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Bande-son : Juliette – Fina Estampa

Lac d’Artouste et refuge d’Arrémoulit

Vous souvenez-vous de la centrale électrique d’Artouste photographiée hier soir ? Aujourd’hui nous allons monter à la source, si je puis dire 😉

Excepté une bagarre de chats, cette nuit fut calme. Nous profitons de la fraîcheur matinale pour rendre visite à Fermín Arrudi Urieta, el gigante aragonés.

La commune de Sallent de Gállego lui rend hommage à travers une statue représentant ce géant de 2m29, qui était également musicien (multi-instruments) autodidacte.

Afin de préserver son anonymat, AàG est représenté (à son grand désarroi) en Christophe Colomb.

En sortant de la boulangerie, je dis à AàG : maintenant nous avons la preuve de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées ! 😆

Nous nous rendons ensuite en France, à Fabrèges dans la vallée d’Ossau. De là part la télécabine de la Sagette qui nous emmènera sans effort de 1240m jusqu’à 1930m d’altitude.


Spéciale dédicace 😉

A la gare de la Sagette, on monte ensuite dans le « petit train d’Artouste ». Cette ligne à voie étroite (500mm d’écartement) compte parmi les plus hautes d’Europe avec une altitude maximale de 1940m.

Elle commence par le « tunnel de l’Ours », d’une longueur de 375m.

Avant d’être reconverti en train touristique, ce chemin de fer a servi à la construction et l’entretien du barrage d’Artouste. Plus d’info ici.

La ligne serpente pas mal ! Les rayons de courbure imposent une vitesse réduite et il nous faudra presque 1h pour parcourir les ~10km de voie ferrée.

Il n’y a aucune route dans la vallée du Soussouéou (y a-t-il besoin de préciser que j’adore ce nom ? 😀 ).

Oh, des resquilleurs ! Nous les regardons avec envie, nous avions longuement hésité à faire de même (ce qui est strictement interdit patati patata) vu l’allergie d’AàG aux trains touristiques…

Finalement nous nous sommes dit que l’aller/retour à pied prendrait trop de temps, nous empêchant d’aller beaucoup plus loin que le lac.

Depuis le terminus, un large chemin avec des marches permet de franchir les 90m de dénivelée restant pour rejoindre le lac d’Artouste, qui flirte avec les 2000m d’altitude.

A gauche, on entraperçoit le barrage :

Comme d’hab, le rendu des couleurs est très différent entre nos deux APN…

Les touristes sont un liquide. Si si, ils prennent la forme des lieux dans lesquels on les déverse !

Comme la foule ce n’est pas notre truc, nous préférons reporter notre visite du barrage à ce soir et commencer directement à s’éloigner en longeant la berge du lac.

Au loin, en haut, au chaud, un troupeau. Tout près, en bas, au frais, des têtards.

Nous marchons plein sud et le soleil cogne déjà bien.

Cette avancée de roches me fait penser à une grosse patte de fauve :

Le miroitement est hypnotisant.

Au bout du lac, des vaches paissent en toute liberté.

Fini le plat, il est l’heure de monter !

Au croisement nous prenons la direction sud-est. Nous ferons une boucle et reviendrons par l’autre côté.

Le refuge est en vue, tout en haut à droite :

Il subsiste quelques névés à hauteur des lacs d’Arrémoulit.

Le refuge d’Arrémoulit (ou « d’Arrémoulie » comme il est écrit sur la plaque du Club Alpin Français) se situe à 2305m.

Je pense que le dortoir est trop petit car une grande tente est dressée dehors et le téléphone n’arrête pas de sonner pour des réservations.

Nous pique-niquons en alternant l’ombre et le soleil, ayant trop froid dans l’une et brûlant dans l’autre ! Le chocolat chaud n’est pas bon et les toilettes folkloriques nous font regretter les pipi-nature :mrgreen:

J’aime bien l’aménagement qu’ils ont fait pour le débordement.

Ici on aperçoit la tente-dortoir dressée à côté du refuge :

Nous hésitons à faire demi-tour ou à monter vers le lac d’Arrious. En effet, emprunter le passage d’Orteig nous permettrait de faire une boucle… seulement cette section escarpée est notée comme étant réservée à des randonneurs expérimentés.

Le gardien du refuge nous confirme qu’il ne faut pas avoir le vertige, mais qu’il ne faut pas de matériel.

Nous décidons d’aller en juger par nous-mêmes. Au pire on devrait avoir le temps de faire demi-tour… enfin on l’espère, car l’heure de départ du dernier petit train est 17h15.

Sinon il faudra qu’on se tape les 10km à pattes, et qu’on redescende sous le téléphérique à la lampe frontale. Y a pas mort d’homme, mais si on peut éviter ce serait mieux !


Lac et refuge d’Arrémoulit


Lac d’Artouste

On approche du passage découvert par Jacques Orteig en 1883. Ce raccourci à flanc de paroi rocheuse permet de rejoindre le refuge d’Arrémoulit depuis le col d’Arrious sans redescendre jusqu’au lac d’Artouste.

La vue est impressionnante…

Élargi et équipé d’une main-courante, le passage d’Orteig ne pose aucune difficulté. On avait entendu des personnes évoquer des passages à franchir « assis » (pour ne pas basculer dans le vide), je n’ai rien vu de tel !

Si la roche était mouillée ou s’il y avait du brouillard, ce serait autre chose.

Le sentier descend ensuite au lac d’Arrious.

Intrigué par le chenal, AàG va explorer le petit tunnel creusé derrière le batardeau.

C’est une prise d’eau qui donne sur le flanc droit ci-dessus. Ainsi le débordement du lac d’Arrious alimente le lac d’Artouste.

Sur la gauche se trouve le pic du lac d’Arrious, à ne pas confondre avec le pic d’Arrious.

Nous croisons des randonneurs flamands avec qui j’échange quelques mots.

Nous allons à présent redescendre au lac d’Artouste.

En face, le chemin parcouru ce matin :

Au niveau timing on a de la marge, on peut se permettre de mitrailler 😉

Je n’aurai pas photographié tellement de fleurs, aujourd’hui… je me rattraperai les prochains jours 😉

On retrouve nos copines qui n’ont pas beaucoup bougé !

Prenons le temps de nous promener sur le barrage, puisque nous ne l’avons pas fait tout à l’heure. Il n’y a plus personne à présent, c’est parfait.

Au loin nous voyons un petit train partir.

