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L’art de chercher sans trop trouver déplaire… Consternant.
On nous prend vraiment pour des canards sauvages.

Déclin des abeilles : les mots qui fâchent
Extraits de : LE MONDE | 13.04.2014 – Stéphane Foucart

C’est une étude fascinante qu’a rendue publique, le 7 avril, la Commission européenne. Conçue par Bruxelles (NdDDC : bon sang arrêtez de dire « Bruxelles » en lieu et place d’Union ou Commission Européenne, c’est insultant !) et conduite par un laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire française (Anses), cette enquête a essentiellement consisté à mesurer la mortalité des abeilles (…) dans 17 pays européens.

Mais le plus intéressant n’est pas le résultat obtenu. Le plus intéressant est le résultat qui n’a pas été obtenu.

Pourquoi ? Simplement parce que le protocole choisi visait à restreindre la recherche des causes des mortalités observées aux uniques pathogènes naturels (…)

Nous ne saurons donc pas quels résidus de pesticides se trouvaient dans les colonies les plus touchées. Et ce, alors même que des travaux académiques toujours plus nombreux montrent les effets délétères des nouvelles générations de pesticides et des mélanges de substances actives sur la survie des abeilles et des pollinisateurs.

(…)

(…) lisons les trente pages du rapport rendu public : le mot « pesticide » n’y figure pas. Le mot « insecticide » non plus, pas même une litote aussi bénigne que « produit phytosanitaire ».

On cherche, en vain, les mots « agriculture », « pratiques agricoles »… On se frotte les yeux. C’est un peu comme si une étude épidémiologique sur les causes du cancer du poumon avait non seulement omis de questionner les participants sur leur consommation de tabac mais que, de surcroît, les mots « cigarette » ou « tabagisme » aient été exclus de son compte rendu.

(…)

Cette pudeur sémantique rappelle celle des vieilles études financées par les cigarettiers américains, qui attribuaient d’abord le cancer du poumon à la pollution atmosphérique, au radon, aux prédispositions génétiques et, éventuellement, au… « mode de vie » – c’est-à-dire à la cigarette.

Que la science se pratique dans un contexte où il n’est pas possible d’énoncer un fait aussi trivial que le caractère nocif des insecticides pour les insectes devrait nous porter à une profonde inquiétude. Pas forcément pour les abeilles mais, surtout, pour ce que cela dit de notre société.

L’interdiction de certains pesticides sur certaines cultures à certaines périodes de l’année pour une période limitée à 2 ans (càd inférieure à la rémanence desdits pesticides dans le sol !) se révèle un leurre complet qui pourrait déboucher, en grossissant à peine le trait, sur un hypocrite « ah vous voyez bien, les abeilles continuent à crever, c’était pas nous, aucune raison d’interdire nos produits ! »

Signez et faites suivre svp !

edit> Une amie m’a fait suivre un lien qui tourne contre Pollinis. Voici ce que je lui ai répondu :

Je suis tout à fait consciente de cela, je ne donnerais pas 1 euro à Pollinis qui surfe sur la vague et dont les tarifs de « parrainage » sont effectivement du foutage de gueule, mais leur pétition est bien argumentée, circule un maximum et a un poids médiatique auquel les politiciens ne peuvent qu’être sensibles. Ce qui est le but. J’ai donc signé.

Je ne compte pas sur eux pour préserver les abeilles sur le terrain, pour cela j’agis par moi-même et avec d’autres apiculteurs locaux et associations de sauvegarde dont le travail est admirable et constant depuis des années. J’utilise juste Pollinis pour peser sur les décisions politiques via leur pétition, et je pense qu’il serait dommage de s’en priver (et d’en priver les abeilles) !

Voici une autre illustration de l’urgence : 35 ruches (soit environ 2 millions d’abeilles en cette période) décimées en 1/2h du fait de la pulvérisation d’un champ… 😦

Je suis au regret de vous annoncer que ces p%ù*$@& de lobbies de merde qui tirent les ficelles de l’UE ont gagné la première manche 👿

Une coalition d’intérêts divergents au sein de l’Union européenne a empêché la constitution d’une majorité pour interdire pendant deux ans plusieurs pesticides mortels pour les abeilles, a-t-on appris de sources européennes. La Commission européenne a expliqué que le vote organisé au sein d’un comité d’experts « n’a pas permis de dégager une majorité qualifiée en faveur ou contre sa proposition ».

