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Samedi 15 octobre 2005 – Retour à Bruxelles

On n’a réussi à dormir que quelques heures dans la nuit. Mais malgré cela, je maintiens que le Yildiz Hotel ** est bien mieux que le Aktaş Otel *** ! En effet, les bruits de circulation et de klaxons sont atténués et nous n’avons pas eu un foreur fou toute la nuit. Le problème ici ce sont les gens qui n’arrêtent pas de faire du boucan. Les portes qui claquent, les télévisions dont le son a été mis à fond, les conversations plus ou moins hurlantes, les ascenseurs (nous sommes malheureusement en face)… c’est du non-stop.

La télévision d’un voisin gueulera toute la nuit, avec juste une pause entre 3 et 4h du matin. Vers 4h le téléphone situé dans le couloir, en face de notre chambre, commence à sonner. La sonnerie stridente dure longtemps, puis ça cesse. Et ça reprend quelques instants plus tard. A trois reprises. Impossible de fermer l’œil, nous sommes crevés. Inutile de dire que ça ne remonte pas notre humeur à un niveau qualifié de bon.

Matinée assez morne, seul le système de fermeture de la porte est assez rigolo. Le verrou est symboliquement attaché à la plinthe de la porte, dont certains clous tiennent encore vaguement.

Nous allons déjeuner dans un salon de börek beaucoup moins bien que celui de l’aller, puis nous retournons à l’hôtel où on nous fait une remarque parce qu’on était parti en emportant la clé de notre chambre… ils ont dû voir qu’on n’était pas d’humeur car ils n’ont pas insisté.

Nous marchons jusqu’au terminal Havaş, il est 9h10 et le bus pour l’aéroport part à la demie. En cours de route nous observons des quartiers entiers qui sont rasés sur un ou deux kilomètres de long ! Il n’y a plus que les mosquées qui tiennent debout. Après 1/2h de trajet, nous voilà sur place. C’est curieux, ils ont installé un système de détection des métaux à l’entrée de l’aéroport. Or, on arrive forcément avec des objets métalliques puisqu’on arrive avec tous nos bagages ? Je n’ai pas bien compris l’utilité.

S’ensuit une très longue attente : il est 10h et notre vol ne part qu’à 14h45. C’est un choix que nous avons fait suite à la déception de la veille, nous n’avions plus envie de visiter la ville. L’aéroport est assez petit, et à part observer les gens il n’y a pas beaucoup d’occupations possibles. En face de nous une femme en burqa dont on ne voit strictement rien que les yeux (et encore). Nous nous demandons pour quelle destination elle et son mari s’envoleront… vers l’est sans doute. C’est la première fois que je vois une femme ainsi dissimulée des pieds à la tête. J’avoue avoir du mal à être compréhensive.

A tour de rôle nous partons explorer les petits commerces présents dans le hall de l’aéroport. Les prix sont exorbitants. Par exemple ils demandent 6 liras pour un thé alors que partout ailleurs c’est 0,50 liras !

Nous repassons dans un portique de sécurité. Là encore, on se demande l’utilité car lorsque ça sonne et qu’ils ne trouvent pas rapidement l’origine, ben ils laissent passer… L’embarquement se passe bien et le vol de retour est direct pour Bruxelles, donc aucun tracas de correspondance ou d’égarement de bagages. Seul ennui, un sale gosse derrière mon siège, que sa mère laisse tout faire malgré nos plaintes… un vrai pic vert !

Inutile de dire que, malgré ce bémol d’être passé par Ankara, je garde un merveilleux souvenir de ces vacances en Cappadoce ! 🙂

Vendredi 14 octobre 2005 – Retour à Ankara

La Cappadoce, c’est fini. Nous refaisons nos sacs et direction le centre de Göreme, d’où partent les bus. A peine sommes-nous au guichet qu’un bus pour Ankara arrive, il s’agit de celui de 9h qui est en retard d’un quart d’heure. Nous sautons dedans en quatrième vitesse !

Les ruines d’un caravansérail, en passant… Cette fois-ci, nous n’aurons pas droit aux multiples cérémonies du thé, juste à l’eau de Cologne. C’est manifestement à cause du ramadan. Sur les 5h de trajet, on reçoit un seul verre d’eau. Verre d’eau qu’ils ont réussi à asperger d’eau de Cologne au passage, beurk !! Nous longeons comme à l’aller le grand lac salé.