Texte du panneau explicatif : Le barrage d’Artouste est un ouvrage entièrement maçonné avec des moëllons de granit extraits des carrières souterraines situées sous vos pieds, et taillés sur place.
Les blocs étaient amenés par quatre téléphériques appelés « Blondins », jusqu’aux ouvriers qui montaient ainsi mètre par mètre cet ouvrage digne des bâtisseurs de pyramide !!

Nous rejoignons la gare. Vu l’affluence, ils doivent affréter deux trains. Le premier part blindé, le second quasi vide. Devinez lequel on a pris ? :mrgreen:

A plusieurs reprises ils appellent un groupe de 3 campeurs qui aurait dû rentrer ce soir-là. Malgré le retard avec lequel nous sommes partis, ils manquent toujours à l’appel…

Cette fois, c’est moi qui monte côté vide. Chacun son tour !

Le trajet s’effectue plus rapidement qu’à l’aller.

Nous croisons des télécabines « Val Thorens », c’est rigolo. Espérons que ce soit de la seconde main de bonne qualité ! ^^

A 18h30 nous sommes revenus au parking. Un hélicoptère n’arrête pas de faire des allers-retours.

Nous roulons jusqu’au col du Pourtalet. Il y a là un supermercado où nous achetons de quoi pique-niquer : gazpacho, tortilla…

Nous nous promenons ensuite dans les environs mais le brouillard et surtout les aboiements furieux de chiens de berger nous feront faire demi-tour.

Ce n’est pas le genre d’avertissement qu’il faut prendre à la légère si on tient à ses mollets !

Retour au bercail et tartinade d’aloe vera :mrgreen:

Bande-son: Lhasa de Sela – Con Toda Palabra

Lacs de Bious et d’Ayous

Sur cette place minérale qui résonne, il suffit d’un seul nuisible pour empêcher tout le monde de dormir. Enfin quand je dis « tout le monde », nous étions peut-être les seuls à essayer de dormir à cette heure-là ! A 23h15 je me résous à fermer les fenêtres pour atténuer le bruit même si c’est notre seule source de fraîcheur, la chambre étant sous les toits…

A 8h dans la salle du petit déjeuner, c’est le désert. On attend et on fait un peu de bruit mais personne ne vient, l’hôtelier semble avoir une panne de réveil. Nous montons chercher nos sacs à dos et au retour nous avons la bonne surprise de constater qu’une dame est en train de mettre les tables, nous ne devrons pas partir le ventre vide !

Nous passons la frontière française et roulons jusqu’au lac de Bious, que je m’amuse à rebaptiser Bisou.

A cette époque de l’année, on peut se garer directement là-haut, au bout de la D231. Altitude approximative du parking : 1420m.

Nous longeons le lac jusqu’au pont de Bious (alt. 1538m).

Là deux possibilités s’offrent à nous : continuer à suivre le gave (= ruisseau) de Bious dans les prairies ou emprunter le GR10 qui monte dans les bois.

Le soleil tape déjà fort et nous profitons avec délice de la protection offerte par les arbres.

La photo en ombres et lumières ne rend pas mérite à ce sentier qui était réellement charmant !

Petit à petit nous gagnons en altitude et la végétation change d’aspect, se faisant plus discrète.

Nous arrivons au premier des lacs d’Ayous : le lac Roumassot (alt. 1845m).

Il est temps de sortir à mon tour l’appareil photo 🙂

Le sentier remonte ensuite le long d’une cascade.

Décidément même ici il y a des nuisances sonores !

Un hélicoptère fait d’incessants va-et-vient, lourdement chargé à ce qu’il semble.

Nous avions aperçu ces big-bags en bas, sur les berges du lac de Bious-Artigues.

Y aurait-il un chantier de construction là-haut ?

En fait non, il s’agit du ravitaillement du refuge.

Nous arrivons au petit lac du Miey, dont le nom est doux comme un miaulement.

J’aime cet arbre solitaire et haut perché.

Par rapport à la précédente randonnée, vous voyez à présent l’autre face du pic du Midi d’Ossau.

Mon Lumix est comme moi, il apprécie particulièrement les verts 😉

Tandis qu’AàG essaie d’enregistrer les clapotis, je capture un soleil éphémère.

A noter la présence d’un étrange mini-radeau couvert, servant à une étude scientifique.

Nous sommes à présent au lac Gentau (alt. 1947m), le plus grand des trois lacs d’Ayous.

Le gros châlet en bois qu’on aperçoit à l’arrière-plan est le refuge d’Ayous (alt. 1982m).

Le lac Gentau est magnifique ❤

Notre attention est attirée par un nuage de « points blancs » venant du col d’Ayous :

Nous suivons régulièrement l’avancée du troupeau car vu la suite du paysage, on se dit qu’ils vont inévitablement tomber sur un os :

Autour du lac l’ambiance est paisible.

Le troupeau arrive au point difficile à franchir. Ils nous font penser à des Lemmings !

Les premiers bloquent, pendant ce temps des éclaireurs franchissent le passage à différents niveaux et soudain tout le monde s’y met, ils sont parachutistes et grimpeurs par nature 🙂

AàG rejoint la chaîne humaine qui transfère les victuailles (conserves et autres cannettes) jusqu’aux soubassements du refuge. Il y a de la bouffe basque dans le tas, avis aux amateurs !

Ensuite nous pique-niquons à l’ombre avant de reprendre tranquillement notre chemin, alourdis par la digestion.

J’en étais à peu près ici dans mon récit quand wordpress a mystérieusement fait disparaître tout le contenu de mon brouillon, révisions incluses… ô joie ! 👿

Nous montons plein sud, à l’est du pic de Larry.

Nous voici au lac Bersau (alt. 2082m).

Sa particularité est d’avoir une presqu’île… et lors de notre passage, elle était habitée 🙂

AàG aurait bien voulu enregistrer le son des clarines dont certains chevaux étaient équipés.

Ils ne se sont pas montrés très coopératifs : une fois le matériel sorti, ils n’ont plus fait un seul bruit :mrgreen:

On passe au pied du pic Castérau et son drôle de profil. La version d’AàG :

Ma version, avec les cairns :

Des randonneurs font une curieuse remarque montrant qu’ils prennent AàG pour un photographe pro ?! Pourtant il n’a pas de gros pare-soleil (private joke) :mrgreen:

C’est plein de petites mares… moi qui craignais que les Pyrénées ne soient desséchées !

