Cela fait déjà plusieurs années que nous entendons régulièrement parler de « Colony Collapse Disorder » (syndrome d’effondrement des colonies), mais ce phénomène avait commencé bien avant le fameux pic de mortalité de 2007 qui l’a fait connaître dans les médias – du fait notamment de la menace que cela représentait pour la pollinisation des fruitiers et des cultures maraîchères. Comprendre le mot « menace » comme « risque d’importantes pertes financières » dans la bouche de la plupart… alors que l’enjeu est évidemment bien plus important que cela !

Les apiculteurs et scientifiques n’ont pas trouvé une cause précise à cette chute vertigineuse de populations. Pourquoi donc les trois-quarts des ouvrières d’une ruche disparaîtrait en une nuit, y laissant la reine ? On s’oriente vers du « multi-causal » : pesticides, virus, parasites, OGM, champignons, ondes électromagnétiques… 40 facteurs potentiels sont identifiés par l’AFSSA, et les pratiques apicoles elles-mêmes sont questionnées : transhumance des ruchers, sélections génétiques (saviez-vous que l’on faisait de l’insémination artificielle avec les abeilles ?), etc.

Que peut-on faire à notre niveau pour aider les abeilles ? Outre ne pas répandre pesticides (et autres saloperies en -cides) dans nos jardins, manger bio, etc. on peut mettre des nids à abeilles solitaires, ne pas tondre sa pelouse mais la laisser fleurir, planter des espèces mellifères, installer des abreuvoirs (avec un bouchon de liège coupé en deux en guise de flotteurs, sinon elles se noient)… et c’est là qu’innocemment, j’évoque le fait qu’on pourrait avoir une ruche.

Pas pour le miel, pas pour la pollinisation de nos deux vieux pommiers (qui produisent déjà trop pour nous), pas pour la passion des abeilles non plus, simplement pour aider à soutenir leur population.

L’hiver 2010 arrive et les hyménoptères sont bien loin de mes pensées, quand un soir de décembre AàG m’offre d’étranges objets que je suis bien incapable d’identifier. Il s’agit en fait d’un lève-cadre, d’un enfumoir, d’un nourrisseur… bref, il m’offre une ruche et sa panoplie ! 😯 Et comme il n’est pas criminel, il m’offre aussi les cours qui vont avec et qui commenceront 4 mois plus tard.

Seulement, l’apiculteur qui l’a conseillé pour le matériel à prendre n’a manifestement pas compris le but de notre démarche et on se retrouve avec un modèle de ruche (Dadant) adapté à la production. Nous allons nous retrouver obligés d’extraire le miel alors que nous comptions le leur laisser (sinon il faut les nourrir avec un sirop de sucre !). Cela fait plus de temps à y consacrer que nous n’en disposons, et plus d’interventions sur la ruche que nous ne l’aurions souhaité. Nous voulions simplement les laisser vivre leur petite vie, pas faire de « l’élevage » (la plupart des apiculteurs considèrent l’abeille comme du bétail) ni « rentabiliser » notre investissement – il est de toute façon « rentable » en soi, pour la planète.

Durant les cours je comprendrai que d’autres modèles, comme la Warré, sont a priori plus respectueux de l’abeille – et beaucoup moins pratiques pour l’apiculteur récoltant ! Comme ceux qui font les cours n’utilisent pas ce modèle, on se retrouve avec peu d’informations factuelles et beaucoup de polémiques (en fait, même avec le modèle classique, il n’y a jamais deux apiculteurs du même avis… :lol:) Apparemment, parmi les apiculteurs débutants, il y en a de plus en plus qui se dirigent vers cet autre type de ruche… mais adaptée sur cadres pour faciliter la production, donc je ne vois pas trop l’intérêt ?

Nous allons essayer de nous débrouiller avec la Dadant et Zubida Ière, et après une ou deux années apicoles nous ferons le point. Peut-être trouverons-nous un bon compromis, par exemple récolter le miel de printemps et leur laisser celui d’été pour hiverner (quitte à devoir l’extraire pour leur redonner en nourrisseur si on ne trouve pas d’astuce pour faire autrement !). Un avantage certain lié aux récoltes de miel, c’est de faire accepter plus facilement la présence d’une ruche aux voisins 😉

Peut-être abandonnerons-nous la Dadant pour essayer la « vraie » ruche Warré sans cadres. Je ne vais pas entrer dans les détails mais apparemment cela supprimerait (ou limiterait) pas mal de problèmes pour les abeilles.

Affaire à suivre !