You are currently browsing the tag archive for the ‘bio’ tag.

Depuis le temps que j’en avais envie ! Ça y est, depuis le déménagement je ne suis plus seulement Belgikistanaise mais aussi Amapienne 🙂 Grosse pensée pour la ferme du Hanneton… j’aurais tellement aimé que ce soit chez eux !

Je faisais déjà partie depuis longtemps d’un GAC (Groupement d’Achats Communs) écoulant la production d’une ferme bio locale à 40 bornes d’ici, mais c’est un truc beaucoup moins solidaire qu’une AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) car il n’y a aucun engagement. C’est pratique pour le consommateur car très souple : d’une semaine à l’autre on peut changer le type de panier qu’on prend, si on part en vacances on ne commande rien, etc. Mais bien sûr ça soutient moins bien le producteur ! Il ne peut se permettre ce système que parce qu’il est grand et qu’il commande aussi à l’extérieur (parfois à ses voisins mais aussi à l’étranger…)

Tandis que là, c’est en lien avec un petit maraîcher bio situé à moins de 20km, bientôt 5 car il est devenu propriétaire d’un terrain sur lequel il va déménager ses cultures. Il fait encore appel à quelques voisins mais le but à terme est que les fruits et légumes proviennent exclusivement de sa production.

Il ne fournit qu’une seule AMAP, avec différents points de distribution dans un très petit rayon. J’ai demandé s’il parvenait à s’octroyer un salaire et on m’a répondu que oui, qu’il parvenait à se payer 9,50 de l’heure (ce qui est déjà pas mal par rapport à la moyenne des maraîchers, dixit mon interlocuteur) et que le but était d’arriver à 12,50. Et tout cela sans travailler 60h par semaine, m’a-t-on encore précisé.

Il optimise évidemment autant qu’il peut le coût et le temps, par exemple il n’a pas besoin d’un local pour distribuer car il le fait via une remorque dans laquelle il charge les légumes ‘en vrac’ (ce sont des Amapiens qui constituent les paniers à tour de rôle), la distribution se fait selon un horaire assez serré (sauf un endroit où il laisse la remorque toute la nuit), les haricots sont récoltés « tels quels » et c’est à chacun de les dépiauter, etc.

Bref, il parvient à tirer son épingle du jeu et ça me fait diablement plaisir que ce soit possible car pour la plupart des maraîchers c’est hélas loin d’être évident !
Certes il a des conditions favorables car tant la météo que les ravageurs semblent l’avoir épargné durant ses années de lancement, la région est plutôt « riche » et les membres de l’AMAP (que je ne connais pas encore) sont apparemment plutôt des intellos qui sont là par conviction et non pour chicaner sur le prix des paniers – qui sont tout de même compétitifs avec le bio des magasins, me dit-on.

Il nous reste à nous discipliner et nous organiser pour ces paniers qui arriveront (hormis la pause de fin d’année) chaque semaine, qu’on soit là ou pas. J’espère qu’ils seront aussi beaux et bons que ceux-ci 🙂

Je vous invite vivement à signer (et diffuser !) la pétition en ligne « Osons la Bio » pour interpeller les candidats à l’élection présidentielle française de 2012. Le but est de mobiliser les moyens nécessaires pour atteindre 20% d’agriculture bio en 2020.

Élaboré par les paysan(ne)s, consommateurs et associatifs bio, le « Cahier bio (fichier pdf) » recense 20 mesures et orientations pour un développement de la bio cohérent, solidaire et efficace. Il est plus que temps !

Quand on a une bonne et une mauvaise nouvelle, on ne sait jamais par laquelle commencer.

Hier en France, le projet de loi sur les OGM a été bloqué par l’Assemblée générale nationale. Le texte a en effet été rejeté… à une voix près ! Ouf, un (petit) temps de répit avant qu’il ne soit représenté. Car ils vont bien sûr essayer de passer en force.

Le problème, c’est qu’il est déjà fort tard pour faire barrage… comme nous le montre, toujours en France, cet exemple de contamination d’un champ de maïs biologique par des OGM. Or ces champs transgéniques sont situés à 35km de là !
Pourvu que cela éveille les consciences et qu’un précédent se crée en justice… En attendant, les agriculteurs bio perdent leur droit au label et aucune assurance ne veut couvrir pareil risque.

C’est ce que dit Jane Goodall.
Voici des extraits de sa longue interview (3 pages) dans Le Monde par F. Joignot. Merci à Claire de m’avoir envoyé cet article !