Nous sommes au plus haut de notre promenade, il est temps de redescendre et de boucler la boucle.

Nous allons rejoindre le lac Castérau qu’on aperçoit en contrebas.

Un pêcheur est installé là, cela nous étonne ?!

Juste derrière le lac, un panorama ouvert s’offre sur les prairies parcourues par le gave de Bious.

AàG s’efface devant un randonneur plus rapide que nous : « On vous laisse passer en premier car les vautours jettent des pierres sur les touristes ! » 😆

Le monsieur nous apprend que les silhouettes planant au loin près de la falaise sont des aigles.

Un dernier chardon pour la route ?

Ce n’est pas de refus, répondit le bourdon !

Avant de rejoindre le gave, nous avons l’œil attiré par un cadavre de vache déposé au soleil. Nourrissage des vautours ?

Nous quittons le chemin pour suivre de petites gorges et tombons sur un cochon qui se promène et se roule à son aise non loin d’une cabane.

On a déjà vu beaucoup d’animaux divaguer en montagne, mais un cochon c’est une première !!

Il y a les moutons du clan rouge et les moutons du clan vert.

Tout ce beau monde profite grassement des pâturages.

Près du pont se trouvent vaches, veaux et chevaux.

Il y a même des ânes !

Petit regard en arrière…

Nous quittons le pont de Bious et nous enfonçons dans le sous-bois.

J’aime bien le symbole du parc national dans son écrin moussu.

Le tour du lac de Bious se révèle décevant car le chemin reste en hauteur, est complètement défoncé par les sabots et n’offre aucune vue.

Bon on ne va pas se plaindre qu’il y ait de la végétation non plus 🙂

Franchissement du barrage avec ses fenêtres de trop-plein.

Vue sur le pied du barrage :

De petits chevaux divaguent non loin du parking, où nous revenons à 18h18.


Conduites forcées

Après la centrale électrique d’Artouste nous faisons un crochet par Fabrèges afin de repérer les lieux et les horaires d’une prochaine balade.


Vos vallées puent le gasoil, le ricard, le tourisme et la démagogie politique. Je suis reparti en Slovénie.

Nous repassons le col du Pourtalet et cherchons une farmacia et un supermercado. Nous repartons lestés d’un gel d’aloe vera pour mon coup de soleil ainsi que de quoi pique-niquer demain.

Nous mangerons à el Rincón de Mariano, qui se trouve bien à Sallent de Gállego. Nous aurons parfois des difficultés à localiser les différents restaurants de la région car sur les sites « d’avis » ils sont tous indiqués comme étant à Formigal !

Le service est très rapide et nous pouvons ensuite nous occuper des chats sur la plaza 🙂

L’île Grande n’est pas si grande que ça, et pas si île non plus : elle est reliée au continent par un pont depuis 1891.

Nous traversons l’île et nous garons près des anciennes carrières de granit, où se trouve la station ornithologique de la Ligue pour la protection des oiseaux. Le centre n’est pas visitable mais on peut approcher les volières extérieures.

Une longue langue de roches s’enfonce dans la mer, c’est la pointe de Toul-ar-Staon – enfin je pense, car selon les cartes c’est parfois elle ou parfois sa voisine du sud-ouest qui porte ce nom !

Nous allons aussi loin que nous le pouvons pour admirer de plus près la force des vagues.

A un moment je m’arrête, je ne suis pas tranquille car la mer est montante or un passage bas va se faire envahir dans notre dos si nous continuons. Pis je suis pieds-nus et tous les mini-coquillages incrustés sur les rochers commencent à me faire mal.

AàG me laisse son sac et continue, tandis que moi… je fais le guet !

C’est hypnotisant de regarder la mer progresser insensiblement, vague après vague.

Je remonte les affaires au fur et à mesure, à un moment avec trop de précipitation ou trop peu d’attention je ne sais, en tous cas mon pied heurte soudain un rocher… Ouatcha ! Mon petit orteil a dégusté, on se sent vivre !

Bientôt il va falloir se mouiller les pieds pour repasser. Je crie pour qu’AàG m’entende mais c’est peine perdue avec le fracas des vagues. Heureusement il revient bientôt et parvient à faire un beau saut, presque à sec !

J’examine mon pied pour voir les dégâts, il n’y a pas grand chose d’apparent, ça saigne juste un peu. Je remets mes sandales et revient en grommelant claudiquant.

Une fois de retour près de la station, nous allons photographier les maints et maints cairns.

Il y en a à perte de vue, c’est impressionnant.

Autant dire qu’après les récentes tempêtes, il ne doit pas y en avoir un seul qui soit resté debout 😦

J’enlève à nouveau mes chaussures, ça me fait moins mal pieds-nus finalement.

Certains ont essayé des formes de land art plus… horizontales, dirons-nous.

Ca fait un peu « géoglyphes de Nazca » version miniature, ne trouvez-vous pas ? :mrgreen:

Tous les mêmes et pourtant chacun si différent…

Bon stop, là ça devient de l’abus, faut parvenir à s’arrêter 😆

Juste une petite dernière ? Bon allez, d’accord !

Nous allons jusqu’à la plage pour mettre les pieds dans l’eau.

Ca vous tente une partie de dé ? Ne le lancez pas sur mon pied siouplé !

Ces ruines furent initialement une maison de goémoniers, qui servit ensuite d’abri pour les carriers et fut finalement transformée en auberge de jeunesse.

Il semble que ce bâtiment fut utilisé comme cible d’entraînement par les Allemands durant la seconde guerre mondiale.

Nous nous installons aussi confortablement que possible sur les rochers, et c’est parti pour le ballet !

Ca va, vous n’avez pas le mal de mer ? Le blog ne tangue pas trop ?

J’espère que vous entendez le bruit des vagues et goûtez l’air salé par les embruns…

Bon, il faut bien décider à s’arracher de là à un moment ou un autre…

Nous repassons devant les volières de revalidation de la LPO.

Les copains viennent rendre visite aux jeunots, sympa non ?

Nous allons au centre-ville de Perros-Guirec. Je trouve une pharmacie encore ouverte et montre mon petit orteil gonflé, rouge avec une belle barre violette. Il est au mieux contusionné, au pire cassé. De toute façon ça ne change rien au traitement.

La pharmacienne est de très bon conseil étant donné qu’elle-même s’est cassé deux orteils récemment en allant sur l’île de Bréhat !

