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Je n’ai jamais rien lu de cet auteur, mais je suis tombée sur ce texte, un peu décalé, sans prétention, et j’ai eu envie de le relayer. Il date de quelques mois mais n’a rien perdu de son actualité :

Nous y voilà, nous y sommes. Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé. Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés. On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre. Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution. Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies. La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau. Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse). Sauvez-moi, ou crevez avec moi. Évidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue. Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais. Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde. Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution. A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

Voilà une idée originale lue chez Dilettante, qui propose une « écotaxe » volontaire sur les objets inutiles que nous achetons – ou acceptons. Plus de détails ici. Je trouve qu’il y a de l’idée…

Après, l’argent de ces taxes, vous en faites ce que vous voulez. Cela peut être seulement virtuel, c’est-à-dire servir juste de baromètre. Ou bien vous pouvez utiliser cet argent pour de bonnes œuvres, pour la recherche, que sais-je. C’est vous qui décidez, contrairement aux taxes que vous prélève le gouvernement…

Le but est simplement de prendre conscience – et garder à l’esprit – que le « pouvoir d’achat » sert en partie non négligeable à cela : acheter de l’inutile. Il faut donc se motiver à combattre en permanence l’influence du marketing sur nos (en)vies.

Halte au « j’achète donc je suis » ! En cette période de Noël, mais aussi le reste de l’année…

Avant-hier, les marins-pêcheurs. Hier, les transporteurs routiers. Aujourd’hui, les agriculteurs. Sans oublier les fonctionnaires et les chauffeurs de taxi, en attendant les suivants… Tous unis pour réclamer des mesures contre l’inéluctable. Un peu comme s’ils manifestaient pour obtenir de nos gouvernants des mesures contre la pluie en été ou la chute des feuilles à l’automne.

Car enfin, ce qui est en train de se passer était tellement prévisible. Depuis des décennies, nous savons que les réserves de pétrole ne sont pas inépuisables. Mais depuis des décennies, nous feignons de l’ignorer. Prétextant « qu’on va trouver des solutions de remplacement ».

La majorité de la population occidentale croit désormais qu’il est normal de payer 100 euros pour aller en avion passer un week-end à 3.000 km de distance. Ignorant ou faisant semblant d’ignorer que ce prix ridicule ne peut de toute évidence couvrir les coûts d’infrastructure, de personnel et de carburant d’un tel déplacement… sans parler de son coût environnemental !

La majorité de nos compatriotes trouve normal que les trois quarts de l’humanité se nourrissent d’un bol de riz quotidien tandis que le quatrième s’empiffre au point que l’obésité de ses enfants est devenue l’une de ses principales préoccupations.

Eh bien non, ce n’est pas normal.

Ce que nous vivons actuellement n’est qu’un avant-goût des crises qui nous attendent si nous ne sommes pas capables de comprendre enfin qu’il est urgent de prendre des mesures drastiques dans le seul sens acceptable : diminuer la consommation des ressources naturelles. Réduire le gaspillage, plutôt que de constamment adopter des mesures visant à le poursuivre. Comme par exemple ces baisses de taxes prônées – ce n’est pas un hasard – par un politicien tel que Sarkozy, en bon populiste qu’il est.

Le pétrole cher aujourd’hui, c’est peut-être le seul espoir de forcer les hommes à prendre des mesures draconiennes tant qu’il en est encore temps.

Extraits d’une carte blanche du Soir, dont l’auteur semble étonnamment être ce monsieur. A moins que ce ne soit un homonyme…

Un petit post technique, pour voir ce que ça donne… merci Dilettante !

Tu te veux chercheur de vérités, on te croit libertairerespire, tu n’es pas un martien.
Regarde ta webtv et prête attention à cette chanson qui tourne dans ta tête comme un petit vélo : I have a dream… Le rêve d’un monde différent où une politique systémique garantirait le respect de environnement.

Tu as le pouvoir de changer le monde et d’influencer l’avenir du climat.

La décroissance ou l’altercroissance s’écrivent sur papier recyclé : la priorité est la lutte contre la pauvreté grâce au simulateur crédit. Ensuite un développement durable est nécessaire et passe notamment par la construction écolo, l’utilisation de produits écolo… sans oublier les réflexions critiques et les débat constructifs sur les nano techno et ogm et le nucléaire avec ceux qui n’ont pas les mêmes idées que toi.

This is the end, my only friend, the end… (air bien connu)

Environnement : l’état de la France, extraits de Le Monde, octobre 2006.

L’objectif de l’IFEN, qui publie cet état des lieux tous les 4 ans, est d’analyser les évolutions les plus significatives affectant le milieu naturel en France.

