Gorges de Vikos (1ère moitié, côté Monodendri) et découverte tardive du point de vue d’Oxia

Après une bonne nuit et un petit déjeuner correct à Ano Pedina, nous voilà prêts pour explorer les gorges de Vikos (Φαράγγι του Βίκου), réputées les plus profondes d’Europe (jusqu’à 950m)… voire du monde selon les définitions : à partir de quelle largeur ce ne sont plus des « gorges » ?

Nous nous rendons à Monodendri (Μονοδένδρι), village qui tire son nom d’un très grand arbre (n’existant plus aujourd’hui, mais d’autres ont pris la relève, t’inquiète Plume 😉 ).

Au départ nous comptions aller d’un bout à l’autre de la gorge mais le logeur nous indique qu’il est impossible de faire l’aller-retour sur une journée. On peut faire une traversée, lui téléphoner et revenir en « taxi » pour une trentaine d’euros.

A noter que les routes ont été récemment refaites, il ne faut plus craindre les mauvaises pistes mentionnées dans nombre de récits.

On s’attendait à trouver un village touristique mais c’est plutôt désert. Personne en vue et pas la moindre boulangerie ou épicerie, juste une échoppe de souvenirs. Un touriste en tenue de randonneur en sort, je lui demande s’il sait où trouver du pain et du fromage car nous avons besoin de trouver un pique-nique avant de descendre dans les gorges. Il rencontre le même problème que nous, apparemment il n’y a rien dans les environs !

Le seul autre commerce est un restaurant, à défaut de mieux nous allons donc y demander un tiropita (feuilleté de fêta… sauf que souvent ce ne sera pas feuilleté, dans cette région) à emporter pour le manger froid. On fait part de notre trouvaille au touriste et à sa copine, qui prendront la même résolution.

Nous nous engageons dans ces petites rues piétonnes pavées, un panneau nous indique le départ du chemin… mais à un carrefour, plus rien.

Nous prenons la mauvaise option mais un coup de boussole nous permettra de reprendre la bonne direction.

Nous passons devant une église fermée et tombons sur un « théâtre grec antique »… récent !

Juste après, la route pavée s’arrête et c’est le véritable début du sentier qui s’enfonce dans la gorge.

A noter que même ce sentier est souvent couvert de pierres (anciennes). Ce fut un travail colossal, effectué pour le transport par mules.

Nous descendons à l’ombre des bois, il fait déjà très chaud au soleil. Nous croisons un couple qui remonte (déjà ? comment est-ce possible ?).

Nous ne verrons pas plus de 5 couples en tout sur la journée… ce n’est pas la surpopulation, surtout pour un endroit aussi beau et aussi connu !

Ça descend et ça descend, à n’en plus finir… je n’ose pas imaginer le retour, quand nous serons fourbus !

Je ne sais pas exactement quel est le dénivelée, nous avions lu 400m mais cela nous a paru plutôt de l’ordre de 600-700m.

Soudain la vue se dégage devant nous et nous apercevons pour la première fois la gorge. Le choc, nous réalisons vraiment son gigantisme…

AàG s’écrie : Nan mais regarde-moi ces gorges de malade ! C’est dingue un truc pareil !!

Las il faut avouer qu’en photo ça ne rend pas du tout 😦

On continue à descendre, impressionnés par la majestueuse démesure du paysage.

Encore une fois un parallèle avec la Turquie nous vient : la vallée d’Ihlara…

Nous voici donc au cœur du parc national de Vikos-Aoös, où se trouvent des raretés tant niveau flore que faune.

Ici on peut espérer (ou craindre) apercevoir l’ours brun et le loup, le chacal et le chat sauvage… parmi d’autres.

Après avoir effleuré le lit de la rivière, qui est à sec environ de juin à octobre, le sentier devient à peu près plat.

C’est le seul endroit où le balisage prête à confusion car il y a à la fois une flèche vers la gauche et une flèche vers la droite. L’indication vers la gauche nous semble être correcte (et ouf, pour une fois c’est un bon choix !).

Comme le fond de la gorge continue à descendre, ça donne un sentier accroché dans les flancs boisés.

Au niveau panorama, du coup, c’est pas si terrible car on ne voit finalement que les arbres qui nous entourent, avec parfois un dégagement nous permettant d’apercevoir les galets blanchis du lit.

Nous entendons continuellement des fuites de lézard près de nous.

J’ai demandé à celui-ci de bien vouloir prendre la pose… quels orteils, mamma mia ! 😯

De temps à autre nous entendons comme un bruit sourd… des pierres qui se détachent des falaises ? Gloups !

Les plantes ici ont de quoi se défendre, même mortes !

Argh non, pas une zone au soleil, pitié ! Pressons le pas !

Nous descendons dans le lit de la rivière à l’aide d’une sorte d’échelle-escalier toute rouillée et tordue (de s’être ramassée des pierres !), avec des marches de géant – dont une manque.

Tiens, je vais en prendre une photo, ça plaira à Delf 😉

Plus loin, un assemblage de branches en guise de pont… c’est moins impressionnant en photo qu’en vrai.

Ça devient une habitude : l’anonymat d’AàG est protégé grâce à son alter-ego le wombat.

Nous avons repris de la hauteur car le lit devient encaissé.

Un deuxième chouette pont artisanal, sécurisé ici par une corde.

Bon alors, elle vient cette vallée latérale ?? On ne l’a toujours pas croisée, ça n’avance pas !

