Proverbe breton : Ur sac’h goullo ne chom ket en e sav.
Un sac vide ne reste pas debout.

Bande-son : Joe Hisaichi – Ashitaka & San

Suite de notre promenade à Huelgoat :

Nous passons entre deux grands rochers et arrivons sur le plateau abritant le Camp d’Artus. Il s’agit d’un oppidum gaulois exceptionnellement étendu (32 ha) dont une petite partie a, dans un second temps, été « surfortifiée » : les remparts ont été surélevés jusqu’à 4m ou plus.

Ce fut probablement la capitale des Osismes. Il est entouré de fossés, talus, tours et bien sûr d’un murus gallicus – dont vous pouvez voir la structure en fin de cette note.

Vu que le ciel s’est remis à la pluie, nous n’avons pas de photo de ce lieu. Vous trouverez sur cette page des plans et croquis ainsi que des photos des fouilles.

J’y ai appris que le camp n’était pas classé aux monuments historiques… c’est incompréhensible !! 👿

Le chemin traverse le camp et la forêt, nous ramenant vers la rivière d’Argent via une parallèle au Sentier du Clair Ruisseau.


Logis d’un korrigan

La pluie cesse, nous arrivons sur le Sentier des Amoureux.

Êtes-vous prêt à descendre dans la grotte du diable ?

Ce trou aurait servi de cache à Marion du Faouët, bandit de grand chemin au 18e siècle.

Cette robin des bois du Finistère aurait eu jusque 40 brigands sous ses ordres.

L’eau coule toujours à grands fracas dans le gouffre, un point de vue sécurisé a été aménagé.

Le diable en personne nous accueille mais le franchissement des portes de l’enfer ne sera pas encore pour aujourd’hui, remontons à la surface !

Nous repassons près de la Roche Tremblante. Maintenant que la météo le permet, je prends le temps de photographier l’impressionnant escalier qui y mène, taillé dans la roche.

Tiens, encore de la rhubarbe géante (gunnera) !

Nous allons à présent suivre une rigole (« ruisseau de la mine ») de 3km amenant l’eau du lac d’Huelgoat aux anciennes mines de plomb argentifère. La galène contient ici 55% de plomb et 0.2% d’argent.

Ces filons étaient vraisemblablement déjà exploités du temps des Celtes.

Le lac d’Huelgoat fut précisément créé au 16e siècle pour les besoins en eau de la mine de Locmaria-Berrien. L’apogée eut lieu à la fin du 18e siècle, c’était paraît-il « la plus grande mine du royaume » pour ce minerai mais j’ignore si c’est en taille d’exploitation (plan) ou en production (annuellement 650 tonnes de plomb et 1,6 tonne d’argent).

Lors de notre visite, comme vous pouvez le constater, le canal était à sec.

Nous arrivons sur le carreau. De grandes haldes sont visibles.

L’entrée de l’ancienne « galerie des charioteurs » est de hauteur très modeste – enfin on ignore la profondeur de boue !

Elle servait tant pour l’exhaure que pour l’évacuation du minerai sur de petits chariots. Le minerai était également sorti par puits grâce une machine à molette actionné par des chevaux.


Ruine de la maison des ingénieurs

La mine ferma en 1866, il y eut quelques tentatives de reprise jusqu’en 1934 mais sans succès.

Voici (ce qu’il reste de) la reconstitution de l’ancienne machine hydraulique alimentées par le canal. L’originale faisait 13m de diamètre.

Nous continuons à monter la pente et à rencontrer divers vestiges (puits, laveries, etc.).

Sauf erreur de ma part il s’agit de l’arrivée du « canal supérieur » :

La « galerie de l’aqueduc » est accessible sur 2 mètres.

Les eaux alimentant la machine de Junker (pompe à colonne d’eau) entraient par là et permettaient d’évacuer 220 m³/h d’eau depuis une profondeur de 230m.

Vous trouverez tous les détails concernant cette exploitation minière sur le site de l’ASAM.

Nous retournons dans la forêt d’Huelgoat où deux chiens se mettent à nous suivre sans qu’on puisse déterminer où sont leurs maîtres ❗

Ça va durer un bout de temps…

On finit par conclure qu’ils doivent être du coin et divaguer à leur aise.

Ce n’est qu’en arrivant au moulin que nos nouveaux copains choisiront de s’attacher à d’autres touristes… à notre grand soulagement !


Moulin du Chaos

Nous rejoignons ensuite l’auberge du Menez à St Rivoal. Nous avions expressément fait un repas trèèès symbolique à midi, histoire de se garder de la place tellement leurs plats sont délicieux et gargantuesques :miam:

Nous nous retrouvons à essayer de traduire le menu à un groupe d’Anglais, c’était assez rigolo 🙂


Le Champignon

C’est là que j’ai craqué. Et que du coup, le lendemain matin, au lieu de partir gentiment sur le chemin du retour, nous ferons un aller-retour express (façon de parler, car on est tombé dans une « opération escargot » !) à Quimper pour rencontrer Edouard Cribier et emporter une repro d’un tableau qui était exposé à l’auberge…

Voici qui clôt nos aventures bretonnes !