(source : Le Figaro du 15/03/2013)

En gros, on peut remercier 13 états (dont la Belgique, la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne) qui ont voté pour l’interdiction – enfin interdiction c’est un grand mot, il ne s’agissait en réalité que d’une suspension pendant deux petites années de l’utilisation de trois néonicotinoïdes (clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxame) pour certaines cultures (maïs, colza, tournesol et coton).

Alors merci d’avance aux habitants des pays suivants d’augmenter la pression sur leurs gouvernements respectifs qui ont voté contre le texte en dépit de tout bon sens : Tchéquie, Slovaquie, Roumanie, Irlande, Grèce, Lituanie, Autriche, Portugal et Hongrie.

Et pareil pour ceux qui se sont abstenus alors qu’ils auraient pu faire pencher la balance, notamment Allemagne (patrie de Bayer, est-ce un hasard) et UK qui disposent de beaucoup de voix !
Les multinationales pourraient au moins avoir la décence de savourer leur victoire financière en silence, mais non : Syngenta a publié un communiqué en se disant « heureux que les Etats membres de l’UE aient rejeté la proposition de la Commission européenne« …

Ne quittez pas, je vais me pendre vomir puis je reviens !

La guttation, c’est en gros l’exsudation de gouttelettes de sève par les plantes – à ne pas confondre avec la rosée, qui n’est que la condensation de l’humidité de l’air !

Ces gouttelettes constituent une source d’eau pour les abeilles. Or lorsque la plante (ou la semence) a été traitée, cette eau de guttation est contaminée par les pesticides utilisés ! Généralement l’exposition à ce risque est minimisé dans les études d’impact (comme c’est étrange), car l’importance de cette ressource en eau pour les abeilles aurait peu été étudiée…

Lorsqu’une abeille boit l’eau de guttation venant d’une plante traitée avec un néonicotinoïde, elle s’intoxique. Voici une vidéo très explicite de l’université de Padoue, datant de 2009 et réalisée avec du maïs (semences enrobées).

L’abeille exposée meurt en 25 minutes…

Notre ruche avait une chance sur deux de passer l’hiver, selon les statistiques locales de l’année passée.

Bon ben c’est perdu… 😦

Il y a ceux qui préféreront regarder la vidéo (qui permet de comprendre le titre 😉 ), ceux qui préféreront lire l’article (ci-dessous), ceux qui préféreront voir les deux, ou aucun des deux… mais dans tous les cas, s’il vous plaît, signez la pétition !

C’est vraiment important et j’espère que pareille pétition ne tardera pas à être lancée en Belgique où nous sommes dans la même position critique, tant au niveau des mortalités d’abeilles que des politiciens véreux… 😐

La faillite de l’évaluation des pesticides sur les abeilles
Extrait du MONDE | 09.07.2012 (article complet sous ce lien)

Le coupable est-il plutôt l’incompétence ou l’accumulation de conflits d’intérêts ? Impossible de trancher. Mais la question est désormais posée : comment des tests d’évaluation des risques pour l’abeille, notoirement déficients, ont-ils pu être utilisés pendant près de vingt ans pour homologuer les dernières générations d’insecticides ? (…)

Cette défaillance est d’autant plus troublante que certains de ces tests d’évaluation ont été remis à jour en 2010, c’est-à-dire tout récemment. Leur mise en cause ne vient pas d’un rapport de Greenpeace ou des Amis de la Terre, mais d’un avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Jamais, sans doute, celle-ci n’aura endossé un document aussi embarrassant. Paru fin mai, ce texte technique de 275 pages est d’ailleurs passé à peu près totalement inaperçu…

DES « FAIBLESSES MAJEURES »

Pourquoi un tel rapport ? Saisie par la Commission européenne, l’EFSA a mandaté un groupe d’une quinzaine de scientifiques (en partie extérieurs à l’agence) pour expertiser les procédures standard, par lesquelles sont évalués les risques des pesticides sur les abeilles. Conclusion : ces protocoles ont été conçus pour évaluer les effets indésirables des pesticides pulvérisés et sont inadaptés aux insecticides dits « systémiques » – utilisés en enrobage de semences ou en traitement des sols -, qui imprègnent l’ensemble de la plante au cours de son développement.

