Proverbe breton : C’hwezhet an avel e-lec’h ma karo, pa ra glav e c’hleb atav.
Souffle le vent où il voudra, quand il pleut cela mouille toujours.

Bande-son : Anthony Moreau – Sorrow

Lorsque le texte est en italique, il s’agit du contenu du panneau d’information.

A Guimiliau, l’opulence toilière s’est coulée dans le cadre d’un petit bourg : l’entrée de l’enclos se veut modeste, l’église reste d’élévation réduite et tient à garder son petit clocher gothique.

Tourelle abritant l’escalier permettant d’accéder à la flèche :

Le faste, et malgré tout une certaine simplicité villageoise : la clé, sans doute, de la séduction qu’exerce l’enclos de saint Miliau.

Le faste, c’est d’abord le grand calvaire (1581-1588), dont les quelques 200 personnages relatent la vie du Christ, de l’Annonciation à la Résurrection.

De tous ses contemporains, c’est à coup sûr le plus théâtral : la Passion est ici un drame qui se joue en tenue d’époque, comme dans les mystères auxquels la population participait à la fin du XVIe siècle.


La Fuite en Egypte

Autre détails sur les sculptures :

Sur la plateforme, un prédicateur pouvait monter pour commenter les différentes scènes. Et à son pied, les habitants déposaient leurs offrandes, nécessaires au financement des travaux.


Ma photo préférée, avec le chapeau garni de lichen 🙂

Marie-Madeleine et le Saint Suaire en 3D :

Le faste, c’est aussi le grand porche (1606-1617) pratiquement aussi haut que l’église.

Détails du fronton :

Les petites saynètes entourant l’arche centrale, la double haie des apôtres sont repris aux modèles gothiques (Pencran, Landivisiau).

Détails du piédroit de droite (en commençant par le bas) : Noé cultivant la vigne, l’ivresse de Noé, Vierge de l’Annonciation, Visitation, l’annonce aux bergers, présentation de Jésus au temple et circoncision.


Crime de Caïn & arche de Noé, avec marques de tâcheron

Mais Guimiliau les enchâsse dans une décoration Renaissance (colonnes, frontons, lanternons…) portée ici à un très haut niveau de qualité, grâce à l’emploi quasi-intégral du kersanton et au talent de deux maîtres : l’auteur (anonyme) du calvaire de Plougastel-Daoulas puis Roland Doré.

Bandeaux décoratifs type bas-relief :

Chapiteau de colonne :


1606

Les réjouissantes têtes de monstres :

Des satyres, hybrides mi-homme mi-bouc… jouant à « qui rira le premier » ? :mrgreen:

Adossé au porche, l’ossuaire primitif; un second, doté d’une chaire extérieure, est venu le doubler au coin de l’enclos (1648).

Le faste, c’est encore la luxueuse sacristie circulaire (1683).

Et c’est enfin l’exceptionnelle qualité du mobilier de l’église, qui peine parfois à se loger sous le lambris : fonts baptismaux, buffet et tribune d’orgue, chaire et retables.

On retrouve, comment souvent, l’image de l’oiseau mangeant un grain de raisin.

La finesse de la sculpture, l’éclat des couleurs, les sonorités de l’orgue baroque parlent d’une Bretagne à son zénith au début du règne de Louis XIV : un roi que Guimiliau célèbre sous les traits de saint Louis ou d’Alexandre.

Vue générale de la nef :

L’orgue et l’abomiffreuse affiche :

Poutre sculptée :

Un dragon de pierre pour une elfe 😉

Pour plus d’informations sur l’enclos, cliquez ici ou .

Dans le village, un bouquet de fleurs d’artichaut hébergeait quelques abeilles :