublier de le photographier 😉

Avec son clocher tronqué, l’église de Lampaul est facilement reconnaissable. La foudre a amputé la flèche de 18m et elle est restée telle quelle depuis 1809.

La tour reste imposante :

Le porche est plus ancien (1533) et comporte une statue de St Michel et St Léon, les deux tueurs de dragon :

Le calvaire représente le Christ entouré des bon et mauvais larrons. A ses pieds, deux anges portent un calice.

Les apôtres verdissent un peu mais sont bien conservés :

Celui-là fait un peu Scream, vous ne trouvez pas ? 😆

Ma porte préférée, représentant un arbre (ou plutôt une vigne) et des oiseaux.

Si l’extérieur de cette église est simple, il n’en va pas du tout de même à l’intérieur !

Voici la nef et sa poutre de gloire polychrome du 16e siècle :

Détails sur l’ornementation des clés de voûte :

Les fonts baptismaux avec leur peinture « imitation marbre » et l’oiseau dévoreur de raisins dorés :

L’orgue et les stalles :

Cette expressive mise au tombeau se trouvait initialement dans l’ancien ossuaire.

Plus modernes, ces vitraux et ces cierges électriques ! Une leçon venant de St Thégonnec peut-être ?

Pour en savoir plus sur cet enclos paroissial, cliquez ici ou (notamment pour les retables).

Nous pique-niquons sous un lavoir qui nous abrite gracieusement de la pluie et nous rendons ensuite au Faou, labellisé « petit cité de caractère » comme Tréguier.

Il y a quelques jolies demeures (maisons à pans de bois parées d’ardoises), mais la météo ne nous donnera pas le loisir de les photographier. C’est tout juste si nous bénéficions d’une brève éclaircie en arrivant près du port.

La pierre jaune de Logonna fut utilisée pour l’église St Sauveur, cela donne une belle couleur ocre à ses murs :

Comme c’était notre 5e église de la journée, on commençait doucement à saturer et on a fait un tour plutôt rapide…

Nous filons ensuite sur Crozon. Nous croisons des personnes cherchant un logement, apparemment tout est complet… nous sommes soulagés d’avoir une réservation.

La logeuse est hyper speedée et le resto qu’elle nous indique est fermé, nous allons donc… au Presbytère du Fret ! Non, rassurez-vous, on en a fini avec les visites : ce petit bâtiment perdu au fond d’une impasse près du port a été reconverti en crêperie. Et quelle crêperie 🙂

Un chat se charge de l’accueil devant le resto, la salle est petite et simple, rustique et chaleureuse, avec des murs remplis de piécettes qui tiennent en équilibre.

Les crêpes sont faites devant nous et se révéleront délicieuses, très fines et croustillantes (la Frétoise mmmmmh !). Le serveur et le cuistot sont sympas, l’ambiance musicale varie entre les débuts de Tiersen et la bande-son que je vous ai donnée en début de post… une très bonne soirée 🙂

Proverbe breton : E-touez ar muiañ drein ar gaerañ rozenn.
C’est là où il y a le plus d’épines qu’on trouve la plus belle rose.

Bande-son : Anthony Moreau – Valse n°1

Le temps se gâte…

Lorsque le texte est en italique, il s’agit du contenu du panneau d’information.

L’ancêtre des grands clochers (XIVe siècle, sur des fondements plus anciens), l’aînée des portes triomphales (vers 1450), l’ancienneté inhabituelle du porche (milieu du XVe s.), les peintures murales de la nef… L’enclos de La Martyre nous fait remonter aux origines médiévales des « grands enclos ».

On peut monter au-dessus de la porte par un chemin de ronde.

Détails sur le calvaire à trois croix :

Le bon et le mauvais larrons :

Pourquoi une telle précocité ? Peut-être parce que nous sommes dans un « lieu de mémoire » : celui du martyre du roi Salomon de Bretagne (874) dont l’église conserve les reliques.

Mais surtout parce que s’est développée ici une foire de rayonnement international jusqu’au XVIIe siècle.

Chaque mois de juillet, le bourg attire des marchands venus de tout l’Ouest mais aussi de Flandres, d’Angleterre sinon d’ailleurs.

La grand verrière du chœur ne s’inspire-t-elle pas d’une œuvre d’un graveur allemand, Iost de Necker, dont le verrier a reproduit fidèlement la signature ?

A partir du XIVe siècle, les revenus de la foire, le mécénat conjoint des ducs de Bretagne et des Rohan autorisent des réalisations ambitieuses : le clocher s’inspire des flèches de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon.