Elle permet d’étudier les principales pressions exercées sur l’environnement, leurs effets sur les milieux naturels et les réactions de la société. Parmi ces pressions figurent, pour la première fois, « les dynamiques socio-économiques » et « les ménages », c’est-à-dire l’influence de l’évolution du mode de vie de la population et des choix quotidiens des consommateurs. Qui plus est, ils sont placés en tête du rapport.

Marie Cugny-Seguin : « Le pollueur, ce n’est pas l’autre, c’est tout le monde. » « L’enjeu est maintenant surtout du côté des sources de pollutions diffuses, celles qui nécessitent l’adhésion de chacun dans ses choix individuels, pour se déplacer, consommer, se chauffer, se loger, ou dans les choix collectifs (construire une société plus sobre en carbone, par exemple)« . Il s’agit de faire face à un « défi urgent » : « dissocier la croissance économique des émissions de gaz à effet de serre, des pollutions et de la consommation des ressources« . Pour cela, affirme le texte, « des marges de manoeuvre existent. Elles nécessitent un changement profond des comportements, des technologies, des modes de vie et de production« .

Vieillissement de la population, recomposition familiale, augmentation de la surface des logements, multiplication des déplacements, accroissement du temps consacré aux loisirs, attraction des régions littorales : tous ces changements affectent l’environnement. Par exemple, le volume des déchets produits par an et par habitant, qui atteint aujourd’hui 360 kg, croît, entre autres, en raison de l’augmentation de la consommation de produits préparés et emballés en petites quantités.

Pour ses déplacements, un périurbain émet quotidiennement deux à trois fois plus de CO2 qu’un habitant du centre-ville. La mobilité, qui ne cesse d’augmenter, exerce « de fortes pressions sur l’environnement : pollutions atmosphériques, gaz à effet de serre, nuisances sonores, sans oublier les pollutions liées à la construction des véhicules et des infrastructures de transport, et la fragmentation des espaces naturels« .
Même les vacances ne sont pas neutres : elles engendrent par exemple une production de déchets disproportionnée dans des zones fragiles comme la montagne ou le littoral…

En plus de ces pressions directes, les consommateurs « orientent l’ensemble de l’appareil productif par leur choix de consommation« . Consommer des fruits et légumes frais hors saison – dont la production et le transport demandent des quantités importantes d’énergie – a des répercussions négatives. L’évolution du régime alimentaire importe également. « Parcourir 100 km en voiture ou manger 1 kg de boeuf ou de mouton revient à peu près au même en ce qui concerne la perturbation climatique« , relève par exemple le rapport.

L’influence des consommateurs peut s’exercer dans de multiples domaines, mais les nombreuses études effectuées sur leur comportement soulignent l’existence d’un décalage entre les intentions et les actes. La sensibilité aux thèmes environnementaux est élevée. Dans le même temps, les Français semblent accepter difficilement la modification de leurs modes de vie. Ils ne sont pas prêts à payer plus cher pour des produits « verts », alors que 55 % se disent prêts à payer plus pour des produits censés améliorer la santé. La gestion des déchets par le tri sélectif est le seul domaine dans lequel les citoyens pensent avoir un rôle à jouer. Mais ils considèrent que c’est à l’Etat de lutter, par exemple contre la pollution de l’air. « La voiture illustre bien les tensions qui existent entre notre conscience des enjeux environnementaux et nos comportements« , constate le rapport.

L’exemple de la voiture montre bien, selon l’IFEN, que le changement des comportements en matière d’environnement « ne peut se résumer à la sensibilisation de la population ». Car le choix des consommateurs est contraint, par exemple par les prix, l’offre de transports en commun, etc. L’enjeu pour les pouvoirs publics est donc, concluent les experts, de créer les conditions de la transformation des pratiques.

L’espace est devenu un nouvel enjeu de la doctrine militaire américaine, extraits de Le Monde, octobre 2006.

George W. Bush vient d’adopter une nouvelle stratégie spatiale qui prône la « liberté d’action » des Etats-Unis et leur droit à interdire si nécessaire l’espace à tout pays « hostile aux intérêts américains« . Le texte rejette également tout traité interdisant les armes dans l’espace : « Les Etats-Unis s’opposeront au développement de nouvelles législations ou de restrictions cherchant à interdire ou à limiter l’accès des Etats-Unis à l’espace ou à l’usage de l’espace. »

« Il ne s’agit pas d’un changement de politique« , a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche. « L’idée que la défense intervienne dans l’espace est différente de la notion de militarisation de l’espace« , a-t-il ajouté.