A Nevşehir, c’est-à-dire juste après avoir quitté Göreme, le bus fait une pause et attend 10h pour repartir. Après, nous n’aurons plus de pause jusqu’au relais déjà visité lors de l’aller. On y était resté 3/4h à cette occasion, mais on avait mangé sur le pouce car ils avaient annoncé un temps de pause beaucoup plus réduit initialement. Du coup cette fois-ci, on prend le temps d’aller commander un truc chaud (il est 13h). C’est pas de la grande cuisine hein, juste qu’ils nous réchauffent une sorte de börek déjà cuit.

Ben même ça on n’a pas eu le temps. On a vu les gens se rediriger vers le bus, mais les gars du snack nous rassuraient, nous disaient « no problem » en nous faisant signe de nous rasseoir. Tu parles !! Ils ont mis le moteur en route, AàG a juste eu le temps de leur lancer un billet (gardez la monnaie) et moi d’emballer notre dîner dans une serviette, puis on a couru vers le bus à toutes jambes… La pause a duré moins de dix minutes cette fois-ci. Fichu ramadan !!

Ca m’a stressé cette histoire parce que quelques jours auparavant, on soupait sur la grand route de Göreme quand on a aperçu dans le noir un touriste qui galopait en plein milieu de la rue en hurlant après son bus qui s’en allait sans lui, avec probablement tous ses bagages dedans, peut-être même ses papiers et son argent… j’ignore comment l’histoire s’est terminée pour lui mais c’est vraiment horrible comme mésaventure.

Nous arrivons à la gare des bus d’Aşti (Ankara) vers 14h15. On se fait immédiatement accoster, de manière plutôt cavalière pour ne pas dire sauvage, par plusieurs personnes « TAKSI ! Taksi ?». Nous reprenons le tram et le métro jusqu’à Ulus. Il est hors de question de remettre les pieds au même hôtel que la dernière fois, nous en cherchons un qui soit plus reculé par rapport à la grande artère. Nous choisissons le Yildiz Hotel, qui a deux étoiles et coûte le même prix que le Aktaş. Comme d’habitude, la réception est en marbre mais les chambres sont pourries ! Enfin elles sont déjà bien mieux que le Aktaş et elles donnent sur l’arrière, cela devrait donc être plus calme. Vue depuis la chambre :

Après avoir déposé les sacs, nous partons visiter la ville, ce que nous n’avions pas eu l’occasion de faire à l’aller. C’est un immense chaos routier parmi des buildings quelconques, le nombre de véhicules et la largeur des routes sont impressionnantes. Il y a un système que j’apprécie beaucoup, c’est l’affichage au-dessus des feux du temps restant pour cette couleur. C’est tout simple mais il fallait y penser et mettre l’idée en œuvre !

On voit de tout, de la carriole au modèle grand luxe dernier cri, en passant par tous les intermédiaires. Il y a également un grand nombre de taxis et de dolmuş qui foncent dans tous les sens sans se soucier des autres usagers. Après la campagne cappadocienne, ce milieu urbain ultra bruyant et stressant est difficile à supporter…

Il y a une grande pastanesi (pâtisserie) qui nous fait de l’œil, ses vitrines sont appétissantes et un cuistot a établi sur le trottoir un plateau de cuisson où il élabore des boulettes de pâte trempée dans le miel. Sur la photo le cuistot pose tout fier et sérieux, mais dans la réalité il était très souriant 🙂
Ca sent bon et ça a l’air délicieux, nous lui en prenons un paquet saupoudré de cannelle et nous nous trouvons un banc dans une rue plus calme pour déguster. En fait c’est hyper gras et hyper sucré, ça nous pèse sur l’estomac comme si c’était des boulettes de béton !

Nous commençons l’ascension du parc, cela fait du bien de s’éloigner des bruits de circulation et des échappements puants. En haut de la colline se trouve l’ancienne ville fortifiée. La montée est ardue, les boulettes refusant de passer correctement le cap de la digestion ! Le parc est verdoyant et tranquille, il y a plein de bancs et nous ne sommes pas avares de nos fesses 😉

En fait ce parc est le purgatoire entre deux enfers. Celui du bas je vous l’ai déjà un peu présenté et il n’est pas fort différent de celui qu’on peut rencontrer dans d’autres capitales. Celui du haut est plus surprenant.