La caryatide :

Le porche, que l’usure du temps et les restes de polychromie rendent particulièrement émouvant, est riche de détails d’une grande finesse : le sourire de la Vierge couchée du tympan, mais aussi cet ange annonçant la naissance du Christ aux bergers, dont l’un joue de la crosse…

Les apôtres dans leur niche :

Et pourtant, l’intérieur du porche réserve la surprise d’un bénitier où l’Ankou armé d’un dard – la Mort – emporte la tête d’un jeune homme.

L’œuvre provient de l’ossuaire voisin (1619) et elle en illustre la leçon, inscrite en breton sur la sombre et belle façade Renaissance : « La mort, le jugement, l’Enfer froid, quand l’homme y songe, il doit trembler ».

La suite de la citation est : « Fou est celui dont l’esprit ne médite, sachant qu’il faut trépasser ».

Après le sourire du Moyen-Âge, les angoisses du XVIIe siècle… à condition de ne pas oublier que l’intérieur de l’église vient compléter le message : les couleurs et les dorures des vitraux et des retables veulent évoquer, de manière anticipée, les splendeurs de l’Au-delà.

Comme à St-Pol-de-Léon, nous retrouvons deux colonnades réputées, vu leurs différences de diamètre, former un lithophone :

Vue arrière depuis le cimetière :


1699

Pour en savoir plus sur cet enclos, cliquez ici ou .

Proverbe breton : C’hwezhet an avel e-lec’h ma karo, pa ra glav e c’hleb atav.
Souffle le vent où il voudra, quand il pleut cela mouille toujours.

Bande-son : Anthony Moreau – Sorrow

Lorsque le texte est en italique, il s’agit du contenu du panneau d’information.

A Guimiliau, l’opulence toilière s’est coulée dans le cadre d’un petit bourg : l’entrée de l’enclos se veut modeste, l’église reste d’élévation réduite et tient à garder son petit clocher gothique.

Tourelle abritant l’escalier permettant d’accéder à la flèche :

Le faste, et malgré tout une certaine simplicité villageoise : la clé, sans doute, de la séduction qu’exerce l’enclos de saint Miliau.

Le faste, c’est d’abord le grand calvaire (1581-1588), dont les quelques 200 personnages relatent la vie du Christ, de l’Annonciation à la Résurrection.

De tous ses contemporains, c’est à coup sûr le plus théâtral : la Passion est ici un drame qui se joue en tenue d’époque, comme dans les mystères auxquels la population participait à la fin du XVIe siècle.


La Fuite en Egypte

Autre détails sur les sculptures :

Sur la plateforme, un prédicateur pouvait monter pour commenter les différentes scènes. Et à son pied, les habitants déposaient leurs offrandes, nécessaires au financement des travaux.


Ma photo préférée, avec le chapeau garni de lichen 🙂

Marie-Madeleine et le Saint Suaire en 3D :

Le faste, c’est aussi le grand porche (1606-1617) pratiquement aussi haut que l’église.

Détails du fronton :

Les petites saynètes entourant l’arche centrale, la double haie des apôtres sont repris aux modèles gothiques (Pencran, Landivisiau).

Détails du piédroit de droite (en commençant par le bas) : Noé cultivant la vigne, l’ivresse de Noé, Vierge de l’Annonciation, Visitation, l’annonce aux bergers, présentation de Jésus au temple et circoncision.


Crime de Caïn & arche de Noé, avec marques de tâcheron

Mais Guimiliau les enchâsse dans une décoration Renaissance (colonnes, frontons, lanternons…) portée ici à un très haut niveau de qualité, grâce à l’emploi quasi-intégral du kersanton et au talent de deux maîtres : l’auteur (anonyme) du calvaire de Plougastel-Daoulas puis Roland Doré.

Bandeaux décoratifs type bas-relief :

Chapiteau de colonne :


1606

Les réjouissantes têtes de monstres :

Des satyres, hybrides mi-homme mi-bouc… jouant à « qui rira le premier » ? :mrgreen:

Adossé au porche, l’ossuaire primitif; un second, doté d’une chaire extérieure, est venu le doubler au coin de l’enclos (1648).

Le faste, c’est encore la luxueuse sacristie circulaire (1683).

Et c’est enfin l’exceptionnelle qualité du mobilier de l’église, qui peine parfois à se loger sous le lambris : fonts baptismaux, buffet et tribune d’orgue, chaire et retables.

On retrouve, comment souvent, l’image de l’oiseau mangeant un grain de raisin.

La finesse de la sculpture, l’éclat des couleurs, les sonorités de l’orgue baroque parlent d’une Bretagne à son zénith au début du règne de Louis XIV : un roi que Guimiliau célèbre sous les traits de saint Louis ou d’Alexandre.

Vue générale de la nef :

L’orgue et l’abomiffreuse affiche :

Poutre sculptée :

Un dragon de pierre pour une elfe 😉

Pour plus d’informations sur l’enclos, cliquez ici ou .