Ces affirmations suscitent le scepticisme des experts. « Même si cette stratégie ne dit pas explicitement que les Etats-Unis vont détruire des satellites ou déployer des armes dans l’espace, il me semble qu’elle ouvre la porte à cela« , a déclaré T. Hitchens, directrice du Centre d’information sur la défense. Selon elle, cette analyse est confirmée par une série de documents publiés par l’armée américaine dans lesquels celle-ci ne cache pas ses intentions.
« Dans cette stratégie, les Etats-Unis cherchent à établir leurs droits, mais ne reconnaissent pas les droits des autres pays« , estime-t-elle.

George W. Bush signe une loi autorisant des interrogatoires violents, extraits de Le Monde, octobre 2006.

« C’est rare que le président signe une loi tout en sachant qu’il va sauver des vies américaines et j’ai ce privilège ce matin« , a déclaré George W. Bush, juste avant d’apposer, mardi 17 octobre, son nom au bas d’un texte de loi très critiqué, The Military Commissions Act of 2006, qui autorise le recours à des méthodes agressives d’interrogatoire et le jugement par des tribunaux militaires des suspects de terrorisme.

La loi permet à la CIA de poursuivre les interrogatoires menés au secret par l’agence de renseignement et recourant à des méthodes qui, selon leurs détracteurs, confinent à la torture. Elle octroie à M. Bush un pouvoir d’interprétation des règles internationales sur le traitement des prisonniers. Elle permet, en outre, le jugement des terroristes présumés par des tribunaux militaires mais n’exige pas que chacun d’eux soit défendu par un avocat.

La loi, opportunément signée trois semaines avant des élections parlementaires qui paraissent de plus en plus périlleuses pour la majorité républicaine de M. Bush, fait déjà l’objet de recours devant les tribunaux. L’Union des libertés civiles américaine a pour sa part dénoncé « une des pires atteintes aux libertés civiles de l’histoire des Etats-Unis ». « Le président peut désormais, avec l’accord du Congrès, maintenir indéfiniment en détention des personnes sans chef d’accusation, (…) inculper des gens sur des rumeurs et autoriser des procès pouvant aboutir à la peine de mort sur la base de témoigages obtenus par la force« , s’est indigné son président, Anthony D. Romero.

(saut dans le temps)

Les menaces d’effondrement de la biodiversité s’accumulent, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, mars 2007.

Deux sénateurs de bords opposés, P. Laffite (UMP, Alpes-Maritimes) et C. Saunier (PS, Côtes-d’Armor), ont lancé un cri d’alarme au cours d’une journée d’audition publique au Sénat. « La prise de conscience des autorités et de la société a eu lieu sur les risques liés au changement climatique, mais pas sur les conséquences de l’effondrement de la biodiversité, estime M. Saunier. Le choc à prévoir est pourtant au moins aussi important. »

« La biodiversité des écosystèmes, support du développement de l’humanité, est en voie de dégradation accentuée« , mettent en garde les deux élus, dans un rapport d’étape. « La vie dispose d’une extraordinaire capacité d’adaptation, pourvu qu’elle en ait le temps« , a rappelé M. Saunier. Or la disparition des espèces a aujourd’hui lieu à un rythme 10 à 100 fois supérieur à la normale, et, d’ici à 2050, il pourrait devenir de 100 à 1000 fois supérieur.

« L’espèce humaine ne vit pas hors sol, a rappelé D. Dron, professeur à l’école des Mines. Si les écosystèmes ne sont pas assez robustes pour encaisser le choc climatique, nous ne le serons pas non plus. » Les causes de l’effondrement sont connues : surexploitation des ressources halieutiques, pollution des eaux douces, déforestation pour l’exploitation commerciale du bois ou agricole, méthodes de culture intensives, urbanisation… Sans oublier la « pollution biologique » causée par le transport d’espèces exotiques dans de nouvelles zones, et l’impact du changement climatique.

Cette situation impose des initiatives « d’une autre ampleur que celles menées actuellement« , selon les élus. La France a, sur ce point, « une responsabilité particulière« , du fait de sa place dans les organisations internationales et de sa présence dans les zones tropicales, très menacées.

On reste encore en 2006 pour le moment, j’avais accumulé un certain retard 😉

Les zones arctiques sont menacées à cause de leurs richesses pétrolières et gazières, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, novembre 2006.

L’Arctique est doublement exposé aux conséquences du réchauffement climatique. D’abord, la région subit les impacts concrets de la hausse des températures, plus sensible aux pôles : la fonte du permafrost sape les fondations de villages entiers et compromet leur existence future.