Passé la porte des anciennes murailles, c’est la vieille ville. Elle se compose de maisons pauvres, souvent délabrées. Le contraste avec les immeubles que nous venons de quitter est saisissant, on croirait entrer dans un bidonville. Les rues, souvent étroites du fait de leur ancienneté, sont remplies d’enfants qui jouent. Il n’y a pas une voiture. C’est vraiment dommage, nous n’avons pas pensé à amener le dernier paquet de bonbons qu’il nous reste… Nous avons pris quelques photos dans les zones plus solitaires.

Je préfère de loin cette ambiance-là, les vieilles ruelles et les gens authentiques. Sauf que. Un enfant qui a peut-être 8 ou 9 ans s’attache à nos pas, nous parle et essaie de nous attirer dans une direction. Il ne connaît que quelques mots, principalement « hello » et « monsieur ».

Au début nous le trouvons sympathique et essayons de causer avec lui, mais en fait nous comprenons rapidement que la seule chose qui l’intéresse c’est « money », qu’il n’arrête pas de nous répéter de manière de plus en plus insistante. Il nous suit partout, tout le temps, et est vraiment très lourd. Nous finissons par le nier car il refuse de prendre en compte nos « hayir » répétés…

Quand nous arrivons au sommet de la citadelle, des petites filles d’une dizaine d’années se précipitent en courant vers nous pour nous vendre leur quincaillerie de bijoux pour touristes. Notre petit guide improvisé colle toujours à nos basques et répète sans cesse comme un perroquet « money mischieur », c’est à devenir fou. Un grand ras-le-bol s’empare de nous et on s’enfuit, las. De la laine sèche dehors. Des femmes essayent de nous interpeller pour nous vendre des foulards, etc. Je comprends bien qu’ils vivent dans la pauvreté et que les touristes leur apparaissent comme de providentiels billets sur pattes, mais ce matraquage est très fatiguant et démoralisant. Ce rapport d’argent plombe trop les relations avec les gens. Moi qui ai tant envie de voir l’Inde, je me demande finalement si je supporterais…?

Dès que nous passons la porte de la muraille, c’est la tranquillité. Cela nous fera penser au tunnel dans Chihiro… Je caresse deux petits chats sur un muret. On tente de remonter dans la vieille rue commerçante de l’ancienne ville mais le cœur n’y est plus vraiment.

Du coup on redescend le parc et on tournicote dans les quartiers plus modernes, pour faire passer le temps. Certains quartiers sont dédiés à l’électronique, d’autres à la plomberie… Le plus intéressant, ce sont les halles. Un immense marché couvert très esthétique.

Aucun endroit ne nous tente pour manger. Les salles sont enfumées, ça se bouscule… nous finirons par prendre un kebap à emporter dans un restaurant. En fait ce n’est quasi que du pain et des tranches d’oignons crus, avec vaguement un peu de viande, quelques feuilles de salade et une rondelle de tomate. Le tout n’est pas très bon. Nous décidons finalement d’aller acheter un paquet de biscuit et un litre de vişne suyu dans un supermarché (car oui, ici il y a des grands magasins, ça nous change).
A l’abri de la pollution et du bruit, dans notre chambre, nous mangeons un peu mais le moral et l’estomac ne suivent pas. Heureusement nous avons encore des réserves de papier toilette. Soirée assez morne, seule l’évacuation de la baignoire est assez rigolote.

Puisque Schleuder voulait des photos « moins grandioses » (sic 😉 )…

Les Mehmet-shops de la gare des bus à Ankara. J’ai une ou deux autres photos de Mehmet-shops, pas grand chose en fait, mais je les mettrai au fur et à mesure dans les notes ad hoc.

Les écolières d’Avanos… les cours ne durent qu’une demi-journée.

Dimanche 2 octobre 2005 – Adieu Ankara, bonjour la Cappadoce

Finalement nous avons dormi… de 6h à 8h. Aussi nous ne sommes pas de très bonne humeur quand nous quittons notre chambre. Lorsque nous nous plaignons (en turc et en anglais) à la réception du Aktaş Hotel, ils font manifestement semblant de ne pas nous comprendre (vous voulez un petit déjeuner ?). Un type nous dit « Say it in english ». C’est ce qu’on vient de faire, crétin ! Bon je n’ai pas dit « crétin » car les insultes sont paraît-il passibles de prison en Turquie. (Pis je sais pas comment le dire en anglais.)

