Proverbe breton : A bep liv, marc’h mat. A bep bro, tud vat.
De toutes couleurs, il y a bon cheval. De tous pays, il y a bonnes gens.

Bande-son : Didier Squiban – Suite de gavottes des montagnes

Cette après-midi nous partons à la découverte des montagnes bretonnes : les monts d’Arrée, dans le parc naturel régional d’Armorique.

D’une mer de hautes herbes desséchées et de fougères, formant la lande, sort une crête de sombres crocs schisteux.

Le ciel nuageux est parfait pour ce type de paysage, le rendant par moment fantasmagorique.

Roc’h Trévezel serait le second point culminant de Bretagne ; une controverse semble exister à ce sujet.

Au loin on aperçoit l’émetteur de Roc’h Trédudon. Il fait 225m de haut.

On peut également deviner la centrale nucléaire de Brennilis, dans les biens nommés marais de l’enfer (Yeun Elez) occupés en partie par le lac-réservoir de St Michel.

Posée sur une faille et une nappe phréatique, elle est à l’arrêt depuis 1985.

Démantèlement tellement dément, comme le scandaient les banderoles… il y en a encore au moins pour 10 ans.

Un demi-milliard y sera allègrement passé.

Panorama sur les bois et champs alentours :

Les bruyères en fleurs ajoutent au paysage une touche de vieux rose.

Parfois les couleurs deviennent presque fauves.

On s’attend à croiser un korrigan au détour de chaque rocher 😉

Car il y en a qui habitent les parages, pour sûr !

Dans ce lieu sans arbre, des branches torturées de houx.

Comme adieu à Roc’h Trevezel, je ne résiste pas au plaisir de partager cette poétique citation découverte grâce à wikipedia :

« J’aimerais vous montrer les monts chauves de l’Arrée, les sentiers blancs qui conduisent à des manoirs poignardés, les chemins qui s’enroulent autour des hameaux bleus. C’est un pays de brumes et de vents en bataille, avec des toponymes aussi fluides que des ondées, aussi sonores que des gongs. »
Xavier Grall, Les vents m’ont dit

Nous nous rendons ensuite au « mont-st-michel » des terres, c’est-à-dire la montagne St Michel de Brasparts (menez Mikael-an-Are).

Sa forme est reconnaissable de loin.

Ce mont pelé, culminant à 380m, était une colline sacrée du temps des druides.

Son sommet aurait abrité un temple celte voué au culte du soleil.

Le lieu et sa charge symbolique furent bien sûr récupérés au profit du christianisme.

Une chapelle très simple, dédiée à St Michel, fut consacrée en 1677 soit 5 ans après la décision de sa construction.
Les bergers la fréquentaient beaucoup.

Après la Révolution, la chapelle était en ruines. Elle fut restaurée en 1820, à la fin d’une longue épidémie.

Aujourd’hui, l’intérieur est vide.

Un autel de fortune, avec pour toute croix deux piquets de bois reliés par une rubalise. Des cailloux, quelques fleurs séchées.

Le petit clocheton, seule coquetterie de cette chapelle.

L’inscription gravée au-dessus de la porte serait : Yves Le Colleoc, Merguillou, Thomas Brone : Fabriques 1674.

J’ai bien aimé ces tournicota-tournicotons 🙂

Des vestiges d’installations allemandes datant de la seconde guerre mondiale sont encore visibles.

Omniprésence des landes.

Si nous ne traînons pas, il nous reste tout juste le temps, en cette fin d’après-midi, d’aller visiter Pleyben !