De manière générale, explique le rapport, « les expositions prolongées et intermittentes ne sont pas évaluées en laboratoire« , pas plus que « l’exposition par inhalation et l’exposition des larves« . Les calculs d’exposition des insectes sont systématiquement biaisés : ils ne tiennent pas compte de l’eau exsudée par les plantes traitées, avec laquelle les insectes sont en contact. Ils ne considèrent pas non plus les poussières produites par les semences enrobées au cours de la période des semis…

« De même, ajoute le rapport, les effets des doses sublétales ne sont pas pleinement pris en compte par les tests standard conventionnels. » Ces faibles doses ne tuent pas directement les abeilles, mais peuvent par exemple altérer leur capacité à retrouver le chemin de leur ruche (…)

Les tests standard réalisés en champ sont eux aussi critiqués. Colonies trop petites, durée d’exposition trop courte… Des effets délétères, mêmes détectés, s’avèrent souvent non significatifs en raison du trop faible nombre d’abeilles utilisées.

Ce n’est pas tout. Des « faiblesses majeures » sont pointées par les rapporteurs, comme la taille des champs traités aux insecticides testés. Les ruches enrôlées sont en effet placées devant une surface test de 2500 m² à un hectare en fonction de la plante. Or, explique le rapport, ces superficies ne représentent que 0,01 % à 0,05 % de la surface visitée par une butineuse autour de sa ruche… Dès lors, l’exposition au produit est potentiellement plusieurs milliers de fois inférieure à la réalité (…)

En outre, poursuit le rapport, les abeilles devraient être testées pour déterminer si de faibles doses du produit ont déclenché des maladies dues à des virus ou des parasites… De récents travaux, conduits par Cyril Vidau (INRA) et publiés en juin 2011 dans la revue PLoS One, ont en effet montré des synergies entre le fipronil (Régent), le thiaclopride (un néo-nicotinoïde) et la nosémose, une maladie commune de l’abeille…

Ces manquements sont, selon l’expression d’un apidologue français qui a requis l’anonymat, chercheur dans un organisme public, « un secret de polichinelle« . De longue date en effet, le renforcement de ces « lignes directrices » et autres protocoles standardisés est demandé par des apiculteurs et les associations de défense de l’environnement. En vain. Et ce, malgré un nombre toujours plus grand d’études publiées dans les revues scientifiques depuis le milieu des années 2000, qui mettent en évidence leurs lacunes.

DE « GÉNÉREUX SPONSORS »

Pourquoi une telle inertie ? Comment, et par qui, sont élaborés ces protocoles de test suspectés de grave myopie ? « En 2006, nous nous sommes posés, un peu tardivement il est vrai, la question de savoir comment étaient homologuées au niveau européen les substances que nous suspectons d’être la cause principale du déclin des abeilles, raconte Janine Kievits, une apicultrice belge, membre de la Coordination apicole européenne. En lisant les annexes de la directive européenne sur les phytosanitaires, nous avons remarqué que les lignes directrices de ces tests étaient notamment édictées par l’Organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes [EPPO]. » (…)

Celle-ci est une organisation intergouvernementale d’une cinquantaine d’Etats membres, basée à Paris. (…) N’ayant pas d’expertise en interne, l’EPPO délègue à une autre structure – l’International Commission on Plant-Bee Relationships (ICPBR) – le soin d’élaborer les éléments de base de ces fameux tests standardisés.