Nous petit-déjeunons à la mode bosniaque dans une « pas c’te année-ci » (pastanesi : pâtisserie) où ils servent des böreks à la viande très corrects. Ensuite, direction le métro, qui se révèle être assez classique pour ne pas dire quelconque. Nous descendons au terminus (Kizilay), de là un autre métro (mais qui n’est pas appelé métro, allez comprendre) nous conduira jusqu’à Aşti, la principale gare des bus.

Un hall immense abrite les guichets d’une centaine de sociétés de bus et plein de petits commerces (que nous appellerons par la suite des Mehmet-shops). D’après ce que j’ai lu, les trois sociétés de bus qui proposaient Ankara-Cappadoce ont fusionné pour devenir la compagnie « Nevşehir » (du nom d’une ville cappadocienne). C’est auprès d’eux que nous prendrons notre billet pour Avanos.

On est tout de suite plongés dans l’ambiance exotique : le plancher du bus est garni de tapis et la musique turque fait danser les oreilles jusqu’à s’incruster dans l’inconscient ! Régulièrement l’accompagnateur fait le tour des passagers pour leur proposer une généreuse aspersion d’eau de Cologne sur les mains (j’ignore l’origine de cette coutume). Il distribue ensuite à plusieurs reprises des gobelets de çay (thé) ou kavhe (café), avec un petit kek (cake) en accompagnement. Je comprends mieux le prix du billet 😉

La route est très monotone, le paysage est austère et très sec. Les quelques tracteurs que nous voyons au loin soulèvent un flux de poussières impressionnant. Nous n’avons pas encore fait beaucoup de trajet lorsque le bus s’arrête sur une aire de repos comprenant un magasin de souvenirs, un restaurant, un snack, un étal de loukoums et un autre de fruits, ainsi que des toilettes payantes. Ne sachant pas très bien combien de temps il s’arrête, nous mangeons très frugalement une toute fine pizza saupoudrée de salade défraîchie et de jus de citron, le tout roulé en… rouleau, ben oui. Finalement la pause dure près d’une heure ! On glande à l’ombre en attendant le départ. Il y a un couple de Français et un Allemand qui se font la causette en anglais, ce sont les seuls autres touristes du bus.

Nous passons à proximité du Tuz Gölü, un gigantesque lac salé (visible ci-dessus) d’où proviennent, si mes souvenirs sont bons, les ¾ du sel consommé en Turquie. Le reste du trajet se fera à bonne allure, sans autre pause. Le prix de l’essence est assez invariable entre Ankara et la Cappadoce : entre 2,7 et 3 liras le litre pour la super (soit 2 €/l alors qu’en Belgique à la même période elle est à 1,4 euros/litre !) et 1,2 liras/l pour le diesel (soit 0,8 €/l alors qu’ici c’est grosso modo 1 euro/litre).

Avant d’atteindre Avanos, le bus traverse Göreme, où nous apercevons des cheminées de fée. Wouah, ça a l’air bien !! A Avanos, le long de la rivière Kizilirmak, deux autruches se pavanent et narguent la petite volaille qui nage à proximité (oies, canards). Je suis un peu déçue par l’eau, que j’espérais aussi transparente qu’en Bosnie ! Sur un îlot, des poules. Que font-elles bloquées là ?!

Avanos constitue la partie nord de la zone qui nous intéresse. Il y a là une grande tradition de poterie, et une grande tradition de français aussi comme nous nous en rendrons compte par la suite. Deux enfants nous disent hello à un arrêt de bus, ce sera notre première distribution de bonbons (AàG a emporté 3kg de fruite11a) 🙂

Une chose que nous ne verrons qu’à Avanos : la matérialisation quasi systématique des arrêts de bus (sous forme de petites cabanes en rondins). Autrement, dans le meilleur des cas, il y a juste un poteau avec la destination et le plus souvent, il n’y a rien du tout. Il faut être observateur : il y a des gens qui restent plantés sur le trottoir à ne rien faire ? Peut-être bien qu’ils attendent le bus. Peut-être aussi qu’ils attendent que « ça se passe » (ça fait très local de faire ça, on a remarqué). Heureusement les dolmuş quant à eux s’arrêtent partout, il suffit de :
1) savoir quel est le trajet du dolmuş pour se placer dessus
2) le voir arriver (c.-à-d. reconnaître son klaxon parmi les autres)
3) parvenir à décrypter sa destination (un papier ventousé au pare-brise)
4) lui faire signe à temps
Et le tour est joué !

