Non je ne vous invite pas à un suicide collectif, simplement je me fais du mouron. Samedi dernier, on est retourné chez notre « voisine » apicoleuse en herbe et on a transporté la ruche à son emplacement définitif, dans notre jardin. La colonie nous a paru d’un calme surnaturel – cela dit, lors de l’enruchement c’était le cas aussi : ces filles sont beaucoup trop gentilles 😯

Zubida, arrête la fumette, t’es trop peace and love ! (*)

Lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait pas un chat gardien au trou de vol. Sur aucune des ruches.
C’est quoi ce bordel, déjà plus personne qui bosse ? et c’est entrée libre ?
Bon ok il était 21h passées, mais il faisait encore clair et pas si froid que ça !

L’apicoleuse nous a rassurés : dans l’après-midi il y avait de l’activité visible. Ouf. De toute façon on ne pouvait pas ouvrir la nôtre juste avant le transfert, alors alea jacta est.


La confiote, un faux nectar…


…mais un vrai régal !

On a roulé-porté la brouette jusqu’à la voiture, sans un seul bzzz de mécontentement. Je donne un coup sec sur le bois, normalement un bourdonnement bref et fort doit y répondre… je n’entends rien.

Euh dites, en fait, on transporte une ruche vide, là, non ??

Le lendemain matin, on libère la planche d’envol, une abeille s’envole tandis qu’une autre vient inspecter.
Hey cool, on a au moins deux abeilles !!
Enfin une… car la butineuse qui est partie sans se réorienter va sans doute retourner à sa précédente maison.

Je mets un obstacle devant le trou de vol pour les forcer à reprendre leurs repères. On est à 3km de l’autre rucher, c’est la limite théorique pour se soucier ou non de cela. Au pire, tout ou partie des butineuses iront renforcer les ruches de l’apicoleuse voisine… mais vu la faiblesse apparente de la colonie, j’aimerais autant éviter !!


Admirez la taille de guêpe…

Je n’ose pas ouvrir la ruche car elles viennent de subir le stress du déménagement et il ne fait pas assez chaud à mon goût. J’installe par contre le nourrisseur avec un demi-litre de sirop de stimulation 50-50 (moitié sucre, moitié eau) encore tiède. J’en fais dégouliner un peu sur les rayons, distribution gratuite, dépêchez-vous, il y en aura pas pour tout le monde ! Même pour les fourmis.


Abeille tombée dans la potion magique…

Dans l’après-midi, je pars chez l’apicoleuse pour contrôler sa colonie et transférer dans une ruche les cadres d’une 2e colonie qu’elle a pu récupérer et qui est encore en ruchette (6 cadres). Comme nous sommes toutes deux assez inexpérimentées, le faire ensemble nous permet de s’entraider, confronter nos points de vues et nos souvenirs des cours. Ce qui n’est pas du luxe et n’empêche pas de faire des bêtises.

Nous inspectons méthodiquement chaque cadre, trouvons la reine (facile, elle est marquée 😀 ), il y a du couvain sur deux cadres, peu de réserves, ça me conforte dans ma décision de nourrir car en ce moment il n’y a pas grand chose à récolter. Je pense même qu’il aurait fallu le faire beaucoup plus tôt, sans doute une erreur d’appréciation de la part de l’apicoleuse. Et je n’aurais pas dû introduire dès le départ un cadre vierge au milieu du nid de couvain, erreur d’appréciation de ma part.
On apprend… en espérant que les filles n’en pâtissent pas trop :-/


Abeilles, fourmis, guêpes… et pourquoi pas moi ? dit la mouche.

Dans la ruchette, qui a une toute autre provenance, les filles sont un peu plus vives et ont davantage construit les cadres cirés. Sur la fin, on abandonnera la recherche de la reine (non marquée) car elles commencent décidément à trouver le temps long. Or voir un nuage se former ainsi autour de nous, y a rien à faire, ça me rappelle de mauvais souvenirs et me rend un peu nerveuse…

De toute façon, il y a du couvain donc une reine est bien présente – et si par malheur elle venait de clamser, les ouvrières pourront faire un élevage de sauveté pour en générer une nouvelle.


Vue générale de l’orgie


Je suis tellement poisseuse que je ne peux plus voler !

Le nourrisseur n’a pas un franc succès, il y a seulement quelques abeilles dedans… Chaque jour je fais couler un peu de sirop sur le dessus des cadres et là elles s’en occupent mais j’ignore si elles se disent « Ouaiiiis, du sucre, miam ! » ou plutôt « Ah ça y est, elle vient encore tout nous saloper, faut qu’on nettoie ! »

Les températures restant relativement fraîches, je n’ose pas sortir les cadres car elles semblent déjà peu nombreuses pour maintenir le couvain à 35°C. En espérant qu’il y ait du couvain, bien sûr ! Il y a très peu de butineuses, mais je vois rentrer des pelotes de pollen ce qui est bon signe.


Attends, je vais te lécher !

En regardant par dessus, je vois grosso modo deux cadres remplis d’abeilles, les autres ça n’a pas l’air très peuplé… c’est vraiment peu, mais je ne vais pas leur faire subir un stress supplémentaire en les redéménageant en ruchette.

J’espère que la reine n’a pas été mal fécondée, et que c’est simplement la faiblesse initiale de la colonie, le manque de nourriture et l’erreur du cadre vierge qui ont limité sa ponte.


Bien dégagé derrière les oreilles ?

(*) Bon ben je crois que Zubida m’a écoutée et a arrêté le bédo : pour une fois que j’y allais sans vareuse, je me suis fait piquer ! 🙄 Au cou en plus… heureusement que ma désensilibation est déjà bien avancée (bon si vous ne me lisez plus, inquiétez-vous :mrgreen: ) L’air de rien, ça fait un mal de chien… et une abeille en moins 😥