Bande-son : Laura Veirs – July Flame

Canyon d’Añisclo

La nuit dans cet hôtel familial de Broto, nous bénéficions de bourrins vers minuit ainsi que de toute une symphonie de tuyauteries. De la vraie « musique de chambre »🙂 Le petit-déjeuner est plutôt frugal et industriel (ultra-chimique, dit AàG !) mais pour le reste la chambre est meilleure qu’à Sallent.

La météo du jour est hésitante : tormenta possible. Du coup nous décidons d’aller dans le parc national d’Ordesa et du Mont-Perdu pour voir el cañón de Añisclo par le bas. En français il s’appelle canyon de Niscle, ça ne sonne pas très bien à mes oreilles. Comme la route est en sens unique en été, nous devrions faire un détour de… 30km ! Bon ben on finira à pied hein.

Dans un premier temps nous voulons suivre le circuit de San Úrbez mais il y a peu de balisages et nous prenons sans doute un mauvais sentier. En tous cas, après une ruine de moulin (molino de Aso), il finit droit dans le río Aso…

Logiquement ça devrait passer quelque part, mais on ne voit aucune suite en face et on ne trouve ni pont ni gué. AàG franchit quelques pierres en sautant, glisse et tombe dans la rivière. Il se fait mal au mollet, quant à l’appareil photo c’est un miraculé.

Nous ne nous acharnons pas davantage, tant pis pour la boucle prévue. Nous devons tout remonter… pour descendre de l’autre côté.

Note : si vous y allez, voici une description précise de cette promenade, qui complète joliment la journée.
Et voici une carte du coin.

Une moche passerelle jouxte ce magnifique pont ancien (puente de San Úrbez) pavé de galets de rivière. Un couple en tenue de mariage y prend la pose pour un photographe.

La vue est imprenable, tant vers le haut que vers le bas :

Nous passons sur la rive gauche du río Bellós.

Une large piste mène à l’ermitage troglodyte de… San Úrbez, bravo je vois que vous suivez !😉 Une chapelle y a été érigée (photo de l’intérieur pour les curieux).

Cet abri sous roche (alt. 938m) a été aménagé à l’un des endroits où San Úrbez aurait vécu. Ce moine, né en 702 à Bordeaux, aurait fui les Sarrasins. Il y avait quatre pèlerinages par an, j’ignore si cette tradition s’est maintenue.


Fontaine

San Úrbez est particulièrement invoqué pour faire venir la pluie en période de sécheresse. Peut-être est-ce lié à la légende : il aurait « pleuré ses peines » dans ce refuge, générant ainsi l’humidité de cette grotte !

Le chemin, très touristique jusqu’ici, continue en se rétrécissant peu à peu.

Au début il longe la rivière de près.

Nous changeons de rive au pont de Sangons et quittons le GR 15 peu après.

Nous continuons à remonter la rivière, sur les versants du pic Mondoto qui culmine à 1957m.

Il y a près de 1000 mètres de falaises au-dessus de nous (Sestrales Alta : 2101m d’altitude). Nous passons la Palanca de las Caixicariellas.

Difficile de rendre justice à ces jeux d’ombres et lumières, en réalité bien plus beaux.

La faune locale est assez étrange😉

Le canyon s’élargit et le panorama s’ouvre.

Nous sommes à la Palanca de Cumaz.

Les quelques panneaux directionnels nous font rire car ils sont ‘commentés’ : des randonneurs ont ajouté ou corrigé les durées de marche😉

Le sentier s’éloigne de l’eau et monte soudain de bien 150 mètres. Avec la densité de végétation on ne voit même plus la rivière. On l’entend seulement.

Nous sommes dans une hêtraie à la fraîcheur agréable, Selva Plana.

Il se produit dans ce canyon une inversion thermique qui fait que les chênes verts se retrouvent en haut et les hêtres au fond du ravin.

Une pensée pour Dame Ambre qui, je pense, apprécierait le lieu.

Une passerelle métallique que Dr. CaSo passerait à présent les doigts dans le nez😉

Nous commençons à revoir la belle couleur turquoise des bassins.

Les cascades se succèdent…

En conséquence de quoi le sentier grimpe, bien sûr !

Un champimignon, variété indigène😉

La vie est opiniâtre. De l’importance des racines…

Et nous voici parvenus à La Ripareta (alt. 1405m), notre destination.

L’endroit est charmant et nous nous y attardons volontiers.

La photo qu’il prenait :

Prière de ne pas glisser !

On s’amuse à photographier le flux et ses turbulences.

On dirait presque du papier bulle🙂

C’est un spectacle extrêmement reposant.

Les bulles vertes, je ne sais pas trop si ce sont des œufs de quelque chose ou si c’est végétal. Je penche pour cette dernière option.

Ça se répète un peu mais on ne se lasse pas du lieu…

Le générateur de papier bulle😉

Je me suis fait des copains un peu apathiques mais très élégants, avec un masque doré, des souliers dorés, des ailes dorées… Pourtant, étant petits, ils étaient bien dans la merde !! (larves coprophages)

Cette mouche noir & or est une « mésembrine du midi » (Mesembrina meridiana).

J’ai fait ce que j’ai pu mais je ne suis pas Ksé😉

Rapidement j’aviserai un autre copain qui se chauffe également au soleil… C’est un lézard des murailles je pense.

Je suis absolument fan de ses orteils. Et quel athlète !

Durant les deux prises suivantes, le lézard n’a plus d’yeux que pour la mouchette qu’on voit dans le coin inférieur gauche. Elle ne fera pas long feu face à ce redoutable prédateur.

Nous nous retrouvons soudain seuls. Des coups de tonnerre retentissent au loin, comme les fins d’après-midi des jours précédents.

Allez, un dernier portrait avant de partir… je ne lui ai pas demandé de sourire car il avait peut-être encore un bout d’aile coincé entre les dents (si si, ça a de toutes petites dents !).

Nous ferons le retour au pas de course. Il ne s’agit pas de se payer un orage ici, le niveau de la rivière peut monter en quelques minutes dans cette gorge étroite.

Et pourtant ces vasques donnent envie de s’y baigner, et ces mousses de pattouner !

Ce n’est qu’à la sortie des gorges que nous retrouvons le soleil. Comme d’habitude le ciel redevient bleu quand on s’éloigne de la France !


Chrysope ?

AàG profite que le pont ait été libéré par les mariés.

Vue générale, surexposée afin de permettre de voir jusqu’au fond du défilé :

Nous remontons au parking en même temps qu’un groupe de canyoneurs. Une dénommée Sara traîne la patte, fatiguée, et un camarade aussi foufou qu’un jeune chien lui joue des tours🙂

Il est 18h18 quand nous arrivons à la voiture, nous reprenons l’étroite route. Nous ne visitons pas Fanlo car nous sommes fatigués même si ce n’était pas une grande randonnée.


Nuage Asperatus ?

A Broto il commence à pleuvoir. Nous faisons quelques courses puis allons manger de délicieuses salades au restaurant La Tea. Au loin le spectacle des éclairs est splendide.