Commençons, pour le plaisir, par un dicton breton :
Un ali mat zo mat bepred, ha pa ve digant ur sod e ve.
Un bon conseil est toujours bon, même quand il vient d’un imbécile.

Bande-son : Ehma – La plage de Blâne-Est

Ce matin nous partons faire une randonnée le long de la côte. Les champs d’artichauts sont inhabituels pour nous et ravissent notre vue.

Nous nous garons au petit port de Poulennou (nom dont la sonorité nous amuse beaucoup).

Un panicaut de mer nous fait de l’œil.

J’aime beaucoup cette délicate fleur bleu-mauve dans son écrin acéré.

Quel contraste avec la douceur des chatons ! (je pense que ce sont des « queues de lièvre » ?)

Les goélands prennent leur bain matinal… en attendant la marée basse pour prendre leur petit déjeuner.

Au loin nous apercevons une retenue de mer qualifiée sur notre plan de « grenouillère ».

Sur le chemin nous trouverons un des nombreux fours à goémon de la région. Je vous retranscris le panneau d’information ci-dessous.

Généralement construits sur une butte exposée aux vents, en bord de littoral, les fours à goémon servaient au brûlage des algues. Pratiquée de mai à octobre, cette opération durait une journée entière en dégageant une épaisse fumée jaunâtre. Le brûlage des algues permettait d’obtenir des pains de soude dont on extrayait ensuite l’iode pour les besoins de l’industrie pharmaceutique.

Ainsi, d’une tonne de goémon vert donnant 200kg de goémon sec, 40 kg de soude étaient obtenus dont on extrayait entre 200 et 600 grammes d’iode.

Les fours à goémon se présentaient habituellement sous la forme d’une longue tranchée (environ 10m de long ; 0,50m de large et 0,50m de profondeur) tapissée de pierres jointoyées. Cette tranchée était divisée en une vingtaine de compartiments au moyen de pierres plates disposées verticalement afin de pouvoir dégager les blocs de soude qui pesaient près de 100 kg chacun.

Le brûlage du goémon fut pratiqué dans la commune jusqu’en 1955, date de fermeture de l’usine d’iode locale.

La langue de sable menant à l’îlot An Amied n’est pas encore accessible.

Essai de contre-jour :

Nous descendons sur la plage des Amiets et libérons nos pieds.

La giga-plage des Amiets, devrais-je dire…

C’est une superbe longue plage de sable blanc et fin. Quasiment déserte.

Dans l’ombre bleue d’un nuage…

Roc’h Ventloc à l’avant-plan, sauf erreur de ma part.

Afin de préserver son anonymat, AàG s’est métamorphosé en saint patron de la Bretagne (St Yves de Tréguier).

Son premier miracle sera de faire cohabiter de pareils cieux !

La largeur de cette plage est impressionnante. Les petits points noirs à gauche sont des gens.

Et voici les fameux miroirs de Cléder :

Bien que la mer se soit déjà retirée au loin, un film d’eau persiste sur ces immenses étendues planes.

Le sable mouillé reflète le ciel et se confond avec lui, c’est magnifique.

Nous continuons notre promenade, charmés par le paysage qui s’offre à notre regard.

Nos pieds s’enfoncent avec délice dans le sable doux et frais.

Rien que de revoir ces photos, je me sens la tête aérée 😀

Un nuage passe et nous découvrons ces mignons petits « bains de pied » qui se sont créés suite aux turbulences dues à la présence de gros rochers.

Le sable au fond de ces vasques est aussi ondulé que la surface de l’eau.

Voyez-vous sur la photo ci-dessus la petite maison ?
Et sur la photo ci-dessous ?

Cette maison de douaniers se dissimule derrière les rochers afin de n’être pas vue du large.

C’est malheureusement en ce bel endroit que se trouve le gros défaut des Amiets : une odeur épouvantable (type H2S) règne dans les parages du corps de garde de Lavillo.

Un ruisseau sale (recueillant les usées du village ?) passe au pied du roc en laissant des traces noires sur le sable. On a hésité à passer pieds nus là-dedans… J’ignore si c’est un problème récurrent, j’espère que non !

Une fois ce relief contourné, l’ambiance change. Nous marchons jusqu’à la jetée du port de Lavillo.

Le soulagement olfactif vient avec l’éloignement. Ce ne semble pas être les algues les coupables.

Les nuages sont de plus en plus menaçants mais Saint Yves nous protège 😉

Ces motifs ondulants dessinés sur le sable grâce au concours du vent et de l’eau sont hypnotisants.

Nous ferons un pique-nique frugal et repartirons sans tarder car le froid vient rapidement avec l’immobilité.

On croirait que la nuit arrive, bien qu’il ne soit que 13h !