J’ai reçu à prêter d’un collègue un bouquin très intéressant (qui va faire un bon cadeau de Noël d’ailleurs !), il s’agit de « Comment tout peut s’effondrer – Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes  » – oui je sais, dit comme cela, ça n’a pas l’air drôle ! – par Pablo Servigne et Raphaël Stevens.

Jusqu’à présent je le trouve facile à lire, factuel, bien documenté et d’une approche assez globale/complète. En bref idéal pour ouvrir les yeux sur ce qui est en train de se passer et comprendre les conséquences.

Ce passage m’a particulièrement fait réfléchir sur ce mal du siècle qu’est le manque de temps :

Au cours du XXe siècle, la consommation d’énergie a été multipliée par 10, l’extraction de minéraux industriels par 27 et celle de matériaux de construction par 34. L’échelle et la vitesse des changements que nous provoquons sont sans précédent dans l’histoire.

Cette grande accélération se constate aussi au niveau social. Le philosophe et sociologue allemand Hartmut Rosa décrit trois dimensions de cette accélération sociale.

La première est l’accélération technique : « l’augmentation des vitesses de déplacement et de communication est par ailleurs à l’origine de l’expérience si caractéristique des temps modernes du ‘rétrécissement de l’espace’ : les distances spatiales semblent en effet se raccourcir à mesure que leur traversée devient plus rapide et plus simple ».

La deuxième est l’accélération du changement social, c’est-à-dire que nos habitudes, nos schémas relationnels se transforment de plus en plus rapidement. Par exemple, « le fait que nos voisins emménagent puis repartent de plus en plus fréquemment, que nos partenaires (de tranches) de vie, de même que nos emplois ont une ‘demi-vie’ de plus en plus courte, et que les modes vestimentaires, modèles de voiture et styles de musique se succèdent à vitesse croissante ». Nous assistons à un véritable ‘rétrécissement du temps’.

Troisième accélération, celle du rythme de nos vies, car en réaction à l’accélération technique et sociale, nous essayons de vivre plus vite. Nous remplissons plus efficacement notre emploi du temps, évitons de « perdre » ce précieux temps, et bizarrement, tout ce que nous devons (et voulons) faire semble s’accroître indéfiniment. « Le ‘manque de temps’ aigu est devenu un état permanent des sociétés modernes. » Résultat ? Fuite du bonheur, burn-out et dépressions en masse.
Et comble du progrès, cette accélération sociale que nous fabriquons/subissons sans relâche n’a même plus l’ambition d’améliorer notre niveau de vie, elle sert juste à maintenir le statu quo.

Perso, ça me parle…:-/