L’ICPBR, quant à elle, est une structure quasi informelle créée en 1950 et domiciliée à l’université de Guelph (Canada). « Lorsque nous avons appris que cette organisation se réunissait pour réformer les fameux tests standardisés, nous nous sommes rendus à la conférence, raconte Mme Kievits. C’était à Bucarest, en octobre 2008. »

La petite délégation de trois apiculteurs assiste donc à la réunion. Première surprise, raconte Janine Kievits, « les discussions commencent par une allocution pour remercier les généreux sponsors : BASF, Bayer CropScience, Syngenta et DuPont« . (…)

« C’ÉTAIT À TOMBER MORT ! »

Les trois apiculteurs assistent tout de même au compte rendu des groupes de travail sur la mise à jour des tests standardisés. « Nous étions dans une ambiance très cordiale, avec des gens très avenants qui proposaient des choses radicalement inacceptables, estime Mme Kievits. (…)

Sur plusieurs points comparables, les apiculteurs demandent la possibilité d’envoyer des commentaires, dans l’espoir de faire changer les recommandations finales du groupe de travail. « Nous avons adressé nos commentaires dans les quinze jours, mais pas un n’a été retenu« , explique Mme Kievits. Ces mêmes critiques ont été adressées, en copie, aux agences ad hoc des Etats membres de l’EPPO. Aucune n’a répondu, à l’exception de l’Agence suédoise des produits chimiques (KEMI). Dans un courrier dont Le Monde a obtenu copie, deux écotoxicologues de l’agence scandinave disent adhérer « pleinement » aux commentaires pourtant acerbes des apiculteurs…

Pourquoi l’ICPBR n’a-t-il pas retenu les demandes des apiculteurs ? « Les recommandations finales du groupe sont basées sur une approche de consensus, avec l’obtention d’un accord en séance plénière« , explique-t-on à l’ICPBR. Cette approche consensuelle place de facto les recommandations issues de l’organisation entre les mains de l’industrie. Car l’ICPBR est ouverte à toute participation et les firmes agrochimiques y sont très représentées. En 2008, sur les neuf membres du groupe sur la protection de l’abeille, trois étaient salariés de l’industrie agrochimique, une était ancienne salariée de BASF et une autre future salariée de Dow Agrosciences.

CONFLITS D’INTÉRÊTS

Au cours de sa dernière conférence, fin 2011 à Wageningen (Pays-Bas), sept nouveaux groupes de travail ont été constitués sur la question des effets des pesticides sur les abeilles, tous dominés par des chercheurs en situation de conflits d’intérêts. La participation d’experts employés par des firmes agrochimiques ou les laboratoires privés sous contrat avec elles, y oscille entre 50 % et 75 %. (…) Les fabricants de pesticides jouent donc un rôle déterminant dans la conception des tests qui serviront à évaluer les risques de leurs propres produits sur les abeilles et les pollinisateurs.

En 2009, quelques mois après la conférence de Bucarest, les recommandations finales de l’ICPBR sont remises à l’EPPO. Mais avant d’être adoptées comme standards officiels, elles sont soumises à l’examen d’experts mandatés par chaque Etat membre de l’EPPO. Ces experts sont-ils en situation de conflit d’intérêts ? Sont-ils compétents ? Impossible de le savoir. « La liste de ces experts n’est pas secrète : elle est accessible aux gouvernements de nos Etats membres qui le souhaitent, mais elle n’est pas rendue publique« , précise Ringolds Arnitis. En 2010, les nouvelles lignes directrices sont adoptées par les Etats membres de l’organisation et publiées dans EPPO Bulletin.

Le jugement des experts mandatés par les Etats membres de l’EPPO pose quelques questions. Dans le cas de la Suède, l’expert représentant ce pays, issu du ministère de l’agriculture, a approuvé les nouveaux standards alors que deux de ses pairs de l’Agence suédoise des produits chimiques venaient, par lettre, d’apporter leur soutien aux commentaires critiques de la Coordination apicole européenne. Le jugement des experts varie donc largement selon leur employeur…

Et la France ? L’approbation des nouveaux standards de 2010 s’est faite sous la supervision d’une écotoxicologue de la Direction générale de l’alimentation (ministère de l’agriculture) – qui représente la France à l’EPPO. Or, cette scientifique participait aux travaux de l’ICPBR et n’est autre que la principale auteure des recommandations soumises… Elle a donc expertisé et approuvé son propre travail. Ancienne employée de Syngenta (ex-Novartis), elle est ensuite passée par différents organismes publics (INRA, Afssa, ministère de l’agriculture). Elle est, aujourd’hui, employée par l’agrochimiste Dow Agrosciences.