Mais c’est surtout la perspective d’une disparition de la banquise en été qui inquiète car elle ouvrirait la voie à une exploitation des ressources naturelles encore balbutiante. L’Arctique recèle environ 25 % des réserves mondiales de pétrole et de gaz naturel, ce qui excite les convoitises.

De tels changements risquent d’entraîner « l’exploitation des ressources fossiles, mais aussi l’ouverture de nouvelles routes maritimes« , a prévenu J. MacGlade, directrice de l’Agence européenne de l’environnement, ajoutant que « les industries de la pêche suivront également la migration des poissons vers le Nord« .

Quel en sera l’impact sur l’environnement très fragile de l’Arctique, mais aussi sur ses habitants? « Cette zone n’est pas déserte, 4 millions de personnes y vivent« , a rappelé Mme MacGlade.

En outre, les conflits géostratégiques sont légion. Jusqu’à présent, les eaux internationales arctiques, couvertes de glace, n’intéressaient guère. Aujourd’hui les Etats riverains, appâtés par ces perspectives, réclament à l’ONU d’étendre leur souveraineté, en se fondant sur l’extension de leur plateau continental.

La vérité qui dérange vraiment, extraits de Libération, par Jean Matouk, novembre 2006.

Le film d’Al Gore, La vérité qui dérange, a eu l’immense mérite d’illustrer brillamment les méfaits que les effluents anthropiques infligent à notre «Terre-Patrie», pour reprendre le beau terme d’Edgar Morin. Il n’a précédé que de quelques jours le rapport Stern qui mesure le «coût» économique pour la collectivité humaine du réchauffement de la planète. Ces plaidoyers pour la Terre trouvent un public de plus en plus large.

Mais ni les uns ni les autres ne vont jusqu’à la «vérité qui dérange vraiment», et qui est la suivante : aucun changement technologique, aucune modification des comportements humains ne seront efficaces suffisamment vite, pour infléchir le processus de destruction de notre écosystème, si nous maintenons la croissance économique mondiale a son rythme actuel. C’est une question de délai.

Il faut d’abord financer les investissements dans des technologies propres, il faut changer les comportements en matière d’utilisation d’énergie, de transports, de traitement des ordures ménagères, d’utilisation de l’eau.

Cet énorme effort demandera 20 ou 30 ans. A cette échéance, les atteintes portées à notre environnement non seulement seront irréversibles et auront provoqué des bouleversements dans tous les secteurs d’activité, mais porteront atteintes directement à la physiologie humaine.

La seule solution est un accord cosmopolitique au terme duquel, les grandes nations s’entendraient pour ralentir la croissance économique mondiale de 4,5 % aujourd’hui, à 2 % environ (chiffre encore trop élevé mais «praticable» comme diraient les Anglais) : 1,5 % au plus pour les pays développés et 5 %-6 % pour les pays en développement. Les moyens économiques d’un tel ralentissement sont à discuter au cas par cas, mais ils existent. La vraie question est alors : quid de l’emploi dans les pays développés, avec un tel faible rythme de croissance ?

La réponse : le passage que nous vivons actuellement, d’une société de salariés à une société de propriétaires et actionnaires a conduit les entreprises à s’imposer des rendements financiers de 15 %. Avec une telle exigence, les investissements et les créations d’emplois sont évidemment très réduites. Aussi bien dans ces entreprises que dans les cohortes de leurs sous-traitants et fournisseurs…

En même temps, s’est produit dans les entreprises un élargissement anormal de l’éventail des rémunérations. Elles disposent donc aujourd’hui, d’une masse potentielle d’investissements, à condition de réduire les espérances de rendements financiers et l’éventail des rémunérations. C’est cette masse qu’il faut mobiliser par de fortes incitations fiscales assurant une croissance de l’emploi. Le tout à faible croissance économique, à faible pollution de notre terre, dont le sauvetage passe par une réduction «fractale» des inégalités, à la fois entre pays du monde, au sein de nos propres pays, et au sein même des entreprises.

Menacé par la surpêche, le thon rouge n’est pas suffisamment protégé, extraits de Le Monde, par Hervé Morin, novembre 2006.

Le comité scientifique de la Cicta avait été clair : pour assurer la pérennité du thon rouge dans la zone est de l’Atlantique et en Méditerranée, il faudrait limiter les prises à 15 000 tonnes par an, alors que les quotas alloués pour la période de 2002 à 2006 étaient de 32 000 tonnes et que l’intensité réelle de la pêche, compte tenu des prises illégales, se situe à près de 50 000 tonnes. Craignant pour leurs thons, qui vont pour partie se reproduire en Méditerranée, les Etats-Unis étaient disposés à suivre des recommandations sévères. La Commission européenne, placée sous l’oeil des pêcheurs, venus en nombre à Dubrovnik, y était beaucoup moins favorable.