Nous nous mettons en quête de la Venessa Pansiyon, dont nous avons trouvé les coordonnées sur le net. Dans la rue principale, tout le monde nous regarde bizarrement. Faut dire qu’avec nos gros sacs à dos (+ le petit sur le ventre), il serait difficile de passer inaperçu. Dans une petite ruelle montante, nous trouvons l’entrée de la pension. Elle a l’air très bien alors nous sonnons. Pas de réponse. Ah, on n’avait pas prévu ce cas de figure-là ! Est-ce la sonnette qui ne marche plus ou sont-ils absents ? On décide de réessayer et d’attendre un peu.

Quelques minutes plus tard, un gamin ouvre la porte en coup de vent pour sortir et s’arrête net dans son élan, surpris de se retrouver face à nous ! Il appelle le logeur, qui se moque gentiment de nous : la porte était ouverte, il suffisait de rentrer… Il est jeune, semble sympa, parle bien anglais et sait également parler un peu français. La maison est à flanc de colline : à moitié construite, à moitié creusée. Cette dernière partie est très ancienne, et lorsqu’ils ont rénové la maison, ils ont découvert une « cité souterraine ». Beaucoup de maisons en avaient une, dans l’ancien temps. Elle n’est pas ouverte au public mais bien aux clients qui le souhaitent (c’est « in the pocket » nous confirme-t’il en souriant 😉 )

C’est en montant voir la chambre que nous faisons connaissance avec les escaliers de Cappadoce : les marches font trois fois la hauteur normale !! Humpf, ce sac à dos pèse soudain trois tonnes de plus, et il y a un deuxième escalier identique. Le logeur se
rappelle un peu tardivement d’une notion appelée « galanterie » et me propose de porter un sac, mais il ne reste plus que quelques marches à franchir. A une –notable- exception près, tous les Turcs seront pareillement déficients à ce niveau.

La chambre est assez typique avec sa banquette en pierre recouverte de tapis. La salle de bain est en hauteur, elle est troglodytique – rien de bien original si ce n’est une toilette turque (en Belgique on dit aussi « toilette française ») et une porte d’accès basse (aïe la tête). C’est tout à fait convenable, nous nous installons ravis. Après Ankara, c’est le paradis !

Nous allons faire connaissance avec la ville. Première constatation : malgré qu’on se soit délesté de nos sacs, tout le monde nous regarde encore. Deuxième constatation : euh, en fait c’est moi qu’ils regardent. Des hypothèses multiples seront envisagées pour expliquer ce phénomène, aucune ne semblant satisfaisante en soi :
– on voit mes cheveux / certaines jeunes filles turques ne portent pas le foulard non plus
– ils sont châtains clairs / des locales (rares mais il y en a) ont également cette couleur
– j’ai les yeux bleus / même remarque que ci-dessus
– on voit la moitié de mes bras et de mes mollets / la grande majorité est couverte des chevilles aux poignets mais une locale exhibe publiquement un piercing au nombril sans attirer autant l’attention
– j’ai une couleur de Belge, c’est-à-dire que je suis aussi blanche qu’un chicon, surtout au niveau des mollets / il y a un peu tous les teints dans la population (brassage génétique oblige), mais il est vrai que beaucoup sont hâlés (climat oblige) et manifestement le courant gothique n’est pas encore parvenu jusqu’ici 😉

Au bout de la rue principale, il y a une grande mosquée avec deux minarets. Tout le long de cette mosquée, c’est l’allée des « frit-kots » : une dizaine de marchands de kebaps qui ont beaucoup de succès auprès des écoliers. Ces derniers sont tous en uniforme. Robe ou vareuse bleue pour les plus jeunes, costume (ou tailleur) avec chemise et cravate pour les adolescent(e)s. Je suis étonnée de constater que pour les jeunes filles, la jupe peut être au-dessus du genou – elles portent toutes des épais collants, mais quand même ! Quand on compare avec l’habillement de la génération précédente, ça fait bizarre.

