Quand j’étais ado, je pouvais passer des heures au téléphone. Je me souviens de mes parents menaçant, à travers la porte de ma chambre, de retirer la prise car « j’exagérais ». Et parfois ils l’ont fait. Ah les engueulades quand la facture tombait à la fin du mois… tu crois qu’on roule sur l’or ? ce sera retiré de ton argent de poche !

Il faut dire que ma meilleure amie avait le grand défaut d’habiter dans une autre zone téléphonique et les minutes coûtaient un rein. Bien sûr nous nous voyions la journée à l’école, mais nous avions encore tant à nous dire après ! Ces adultes ne comprenaient rien, pfff 🙂

Dire qu’aujourd’hui les communications interzonales sont au même tarif que les zonales, et certains opérateurs proposent la gratuité les soir et week-end… soupir ! (je ne parle pas de l’invention du gsm que j’exècre)

Et pourtant aujourd’hui que les communications sont faciles et bon marché, j’ai de plus en plus de mal avec le téléphone. Sa sonnerie m’agresse, et quand c’est moi qui dois appeler je procrastine.
Les répondeurs n’en parlons pas, je ne les ai jamais supportés. Parler aux chats, oui, parler à une machine, non ! :mrgreen:

Est-ce parce que je me suis trop bien habituée aux emails auxquels on lit et répond de manière différée ? Je le trouve tyrannique, à vouloir mon temps et mon attention, là, tout de suite. Peut-être que je deviens plus asociale ? Ça me fait pourtant plaisir d’entendre les voix…

AàG est encore pire que moi à ce sujet et, même s’il est juste à côté, ne daigne décrocher le combiné que si je suis vraiment indisponible. Quand nous sommes à table, nous le laissons souvent sonner sans y répondre. Il y a tant de vendeurs de tapis… (la liste Robinson a une efficacité très relative)

Parfois je me dis que quelque chose quelque part en moi attend la mauvaise nouvelle. Le téléphone n’est-il pas l’annonciateur de mauvaises nouvelles par excellence ?

Bande-son : Françoiz Breut – Le verre pilé