Proverbe breton : N’hall ket ar wezenn kaout bleuñv hag avaloù.
L’arbre ne peut avoir (à la fois) des fleurs et des pommes.

Bande-son : TwarresWhy


Mémorial de l’aéronautique navale

La nuit à la chambre d’hôte de Crozon fut moyenne et lorsque nous arrivons au petit déjeuner, plusieurs personnes sont déjà là à attendre. La logeuse est en retard… ce n’est qu’à 10h que nous pourrons enfin partir pour le cap de la Chèvre (Beg Penn ar Roz), sous un temps couvert.


Le « tas de pois » dans la purée de pois

Cette randonnée jusqu’à la pointe de Dinan (Beg Dinn) était un sorte de pèlerinage pour moi. Il y a environ 20 ans, j’avais fait cette promenade avec ma meilleure amie, mes parents devaient nous retrouver à l’arrivée… nous pensions en avoir pour 20-30 minutes suite à un panneau indicateur dont un plaisantin avait effacé un chiffre :mrgreen:

En réalité il y a 8,3 km « de parking à parking » – mais pas en voiture 😉

Et bien évidemment, quand on fait des tours et détours sur cette côte fractale, on se retrouve facilement à plus de 10 !

La lande a fort souffert de la surfréquentation des lieux, le sol s’est retrouvé nu, livré à l’érosion. Des mesures de restauration – notamment à travers la canalisation des touristes dans les sentiers – ont permis aux bruyères et autres ajoncs de reprendre du poil de la bête.

Il y a cependant encore des soucis manifestes à certains endroits car dès qu’on s’éloigne un peu du sémaphore, les sentiers redeviennent « libres ».

Les épineux, quand il y en a, aident à garder le troupeau sur le bon chemin 😉

Le ciel reste très nuageux et nous ne croiserons que peu de monde sur les falaises.

Peu après la pointe de Kerroux (Beg Geo Velen), nous arrivons aux plages : Kerdreux, la Palue puis Lostmarc’h.

A marée basse, elles ne forment qu’une seule grande plage tandis qu’à marée haute elles sont séparées par les pointes de Kerdra et de Lostmarc’h.

Le surf y est autorisé mais pas la baignade, à cause d’un dangereux phénomène naturel : les baïnes.

Ce sont des dépressions qui se creusent dans le sable et peuvent atteindre plusieurs mètres de profondeur. Elles génèrent des courants qui entraînent au large tout nageur, même aguerri.


Panicaut de mer ou chardon des dunes

Il semble qu’ici aussi la végétation souffre. Les dunes ont besoin d’un coup de pouce pour se revégétaliser.


Rocher de Guénéron

Après tous ces rocs, qu’il est doux de marcher pieds nus dans le sable frais !


Cave canem !

Nous retrouvons des « miroirs » comme à Cléder.

Avec toujours le « tas de pois » en toile de fond.

Le ciel devient plus sombre, offrant des ambiances intéressantes.

Si une ligne semble apparaître sur certaines photos, ce n’est pas un hasard.

J’ai juste sauvé les Français de la noyade, et la France d’une invasion anglaise :mrgreen:

Quelques bunkers en bout de grève témoignent du passé militaire.

Nous quittons temporairement le niveau de la mer. Ce doit être dans ces environs que nous avons essayé de nous abriter du vent pour pique-niquer sans se retrouver gelés.

Ramener une photo oui, un galet non !

Je ne sais plus comment on appelle ces formations… des allées de géants même si ce n’est pas volcanique ?

Vu le temps je n’ai quasiment pas sorti mon appareil de la journée (presque toutes les photos sont d’AàG) mais devant ces belles fleurs je n’ai pas pu résister.

Les pins maritimes ont le vertige, ils préfèrent rester loin de la falaise 😉

Le lieu devient ensuite plus minéral. La pointe de Dinan s’offre à nos regards.

Et voici le « château » de Dinan (Kastell Dinn), accessible par un pont-levis une belle arche en pierres :

Ces sentiers de chèvre me faisaient de l’œil mais AàG n’a pas voulu qu’on y aille ! C’est scandaleux ! 👿

Tout ça sous prétexte qu’il était déjà tard, qu’on était fatigué et qu’on avait encore tout le retour à faire…


Château de Dinan et tas de pois

Certes on a bien mis facilement 4h30 à arriver ici, mais le retour est toujours plus court : moins de photos, pas de pause repas…

Optimiste, je parie qu’on est à la voiture pour 18h. Ça veut dire un retour en 2h30.

AàG est tellement confiant dans l’impossibilité de ma proposition, qu’il parie spontanément une heure de massage si je gagne.

Si j’avais besoin d’une motivation, je l’ai trouvée ! 😆

Le soleil daigne faire son apparition. Le ciel bleu nous offre une atmosphère et des couleurs très différentes.

Selon l’endroit où se portent nos yeux, le contraste est saisissant :

AàG mitraille fébrilement le panorama…

…finalement, je ne suis pas sûre qu’on fera moins de photos durant le retour !

Je galope sur les sentiers sans l’attendre, c’est pas tout ça mais j’ai un pari à gagner, moi :mrgreen:

Des murets de pierre sèche sont encore visibles au sud du Cap de la Chèvre. Ces éléments structurants du paysage n’existent que depuis le partage des terres communes, à partir de la seconde moitié du 19e siècle. Ils sont liés à l’obligation, dans les actes de partage, de délimiter les parcelles par des murets, à la périphérie des villages. Ces parcs entourés de murets rendaient la surveillance des troupeaux plus facile. (source)

AàG fait tout ce qu’il peut pour nous retarder mais…

…le sémaphore est déjà en vue ! Youhou !

Je gagne mon pari haut la main 🙂

Nous rentrons à Crozon, nous allons voir l’église qui nous paraît très sombre. Nous ne trouvons pas de restaurant et retournons au port du Fret.

Le Presbytère étant fermé, nous allons au Moulin du Chat. Les galettes y sont grosses mais moins savoureuses…