Tout près de cette mosquée, un pont piéton traverse la rivière, qui est assez large. Ce pont est très rigolo car il est constitué d’une passerelle en bois suspendue. Sous l’impulsion du vent et surtout des gens qui la traversent, elle tangue énormément ! Nous la reprendrons plusieurs fois, pour le plaisir 🙂 En rejoignant la terre ferme, l’impression de houle persiste encore plusieurs minutes, ça nous amuse beaucoup ^^

La vieille ville, constituée de troglodytes aménagés, est à moitié abandonnée. Elle monte jusqu’en haut de la colline, où se trouvent le cimetière et des quartiers manifestement plus pauvres. Il y a eu des effondrements et la nature reprend petit à petit ses droits, c’est assez esthétique et de là-haut nous avons une belle vue sur la ville. Nous nous y promenons un bon bout de temps, c’est une belle plaine de jeu pour nous (et il y a des chats) ! Dommage que certaines parties aient été murées.

Nous y découvrons notre première meule. Il s’agit d’un énorme disque en pierre taillé sur place et placé sur sa tranche, que l’on roulait devant l’entrée du souterrain à protéger. Il n’était manoeuvrable que de l’intérieur, et une colonne creusée dans la masse empêchait que l’ennemi ne le bascule en arrière. Un petit trou creusé au milieu de la meule permettait à l’air de circuler, et de faire passer une lance pour tenir les attaquants en respect.

Dans le centre ville, après quelques essais infructueux, je parviens à trouver un « market » de grande taille (pour là-bas !) qui vend des croquettes pour kedi (chat). Malheureusement, seuls les (rares) chats nourris se laissent facilement caresser, les chats errants sont pour la plupart très craintifs. Je me suis d’ailleurs fait griller dans une de mes tentatives d’approche, pendant qu’AàG était remonté chercher quelque chose dans la chambre. Accroupie dans le noir à une dizaine de mètres de la pension, je vaque à mes petites occupations (petit petit, allez viens kedi, viens) avec le chaton sauvage du terrain vague d’en face, quand soudain… « Que faites-vous ? » me demande en français une voix peu amène. C’est le logeur. Je lui réponds que je nourris un chat, et il rentre chez lui sans rien répondre. Hurmpf ?! Il doit nous trouver bizarres, mais à vrai dire nous aussi on le trouve un peu bizarre ^^

Sur la recommandation du logeur, nous allons manger dans le petit restaurant d’en face, le Tafana. « Tafana » est un mot typique d’Avanos et désigne le lieu où tout le monde se réunit, le cœur de la maison. Nous y mangeons une pide (« pizza » turque) peynirli (au fromage) et un şiş kebap (« kebab » en français). C’est pas mauvais du tout, et le restaurateur est sympathique. Il a appris un peu de français à l’école dans son jeune temps, ça aide pour la conversation car notre Turc n’est pas encore très au point !

Nous retournons dans la vieille ville pour nourrir un chaton tout doux que nous avions caressé dans l’après-midi. Il est toujours dans les parages et reçoit une bonne ration de croquettes au poisson ! Miam ! Nous ne tardons pas à aller dormir car nous sommes épuisés du fait de la nuit blanche à Ankara.

Bon je vous avais dit que je ferais « dans le détail » !! En plus il n’y a pas beaucoup de photos pour cette journée-ci, donc ça va vraiment être saoulant, vous êtes prévenus 😉

Samedi 1er octobre 2005 – Des vacances qui ne commencent pas si bien que ça.

Si l’aéroport de Zaventem a un avantage, c’est bien d’être facilement accessible en train depuis les grandes gares bruxelloises. Sauf que.
Notre train direct pour Bruxelles est supprimé sans réelle information préalable, pour cause de travaux. Nous voilà obligés d’attendre l’omnibus, dont les quelques wagons sont évidemment bondés de voyageurs pris au dépourvu.

Arrivés à Bruxelles-Nord, notre correspondance, le « Brussels Airport Express », est en retard. Heureusement que nous avions prévu suffisamment de temps, sachant qu’on ne peut jamais compter sur la SNCB !

Il y a des files monstrueuses à l’enregistrement des bagages, je ne sais pas où tous ces gens vont mais… notre file à nous, Istanbul via Turkish Airlines, se compose de très exactement deux personnes 🙂 C’était pareil lorsque nous étions partis pour Tallinn et Zagreb.