La Cicta n’est finalement pas parvenue à établir un consensus et a dû se résigner, pour la première fois de son histoire, à passer au vote.
Pour S. Beaucher, de Greenpeace, « la réduction des quotas n’est pas à la mesure des enjeux. D’autant qu’ils ne seront pas plus respectés que les précédents« . « Les pêcheurs industriels sont les grands vainqueurs de cette négociation« .

Sanctuariser l’eau, extraits de Libération, par Christian Losson, novembre 2006.

Elle est un besoin mais aussi un droit. Cette ressource en danger mérite un statut juridique et doit échapper à toute forme de marchandisation.

La mondialisation dérégulée engendre des «maux publics mondiaux» – l’accaparement de biens matériels ou immatériels –, et il convient de leur opposer les «biens publics mondiaux». Mais il y a deux façons de penser ces «biens». Soit assurer que le marché, en ce temps d’effacement du rôle de l’Etat, doit donner le la. Soit estimer, à contre-courant, que développement durable et laissez-faire sont incompatibles. C’est la thèse de penseurs-activistes de gauche qui parlent alors de «res publica universelle». Et concentrent leur lutte sur l’un des enjeux majeurs du XXIe siècle : l’eau. «C’est la vie, et la vie, c’est un droit humain indivisible et inaliénable», rappelle R. Petrella pour qui «la droite, elle, n’y voit que la gestion d’une ressource naturelle.»

Bien que l’ONU ait, dès 1977, rappelé que «tout le monde a accès à l’eau potable en quantité et qualité égales pour ses besoins essentiels», près de 30 ans plus tard un enfant meurt toutes les 8 secondes après avoir bu de l’eau contaminée. Il y a encore une décennie, la question de l’eau s’articulait autour des conflits transfrontaliers. Puis les vents de libéralisation comme credo du développement ont soufflé. Comment sortir les pays pauvres des trappes de la pauvreté ? En privatisant les services publics, jugés inefficaces, à commencer par ceux de l’eau. Condition sine qua non pour obtenir des prêts ou être éligibles aux allègements de dettes publiques. Les opérateurs privés, dont les deux géants mondiaux sont français (Suez et Veolia), croient en la martingale. «Mais ils ne se concentrent que sur des grandes villes, limitent leurs investissements et augmentent le prix de l’eau, rappelle l’Indienne Vandana Shiva. Au-delà, les marchands veulent marchandiser les fleuves via des barrages, parce que l’eau ne peut, selon eux, couler librement dans la nature.»

L’élevage contribue beaucoup au réchauffement climatique, extraits de Le Monde, par Gaëlle Dupont, décembre 2006.

Manger de la viande nuit à l’environnement. C’est la conclusion à laquelle parvient l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) qui a rendu public un rapport consacré à l’impact écologique de l’élevage.

Mesurée en équivalent CO2, la contribution de l’élevage au réchauffement climatique est plus élevée que celle du secteur des transports. L’activité est responsable de 65 % des émissions d’hémioxyde d’azote, un gaz au potentiel de réchauffement global 296 fois plus élevé que celui du CO2, essentiellement imputable au fumier. De plus, le bétail produit 37 % des émissions de méthane liées aux activités humaines. Ce gaz, produit par le système digestif des ruminants, agit vingt-trois fois plus que le CO2 sur le réchauffement.

Les pâturages occupent 30 % des surfaces émergées, alors que 33 % des terres arables sont utilisées pour produire l’alimentation du bétail – et ces surfaces sont insuffisantes pour répondre à la demande, ce qui entraîne le défrichage de forêts. D’autres dégâts sont énumérés : 20 % des pâturages sont dégradés par une surexploitation entraînant le tassement et l’érosion du sol ; l’activité compte aussi « parmi les plus nuisibles pour les ressources en eau« .

La hausse du niveau de vie s’accompagne d’une consommation plus importante de viande et de produits laitiers. La production mondiale de viande devrait donc plus que doubler d’ici 2050, passant de 229 à 465 millions de tonnes.

Selon la FAO, cet impact pourrait être « fortement diminué » si « la consommation excessive de produits animaux parmi les populations riches baissait« . Un Indien consomme en moyenne 5 kg de viande par an, contre 123 kg pour un Américain.