Nous cherchons ensuite un restaurant ouvert, « normal » et avec des prix décents. Eh bien, nous n’aurions jamais cru que ce serait une telle galère 😯

Nous en profitons au passage pour visiter l’intéressante église de Saint Jacques.

Nous commençons à descendre des rues au hasard et on finit par se paumer complètement. On arrive sur un gros boulevard que l’on suit et qui tourne… Résultat, on revient à notre point de départ une heure plus tard ! C’est mon orteil qui est content ! (et l’estomac d’AàG :mrgreen: )

Finalement nous décidons avoir assez vu Perros-Guirec comme ça, et malgré l’heure tardive nous reprenons la voiture pour – espérer – manger à Tréguier. Nous y trouverons une petite pizzeria qui a au moins le mérite d’avoir innové dans le nom de ses pizzas : voulez-vous commander un virement ? un IBAN ? une « parrain » ? 😆

Nous arrivons juste à temps dans notre chambre d’hôte pour voir un brouillard engloutir la cathédrale St-Tugdual dans la nuit 🙂

Trajet vers Garmisch-Partenkirchen, visite de Partnachklamm et Mittenwald

Aujourd’hui nous quittons définitivement la région de Berchtesgaden pour aller 200km plus à l’ouest, à Garmisch-Partenkirchen. Juste de l’autre côté du Zugspitze.

Après avoir quelque peu tourné dans Ga-Pa, nous trouvons enfin le Olympia Skistadion et son parking.

De là un chemin pédestre permet de rejoindre les gorges de la Partnach en une demi-heure.

Nous pique-niquerons à la terrasse d’un café fermé, ce qui apparemment n’est pas trop dans la coutume locale si on en croit certains regards 😆

Partnachklamm est de loin la plus belle Klamm que nous ayons vue durant ce séjour, même si le débit était faible en cette saison.

Il est conseillé de prendre un imperméable pour la promenade 🙂

On a fait sans, mais il est vrai que, quelle que soit la météo, cela ruisselle d’un peu partout !

Je rajouterais aussi qu’à moins d’avoir des yeux de chat comme AàG, il est préférable d’emporter une petite lampe.

En effet, le chemin est souvent taillé en pleine roche et parfois carrément en tunnel.

Cela donne un parcours très ludique et esthétique 🙂

La gorge fait environ 700 mètres de long et dépasse 80 mètres de profondeur par endroits.

Bien qu’elle soit fort fréquentée et que les croisements y soient parfois délicats, cette klamm garde son charme.

Je n’ai pas souvenir d’avoir été trop incommodée par la foule.

De même les aménagements, bien que nombreux et importants, restent relativement discrets et bien intégrés au paysage.

Dans les siècles précédents, les habitants utilisaient la rivière pour transporter le bois par flottage.

Cette gorge est ouverte au tourisme depuis 1912. Cela devait être sympathique avant, avec juste quelques planches de bois pour tout chemin !

Nous avons rencontré des difficultés pour photographier car les lieux manquaient de lumière et nous n’avions pas emporté le trépied.

De plus il fallait faire attention que les APN ne prennent pas l’eau ^^

Si j’en crois wikipedia, la roche est du calcaire coquillier Wurstelkalk – euh, ne me demandez pas s’il y a un rapport avec les saucisses ! :mrgreen:

La statue de la Vierge Marie est accompagnée d’un petit toit pour se protéger des gouttelettes.

C’était très sombre, nous n’avons pas pu faire mieux que ceci :

Il est dommage que vous ne puissiez pas avoir l’ambiance sonore en même temps que les images !

Un gros effondrement de roches a bloqué la gorge au début des années 1990.

Une galerie a été creusée pour permettre au chemin de contourner l’éboulement.

Elle fait plus de 100 mètres de long et est percée de fenêtres.

A la sortie de la gorge, l’horizon s’ouvre soudain.

Les bâtisseurs de cairns ont laissé libre cours à leur inspiration.

Nous continuons un peu le chemin en suivant la rivière, il n’y a plus personne ici.

Pour se protéger du soleil, AàG ramasse une vieille feuille de pseudo rhubarbe traînant à terre. Elle est toute trouée et la coupable n’est pas loin !

Nous faisons quelques cairns. Certains ont fait une grande spirale d’escargot au sol 🙂

L’après-midi est déjà bien avancé et nous prenons le chemin du retour.

Il n’y a plus beaucoup de monde dans la gorge.

La lumière a déjà changé.

Quelques essais en pose longue, l’appareil posé sur les piquets.

Le trou de la serrure…

Les lieux sont déserts et l’ambiance mélancolique.

La porte d’entrée de la gorge :

Nous reviendrons à la voiture vers 18h.

Les pistes de saut à ski… même la plus petite est déjà impressionnante !

Nous devons encore aller jusqu’à Mittenwald, où nous avons réservé une chambre d’hôte. Un lapin géant nous y accueille 🙂

Nous allons découvrir le sympathique centre ville et ses façades peintes. Certaines fresques sont pluriséculaires.

Mittenwald est encore aujourd’hui un centre de lutherie renommé, et il s’y trouve un musée du violon (Geigenbaumuseum).

Le repas de ce soir-là ne mérite pas spécialement que l’on s’en souvienne, mais il fut suivi par un orage d’une violence telle qu’elle nous força à rester prendre un dessert ! (et croyez-moi on aurait mieux fait de s’abstenir 😆 )

16 septembre 2008 – La traversée Sella-Herbetet

Aujourd’hui je pense que c’est notre plus belle randonnée du séjour. Elle nous avait été conseillé par notre logeur Walter Seguin du Village à Morgex et je l’en remercie !
Nous avons bien failli ne pas la faire : j’ai eu du mal à convaincre AàG qui pensait, au vu de la carte, que c’était trop dur pour des grabataires sédentaires comme nous (traduisez : comme moi).

Nous allons en voiture jusque Cogne puis Valnontey (alt. 1666m) où l’on se gare. Nous voilà aux portes du Gran Paradiso. Le chemin commence le long d’une prairie couverte de givre. Comme il est encore suffisamment tôt, deux chamois s’en donnent à cœur joie pour bouloter et préparer l’hiver. Le sifflement des marmottes nous empêche de les approcher discrètement.

Le sentier monte dans la forêt encore sombre et froide. Nous sommes suivis et précédés par d’autres randonneurs, qui vont le plus souvent par paires. Je remarquerai des lunettes par terre… par chance j’ai pu retrouver leur propriétaire.

