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qui nous livre un grand message :

« Ne pensez pas que la France était Résistante !
La Résistance n’était qu’une petite fraction de la France, la France était vichyste dans sa grande majorité.
Donc si, aujourd’hui, il y a beaucoup de gens qui baissent les bras, il ne faut pas s’en étonner. Il suffit qu’il y ait une minorité active, solide… Des jeunes qui en veulent, qui considèrent que l’engagement, ça signifie quelque chose et qu’ils ont une responsabilité.
Et bien ils n’ont pas besoin d’être majoritaires…
Il suffit qu’ils soient le levain qui fait monter la pâte.
Et à ce moment-là, nous aurons une France Résistante. »

Stéphane Hessel (1917 – 2013), est un diplomate, résistant, écrivain (auteur notamment du manifeste Indignez-vous !) et militant politique français d’origine allemande

Nous sommes à l’été 2012. Sœur Megan Rice est une nonne catholique alors âgée de 82 ans. Franchissant une clôture à l’aide d’une pince coupante (arme effrayante et illégale, comme chacun sait), elle parvient à s’introduire incognito dans une centrale nucléaire du Tennessee.

Y-12 National Security Complex sert notamment à produire des armes nucléaires et est censé être l’un des centres les mieux surveillés des États-Unis. Je vous laisse imaginer le nombre de caméras de surveillance, d’alarmes, de mitraillettes, etc. Entrer là, c’est risquer sa vie à tout moment.

Sister Megan est accompagnée de deux autres militants pacifistes, des jeunes fous immatures de 64 et 56 ans. A leur grande stupéfaction, ils se promènent deux heures dans le centre en déployant tranquillement leurs banderoles, peinturlurant des slogans aussi subversifs que « Work for peace not war », et jouant du marteau sur le socle en béton d’une loge de garde, avant qu’enfin un garde de sécurité n’apparaisse.

Suffisamment intelligent et maître de lui, le gardien comprend de suite de quoi il retourne. Il ne dégaine pas son arme de service pour l’agiter sous leur nez, ne les plaque pas violemment au sol en hurlant Hands up!, bref il gère la situation de manière appropriée et les arrête calmement. Le malheureux a été licencié depuis. Il faut croire qu’il aurait mieux fait de s’abstenir d’aller voir, ou alors les abattre sans sommation ?
Évidemment on a préféré choisir un petit « sans grade » comme bouc émissaire pour les multiples anomalies du système de sécurité, dans lesquelles il n’a pourtant aucune responsabilité.

Initialement inculpés de simple violation de propriété fédérale, des charges plus lourdes ont rapidement été trouvées contre le trio. Accusés d’avoir volontairement endommagé une propriété de l’État fédéral et d’avoir saboté du matériel de la défense nationale (même si le ministère public a admis que la sécurité nationale n’avait jamais été menacée), cette dangereuse octogénaire vient d’être condamnée à près de 3 ans de prison et ses « complices » à plus de 5 ans car ils avaient des antécédents.

La nonne n’est pas la première. Le précédent, un prêtre de 84 ans, avait écopé de 3 mois de prison. Il semble que le juge ait voulu être plus dissuasif cette fois-ci. Pourtant des députés du Congrès ont remercié le trio pour avoir ainsi attiré l’attention sur ces graves manquements de sécurité.

Ces activistes pacifistes accusent les USA de violer le Traité de non-prolifération nucléaire qu’ils ont signé en 1969, et notamment sa clause prévoyant que soient poursuivies des négociations sur des mesures efficaces de désarmement nucléaire. Ils dénoncent également les dépenses faites pour les armes nucléaires, supérieures à celles pour l’éducation, la santé, le transport et les services de secours.

Soeur Megan Rice a déclaré : « To remain in prison for the rest of my life would be the greatest honour you could give me » (être en prison pour le restant de mes jours est le plus grand honneur que vous puissiez me faire)

Question : sommes-nous vraiment en 2014 ?

Article-fleuve sur cette affaire (en anglais) : http://www.washingtonpost.com/sf/wp-style/2013/09/13/the-prophets-of-oak-ridge/

Le Réseau « Sortir du nucléaire » (France) dénonce les nombreuses perquisitions dont ont été victimes depuis le 9 mai 2007 l’ensemble des organisations qui mobilisent contre le G8 (Attac Allemagne, mouvements pour la paix, anti-nucléaires, anti-OGM, libertaires, etc).

De nombreux outils de communication (ordinateurs, fax, téléphones) ont été saisis et des prélèvements d’ADN mais ausi d’odeurs [*] ont été imposés aux militants. D’autre part, la police contrôle le courrier qui passe par plusieurs centres de tri à Hambourg.

Les autorités allemandes justifient cette vague de répression sous prétexte d’enquêter sur la « constitution d’organisation terroriste », ce qui leur permet de mener des surveillances à grande échelle, des perquisitions et des saisies touchant même des personnes non suspectes.

M. Schäuble, ministre de l’Intérieur, préconise jusqu’à 15 jours de prison préventive pour les manifestants « violents ». Or, les actes pacifiques de désobéissance (un blocage assis par exemple) sont considérés comme « violents ». Et le même M. Schäuble envisage aussi de réinstaurer le contrôle aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen lors du sommet du G8. De plus, un grillage de 12,5 km (et d’un coût de 12 millions d’Euros) a été construit autour du site où se rencontreront les « grands de ce monde », et toute manifestation sera interdite à l’intérieur et aux alentour de cette zone.

16 000 policiers et 1 500 soldats (ce qui est contraire à la constitution allemande qui, sur le territoire fédéral, réserve le recours à l’armée aux seules catastrophes) protégeront les Chefs d’Etat et de Gouvernement du « danger » que représente la population.

Le Réseau « Sortir du nucléaire » dénonce
– les atteintes désormais systématiques à la démocratie et la liberté d’expression lors de chaque G8
– le fait que tout citoyen exprimant publiquement son désaccord face au G8 soit considéré comme un « ennemi de l’intérieur »
– l’amalgame entre d’une part le terrorisme et d’autre part le mouvement social promouvant l’éthique, la justice, et le respect des droits et de l’environnement.

(suite sur Indymédia)

[*] le prélèvement d’odeur est une nouvelle technique de fichage policier, mise au point avec des chiens spécialement dressés à cet effet, directement inspirée d’une méthode qu’utilisait la Stasi a l’époque de l’Allemagne de l’Est.

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