Bande-son : Laura Veirs – I Can See Your Tracks

Le village de montagne abandonné d’Otal (2/2)

Enfin abandonné… pas tout à fait, comme nous le verrons !

Après la visite du village et de l’église, nous allons migrer vers le bas du village.


Cheminée aragonaise et gargouille

Ces couleurs nous ont surpris ! Voilà un intérieur qui semble plus récent que bien d’autres.

L’escalier d’accès au grenier est cependant en piteux état.

Otal se trouve sur une sorte de promontoire entre le barranco de Artosa et le río Forcos (ou barranco de Otal).

Un espace dégagé formant terrasse offre une belle aire de décollage (et de dépeçage) aux vautours.

Les voir (et entendre !) s’envoler et tourner au-dessus de nous était un spectacle magique… La Beauté du Monde, comme dirait Moukmouk.

Dans les anciennes maisons, notamment autour de l’âtre, le sol est constitué de grosses dalles en pierres… propres à inspirer confiance ?

Ces lourdes dalles reposent en réalité sur des poutres en bois dont la solidité n’est plus forcément au rendez-vous !

Je me demande comment la grille de ce balcon a pu se retrouver dans cette position ?

Vue générale sur une ruelle envahie de végétation, et détail sur un nid d’oiseau dans une maison. Y a pas de raisons que seules les vaches s’approprient les lieux !😉

Une belle découverte nous attend : la Casa O Royo (qui n’aurait pas dû boucher ainsi l’arc de décharge, voyez la clé de voûte).

La porte est bien fermée…

…à cause des vaches qui ravagent tous les endroits où elles parviennent à s’introduire !

D’ailleurs si elles n’ont pas compris le message (elles parlent peut-être espagnol comme une vache française ?😆 ), elles sauront à quoi s’en tenir avec les crânes de leurs semblables qui décorent le hall d’entrée.

Il y a donc encore une maison vivante dans ce village, ça fait plaisir🙂

Un étançon aide à soutenir une poutre qui s’affaisse, probablement à cause d’un pesant sol en pierre au-dessus.

Outre le mobilier d’époque, la casa contient du matériel de camping ainsi qu’un peu d’eau, de bois de chauffage, de nourriture…

C’est un joyeux bordel, à l’image de cette armoire contenant pêle-mêle des jeux, une pharmacie, des boîtes à tabac, des livres, un harmonica… c’est super chouette et accueillant !

Ces photos-là, je les ai spécialement prises pour Mahie😉 (la seconde est un banc)

Pour ceux qui préfèrent les natures mortes :

Voici l’âtre avec ses banquettes en bois et sa table rabattable.


Carlines ou cardabelles

Désolée pour le bruit sur les photos prises avec mon petit compact. Il y a peu de fenêtres donc peu de lumière (sans parler du plafond noirci par la suie) alors j’ai été obligée de monter assez haut dans les ISO pour ne pas que ce soit flou.

AàG n’a pas ce problème avec son réflex et a pu se permettre de booster un peu plus.

Ce premier étage fourmille de surprises et de détails dans tous les coins, à chaque nouvelle trouvaille on pousse des oh! et des ah!

Le second étage comprend d’autres chambres et est plus sobre.

Un magnifique coffre en bois dont on voit bien les traces d’usure.

Nous ressortons enchantés de cet univers particulier. Longue vie à la casa O Royo, et n’oubliez pas de fermer la porte et les fenêtres😉

Le toit d’en face est également rafistolé à l’aide d’une bâche :

Oh et j’ai oublié de vous parler des peintures rupestres😀

Certains doivent se faire de beaux camps ici durant l’été !

Le sentier PR-HU-3 permet de rejoindre Ainielle.

L’arche vue par l’autre côté.

Nous continuons notre visite après une séance de cueillette de mûres.

Dans ce bâtiment fermé (et pas que pour les vaches, cette fois !), nous distinguons à travers l’ouverture toute une collection de bancs et de tréteaux.

Il y a donc encore des rassemblements… peut-être les anciens habitants qui reviennent fêter la San Ramón fin août ?

Les dates gravées sont très répandues, les croix moins.


AÑO 1871

Régulièrement des anneaux ou des fers à cheval sont fichés dans les murs, ils servaient à attacher les bêtes.

Certaines bouteilles de cette étagère sont encore entières, alors que tout s’est effondré autour !

Un râtelier pour le fourrage.

Cet anneau-là n’est pas pour les bestiaux, enfin pas pour les mêmes😉

Faufilons-nous…

Derrière ces veaux se trouve un puits (pozo) qui était accessible par deux niveaux. Bien utile vu la pente des terrains !

Il date de 1841 et est équipé d’une sorte d’évier avec un trou d’évacuation. Abreuvoir ? Lavoir ?

Nous avions vu un autre puits précédemment, couvert lui aussi. Et qui sert encore, apparemment ! Il y avait de l’eau au fond, et malheureusement plusieurs bouteilles en plastique aussi😐

Ça c’est du soufflet !

Certains n’ont plus vu de coiffeur depuis longtemps🙂

Nous prenons congé des habitants.

Nous voici partis. Nous serons restés environ 4 heures.

Nous ne prenons pas le même chemin qu’à l’aller, nous préférons emprunter le GR15.

Dernier regard sur Otal.

Ça monte pour le retour, bon on ne peut pas non plus dire qu’on s’est beaucoup fatigué aujourd’hui donc ça va !

Le GR15 va au Puerto de Otal, nous devons le quitter à un moment pour obliquer vers Cotefablo. Sauf qu’en fait, son parcours ne colle pas avec notre carte !

On se retrouve trop près de Yésero et pas moyen de rejoindre le bon chemin car il y a une simili-falaise. Il faut contourner, c’est assez long.

Il est presque 20h quand nous arrivons à la voiture, nous aurons mis 3h. Au moins cela nous aura fait bénéficier des belles lumières du soleil couchant !

Nous allons manger au restaurant Mingo à Escarilla. Les gens sont gentils et le repas est super : une soupe aux haricots blancs à tomber par terre et je ne parle même pas du gâteau au chocolat qui était presque à la hauteur d’un Sachertorte😯

Mamma mia, moi qui pensais que « chocolat espagnol » était un oxymore !

Notre grand malheur est d’avoir découvert ce restaurant trop tard : c’est déjà notre dernier soir dans la région😥