Le docteur Jane Goodall a bouleversé les sciences de la nature, l’éthologie, toutes nos conceptions bornées sur les « animaux-machines » – de mauvais prétextes, dit-elle, pour les massacrer. Elle a mené en Tanzanie la plus longue enquête jamais faite sur les chimpanzés, vivant parmi eux, les étudiant jour et nuit.

Ses recherches, comme celles de Diane Fossey sur les gorilles et Frans De Waal sur les bonobos, ont fait reculer le « propre de l’homme« . Elles ont mis en évidence l’usage d’outils, une conscience de soi, le recours à des symboles, des formes de ruse, de politique et de culture chez les grands singes. Elles ont révélé que nous étions « le troisième chimpanzé« , leur proche cousin. Des découvertes qui rendent leur extinction annoncée encore plus odieuse.

Jane Goodall a été honorée pour ses travaux par la National Geographic Society, reçu la médaille Benjamin Franklin pour les sciences de la vie, le titre de « messager de la paix » des Nations unies, la récompense Gandhi-King pour la non-violence – et elle est officier de la Légion d’honneur française. Elle est l’auteur de plusieurs livres, essais et articles d’éthologie importants. Elle sillonne désormais le monde pour alerter l’opinion. Elle passe à Paris en cette fin janvier pour lancer un nouveau combat, défendu dans son dernier ouvrage paru : Nous sommes ce que nous mangeons (Actes Sud).

Dans son livre, Jane Goodall dénonce notre « boulimie » occidentale de viande. Elle en énumère les conséquences, comme l’avait déjà fait l’économiste Jeremy Rifkin dans son étude Beyond Beef (« Au-delà du bœuf« , Plume Books, 1993, non traduit). Les chiffres qu’ils citent effraient. 1,2 milliard de bœufs, vaches, veaux et moutons destinés à l’abattage vivent sur terre : 100 000 bovins sont abattus par jour aux Etats-Unis, 3 000 000 par an en France. Ce véritable continent d’animaux de boucherie, et la monoculture céréalière qui l’accompagne, occupent 25 % des terres cultivées planétaires. Un tiers des céréales mondiales nourrit le bétail que dévorent un demi-milliard d’Occidentaux trop gras.

Au Brésil, 23 % des terres arables vont à l’alimentation du bœuf exporté, au détriment du maïs et des haricots noirs, nourriture de base des paysans. 90 % du bœuf du Guatemala, pays en malnutrition, part aux Etats-Unis. 50 000 tonnes de bœuf passent chaque année de l’Amérique latine aux Etats-Unis.

Les conséquences ? L’obésité (…) L’eau gaspillée (…) Et le réchauffement planétaire (…) – une molécule de méthane accumule 25 fois plus de chaleur solaire qu’une molécule de CO2.

Beaucoup de grands poissons sont condamnés à court terme : elle en dresse la liste dans son ouvrage, au chapitre « Le pillage des mers et des océans« . D’après des enquêtes canadiennes récentes, le saumon boccacio, la raie tachetée, le chevalier cuivré, le colin, l’églefin, l’espadon, le capelan, le thon, la morue (ou cabillaud) sont tombés en Atlantique en dessous des 10 % de leurs populations de 1950.

« Quand j’étais petite, la morue était considérée comme le pain de la mer . Elle était très bon marché. Nous en achetions dans les fish and chips et les emportions chez nous dans du papier paraffiné. Aujourd’hui, la morue est en voie d’extinction. Tout comme le saumon sauvage. Nous mangeons des saumons d’élevage entassés dans des fermes piscicoles où on les nourrit avec des petits poissons, décimés à leur tour. Ils attrapent des poux de mer qui se répandent hors des cages et exterminent les espèces sauvages. Ils présentent des ulcères, des maladies du foie, deviennent obèses. Les producteurs les traitent avec des antibiotiques et des hormones de croissance. Ils les inondent avec des colorants roses pour que leur chair soit présentable dans les supermarchés. Des études menées par la biologiste Angela Morton en Colombie-Britannique ont montré qu’ils sont infestés par des bactéries résistant à 11 antibiotiques sur 18. »