Dans le village, un bouquet de fleurs d’artichaut hébergeait quelques abeilles :

Proverbe breton : An amzer a dremen, hag an amzer ne dremeno biken.
Le temps passe, et le temps ne passera jamais.

Bande-son : Ólafur Arnalds – Faun

Concernant les enclos paroissiaux, je ne vais pas vous inonder de photos et de détails historiques car j’aurais rapidement l’impression de réinventer l’eau tiède.

Il existe nombre de sites web dédiés à ce sujet, comme celui-ci ou celui-là, ainsi que de très beaux livres si vous souhaitez creuser le sujet.

Ci-dessous se trouve le contenu du panneau d’information.

L’enclos paroissial désigne l’espace, cerné par un mur, renfermant l’église et différentes annexes :
– le cimetière (aujourd’hui souvent dépourvu de tombes)
– l’entrée monumentale donnant accès à l’enclos
– le calvaire
– l’ossuaire destiné à l’origine à recevoir les ossements provenant de l’église
– le porche et la sacristie annexés à l’église

La notion d’enclos paroissial a été forgée dans notre région. Non que nous en ayons le monopole : que l’église soit entourée d’un cimetière clos est un principe général à la fin du Moyen-Age. Mais ici, l’église et ses annexes ont bien une monumentalité exceptionnelle. Parce que nos enclos ont bénéficié de la prospérité économique de l’âge d’or breton (XVe – XVIIe s.), particulièrement là où l’on fabriquait les toiles de lin.

Parce qu’ils ont bénéficié aussi d’un contexte intensément religieux : un catholicisme romain unanime, cherchant à impressionner, à éduquer, à séduire; un catholicisme breton aussi, très attaché à son clocher, à ses saints et à ses morts.

Dans la « famille » des enclos paroissiaux, Saint-Thégonnec fait figure de bouquet final. Un bouquet spectaculaire, qui dit la prospérité d’une paroisse qui fut la plus riche du Léon au moment de l’apogée toilier, vers 1670-1680.

Les deux clochers, la porte triomphale et tout le décor intérieur (restauré à la suite de l’incendie de 1998) respirent la fierté de toute une communauté, même si les noms qu’on peut lire ici ou là mettent surtout en avant les plus riches : Jean Mazé et Jeanne Inizan, qui commandent en 1625 le beau Saint-Jean du porche à Roland Doré, sont un exemple de ces « marchands-fabricants » qui contrôlaient la fabrication et l’écoulement des toiles vers Morlaix.

Le calvaire (1610), recentré sur une Passion très expressive, est le dernier des grands ensembles léonards. L’ossuaire (1676-1681) peut passer pour un achèvement esthétique par son équilibre et sa symétrie : plus encore qu’à Lampaul-Guimiliau, il invite à la méditation sur la mort, au rythme des inscriptions qui en cernent les murs (point d’ossements ici : ils étaient déposés dans un monument plus modeste aujourd’hui disparu).

Quant à l’église, elle aussi va plus loin, c’est-à-dire plus haut : au début du XVIIIe siècle, alors que le déclin de la toile du Léon ne permet généralement plus d’envisager de gros travaux, la prospérité maintenue de Saint-Thégonnec permet de la surélever et d’y faire entrer largement la lumière.

Derrière ces chantiers qui furent permanents pendant six générations – une ou deux de plus qu’ailleurs – on devine le souci tenace de suivre au plus près l’évolution des modes : c’est ce qui pousse, dès 1599, à doubler le premier clocher – une flèche gothique récente mais déjà démodée – par une magistrale tour Renaissance qui, comme à Pleyben, tient lieu de porche.

L’incendie de 1998 est accidentel et dû à une bougie ! Les habitants ont heureusement pu sauver une bonne partie du mobilier et les pompiers ont réussi à circonscrire le feu avant qu’il ne gagne toute la nef. La restauration s’est achevée en 2005.

Ci dessus : cette reproduction a été peinte à dessein en symétrie axiale de l’originale. Un miroir permet de la voir telle qu’elle était avant sa destruction par les flammes.

Dans la crypte de l’ossuaire se trouve une mise au tombeau grandeur nature.

Commentaires récents

Alain dans En mode colibri
Hervé dans En mode colibri
Alcib dans J’aurais dû être boucher…
Alain dans En mode colibri
Hervé dans J’aurais dû être boucher…

Archives

Conditions d’utilisation

Vous pouvez utiliser les textes et photos de ce site à condition que vous en citiez/linkiez la source et que l'usage ne soit pas dégradant.
Aucune utilisation à des fins publicitaires (i.e. commerciales, politiques, etc.) n'est autorisée.
Si vous souhaitez utiliser une photo à des fins privées (fond d'écran, etc.) : servez-vous, c'est fait pour !!

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.