Nous ne sommes pas habitués à une telle « promiscuité » qui réduit nos chances d’observer la faune de ces lieux. Et en effet, de toute la montée, même après la forêt, nous ne verrons pas grand monde. Quelques chamois au loin, seulement. AàG peste ferme.

Lorsque nous parvenons à cette ruine, les mollets commencent déjà à bien tirer (me concernant !). Au-delà, la pente s’accentue et le soleil devient brûlant. Par endroits, le sol est encore boueux des pluies de l’avant-veille, quand il ne s’agit pas d’une source qui prend ses aises.

Il n’y a plus qu’un couple et un photographe solitaire. Les autres ont soit abandonné, soit pris beaucoup de retard. Le sentier devient horizontal et même légèrement descendant, tandis que nous nous enfonçons dans un ravin abritant un torrent. Le photographe a installé son trépied là et fait toute une séance sophistiquée…

Nous passons le pont et remontons la côte jusqu’à rejoindre un autre chemin bien tracé, arrivant à l’horizontale en suivant le flanc de la montagne. Nous arrivons ensuite au pied d’une pente particulièrement forte. Un sacré morceau ! Là, le chemin n’est plus qu’un zigzag, ou plutôt de multiples zigzags car il n’y a plus vraiment « un » sentier : les passages répétés ont créé des pseudo-sentiers dans tous les sens. Je m’arrête à chaque pas ou presque, en espérant que ce soit le tronçon le plus difficile de la balade !!

En haut, c’est le Grand Lauson (Gran Loson). Il n’est pas aisé de reprendre ses marques pour retrouver le bon chemin. Nous trouvons quelques balisages près d’un petit pont et décidons de remonter la rivière. C’est le repère le plus fiable, le refuge ne se trouve pas trop loin du cours d’eau sur la carte.

Dans le bassin du Lauson, il nous arrivera de ne plus vraiment savoir si nous sommes sur un sentier ou sur une coulée créée par des animaux. Avec le relief, il est plus difficile que prévu de nous rendre compte si nous sommes à la hauteur du refuge, encore en aval ou déjà en amont. Non sans douter, nous finirons par remonter le flanc du talweg, avec un certain bonheur puisque nous trouvons un large chemin menant au refuge juste un peu plus loin.


Rifugio Vittorio Sella

Le refuge Victor Sella (alt. 2588m) est constitué en partie par l’ancienne maison de chasse du roi Victor-Emmanuel II (Vittorio Emmanuele II) – celui grâce à qui les derniers bouquetins furent protégés in extremis de l’extinction.

Nous avons réussi notre premier pari, l’ascension de plus de 900m de dénivelée en 2h30. Nous avons mérité notre pique-nique, même s’il est encore un peu tôt pour dîner. Commençons donc par le sacro-saint chocolat chaud !

Nous nous asseyons dehors et profitons du magnifique panorama. Plusieurs marmottes prennent également le soleil et nous observons avec tendresse ces boules de poils profiter de ces derniers jours d’été.

De notre banc, nous apercevons un troupeau de chamois de l’autre côté de la rivière. Malheureusement ils s’enfuient devant quelqu’un de trop « entreprenant », comme on peut le voir sur la photo ci-dessus.

Tout en pique-niquant, nous nous interrogeons sur la suite de notre programme. Est-il raisonnable de faire la traversée de l’Herbetet ? Ou faut-il faire une simple promenade aux alentours et redescendre par la même voie ?
Pour une fois, curieusement, c’est plutôt AàG qui est frileux. Mais je suis têtue… Renseignements pris auprès des très sympathiques tenanciers du refuge, je parviens à le convaincre : c’est long, certes (5h annoncées en théorie) mais il est encore tôt et il y a peu de dénivelée supplémentaire (de l’ordre de 300m) – je ne parle pas des descentes bien sûr.

En route, donc ! Vers 13h, nous empruntons le petit pont en bois où commence la traversée. Le chemin monte en douceur, c’est parfait pour notre étape de digestion. Dans l’herbe, un peu plus loin, quelqu’un fait la sieste au soleil 🙂

Nous arrivons à un beau point de vue. Ci-dessus on distingue, en bas à gauche, le chemin à flanc de montagne que nous avons rejoint après la traversée du torrent sous le feu du photographe.

Nous avons vue sur le lac du Lauson qui reflète les sommets voisins. Des cairns assez évolués et esthétiques ont été bâtis le long du chemin. Cet endroit est particulièrement agréable…

Vous voudrez bien m’excuser pour le nombre déraisonnable de photos, mais…

…j’ai vraiment eu du mal à faire le tri !

Entre les cairns se cache un petit AàG, saurez-vous le retrouver ?

La photo ci-dessous est un peu surexposée, mais l’idée du balisage indiquant les sommets me plaisait beaucoup. Sur la 2ème photo, vous pouvez voir le sentier que nous allons emprunter (Delf, ferme les yeux, c’est peut-être un peu vertigineux).

Pour une fois, il s’agit d’un sentier « EE » (à prononcer en ricanant « hé hé »). Jusque là nous n’avions emprunté que des sentiers « E » (et même quelques « T »). Cette signalétique indique la difficulté du parcours : T signifie « à la portée de n’importe quel touriste qui ne soit pas en slash (et encore, ça peut s’arranger)« , E signifie « pas de difficultés techniques particulières pour des randonneurs moyens« , EE signifie « présence de quelques passages plus délicats, pour randonneurs chevronnés« . Il y a une dernière catégorie qui est « EEA » et que nous n’avons jamais testée faute des équipements nécessaires (crampons, etc.)

Voici ci-dessous un exemple de tronçon justifiant la notation globale « EE ». En fait rien de bien méchant !

Les glaciers en face nous font de l’oeil, AàG n’arrête pas de mitrailler la glace et ses fissures, craquements, crevasses qui laissent entrevoir les forces herculéennes à l’oeuvre.

Un peu plus loin devant nous se trouve un randonneur solitaire que nous n’avions pas encore vu. Sa présence me rassure, elle me conforte dans l’idée que cette traversée est faisable en s’y engageant à cette heure-ci. Et ce, sans avancer à une allure inhumaine.

Nous nous arrêtons fréquemment pour observer l’une ou l’autre plante, chercher des yeux des bouquetins (nous n’en avons pas encore vu de tout notre séjour), admirer le paysage…

Nous traversons un grand pierrier chaotique et arrivons dans une zone restée à l’ombre. Remarquez les stalactites de glace qui pendent des rochers !