Le docteur Jane Goodall ne se lasse pas d’égrener les absurdités associées à ce qu’elle appelle l' »agrobusiness ». « Prenez l’usage méthodique des semences à rendement élevé. Elles finissent par appauvrir dangereusement le patrimoine génétique des plantes mondiales. En 1970, dans toute l’Asie, les semences de riz ont été attaquées par un virus. Les scientifiques ont cherché partout une espèce résistante. Ils en ont trouvé une seule, dans une vallée indienne reculée. Aujourd’hui, cette vallée a été submergée par un projet hydro-électrique. Que se serait-il passé, si cela était arrivé avant ? »

Quand elle parle des OGM, c’est pour mettre en garde. « De très nombreuses anecdotes montrent que les animaux ont une aversion naturelle pour les OGM. Ainsi les oies sauvages ne vont jamais dans les champs de colza à graines modifiées. En Amérique, des éleveurs ont constaté que les vaches préfèrent le maïs naturel au maïs Bt, les porcs dédaignent les rations OGM. Quant aux ratons laveurs, ils dévastent les champs bio, pas les autres. Pourquoi ? Ils développent des sens plus acérés que les nôtres. Une étude systématique réalisée en Grande-Bretagne par le chercheur Arpad Pusztai a montré que les pommes de terre Bt rendent malades les rats de laboratoire. Ce chercheur a été suspendu, puis, heureusement, réhabilité par la revue The Lancet. »

Derrière sa critique de la nourriture industrielle, les animaux demeurent toujours au cœur de ses préoccupations. « Aux Etats-Unis, les produits chimiques agricoles tuent à peu près 67 millions d’oiseaux chaque année. En Iowa, on ne les entend plus saluer le printemps sur les terres cultivées. Silent spring,  » le printemps silencieux », la prophétie de Rachel Carson, une des initiatrices du mouvement écologique des années 1960, semble en passe de se réaliser. C’est affreux… » Quand on oppose à Jane Goodall qu’il faut bien développer une agriculture intensive pour nourrir une population de six milliards d’humains, elle se fâche.
« Je crois à l’avenir de la culture biologique.
– Mais cela ne suffira pas…
– Les jeunes générations comprennent, je le vois dans toutes mes conférences. Elles vont boycotter la nourriture industrielle, elles vont changer leur manière de se nourrir, et cela va gagner le monde…
– Vous voyez des signes d’optimisme ?
– Partout. En 1990, aux Etats-Unis, les consommateurs ont acheté pour 1 milliard de dollars d’aliments et de boissons issus de l’agriculture biologique. En 2002, ce chiffre atteignait 11 milliards. Que se passera-t-il en 2020 ? Résultat immédiat, de plus en plus de fermiers américains choisissent de se convertir aux méthodes biologiques. On comptait en 1997 485 000 hectares bio . Ils avaient doublé en 2004. C’est très encourageant. Il faut aussi voir les rendements. Pendant la sécheresse de 1998, les exploitations bio américaines ont donné des récoltes beaucoup plus abondantes que les fermes industrielles. Cela commence à se savoir… Même si notre vieux monde industriel, voué au profit rapide, ne change pas par préoccupation éthique ou par compassion pour les animaux, il devra bien évoluer ne serait-ce que pour survivre. Cela me rend optimiste !
« 

Si vous souhaitez encourager les zapatistes et/ou si vous aimez le café, sachez que vous pouvez en commander auprès du CSPCL (Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte). La souscription commence dès aujourd’hui car il n’y aura qu’une seule livraison, par bateau, en juin.

Il s’agit d’un arabica cultivé de façon biologique et acheté à un prix équitable aux producteurs locaux. Vous trouverez tous les détails sur le site du CSPCL.

Attention, il faut imprimer et renvoyer le bon de souscription au CSPCL (Paris) avant fin décembre.

Bon, ça, c’est pour la France, mais s’il y a des Belges que cela intéresse, sachez que c’est également possible via un relai liégeois (ils vont l’importer ensemble dans le même container). Je suis en train de prendre contact avec eux pour connaître la marche à suivre au niveau des commandes et de la livraison.

Commentaires récents

Alain dans En mode colibri
Jennifer.muller dans Rigole d’Yonne : l…
Zia Darma dans En mode colibri
Alain dans En mode colibri
Hervé dans En mode colibri

Archives

Conditions d’utilisation

Vous pouvez utiliser les textes et photos de ce site à condition que vous en citiez/linkiez la source et que l'usage ne soit pas dégradant.
Aucune utilisation à des fins publicitaires (i.e. commerciales, politiques, etc.) n'est autorisée.
Si vous souhaitez utiliser une photo à des fins privées (fond d'écran, etc.) : servez-vous, c'est fait pour !!

Entrer votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.