La file qui mène au contrôle des passeports nous semble gigantesque. Notre avance ne nous semble soudain pas si grande que ça. On s’amuse du manège de certains qui zigzaguent en douce pour gratter une place : le surnommé « Doudou », un africain en robe chatoyante, est particulièrement roublard ! Il y a également une dame qui transporte une grande orchidée, elle est obligée de la mettre de biais dans le détecteur ^^

L’avion de la Turkish Airlines part avec un peu de retard. Là, première grande surprise : on nous sert à manger et…
1) on a le choix entre deux plats, c’est le grand luxe
2) ce sont des plats (très) chauds – et garantis sans porc
3) c’est bon ! je ne laisse pas une miette sur mon plateau

Lorsque nous avions pris l’avion auparavant, que ce soit avec SN Brussels Airlines, la LOT (Polish Airlines) ou Croatia Airlines, les repas avaient toujours été des plats froids dégueulasses.

Nous arrivons à l’heure à Istanbul, nous avons donc 1h20 pour le transit vers Ankara. Nous ne traînons pas et arrivons au contrôle des passeports quand la file est encore raisonnable. Je tends ma carte d’identité et là deuxième grande surprise, le gars me réclame un visa ! Or, pour un citoyen belge, la carte d’identité suffit pour rentrer en Turquie, c’est du moins ce qui est écrit sur tous les sites officiels. J’essaie de lui expliquer et je lui montre mon ancien passeport au cas où cela l’amadouerait, mais la porte de prison en face de moi ne connaît qu’un seul mot : VISA ! L’est pas très aimable, alors je n’insiste pas. La file pour les visas est énorme, comme le temps nous presse je demande à des gens de pouvoir en court-circuiter une bonne moitié et ils acceptent – ouf, c’est toujours ça de gagné.

Allégée de 10 euros et nantie d’un beau visa collé dans mon passeport périmé, nous retournons faire la file au contrôle, anxieux qu’on nous refuse à nouveau. Ca prend un de ces temps, bordel ! Cette fois-ci je passe sans problème et c’est en courant que nous parcourons les longs couloirs car notre avion est déjà en phase d’embarquement. Ils sont avares de panneaux dans cet aéroport, nous devrons finalement demander pour trouver le chemin du « domestic transit ». Nous courons d’un point contrôle à un autre, avec mon sac de 6 kg c’est un peu pénible.

Inutile de décrire notre soulagement quand on pose le pied dans l’avion, un quart d’heure avant l’heure théorique de décollage ! Des passagers arriveront encore bien après nous, ils n’ont pas l’air inquiet ni essoufflé, c’est typiquement le genre de truc que je ne peux pas comprendre ^^

Côté hublot, je surveille le chargement des bagages, guettant l’arrivée des nôtres. En effet, nous avons entendu des histoires comme quoi certains passagers doivent récupérer leurs bagages lors de leur correspondance et les faire réenregistrer. Comme notre correspondance est également un avion de la Turkish Airlines, ça ne s’applique normalement pas pour nous, mais je suis une grande stressée. J’aperçois nos deux sacs à dos sur un chariot, ils sont placés (avec douceur, ça change de Zaventem) sur le tapis roulant montant vers la soute, je suis soulagée. Le vol ne dure qu’une heure, mais on nous sert quand même une collation. Je découvre ainsi mon premier vişne suyu (que je traduirais par jus de cerises aigres ou sures ?).

Arrivés à Ankara, deux bus attendent indistinctement les passagers. Nous montons dans le premier, qui est aussi rempli qu’une boîte de petits pois. On en voit se diriger vers le 2ème (quasi vide) et se faire remballer, donc nous ne tentons pas l’aventure. Le hall d’accueil est minuscule et les bagages commencent presque aussitôt à défiler : des valises mais aussi plein de cartons vaguement ficelés, des sacs en jute, voire des sacs plastiques, c’est assez hallucinant. On attend. On attend encore. On attend toujours. Quasi tous les passagers sont repartis avec leurs multiples bagages, les nôtres ne sont toujours pas là.

Un employé nous fait comprendre avec quelques maigres mots d’anglais que nous devons aller au guichet « bagages perdus / réclamations ». Je refuse vigoureusement, puisque je les ai vus se faire embarquer dans l’avion, il est impossible qu’ils ne soient pas arrivés à bon (aéro)port !
Nous attendons encore, sans plus de résultat. Finalement, il revient et nous fait signe de le suivre. Nous sortons de l’aéroport (warning intracrânien) pour y rerentrer 100m plus loin. Il y a en fait une autre salle pour les bagages internationaux. C’est sans doute là que le deuxième bus devait mener… Pourtant nos bagages viennent d’Istanbul, trafic national donc ! Nous avons de la chance de les retrouver car ils nous attendent depuis facilement 1/2h.