Stéphane Foucart

D’habitude je n’aime pas mettre des vidéos sur mon blog, mais là… je ne résiste pas à partager 😆
Merci AgathaC !

Juste une chose : n’allez pas sur le lien mentionné à la fin, c’est malheureusement du marketing…

Signez la pétition (européenne) pour une protection de l’apiculture et des consommateurs face au lobby des OGM : http://www.ogm-abeille.org

Extrait de ce site :
L’impossible coexistence « OGM / apiculture » établie par la justice
Depuis l’apparition des premières cultures d’OGM en Europe il y a quelques années, les apiculteurs ne cessent d’alerter les pouvoirs publics sur l’impossible coexistence entre ces cultures et l’apiculture. Sous l’influence du lobby OGM et semencier, la Commission Européenne et les autorités nationales sont jusqu’à présent restées sourdes à cet appel.

Or, un apiculteur allemand qui a constaté la présence de pollen de maïs OGM MON 810 dans son miel a intenté une action en justice. Le 5 septembre 2011, la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) a décidé qu’un tel miel ne pouvait pas être commercialisé.

(…)

L’oracle de Dodoni, la ville de Ioannina et l’arrivée dans les Zagori (Ano Pedina)

Je ne sais pas si c’est parce qu’on quitte une région vraiment merdique ou si c’est parce qu’on s’habitue aux routes grecques, mais à partir de maintenant nous ne nous perdrons plus une seule fois 🙂

On a juste eu un peu de mal à trouver l’entrée du site archéologique de Dodoni (en) (Δωδώνη, aussi appelé Dodona), car on s’est laissé abuser par un énorme panneau en anglais annonçant un « centre d’accueil des visiteurs ». Ben c’était pas du tout là qu’il fallait aller, et en plus ce fameux centre était fermé !

J’espère ne pas écrire de bêtises en essayant de résumer l’histoire de ce lieu, parce qu’ON me lit et je voudrais pas me ramasser un coup de patte si je m’emmêle un peu les pinceaux :mrgreen:

L’oracle de Dodone (fr) est probablement le plus ancien oracle de Grèce. Les archéologues ont retrouvé des traces datant de l’époque préhistorique. Il semble que dès le 3e millénaire avant Jésus-Christ, Gaia (ou ‘Dias’ ou ‘Dione’) était vénérée sur ce site. A partir du 2e millénaire av. J.-C., le culte de son pendant masculin, j’ai nommé Zeus, fit son apparition. Ils formaient un couple divin.

La légende, rapportée par Hérodote, est la suivante : « Les prêtresses des Dodonéens rapportent qu’il s’envola de Thèbes en Égypte deux colombes noires ; que l’une alla en Libye, et l’autre chez eux ; que celle-ci, s’étant perchée sur un chêne, articula d’une voix humaine que les destins voulaient qu’on établît en cet endroit un oracle de Zeus ; que les Dodonéens, regardant cela comme un ordre des dieux, l’exécutèrent ensuite. Ils racontent aussi que la colombe qui s’envola en Libye commanda aux Libyens d’établir l’oracle d’Ammon, qui est aussi un oracle de Jupiter. »

Ainsi au départ ce sont des prêtresses, les péléiades, qui servaient Zeus et la déesse-mère Dione. Elles interprétaient le bruissement des feuilles du chêne sacré, ainsi que le vol et les cris des oiseaux qui y nichaient. Vers le 8e siècle avant J.-C., elles sont rejointes par des divinateurs. On entoure l’arbre d’une rangée de trépieds portant des chaudrons en bronze. Lorsqu’on frappait l’un d’eux, le son se propageait aux autres par contact et c’est ce bruit qui était interprété.

Plus tard on compliqua encore les choses : une statue de bronze portant des chaînes était placée près d’un chaudron. Le vent, toujours présent sur ce site, agitait les chaînes contre le chaudron. A partir du 6e siècle ACN, les questions (souvent des demandes de conseils) furent soumises par écrit sur des tablettes de plomb. Les réponses, quant à elles, étaient généralement orales (pas folles les guêpes :mrgreen: ).