La végétation change, devient plus moussue, plus humide… nous arrivons enfin à la petite rivière (ou plutôt ru !) Klima.

Un tuyau la fait jaillir à la manière d’une source entre deux rochers. Elle est fraîche, AàG se passe la tête en-dessous avec soulagement car nous, nous cuisons…

Un couple de touristes allemands nous laisse avec quelque soulagement leur « guide » ! Ben mon pauvre vieux, qu’est-ce que tu fous là tout seul à des kilomètres du premier village ? Tu veux servir de dîner à l’ours ?

Ce chien a l’air épuisé, on lui donne des biscuits et on remplit un récipient d’eau : il se jette sur les deux.

L’endroit est idéal pour pique-niquer, à l’ombre avec de bons cutoirs (entendez par là de bons rochers pour s’asseoir).

Dommage que nous ayons déjà engouffré notre tiropita peu auparavant dans des conditions moins confortables.

Nous reprenons notre marche encore quelques temps, le chien nous suit mais nous sommes trop lents à son goût, il prend les devants et disparaît complètement. Va-t-il retrouver les touristes précédents ?

Vu l’heure qui avance, la grande question se pose : traverse-t-on ou demi-tourise-t-on ? Nous croisons nos autres touristes du matin, on discute un peu, eux font la traversée. Nous nous résignons à tourner les talons malgré notre envie de continuer : au bout, près de Vikos, la rivière surgit soudain. Je voudrais tant la voir !

Finalement nous ne regretterons pas le demi-tour car, la lumière ayant changé, ce sont presque de nouveaux lieux que nous traversons.

Certaines photos qui nous étaient interdites à l’aller deviennent possibles, comme cet arbre dont les branches partent à l’assaut de la falaise…

Avant même d’arriver au pied de la remontée, nous sommes vannés. J’ai du mal à mettre un pied devant l’autre durant cette interminable ascension.

Quelle joie lorsque nous retrouvons le faux-vieux théâtre, enfin ! Allez zou, notre dernière gorgée d’eau pour fêter cela !

Nous aurons mis moins d’1h30 en fait, mais ça semblait beaucoup plus long pour les grabataires sédentaires que nous sommes… c’est notre première randonnée du séjour, faut qu’on s’endurcisse !

Nous nous traînons jusqu’à une taverne pour s’asseoir engloutir 1/2 litre d’eau et 1/2 litre de jus de fruit chacun. Pour ma part ce fut l’affaire de quelques minutes à peine :mrgreen: La chaleur est toujours bien présente.

Les gens sont un peu étonnés lorsqu’AàG commence à sortir des monceaux de détritus de son sac à dos… il a remonté ce qu’il a pu des gorges (elles ne sont pas très sales je vous rassure, mais le peu qu’il y a choque et donne envie d’y remédier !)

AàG tient à aller manger à l’Hôtel Monodendri, où nous avions acheté notre pic-nic ce matin. Nous avons à peine commencé la salade grecque en entrée que les plats arrivent, tout droit du micro-ondes.

Ma moussaka est très bof, complètement surcuite et spongieuse, pas très chaude au milieu, curieusement servie avec quelques frites (qui auraient fait honte à n’importe quel belgikistanais). Mais ne nous plaignons pas, c’est mangeable et nous ne serons pas malades.

A la toilette, un papier affiché au mur déclame en quatre langues qu’on est prié de mettre le papier dans la poubelle et non dans la cuvette car cela bouche les tuyauteries. Des touristes plein de sollicitude ont spontanément corrigé à chaque fois la phrase dans leur langue, j’ai regretté de ne pas avoir l’appareil photo avec moi car ça en aurait valu la peine 😆

Un vieux monsieur marche en faisant une large boucle qui le fait passer à travers la terrasse du restaurant. Une fois, deux fois, trois fois… à dix nous arrêtons de compter. Chaque geste qu’il fait, chaque pied qu’il pose, sont toujours exactement au même endroit. Il a l’air complètement ailleurs…

La nuit tombe lentement, avant de partir j’insiste pour qu’on aille voir (en voiture car c’est loin) le point de vue fléché « Oxia » (οξυα).

Sur la route, plusieurs panoramas intéressants se présentent.

Sur un des parkings, un vieux berger avec un bâton harponne manifestement tous les passants pour avoir des cigarettes… malheureusement pour lui nous ne fumons pas !

Il demande à être pris en photo, AàG s’exécute avec plaisir.

Nous traversons ensuite la « forêt de pierres », sortes de feuilletés très esthétiques… mais la lumière a tellement baissé qu’il devient difficile de photographier à main levée.

Je me presse un peu quand soudain à la sortie d’un tournant… la route s’arrête sans prévenir !

J’ai triché, c’est une photo prise le lendemain matin 😉

Car nous sommes bien décidés à revenir après avoir vu la beauté à couper le souffle du point de vue…

Il y a énormément de faune sur la route le soir, outre les chiens errants qui adorent se coucher en plein milieu de tout, nous verrons un renard (ou était-ce un chacal doré ??)… et malheureusement pour lui un engoulevent.

Il y avait « un truc » gris couché sur la route, j’ai freiné en déviant sur la bande de gauche pour l’éviter vu qu’il ne bougeait pas, et ce bêta a tardivement décidé de s’envoler… vers la gauche 😦 Je ne roulais pas vite et il a juste heurté le bord de l’aile mais ça a suffi à le tuer 😥