Et Dieu que le sol est bas…

Les Belges dévorent 300 fois ce que la Belgique produit
Extrait du Soir, 02.03.07, C. Schoune

Si chaque être humain consommait les ressources comme un Belge, 3 Terres seraient nécessaires pour assurer ce train de vie. En d’autres termes, l’Occident ne vit plus grâce aux intérêts de la nature, mais en rognant son capital. Jusqu’à présent, les perspectives mondiales établies par le GFN n’avaient pas détaillé, secteur par secteur, l’évolution des « recettes » (biocapacité) et des « dépenses » (empreinte écologique). C’est chose faite pour la Belgique et le Grand-Duché de Luxembourg, considérés comme une seule entité statistique par le GFN.

Alors qu’elle était de 3,4 ha par habitant en 1960, notre « trace » se chiffre aujourd’hui à 5,6 hectares. La consommation vorace des énergies fossiles représente la progression la plus importante.

« Il y a 40 ans, le déficit était de 2,2 ha par habitant, note le rapport. Aujourd’hui, il est de 4,3 ha/hab. » Soit plus de 300 fois la taille de notre pays. Fatalisme ? L’Allemagne est parvenue tour à tour à réduire son empreinte écologique et à améliorer sa biocapacité propre ces dernières années.

Menace sur les fleuves du monde
Extrait du Soir, 20.03.07

Le pompage excessif de leurs eaux pour l’agriculture et la consommation humaine « menace de mettre complètement à sec le Rio Grande et le Gange« . Le Mékong est victime de la pêche excessive tandis que le Yangtzé est asphyxié par la pollution provoquée notamment par l’industrialisation massive le long de ses rives.

Le WWF conseille d’étudier avec soin la situation avant de se lancer dans des travaux d’infrastucture et suggère par exemple de préférer le transport par rail au développement de la navigation sur le Danube. « Comme les gouvernements s’inquiètent maintenant de la diminution des ressources en eau à cause du changement climatique ils construisent de plus en plus de barrages pour en stocker davantage, ce qui a pour résultat de prélever encore plus d’eau des rivières et de créer encore plus de problèmes écologiques« , avertit M. Pittock.

De même, « beaucoup de gouvernements veulent construire des centrales hydro-électriques comme sources d’énergie propre, ce qui, une fois encore bloque les cours d’eau et tue les poissons« , poursuit-il.

En Australie, ce sont des espèces introduites par l’homme qui ont envahi le fleuve Murray-Darling, où les espèces indigènes ne représentent plus que 10 % de la faune aquatique.

La consommation globale d’eau douce augmente deux fois plus vite que la population, ce qui signifie qu’en 2025 plus de 60 % des hommes vivront dans des régions souffrant de pénuries d’eau significatives, selon les estimations de l’Institut de Stockholm pour l’environnement.

« La crise va bien au delà des 10 fleuves étudiés mais le rapport reflète à quel point le développement sans frein menace la capacité de la nature à satisfaire notre demande croissante« , remarque M. Pittock.

Les scientifiques dessinent l’avenir d’un monde plus chaud
Extrait du Monde, 19.03.07, G. Dupont

Pénuries d’eau, inondations, salinisation des sols, baisse des rendements agricoles, multiplication des incendies, déclin de la biodiversité… Les scientifiques du GIEC s’apprêtent à rendre publiques de nouvelles évaluations des conséquences du réchauffement climatique et à confirmer le lien entre ce phénomène et de multiples perturbations déjà constatées sur la planète.

Les experts rangent parmi les conséquences directes du réchauffement, avec un haut de degré de certitude, des phénomènes constatables aujourd’hui : instabilité des sols en montagne, fonte du permafrost, modifications de la flore et de la faune dans les régions polaires, augmentation de la température des lacs et des rivières, précocité du bourgeonnement de la végétation et des migrations des oiseaux, modifications de la répartition des algues, du poisson, du plancton, etc.

En tablant sur un réchauffement compris entre 2°C et 4,5°C au-dessus des valeurs de 1990, les scientifiques évaluent entre 1 et 3,2 milliards le nombre d’humains touchés par des pénuries d’eau. Des « centaines de millions de personnes » seront menacées par la hausse du niveau des océans. Si le réchauffement atteint 4°C, 20% de la population mondiale pourrait être confrontée à des inondations.

Les rendements agricoles, susceptibles d’augmenter dans un premier temps dans les régions de latitude moyenne et élevée, déclineraient partout si le réchauffement atteignait 3°C. Au sud de la planète, les capacités d’adaptation des espèces seraient dépassées. Jusqu’à 120 millions de personnes supplémentaires seraient alors exposées à la faim. Le groupe prévoit une augmentation du nombre de morts dues à la chaleur, aux sécheresses, aux inondations, aux maladies liées à l’eau, ainsi que des extinctions « massives » d’espèces, et des bouleversements « majeurs » dans le fonctionnement des écosystèmes.