Malgré sa réputation grandissante, jusqu’à la fin du 5e siècle av. J.-C. il n’y eut pas de temple, le culte se déroulait en plein air. Au 4e siècle ACN un modeste temple apparaît et une enceinte maçonnée protège le chêne. Ce sanctuaire forme le téménos ou « maison sacrée » (la Hiéra Oikia).

Au fur et à mesure le site se développe et devient fortifié. Pyrrhus, roi des Molosses, aida à le développer. Plusieurs temples furent bâti : Héraclès, Thémis, Aphrodite…

…mais également des structures civiles (bouleutérion, prytanée, stade, théâtre…) car Dodoni n’était pas qu’un centre religieux mais également politique et culturel. Une vraie ville !

Des recherches archéologiques et des travaux de restauration sont toujours en cours. On leur a bien envié leurs parasols car il faisait mourant de chaud, on naviguait d’ombre en ombre pour tenter de survivre !

Le théâtre est impressionnant. Restauré vers 1960, c’est un des plus grands de Grèce. Il pouvait contenir 17.000 spectateurs.

Sur la toute première photo de cette note, on peut identifier assez clairement le dernier tiers de sièges rajoutés ultérieurement. Comme la colline n’était pas assez large, un grand mur de soutènement dut être construit :

J’aurais aimé monter mais malheureusement l’accès au théâtre n’était pas autorisé. Non loin, on peut encore deviner l’emplacement du stade et de ses gradins mais je n’en ai pas de photo correcte.

En 167 av. J.-C. les Romains détruisent le sanctuaire. La maison sacrée est réparée et l’oracle continue encore plusieurs siècles mais souffre de plus en plus de l’essor de l’oracle de Delphes (situé plus près d’Athènes).

Le coup de grâce fut donné au 4e siècle après J.-C. : suite à l’interdiction des cultes païens formulée par Théodose Ier, le dernier empereur romain, le chêne sacré fut abattu !

Une basilique chrétienne fut bien sûr construite sur le site : rien ne se perd, tout se récupère ! Mais bien mal acquis ne profite jamais : le site, souffrant des raids des barbares et des tremblements de terre, fut finalement abandonné peu après le 6e siècle PCN.

Pour plus d’informations sur Dodone, je vous conseille cette page, ainsi que cette autre sur les objets découverts.

Je dois vous avouer que, sur ce site antique béni des dieux, nous fûmes pris d’une soudaine inspiration mystique. AàG tomba en pâmoison devant un mirabellier sacré et je rendis des oracles en interprétant le bruit résultant de la mastication de ces fruits sacrés. Si si !

La route vers Ιωάννινα (Ioannina pour ceux qui ne suivent pas, rho !), capitale de l’Épire, devient de plus en plus chargée en véhicules et il y a des travaux. Nous nous arrêtons dans un supermarché pour acheter de quoi pique-niquer… sauf qu’en fait c’était un magasin de bricolage 😆 Une fois notre erreur rectifiée, nous cherchons un coin tranquille et à l’ombre pour manger. Nous ne trouverons d’autre emplacement que l’arrière sale et glauque d’un entrepôt.

Le centre-ville est un désastre au niveau de la circulation, tout est embouteillé, pour ne pas dire paralysé. Une file ininterrompue de voitures est stationnée le long de la route malgré les innombrables panneaux d’interdiction de stationnement… ce doit être normal ? Je ne compte plus les voitures garées en double voire triple file, les mobylettes qui slaloment de façon périlleuse en frôlant les voitures, les flics qui restent stoïques dans leur gros 4×4 au milieu du bordel…

Nous ne comptons pas visiter la ville moderne, aussi je m’enfile un peu au hasard dans une route sur la droite pour essayer de rejoindre la vieille ville. C’est beaucoup plus calme mais là également je ne comprends pas la logique : plein, partout, de voitures garées sous les panneaux d’interdiction. Ce doit être une coutume locale ! Par chance je parviens à trouver une place de stationnement autorisée et… à l’ombre 🙂

Je ne suis pas fan des œuvres contemporaines, y compris quand ça concerne le mobilier urbain, mais je suis tombée complètement sous le charme de cette poétique barrière. J’y vois des joncs stylisés agités par le vent…

Une belle promenade est aménagée à l’ombre de deux rangées de grands arbres entre les remparts et le lac Pamvotis (Λίμνη Παμβώτις), qui est le plus grand lac naturel de Grèce. On se mêle aux flâneurs et on observe au loin l’île (que nous n’aurons pas le temps de visiter) où fut décapité le terrible Ali Pacha.