Et soudain qui voilà ?

Quelques chamois gambadent dans les rochers en-dessous de nous… et au-dessus aussi ! AàG avait peur que la présence de quelqu’un qui nous précède les fasse fuir ou se cacher, mais Michelino (ainsi ai-je baptisé le randonneur) est vraiment très discret.

Tout contents de cette rencontre, nous rejoignons la plateforme donnant cette merveilleuse vue panoramique. On a l’impression de boire les montagnes et que l’air pur pénètre dans chacun de nos pores. Je comprends pourquoi un ancien directeur (le premier directeur ?) du parc national a tenu à être enterré ici… une plaque commémorative nous l’apprend sur un énorme bloc de roc.

Le vieux monsieur qui marchait devant nous s’est également arrêté sur ce plateau, en contemplation. Je lie connaissance avec lui, il me parle de cet ancien directeur (dont j’ai oublié le nom) qui trouvait que c’était le plus bel endroit au monde et qui, pour cette raison, a tenu à être inhumé ici.
Ensuite il nous nomme chaque sommet visible en face, chaque glacier… ce qui eut le don de finir d’apprivoiser AàG 😛

Nous lui disons notre déception de n’avoir pas encore vu le moindre bouquetin et il nous apprendra, à notre grande surprise, que nous en avons vus !! Il s’agissait d’une femelle qui broutait un peu sous le chemin, et nous l’avions prise pour un chamois (!) Les mâles, on ne peut évidemment pas s’y tromper, avec leurs cornes immenses.

Ce n’est pas la première fois qu’il fait cette traversée, d’ailleurs j’ai l’impression qu’il passe sa retraite à vadrouiller dans le parc, comme une sorte de garde bénévole. En tous cas cela le maintient dans une excellente forme physique !

Régulièrement nous nous recroisons à l’occasion d’arrêts sur ce long chemin. J’en profite pour lui demander où sont les loups en ce moment. Il me répond qu’ils ont été aperçus dernièrement du côté de Valgrisenche.

Il m’explique aussi pourquoi il est vain de chercher des marmottes sur ces pentes : le terrain ne s’y prête pas, il est beaucoup trop dur. Elles doivent creuser des terriers très profonds (entre 8 et 20m) pour hiberner.

Nous arrivons au Casolari dell’ Herbetet (Maisons de l’Herbetet), à 2435m d’altitude. Ces bâtiments ne sont pas/plus habités, sauf sans doute par des bergers de passage. Une source bien fraîche nous y désaltère.

La descente s’amorce et sera très longue. Je commence à fatiguer. Les genoux et les chevilles encaissent. De temps à autre, nous repérons un chamois au loin. Parfois plus près. Ci-dessous, une femelle bouquetin.

Nous ferons très peu d’autres photos le long de cette interminable descente. Nous finissons par arriver à l’extrémité du torrent Valnontey. Michelino est à présent assez loin derrière nous. Il nous reste plusieurs kilomètres (de l’ordre de 6-7km si je me souviens bien) à parcourir dans les bois le long du cours d’eau pour rejoindre l’endroit où est garée la voiture.

A mi-chemin, nous traversons le minuscule village de Valmianaz (Valmiana). J’ai mal aux pieds, je commencer à sérieusement traîner la patte. Soudain, sous les arbres au bord du chemin, je vois un chien arriver. Non, pas un chien, un renard !
Nous nous immobilisons. Lui comme nous.

Est-ce parce que le soir descend qu’il vient ainsi se montrer ? Lentement, je progresse vers AàG pour essayer de prendre l’appareil photo qui a été rangé dans le sac à dos. Je m’attends à ce que le bruit du sac qui s’ouvre fasse fuir l’animal mais au contraire, cela semble beaucoup l’intéresser !!

Je comprends que monsieur a faim et comme justement ce midi je n’ai pas mangé tout mon pic-nic, monsieur a droit à un bout de fromage (de la fontina bien sûr). Il apprécie.
Malheureusement pour les photos, la lumière a déjà fort baissé, ce n’est plus très net.

C’est pas tous les jours qu’un renard vient me manger dans la main… Il prend délicatement dans sa gueule les morceaux que je lui présente du bout des doigts, accroupie par terre. Il est cependant craintif et, si je fais mine de me redresser un peu ou de changer de position, il s’éloigne aussitôt.

A un moment il s’empare de la croûte et s’en va vers la forêt. On le regarde s’éloigner, pensant la magie terminée : sans doute va-t-il (ou elle) apporter cela à ses jeunes. Mais à notre stupeur il creuse un trou au pied d’un arbre, enterre son butin et revient vers nous.

Je n’ai plus que du pain à lui présenter. Il mange la mie mais chipote un peu plus pour la croûte, qu’il happe à nouveau dans sa gueule pour aller l’enterrer.

Il se dirige ensuite vers notre sac à dos posé par terre un peu plus loin, et l’inspecte sous toutes les coutures, sans doute pour être sûr qu’on ne lui cache plus rien de comestible ^^

On lui fait nos adieux sans gestes brusques, à cet adorable racketteur de grand chemin. On s’est bien fait avoir, si ça se trouve il fait son numéro d’affamé à tous les touristes qui passent… mais comment résister ?

Nous continuons notre route, le renard nous suit un peu puis finit par abandonner. Un peu plus loin, nous verrons un deuxième renard à une dizaine de mètres du chemin, mais il ne viendra pas vers nous. Nous n’essayerons pas de l’approcher non plus.

Lors d’une pause, nous reverrons Michelino. Lui n’a pas besoin de s’arrêter, il ne semble même pas fatigué. Je suis contente de l’avoir vu, ainsi je suis sûre qu’il n’a pas eu de souci dans la descente. Un mauvais pas est vite arrivé, et comme il randonne seul…

Il sera 19h lorsque nous arriverons à la voiture, épuisés. Nous aurons mis 6h au lieu de 5h, avec toutes nos pauses (photos et autres).
Nous irons manger un riso di Cogne (riz de Cogne) au restaurant La Pinèta, sur la route entre Cogne et Aymaville. On nous avait parlé d’une soupe mais c’est en fait plus une « bouillie » au niveau de la texture. Du riz, du bouillon, de la fontina à foison et des morceaux de « pain noir »… le tout mélangé dans un saladier et servi très chaud. C’est assez gras et salé mais pas désagréable. Ce plat est meilleur de goût que d’apparence et cela nous change de la pasta et des pizze.
Notre logeuse nous a expliqué que la région de Cogne est la seule du val d’Aoste à avoir du riz dans ses spécialités, car ils commerçaient avec le Piémont voisin.

