Vieux pont en pierre de Konitsa, route vers les Météores, visite du monastère de Roussanou

Cette dernière nuit fut épouvantablement bruyante, nous n’avons pour ainsi dire pas dormi. Les discussions du logeur et des autres nuisibles touristes furent encore pire que la veille. Lorsqu’au matin nous nous traînons péniblement jusqu’à la douche, c’est pour nous apercevoir qu’il n’y a que de l’eau glacée ! L’orage de la veille a probablement fait sauter les fusibles du chauffe-eau et le logeur n’a pas dû prendre la peine de vérifier (les lumières fonctionnaient).

On descend prendre notre petit-déjeuner à l’heure prévue. Tout est noir et silencieux, le logeur brille par son absence. Nous attendons, faisons du bruit, appelons… de plus en plus fort… personne. Après une longue attente, on finit par abandonner. Je crois qu’on pourrait réveiller tout l’hôtel que le logeur dormirait encore à poings fermés !

Nous laissons l’argent de nos nuitées dans la chambre, avec un mot expliquant pourquoi nous n’avons pas payé entièrement le prix initialement convenu (pas dormi, pas lavé, pas mangé…). C’est ce qui s’appelle une journée qui commence bien !! 👿

Nous reprenons la route et une bonne heure plus tard, nous avons droit à un contrôle de police. Ce doit être une journée de contrôle national car nous en verrons plein sur les routes ! Un policier parlant quelques mots d’anglais nous demande nos papiers et dit en montrant la voiture « red car ? red car ? » Euuh… ah, oui oui, rent car ! Heureusement j’avais demandé au loueur ce qu’il fallait faire en pareil cas (car on ne reçoit pas les papiers du véhicule de location) donc je ne m’inquiétais pas.

Les policiers observent longuement nos cartes d’identité, échangent des commentaires en grec, ne nous les rendent toujours pas… on commence à se demander ce qu’il se passe. L’un d’eux revient vers nous et nous demande « why » en posant le doigt sur la puce électronique. C’est sa présence qui les rendait perplexes et ils voulaient savoir ce qu’il y avait dessus !

Nous prenons notre petit-déjeuner à Konitsa (Κόνιτσα) en compagnie d’un chat gourmet. Les lieux sont très animés.

Nous en profitons pour nous arrêter au vieux pont en pierre que nous avions admiré en passant l’avant-veille.

Son arche unique est impressionnante de grâce et de solidité. Un premier pont, construit par des ingénieurs turcs, s’était effondré.

Celui-ci a été bâti par un ingénieur local.

Ce pont de pierres a été construit vers 1870 et surplombe la rivière Aoos, presque à sec en ce moment.

Sous le sommet du pont est suspendu une petite cloche.

Il est déconseillé de s’engager sur le pont lorsque le vent est suffisamment fort pour la faire sonner !

On peut toujours voir les restes d’anciennes fortifications, aujourd’hui équipées de… caméras (captage d’eau).

Les petites chapelles votives de bord de route vieillissent parfois assez mal. On retrouve toujours la même photo…

Nous prenons la vieille route de Metsovo (Μέτσοβο) et ensuite la nouvelle route vers Kalambaka (Καλαμπάκα).

Elle n’est quasiment constituée que d’ouvrages d’art, la succession de tunnels et de ponts est démentielle 😯 Beaucoup de camions l’empruntent. Lorsque les cabines de péage seront fonctionnelles, ce ne sera sûrement pas donné !

Nous voyons petit à petit les rochers des Météores surgir à l’horizon, étonnant phénomène géologique contrastant avec la plaine infinie de Thessalie.

Nous arrivons ensuite dans l’enfer de circulation qu’est Kalabaka. Cette ville a connu une expansion énorme en peu de temps et est devenue une plaie dans le paysage, sur laquelle grouillent des milliers de mouches touristes. Dont nous.

Il fait beaucoup plus chaud que dans les montagnes, cela promet… Nous trouvons un logement confortable dans une petite rue presque en cul-de-sac (à Kastraki), au moins nous ne serons pas ennuyés par le voisinage.

Une fois ce point délicat réglé, nous nous rendons à l’office de tourisme pour se renseigner sur les autres monastères. On rêve de randonnées hors des visites classiques, nous menant à des monastères orthodoxes abandonnés… la dame nous répond inlassablement : « only 6 monasteries, no other monasteries ».

Puisque nous sommes arrivés peu avant l’heure de fermeture, nous en profitons pour visiter notre premier monastère des Météores (Μετέωρα Μοναστήρια) : le monastère de Roussanou ou Sainte Barbe (Agia Barbara).

Sa fondation daterait de la fin du 14e siècle, mais l’église actuelle et ses fresques dateraient du 16e siècle.

Bien loin des premiers ermites qui se sont installés dans des grottes vers le 11e siècle, bien loin des échelles escamotables et des nacelles suspendues, nous montons une route neuve puis de confortables escaliers de pierre (190 marches paraît-il) pour arriver dans des bâtiments entièrement rénovés avec des tuiles industrielles flambant neuves.


En arrière plan, le monastère Saint Nicolas Anapafsa (Agios Nikolaos)


Jardin à Roussanou

On me prête une longue jupe portefeuille que j’enfile par-dessus mon pantalon et nous parvenons à nous intercaler entre deux cars de touristes. Du coup on a les lieux pour nous tous seuls. Heureusement car ce couvent (Roussanou est tenu par des nonnes) est assez petit.

Aucune photo n’est autorisée dans le catholicon, la règle est valable pour tous les monastères. Vous pouvez cependant en voir ici.

Aujourd’hui encore c’est une nacelle qui permet de ravitailler Roussanou, perché sur son piton rocheux. Mais une nacelle moderne, motorisée… ça perd de son pittoresque mais ça gagne en praticité !


Simandre ou semantron ou talanton

Un petit chemin nous permet de remonter à travers bois jusqu’à la route, où se trouve un beau point de vue notamment sur le monastère de Varlaam (en haut à gauche) :

Voici toujours le monastère de Varlaam, avec à sa gauche le monastère de la Transfiguration du Sauveur, plus connu sous le nom de « Grand Météore » :


Roussanou

Ci-dessous, à nouveau Agios Nikolaos Anapavsas (Saint-Nicolas) avec ses coulées colorées.

Cette visite sera pour demain. Il faut bien calculer son coup car chaque monastère a des horaires et des jours de fermeture différents.

Au revoir Roussanou…

Nous reprenons la route pour aller voir des ruines de construction qui nous avaient intriguées.

Ça donne fichtrement envie de grimper pour aller voir, mais c’est trop risqué… surtout en sandales 😆

On se promène sans but, le soir tombe et la température est passée de 38°C à 30°C ce qui nous permet de souffler un peu.

Le moment est venu de trouver un restaurant. Nous observons en riant une grand-mère tenter de rabattre chaque véhicule de touriste vers sa gargote. Mais nous ne serons pas logé à meilleure enseigne… notre resto a dû être cité comme ‘bon plan’ dans un guide français car beaucoup de couples et de familles francophones arrivèrent là durant le courant de la soirée.

Ce fut… très passable. Même le chat qu’on a nourri en a eu marre avant la fin du plat 😆

Durant tout le repas, on a entendu miauler un chaton invisible… mais où est donc passé sa maman ? Est-ce le chat qu’on a nourri ?

On a réussi non sans mal à trouver la petite boule de poils, bien cachée sous du bordel. Il était extrêmement peureux, on n’a pas pu l’approcher mais on lui a laissé des morceaux de viande, en espérant qu’il soit déjà sevré…