Dire que cela fait moins d’un siècle que cette ville est grecque…

Les eaux du limni (lac) sont très vertes. Des vendeurs ambulants proposent noisettes caramélisées et maïs grillés. Nous arrivons à une des portes de la vieille ville fortifiée.

Une seconde porte mène à une citadelle fondée par un croisé normand, Bohémond de Tarente.

Aslan Pacha détruisit l’église chrétienne pour la remplacer par une mosquée qui abrite aujourd’hui le musée municipal.

Une belle collection de canons et de boulets !

Perturbés par le comportement étrange d’un homme qui semblait nous suivre, et ne pensant de toute façon pas qu’il y ait énormément de choses intéressantes (à nos yeux) dans ce musée, nous nous sommes contentés de l’extérieur.

Voici la belle architecture intérieure que nous avons ainsi loupée…

Nous nous dirigeons ensuite vers la deuxième citadelle, et admirons au passage le dallage, lissé par des siècles d’utilisation, d’un tunnel d’accès à la ville fortifiée.


Un très parlant « ΠΡΟΣΟΧΗ ΣΚΥΛΟΣ » (attention chien)

Voici la porte d’entrée d’Its Kalé (Ιτς Καλέ) :

Les anciennes cuisines du sérail n’ont pas trop changé d’affectation puisque c’est aujourd’hui un bar. J’ai trouvé les cheminées très esthétiques.

Voici la mosquée Fetiye, dont le nom signifie la « mosquée de la conquête ». A l’origine (15e siècle) elle était en bois. Son minaret n’est plus très droit. Elle est fermée.

Le gars louche est à nouveau dans les parages. Bon il va pouvoir attendre longtemps avant que nous bougions car la chaleur nous exténue. On se traîne 10 mètres puis on s’assied 10 minutes… Et on recommence…

D’ici nous pouvons apercevoir le minaret de la mosquée précédente. En voici une magnifique « photo cutoir », càd « prise de là où on s’est assis »… tellement l’énergie nous manquait ! Il y en aura d’ailleurs un paquet durant le séjour, oui c’est honteux farpaitement 😛

Cette ferronnerie protège la tombe d’Ali Pasha (enfin son corps, pas sa tête…) et de sa famille.

Cette grille est une copie récente (1999) de l’originale, enlevée par les Allemands durant la guerre (1943).

Je ne sais pourquoi, ce site est couvert par un nombre impressionnant de caméras de surveillance.

Les pièces d’artillerie nous ont réservé une petite surprise… lisez donc l’inscription gravée sur ce canon !


An 12. Cie du Creusot.

Allez savoir comment il a atterri là ?

Le musée byzantin était malheureusement fermé le jour de notre visite. Une petite visite virtuelle vous attend sur le blog de Thierry Jamard, toujours le même 🙂 (Quel dommage que nous ne soyons pas tombés sur cette mine d’informations avant de partir, ça nous aurait bien aidés à préparer notre voyage !)

Il fait chaud, les animaux ont soif… ce robinet fait la joie des guêpes, et même lorsqu’on ouvre la vanne elles ne s’éloignent pas !

En parlant d’hyménoptères, ne trouvez-vous pas que leurs poubelles ressemblent beaucoup aux anciennes ruches en osier ?

Nous aurions pu y passer bien plus de temps, mais Ioannina n’était qu’une courte étape pour nous. Notre destination principale est enfin en vue, il s’agit du pays Zagori (Ζαγόρι), littéralement « derrière la montagne ». Cette région est restée très longtemps isolée et indépendante des autres.

Nous avons choisi comme ‘base’ le village d’Ano Pedina (Άνω Πεδινά) pour sa position centrale dans la zone qui nous intéresse et pour le fait qu’il se trouve dans un cul de sac. Reste à y trouver un logement…

J’aurai l’occasion de vous parler de cette maison rouge dans un autre compte-rendu !

