Bande-son : Kansas – Dust in the Wind

Les villages de montagne abandonnés de Berbusa et Ainielle

A l’hôtel, c’est toujours le même CD qui passe durant le petit-déjeuner. Aujourd’hui nous faisons route vers Oliván, où le départ de la promenade se présente comme une large voie non revêtue mais généralement carrossable.

Nous quittons ensuite cette piste pour un sentier muletier bien plus agréable (et ombragé🙂 ).

Sur la pente boisée qui nous fait face, nous découvrons notre première destination : Berbusa.

Perdu au milieu de la forêt, ce hameau existait au moins depuis le 11e siècle.

Il a été déserté dans les années 1950. Il possédait deux écoles.

Le village est encore en assez bon état…

…enfin tout est relatif bien sûr !

L’église Saint Pierre (iglesia de San Pedro) est toujours debout, ainsi que son clocher.

Le fronton d’entrée porte la date de 1703.

Remarquez le N de ANO, comme souvent à l’envers.

La nef n’a plus de toit, ses murs sont dangereusement fissurés et les clés de voûte commencent à se faire la malle.

Le lierre prend patiemment possession des lieux…

Nous suivons la ruelle principale, qui monte.

Cette maison est la seule à avoir encore son toit. L’intérieur n’a pas été complètement dévasté.

L’âtre et la cheminée ne sont pas typiques, ils ne ressemblent pas aux autres.

On peut trouver des témoignages et autres traces de passage sur certains murs.

Nous reprenons notre pèlerinage.

Berbusa n’était pour nous qu’une escale, ou plutôt une introduction. L’avant-propos d’un livre particulier, La pluie jaune (La lluvia amarilla).

Ce sentier, pourtant bien tracé et balisé (marquage jaune et blanc), n’apparaît pas sur notre carte.

Il longe par moments d’admirables murailles.

Une inscription manuscrite précise qu’il y a 6 km à parcourir. Je n’ai pas vérifié mais ça paraît plausible.

Nous sommes en bonne compagnie😉

Les ambiances se révèlent très différentes d’un endroit à l’autre.

Nous arrivons en vue du bout d’un vallon.

Ce point d’eau devait être très apprécié !

Le chemin à flanc de montagne offre des forêts à perte de vue. C’est vraiment isolé.

La domestication de la montagne… ces terrasses ont dû demander un lourd travail pour permettre un peu de culture.

Elles signalent la proximité d’un village.

Voici Ainielle. La plupart des habitations sont hélas à l’état de ruine, il n’y a plus aucun toit ni les belles cheminées tronconiques.

Cependant certains lieux semblent encore entretenus.


Fontaine

Nous pique-niquerons dans l’ancienne école.

Les lieux sont envahis de ronces et d’orties. De toute façon peu de maisons sont visitables, elles sont trop ravagées.

L’église San Juan Evangelista a encore fière allure !


Une utilisation inédite de fer à béton

L’entrée se fait via le cimetière. Certaines tombes semblent entretenues.

Comme à Berbusa, les fonts baptismaux sont toujours présents.

Bien qu’à ciel ouvert, la nef est en assez bon état.

Un autel de fortune y subsiste.

Un cahier permet à ceux qui le souhaitent de laisser un message.

Nous poursuivons le sentier jusqu’au moulin, lieu important du livre de Llamazares. Nous tombons sur un marcassin !

La porte du molino est fermée mais une ouverture permet de regarder à l’intérieur. Des chauve-souris y ont élu domicile, aussi nous ne nous attarderons pas.

Voici le ruisseau et le canal en bois qu’il alimentait en eau.

La roue est horizontale et se trouve à l’étage inférieur du molino.

On ne peut pas s’en approcher, elle est préservée par une grille – heureusement car les sangliers ne doivent pas manquer dans les parages !

Nous remontons à Ainielle et sommes impressionnés par ces murs cyclopéens.

Les buis jaunissent déjà, les peupliers hélas pas encore.

Je m’amuse à photographier en mode macro tandis qu’AàG tente d’enregistrer les oiseaux et l’ambiance de ce lieu.

Dans cette étable au sol boueux, on peut voir des auges.

Inutile de préciser que le plancher de l’étage est à déconseiller !

On voit ainsi comment ils construisaient les toitures : un mélange de branches de buis et de liant, sur lequel reposaient ensuite les lauzes.

Un os de vache ? Bien récuré en tous cas !

Cette porte m’a beaucoup plu :

En revenant sur nos pas nous avisons un bâtiment plus loin en remontant la rivière.

Il faut d’abord traverser une bzz-bzz-tante prairie🙂

Ce n’est pas vraiment pénétrable, il y a des barrières d’épineux partout.

Nous entamons le retour, avec néanmoins une variante.

Au croisement nous descendrons directement plutôt que retourner jusqu’à Berbusa.

Il y a quelques kilomètres de marche à faire sur la piste, nous serons de retour à la voiture vers 18h30.

Des jeunes prennent le soleil le long de la rivière, près d’un sympathique pont sans garde-fou.

Finalement nous n’aurons pas eu de pluie malgré les prévisions, juste des nuages. Nous avons tout de même entendu l’orage tonner au loin.

Nous visitons le charmant village d’Oliván, à commencer par l’église romane San Martín.

Fermer la porte !

Nous retrouvons les magnifiques cheminées aragonaises.

Et les mêmes inscriptions « año 1833 » etc. gravées en pointillés sur les façades.

Le restaurant Mingo étant fermé, nous retournons finalement à l’Hostal Centro. Ensuite nous apporterons les bouts de gras aux chats de Sallent de Gállego🙂

Bonne nuit les pueblos despoblados