Le même sujet vu depuis la Belgique :

L’état d’urgence planétaire
Extrait du Soir, 21.03.07, C. Schoune

Nouveau rapport du Giec : Le Soir a pu prendre connaissance de la synthèse destinée aux décideurs. Inquiétant, ce document demeure confidentiel à ce jour tant il est sujet à des modifications lors des discussions entre les experts de 190 pays.

Extension des zones d’influence des maladies tropicales, pénuries d’eau accrues, menaces d’inondation, déclin de la diversité biologique, arrivée précoce du printemps, acidification des océans… autant de bouleversements en cours et attendus d’ici 2100, si rien n’est entrepris à une échelle globale pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. D’ores et déjà, le Giec constate que « beaucoup de systèmes naturels, sur tous les continents et dans certains océans, sont affectés pour le moment par des changements climatiques à une échelle régionale ».

1 Afrique. Quelque 600 millions de personnes pourraient connaître des pénuries d’eau accrues en cas d’un réchauffement égal à 2°C depuis 1990. Un réchauffement de 3°C conduirait à une extension des zones arides et semi-arides. La mortalité liée au réchauffement, entre diarrhées et malnutrition, devrait grimper d’ici 2030, avec l’augmentation des cas de paludisme ou de dengue. L’augmentation du niveau de la mer menace de nombreuses villes côtières.

2 Asie. La fonte des glaciers de l’Himalaya engendrera des inondations, une instabilité des flancs de montagnes et une rupture dans l’approvisionnement en eau potable. D’ici 2050, plus d’un milliard de personnes en Asie pourraient se trouver confrontées à des pénuries d’eau tandis que près de 200 à 700 millions d’être humains seront confrontés aux inondations résultant de l’élévation du niveau de la mer.

3 Amérique du Nord. Le réchauffement projeté dans les Rocheuses mènerait à une diminution du couvert neigeux, à davantage d’inondations en hiver et à une réduction de l’écoulement des cours d’eau en été, exacerbant la compétition pour la surallocation des ressources en eau.
Les problèmes liés aux insectes ravageurs, maladies et feux de forêts seront en croissance avec un risque accru d’impact sur la santé humaine.

4 Amérique latine. L’augmentation des températures conjuguée à la diminution de l’eau dans les sols mènera au remplacement des forêts tropicales par des zones de savanes. Lvégétation semi-aride sera remplacée probablement par une végétation aride. Dans les forêts tropicales, l’extinction des espèces est jugée probable. Dans les zones plus sèches, les changements climatiques mèneraient à une salinisation et à une désertification des surfaces agricoles. Les rendements de certaines semences diminueront et affecteront la sécurité alimentaire.

5 Europe. Au nord, le réchauffement moyen devrait apporter des bénéfices, dans un premier temps. Ces aspects positifs seraient réduits à néant si le réchauffement moyen atteint 3°C. Dans le sud, les changements climatiques auront par contre un impact négatif sur la santé en raison des vagues de chaleur plus fréquentes, de la réduction de la disponibilité en eau, de la menace sur la production de céréales et de l’augmentation de la fréquence des feux de forêt. Les inondations côtières menaceraient 2,5 millions de personnes supplémentaires chaque année vers 2080. Les petits glaciers disparaîtront et les grands auront considérablement fondu d’ici 2050.

6 Régions polaires. La réduction de l’épaisseur des glaciers, de la taille de la banquise, le dégel progressif du permafrost et les changements dans des écosystèmes très vulnérables produiront des effets au détriment des migrations d’oiseaux, des mammifères et des grands prédateurs comme l’ours polaire menacé d’extinction à l’horizon 2050.

7 Petites îles. La hausse du niveau de la mer exacerbera les inondations, le nombre de tempêtes, l’érosion des côtes et menacera des infrastructures vitales qui supportent le bien-être socio-économique des communautés.

C’est pas neuf mais une piqûre de rappel ne fait pas de mal…

Les Etats-Unis, l’Europe et la Chine puisent à l’excès dans les réserves biologiques de la planète

Extrait du Monde du 23.10.06

L’humanité consomme plus de ressources biologiques, de l’ordre de 25 %, que la planète n’en produit chaque année. Elle pompe donc maintenant dans ses réserves, une situation qui ne pourra pas durer longtemps. C’est le principal message du rapport Living Planet 2006 publié par le WWF.

L’empreinte écologique mesure la pression de l’humanité sur la biosphère en évaluant combien d’hectares sont nécessaires pour fournir les ressources biologiques (bois, nourriture, viande, etc.) dont chaque humain a besoin, ainsi que pour assurer l’absorption des rejets de son activité, essentiellement le CO2.