Dehors il fait déjà nuit. Nous nous faisons accrocher par un chauffeur de bus Havaş (nous n’avons d’ailleurs vu que cette compagnie-là pour relier le centre ville). Le trajet est hyper cher : pour environ 30km, ils font payer 9 liras (6 euros) par personne ! Le trajet nous familiarise avec la manière de conduire des Turcs : ils naviguent aux klaxons. Klaxons au pluriel car le bus en a une demi-douzaine de différents. Eh oui c’est élaboré comme langage. Ce n’est pas forcément agressif, c’est souvent pour dire « attention garde ta droite car je vais te dépasser ». Quand je vous disais que c’était un langage élaboré.

Arrivés au terminal, des hordes de taksi veulent nous manger tout crus. Nous préférons naviguer au hasard des rues, cherchant Ulus, un quartier où se trouvent nombre d’hôtels. Il est très difficile de se faire comprendre lorsqu’on demande la route et les sacs pèsent, pèsent… Un petit moment de galère et l’obscurité n’arrange rien.

Nous finissons par trouver le Turist Hotel ***, qui exhibe des tarifs raisonnables par rapport aux autres… enfin du moins sur internet ! Car sur place c’est un autre discours qu’on nous sert. D’abord le petit jeu classique du « l’hôtel-est-complet-mais-finalement-il-y-a-quand-même-une-chambre-pour-vous ». Ils annoncent un prix de 80 dollars (80 liras), soit le double des tarifs indiqués sur le net. On refuse, c’est trop cher pour nous, pouf « special discount for you », le prix passe miraculeusement à 60 dollars. Nous partons.

Nous essayons de trouver un hôtel un peu plus en retrait de la grande avenue et nous tombons sur le Aktaş Hotel *** où ils semblent a priori un peu plus honnêtes puisqu’un panneau annonce les tarifs. La chambre est correcte, la salle de bain un peu moins mais il est tard et nous ne sommes pas du tout assurés que ce soit mieux ailleurs.

Je m’apprête à prendre une bonne douche : il n’y a pas d’eau. Hum. Je descends à la réception, le gars me dit « no problem » et me rapporte une bouteille de la cuisine. Je lui dis : hayir, duş ! Il m’assure que dans 5 minutes c’est réglé, et ce fut le cas. AàG part en promenade pour découvrir la capitale et faire quelques photos de nuit. Il y a des publicités géantes très alléchantes ;-p

Plus tard on frappe à la porte, je pense que c’est lui et vais ouvrir. Je sortais tout juste de la douche, j’étais en chemise de nuit avec les cheveux trempés, pas encore démêlés. C’était un gars de l’hôtel, et il frappait en fait à la porte des voisins. Hum !

L’eau d’Ankara est super chlorée, nous devons la laisser reposer longtemps avant de pouvoir la boire. Plus tard dans la soirée, AàG veut aussi prendre une douche. A nouveau plus d’eau. Super, l’hôtel est en travaux quoi.

Nous avons passé une nuit épouvantable. La circulation est toujours aussi dense pendant la nuit, les klaxons toujours aussi nombreux… et, surtout, il y a le foreur fou de l’hôtel. Le foreur fou avait déjà sévi en soirée, puis nous avions eu quelques heures de répit. A 2h du matin, le foreur fou s’est réveillé, frais comme un gardon, et a décidé de continuer ses travaux. Impossible de déterminer l’étage d’où le bruit venait, le foreur fou a continué par intermittence jusque 5h. AàG, qui a été investiguer, me rapporte qu’aux autres étages c’est la foire, tout le monde est réveillé, il y a de la musique à fond, etc. Pour cela au moins nous avons de la chance, nos voisins sont silencieux. A 5h30, une femme se lamente à hauts cris dans l’hôtel, on entend des gens qui s’en mêlent et essayent de la calmer sans succès. Nous ne saurons jamais ce qu’il s’est passé, s’il y avait un « vrai » problème ou si c’était juste quelqu’un de saoul.

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