Toutes les rues d’Ano Pedina et des villages environnants sont pavées de la même manière. Les maisons sont en pierres avec des toits de lauze (ou parfois de tôle pour les plus pauvres). Les maisons récentes possèdent quasiment toutes de faux arcs (ou triangles) de décharge. Sans doute pour maintenir une uniformité architecturale ?

A la première porte à laquelle nous frappons, une charmante grand-mère nous accueille avec le sourire et nous offre immédiatement deux grands verres d’eau fraîche 🙂 Elle ne parle pas anglais et nous n’avons pas l’occasion de baragouiner nos quelques mots de grec, elle est déjà partie chercher une interprète pour notre facilité ! Sa fille, aimable comme une porte de prison, arrive pour nous communiquer le prix d’une nuitée : 60 euros avec petit-déjeuner. Elle refuse de baisser le prix même si on reste plusieurs nuits, nous partons donc, à regret malgré tout vu la gentillesse de l’autre dame – et également, il faut l’avouer, vu l’alléchant panneau ‘home-made sweets’ qui pend sur la terrasse !

Plus haut dans le village nous trouverons notre bonheur à l’hôtel Ameliko. Pour une grande chambre avec salle de bain récente, on nous demande 50 euros avec petit-déjeuner. Ça reste cher pour nous, je demande combien c’est sans petit-déjeuner : 40. On dit ok, on se démerdera avec les biscuits achetés par précaution au supermarché tout à l’heure. Je descends remplir les papiers et l’hôtelier me dit spontanément, et en français : si vous restez plus que deux nuits, c’est 40 avec petit-déjeuner. Ouf, AàG est sauvé ! Il aura du café ! 😛

Nous partons ensuite à la découverte du village. Nous avons immédiatement un guide pour nous accompagner dans notre visite 🙂

Nous sommes parfois dévisagés sans aménité… peut-être est-ce lié au fait que les habitants des Zagori ont la réputation d’être plus « rudes ».

Les anciens bidons d’huile d’olive et de feta sont récupérés comme pots pour faire pousser des tomates ou des fleurs. J’ai demandé à AàG de prendre cette photo car ce balcon m’a fait penser à son équivalent turc.

Nous allons sur les hauteurs profiter des chaudes couleurs du soleil qui baisse sur l’horizon.

Nous descendons manger à la taverne se trouvant à l’entrée du village, face à la chambre d’hôtes aux personnages si contrastés. Sur la petite place se trouve une cabine téléphonique (à carte)… c’est incroyable comme le village le plus paumé en a toujours au moins une ! Si seulement ça pouvait être pareil chez nous !

Le service est d’une extrême rapidité pour apporter l’eau et la salade grecque, mais d’une extrême lenteur pour la suite. Ils ne sont ni pressés ni stressés, si on voulait rester 4h à cette table ça ne les dérangerait manifestement pas et ils ne poussent pas du tout à la consommation. Ça change de chez nous ! Nous avions déjà observé cela dans les précédents restaurants et cela s’est confirmé durant le reste de notre séjour. Il n’y a que dans les endroits « touristiques » où c’était rapide, au contraire des tavernes locales.

AàG commet l’erreur de prendre de l’ouzo car il est indiqué sous le titre « retsina » dans le menu. Quand on lui apporte une mini-bouteille de 50ml titrant 40° d’alcool… bon ça va, il aimait bien, mais j’ai dû le guider pour retourner au logement 😆

Ici aussi l’eau est précieuse. Cette source est bien utile aux abeilles locales !

Cette après-midi, une grande activité régnait à la ruche. Je pense qu’elles sentaient le « grain » arriver – la pluie tant attendue est enfin là ! 🙂

La planche d’envol ne désemplissait pas et un nuage d’arrivantes/sortantes était visible jusqu’à plusieurs mètres devant l’entrée… c’est moins impressionnant en photo évidemment !

Peut-être l’avez-vous remarqué ? Notre ruche a gagné un étage par rapport aux photos précédentes. La prochaine note je vous expliquerai comment on a préparé cette hausse et pourquoi on l’a mise.

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