Notre vieux voisin s’est éteint. Au moment où j’écrivais la note le concernant, il était déjà mort et nous ne le savions pas encore. J’espère qu’il n’a pas souffert.

Ce matin les funérailles ont eu lieu en toute simplicité et en petit comité. Très petit comité. Les enfants, petits-enfants, quelques amis… La plupart sont partis avant lui. Comme il le disait avec lucidité : « Nous sommes des survivants, Tania« .

Sur son cercueil, un beau bouquet de branches d’hortensia venant de son jardin. Un petit mot dit par ses deux fils et sa fille adoptive. Sa femme n’a pas pris la parole, l’épreuve est dure pour elle, même si en façade elle essaie d’être imperturbable. Elle m’a confié avoir anticipé cette scène bien des fois, mais se retrouver malgré tout comme prise de court aujourd’hui. L’imagination n’a pas force de réalité.

C’était un homme cultivé tant dans les sciences que dans les arts, digne, courageux, pragmatique, doté d’un humour pince-sans-rire que j’appréciais beaucoup. Il m’intimidait un peu et je regrette de ne pas l’avoir mieux connu.

Comme bande-son j’ai choisi ce morceau pour le prénom et pour le côté russe. Idée qu’il aurait peut-être trouvée baroque, lui qui aimait tant la musique classique, mais j’aime à croire qu’il aurait eu ce petit rire gentiment moqueur et indulgent que je lui ai souvent entendu…
Alexis m’attend de Philippe Lafontaine