Selon ces calculs, tout habitant de la planète exige aujourd’hui 1,8 hectare « global » (moyenne intégrant les différentes fonctions du sol). Mais quand un Nigérien ou un Indien requiert 0,8 ha, un citoyen des Etats-Unis demande 9,6 ha, un Français 5,6, un Japonais 4,4. Ces pays sont donc débiteurs à l’égard de ceux qui utilisent moins de 1,8 ha. Mais c’est l’humanité dans son ensemble qui consomme trop. Si la tendance actuelle se poursuivait, elle consommerait la capacité biologique de deux « Terres » en 2050.

NdDDC : Si tout le monde consommait comme le Belge moyen, il faudrait déjà 3 « Terres »…

(repris dans le Freezine)

Je ne peux que très vivement vous conseiller d’écouter cette émission ! Après quelques minutes d’introduction commence une magnifique interview (entrecoupée de brefs extraits d’autres radios) de Jacques Grinevald , professeur que je ne connaissais pas jusqu’à présent mais qui m’a donné une excellente impression par ses propos extrêmement clairs, ses explications intuitives, sa vision complète…

Le sujet pourrait sembler rébarbatif au premier abord (en tous cas, moi, je n’aime pas l’économie !) mais avec lui il n’en est rien et je n’ai absolument pas vu passer les 50 minutes que dure l’émission… vraiment, à ne pas rater. Je ne sais pas comment vous transmettre autrement l’enthousiasme que cette écoute a fait monter en moi !

Article relayé par : Respire asbl

Au bord du lac Léman, une rencontre avec Jacques Grinevald, professeur à l’Institut Universitaire d’Etudes du Développement de Genève où il enseigne l’écologie. En partant des travaux de Georgescu-Roegen *, il nous parle des fondements de la décroissance, d’économie, de révolution industrielle, de pétrole, d’échange des savoirs et finalement de bon sens…

Ecouter l’émission des objecteurs de croissance

– Durée : 50 minutes
– Diffusée sur Radio Panik à Bruxelles le 6 juillet 2006
– Réalisation : Hervé Brindel, Sarah Fautré

* Nicholas Georgescu-Roegen (Constanza, Roumanie, 4 février 1906 – Nashville, Tennessee, 30 octobre 1994) était un mathématicien et économiste roumain, émigré aux États-Unis après la guerre. Il enseigna à l’université de Bucarest puis à celle de Vanderbilt Nashville aux États-Unis (et furtivement à Strasbourg, 1977/78 et à l’ Iued de Genève, 1974).

Georgescu-Roegen est le père de la théorie bioéconomique. Il est l’auteur d’ouvrages révolutionnaires dont The Entropy law and the Economic Process. Il réconcilie économie et écologie en réintégrant la science économique dans la pensée scientifique contemporaine de la révolution industrielle et de la découverte de l’évolution biologique. Certains considèrent ses théories comme apportant un éclairage novateur et fécond dont les implications pratiques dépassent l’économie politique. Il mit en évidence, selon eux, l’impossibilité de résoudre les problèmes environnementaux par le seul progrès scientifique et technologique.

Jugeant l’économie libérale classique beaucoup trop mécanique, Georgescu-Roegen a mis en lumière la contradiction entre la deuxième loi de la thermodynamique, la loi de l’entropie – c’est-à-dire la dégradation inéluctable, suite à leur usage, des ressources naturelles utiles à l’humanité – et une croissance matérielle sans limites. Il appelait pour sa part à une décroissance économique – certains parlent aujourd’hui de décroissance soutenable – pour tenir compte de la loi physique de l’entropie.

Certains critiques considèrent que mêler l’entropie à des phénomènes biologiques et sociaux, caractérisés plutôt par des effets d’auto-organisation et d’adaptabilité, est précisément trop mécanique.

Georgescu-Roegen manifestait la conviction que la joie de vivre est la véritable finalité de l’activité économique.

Même si ce n’est pas un choix en tant que tel mais une conséquence de la hausse des prix pétroliers, je suis heureuse de vous annoncer que la consommation de carburants en 2005 a diminué !!

Tous sont en régression : presque 15% de baisse pour la super 98, 6% en moins pour la super 95, et enfin -1.7% pour le diesel (alors que le parc automobile est en train de se « dieseliser » à grande vitesse, et que sa part est déjà au-dessus de 50% des voitures).

Il faut dire qu’en un an, en Belgique, le prix du diesel a augmenté de ~ 14%, et la 95 de près de 20%. Ca aide à penser « décroissance » 🙂

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