Vendredi 08 septembre 2006 – Rendez-vous avec les nuages

Le petit déjeuner est toujours aussi royal. Notre logeuse pousse le vice jusqu’à avoir remarqué notre préférence pour une sorte de petits pains, et nous en avons donc un de plus qu’hier ! Nous discutons avec elle sur le but de notre excursion : la Zittauer Hütte. C’est juste à côté de Gerlos. Elle nous explique que le refuge a été entièrement reconstruit il y a quelques années et qu’elle n’y est pas encore retournée depuis lors…

Ce matin, nous démarrons dans la panade : les nuages ont décidé de faire la grasse matinée ! Nous allons en voiture jusqu’à l’auberge Finkau, tout au bout du lac de barrage… Sans l’IGN, nous n’aurions pas trouvé la seule petite route autorisée pour s’y rendre, et nous aurions dû nous taper à pieds 6 km parfaitement inintéressants. Evidemment le parking est payant, là nous n’y couperons pas.

Le début de la randonnée ressemble un peu à Krimml : un chemin trop large à mon goût, avec des points de vue réguliers donnant sur les cascades du torrent. Tous ces aménagements sont manifestement très récents, d’ailleurs le tout début du chemin est seulement en passe d’être terminé. J’ai comme l’impression que cet endroit va connaître un grand succès touristique dans les années à venir…

Pour l’heure il n’y a pas grand monde, tout est calme. Les chutes d’eau sont belles et la ballade dans la forêt ne manque pas de charme. La brume donne une atmosphère fantomatique aux lieux traversés, et renforce le sentiment d’être seuls…

Le chemin monte fort, et bientôt nous arrivons au croisement indiqué dans notre guide michelin : un petit sentier abrupt s’évade vers des gorges, tandis que « l’autoroute » continue ses paisibles lacets. Les deux se rejoignent plus loin. Nous partons vers la gorge du Leitenkammer, petite mais impressionnante.

Les nuages progressent dans la vallée en même temps que nous. Parfois nous les rejoignons, parfois ils nous distancent. Ils sont jouettes comme des chatons !

Après une marche assez longue, composée d’une alternance de petits sentiers pierreux et de chemins plus larges (carrossables), nous arrivons à un téléphérique pour matériel. Sa destination se perd dans les nuages, mais nous devinons qu’il rejoint la Zittauer Hütte. Ben dites donc les gars c’est pas tout près… pfff !!!

A partir du téléphérique, plus aucune route n’est possible. Un sentier s’enfonce dans les nuages, nous le suivons. Franchement on est bien content de ne pas voir le soleil, je n’ose pas imaginer l’horreur que ce serait vu la tronche du sentier… et ce n’est que le début !

De plus en plus escarpé, le sentier semble venir buter sur une énorme barre rocheuse… Heureusement il est très bien balisé par les habituelles marques rouge et blanche.

Les derniers nuages semblent sur le point de quitter la vallée dessinée en-dessous de nous. Nous profitons d’un panorama éphémère : en fait ce sont des cumulo-farc(e)u(r)s et une autre vague les remplacera bientôt !


« Avant »


« Après » (et inversément)

Le franchissement de la barre rocheuse n’est pas de tout repos, il est d’ailleurs cordé dans la plupart des passages. Mon rythme décline dangereusement, et le petit point noir qu’est le refuge ne semble pas grandir à l’horizon ! AàG me dit « allez, dans 1/2h on y est ! »… sauf qu’il me répète ça depuis au moins 1 h ^^

Quand on est enfin quitte de cette barre rocheuse, on pense être proche du but… hélas, le chemin est encore long, en plus il nous semble s’éloigner du refuge ! Allez, dans 1/2h on y est :-p Midi est passé depuis longtemps, heureusement nous avons bien mangé notre dessert ce matin 😉

Nous croisons un groupe de randonneurs qui redescendent avec leur guide, celui-ci nous explique qu’il y a encore 1/2h pour arriver au Zittauer Hütte. Un rire nerveux m’échappe à l’annonce de la demi-heure fatidique. AàG exulte : « tu vois, qu’est-ce que je te disais ! »

Je suis vraiment à bout alors nous décidons de faire une pause et manger là, à hauteur d’un panneau explicatif sur la vallée. Le fromage de Ginzling pue encore plus que la veille, et dire que le reste est en train d’enfumer le frigo de notre logeuse, la pauvre ^^

Cette fois-ci c’est la bonne, il y a de plus en plus de cairns le long du sentier et nous arrivons enfin au refuge. En fait nous n’allons même pas le voir de près, ce qui nous intéresse se trouve à côté : le lac inférieur de Gerlos.

J’adore les lacs de montagne, leurs eaux transparentes aux magnifiques reflets verts… nous montons encore un peu car les eaux paraissent toujours plus colorées vues d’en haut. On ne peut pas dire que ce sont mes jambes qui me portent, mais plutôt ma volonté. C’est une journée à 5 cuillères de nutella (i.e. +1000m de dénivelé) quand même !! Pas de regret en tous cas, cela valait la peine de faire tant d’efforts…

Enfin si, tout de même, un petit regret : on aurait bien aimé dormir au refuge pour aller jusqu’au glacier le lendemain… car après une belle pause pour profiter pleinement de l’instant et du panorama, nous devons déjà reprendre la route du retour, qui est très longue. Les glaciers sont définitivement trop loin pour espérer aller les voir dans la même journée.

Le brouillard est quasiment levé, et une chaleur de plomb se fait maintenant sentir. Heureusement nous n’avons plus que de la descente à faire. Nous croisons plusieurs groupes qui montent, ils en suent… nous avons eu la chance d’avoir le lac quasi pour nous tous seuls, là le refuge doit être en train de bien se peupler.

Le retour jusqu’à Finkau se déroule sans problème autre que les habituelles douleurs aux genoux dans les grosses descentes. Je suis heureuse de pouvoir enfin m’asseoir et retirer mes chaussures de rando. Pouah, crevée !! Nous sommes de vrais zombies…

Nous allons souper à Gerlos, nous nous attendions à quelque chose de très moyen à cause de l’effet « centre touristique » mais en fait c’était très bon. Ensuite dodo car nous sommes complètement annihilés par la fatigue… Demain sera une journée plus cool, me promet AàG (oui oui).

