Toutes les 6 semaines en moyenne, je me rends consciencieusement à l’hôpital. Le banc en bois situé en face du parking, entre les admissions et les urgences, est très confortable. Quand il est déjà pris, il ne nous reste plus qu’à nous asseoir sur la bordure en béton du trottoir. C’est tout de suite plus glauque.

Là, je sors la seringue et les flacons, fais mon petit mélange entre le solvant (albumine) et le venin d’abeille en poudre. Ensuite je m’injecte tranquillou tout ça dans le haut du bras, sous le regard des passants.

AàG me dit toujours « on va se payer les flics »… mais rien, nada, que dalle. Pas une seule remarque ou question. Parfois juste des conversations qui s’interrompent, le temps de passer.

Ensuite nous devons attendre la demi-heure fatidique pour éliminer tout risque de choc anaphylactique.

Il s’en passe des choses sur un parking d’hôpital. Faut pas croire. Même quand le glacier n’est pas là.

Par exemple cette personne qui va jusqu’à l’automate situé un peu plus loin. On la voit introduire son ticket de parking, attendre qu’il ressorte… tambouriner de plus en plus violemment sur la machine… (je comprends mieux pourquoi elle est blindée ‘_’) Jusqu’à ce qu’un autre usager arrive : « Elle ne va pas ? Attendez, je regarde. Ah mais elle vous demande juste d’introduire l’argent en fait ! »

Ou encore ces deux personnes qui traversent la rue en essayant de se rappeler dans quelle rangée elles étaient garées. « Non mais regarde, ici c’est B, nous c’est plus loin ! »
Alors certes les allées du parking sont repérées par des lettres, mais le « B » en question était… la signalisation de la borne incendie.

Puis bien sûr il y a ce couple de drogués sur le banc. Avec la tarée, seringue à la main, qui demande à l’autre de faire le bruit des vagues. Et lui qui le fait 🙂