Dans le train, un matin tôt. Le contrôleur (je ne me ferai jamais au vocable « accompagnateur ») lit les puces des passagers. Enfin pas – encore – directement des passagers, on se comprend.

C’est un rigolo plein d’énergie qui appelle chaque personne « jeune homme » ou « mademoiselle » avec du soleil dans la voix. Son regard réveille notre humanité.
Quel contraste alors que, souvent, on est juste conforté dans l’impression d’être l’incarnation d’une statistique de fréquentation.

Par son seul passage, cet homme vous transforme tout un wagon de navetteurs moroses et égocentrés en humains souriants et complices. Si c’est pas aussi fort que de changer l’eau en vin, hein ?

Il prend la carte que je lui tends, la scanne et s’exclame « Joyeux anniversaire en retard ! » avant de rajouter d’un ton de connivence « oui à la SNCB on a l’habitude comme vous savez »
J’ai mis deux secondes à comprendre sa blague (je n’avais pas encore pris de thé) mais j’en ris encore ^^