Dimanche 03 septembre 2006 – Journée maussade au Kaunertal

Réveil abrupt à 6h30 par les cloches de l’église qui sonnent longuement et nous rappellent que l’Autriche est fort catholique… On ne peut s’empêcher de penser aux mosquées qui nous offraient elles aussi gracieusement le service de réveil en Turquie. Le balcon nous offrirait une belle vue si seulement le ciel n’était pas complètement voilé.

A 8h on descend voir Irma Gundolf, notre logeuse, car on ne sait pas où se trouve la pièce du petit-déjeuner. Comme je ne parle pas l’allemand, je comprends un mot sur dix (grâce à mes notions de néerlandais) alors ça donne des situations rigolotes : elle m’a dit que c’était en bas et j’ai compris le mot « recht » que je traduis par « droite ». On descend l’escalier et on se trouve dans un petit hall où se trouvent cinq portes dont une, entrouverte, d’où sort de la musique (une autre chambre ?). On hésite : la porte qui est à droite est bizarre, il en sort un bruit de… chaudière ! On jette un coup d’œil à celle de gauche, en vitré dépoli, c’est une toilette ! Hum, va-t-on rester debout dans ce hall jusqu’à ce qu’elle arrive ? Bon allez, on pousse un peu la porte déjà entrebâillée… oui c’est bien là ! Ouf ! Comme en français, « droite » et (tout) « droit » doivent être très proches ^^


Le trop-plein du lac de barrage du Kaunertal

Cette entraînante musique tyrolienne qu’on entendait, c’est la télévision. Ils ont une chaîne où passent, en boucle, tout plein de webcams rotatives avec les conditions météo du moment (aucune prévision pour la journée par contre !). C’est rigolo quand la caméra se trouve au niveau des nuages (écran blanc), ou quand une vache traverse son champ (celui de la caméra hein)…

Pour ceux qui se posaient la question : oui, Irma est très gentille ! Le petit déjeuner est copieux : confitures, charcuteries, fromages, œuf à la coque… on s’empiffre joyeusement. Les allemands de la chambre voisine descendent à leur tour, le mari d’abord. Il n’arrête pas de souffler lourdement « hummpfff » et on l’entend ensuite émettre des lents et graves « po po pom », à la façon du tuba (?) qui rythme la musique de la tv. Sa femme arrive ensuite, elle son truc c’est de chantonner dans les aigus. Ce duo durera tout le repas ! Ca nous a beaucoup inspiré pendant ce séjour, on les a souvent imités pour rire 🙂 Malheureusement c’est leur dernière nuit là, on ne les reverra plus !

La route à péage qui mène au Kaunertal est impressionnante :

Cette route panoramique se compose d’environ 30 lacets (« kehre »), donne de beaux points de vue sur le lac de retenue et le glacier, et atteint finalement 2750 mètres. De là des télésièges montent normalement jusqu’à près de 3200m (ce domaine est skiable en été) mais vu le mauvais temps, ils ne fonctionnent pas. Peu importe, nous sommes déjà à la hauteur des neiges éternelles !

Nous visitons d’abord un curieux tunnel de glace, équipé de cordes pour les touristes. C’est tout petit mais… on est quand même à l’intérieur d’un « glacier » (je ne sais pas si le terme correspond tout à fait) ! En certains points la glace est extrêmement transparente, à d’autres endroits brille une attirante lumière bleutée. L’excursion est rapide, nous revenons ensuite vers le refuge d’altitude pour entamer une promenade de l’autre côté.

Je suis complètement essoufflée à cause du changement brutal d’altitude (je vis à quelque chose comme 60-70m) et par les pentes (ah plat pays…). Mode de vie trop sédentaire, ça se ressent :-s

Je marche lentement tandis que AàG court comme un cabri pour me narguer ! « Non mais quel salaud ce salaud ! » On va jusqu’au « triangle » des frontières : l’Italie nous tend les bras, la Suisse également, et l’Autriche nous tend un banc (bénie soit-elle !!).

Quel dommage que le temps ne soit pas de la partie, il fait froid, pluvieux, tout paraît morne et triste… minéral.

On entend d’impressionnants grondements d’avalanche sur l’autre versant, même si on ne parvient pas toujours à repérer l’endroit exact :

Il faut dire que le ciel est tout blanc et les nuages s’infiltrent de plus en plus malgré le barrage des pics.

Pic-nic dans le refuge où des tables sont aménagées pour ce faire. Avec de belles toilettes propres et gratuites, comme quasiment partout dans le Tyrol ! On fait une partie de radeau sur l’étang du refuge, il faut se tirer avec une corde et on se marre comme deux gamins…

On descend un peu la route pour faire le tour du Weißsee, un beau petit lac dont les couleurs sont injustement rendues par l’appareil photo.

Vous voyez la fourmi (ci-dessous) ? Qu’on ne vienne plus dire que je ne mets pas de photo de moi sur mon blog :-p

On redescend encore d’un cran pour arriver au départ du sentier vers le glacier Gepatschferner. La randonnée est bien plus longue qu’on ne le pensait, et au final il faut descendre dans la petite vallée pour remonter l’autre versant. Un glacier, ça se mérite !!

La langue de glace est impressionnante (mais très sale), seulement je n’en profite pas tellement : j’ai froid et je suis crevée rien qu’à penser au chemin du retour qui nous attend.

L’air de rien il se fait tard, l’obscurité tombe vite en montagne et la couverture nuageuse nous prive déjà de pas mal de luminosité. Pour un premier jour, le programme était un peu trop ambitieux !

AàG portera mon sac pour revenir jusqu’au véhicule, je suis épuisée… qu’est-ce que j’étais contente en la voyant enfin, au loin, sur le parking !! Il n’y a plus personne, nous sommes les derniers… Dis, tu crois qu’ils ferment la vallée à quelle heure ? (mauvais souvenir d’Ihlara !!) Heureusement le péage est désert mais ouvert, il doit l’être toute la nuit (avis à ceux qui veulent économiser 20 euros 😉 )

Nous décidons de souper à Prutz, il s’agit d’un pélerinage suite à un souvenir familial marquant que je me refuse absolument à vous révéler :-p

Les nuages et la pluie nous accompagnent toujours, nous entrons au Post Hotel où nous serons très bien servi. On est tous les deux cassés par la fatigue… La serveuse, après avoir vu nos difficultés à décrypter le menu, nous tendra charitablement une carte en anglais – merci à elle !

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